- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va maintenant retourner voir ces agriculteurs qui sont positionnés sur des points stratégiques à Paris.
00:07Ils ont bravé ce matin les interdictions.
00:09Ils se sont installés avec leurs tracteurs sous l'Arc de Triomphe, les abords de la Tour Eiffel, l'Assemblée Nationale.
00:15Certains d'ailleurs ont été reçus par la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Brown-Pivet.
00:20Alors, on ne sait pas ce qu'ils vont faire.
00:21On a simplement le président de la coordination rurale, vous savez les fameux bonnets jaunes,
00:25qui appelle ce soir à libérer les tracteurs pour qu'on puisse rentrer.
00:29Donc, visiblement, ils veulent rentrer, mais il y a des tracteurs qui, effectivement, ont été placés en fourrière ce matin.
00:35Certains agriculteurs même ont été interpellés.
00:38On va tout de suite voir ce qui se passe sur le terrain avec Arthur Escudet, qui est du côté de la Tour Eiffel, pas loin de la Tour Eiffel.
00:48Ils sont toujours là, les tracteurs, avec les forces de l'ordre aussi.
00:52Porte d'Auteuil, pardon, porte d'Auteuil.
00:54Alors, nous, plus exactement, exactement.
00:56Voilà, on se trouve à la porte d'Auteuil, dans le 16e arrondissement exactement.
01:00Et vous le voyez, sur ces images de Nicolas, les tracteurs sont toujours bien présents,
01:04toujours face à ce bouclier de CRS qui se maintient depuis ce matin.
01:08Voilà, des relèves ont été assurées.
01:10Côté agriculteurs, on ressent toujours cette colère et ses attentes aussi.
01:15On a pu échanger avec certains d'entre eux.
01:18Ils attendent, pour tout vous dire, des chambres d'hôtels pour ne pas passer la nuit dans leur tracteur,
01:23mais également des parkings pour mettre leur tracteur en sécurité tout au long de la nuit.
01:28Des agriculteurs qui sont très mécontents.
01:30Toujours, on entend cette colère.
01:32Des feux ont été faits juste ici, juste à côté, qui ont été éteints avec la pluie.
01:36Mais les agriculteurs ne cachent pas leur colère.
01:40On voit toujours ces échanges qui sont en cours avec les CRS.
01:43Mais pour le moment, rien ne bouge.
01:45Donc, les agriculteurs, forcément, restent ici et nient en bloc.
01:49Merci Arthur Descudet.
01:50Donc, toujours mobiliser ces agriculteurs, même si certains veulent rentrer.
01:55Je rappelle le message du président de la coordination rurale.
01:58Il appelle à libérer les tracteurs pour qu'on puisse rentrer.
02:01Donc, ils ont quand même l'intention de ne pas dormir sur place.
02:04Benoît Biteau, vous êtes agriculteur.
02:05Vous n'êtes pas à la coordination rurale.
02:07Non.
02:07Vous êtes plutôt de l'autre bord, j'ai envie de dire.
02:08Je suis adhérent à la Confédération Paysanne, j'assume.
02:10Voilà, député écologiste et social de la Charente-Maritime.
02:14Mais vous êtes tous d'accord pour dire, par exemple, non au Mercosur.
02:17Oui.
02:18Emmanuel Macron n'a toujours pas donné sa position officielle.
02:20Ça devrait sans doute tomber ce soir, puisque le vote, c'est demain.
02:23Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron va dire non, va voter contre,
02:27au nom de la France, contre ce traité de libre-échange ?
02:31M. Macron est cyclotimique sur le Mercosur.
02:33Un coup, il est favorable.
02:34Un coup, il est plus favorable.
02:36Là, je pense qu'il n'a pas le choix de voter contre le Mercosur,
02:39vu la pression de Dumont d'Agricol depuis quelques jours,
02:41depuis quelques semaines maintenant.
02:43Je rappelle quand même qu'à l'Assemblée nationale, à deux reprises déjà,
02:45on a voté à l'unanimité contre le Mercosur.
02:48Donc, je ne sais pas comment M. Macron peut avoir une autre attitude.
02:51Mais M. Macron a loupé le coche.
02:52Je vous rappelle qu'entre, dans le premier semestre 2022,
02:55la France était présidente du Conseil de l'Union Européenne.
02:59C'est à ce moment-là qu'il devait manifester son opposition ferme à ce traité.
03:02C'est trop tard, en fait ?
03:03Mais bien sûr que c'est trop tard.
03:05Et s'il avait vraiment été opposé, c'était un travail de longue haleine à conduire.
03:09On est sur un traité qui est en préparation depuis 1999, c'est-à-dire 27 ans.
03:14Là, on était dans la dernière ligne droite.
03:15Et maintenant, de toute façon, les discussions sont closes.
03:18C'est-à-dire que c'est ratifié ou pas.
03:20Et donc, faire croire aux agriculteurs qu'on peut encore, à la marge,
03:25gratter deux, trois trucs, c'est complètement mensonger.
03:29C'est-à-dire que ça n'existe pas, ça, pour Ursula von der Leyen.
03:33Et donc...
03:33De toute façon, la négociation est terminée.
03:35Oui, c'est ça.
03:36On dit bien la même chose.
03:37Oui, oui.
03:38Ça, c'est factuel.
03:39C'est-à-dire que la négociation est terminée.
03:40Et donc, maintenant, on peut...
03:41Oui, mais on entend encore Annie Gennevard dire,
03:43on va gagner sur des mesures miroirs.
03:46On peut-être renforcer les contrôles.
03:47Il n'y a pas des produits qui seront importés.
03:49Mais en plus, comment est-ce qu'on met en place les mesures miroirs ?
