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  • il y a 2 ans
Après une année 2023 compliquée pour le secteur de l’immobilier, 2024 commence par un début de baisse des taux d’intérêt qui pourrait potentiellement relancer le marché. Pierre Chapon, président et cofondateur de Pretto, fait le point sur la situation des crédits en France.

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Transcription
00:00 [Générique]
00:04 Et c'est parti pour les clés de l'IMO, le rendez-vous dédié à l'investissement ou à l'acquisition immobilière de Smart Patrimoine.
00:10 Aujourd'hui, un point sur les taux de crédit immobilier en cette fin mars 2024.
00:17 Des taux qui commencent à baisser un petit peu par rapport à ce que l'on a pu connaître en 2023.
00:22 Qu'est-ce que cela nous annonce pour l'année 2024 ? Une question que nous allons poser à Pierre Chapon.
00:27 Bonjour Pierre Chapon.
00:28 Bonjour.
00:28 Bienvenue sur le plateau de Smart Patrimoine. Vous êtes président et cofondateur de Pretto.
00:32 Alors ça y est, on commence à voir des taux de crédit immobilier qui baissent.
00:37 Est-ce qu'on peut parler de baisse ou en tout cas qui se calment un petit peu par rapport à ce qu'on a pu connaître l'année dernière ?
00:42 On peut parler de baisse. On est actuellement à à peu près 3,8 sur 25 ans.
00:48 On était monté au pic vers octobre-novembre 2023 à 4,3 à peu près.
00:53 Donc c'est une baisse d'à peu près 0,5. C'est une baisse très marquée.
00:57 Et comment on explique cette baisse ? Est-ce que c'est en lien avec les questionnements qu'on peut voir à l'heure actuelle sur les baisses de taux des banques centrales ?
01:04 Est-ce que c'est en lien avec des politiques commerciales de banque ?
01:08 Comment est-ce qu'on explique que le contexte redevienne un tout petit peu plus favorable pour les emprunteurs de crédit immobilier aujourd'hui ?
01:14 Alors effectivement, il y a deux effets. Le premier, c'est l'inflation qui baisse.
01:18 Donc des anticipations de baisse de taux des banques centrales.
01:22 En conséquence, les taux longs et notamment les emprunts d'Etat ont déjà baissé assez significativement.
01:28 Donc le coût de refinancement des banques a baissé.
01:32 Conséquence, et c'est le deuxième effet, toutes les banques sont revenues sur le marché.
01:37 Il y avait des banques qui, jusqu'à fin 2023, appuyaient sur le frein de la production de crédit.
01:42 Il n'y en a plus aucune qui est dans cette situation-là. Donc toutes les banques veulent y aller.
01:45 Et donc chaque banque a des conditions plus favorables pour se financer.
01:50 Et en plus, elles sont plus nombreuses à vouloir se battre sur les clients.
01:52 Donc il y a de la concurrence. Donc les crédits se pricent au plus juste.
01:57 Donc une offre plus conséquente qui amène plus de concurrence au sein de l'offre
02:01 et donc qui revient au bénéfice potentiellement de l'emprunteur
02:04 ou peut-être qu'on n'est pas encore jusqu'au bénéfice de l'emprunteur à l'heure actuelle ?
02:08 Alors si, on peut le dire. Il y a un bénéfice pour l'emprunteur.
02:11 Des baisses de taux longs qui se transmettent déjà sur les crédits.
02:17 Et au-delà des taux, c'est aussi le volontarisme des banques pour étudier,
02:22 faire passer les dossiers qui a monté d'un cran. Les banques veulent y aller.
02:26 Et donc quand on est candidat emprunteur, on peut être un peu gonflé de confiance
02:30 puisqu'il y a des solutions.
02:33 Les banques veulent y aller. Est-ce que ça veut dire que les volumes de crédits immobiliers
02:36 augmentent en début d'année 2024 ?
02:39 Alors de toute façon, les volumes qui sont annoncés par la Banque de France
02:43 correspondent aux concrétisations, c'est-à-dire au déplacement, au niveau des signatures notaires.
02:47 Oui, il y a toujours un délai effectivement.
02:48 Exactement, il y a toujours un délai. Donc les chiffres qu'on a vus sur janvier, février et même mars
02:54 vont continuer d'être assez bas. Donc on verra dans la presse que c'est production de crédits
02:58 toujours au plus bas. Néanmoins, si on se projette un petit peu,
03:01 la production de crédits pour le deuxième trimestre pourrait se redresser un petit peu
03:08 puisque là, on observe un peu plus de croissance sur les initiations de dossiers.
03:13 Et est-ce que, parce qu'effectivement on a beaucoup parlé l'année dernière
03:18 de cette hausse du taux de crédit immobilier, mais ça n'était pas le seul frein à la production
03:23 de crédits immobiliers, ou en tout cas au fait que les crédits se réalisent in fine.
