- il y a 4 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00La politique, on y revient maintenant et on va terminer justement avec le signé-consigné invité de BFM ce matin.
00:08Le Premier ministre français François Bayrou a ironisé sur la stratégie des socialistes et du Premier secrétaire Olivier Faure.
00:16Faisons pas de mystère, Olivier Faure pense qu'il peut être nommé Premier ministre.
00:20Olivier Faure il dit je vais constituer un gouvernement sans LFI.
00:25Fort bien, et donc la question c'est avec quelle majorité ?
00:28Il veut abattre le gouvernement qui est soutenu par ce qu'on appelle le bloc central.
00:33Est-ce que c'est le bon moyen de trouver une majorité ?
00:36Est-ce qu'il est logique, cohérent de dire je vais abattre votre gouvernement et après vous me soutiendrez ?
00:44Je suis pas sûr que ça marche.
00:45C'est une des raisons pour lesquelles la réflexion sur une abstention lundi prochain devrait être à l'ordre du jour si on veut constituer un gouvernement.
00:55Voilà François Bayrou à la veille de la réception d'Olivier Faure.
01:00Demain à l'hôtel de Matignon, signé consigné avec l'avocat SCI Charles Consigny.
01:04Bonsoir Charles Consigny.
01:05Bonsoir Madame de la députée Sandrine Rousseau, députée écologiste et sociale de Paris.
01:09Bonsoir.
01:10Bienvenue pour discuter avec Charles Consigny.
01:12Alors là on parlait à l'instant des socialistes.
01:14C'est vrai que quand on regarde la gauche et qu'on sépare un peu le rôle des uns et des autres, demain le parti socialiste ira discuter.
01:21Mais la France insoumise et les Verts, eux ils sont plutôt dans une autre stratégie.
01:25Ils soutiennent le mouvement du 10 septembre notamment.
01:28Ils regardent de loin une possible potentielle démission d'Emmanuel Macron.
01:31C'est la stratégie du chaos ?
01:33Ça c'est...
01:35Pour moi je vois deux aspects.
01:36D'abord effectivement il y a cet aspect toujours un peu inquiétant de l'extrême-gauche qui au fond voudrait quasiment prendre le pouvoir par la rue, par les armes.
01:48Veut une révolution au sens 1789 du terme.
01:53Et on sait comment ça s'est passé.
01:57Et en plus veut le faire je trouve d'une façon ridicule.
02:02Par exemple j'ai vu qu'il était envisagé des blocages.
02:04On va avoir l'occasion d'en parler dans un instant mais des blocages d'entrepôts Amazon.
02:08Moi je considère qu'Amazon est un des derniers trucs qui fonctionne en France par exemple.
02:13Et donc je veux défendre ce genre d'entreprise premièrement.
02:16Mais deuxièmement j'observe que la gauche dans son ensemble est un peu sur Mars en ce moment.
02:21Puisque au lieu de se dire bon on va essayer de succéder à Bayrou et de faire quelque chose de raisonnable et montrer qu'on est raisonnable.
02:29Et bien ils sont en toupie avec Mme Tondelier qui fait des tweets furieux sur la justice sociale et des mesures auxquelles on n'aurait pas le droit de s'opposer.
02:39M. Fort qui fait des réunions de travail avec Gabriel Zuckman parce qu'il fait absolument cette taxe sur les ultra-riches etc.
02:46est donc très loin de mesures de compromis.
02:48Donc je trouve que tout le spectre de la gauche malheureusement se comporte d'une manière assez effrayante.
02:55Et je crains qu'il ne précipite le président à dissoudre cette assemblée parce qu'il se comporte de façon tout à fait irresponsable.
03:06C'est tout ?
03:08C'est pour commencer.
03:10C'est l'introduction.
03:11Oui c'est l'introduction.
03:12C'est l'entrée.
03:13Attendez le plat du jour.
03:14C'est le chaos ?
03:15Déjà sur l'extrême gauche peut-être.
03:18En tous les cas il n'y en a pas à l'Assemblée puisque je rappelle que le nouveau Front populaire il n'y a pas d'extrême gauche sur ses bancs.
03:24Il y a de la gauche, il y a une gauche radicale mais qui n'est pas l'extrême gauche.
03:27Et par ailleurs nous avons un programme et là où sans doute, alors ça va sans doute être un peu surprenant mais je vous rejoins un peu, c'est que je pense que dans le moment il faudrait que nous soyons la force tranquille.
