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Collecte des biodéchets, électrification des véhicules de ramassage de déchets, rendre plus efficient le tri, ce sont les défis que relève SEPUR. Youri Ivanov, président de l’entreprise, présente l’écosite qu’elle a ouvert dans les Yvelines où l’ensemble de ses activités est regroupé et va être en autoconsommation.
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00:00– Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans
00:08notre économie.
00:09J'accueille aujourd'hui Yuri Ivanov, bonjour.
00:11– Bonjour.
00:12– Bienvenue, vous êtes le président de CEPUR.
00:14Je demande souvent à mes invités du Grand Entretien, quel sens ils donnent au mot impact ?
00:20Qu'est-ce que vous en faites, vous, de l'impact, dans votre stratégie quotidienne ?
00:23– Dans votre stratégie quotidienne, le mot impact a beaucoup d'importance,
00:26puisque finalement, le métier que je fais, le métier de l'environnement, la collecte, le recyclage, la propreté urbaine,
00:34tout ce qui a attrait à cet environnement-là, pour moi, c'est essentiel de travailler massivement sur la réduction
00:43de nos impacts,
00:46aussi bien impact de CO2 pour nos véhicules que l'impact des prestations que nous effectuons,
00:51notamment sur les centres de tri, la réduction de la consommation d'énergie, la réutilisation de l'eau, le coût
00:59kilométrique de nos véhicules,
01:00tout ça fait partie d'un environnement sur lequel on travaille depuis très longtemps et c'est fondamental pour l
01:05'entreprise.
01:06– Alors justement, on y reviendra, est-ce qu'il y a eu un virage depuis quand vous le faites
01:09?
01:09Je vais donner quelques chiffres clés concernant CEPUR, chiffre d'affaires de près de 470 millions d'euros, 4200 employés,
01:15et puis ça c'est impressionnant, plus de 275 collectivités accompagnées, ça représente à peu près 13,5 millions d
01:23'habitants,
01:23voilà, 13,5 millions d'habitants concernés par des…
01:28– Par nos prestations, en fait.
01:29– Qui par exemple voient passer des camions CEPUR. D'ailleurs, quels sont vos métiers ?
01:34– Alors nos métiers, le gros de notre métier c'est la collecte, c'est le camion poubelle que vous
01:38voyez passer devant chez vous
01:40pour ramasser vos conteneurs. On a bien évidemment associé à tout ça nos métiers de recyclage, de tri.
01:46On exploite à l'heure actuelle 800 de tri, on trie à peu près 500 000 tonnes d'emballages par
01:52an.
01:54Et puis ensuite, on a une activité de valorisation énergétique aussi, parce qu'on a déployé encore des POC,
02:01on en parlait tout à l'heure sur l'impact, l'utilisation du déchet pour en faire de l'énergie,
02:05pour leur remettre dans le réseau.
02:06On a développé de la microméthanisation, de façon à récupérer une grosse partie des biodéchets collectés
02:12et d'injecter ou de l'électricité ou du gaz dans le réseau.
02:16Et puis on fait du compostage aussi, et puis aussi on fait du co-compostage,
02:20c'est-à-dire qu'on transforme aussi des biodéchets en compost,
02:23et puis de la propreté urbaine, et puis de l'exploitation de déchetterie,
02:26et puis c'est quasi 4 millions de tonnes par an de déchets qui sont collectés au quotidien.
02:31– Les biodéchets justement, avec le changement de la loi, ça a été le dernier défi à relever ?
02:38Ou c'est en cours d'ailleurs, c'est le dernier défi que vous êtes en train de relever ?
02:41– Oui, c'est le dernier défi, on l'avait beaucoup anticipé, on avait déjà développé, comme je le disais,
02:45le vrai sujet en fait, finalement, c'est qu'on met en place des dispositifs en disant
02:50il faut collecter les biodéchets, mais on ne met pas en place les unités de traitement.
02:53– C'est-à-dire qu'on fait toujours en France, ce gros défaut d'ailleurs en l'occurrence,
02:58c'est de dire il faut faire comme ça, mais on n'a pas mis en place les outils de
03:02traitement.