03:53On le voit bien que le CETA-TAFTA, on n'arrive pas à les contrôler.
03:55On n'arrive pas à vérifier si tout est bien respecté.
04:00Les mesures...
04:00Vous n'y croyez pas ?
04:01Mais non, les clauses de sauvegarde, c'est pareil.
04:02Les autorités s'engagent à contrôler les produits qui viendront d'ailleurs.
04:05Il faut mettre des moyens.
04:06Voir s'ils respectent bien nos normes, notamment les normes sanitaires.
04:10Il faudrait aller contrôler pendant tout le process de production,
04:13de la naissance jusqu'au départ d'une carcasse bovine,
04:17comment elle a été élevée, comment elle a été soignée,
04:21avec quels antibiotiques, avec quelles hormones.
04:23Ça n'est pas possible.
04:24On a des produits qui s'effacent dans la durée.
04:27Donc forcément, on est en train de flouer le monde agricole
04:33avec ces clauses de sauvegarde qui ne concernent pas le Mercosur
04:36et ces clauses miroirs qui sont impossibles à contrôler.
04:40Marie Chantret, quand Emmanuel Macron officiellement va donner sa position ?
04:44Parce que le vote, c'est demain.
04:45C'est demain.
04:45Absolument. La position du président de la République
04:48devrait être connue dans les prochaines minutes
04:50via notamment ses réseaux sociaux,
04:52un tweet publié vraisemblablement sur X
04:55dans les prochaines minutes en début de soirée.
04:57Ça sera sans doute non.
04:59On se dirige en effet vers une position française
05:01et un vote non.
05:03Il n'avait que des mauvaises solutions.
05:04Le chef de l'État, ça c'est celle de l'isolement
05:07quand même finalement vis-à-vis de ses partenaires européens,
05:10répétant, et vous le disiez à l'envie,
05:12que finalement les garanties n'étaient pas suffisantes
05:15et qu'aujourd'hui le compte n'y était pas.
05:18Alors, ils ont beau répéter que la fin du fil n'est pas écrite,
05:22que la fin de l'histoire non plus,
05:24néanmoins, si Ursula von der Leyen signe, ratifie
05:28et se dirige vers le Paraguay en début de semaine,
05:32le symbole politique sera néanmoins là.
05:35Vraisemblablement, Emmanuel Macron a aussi prévenu
05:37la présidente de l'Union européenne du vote,
05:40qui serait non, reste encore au conditionnel et prudent,
05:43mais vraisemblablement, c'est ce vers quoi se dirige ce soir
05:47le chef de l'État.
05:48Donc, un non, mais un non qui ne changera pas la donne
05:52puisque la France est quasiment seule.
05:54Il y a l'Irlande qui va voter non aussi,
05:56mais elle est trop seule.
05:57Elle est trop seule, pas de minorité de blocage.
05:59Et la Pologne aussi, donc pas de minorité de blocage.
06:01Donc ça veut dire quoi précisément pour que les gens
06:03qui nous regardent comprennent bien ce qui va se passer ?
06:05C'est-à-dire que cet accord va s'appliquer
06:08même si la France est contre.
06:09Elle n'a pas réussi, la France, à obtenir...
06:11Le Parlement national, par exemple, ne sera pas amené
06:14à ratifier ou non cet accord ?
06:16Non, vraisemblablement pas.
06:18Dans les dernières semaines, vous savez,
06:20on a beaucoup parlé de l'italienne Georgia Meloni
06:23qui avait aussi exprimé ses doutes,
06:25estimant aussi que le compte n'y était pas.
06:27Mais vraisemblablement, elle s'est rangée
06:29à une majorité européenne.
06:30Elle a eu des garanties sur la PAC.
06:32C'est-à-dire qu'il y a aussi, en même temps,
06:34la discussion sur la politique agricole commune.
06:36Ce sont deux discussions parallèles, en effet.
06:38Et Georgia Meloni a eu des garanties
06:40sur des avances et la sanctuarisation
06:43du budget de la PAC pour l'Italie.
06:45Et donc, elle renonce à s'opposer au Mercosur.
06:48C'est du donnant-donnant pour Georgia Meloni, effectivement.
06:50Après, sur la ratification par les États membres,
06:53Ursula von der Leyen, qui scinde cet accord en deux parties,
06:56fait que, maintenant, on ne consulte plus
06:59les parlementaires nationaux.
07:02C'est un problème démocratique ?
07:03Bien sûr.
07:04Et Emmanuel Macron, s'il avait été un fervent défenseur
07:07d'une position contre le Mercosur, aurait dû saisir
07:10la Cour de justice de l'Union européenne
07:12pour dénoncer la stratégie antidémocratique
07:16d'Ursula von der Leyen.
07:17Donc, là, on a vraiment, sur le fond et sur la forme,
07:22une position qui n'est pas acceptable
07:24de la part de la présidente de la Commission.
07:26Et M. Macron n'a pas été un opposant
07:29à la hauteur des enjeux
07:31par rapport à cet accord de libre-échange.
07:34– Le ministre de l'Intérieur va prendre la parole
07:36d'ici quelques minutes pour faire le point
07:38sur ce qui se passe à Paris.
07:40Il y a eu beaucoup de confusion ce matin
07:41parce qu'il y avait des interdictions.
07:42Officiellement, il était interdit d'entrer
07:44avec son tracteur dans la capitale.
07:46Puis, finalement, les tracteurs sont positionnés
07:48devant l'Arc de Triomphe, à la Tour Eiffel.
07:52On va retrouver dans un instant Alain Marchal
07:54qui est sur place, devant l'Assemblée nationale.
07:57Mais il y a aussi des agriculteurs
07:58qui ont été interpellés, placés en garde à vue,
08:00et des tracteurs qui ont été placés en fourrière.