03:38C'est-à-dire cette espèce de calme et sérénité sur nos valeurs de gauche et d'écologie et que nous avancions très tranquillement sans nous agiter outre mesure.
03:47Moi je pense qu'Emmanuel Macron n'a jamais tenté la moindre concession vis-à-vis de la gauche donc je ne vois pas pourquoi il commencerait maintenant.
03:53Moi je n'imagine pas un instant que tout à coup il ait une forme de...
03:59Oui alors je pense qu'en fait, si vous voulez mon avis, il joue un peu avec la gauche comme un chat joué avec une souris.
04:06C'est-à-dire qu'en fait il va faire sortir des noms comme ça et alors tout le monde va s'exciter sur un nom puis après ça va retomber.
04:13Moi je voudrais vraiment qu'on soit très sereins, c'est-à-dire on a été élus, on a un programme, on a un mandat.
04:19Un mandat, ça peut paraître un peu désuet mais un mandat c'est on a promis des choses et donc on le fera.
04:25Un mandat minoritaire ?
04:26Peut-être mais comme Emmanuel Macron a un mandat minoritaire et donc en tous les cas c'est le gouvernement.
04:30Donc ça aboutira à la même chose si c'était la gauche qui était au pouvoir ?
04:34Mais non, enfin déjà tentons.
04:36Vous venez de le dire, vous dites que vous seriez aussi minoritaire.
04:38En fait le fonctionnement démocratique normal ce serait de se dire que puisque la gauche est arrivée en tête,
04:46certes pas beaucoup, certes sans majorité absolue, ça il n'y a pas de problème.
04:49Mais quand même on est arrivé en premier, et bien on met un gouvernement issu de ce nouveau front populaire
04:56qui propose des lois qui sont amendées, suramendées par le Parlement.
05:01Et puis à la fin si c'est voté c'est voté, si ça n'est pas voté c'est pas voté.
05:05Mais en fait c'est ça le fonctionnement démocratique et j'ai l'impression qu'on l'a complètement...
05:09Là on se déplace un peu de débat, on retourne sur le débat qu'on avait à l'époque de Lucie Castet, etc.
05:15Je pense que c'est...
05:16Il va se reposer le débat là.
05:17Oui mais je pense que c'est plus le sujet.
05:19D'abord moi ce qui m'intéresse c'est cette histoire du 10 septembre, du mouvement Bloquons-Tout.
05:25Est-ce que vous par exemple vous soutenez le mouvement Bloquons-Tout ?
05:28Ah bah oui j'irai le soutenir, j'irai dans la rue.
05:31Et je vais vous dire, je mettrai même mon écharpe tricolore s'il y a des tensions pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de personnes ébornées comme on a pu le voir dans les gilets jaunes.
05:40Bah oui mais pour moi ça je suis désolé.
05:42D'abord c'est de la récupération parce qu'au départ ce mouvement, pardon, n'est pas du tout un mouvement avec des revendications issues de votre famille politique.
05:50C'est un mouvement antifiscal, souverainiste.
05:53Au départ c'est parti des comptes, Nicolas qui paye, etc.
05:56Donc c'est de la récupération.
05:58Et ensuite je trouve qu'on est là encore dans une démarche qui n'est pas une démarche d'intérêt général.
06:04C'est-à-dire si vous soutenez le blocage du pays, la censure du gouvernement, la mise en place...
06:09Ça accrédite la thèse que la gauche est plutôt pour le chaos ?
06:13Une certaine gauche oui semble pour le chaos.
06:15C'est-à-dire que si vous ne pouvez pas à la fois demander qu'on vous donne les clés du pouvoir
06:20pour ne proposer que des mesures issues de votre famille politique au lieu d'essayer de trouver des mesures plus larges,
06:27soutenir en même temps le blocage du pays...
06:29Moi je suis désolé, je trouve que cette idée...
06:34Non mais je ne vois pas...
06:36Franchement, vous soufflez sur les braises d'un pays qui est déjà...
06:39Alors on peut trouver les responsables, etc.
06:41Mais qui est déjà dans une situation assez compliquée.
06:44Je ne suis pas sûr que pousser les gens et soutenir un mouvement qui va être un mouvement où il va y avoir...
06:50De la violence ?
06:51De la violence, du bordel, et toujours les mêmes qui bloquent.
06:54Parce qu'au fond, et je termine par là, je vous laisse répondre.
06:56Mais c'est toujours les mêmes qui bloquent.
06:58Moi quand je dis Amazon est un des derniers trucs qui marchent en France, je le pense vraiment.
