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  • il y a 8 mois
Après la déflagration de l'affaire Bétharram, révélations de centaines de cas de violences physiques et sexuelles commises sur des enfants pendant des décennies dans cet établissement catholique des Pyrénées, la représentation nationale veut comprendre.
Ce 14 mai 2025, la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les violences commises en milieu scolaire entend François Bayrou.
Ministre de l'Éducation nationale à l'époque de certains de ces faits, l'actuel chef du gouvernement a lui-même scolarisé ses enfants à Bétharram.
Pendant près de 5H30, les députés interrogent le Premier ministre sur les différentes versions qu'il a données sur cette affaire, pour tenter de savoir s'il a menti ou caché des éléments.
Les échanges avec les députés sont très vifs, la tension, palpable, dans la salle d'audition.

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00:00...
00:00Je répète que je n'ai pas eu d'autres informations
00:14sur les deux événements qu'on va reprendre, j'espère,
00:17qui se sont passés à Bétarame à cette époque.
00:21Je n'ai pas eu d'autres informations que celles qui étaient dans la presse.
00:24Je n'ai pas eu d'autres informations.
00:27Et je vous en apporterai la preuve.
00:30Bonjour et bienvenue sur LCP pour un nouvel épisode des Grands Débats.
00:35On va revenir sur une audition événement.
00:37Nous sommes le 14 mai 2025 à l'Assemblée nationale.
00:41François Bayrou est convoqué devant la commission d'enquête Bétarame.
00:45Bétarame, c'est cet établissement catholique des Pyrénées
00:48où pendant des décennies, des enfants ont subi des violences physiques et sexuelles
00:53et des cas de maltraitance.
00:54Que savait François Bayrou de ces faits très graves ?
00:57Eh bien, à l'époque, il était président du Conseil général, puis ministre de l'Éducation nationale.
01:03Bétarame, il connaît bien.
01:04Il y a scolarisé certains de ses enfants.
01:07Devant la commission d'enquête, il livre sa vérité.
01:09De ces faits d'il y a 30 ans, je n'ai, lorsque les échos sont apparus,
01:19quelques semaines après ma nomination comme Premier ministre,
01:22je n'ai aucun souvenir à cette époque, aucun document.
01:27Et personne d'ailleurs ne les a conservés.
01:29Il a fallu des mois et de rares concours de circonstances
01:33pour que les documents et les preuves réapparaissent.
01:37Alors, la question, c'était comment se faire entendre et comment apporter des preuves.
01:42Et c'est pourquoi cette rencontre est très importante à mes yeux,
01:45parce que ceux qui sont entendus le sont sous serment.
01:50Ce qui donne de la force et de la solennité aux affirmations et aux preuves
01:56qui doivent être présentées.
01:59Et c'est ce que je suis venu faire ici.
02:04Et donc, je veux simplement rappeler,
02:08vous avez dit que c'était comme parent d'élèves,
02:12je veux rappeler les dates pour indiquer quelle est la distance dans le temps.
02:18Notre fille aînée est entrée à Bétarame en première en 1987.
02:23Il y a presque 40 ans.
02:28Et notre dernier fils a quitté cet établissement en 2002,
02:33il y a presque un quart de siècle.
02:36Voilà exactement mon lien avec Bétarame.
02:38Mon lien avec Bétarame, et la raison pour laquelle je suis là,
02:42c'est parce que j'étais parent d'élève il y a 40 ans à Bétarame.
02:46Vous dites non, permettez-moi d'avoir un jugement différent.
02:49Et donc, comme il y a eu beaucoup d'échos au cours de cette période,
02:56vous m'avez demandé si j'avais été membre des organes de direction de Bétarame.
03:02Jamais.
03:03Donc vous n'avez pas été dans le conseil d'administration de l'établissement ?
03:05Je vais vous répondre. Si vous voulez bien qu'on ne s'interrompe pas,
03:09c'est une chose aussi importante.
03:12Et j'imagine que ceux qui viennent devant cette commission,
03:16composée avec beaucoup de publicité,
03:20et devant beaucoup de presse,
03:23ont le droit de s'exprimer.
03:25Je ne suis jamais entré comme parent d'élève à Bétarame.
03:28J'ai été un parent d'élève moins assidu qu'il n'aurait sans doute fallu.
03:33Je suis entré à Bétarame,
03:36paraît-il, d'après ce qui a été publié,
03:38pour inaugurer un gymnase.
03:41J'ai approché Bétarame pour inaugurer le toit de la chapelle
03:44qui avait été réparé avec des crédits de l'État,
03:47parce que c'est un monument tout à fait exceptionnel.
03:52Et j'y suis entré, paraît-il,
03:54mais je n'en ai pas de souvenirs,
03:55parce qu'il y a eu une inondation dans les années 90,
04:00et donc j'y suis allé à cette époque.
04:04Peut-être ma mémoire me trahit-elle, mais pas beaucoup.
04:08Et donc voilà exactement la réponse à votre question.
04:12Je vous remercie.
04:14Comme vous répondez de façon un peu longue,
04:16si j'ai bien compris, vous avez été désigné membre,
04:19mais vous n'avez pas siégé au conseil d'administration de Bétarame.
04:22Dès les premières minutes de cette audition,
04:26la tension est palpable dans cette grande salle Lamartine,
04:30où François Bayrou est entendu.
04:31Les échanges sont particulièrement vifs
04:34avec le co-rapporteur de la commission d'enquête,
04:36Paul Vannier, député insoumis,
04:38qui a beaucoup de questions et qui attend des réponses.
04:40Monsieur le Premier ministre,
04:43le 11 février dernier, ici même à l'Assemblée nationale,
04:48vous avez déclaré, je vous cite,
04:50« Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence
04:54ou de violence a fortiori sexuelle. Jamais. »
04:59Monsieur le Premier ministre,
05:01maintenez-vous aujourd'hui, sous serment,
05:04devant notre commission d'enquête, cette déclaration.
05:07— M. Vannier, celui qui ment ce jour-là,
05:13le 11 février,
05:16ce n'est pas celui qui répond à la question,
05:18c'est celui qui pose la question, c'est-à-dire vous.
05:21Vous avez, votre question dit,
05:25« Vous n'avez pas protégé les élèves des violences pédocriminelles ».
05:30Je veux rappeler ce que se veut dire le mot « pédocriminelle ».
05:34Il signifie « abus et exploitation sexuelle des enfants ».
05:40Et vous avez fait allusion au fait que j'étais ministre de l'Éducation nationale.
05:44« Vous avez dit que j'étais l'époux d'une professeure ».
05:49C'est faux.
05:50Ma femme n'a jamais été professeure à Bétharame.
05:53Elle est allée, pendant neuf mois, une heure par semaine,
05:57faire de ce qu'on appelle l'éveil religieux.
06:00Jamais elle n'a été professeure à Bétharame.
06:03C'était le contraire de ce que vous avez annoncé.
06:06Vous dites « Vous avez été saisie à de nombreuses reprises ».
06:10C'est faux.
06:11Je n'ai pas été saisi.
06:12Il y a eu 25 ans de silence absolu.
06:16Et tout ce que je savais, je l'ai su par la presse.
06:18Je vais en apporter la démonstration.
06:21Et enfin, vous avez choisi l'OMERTA pendant 30 ans.
06:24Ceux qui ont choisi l'OMERTA, c'est ceux qui savaient et n'ont rien dit.
06:28Et donc, je maintiens l'affirmation qui est la mienne.
06:33Je n'ai eu pas d'autres informations.
06:36Comme ministre de l'Éducation nationale, je vais en parler,
06:39puisque j'avais demandé un rapport d'inspection.
06:42que par la presse.
06:44Et je n'ai bénéficié d'aucune information privilégiée.
06:47Monsieur le Premier ministre,
06:48si un jour j'ai à déposer devant une commission d'enquête,
06:51je le ferai.