03:03Donc c'est pour ça qu'on avait beaucoup travaillé sur la microméthanisation,
03:06qui permettait de justement traiter ces déchets à proximité des zones de collecte.
03:10Parce qu'on parlait d'impact, il faut qu'entre le produit collecté ou le déchet collecté
03:16et l'endroit où je vais le traiter, il faut réduire le nombre de kilomètres,
03:20puisqu'évidemment, kilomètres, carbone, sinon ce n'est pas très cohérent.
03:24– Mais est-ce que, je le disais, 275 collectivités, 13,5 millions d'habitants,
03:31est-ce que ce tri, cette récupération des biodéchets, elle est efficace,
03:37elle est encore balbutiante, on en est où là aujourd'hui ?
03:39– Elle est assez balbutiante, beaucoup de collectivités ne sont pas encore inscrites,
03:43malgré la loi, parce qu'il y a un coût, bien évidemment,
03:47puisque c'est encore un service supplémentaire,
03:49puisque finalement, vous avez déjà deux poubelles,
03:51vous avez vos poubelles d'ordures ménagères,
03:53vous avez votre poubelle de l'emballage,
03:54et on vous a demandé d'avoir une troisième poubelle.
03:56– C'est ce qui est arrivé dans mon immeuble, on a une troisième poubelle.
03:58– Voilà, pour les biodéchets.
03:59Donc ça veut dire des services supplémentaires,
04:01et donc un coût supplémentaire supporté par les collectivités locales,
04:05qui ont des difficultés d'équilibrage budgétaire, comme vous le savez,
04:08et donc forcément, nous, notre objectif, c'est d'essayer de trouver
04:11les solutions techniques les plus appropriées,
04:13de façon à maintenir quand même un prix cohérent,
04:16tout en assurant l'intégralité des collectes.
04:19Moi, je vois cette poubelle se remplir un peu plus qu'au début,
04:21donc ça veut dire que nous aussi, consommateurs et citoyens,
04:24on commence à s'habituer,
04:27ou alors vous continuez de récupérer des poubelles de biodéchets vides,
04:30enfin, ou quasi vides.
04:31– Non, en fait, finalement, le gisement est relativement faible,
04:34puisqu'on est à 4 kilos par an et par habitant.
04:36– Ce n'est pas beaucoup.
04:37– Ce qui n'est pas beaucoup.
04:38– Donc il n'y a pas d'économie derrière ça ?
04:40Ce n'est pas rentable ?
04:41– Pour l'instant, ce n'est pas rentable.
04:42– Oui, d'accord.
04:43– Voilà, ce n'est pas rentable.
04:48Quand on aura réussi, en fait, à optimiser les opérations de collecte
04:51et à réduire le coût de collecte.
04:54Il y a deux sujets.
04:54Il y a le sujet du traitement,
04:56qui, bien évidemment, nécessite des investissements importants,
04:58puisqu'il faut méthaniser le biodéchet pour en faire de l'énergie.
05:01Et puis, il y a le deuxième sujet, c'est le coût de collecte.
05:04Donc on y travaille beaucoup, avec différentes solutions.
05:08Au lieu d'avoir votre poubelle chez vous,
05:09on peut avoir un point d'apport volontaire,
05:11de façon à massifier les déchets,
05:13pour éviter le nombre de collectes en porte-à-porte.
05:16Et puis, on a aussi du compostage individuel,
05:20qui est très répandu.
05:22Maintenant, beaucoup de collectivités sont passées
05:23sur le compostage individuel,
05:25avec une distribution d'un composteur individuel,
05:27où finalement, vous mettez vos biodéchets
05:28et vous en faites du terreau pour vos plantes et votre jardin.
05:31C'est une solution qui, à mon sens, est assez améliore.
05:37Oui, c'est du bon sens.
05:38C'est du bon sens, oui.
05:39Ça fait combien d'années que vous bossez dans ce secteur ?
05:43Toute ma vie.
05:44Ça fait quelques décennies d'expérience.