07:02C'est-à-dire pendant le Covid, heureusement qu'on avait Amazon et la grande distribution pour faire fonctionner tout ça.
07:08Et heureusement qu'on avait les laboratoires pour trouver les vaccins, etc.
07:10Donc je me dis, si c'est encore les syndicats de la RATP, les syndicats de la SNCF, les écologistes, la France insoumise qui rebloquent le pays.
07:21Alors que dans le même temps, les Français, qu'est-ce qu'ils disent ?
07:23Ils mettent Bardella à 46% ou 42%, je ne sais plus.
07:27Mais c'est le seul à passer les 40% d'opinion positive.
07:30Il y a peut-être quand même un problème dans la récupération que vous faites, oui ?
07:33Alors c'est André Noce.
07:33Alors on va vous répondre point par point sur ce long monologue.
07:38La première des choses, c'est que vous dites, vous mettez du soufflé sur les braises, vous mettez de l'huile sur le feu.
07:45Celui qui a annoncé qu'il y aurait deux jours fériés qui seraient travaillés sans aucune augmentation de salaire,
07:51ça n'est pas nous, après le mouvement des retraites, qui a déjà dit, nous ne voulons pas travailler plus.
07:55Entendez-le ce mouvement, parce que le mouvement des retraites, il a été d'une importance, d'une puissance, d'une longueur, d'une quantité assez impressionnante, rarement vue, jamais vue depuis 1968.
08:08Donc en fait, ce truc de travailler plus pour gagner plus n'est plus le mot d'ordre de la société.
08:13En fait, j'ai l'impression que vous vous êtes endormi, vous avez été congelé en 1970 et que vous vous réveillez maintenant.
08:21– Je vais vous répondre.
08:21– Bien sûr, aujourd'hui, il y a un salarié sur deux qui souhaite démissionner, il y a 44% des salariés qui sont en souffrance au travail.
08:28Donc en fait, on a une vraie quête de sens, un vrai problème presque du sens de ce qu'on fait toute la journée.
08:36Et je vais vous dire sur la récupération, vous dites récupération, mais en fait, est-ce que vous dites ça des retraites ?
08:43Est-ce que vous avez dit ça des gilets jaunes ?
08:44Moi, je ne suis pas là en premier, je ne vais pas guider ce mouvement, je ne suis pas en première ligne.
08:50Je serai en dernier, on peut soutenir des manifestations, je serai en dernier dans ce cortège.
08:58Et je m'engage vraiment à ne pas du tout, du tout, être ni en premier, ni à capter les trucs en dernier.
09:05Mais par contre, mais par contre, s'il y a des moments, il y a des tensions, si à des moments, il y a des revendications,
09:13s'il y a des discussions qui se passent, alors il faut que les députés de la nation, c'est-à-dire ceux qui incarnent le peuple à l'intérieur de l'Assemblée nationale,
09:21puissent être présents et échangés.
09:22Donc en fait, je vous le dis, aujourd'hui, la société qui consiste à produire plus, travailler plus, se lever le matin, faire mal les choses,
09:29des tableaux Excel, ne pas comprendre pourquoi on doit faire vite les choses, tout ça, toute cette perte de sens,
09:35à un coup, et en fait, les gens n'adhèrent plus à ce système-là.
09:38Ce système a fonctionné tant qu'ils avaient l'espoir que leurs enfants aient une meilleure situation que leurs parents.
09:43Aujourd'hui, ça n'est plus le cas.
09:45Et donc, il y a deux projets qui s'installent.
09:46L'un avec un bouc émissaire, l'immigré, l'autre avec une transition des croissances.
09:51Ça, c'est malheureusement un modèle, une opposition qui s'installe, mais je pense qu'il y a d'autres voies que celle-là.
09:58D'abord, cette caricature des tableaux Excel, excusez-moi.
10:01Oui, effectivement, il y a des jeunes qui font des tableaux Excel dans des cabinets de conseil, dans des banques, dans des cabinets d'avocats.
10:08Mais pas du tout aujourd'hui, mais tous les métiers, quasiment, font que chercheurs, aujourd'hui, c'est faire des tableaux Excel.
10:13Et je vais vous dire, moi, je préfère des gens qui font des tableaux Excel à des gens qui ne foutent rien en vociférant leurs revendications,
10:21en fumant des pétards, en créant des ZAD, en empêchant les travaux de se tenir, etc., etc.
10:27J'ai lu votre fiche qui fait diable si vous continuez avant, et il me semble que vous avez fait exactement ça, durant votre jeunesse.