06:51Je répondrai aux questions qui me sont posées.
06:53Vous n'avez pas répondu à ma question.
06:55Je la repose donc à nouveau.
06:57Vous avez déclaré « Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence
07:02ou de violence a fortiori sexuelle.
07:04Jamais.
07:04Vous l'avez fait devant la représentation nationale.
07:06Est-ce que vous maintenez sous serment cette déclaration ? »
07:11Je maintiens que les seules informations que j'ai eues étaient celles qui étaient dans le journal.
07:17Je n'en ai pas eu d'autres.
07:19Et j'ai les dates précises des articles des journaux.
07:22et je n'ai pas eu d'autres informations, ce que votre question induisait.
07:29Votre question disait que j'avais reçu d'autres informations.
07:33Et pour moi, je n'ai eu aucune autre information que celle-là.
07:38On va y revenir fait par fait, si vous voulez bien.
07:41Au-delà...
07:43Vous nous dites donc aujourd'hui que vous disposiez des informations qui étaient disponibles dans la presse,
07:49ce qui est une affirmation qui est très différente de celle que vous avez assumée le 11 février dernier.
07:55Je veux dire que ce jour-là, M. le Premier ministre, vous êtes catégorique.
07:59Vous avancez deux preuves dans votre réponse pour marquer votre affirmation.
08:06Vous annoncez ce jour-là porter plainte en diffamation.
08:12C'est une réponse très offensive.
08:14Avez-vous, M. le Premier ministre, porté cette plainte en diffamation ?
08:17Et si oui, contre qui ?
08:19Non, j'ai hésité.
08:21Mon intention était de porter plainte contre les organes de presse
08:24qui avaient annoncé que j'avais donné un million d'euros à Bétarame cette année-là.
08:29C'est un article de Mediapart, autant que je me souvienne.
08:32C'était faux.
08:32J'avais l'intention de porter plainte.
08:34Puis je me suis dit que chaque fois que dans ces affaires,
08:37on porte plainte en diffamation,
08:39on sert ceux qui essaient de porter le scandale.
08:44Donc je ne l'ai pas fait.
08:45Et l'expérience qui est la mienne, c'est que c'est très rare
08:51qu'on se félicite d'avoir porté une plainte en diffamation.
08:54Vous revenez donc aujourd'hui sur vos déclarations du 11 février.
08:59Pourtant, ce 11 février, vous disposez déjà depuis plusieurs jours,
09:03depuis le 29 janvier.
09:05Vous avez évoqué le journal Mediapart.
09:07Il vous a adressé le 29 janvier une série de questions
09:10qui portent sur l'établissement Bétarame.
09:12Tout indique donc que vous êtes informé de ces questionnements,
09:16que vous êtes préparé à répondre aux questions des députés sur ce sujet.
09:20Et vous choisissez donc de nier toute connaissance de votre part
09:25de ces faits de violence.
09:28Vous revenez aujourd'hui sur cette déclaration.
09:29Pourquoi cette attitude dans ce premier moment du 11 février
09:32qui consiste à tout nier de votre part ?
09:35M. Vanier, j'ai écouté beaucoup des séances de cette commission
09:41et votre méthode est absolument transparente, la vôtre, personnelle.
09:48C'est-à-dire que chaque fois que quelqu'un vous apporte une réponse,
09:52vous traduisez cette réponse de manière que celui qui s'exprime,
09:58s'il ne fait pas attention, se trouve entraîné à des affirmations
10:03qui ne sont pas les siennes. Alors je regrette de vous dire
10:06que les raisons, je viens d'exprimer, que je n'ai pas eu d'autres informations
10:16et les dates que je vais vous donner vont le prouver,
10:19car je suis venu ici pour apporter des preuves.
10:22Et donc cette méthode que vous utilisez, si vous le permettez,
10:27je ne la laisserai pas s'exprimer contre moi.
10:31Donc pourquoi j'ai changé d'avis ?
10:34Je vous ai exprimé pourquoi je n'avais pas porté plainte pour diffamation
10:38après avoir hésité.
10:41Et deuxièmement, je n'ai pas répondu au questionnaire de Mediapart
10:45parce que Mediapart n'est pas une autorité de la République,
10:49que je ne suis pas obligé de lire les lettres que Mediapart m'adresse,
10:54que je considère qu'il y a dans Mediapart
10:56beaucoup de déformation de la réalité et beaucoup de diffamation.
11:01Et que, si vous permettez, par hygiène mentale,
11:05je ne me plie pas aux ordres de Mediapart,
11:08comme d'ailleurs d'aucun autre journal.
11:09Tout au long de son audition, François Bayrou se montre à l'offensive.
11:15Il reproche au co-rapporteur de la commission d'enquête, Paul Vannier,
11:19d'utiliser l'affaire Betaram comme une arme politique pour le pousser à la démission.
11:24L'audition se transforme en duel politique.
11:27Entre les deux hommes, chacun campe sur ses positions.
11:29Le 29 janvier, vous recevez une série de questions
11:33qui vous sont adressées par ce journal.
11:35Vous êtes interrogé à l'Assemblée nationale le 11 février.
11:39Vous n'êtes pas préparé à répondre sur la question
11:42de votre connaissance ou ignorance de faits de violences physiques, sexuelles à Betaram.
11:47Non, monsieur, je répète,
11:49même si vous essayez de déformer la réalité à chaque intervention,
11:54je répète que je n'ai pas eu d'autres informations
11:57sur les deux événements qu'on va reprendre, j'espère,
12:01qui se sont passés à Betaram, à cette époque.
12:04Je n'ai pas eu d'autres informations que celles qui étaient dans la presse.
12:09En dehors de la conversation que j'ai eue avec le juge Mirand,
12:12et je vais vous expliquer qui est le juge Mirand,
12:14peut-être que vous verrez un peu quelle est la réalité de nos rapports,
12:21je n'ai pas eu d'autres informations.
12:24Et je vous en apporterai la preuve.
12:27Entre le 11 et le 18 février,
12:33vous allez faire varier à quatre reprises votre version
12:37concernant votre ignorance ou votre connaissance
12:40des faits de violences physiques et sexuelles à Betaram.
12:42Le 11 février, vous dites « je ne savais rien ».
12:44Le 12 février, vous dites « je ne savais rien » à cette époque.
12:48Le 15 février, vous dites « j'avais connaissance de violences physiques » d'une claque.
12:53Pour le reste, les sévices sexuels, je n'en avais jamais entendu parler.
12:57Et le 18 février, vous finissez par constater « est-ce que nous avons pu parler avec le juge Christian Mirand
13:06de ces accusations de viol qui visent le père Caracal, donc de violences sexuelles ? »
13:11Sans doute oui. Qu'est-ce qui explique qu'en sept jours, vous faites varier à quatre reprises votre version
13:19concernant votre ignorance ou manifestement votre connaissance des faits de violences physiques
13:24que vous constatez à partir du 15 février et sexuelles le 18 février ?
13:28Monsieur le député, je regrette, je ne me laisserai pas entraîner par vous.
13:32Ma version n'a pas varié.
13:35Vous m'interrogez, vous, en montant à la tribune, pour m'accuser d'avoir protégé des pédocriminels.
13:42Vous ! Je peux vous lire la question si ça vous intéresse.
13:48Vous, dans ma vie, on m'a accusé de beaucoup de choses, rarement de faits aussi ignominieusement graves.
13:59Et vous l'avez fait en insinuant que c'était comme ministre de l'Éducation
14:04ou n'ayant pas fait ce qu'il fallait comme ministre de l'Éducation.
14:07Je maintiens que comme ministre de l'Éducation nationale, à cette époque, et encore maintenant,
14:16je n'ai jamais eu d'autres informations que celles qui étaient parues dans le journal.