05:46Oui, je crois que j'ai commencé ma carrière en 85,
05:50dans ce métier-là.
05:52Et alors, justement, ces enjeux,
05:54parce que c'est un métier au cœur, c'est ce que vous disiez,
05:56au cœur des enjeux environnementaux,
05:58d'une certaine façon, par essence.
05:59Ah oui ?
06:00Mais le fait de se poser la question de son impact,
06:04de l'impact de l'entreprise, etc.,
06:06vous l'avez vu arriver quand, ça ?
06:08Non, mais je crois qu'on l'a toujours vu arriver, moi.
06:10Oui, non, on ne se posait pas avec...
06:11Pardon, mais l'électrification des flottes...
06:15Ah ben, alors là, je suis sans doute un visionnaire,
06:17mais moi, j'ai commencé...
06:18Je ne sais pas, mais j'ai commencé à électrifier ma flotte en 2014.
06:21Assez tôt par rapport aux doses d'entreprise.
06:23On était très, très, très, très loin encore de la problématique de l'impact CO2 du transport.
06:29Et donc, en 2014, j'ai commencé à électrifier mes véhicules.
06:34Là, j'ai 25% de mon parc qui fonctionne en électricité,
06:37sur 2700 véhicules, ce qui est quand même non négligeable.
06:39Et puis, petit à petit, si vous voulez,
06:41dans ma recherche, finalement, de réduction d'impact CO2,
06:44j'ai basculé aussi assez rapidement sur le GNV,
06:49le gaz naturel de la ville,
06:51où j'ai plusieurs stations de chargement de les véhicules.
06:53Puis, avec les impacts de la guerre
06:56et le fait que le coût de l'énergie a explosé,
07:00j'ai abandonné cette solution-là.
07:03Et je suis massivement maintenant sur l'électricité.
07:05Mais, ça nécessite des investissements massifs,
07:10aussi bien en matériel qu'en infrastructure.
07:12Oui, c'est que vous disiez sur Radio Classique,
07:14il y a quelques semaines,
07:16enfin, presque un an, c'était en août dernier,
07:18la transition écologique,
07:19elle est toujours au centre des préoccupations,
07:21mais le coût de cette transition est conséquent.
07:23Est-ce que le coût est forcément…
07:27enfin, produit le frein ?
07:30Je pense que le coût produit le frein.
07:32Et il faut avoir une politique volontariste là-dessus.
07:36Moi, j'ai investi massivement en fonds propres
07:39pour mettre en place les infrastructures
07:42pour charger mes véhicules électriques.
07:44Je viens de déployer sur mon site de Thierry-Valgrillon
07:4610 000 m² de panneaux photovoltaïques
07:49que j'ai autofinancés aussi.
07:50Pour vous donner une idée de mon coût d'investissement
07:56sur ce qui est infrastructures électriques,
07:58puis panneaux photovoltaïques,
07:59je suis à 6 millions en 2025 d'investissement.
08:03– Mais les crises géopolitiques ou les guerres,
08:07disons les mots, vous donnent raison.
08:11– Sans doute.
08:12– Ou vous incitent à aller plus vite.
08:14– Bien évidemment.
08:14Et donc, l'avance que j'ai pris en 2014,
08:17m'avantage vis-à-vis d'un certain nombre de concurrents,
08:19puisque j'ai déjà quand même bien avancé sur ce sujet-là,
08:21je le maîtrise plutôt bien.
08:22– Donc, les crises sont des accélérateurs de transformation ?
08:28– Ça, vous l'avez toujours ressenti ?
08:30– Non, on l'a vraiment ressenti en 2021 avec la crise ukrainienne,
08:34où le prix de l'énergie, du gaz notamment, a explosé.
08:37Et on a subi ces coûts énergétiques très fortement.
08:42Et là, en effet, ça a été vraiment un tournant,
08:43je pense, pour les entreprises qui se sont dit
08:44« Mais non, on ne peut pas supporter ces à-coups,
08:47puisque l'énergie sur mon compte de résultats pèse quand même 10%. »
08:52Donc, c'est 47 millions par an d'énergie
08:54pour faire fonctionner mes services.