08:03D'ailleurs, ce soir, le président de la coordination rurale
08:06appelle à libérer les tracteurs
08:07pour qu'on puisse rentrer.
08:09Pauline, on en est où précisément ?
08:11– Alors, on a 11 interpellations,
08:12aucune à Paris, mais 11 interpellations en Ile-de-France.
08:14On a 12 mises en fourrière, aucune à Paris,
08:16mais le reste dans les départements limitrophes.
08:18Et 65 verbalisations.
08:20Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'effectivement,
08:21il y a eu une grosse interrogation
08:22entre ce matin très tôt et il a fallu attendre quoi ?
08:2514h, 30h, 15h pour avoir des données chiffrées ?
08:27Il y a eu quand même un petit flottement.
08:29Parce qu'effectivement, vous l'avez dit,
08:30il y a eu des arrêtés préfectoraux,
08:32il y a eu des consignes de fermeté,
08:33visiblement, qu'on a donné.
08:34Mais les consignes, elles ont été contournées.
08:36Parce qu'il y avait un dispositif,
08:37mais il y a des tracteurs qui ont quand même réussi à passer.
08:39Et nous, on l'a expliqué, ils ont pris des petites routes,
08:41ils ont forcé les barrages, et tout s'est bien passé.
08:44– On peut traverser des champs avec un tracteur,
08:46on l'a déjà vu, il y a des manifestations d'agriculteurs
08:48qui font qu'on contourne la route.
08:50– Oui, mais on peut se positionner devant l'Assemblée nationale,
08:53il y a forcément, à un moment donné,
08:54des policiers qui laissent passer.
08:55– Alors, il y avait visiblement un dispositif
08:57dès hier soir devant l'Assemblée nationale,
08:58mais il n'a pas été suffisant.
08:59Ou alors, je ne sais pas ce qui s'est précisément passé,
09:02– Alors, attendez, parce que là, ça bouge,
09:03me dit-on, du côté de la Tour Eiffel.
09:04Peut-être que les tracteurs et le barrage
09:05sont en train d'être levés.
09:07On a sur place Alain Marshall,
09:08qui vient d'arriver devant la Tour Eiffel.
09:10Il était Place de l'Étoile,
09:12il est devant la Tour Eiffel.
09:13Alain, que se passe-t-il ?
09:14Est-ce que ça bouge, donc ?
09:16– Alors, justement, je vais demander à des gens de la CR,
09:20la coordination eurale.
09:21Qu'est-ce qui se passe ici, Tour Eiffel ?
09:22Parce qu'on a vu des tracteurs quitter, partir.
09:26Vous levez le siège de la Tour Eiffel, là ?
09:29– Pas du tout.
09:29Alors, il y en a qui sont partis rejoindre
09:31des agriculteurs qui sont restés bloqués.
09:34– De quel côté ?
09:36– Un peu partout.
09:37Malheureusement, on ne pourrait pas vous dire précisément,
09:38mais un peu partout.
09:40Là, on a des personnes qui sont reparties pour travailler,
09:43parce que le trajet a été long,
09:44on n'a mis plus de 4 jours pour venir.
09:46On nous a foutu des bâtons dans les roues tout le chemin.
09:48On a pu montrer à ce putain de gouvernement
09:50qui n'écoute rien,
09:51que nous, quand on dit qu'on vient,
09:53et que dans tous les cas, on allait passer.
09:56Là, nous, dans le…
09:57– Parce que là, je vois, dans l'arrière du pick-up,
10:00il y a des provisions.
10:02Donc là, ça veut dire que vous allez passer la nuit, là ?
10:04– On y passera la nuit, la semaine, le mois,
10:07tant qu'on ne nous aura pas écoutés,
10:08tant qu'ils ne se seront pas bougés
10:11à faire les choses correctement,
10:12tant qu'on n'aura pas été écoutés.
10:13– Donc il y a certains d'entre vous
10:15qui sont repartis pour retourner dans leurs exploitations,
10:18mais il y a la relève qui arrive,
10:19il y en a d'autres qui sont en route,
10:20qui sont dans le coin ?
10:21– Il y en a d'autres qui sont dans le coin,
10:22il y en a d'autres qui prennent dans la relève,
10:24il y en a qui vont partir se reposer,
10:26il y en a qui vont revenir,
10:28il y en a qui vont faire des cubes
10:30pour nous réalimenter en fioul.
10:32Et dans tous les cas, nous, on ne lâchera pas.
10:35On ne lâchera pas, on restera ce soir.
10:37– Donc ça veut dire, pardon l'expression,
10:39mais ce soir, il y a pique-nique ici,
10:41pas loin de la tour Eiffel, dans le quartier,
10:43vous allez rester là ?
10:44– Alors, pique-nique, c'est un grand mot,
10:46mais dans tous les cas, on restera là.
10:49On sera dans les tracteurs,
10:50on sera dans les véhicules,
10:51on sera présent à pied.
10:53– Et si jamais on vous donne ordre de partir,
10:55ordre général ?
10:57– Eh bien, ce sont les présidents
10:59qui prendront la responsabilité
11:00de lever le camp ou pas,
11:01mais là, au jour d'aujourd'hui,
11:04l'info qu'on a, c'est jusqu'à minuit,
11:06on ne bouge pas.
11:07– Jusqu'à minuit, vous restez là ?
11:08– Voilà, vous avez une info, Olivier,
11:11quoi qu'il se dise, jusqu'à minuit,
11:13les gens de la coordination orale
11:14ici, Tour Eiffel, ne bougeront pas.
11:17– Du coup, vous restez avec lui, alors ?