14:21Ça me paraissait clair dans ma réponse.
14:25Il a fallu ensuite sans doute le préciser.
14:30Je vais peut-être vous dire en un mot qui est Christian Mirand pour moi.
14:34On en parlera plus tard. D'accord.
14:35Et donc, jamais je n'ai varié dans ma version.
14:39C'est cette expression que vous essayez de tirer vers des variations.
14:44J'étais ministre de l'Éducation nationale.
14:47J'étais député de cette circonscription.
14:50Je n'ai jamais entendu parler de faits de violence avant de violence à ce point grave.
14:56On entendait parler, comme vous l'avez dit, de ces gifles ou qui en avaient eu.
15:06Et je vais expliquer pourquoi et dans quel secteur.
15:08Mais jamais je n'ai entendu parler de violence grave.
15:12Et jamais je n'avais entendu parler de violence sexuelle.
15:16Jamais.
15:16Et c'est uniquement par la presse, en 1995 et 1997, que je n'ai entendu parler.
15:33Je ne sais pas si c'est clair, mais je le répéterai autant de fois qu'il faudra.
15:39Je n'ai pas eu d'évolution.
15:41Vous m'avez demandé, est-ce que vous étiez prêt à répondre à cette question ?
15:45Non.
15:46Je n'étais pas prêt du tout.
15:49Bétharam, pour moi, encore une fois, je vous ai dit, entre 40 ans pour ma fille aînée et 25 ans pour mon dernier fils.
15:58Et je vous assure que Bétharam n'a jamais paru dans l'actualité, ni dans ma préoccupation, sur les 25 dernières années.
16:09Il y a la question sur laquelle vous devriez vous pencher.
16:12C'est pourquoi, dans les 25 dernières années, personne n'a rien dit ?
16:16Pourquoi les magistrats n'ont rien dit ?
16:18Pourquoi les avocats n'ont rien dit ?
16:21Puisque vous prétendez vous affirmer, vouloir vous intéresser à l'aspect justice des choses.
16:29Pendant 25 ans, après la mort de Caricard, il n'y a pas eu, à ma connaissance, un seul écho de presse sur ce sujet.
16:40Pas un seul.
16:41Et donc, oui, je maintiens que je n'étais pas informé au-delà des journaux et au-delà de ce que j'ai fait comme ministre de l'Éducation nationale et sur lequel nous allons revenir.
16:56Alors, j'entends pour vous, il n'y a pas de changement dans vos déclarations, entre une affirmation le 11 février, qui consiste à dire « je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit »,
17:06et vos mots sont très précis, a fortiori de violences sexuelles, et le 18 février, la reconnaissance par vous-même, à nouveau à l'Assemblée nationale,
17:13du fait d'avoir évoqué les accusations de viol qui pèsent sur le père Caricard.
17:18Je crois que ce sont deux versions des faits qui sont radicalement différentes.
17:21Mais vous venez de nous indiquer à l'instant, M. le Premier ministre, je n'ai jamais entendu parler des violences sexuelles, si ce n'est par la presse.
17:28Le 18 février, à l'Assemblée nationale, vous reconnaissez, devant les députés qui vous interrogent, avoir évoqué ces violences sexuelles avec le juge Miranda.
17:38Ce n'est donc pas par la presse que ces éléments vous sont alors communiqués, et vous en êtes bien en possession, quoi que vous en disiez aujourd'hui.
17:47M. Vannier, votre formulation est malveillante. Et je vais faire la preuve, si vous voulez bien.
17:56Je n'ai jamais entendu parler de violences sexuelles avant que le journal La République des Pyrénées,
18:07l'Éclair des Pyrénées et Sud-Ouest fassent mention de ces violences sexuelles.
18:14On doit être le 29 mai de l'année 1998. Vous avez raison.
18:2729 mai. Pourquoi le 29 mai ? Parce que le 26 mai, ce qui a donné pour vous l'occasion d'une mise en cause absolument scandaleuse
18:40et sur laquelle j'apporterai des preuves et sur laquelle j'apporterai des preuves, jamais je n'ai été informé de cela.
18:52Et la raison est simple. C'est que le juge Christian Miranda et les enquêteurs avaient, ils s'en expliquent, cultivé un secret absolu pour qu'il n'y ait pas de fuite.
19:04Mais le 29 mai, je rappelle la chronologie, si vous voulez bien, de mémoire, mais je ne crois pas me tromper.
19:15Le juge Mironde convoque, ou en tout cas, oui, Caricard, le 26 mai.
19:25Oui, mais bon, j'explique.
19:27Cette affaire reste secrète.
19:32Et c'est le 29 mai que la presse en parle.
19:39Et la première date possible où j'ai pu rencontrer le juge Mironde, c'est le samedi 1er ou 2er, 30 mai.
19:49Et la deuxième possible, c'est le 6 mai, 6 juin.
19:56Je répète la chronologie.
19:5926 mai, Caricard est convoqué et mis en détention.
20:0529 mai, la presse en parle.
20:08Le premier jour disponible pour que je rencontre le juge Mironde, c'est le premier jour du week-end.
20:14Je rappelle qu'à l'époque, je suis président de groupe à l'Assemblée nationale et assez peu disponible pour rencontrer mes concitoyens du village.
20:23Donc c'est le samedi 30 ou le samedi 6, puisque Caricard va être libéré le 9 juin.
20:31Donc c'est les deux week-ends entre les deux.
20:33Or, la presse raconte toute cette histoire le 29 mai, soit deux jours avant la première date possible pour que je rencontre Mironde.
20:47Ce qui fait que Christian Mironde, déposant sous serment, a dit qu'il n'avait pas porté atteinte au secret de l'instruction.
20:55Ce qui fait que, moi, déposant sous serment, je dis qu'il n'a pas porté atteinte au secret de l'instruction, que je n'ai eu aucun autre secret.
21:03Et M. Vanier, vous connaissez bien cette affaire. Pouvez-vous me dire quel autre secret il y avait que celui-là ?
21:10M. le Premier ministre, on va avoir l'occasion de rentrer, de revenir dans le détail sur votre relation avec le juge Mironde, sur l'affaire du père Caricard.
21:17Mais je reviens donc à vos déclarations. Et vous nous dites que vous êtes un lecteur très attentif de la presse locale.
21:22Je veux noter qu'à partir de l'année 1993, c'est-à-dire l'année où vous entrez au ministère de l'Éducation nationale,
21:29des informations qui, notamment, permettent d'identifier au moins quatre élèves qui auraient perdu l'audition suite à des coups reçus par des surveillants de Bétarame sont disponibles.
21:37Donc si vous nous dites être informés par la presse, vous l'étiez probablement dès 1993 de ces violences physiques très graves qui ont frappé quatre élèves au moins de Bétarame.
21:47Permettez-moi, M. le Premier ministre. Vous nous avez donc avancé vos explications à vous aujourd'hui relative au changement dans cette semaine qui va du 11 au 18 février
22:01de vos versions des faits concernant votre connaissance de ces faits de violence.
22:07Je veux juste constater avec vous, toujours dans cette chronologie, qu'entre le moment où vous dites le 11 « je ne savais rien » et le 12 où vous indiquez « je ne savais rien » à l'époque,
22:15que sort la veille du 12 au soir un article de Mediapart qui révèle que vous avez reçu en 2024 le courrier recommandé d'une victime à la mairie de Pau qui vous informe donc des violences.
22:28Entre ce moment où vous dites n'avoir été pas informés à l'époque et où vous reconnaissez le 15 avoir été informés des violences physiques, y compris dans ces années 90,
22:40il y a la publication, le matin du 15, dans le journal Le Figaro, du rapport d'inspection sur lequel nous allons revenir, qui décrit des phénomènes de violences physiques.