08:57– Citeau a confié à Sépur la construction
08:59d'un quatrième centre de surtris des emballages plastiques.
09:04Alors déjà, je veux bien qu'on comprenne de quoi on parle.
09:06Le surtris des emballages plastiques, c'est quoi ?
09:09– C'est tous les emballages qui sont en fait non séparés
09:12dans les centres de tri traditionnels.
09:15Donc PET, PEHD, PVC.
09:17Et en fait, on les regroupe,
09:19on les renvoie sur ce centre de tri,
09:21on refait un nouveau tri pour les requalifier
09:23par typologie de plastique.
09:25et les renvoyer directement chez les producteurs.
09:28– Comment ça marche ?
09:29C'est des machines qui détectent ?
09:32– Absolument, c'est des machines avec des traits optiques,
09:34avec des analyses précises de la qualité du plastique
09:37qui passe sur la chaîne.
09:38Et il y a toujours, bien évidemment à la fin,
09:40une intervention manuelle.
09:41Il y a une dizaine de trieurs qui récupèrent les plastiques
09:45qui n'ont pas pu être vus par la machine.
09:48– Ça permet de donner encore plus de valeur à ces déchets, c'est ça ?
09:53– Et l'objectif, il est là ?
09:54– L'objectif, il est de revaloriser, bien évidemment,
09:56plus de déchets et d'avoir moins de refus de tri.
09:59Dans un centre de tri classique,
10:00on a entre 10 et 15% de refus de tri.
10:02C'est-à-dire que tous les emballages qui sont passés,
10:04tout n'est pas trié.
10:05Donc on a 15% du tonnage qui n'est pas trié.
10:07Et donc finalement, qui est perdu
10:08puisqu'il repart en incinération.
10:09Et ce n'était pas l'objectif.
10:11Donc cette partie de refus est réintégrée
10:13et les centres de surtri servent à ça en fait.
10:16– Est-ce qu'il est encore nécessaire de sensibiliser
10:20ou presque même de former les citoyens au tri ?
10:23– On a beaucoup d'opérations de communication
10:25dans nos collectivités.
10:27On a aussi, et ça on l'a développé avec un prestataire,
10:32un système d'intelligence artificielle, de caméras,
10:34qui nous permet directement,
10:36quand le déchet est déversé dans la benne,
10:38de pouvoir identifier s'il y a un refus de tri.
10:41C'est-à-dire que si la personne qui a fait le tri
10:43n'a pas bien fait le tri.
10:44Et on peut immédiatement agir sur l'administré,
10:48lui dire, vous n'avez pas bien trié,
10:49je vais vous expliquer pourquoi vous n'avez pas bien trié.
10:50– Ah oui, donc c'est très pointiste,
10:53vraiment faire passer le message à la bonne personne.
10:56Je vous pose cette question,
10:57parce que j'imagine que ça fait des années,
11:00voire des décédies,
11:01qu'on vous dit, je trie,
11:03mais de toute façon à la fin,
11:04tout finit dans la même benne.
11:06– Ah non, surtout pas !
11:08– Il y a encore des gens qui vous disent ça ?
11:10– Non, mais il peut y avoir des confusions,
11:11parce que, je vais rentrer dans un détail technique,
11:13mais il y a des bennes compartimentées,
11:15avec deux compartiments,
11:16un compartiment pour les ordures ménagères
11:17et un compartiment pour le sélectif.
11:19Mais c'est la même benne qui passe.
11:20Et donc les gens voient les deux flux collectés en même temps,
11:23ce n'est pas dans le même compartiment,
11:24et ils pensent qu'en effet, on mélange tout,
11:26ce qui n'est pas le cas.
11:27– Et ça n'a jamais été le cas,
11:28ou ça a été le cas quand même ?
11:30– C'est-à-dire qu'il y a eu des temps de calage,
11:35de balbutiement, où on disait aux Français,
11:37faites le tri, et puis au final…
11:38– Je crois que la collecte sélective a été lancée
11:41dans les années 2000,
11:43et très rapidement, on a assuré le service correctement.