11:19Vous restez sur place, Alain ?
11:20– Ah ben là, il y a un petit bras zéro qui se crée,
11:24je vais lui demander s'il y a deux, trois trucs
11:25à grignoter.
11:26– Voilà, Laurent Nunez,
11:28qui a fait un point complet
11:30sur la mobilisation des agriculteurs à Paris,
11:33il a même parlé de la tempête Goretti,
11:35qui va nous occuper ce soir,
11:36puisqu'il y a 33 départements en alerte,
11:38dont un en rouge, La Manche,
11:40on va y revenir, bien sûr, dans quelques minutes,
11:42mais tout d'abord, rapidement,
11:44on a une info BFM TV à vous donner,
11:46Marie Chantret,
11:47la CBS s'est confirmée,
11:49Emmanuel Macron a pris sa décision
11:51concernant le Mercosur.
11:52– Absolument, et il le confirmera
11:54sur les réseaux sociaux dans quelques instants,
11:56la France votera non au traité du Mercosur,
11:59ce ne sera pas une abstention,
12:01c'est bien un vote négatif
12:03contre ce traité de libre-échange,
12:04le président Emmanuel Macron,
12:06qui, dans l'après-midi,
12:07en a informé la présidente du Conseil européen,
12:10Ursula von der Leyen,
12:11qui, là encore,
12:12n'a pas modifié sa décision
12:14de s'envoler en début de semaine prochaine
12:17au Paraguay
12:17pour ratifier cet accord,
12:19car le nom de la France ce soir
12:21ne changera vraisablement rien
12:24au vote final de ce traité de Mercosur,
12:26qui devrait être ratifié,
12:28parce que la France, par son nom,
12:29n'a pas réussi à enclencher
12:31une minorité de blocage
12:32qui aurait permis l'empêchement
12:33de l'adoption de ce traité.
12:35Il va falloir voir concrètement
12:37les conséquences de l'adoption
12:38de ce traité au niveau national.
12:41Eh bien, on va faire tout de suite réagir
12:42les agriculteurs
12:43qui se sont mobilisés aujourd'hui à Paris.
12:44Antoine Guillet est avec l'un d'entre eux.
12:47Des agriculteurs qui ont d'ailleurs
12:48quitté la tour Eiffel
12:49et qui s'apprêtent à rejoindre
12:51l'autoroute Assis.
12:52Antoine ?
12:54Oui, on n'est pas loin de vous.
12:56On est passé pas loin de la rédaction.
12:57Vous voyez ces images de Julie Benmoussa,
12:59les agriculteurs qui ont quitté la tour Eiffel
13:02il y a environ un quart d'heure.
13:03Il se dirige, comme vous l'avez dit,
13:05vers l'Assis.
13:06Justement, je suis avec Stéphane Pelletier.
13:07Stéphane Pelletier, il est sérialier
13:09dans la Vienne.
13:11Stéphane, tout d'abord,
13:12cette information qu'on vient d'avoir,
13:14c'est qu'Emmanuel Macron
13:15va dire non au Mercosur.
13:17Est-ce que ça vous satisfait, ça ?
13:19Oui, de toute façon,
13:21c'est bien la position invariable
13:24du président Macron.
13:26La seule chose aujourd'hui,
13:27sa parole n'aura pas beaucoup de pesée
13:29vis-à-vis de l'équilibre européen.
13:32La minorité de blocage n'existe plus
13:33suite au désistement de l'Italie.
13:36Donc oui, il va dire non,
13:37mais le Mercosur sera quand même appliqué.
13:40Comment ça s'est passé aujourd'hui,
13:42votre journée ?
13:43Est-ce que vous êtes quand même fier
13:44de cette action que vous avez menée
13:45devant la tour Eiffel ?
13:46Bien sûr que nous sommes fiers.
13:48Nous avons démontré positivement
13:49que la coordination rurale
13:55avait sa place dans le paysage.
13:57Et en plus, nous avons eu l'opportunité
14:00d'exprimer auprès de l'Assemblée nationale
14:02nos propositions pour sortir
14:05l'agriculture de la crise.
14:06Bon, voilà, le bilan est très positif.
14:11Malheureusement, les effets seront assez neutres
14:13puisque derrière, pour l'instant,
14:16on a la certitude qu'aucune disposition
14:19ne sera prise pour améliorer notre situation.
14:21Vos représentants l'ont exposé
14:23auprès de l'Assemblée nationale.
14:24Et vous, sur le barrage,
14:25vous l'avez exposé auprès des touristes
14:27et des Parisiens.
14:28Oui, ça a été un grand exercice
14:30qui a été très valorisant pour nous
14:32de voir que les Parisiens, les touristes,
14:37même les forces de l'ordre aujourd'hui
14:39nous ont exprimé la reconnaissance,
14:41nous ont rappelé notre utilité sociétale
14:44de nourrir le peuple.
14:47Bon, ça nous fait quand même du bien
14:48parce qu'aujourd'hui, c'est vrai
14:49que le pouvoir politique,
14:51il nous semble que le pouvoir politique
14:53ne nous montre pas de gestes
14:55d'attachement à cette valeur sociétale.
14:58Et vous, donc, c'est quoi la suite pour vous
14:59ce soir et demain ?
15:01Où est-ce que vous allez dormir ?
15:02Est-ce que vous allez revenir demain matin ?
15:03C'est quoi la suite ?
15:04Alors, donc, après trois nuits blanches
15:07ce soir, j'espère que je vais dormir.
15:09Nous allons chez un collègue agriculteur
15:13dans la Beauce, à une centaine de kilomètres d'ici.
15:16Apparemment, il nous a préparé le gîte, le couvert.