03:26 Est-ce que quand même cette respiration qu'on peut voir sur les taux de crédit immobilier
03:31 suffit à redonner une dynamique au marché, ou les normes HTSF qui étaient beaucoup pointées du doigt
03:36 par exemple l'année dernière, continuent elles de bloquer ou de freiner encore l'octroi de crédit immobilier ?
03:41 Alors, c'est un élément la baisse des taux, mais ça ne suffit pas.
03:44 Quand on a des taux qui restent autour de 3,8, il y a quand même pas mal de dossiers
03:49 qui sont bloqués par les normes HTSF, et ça c'est toujours le cas.
03:54 Alors, ça s'amenuise plus les taux baissent, et si ça continue, ce problème va diminuer,
03:59 mais il serait de bon ton quand même d'accompagner la reprise en adoucissant,
04:03 voire en supprimant ces mesures, puisqu'elles n'ont plus lieu d'être avec des taux élevés
04:10 et un marché qui est plutôt mou, alors qu'elles ont été introduites au moment où il y avait un risque de surchauffe
04:16 parce que le marché était dopé par des taux exceptionnellement bas.
04:18 Elles ne sont plus en lien avec le contexte économique, ces normes HTSF, aujourd'hui,
04:22 elles protègent presque trop au risque de contraindre un peu trop l'accès à une résidence principale ou secondaire ?
04:30 Oui, tout à fait. Ces règles, il faut bien s'en rappeler en prenant du recul, elles ont été introduites fin 2019
04:35 avec un contexte où les taux étaient anormalement bas, on était à des taux de 1%,
04:40 et donc, à juste titre, le régulateur se dit qu'on a un phénomène anormal qui peut surstimuler la demande de crédit,
04:49 et donc, attention, il y a peut-être un risque d'endettement supplémentaire un peu trop élevé des ménages.
04:54 Bien sûr, alors que là, la hausse des taux le régule naturellement, c'est ce que vous dites ?
04:57 Exactement, là, aucun agent du marché, aucun emprunteur n'est surstimulé par des taux bas, actuellement, ça me paraît évident.
05:07 Alors, est-ce qu'on reviendra à une situation de taux à 1%, voire moins de 1%, ça semble quand même assez peu probable pour le moment.
05:15 Est-ce que pour autant, sur l'année 2024, on peut s'attendre à voir d'autres baisses de taux et des crédits immobiliers
05:22 qui coûteraient un petit peu moins cher en fin d'année ?
05:24 Oui, alors, effectivement, il y a un consensus sur le fait que la période de taux à 1%, c'est une parenthèse dans l'histoire économique,
05:32 et donc, il ne faut pas se projeter là-dessus. En revanche, nous, on anticipe que les taux vont continuer de baisser,
05:38 peut-être pour rejoindre 3% à la fin de l'année ou au début 2025.
05:43 Donc, il faut quand même accepter de vivre dans un environnement d'emprunts immobiliers à 3%, c'est l'objectif cible, quelque part.
05:51 Oui, alors, je ne sais pas si c'est un objectif, mais se projeter dans un monde comme ça, je pense que ça permet de prendre des bonnes décisions.
05:58 Et ce n'est pas un drame. 3%, ça reste très convenable comparé à d'autres périodes. Là, les prix reculent un petit peu.
06:06 Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais avec des taux qui vont baisser peut-être vers 3, 3,5%,
06:13 des prix qui se calment, qui ont baissé dans pas mal d'endroits par rapport au pic, on est en train de voir des baisses de l'ordre de 10% en fonction de certaines zones,
06:24 des salaires qui ont quand même progressé, embarqués par l'inflation, finalement, la solvabilisation de la demande sur le deuxième semestre 2024,
06:33 elle pourrait être en amélioration. Et donc, se projeter dans un monde où les taux sont à 3%, ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour l'achat immobilier.
06:41 – Une dernière question, peut-être un petit peu difficile, parce que personne n'a la réponse aujourd'hui,
06:45 mais est-ce que selon vous, on en arrive quand même en 2024 à un équilibre coût du financement, niveau de prix de l'immobilier,
06:52 qui laisse entrevoir un peu plus de fluidité sur le marché de l'immobilier en 2024, 2025, 2026,
06:58 ou c'est encore trop tôt pour se dire si cet équilibre a été trouvé ?
07:01 – Alors, l'équilibre n'est pas encore là, par contre, si on se projette avec des taux plutôt autour de 3%…
07:09 – Et une stabilité surtout.
07:10 – Et une stabilité. Les prix qui vont montrer une baisse par rapport au pic de 10% et des salaires qui ont progressé,
07:19 on voit bien que là, les acheteurs et les vendeurs pourraient se rencontrer avec ces paramètres-là.
07:26 – Eh bien, souhaitons-le, Pierre Chapon, et on en reparlera dans quelques mois pour constater effectivement l'évolution des taux de crédit immobilier.
07:33 Pierre Chapon, je rappelle que vous êtes président et co-fondateur de Prétaux. Merci beaucoup.
07:36 – Merci.
07:37 – Et quand à nous, on se retrouve tout de suite dans Enjeu patrimoine.
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