11:47L'objectif étant de récupérer un maximum d'emballages
11:50qui sont valorisés.
11:51Moins de poubelles noires, plus d'emballages.
11:54Ça, c'est la règle.
11:55– Alors, je veux bien revenir à vos actions.
11:57On a parlé d'électrification de la flotte de véhicules.
12:00– Comment vous calculez ?
12:01Alors là, on va parler de CO2.
12:03C'est opérationnel ?
12:05C'est-à-dire que vous calculez votre empreinte carbone ?
12:08– On calcule tous les ans notre empreinte carbone
12:11sur l'ensemble de nos activités.
12:13On est capable de le calculer.
12:15On le calcule, et on voit la courbe descendante.
12:17Dès qu'on commence à électrifier massivement,
12:18on a notre empreinte carbone qui baisse.
12:20– Alors, elle vient d'où, prioritairement ?
12:23Justement des transports ?
12:24– Elle vient massivement des transports.
12:27Puisque j'ai encore une partie de ma flotte,
12:30qui fonctionne avec des énergies non fossiles,
12:32mais qui sont quand même générateurs de CO2.
12:35Le GNV, c'est un générateur de CO2.
12:36Et sur une partie de mes activités, j'utilise du biocarburant.
12:40Quand je suis vraiment dans un milieu très rural
12:42où je n'ai pas la possibilité de rouler en électrique.
12:44– Et un camion électrique, alors là aussi, je vais faire exprès
12:48d'utiliser une vieille image.
12:53Cette idée que les batteries sont trop lourdes,
12:55que l'électrique n'est pas adaptée à la mobilité lourde.
13:01Ça, c'est dépassé ?
13:02– Oui, c'est complètement dépassé.
13:03– Pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ?
13:04– Parce que la technologie a beaucoup avancé.
13:06– Alors, curieusement, dans ma vie professionnelle,
13:08quand j'ai commencé ma vie professionnelle,
13:10j'exploitais des bennes électriques.
13:12Donc, c'était déjà la technologie, elle existait déjà.
13:16Nous, on était avec des batteries plongelles
13:17qui, en effet, étaient très, très lourdes.
13:19Et on réduisait, évidemment, la capacité utile des véhicules.
13:22Avec des autonomies qui étaient très faibles.
13:24Maintenant, avec la technologie,
13:26on a des bennes électriques qui font des tournées
13:27de 150-180 km.
13:30Ce qui était impensable avant.
13:32On avait 30-40 km d'autonomie.
13:34Là, on fait 180 km avec une benne.
13:36– Vous rechargez où ?
13:37– Chez nous.
13:38– Donc, ça veut dire qu'il a fallu s'équiper ?
13:40– Voilà.
13:40– En borne ?
13:41– En borne, rapide.
13:42– Donc, là aussi, c'est un investissement ?
13:44– Investissement, 3 millions et demi, je vous l'ai dit.
13:46– Et retour sur investissement ?
13:48– Il est quasi incalculable.
13:50Parce que, finalement, quand vous avez mis l'infrastructure,
13:52elle va durer pendant 50 ans.
13:55Donc, je ne vais pas faire un calcul de retour d'investissement.
13:57Je l'ai forcément.
14:00– Il est d'autant plus rapide que…
14:02– Que je lastifie ma flotte.
14:04– Oui, et que les prix de l'énergie au carburant augmentent.
14:07– Bien sûr.
14:08– Donc, de ce côté-là, vous n'êtes pas inquiet.
14:10Vous êtes certain d'avoir fait le droit.
14:12– J'ai fait le bon choix en 2014.
14:14– En 2014, j'ai fait le bon choix.
14:15– Je voudrais qu'on parle de l'écocyte de CEPUR.
14:18Alors, c'est quoi exactement ?
14:20C'est les panneaux photovoltaïques dont vous nous parliez tout à l'heure ?
14:23– Alors, c'est l'écocyte de CEPUR.
14:24C'est 13 hectares qui se font dans les Yvelines, à Thiver-Val-Grillon,
14:27où on a notre siège social,
14:28et où, finalement, on a regroupé toutes nos activités.