15:19Nous allons passer une bonne nuit
15:21et ensuite, nous allons attaquer le retour
15:24vers nos exploitations dans la Vienne.
15:26Donc, on aura une douzaine d'heures de route
15:29pour rentrer chez nous.
15:30et puis, dès après-demain,
15:34reprendre le cours de nos exploitations,
15:37le travail au quotidien.
15:40Ensuite, ben...
15:42Pas question, en tout cas,
15:43si les annonces de Sébastien Lecornu
15:45demain matin ne vous satisfont pas,
15:47de faire demi-tour et de revenir à Paris dès demain.
15:50Venir à Paris, pour moi, c'est 2000 euros.
15:54C'est une grosse concession
15:55à un moment où je n'ai pas obligatoirement
15:57les moyens de le faire.
16:00De plus,
16:04avoir utilisé la même méthode,
16:07on obtiendra toujours le même résultat.
16:08Donc, il y aura d'autres actions différentes
16:10avec, nous espérons, des effets différents.
16:13Il nous reste deux mois pour nous faire entendre
16:15avant la reprise des gros travaux en mars.
16:19Il est certain que nous aurons une action très intense
16:22pour obtenir ce que nous voulons.
16:24Merci beaucoup, Stéphane Pelletier.
16:26On le rappelle, vous êtes serialier dans la Vienne
16:28et donc le barrage devant la Tour Eiffel
16:30qui est parti maintenant depuis 20 minutes
16:32et entre actuellement sur le périph
16:34dans le 15e arrondissement.
16:35Merci Antoine Guillet avec ces agriculteurs
16:38qui quittent Paris et qui vont rejoindre l'autoroute A6
16:42pour rentrer chez eux.
16:43Ils sont fatigués, ils ont mis quand même plusieurs jours
16:44pour venir jusqu'à la capitale.
16:47On a donc appris, c'est une info BFM TV,
16:49qu'Emmanuel Macron allait dire non au Mercosur.
16:51Il a enfin arrêté sa position officielle.
16:53Il détend puisque le vote, c'est demain à Bruxelles.
16:55Ça ne changera pas grand-chose.
16:57Et on va en parler avec Charles Consigny qui nous a rejoint.
16:59Bonsoir Charles.
17:00Bonsoir.
17:00Le signé Consigny, c'était face à Philippe Ballard.
17:02Mais Philippe Ballard, le député RN, est bloqué par les agriculteurs
17:06qui sont notamment positionnés autour de l'Assemblée nationale.
17:09Néanmoins, Charles, est-ce que vous applaudissez la position française officielle,
17:14c'est-à-dire non au Mercosur ?
17:17D'abord, moi je suis passé voir les agriculteurs
17:20qui étaient aux abords de l'Assemblée nationale.
17:24C'était sur mon chemin.
17:25Donc je suis allé les saluer, leur apporter mon soutien
17:29et écouter ce qu'ils avaient à dire.
17:32Je les ai trouvés très sincères.
17:34J'ai vu qu'ici et là, on disait qu'ils étaient plus ou moins liés
17:39à je ne sais quel groupuscule d'extrême droite, etc.
17:42S'agissant de la coordination rurale,
17:44ce n'est pas du tout ce que j'ai vu.
17:45Moi, j'ai trouvé qu'ils étaient démunis, révoltés par la désinvolture
17:51avec laquelle on leur impose des textes aux conséquences énormes,
17:57comme c'est le cas de ce traité Mercosur.
18:00Donc voilà, je veux saluer leur sincérité qui me paraît totale
18:04et leur spontanéité qui me paraît totale.
18:06Ensuite, la position d'Emmanuel Macron.
18:08Très bien.
18:09Le problème, c'est qu'on est dans l'Europe
18:11et que donc ce traité va passer quand même.
18:14Après, il y a des choses qu'on peut faire, je pense,
18:17maintenant qu'on ne peut plus bloquer l'entrée en vigueur du Mercosur.
18:21Et ça, je crois qu'il faut dire la vérité aussi aux agriculteurs.
18:24Je crois qu'eux-mêmes l'ont bien compris.
18:26Voilà, ce traité, il va entrer en vigueur.
18:29Et il est incohérent à tout point de vue, comme on l'a déjà.
18:31C'est-à-dire que la France, première puissance agricole d'Europe,
18:34deuxième puissance économique et politique d'Europe,
18:38est incapable de dire non à un traité
18:40et va devoir supporter un traité qu'elle ne veut pas.
18:42Ça pose quand même une question démocratique, tout simplement.
18:46Un traité qui ne sera pas ratifié, d'ailleurs, par le Parlement national.
18:48Il n'y a pas de députés de leur avis.
18:50Oui, on ne va pas le ratifier, mais la France est...
18:53Tiens, je vois le député Ballard qui a été relâché par les agriculteurs.
18:56Il a été libéré.
18:57Alors on va demander au député Ballard de nous rejoindre.
19:00Il faut que je parte, donc si tu pouvais dire bon.
19:02Alors allez-y, on va essayer de faire vite parce qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps.
19:08M. Ballard, installez-vous.
19:09En tout cas, je pense que la France a des leviers quand même contre ce traité.
19:13D'abord, je pense que dans la commande publique,
19:16elle a des leviers parce qu'elle peut, pour toutes les cantines scolaires,
19:20pour toutes les restaurations qui relèvent de la commande publique,
19:23s'en tenir exclusivement à ce qui est fait en France.
19:26Et surtout, elle peut, comme il y a les fameuses clauses miroirs,
19:28dont on nous dit qu'elles ne servent à rien,
19:30parce qu'en fait, les contrôles sont théoriques, etc.
19:33Mais ces clauses, qu'est-ce qu'elles font ?