10:34Oui, mais vous savez, c'est bien aussi de mûrir.
10:38Moi, vous savez, le modèle de société prôné par les gens qui sont votés...
10:43Vous avez fumé des pétards, moi, Charles ?
10:43Non, jamais.
10:44Oh, mon Dieu !
10:45Par les gens qui sont votés...
10:46Non, parce que ça ramollit.
10:48Par les gens qui sont votés dès 15h en terrasse de café à Paris 11e, ça n'est pas non plus mon modèle de société.
10:53Et j'accepte effectivement d'être hibernatus et de croire encore à une société du travail, du mérite, de l'effort, etc.
11:01J'observe d'ailleurs que les Français, vous dites, on a changé d'époque, etc.
11:05Je ne suis pas sûr.
11:06Il y a effectivement une tendance telle que vous décrivez, telle que vous la décrivez, de gens qui veulent toujours travailler moins, etc.
11:11Il y a aussi des gens qui expliquent chiffres à l'appui, que si, par exemple, on revenait aux 39h, on rembourserait nos retraites, par exemple.
11:19On paierait beaucoup plus facilement nos caisses de retraite.
11:22Il y a aussi des Français qui, à 75%, nous disent qu'ils ne veulent ni Tondelier ni Mélenchon,
11:29puisqu'ils sont tous les deux à 14 et 15% de souhait de devenir Premier ministre.
11:34C'est le sondage d'aujourd'hui des échos.
11:36Ce n'est pas exactement votre presse, j'imagine, les échos.
11:39Moi, je trouve que c'est un journal...
11:39Mais vous, en tant qu'économiste, je le lis régulièrement.
11:42Et bravo aux journalistes des échos, d'ailleurs.
11:44Simplement, je voudrais...
11:45Je pense quand même...
11:47On peut quand même être d'accord, même si...
11:49La France, aujourd'hui, elle a besoin quand même de se retrousser les manches.
11:53C'est un pays qui a besoin de se remettre au boulot.
11:55Moi, je pense...
11:56Effectivement, j'assume, je pense qu'il faut une révolution, mais pas celle que vous imaginez.
12:01Moi, je pense qu'il faut une révolution industrielle, si vous voulez, en France.
12:04Je pense qu'on doit effectivement se remettre à construire des usines, à construire des autoroutes,
12:09à construire des aéroports, à partir à la conquête de marchés étrangers.
12:12Donc, effectivement, c'est...
12:14Et je pense que si on fait ça, on pourra payer une sécurité sociale, on pourra payer des retraites,
12:19on pourra payer des logements sociaux, on pourra payer une police, etc., etc.
12:24Voilà.
12:24Non, mais c'est très intéressant.
12:25C'est de vision du monde.
12:26Non, mais c'est très intéressant, parce que je pense qu'on est au cœur du sujet.
12:30C'est-à-dire que pourquoi...
12:32Moi, je vous dis que le modèle que vous venez de décrire,
12:35et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui pensent que c'est encore ce modèle qui est actuellement la solution aux crises que nous traversons.
12:44Ce modèle, aujourd'hui, n'est plus possible, parce qu'on l'a vu cet été,
12:48il y a des canicules qui vont entamer les rendements, par exemple, agricoles,
12:52qui créent des conditions de vie difficiles.
12:55Il y a sept limites planétaires qui sont atteintes, alors que nous n'en avons que neuf.
13:00Et en fait, c'est comme si vous...
13:03Je ne vous dis pas qu'il faut le perdre sans, écolyse.
13:05C'est l'écologie, tout ce que j'ai décrit.
13:07Quand on construit des aéroports, on le fait quand même un peu sans écologie,
13:10mais en fait, c'est ça vraiment pour moi.
13:11On peut progresser techniquement.
13:13Je vais vous dire, j'aimerais avoir ces débats-là à l'Assemblée nationale, en vérité.
13:17Parce qu'en fait, on est là au cœur d'un projet de société.
13:20Moi, je voudrais que nous ayons une écologie réparatrice,
13:23une écologie qui fasse du bien, que nous nous préparions.
13:26Là, en fait, c'est comme si nous avions une alerte météo sur un ouragan Force 10
13:31et que vous nous proposez d'ouvrir les fenêtres et les voler.
13:34Moi, je vous dis, aujourd'hui, on doit se préparer.
13:36On doit changer notre modèle de société pour être sûr de pouvoir passer les crises écologiques.