14:32Donc, on a nos activités de collecte, avec nos bennes électriques.
14:35On a des activités de compostage.
14:37On exploite une unité de compostage de 45 000 tonnes par an.
14:40On récupère des biodéchets, qu'on composte aussi.
14:44On a un centre de tri CITEO qui est en fin de construction
14:48et qui va démarrer en fin d'année 2026.
14:51On a un microméthaniseur.
14:54On a un centre de tri d'emballage de 40 000 tonnes aussi.
14:56Et un centre de tri DAE, c'est-à-dire déchets d'activité,
15:00qui fait 80 000 tonnes.
15:01Tout sur le même site.
15:03Et mes 10 000 m² de panneaux photovoltaïques.
15:05Parce que l'objectif, c'est que tout ce que je viens de citer,
15:07on soit en autoconsommation totale.
15:10– D'accord. Et vous y serez quand ?
15:12– Écoutez, j'y serai sans doute juin 2027.
15:18– D'accord. Donc ça, c'est déjà anticipé.
15:21C'est une question de coût, de souveraineté, de tranquillité d'esprit.
15:29J'ai presque envie de dire ça.
15:31Qu'est-ce qui est le plus important dans le choix stratégique ?
15:34– Le choix stratégique, c'est en effet de plus être dépendant
15:36en fait des à-coups énergétiques.
15:38Et après, il y a le choix environnemental.
15:40Puisque là, en fait, l'énergie que je vais consommer,
15:43c'est le soleil qui va me la donner.
15:45Donc c'est une énergie qui est gratuite
15:46et c'est une énergie qui ne va pas les tirer sur les réseaux.
15:49– Est-ce que c'est aussi un argument,
15:51quand vous répondez à un appel d'offres d'une collectivité ?
15:53C'est-à-dire, est-ce que les collectivités locales
15:55mettent de plus en plus dans leur grille de lecture,
15:58dans l'appel d'offres, le fait d'avoir une entreprise,
16:01un prestataire qui est le plus sobre en termes de consommation ?
16:06– Je vais vous dire, pas assez.
16:08Pas assez. Pas assez, malheureusement.
16:10– C'est-à-dire, vous voyez encore des appels d'offres
16:11où il n'y a pas du tout ça ?
16:12– Oui.
16:13– Ça, c'est étonnant.
16:15– Non, vous m'auriez dit le contraire,
16:17je vous aurais cru.
16:18Donc toutes les collectivités ne sont pas convaincues ?
16:22– Non, non, non.
16:23– Pour une question…
16:24– C'est un levier hyper efficace,
16:26le levier de l'achat public
16:27ou de la concession de services publics.
16:29– C'est une question de coût.
16:31Ben classique, 250 000 euros,
16:33Ben électrique, 400 000 euros.
16:35Après, même si, en termes de coût d'OPEX,
16:39de fonctionnement,
16:41on va avoir un retour sur investissement,
16:43mais il sera très long, il sera sur 10, 12 ans.
16:45– Parce que la collectivité se dit
16:47« Si je mets cette condition,
16:49ça va me coûter plus cher,
16:50parce que l'entreprise va me facturer
16:52un service qui sera plus élevé
16:54et donc elle ne veut pas ensuite
16:55le faire porter sur ses administrés. »
16:59Je comprends.
17:00Allez, il nous reste 9 minutes.
17:01On va parler d'intelligence artificielle tout de suite.
17:04Déjà, est-ce qu'elle existe ?
17:06Vous l'utilisez ?
17:08– Au balbusier.
17:09– Au balbusier.
17:09– On démarre.
17:10– On démarre, c'est le début.
17:12On est en train de travailler beaucoup là-dessus.
17:15Il faut savoir que déjà,
17:16nos bennes sont connectées,
17:17c'est-à-dire qu'on est capable
17:18d'avoir les tonnes en temps réel,
17:20on est capable d'avoir les kilomètres,
17:22les vitesses moyennes,
17:23le nombre de bacs qui sont basculés,
17:25même l'identité de la personne
17:26qui a sorti son bac.