19:35Elles obligent théoriquement les produits importés
19:37à respecter les mêmes normes sanitaires et environnementales que nous.
19:41On a quand même un levier au niveau du territoire français
19:44qui est de systématiser, augmenter énormément les contrôles
19:49pour en fait bloquer les importations qui ne respectent pas ces clauses.
19:52Mais il est vrai que, il faut dire les choses,
19:55c'est un mauvais coup pour les agriculteurs français.
19:57C'est un mauvais coup de l'Europe contre les agriculteurs français.
19:59– On va en parler avec Philippe Ballard, bonsoir.
20:01Mais Benoît Biteau est resté avec nous deux minutes simplement pour réagir,
20:04puisque c'est l'Info BFM TV ce soir.
20:06Je rappelle que vous êtes agriculteur,
20:08mais aussi député écologiste et social de la Charente-Maritime.
20:12Vous avez cette double casquette.
20:14Donc Emmanuel Macron va dire non, Mercosur.
20:16Mais il n'y a pas de minorité de blocage,
20:18donc ça ne change rien.
20:20Cet accord va s'appliquer.
20:22C'est un drame pour les paysans français ?
20:24– Évidemment, j'étais député européen en plus dans le mandat d'avant,
20:28donc j'ai suivi ça de très près.
20:30Mais bien sûr que c'est un drame.
20:32Et le vote contre de M. Macron n'est qu'un vote de façade.
20:35C'est-à-dire qu'il n'a jamais,
20:36et je parle en tant qu'ancien député européen,
20:39il n'a jamais engagé de vrai combat contre le Mercosur.
20:43La France était présidente du Conseil de l'Europe.
20:45Le premier semestre 2022, M. Macron,
20:48il avait une latitude incroyable pour avancer.
20:51– Il aurait pu interromper les négociations à ce moment-là ?
20:53– Mais il aurait pu surtout construire la minorité de blocage
20:57qu'il n'a jamais fait.
20:58Et après, j'aime beaucoup Charles,
21:00mais la commande publique, ce n'est pas ça le sujet.
21:02Le problème du Mercosur, ce n'est pas les volumes qui vont rentrer,
21:05c'est le prix auquel ça va rentrer.
21:07C'est-à-dire que de la viande qui va arriver du Mercosur,
21:11les volumes vont être confidentiels,
21:12sauf qu'elles vont tirer vers le bas le prix de vente
21:15de tous les volumes, y compris ce produit en Europe et en France.
21:19Et c'est là où les coûts de production des producteurs
21:21ne seront plus couverts.
21:22Donc même si la commande publique va vers les producteurs locaux,
21:26les prix que vont proposer les productions qui viennent du Mercosur
21:30vont faire que les agriculteurs ne vont pas gagner leur vie.
21:33Ce n'est pas le volume le problème.
21:36– Je suis d'accord avec vous,
21:37mais du coup, qu'est-ce que vous pensez qu'il faut faire ?
21:39Qu'est-ce que la France peut faire ?
21:41– Mais la France, ça s'est fait berner.
21:45C'est-à-dire que la France n'a pas eu de volonté.
21:49Et s'il y avait eu une volonté,
21:50le président Macron aurait saisi la Cour de justice de l'Union européenne
21:53pour demander à ce que cet accord de libre-échange
21:56soit ratifié par les parlements nationaux.
21:58Il pouvait le faire, il ne l'a pas fait.
22:00Donc il y a plein d'indices, plein de faisceaux d'indices
22:04qui montrent que M. Macron vote contre aujourd'hui,
22:06mais il était pour.
22:07– Alors, merci M. Viteau, on va vous libérer.
22:11Philippe Ballard, expliquez-moi, finalement,
22:15est-ce que vous êtes quand même capable de dire
22:16merci Emmanuel Macron, vous dites non, Mercosur,
22:20c'est ce qu'on attendait ?
22:21– Non, surtout pas merci Emmanuel Macron,
22:23qui a changé en fait, quand on reprend le fil depuis 2019,
22:27il a changé d'opinion.
22:28Alors en fait, souvent en fonction du président brésilien,
22:31entre Lula et Bolsonaro, un coup, cet accord a été très bien
22:35et un coup, il était absolument condamnable.
22:37Non, il n'a absolument fait aucun effort diplomatique
22:39pour constituer une minorité de blocage.
22:42Mais c'est dans son ADN à Emmanuel Macron,
22:44c'est un libre-échangiste, il nous a vendu la mondialisation heureuse,
22:47c'est-à-dire le fait de nous mettre en concurrence
22:49avec des pays qui n'ont pas les mêmes règles fiscales,
22:52sociales, environnementales.
22:53Et moi, j'écoutais votre argument,
22:56mais déjà les clauses miroirs, attention,
22:57elles ne sont pas comprises dedans.
22:58Et je relisais tout à l'heure la déclaration de deux commissaires,
23:02notamment le commissaire hongrois de l'agriculture,
23:04qui disait, s'il y a une hausse de 8% des exportations
23:08par rapport à ce qui a été négocié,
23:10ou bien une baisse des prix de 8%,
23:11attention, qu'est-ce qu'on va faire ?
23:13On va faire une enquête.
23:15Alors là, une enquête de l'Union Européenne.
23:17Bonjour, la tortue arrive.
23:19Mais d'ici là, les agriculteurs, ils auront tous crevé.
23:22Donc cet accord du Mercure sûr, c'est non,
23:25trois fois non, mille fois non.
23:26Malheureusement, on est maintenant démunis.
23:28Ce qui est vrai, c'est que là-dessus,
23:30je pense qu'on sera d'accord,
23:31même si on n'en tire pas les mêmes conséquences.
23:33L'Europe manque à ses obligations
23:37en matière de défense de ses propres intérêts.