22:49Entre cette journée du 15 et le 18, où vous finissez par admettre que vous avez eu connaissance de violences sexuelles après votre échange avec le juge Christian Mirande,
22:57il y a la veille de cette déclaration, toujours dans le journal Mediapart, une interview du juge Mirande qui sort et dans laquelle le juge indique « désormais,
23:05il dit qu'on s'est rencontrés fortuitement dans la rue, c'est faux, il est venu chez moi me parler de cette affaire, l'affaire du juge Caricard ».
23:12J'ai donc le sentiment, l'affaire du père Caricard, j'ai donc le sentiment, monsieur le Premier ministre, que les différentes versions que vous avez apportées suivent toujours des révélations de presse
23:23et qu'elles visent donc à aligner votre propos sur ce que contient ces révélations de presse. Je vous pose une question donc très directe.
23:31Que cherchez-vous, monsieur le Premier ministre, à dissimuler en apportant par bribe, par touche, la réalité de votre connaissance des faits de violences physiques et sexuelles à Bétarame ?
23:45Monsieur Vanier, j'ai déjà décrit votre méthode qui consiste à essayer de tirer la réalité pour nourrir un procès en scandale.
23:57Cette méthode, si je peux, je ne la laisserai pas prospérer. Donc vous présentez tout cela comme si les déclarations qui sont faites en réponse à des questions au gouvernement
24:12étaient des déclarations sous serment devant un juge. Si ça avait été le cas, vous auriez dû prêter serment et ne pas multiplier les mensonges
24:26que vous avez multipliées, vous, personne d'autre, dans le texte de la question que vous avez posée et que je viens de révéler.
24:34Le menteur, ce jour-là, ça n'était pas celui qui répondait à la question, c'est celui qui posait la question.
24:40Et je peux, si vous voulez, répéter les quatre mensonges qui ont été les vôtres.
24:44Moi, je n'ai pas menti. Vous mettiez en cause le ministre de l'Éducation que j'étais.
24:52Quand j'étais ministre de l'Éducation, je n'ai jamais entendu parler d'autre chose que ce qui était dans le journal,
24:58sur lequel j'ai diligenté une inspection dont je n'avais pas de traces.
25:04Et je n'avais jamais entendu parler de violences sexuelles. Jamais.
25:10J'ai entendu parler de violences sexuelles à partir du moment où les articles de journaux en 1997
25:17ont décrit ce qui était arrivé à Caricard.
25:20Caricard ?
25:21Caricard ?
25:22Caricard ?
25:24Non, la plainte, c'était de 97.
25:2698.
25:26Donc, je répète que vos affirmations sont biaisées.
25:34Vous essayez avec une méthode qui consiste à édifier Mediapart en autorité de la République.
25:41Je ne lis pas Mediapart.
25:44C'est une hygiène personnelle.
25:45La présidente de la commission d'enquête, c'est la députée socialiste Fathia Kelouachi,
25:52tente de calmer les esprits.
25:53Mais avec elle aussi, les échanges sont tendus.
25:57Le Premier ministre lui reproche de manquer d'objectivité,
26:00de l'avoir empêché de prononcer un propos liminaire.
26:03Et lorsqu'elle tente de comprendre pourquoi il a changé plusieurs fois de version dans cette affaire,
26:09il lui répond très vivement.
26:11Je crois que la question, c'était des médias, dont le Figaro,
26:15et Mediapart ont fait des articles.
26:20Et la question, c'est que vous avez changé votre version selon les différentes parutions.
26:25Est-ce qu'il y aurait d'autres...
26:27Je crois, si j'ai bien compris la question,
26:29est-ce qu'il y a d'autres choses que vous avez cachées
26:31et qui apparaîtraient là aujourd'hui ?
26:34Je n'ai rien caché, madame.
26:36Et je vous demande d'adopter une formulation
26:39qui respecte ce que vous convoquez devant cette commission.
26:45Je regrette infiniment.
26:49Et je continue.
26:50« Ça n'est pas la presse qui commande ce que je dis ».
26:54Peut-être vous, mais pas moi.
26:58Le Figaro a publié quelque chose qui est extrêmement précieux,
27:03que je n'avais pas, sur lequel je n'avais aucun souvenir.
27:06Je vais vous expliquer comment les souvenirs me sont revenus,
27:10qui était le rapport d'inspection que j'avais demandé.
27:15Et j'affirme que ce rapport d'inspection
27:21a été pour moi une bouffée de sérénité
27:26parce que je n'avais oublié absolument les termes.
27:31Qu'est-ce qui a motivé le fait que je me suis souvenu de ce rapport ?
27:36Je vais vous le dire, mais encore une fois,
27:38quand une affaire comme ça sort,
27:41et que vous n'en avez aucun souvenir,
27:45parce que la mémoire de personne ne va jusqu'à 40 années,
27:49de manière certaine,
27:53eh bien, vous n'avez pas de documents,
27:56je n'avais pas de notes.
27:59J'ai demandé au ministère de l'Éducation nationale
28:01s'ils avaient conservé des documents.
28:03On m'a répondu que non, qu'il n'y en avait pas.
28:06J'étais donc absolument dépourvu.
28:09Je n'avais qu'un fil d'Ariane.
28:12Et ce fil d'Ariane, c'était la phrase que le 5 mai,
28:17qui a été publiée dans le journal,
28:20on inaugurait le toit de la chapelle que j'ai indiqué,
28:26et j'ai répondu,
28:27tout ce que le ministère de l'Éducation nationale devait vérifier a été vérifié.
28:35Et je me suis donc dit, au fond, il y a sûrement quelque chose.
28:39Ce n'est pas une phrase qu'on fait en l'air.
28:42Et donc, par chance, ce rapport d'inspection qui n'existait chez personne s'est retrouvé.
28:48Il a été publié par le Figaro.
28:51Et ce rapport d'inspection, en effet, on va en parler,
28:55donne toutes les garanties et les assurances sur Bétaram.
29:00Monsieur le Premier ministre, vous nous dites,
29:06je n'avais pas de souvenirs ou j'ai des difficultés à me remémorer
29:09des épisodes qui sont, en effet, éloignés dans le temps.
29:11Je peux parfaitement le concevoir.
29:13Vous auriez d'ailleurs sans doute pu nous le dire,
29:16alors que vous étiez interrogé sur cette affaire Bétarab,
29:19nous dire, écoutez, je n'ai pas tous les éléments,
29:22je vais peut-être les chercher.
29:23Vous avez fait un choix très différent,
29:25celui d'affirmer catégoriquement, avec une très grande fermeté,
29:29votre ignorance complète de l'ensemble des faits de violence à Bétarab.
29:34Vous reconnaissez aujourd'hui, finalement, avoir été informé par la presse,
29:38nous dites-vous, nous allons y revenir.
29:40Je voudrais avancer dans le questionnement.
29:42Et vous avez évoqué ce rapport d'inspection en 1996,
29:45puisque dès lors que vous étiez informé, et vous nous le dites maintenant,
29:48se pose la question de savoir ce que vous avez fait de ces informations
29:52relatives à des violences physiques, sexuelles,
29:54sur des élèves de l'établissement Bétarab.
29:57Vous avez donc engagé un rapport d'inspection de l'établissement en 1996.
30:04Mais je voudrais revenir toujours sur la chronologie,
30:06M. le Premier ministre, sur les faits de la chronologie.
30:10En décembre 1993, vous êtes déjà ministre de l'Éducation nationale depuis 9 mois,
30:15et un surveillant de Bétarab est condamné par la justice
30:18pour avoir porté un coup sur la tête d'un élève.
30:21Dans cette année 1993, je l'ai dit tout à l'heure,
30:244 situations d'enfants frappés par des surveillants de Bétarab
30:28ayant perdu l'audition sont évoquées par la presse locale.