13:42Et en fait, ce que vous nous dites, c'est qu'il faut produire plus, il faut de la croissance.
13:46Et c'est comme ça qu'on va y arriver.
13:47Mais j'aimerais beaucoup avoir ça.
13:48Pour financer notre modèle, il faut dire l'argent.
13:50Alors ça, c'est un sujet.
13:51Comment on fait avec votre modèle ?
13:53Comment on fait pour avoir de la prospérité ?
13:55Si on s'enferme tous dans des cabanes avec notre potager...
14:02Non, mais là, vous caricaturez.
14:03Je caricature à dessein.
14:04Mais vous voyez ce que je veux dire.
14:05Si on renonce à tous nos projets industriels...
14:08On appelle la décroissance.
14:10Voilà.
14:10Si on bascule dans une forme de décroissance, comment on fait pour rester...
14:14On est obligé de rester prospère.
14:15Sinon, qu'est-ce qui se passe ?
14:16Comment on finance nos retraites, par exemple ?
14:17On se fait racheter par les Chinois.
14:19Et on sort de l'histoire.
14:20Terminé, fin de chantier, la France.
14:22Comment on fait pour rester prospère ?
14:24Il y a deux questions.
14:25Et je voudrais juste revenir sur votre question,
14:27qui est comment on finance notre modèle social.
14:30Qui demande beaucoup d'argent.
14:31Absolument.
14:31Et je vais vous dire, aujourd'hui,
14:33moi qui suis à la Commission des Affaires Sociales de l'Assemblée,
14:36j'interroge à chaque fois qu'il y a une audition
14:38du Conseil d'Orientation des Retraites,
14:41de tous les organismes qui gèrent le système de sécurité sociale
14:45et de protection sociale, je leur dis,
14:46mais avez-vous anticipé le réchauffement climatique,
14:49la perte de biodiversité ?
14:50Et à chaque fois, la réponse est immuable, non.
14:53Donc, en fait, aujourd'hui, nous nous mettons nous-mêmes
14:55dans l'ornière et dans l'imparse,
14:56parce qu'en fait, nous ne pensons pas la possibilité.
14:58Mais quelle est la réponse sur la prospérité, Madame Roux ?
15:00Comment on fait pour rester un pays riche ?
15:02Mais la prospérité, elle se pense autrement que par...
15:05Peut-être qu'on s'en fout aussi de la richesse du pays, je ne sais pas.
15:08La prospérité, elle se pense autrement
15:10que par une fuite en avant d'un modèle productiviste
15:14de consommation et de production intensive.
15:16elle se pense avec les artisans et les commerçants,
15:18elle se pense avec le local,
15:20elle se pense avec des logements de qualité
15:22de sorte que ça crée des emplois, par exemple,
15:24les logements de qualité.
15:25Ça, je suis d'accord sur l'écologie effectrice d'emploi,
15:28tout le monde est d'accord là-dessus.
15:29Oui, mais d'emploi de qualité, c'est-à-dire qu'en fait,
15:32plutôt que d'aller chercher, parce que vous nous dites
15:34la France est désindustrialisée,
15:36vous avez raison, mais qui a désindustrialisé la France ?
15:40Quels sont les modèles libéraux économiques
15:42qui ont mis les ouvriers français en concurrence
15:44avec les ouvriers chinois ?
15:45Selon votre modèle, c'est l'État qui doit être moteur,
15:47c'est l'État qui doit y aller,
15:49qui doit déverser de l'argent et impulser...
15:51Mais l'argent, il vient d'où ?
15:52Mais l'argent, aujourd'hui, il y a 200 milliards d'euros
15:54qui vont aux entreprises,
15:55donc on pourrait imaginer...
15:56Non, mais on pourrait quand même imaginer...
15:59Non, je vous vois lever les yeux au ciel,
16:01donc on pourrait quand même imaginer
16:02qu'une petite partie de celles-ci,
16:04qu'une petite partie de ces aides,
16:05puissent aller à la transformation.
16:07Il y a Pisadji Ferry et Mafouz
16:09qui ont fait un rapport qui disent
16:12qu'aujourd'hui, on devrait mettre 60 milliards d'euros
16:14pour être vraiment bien.
16:15Eh bien, mettons-les, parce que c'est nos enfants,
16:17c'est notre santé, c'est notre avenir.
16:18Merci, merci.
16:19On consuivra ce débat.
16:20Avec plaisir, mais vraiment avec le bras.
16:22Merci.
Écris le tout premier commentaire