23:40C'est-à-dire que, vous savez,
23:42on dit souvent que toute couleur en commission
23:44termine par un beige.
23:45C'est-à-dire que comme en Europe,
23:47on est très nombreux
23:48et qu'on n'est en fait pas d'accord sur grand-chose,
23:50et qu'en plus, nos chefs d'État nationaux
23:53ne veulent pas, dans les instances européennes,
23:56de personnalités trop charismatiques
23:58qui leur feraient de l'ombre.
23:59On se retrouve avec Ursula von der Leyen,
24:02qui, à mon sens,
24:04n'est pas une personnalité charismatique.
24:05On a vu comme elle s'est fait ridiculiser
24:08quand elle est allée voir Donald Trump.
24:10Elle a été pourtant reconduite
24:11à la tête de la commission
24:12par Emmanuel Macron et les autres.
24:14Mais parce qu'elle ne leur fait pas d'ombre.
24:16Parce qu'elle ne leur fait pas d'ombre.
24:17Moi, je pense qu'on devrait élire
24:20le président de la commission européenne
24:21au suffrage universel direct.
24:23On aurait...
24:23Déjà, peut-être qu'on devrait
24:24gratifier par le Parlement national
24:27un accord aussi important.
24:28Il y a eu un vote à l'Assemblée nationale.
24:31Il y a eu un vote à l'Assemblée nationale.
24:32Et alors là, pour une fois,
24:33tous les partis ont voté non.
24:35Mais c'était purement consultatif,
24:36en quelque sorte.
24:38Puisque...
24:38Qu'est-ce qu'il y a un problème démocratique là-dessus ?
24:40Ah oui !
24:41Ah ben oui, mille fois oui.
24:42Quand vous avez quand même l'ensemble
24:43de la représentation nationale qui dit
24:45cet accord, on n'en veut pas,
24:48mais que malgré tout,
24:49il sera ratifié.
24:50Alors après, il y a une ultime étape
24:52au Parlement européen.
24:53On va voir ce que ça donne.
24:54On peut toujours brûler des cierges.
24:56Mais enfin, c'est dès le début.
24:57Il ne fallait pas mettre le doigt
24:59dans l'engrenage.
25:00Parce que maintenant, encore une fois...
25:01Mais pardon, mais que répondez-vous
25:02à ceux qui disent
25:03qu'il y a quand même du bon
25:04dans cet accord ?
25:05Ça peut aussi aider
25:05les entreprises françaises.
25:07Il y a du bon !
25:07On a caricaturé l'accord.
25:09Il y a des entreprises françaises
25:10qui vont en profiter.
25:10Oui, alors je regardais...
25:11Pour pouvoir commercer avec ces pays-là.
25:12Et même au sein de l'agriculture,
25:14il y a par exemple...
25:15Au Moyen-Âge, on exportait du champagne.
25:18On n'avait pas besoin
25:19d'accords de libre-échange.
25:20On est droit de douane
25:21moins important dans cette terre.
25:22D'accord, mais on n'a pas besoin
25:23de ces accords pour exporter.
25:26Pardon, mais là, ça nous plombe.
25:28Ça nous plombe et ça nous plante.
25:30Il fallait les rencontrer.
25:31Moi, je les ai rencontrés tout à l'heure.
25:32Puis j'en ai dans ma circonscription
25:33des agriculteurs.
25:34C'est un cauchemar total et absolu
25:35pour l'avion de bovine,
25:37pour le poulet, pour le maïs,
25:39pour le sucre, pour le miel, etc.
25:41Mais c'est dans l'ADN
25:45de la Commission européenne.
25:46Ce qu'il faut bien comprendre,
25:47ce que vos téléspectateurs
25:48doivent comprendre,
25:49c'est que depuis le début,
25:50l'Union européenne,
25:51la Commission européenne,
25:52elle n'a qu'un but.
25:53Elle est au service du consommateur,
25:55mais pas du producteur.
25:56C'est à l'heure de nous mettre
25:57en compétition avec des pays
25:58qui arrivent à produire
25:59des t-shirts à un euro.
26:01Le consommateur, il sera nul
26:02de ne pas acheter ces produits-là.
26:03Il y a aussi une question
26:06d'éducation,
26:07de responsabilité collective à avoir.
26:09Elle est surtout au service
26:10de l'industrie allemande.
26:11Mais en revanche,
26:12là où effectivement,
26:14je pense que c'est une faute
26:16contre les agriculteurs,
26:18c'est que par exemple,
26:19si on compare avec l'industrie textile,
26:22on peut dire que c'est aux consommateurs
26:24de continuer à s'acheter
26:26des t-shirts français
26:27et des vêtements fabriqués en France.
26:31Qu'est-ce qui se passe en pratique ?
26:32C'est que les vêtements fabriqués
26:34en France valent 10 ou 100 fois le prix
26:36des vêtements fabriqués en Asie.
26:38Et donc, les gens achètent
26:39des vêtements fabriqués en Asie.
26:41Et comme ils ont un pouvoir d'achat
26:42qui est faible,
26:43on ne peut pas le leur reprocher.
26:46Et ça, malheureusement,
26:47même si on aura des produits agricoles
26:49de meilleure qualité en France
26:51que ce qui sera produit
26:52dans le Mercosur,
26:53il y a beaucoup d'industries,
26:54surtout, c'est même pas tant
26:55les consommateurs en direct
26:57que les industriels
26:59qui vont joyeusement utiliser
27:02les produits fabriqués avec...
27:03Alors, Emmanuel Macron, ce soir, dit
27:05« Ce n'est pas la fin de l'histoire.