30:32En janvier 1995, Françoise Gullung, enseignante à Bétarab,
30:38qui a rapporté devant notre commission d'enquête sous serment,
30:41vous écrit pour vous alerter sur les violences sur élèves dont elle a été témoin.
30:48Le 17 mars 1995, Françoise Gullung, là encore,
30:52vous interpelle cette fois directement à l'occasion d'une remise de décoration.
30:57Elle déclare sous serment devant notre commission d'enquête, je la cite,
31:00« Je me suis dit, c'est le moment ou jamais. Il ne m'a jamais répondu, je tente.
31:05Donc je suis allé à lui et je lui ai dit, c'est vraiment grave ce qu'il se passe à Bétarab.
31:11Il faut faire quelque chose. » Et il m'a répondu, on exagère.
31:17Monsieur le Premier ministre, pourquoi dans ces années 90,
31:20vous êtes à la tête du ministère de l'Éducation nationale,
31:22pourquoi ne traitez-vous aucune de ces alertes,
31:25celles qui sont présentes dans la presse en 1993,
31:27cette décision judiciaire en décembre 1993,
31:30ce courrier en janvier 1995,
31:32cette interpellation directe en mars 1995,
31:34pourquoi ne traitez-vous aucune de ces alertes avant le mois d'avril 1996,
31:39le mois de l'inspection de l'établissement Bétarab ?
31:43Vous voyez, je suis sous serment.
31:47C'est la première fois que j'entends parler
31:50de ce jugement que vous évoquez,
31:53d'un surveillant qui a donné un coup sur la tête.
31:55Jamais.
31:57Oui, mais excusez-moi,
32:00j'ai le droit de ne pas lire la presse.
32:04Non.
32:06Je demande qu'on ait un peu de respect
32:11dans cette commission.
32:15Je ne pouvais pas ignorer ce qui s'est passé
32:18en 1996.
32:23Je ne pouvais pas l'ignorer
32:24parce qu'il y a eu des articles de presse
32:28dans tout le pays.
32:31Il n'est pas vrai qu'il y a eu des articles de presse,
32:33ou en tout cas, je ne les ai jamais vus,
32:35sur le jugement que vous évoquez en 1993.
32:39Jamais.
32:41Moi, je n'ai jamais vu ça.
32:42Je vais vous donner la chronologie précise
32:45pour voir ce que j'ai fait.
32:48La plainte est déposée le 11 décembre 1995
32:53sur deux faits.
32:58Une gifle qui a donné lieu à une condamnation
33:02et ensuite une punition du Perron
33:08qui a été classée sans suite par la justice.
33:13C'était dans les journaux le 9 avril 1996.
33:19Le 9 ou le 10 avril,
33:22je demande une inspection de l'établissement.
33:26Le 12 avril,
33:28l'inspecteur, dont le nom est La Trubesse,
33:30se rend à Bétaram.
33:31Il reçoit une vingtaine de personnes.
33:36Le 15 avril,
33:38il remet son rapport au recteur.
33:41Le 16 avril,
33:42semble-t-il, parce que la date
33:43n'est pas écrite.
33:46Le 16 avril, le recteur
33:47me transmet ce rapport,
33:49dont nous lirons ensemble des passages,
33:51si vous voulez bien.
33:53Et la lettre
33:56du recteur me dit
33:57« Je viens de recevoir ce rapport.
34:00Il est sage, objectif et favorable à l'établissement,
34:05le recteur d'académie. »
34:10Le 4 mai, il y a l'inauguration dont nous allons parler.
34:13Je demande un suivi au recteur,
34:18au-delà du rapport.
34:22Et vous allez voir que ce suivi a donné lieu,
34:25en effet, à des interventions
34:27de la part de l'établissement.
34:31Et le 14 mai, je publie,
34:33qui était en préparation depuis trois mois,
34:35une circulaire contre les violences scolaires
34:37que j'avais commencé à préparer
34:39au mois de février.
34:42Le 11 juin,
34:43le surveillant a été condamné
34:45et il a été licencié
34:48au mois de novembre.
34:51Vous dites non,
34:52mais j'ai un document
34:55qui le prouve.
34:56Je ne connais pas.
34:56Et donc, en novembre,
35:02le supérieur ou le directeur de Bétarame
35:05adresse au recteur
35:06un suivi du rapport
35:08dans lequel il lui indique
35:11que le surveillant a été licencié.
35:14Il lui indique
35:16que la méthode des élèves surveillants
35:18qu'ils avaient choisis
35:19a été abandonnée
35:20à la demande de l'inspecteur
35:23et que Mme Guling a changé d'établissement.
35:28On en parlera peut-être
35:29parce qu'il y a des choses
35:30très intéressantes
35:31pour le témoignage sous serment
35:34de Mme Guling à la commission.
35:38La commission d'enquête
35:39a entendu des victimes de Bétarame
35:41mais aussi une ex-professeure
35:43de mathématiques,
35:44Françoise Goulon,
35:46qui a livré son témoignage
35:48des faits accablants
35:49qu'elle dit avoir vus
35:50de ses propres yeux.
35:52Une parole que François Bayrou
35:53va remettre en cause.
35:55Le Premier ministre
35:56va jusqu'à accuser
35:57le compte-rendu officiel
35:59de l'Assemblée nationale
36:00d'avoir mal retranscrit
36:01l'audition de Françoise Goulung
36:03qui est considérée
36:04comme une lanceuse d'alerte
36:06dans les révélations
36:07sur Bétarame.
36:10Mme Guling
36:11qui dit
36:12qu'elle avait alerté ma femme
36:17et devant la commission
36:18elle ne le dit plus.
36:20Elle dit que ma femme
36:21lui avait dit
36:22« Non, non, j'ai écouté
36:24attentivement. »
36:26Mme Guling
36:27dit que ma femme
36:28lui a dit
36:29« Ses enfants,
36:29on ne peut rien en faire. »
36:31Et devant la commission
36:32elle dit
36:32« J'ai l'impression
36:33qu'elle n'a pas été attentive
36:35ou qu'elle n'a pas partagé
36:37mes demandes. »
36:39pas du tout
36:39que ma femme
36:40lui aurait dit
36:40cette phrase
36:41insensée
36:42qu'on ne peut rien faire
36:46de ses enfants.
36:48J'ai donc écouté
36:48attentivement
36:49la déposition
36:51de Mme Guling
36:52ou en tout cas
36:52le témoignage
36:53de Mme Guling
36:54devant vous
36:54sous serment.
36:56Et sous serment
36:57voilà les deux minutes
37:00si vous permettez
37:01que je trouvais d'abord...
37:03Alors je vais être claire
37:05je pense que
37:07je préside la commission
37:08on a parlé
37:09de projection
37:10de deux documents
37:11mais pas de vidéo
37:12d'une personne
37:14qui était sous serment
37:15et donc je n'accepterai pas
37:17que ce document
37:18soit soumis
37:19à la commission
37:20puisqu'il n'était pas prévu.
37:23J'ai l'impression
37:23que ça vous embête ?
37:25Non, ce qui m'embête
37:25c'est que je vous ai demandé
37:26à l'avance
37:27les documents
37:27que vous alliez projeter
37:28vous m'avez donné une liste
37:29c'était pas dans la liste.
37:30Vous m'avez demandé
37:32de vous soumettre
37:32à l'avance
37:33les documents
37:34et je n'avais
37:35aucune envie
37:36de vous soumettre
37:36les documents
37:37excusez-moi
37:38excusez-moi
37:39il se trouve
37:42que je n'ai pas eu
37:44le sentiment
37:45que la commission
37:46était totalement objective
37:48et donc
37:49j'ai le droit
37:50d'avoir un sentiment différent.
37:53Je vais quand même rappeler
37:54les bases
37:54c'est une commission
37:56d'enquête
37:57c'est une commission
37:59parlementaire
37:59c'est une commission
38:00d'enquête
38:00le but
38:01c'est de contrôler
38:02l'état
38:03et l'action de l'état
38:04vous êtes membre
38:05du gouvernement
38:06je pense qu'on est
38:07tout à fait
38:07dans nos prérogatives
38:08et je pense
38:10que quand on veut
38:11projeter un document
38:13il est quand même
38:13de bonne alloi
38:14de prévenir
38:14la présidente
38:15de la commission
38:16je vous ai prévenu
38:17je vous ai demandé
38:18le contenu des documents
38:19vous m'avez donné
38:20deux documents
38:20écrits
38:21et aucune vidéo
38:22de toute façon
38:22c'est une vidéo
38:23qui est consultable
38:24sur le site
38:24de l'assemblée
38:25la commission
38:26l'a vue
38:26puisque les membres
38:27de la commission
38:28éducation
38:29sont membres
38:30de la commission
38:31d'enquête
38:31donc je pense
38:32qu'il n'y a pas
38:33trop de sujets
38:33là-dessus
38:34oui et c'est pas grave
38:38de ne pas la projeter
38:39non plus
38:39monsieur
38:40je ne vois pas
38:42de quoi vous avez peur
38:43je veux
38:45c'est juste une question
38:47de gestion
38:47de la commission
38:48je veux simplement
38:49indiquer
38:50et je veux simplement
38:51indiquer
38:52sous serment
38:55que le document
38:57que je demande
38:58de projeter
38:59est essentiel
39:00dans cette affaire
39:01il est essentiel
39:03parce qu'il va nous dire
39:06quelque chose
39:06de tout à fait éminent
39:08important
39:10sur la personne
39:11dont vous considérez
39:12qu'elle est la lanceuse
39:14d'alerte
39:15alors je voudrais
39:17qu'on diffuse
39:18si vous le permettez
39:19deux minutes
39:20ah non certainement pas
39:23non non
39:23on va pas voter
39:24on n'est pas
39:25en discussion là
39:26excusez-moi monsieur Balanant
39:28je ne vous permets pas
39:30de m'interrompre
39:30s'il vous plaît
39:31je peux finir ma parole
39:31alors
39:34monsieur le premier ministre
39:36ce document
39:39ne me dérange pas
39:40puisque de toute façon
39:40il est consultable
39:42c'est pas la question
39:43puisque vous ne voulez pas
39:44puisque
39:45non merci
39:47non non
39:47ça ne me dérange pas
39:48vous ne voulez pas
39:49qu'il y ait une projection
39:50oui
39:51je vais vous lire
39:52voilà très bien
39:53parfait
39:53je vais vous lire
39:55cette affaire
39:56madame Gulen
40:00dit
40:01ma carrière
40:05s'est achevée
40:06dans des conditions
40:07particulièrement
40:08difficiles
40:09j'avais fait le choix
40:11on est en septembre
40:1396
40:13de ne pas demander
40:16de mutation
40:16préférant
40:17assurer mes cours
40:18jusqu'au dernier jour
40:19ce choix
40:21que j'assumais
40:22pleinement
40:23m'a cependant
40:24valu l'exclusion
40:25du mouvement interne
40:26de l'enseignement privé
40:28peu après
40:28cette phrase
40:30est une pure
40:32et simple
40:32déformation
40:33de ce qui a été dit
40:35et je m'étonne
40:37qu'à l'Assemblée nationale
40:38devant une commission
40:40aussi importante
40:41on puisse accepter
40:43ou souhaiter
40:43une déformation
40:44des propos
40:46parce que
40:47ce que madame
40:48Duling dit
40:49n'est pas du tout ça
40:50elle dit devant vous
40:52sous serment
40:52qu'elle n'a pas pu
40:55participer au mouvement
40:56parce qu'elle n'a pas
40:57demandé sa mutation
40:58et que le mouvement
40:59était clos
41:00je rappelle
41:01que vous le traduisez
41:03par
41:03cela m'a valu
41:05une exclusion
41:05du mouvement
41:06de l'enseignement privé
41:07comme si c'était
41:09une punition
41:11ou une sanction
41:13sur ce qu'elle a fait
41:14je continue
41:16elle a
41:18toute une démonstration
41:20en disant
41:20j'étais rentré
41:22chez moi
41:23c'est pour ça
41:24que je demandais
41:25la projection
41:27parce que le texte
41:29n'est pas fidèle
41:29à ce qu'elle a dit
41:31et donc
41:32peut-être vous voulez
41:33maintenant
41:34qu'on l'accepte
41:35en fait
41:37ce que vous êtes
41:38en train de dire
41:38c'est que le compte-rendu
41:39de la commission
41:39n'est pas fidèle
41:40à ce que
41:41je l'affirme
41:42sous serment
41:43d'accord
41:44j'ai pas le script
41:49c'est pas rien
41:57que de voir
41:57un compte-rendu
41:58fallacieux
42:00je mets en cause
42:06ce qui rédige
42:07et ce qui contrôle
42:09normalement
42:10c'est au sein
42:12de la commission
42:13que le contrôle
42:13se fait
42:14non
42:14t'as pas le texte
42:24que tu avais
42:25l'autre jour
42:25bien
42:26alors je vous donne
42:28peut-être
42:29une 30 secondes
42:30pour caler
42:31sinon vous lisez
42:32ou
42:32enfin il faut trouver
42:33une solution
42:33peut-être efficace
42:34mais
42:35voilà
42:36je vais essayer
42:38de traduire
42:39aussi fidèlement
42:39que possible
42:40si ça marche pas
42:42après comme
42:57ça n'a pas
42:58une relation
42:58directe
42:59avec
42:59pour moi
43:01en tout cas
43:01la mutation
43:02de madame Gullung
43:03n'a pas une relation
43:04directe
43:04avec la question
43:05pour vous madame
43:06non
43:06mais je vais
43:07montrer que
43:08je vous en prie
43:09mais on peut
43:10on peut la caler
43:11pour après
43:11c'est ce que je voulais
43:12vous dire
43:12on peut continuer
43:14et dès que la vidéo
43:16sera prête
43:16on la diffusera
43:17bon alors je vais dire
43:20de mémoire
43:20madame Gullung
43:22dit
43:22vous le vérifierez
43:24sur la vidéo
43:26madame Gullung
43:27dit
43:28je n'ai pas participé
43:29au mouvement
43:30parce qu'il était
43:31clos
43:31je suis rentré
43:33chez moi
43:34pendant les vacances
43:36et je me suis dit
43:39que je finirai
43:40sans doute
43:40par trouver
43:41un poste
43:42et quelques jours
43:44après seulement
43:45pendant l'été
43:4696
43:46j'ai été
43:50appelé
43:50que voulez-vous
43:52j'ai souvent été
43:53choisi dans ma vie
43:54dit-elle
43:55de mémoire
43:56j'ai été
43:58appelé
43:59et on m'a proposé
44:01un
44:01monsieur
44:02vaillant
44:02m'a proposé
44:03un poste
44:04à Sainte
44:05je suis arrivé
44:07à Sainte
44:08je suis allé voir
44:09finalement j'ai décidé
44:10de dire oui
44:11je suis
44:13tu là
44:14non
44:14alors je vais lire
44:21le texte
44:21le texte
44:23script
44:23je pense
44:30que vous savez
44:31à peu près
44:31que ma carrière
44:32s'est terminée
44:33dans des conditions
44:33difficiles
44:34à Betaram
44:34j'ai refusé
44:36de demander
44:37une mutation
44:37donc j'ai assuré
44:39mes cours
44:39jusqu'au dernier jour
44:40ce qui fait
44:43que le mouvement
44:43de l'enseignement privé
44:44était clos
44:45puisque je n'avais
44:47pas demandé
44:47de mutation
44:48ce qui n'est pas du tout
44:49le texte
44:49de la transcription
44:50je suis rentré
44:54chez moi