27:08La signature de l'accord
27:09ne constitue pas la fin de l'histoire. »
27:11Il veut dire quoi ?
27:12Il a déjà pu se réveiller avant
27:13plutôt que d'être mis devant
27:15le fait accompli
27:16puisqu'on a compris
27:16que l'Italie se retirait.
27:19C'est ce que je vous disais tout à l'heure.
27:20Mener une campagne diplomatique
27:21depuis des mois maintenant
27:22pour aller faire en sorte
27:24que d'autres pays
27:25refusent cet accord du Mercosur.
27:27Mais il ne l'a pas fait
27:27puisque c'est son ADN
27:29à Emmanuel Macron.
27:30Enfin, voilà,
27:30il est pour le libre-échange,
27:31il est pour la fable
27:32de la mondialisation heureuse.
27:35Moi, je m'en rappelle,
27:36j'étais...
27:36Avant, j'étais journaliste
27:37dans...
27:38Je travaillais dans une radio
27:39à 18h, il y avait
27:39Alain Minc,
27:40dans les années 90,
27:41qui avait une chronique,
27:42c'était la mondialisation heureuse.
27:44Donc, il nous expliquait
27:45qu'il ne fallait plus de frontières
27:46parce que les capitaux
27:46allaient circuler librement,
27:48ça allait enrichir tout le monde.
27:49Les marchandises
27:50allaient circuler librement,
27:51ça allait enrichir tout le monde.
27:52Et les humains...
27:53Ça a permis à des pays
27:53de s'enrichir, oui.
27:54Non, mais à condition
27:55que ça ne soit pas faussé.
27:57À condition que ça ne soit pas faussé.
27:58Parce que là,
27:59on nous met en compétition
28:00avec des pays
28:00qui n'ont, encore une fois,
28:02pas les mêmes règles sociales,
28:03fiscales, environnementales.
28:05Il y a un rapport sénatorial
28:06qui date de 2019.
28:08Il n'y a pas de RN à l'époque.
28:09Et qui dit précisément
28:11que dans ce que l'on importe
28:12comme produit agricole,
28:13transformer ou nous transformer,
28:15il y en a un tiers
28:15que nos agriculteurs
28:16ne peuvent pas produire.
28:18N'empêche qu'on les retrouve
28:19dans nos assiettes.
28:19Alors, si c'est ça
28:21ouvrir nos frontières,
28:21c'est non.
28:22Évidemment qu'on ne va pas vivre
28:23comme l'Albanie des années 70
28:24recruguillée sur nous-mêmes.
28:26Charles, vous qui êtes
28:26quand même plutôt libéral.
28:27Je suis libéral.
28:28Pourquoi vous êtes contre ce traité ?
28:29Non, fondamentalement,
28:31si vous voulez,
28:32je pense que ce traité a du bon
28:33parce qu'il ouvre
28:34un marché très important
28:36à beaucoup de nos industries,
28:38notamment notre industrie automobile,
28:40à nos viticulteurs.
28:41Non, mais c'est vrai.
28:41Non, mais ce qu'il en reste.
28:42Non, mais on n'a plus
28:43d'industrie automobile,
28:44on n'a plus de synergie,
28:46on n'a plus de textile,
28:46on n'a plus de chimie,
28:48on produit autant de voitures
28:51qu'en 1960.
28:52Je vous interromps, messieurs,
28:54parce qu'on va...
28:55Mais je pense qu'il est mauvais
28:55pour nos agriculteurs.
28:56On va justement retourner
28:58voir les agriculteurs
28:59avec Alain Marchal,
29:00pour conclure,
29:00qui était avec eux.
29:02C'était le fil rouge.
29:02Vous avez 30 secondes, Alain,
29:04avant de laisser la place
29:04à Marc Fauvel.
29:08Écoutez, on va faire le nécessaire
29:10parce que je peux vous dire
29:10qu'ici, ça bouge.
29:13On écoute attentivement
29:14ce qu'a dit
29:15le président de la République.
29:16Je suis avec la coordination,
29:17il y a le 51,
29:18il y a la Marne,
29:18il y a la Gironde,
29:19il y a la Drôme,
29:20qui est là, la Corse,
29:21qui était encore là
29:22il n'y a pas longtemps.
29:23Emmanuel Macron a dit
29:24non au Mercosur,
29:26ce n'est pas la fin de l'histoire.
29:27Qu'est-ce que vous lui répondez
29:27ce soir ?
29:28Ça ne va rien changer du tout,
29:30en fait.
29:31Parce qu'en fait,
29:32Mélanie a retourné sa veste
29:36et en fait,
29:37elle a dû signer d'autres accords
29:38ou en tout cas,
29:39d'autres intérêts.
29:41Donc, M. Macron
29:41ne prend aucun risque
29:43en disant non au Mercosur.
29:44Ça veut dire qu'on vous balade encore ?
29:46Bah, tout à fait.
29:47Oui, oui,
29:47on sait partidément
29:48que ça va passer.
29:49De toute façon,
29:49c'est ratifié,
29:50c'est bon quoi,
29:51c'est plié.
29:52Qu'est-ce que vous allez faire
29:52dans les heures qui viennent alors ?
29:54Bah, continuer,
29:56mais bon,
29:57de toute façon,
29:58personne ne nous reçoit,
29:59personne ne nous écoute.
30:00Aucun ministre est venu
30:01sur un barrage ?
30:02Aucun, aucun, aucun, aucun.
30:03Vraiment aucun.
30:04C'est du mépris ?
30:05Oui, je pense.
30:06Bon, bah écoutez,
30:07vous voyez ici,
30:08on va rester sur place
30:09et l'actualité agricole
30:10va continuer avec Marc Fauvel,
30:12maintenant sur BFM TV.
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