44:54en me disant
44:55qu'il y aura
44:56probablement
44:56des postes
44:57à pourvoir
44:57au deuxième mouvement
44:59et là
45:00j'aurai
45:01quelques chances
45:01de pouvoir
45:03faire un choix
45:04ce qui ne sera
45:05pas gêné
45:06dit-elle
45:06mais je n'ai pas eu
45:08besoin
45:08c'est à dire
45:10que j'étais peut-être
45:11en vacances
45:11depuis quelques jours
45:12quand j'ai eu
45:14un coup de téléphone
45:15de quelqu'un
45:15qui s'appelait
45:16le père Vaillant
45:17je dis
45:18elle ajoute
45:19que voulez-vous
45:20j'ai souvent été choisi
45:21dans ma vie
45:22de mémoire
45:23vous retrouverez
45:24le texte
45:26le père Vaillant
45:27qui m'a dit
45:27bonjour madame
45:28je sais que vous avez eu
45:30beaucoup de soucis
45:31à Notre-Dame
45:31de Bétharam
45:32mais moi je dirige
45:34un établissement
45:35à Sainte
45:36où tout se passe bien
45:38tout est agréable
45:40et j'ai justement
45:41besoin
45:41d'un professeur
45:42de mathématiques
45:43alors je lui ai dit
45:45j'ai besoin
45:46de réfléchir
45:47et de toute façon
45:48c'est trop tard
45:49comment ferait-on
45:50pas de problème
45:51répond-il
45:52je m'en arrangerai
45:53donc je suis allé
45:55visiter Sainte
45:57voir
45:59et je retourne
46:01je me suis dit
46:02il faut faire quelque chose
46:03j'ai accepté
46:04alors
46:05la pré-rentrée
46:06est arrivée
46:08vous voulez que je vous raconte
46:11dit-elle
46:11vous voulez que je vous raconte
46:13elle raconte
46:14voilà
46:16en général
46:18pardon
46:18c'est très important
46:19au fil de l'audition
46:22la commission d'enquête
46:23soulève quelques contradictions
46:24dans les propos de François Bayrou
46:26le premier ministre a-t-il menti
46:28a-t-il cherché à protéger
46:29l'institution religieuse
46:31de Bétarame
46:32sous le feu des questions
46:33celui qui était ministre
46:34de l'éducation nationale
46:36à l'époque de certains faits
46:37se défend
46:38sous serment
46:39d'avoir eu connaissance
46:40des violences à Bétarame
46:41pourquoi en 1995
46:45en janvier
46:47quand elle vous saisit
46:47par écrit
46:48en mars
46:49quand elle vous saisit
46:50oralement
46:50à cette époque-là
46:51madame Gullung
46:53n'a pas encore déposé
46:54devant notre commission d'enquête
46:54donc vous n'avez pas connaissance
46:56de tout ce que vous nous avez évoqué là
46:58qui sont relatives
46:59à des questions de mutation
47:00qui me paraissent très éloignées
47:01du coeur du sujet
47:02pourquoi en janvier
47:03en mars
47:04ne vous saisissez-vous pas
47:06des alertes
47:07que madame Gullung
47:08vous transmet
47:09pour engager
47:10une série d'actions
47:11vous êtes à l'époque
47:11ministre de l'éducation nationale
47:12pour veiller à la sécurité
47:14des élèves
47:15de Bétarame
47:16monsieur Vanier
47:17je vois bien
47:18la stratégie un peu pauvre
47:20que vous utilisez
47:22je vois bien
47:24que vous voulez éviter
47:25cette question
47:26mais vous ne l'éviterez pas
47:27il se trouve
47:30moi j'ai
47:32autant de temps
47:33qu'il faut
47:34devant cette commission
47:35et madame
47:36je ne ris pas
47:37ce qui est en jeu
47:39c'est quelque chose
47:41d'absolument essentiel
47:43pour moi
47:43et depuis
47:46est-ce qu'on peut éviter
47:47les réactions
47:47et les commentaires
47:49et depuis 4 mois
47:51je suis
47:53quotidiennement sali
47:54je suis
47:56quotidiennement
47:57diffamé
47:59avec des affirmations
48:02qui reposent
48:03en grande partie
48:04sur le témoignage
48:06de cette dame
48:07contre laquelle je n'ai rien
48:08je n'ai jamais rencontré
48:08ou si une fois
48:10peut-être
48:10elle est venue
48:11me dire bonjour
48:12comme elle le dit
48:13dans cette rencontre
48:14je répète
48:16madame Gulen
48:17ne peut pas connaître
48:19Caricard
48:20car Caricard
48:21est partie
48:23à Rome
48:23depuis des années
48:25au moment
48:26où elle est recrutée
48:28dans l'établissement
48:29la co-rapporteure
48:32de la commission d'enquête
48:33Violette Spilbout
48:34a elle aussi
48:34des interrogations
48:35elle pointe
48:36notamment
48:37un rapport
48:38d'inspection académique
48:39diligenté
48:40en 1996
48:41Françoise Bayrou
48:43était alors
48:43ministre de l'éducation nationale
48:45un rapport express
48:47selon elle
48:47mené en trois jours seulement
48:49par un inspecteur
48:50diligenté
48:51la veille sur place
48:52une mission
48:54d'inspection générale
48:55c'est plusieurs inspecteurs
48:57qui travaillent en équipe
48:58qui sont très expérimentés
49:00qui sont présents
49:01plusieurs jours
49:01dans l'établissement
49:02et qui disposent
49:03de moyens
49:04d'investigation
49:05unique
49:05comme on l'a vu
49:06dans d'autres cas
49:07l'inspection
49:08qui a été conduite
49:09ici à Bétarame
49:11elle a été
49:12à nos yeux
49:13et dans le document
49:14et dans l'échange
49:15que nous avons eu
49:16lors de l'audition
49:17de monsieur
49:17Latrubès
49:18très superficiel
49:20puisqu'elle a été menée
49:22par un inspecteur
49:23seul
49:23ce qui était
49:24totalement unique
49:25déjà à l'époque
49:26exceptionnel
49:27ça n'est jamais arrivé
49:28d'autre fois
49:29elle a été
49:30dépêchée
49:31du jour au lendemain
49:32sur place
49:33c'est à dire
49:34que l'inspecteur
49:35a été commandé
49:36la veille
49:37de son déplacement
49:38à Bétarame
49:38il a dû s'organiser
49:39pour se déplacer
49:40sur place
49:41et il n'y restait
49:43que quelques heures
49:43dans l'établissement
49:44avant de rendre
49:45des conclusions
49:46dans des conditions
49:47là aussi
49:48tout à fait
49:49expresses
49:49puisque ces conclusions
49:50ont dû être rendues
49:52en trois jours
49:52donc ma première question
49:54monsieur le premier ministre
49:55c'est pourquoi ce choix
49:56plutôt que de celui
49:58d'une inspection générale
49:59au regard des violences
50:00dont vous aviez entendu parler
50:02de demander au recteur
50:03de diligenter
50:04une inspection
50:05au niveau académique
50:07sachant que lorsque
50:08vous étiez ministre
50:09de l'éducation nationale
50:10entre 93 et 97
50:12vous avez commandé
50:1338 enquêtes
50:15inspection générale
50:16enquête administrative
50:17c'est les deux mots
50:18au niveau national
50:19sur des établissements
50:20uniquement publics
50:21donc 38 sur le public
50:23aucune sur le privé
50:24au niveau national
50:24et celle-ci
50:26pour Bétarame
50:26qui était au niveau local
50:28on va dire
50:28commandée à votre demande
50:30par le recteur
50:30ça n'était pas au niveau local
50:33c'était au niveau rectoral
50:35parce que les établissements privés
50:37relèvent du niveau rectoral
50:39et vous avez tout à fait dit
50:41que les autres inspections
50:43que nous avons diligentées
50:45étaient au niveau
50:47de l'inspection générale
50:48je n'en ai pas le souvenir
50:49mais c'est vous qui l'affirmez
50:52c'était au niveau rectoral
50:55et il y a eu
50:57très très peu d'inspection
50:59y compris depuis 25 ans
51:00dans l'enseignement privé
51:03j'ai parlé avec
51:04Elisabeth Borne
51:05parce que pendant
51:0725 ou 30 ans
51:08m'a-t-elle dit
51:09était invoqué
51:12le caractère propre
51:13selon les termes
51:14de la loi de Bray
51:15et donc
51:16c'était le bon niveau
51:18et j'ai
51:19j'avais
51:20j'ai encore
51:21rétrospectivement
51:23toute confiance
51:24dans le recteur
51:24et j'imagine
51:25que le recteur
51:26envoie
51:27un IPR
51:28un inspecteur
51:29pédagogique régional
51:31inspecteur d'académie
51:32et vous dites
51:33que ça a été fait
51:34rapidement
51:35il a entendu
51:3720 personnes
51:3819 peut-être
51:39entre 9h30
51:41et 18h
51:43à Bétaram
51:45il y a la liste
51:46que je peux vous fournir
51:47il a entendu
51:48le père Landel
51:49il a entendu
51:50le
51:51le surveillant
51:53qui sera
51:54licencié
51:55après
51:56il a entendu
51:57des élèves
51:59de première
51:59et de terminale
52:00il a entendu
52:02des professeurs
52:02au lycée
52:03plusieurs
52:03il a entendu
52:05le président
52:05de l'appel
52:06pendant le repas
52:07il a entendu
52:08des professeurs
52:10au collège
52:10il a entendu
52:11un surveillant
52:12il a entendu
52:13trois délégués
52:15de la classe
52:15de troisième
52:16il a entendu
52:17les délégués
52:18de seconde
52:18il a entendu
52:19l'aumônier
52:20il a entendu
52:21le directeur
52:22franchement
52:23si on considère
52:24que c'est
52:25traité par-dessus
52:26la jambe
52:27je trouve
52:29moi
52:29que c'est
52:30une vraie
52:31vérification
52:31le dernier échange
52:35sera très tendu
52:36et très politique
52:37avec le rapporteur
52:38le député
52:39insoumis
52:39Paul Vanier
52:40qui n'a pas lâché
52:41François Bayrou
52:41de toute l'audition
52:43il veut maintenant
52:44savoir
52:44si le Premier ministre
52:46est au courant
52:47des signalements
52:47actuels
52:48sur Bétaram
52:49questions et réponses
52:51au vitriol
52:51une mission
52:54d'inspection
52:55académique
52:56a été diligentée
52:58dans l'établissement
52:59Boramo
53:00anciennement Bétaram
53:01et cette mission
53:03a rendu son rapport
53:04le 4 avril 2025
53:05ce rapport
53:07est accablant
53:08il identifie
53:09je le cite
53:10une rupture
53:11dans le circuit
53:11de signalement
53:12et confirme
53:13que les informations
53:14sensibles
53:14circulent en interne
53:16sans être
53:16systématiquement
53:17remontées
53:18aux autorités
53:19compétentes
53:19il indique
53:21un non-respect
53:22de tous les volumes
53:23horaires
53:23au regard
53:24des textes
53:24ministériels
53:25il relève
53:27que les enseignements
53:28relatifs aux valeurs
53:29de la République
53:29sont peu développés
53:30voire absents
53:31il pointe des atteintes
53:33à la liberté
53:34de conscience
53:34et l'interdiction
53:36faite aux élèves
53:37en toutes circonstances
53:38d'aller aux toilettes
53:39pendant les cours
53:40ces conclusions
53:42accablantes
53:43Monsieur le Premier ministre
53:44qui révèle le caractère
53:45persistant
53:45de certaines violences
53:47faites aux enfants
53:48dans cet établissement
53:49ont été rendus
53:51il y a maintenant
53:51près de six semaines
53:53avez-vous pris
53:54Monsieur le Premier ministre
53:55des mesures
53:56suite à leur publication
53:57je n'ai pas à prendre
54:00des mesures
54:00c'est la responsabilité
54:01du ministère
54:02de l'éducation nationale
54:03alors vous êtes bien sûr
54:04le chef du gouvernement
54:05et vous pouvez
54:06demander
54:08à la ministre
54:09de l'éducation nationale
54:10d'agir
54:11vous avez par ailleurs
54:13le pouvoir
54:15vous aviez le pouvoir
54:16dès les dernières révélations
54:18de presse
54:19celles qui ont débuté
54:20au mois de février 2025
54:21de déclencher une mission
54:23de l'inspection générale
54:24et non une mission académique
54:26nous avons eu ce débat
54:26tout à l'heure
54:27pourquoi ne pas l'avoir fait
54:29et je reviens
54:31aux prérogatives
54:32qui sont les vôtres
54:33aujourd'hui
54:33vous êtes en situation
54:35de pouvoir demander
54:36au préfet
54:36qui dispose d'un certain
54:37nombre de prérogatives
54:38face à des situations
54:39comme celle-ci
54:40d'engager
54:41une série de mesures
54:42allez-vous saisir
54:44le préfet des Pyrénées-Atlantiques
54:45l'avez-vous fait ?
54:47je répète
54:49c'est la responsabilité
54:50du ministère
54:51de l'éducation nationale
54:52et je n'ai pas l'habitude
54:54d'amputer
54:57les ministres
54:57de mon gouvernement
54:58a fortiori
54:59la ministre d'état
55:00numéro 2
55:00du gouvernement
55:01de ces responsabilités
55:03c'est assez étonnant
55:06de vous entendre
55:07aujourd'hui encore
55:08en 2025
55:09sur cette question
55:10sur ces phénomènes
55:10de violence
55:11qui sont décrits
55:12sur des dysfonctionnements
55:13dans les procédures
55:14de signalement des violences
55:15assumer une très grande distance
55:17face à ce sujet
55:18dans cet établissement
55:19dont on sait aujourd'hui
55:21qu'il cristallise
55:21un certain nombre
55:22de questionnements
55:23en matière de réaction
55:25des autorités politiques
55:26face à la situation
55:29d'enfants
55:29qui sont manifestement
55:31dont la sécurité
55:33peut être en cause
55:34je comprends
55:35que vous vous sentiez mal
55:36parce que c'est
55:38toute votre stratégie
55:39qui ce soir
55:40toute cette fin
55:42d'après-midi
55:43s'est effondrée
55:44parce que des preuves
55:45ont été apportées
55:47alors je comprends
55:48que ce soit pas agréable
55:49surtout après avoir
55:50pendant des semaines
55:52et des semaines
55:53conduit
55:54de manière incroyablement
55:58agressive
55:59et insultante
56:01l'agression
56:07contre moi
56:09donc je comprends
56:11que vous vous sentiez mal
56:12je pense que
56:14lorsqu'on est injustement
56:16attaqué
56:16agressé
56:17insulté
56:18soupçonné
56:19on a le devoir
56:21de se défendre
56:22voilà pour les moments forts
56:25de cette audition
56:26événement de François Bayrou
56:28devant la commission
56:28d'enquête
56:29Betaram
56:295h30 d'audition
56:31l'une des plus longues
56:32de l'histoire
56:33de l'Assemblée nationale
56:34et les révélations
56:35de cette affaire
56:36Betaram
56:36ont été une déflagration
56:38elles ont libéré
56:38la parole
56:39de milliers d'enfants
56:41victimes de violences
56:42dans des institutions
56:43publiques
56:44ou privées
56:44fin de cet épisode
56:45à très bientôt
56:46sur LCP
56:47ciao ciao
56:47à très bientôt
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