17:28Donc on a beaucoup de data.
17:30Cette data-là, pour l'instant,
17:31on a des grosses difficultés
17:33à pouvoir la traiter
17:34et donc l'IA va nous aider massivement là-dessus
17:37de façon à pouvoir demain
17:39être plus efficaces au niveau opérationnel.
17:41Je prends un exemple simple.
17:42Les tournées de camions avec l'IA,
17:45à l'heure actuelle,
17:46elles sont faites quasi à la main.
17:47À l'heure actuelle,
17:48enfin demain, avec l'IA,
17:49on va avoir une automatisation
17:51et une optimisation
17:52de nos circuits de collecte.
17:53Et là, on y travaille massivement
17:55parce que ça fait partie
17:55des marqueurs forts
17:56de façon à pouvoir continuer
17:58à apporter le service
17:59avec des matériels propres
18:01tout en maîtrisant
18:01le budget des collectivités locales.
18:03C'est ça l'équation
18:04qu'on doit avoir.
18:06Ça veut dire quoi ?
18:07Ça veut dire qu'ils font moins de kilomètres,
18:09ils gagneront du temps ?
18:10Moins de kilomètres,
18:10gagner du temps.
18:12Pas forcément passer dans toutes les rues
18:13parce qu'il y a des rues
18:14où il n'y a pas de bacs qui sont sortis
18:15ou il y a un bac qui est sorti.
18:17Donc, gagner en optimisation des services
18:20et donc maîtriser le coût budgétaire
18:22et avaler la transition énergétique.
18:26Et cette intelligence artificielle,
18:28elle intervient aussi
18:29dans ce que vous nous décriviez tout à l'heure ?
18:31Sur l'identification d'effet en temps réel
18:33dans la benne de l'erreur de tri
18:35qui ensuite est reportée directement
18:38informée chez l'administré.
18:39Et dans ce centre de surtris des emballages,
18:43là aussi, il y a un peu d'IA ?
18:44Il n'y a que d'IA
18:45puisque c'est des capteurs optiques
18:47qui vérifient quel type de plastique
18:50passe sur la chaîne.
18:50Il évacue au fur et à mesure
18:52sur les différents postes.
18:54Tout est automatisé en fait.
18:55C'est un travail qui avait été fait avant
18:58parce que cette IA, il faut lui apprendre.
18:59Oui.
19:00Il faut lui apprendre à reconnaître
19:02tel ou tel type de plastique.
19:03Donc, ce travail avait été fait ailleurs,
19:06dans d'autres centres de surtris.
19:08Alors, il a fallu que vous-même,
19:10vous nourrissiez la bête.
19:11Alors, on a nourri la bête
19:12parce que ce centre de tri
19:15sera sans doute le plus performant de France.
19:18Sur les autres qui ont déjà été déployés,
19:20il n'y a pas encore cette analyse très précise.
19:22Donc, on sera vraiment là-dessus,
19:24je pense, au top de l'efficacité.
19:27Il y a une digitalisation des métiers
19:31qui était plus ancienne
19:33et qui va s'accélérer avec l'IA, d'après vous ?
19:36Je pense qu'on en est qu'au début.
19:38Les métiers vont changer.
19:40Notre métier, le cœur de notre métier,
19:42c'est quand même l'humain.
19:43Oui.
19:44Il faut quand même l'avoir à ça.
19:46Donc, il ne va pas disparaître.
19:47On est peut-être un des seuls métiers
19:48où l'humain est essentiel.
19:50Parce que finalement, pour ramasser des ordures,
19:51il faut bien un chauffeur et des rippers.
19:54Après, on sait très bien
19:55que de toute façon,
19:56la technologie va avancer de façon phénoménale
19:58et qu'un jour, on voit les voitures autonomes.
20:00On pourra très bien envisager une bonne autonome.
20:03Et on a aussi des problématiques
20:07de troubles musculosquelettiques.
20:08Il y a encore des activités
20:09qui sont un petit peu...
20:12Pour les corps, sont compliquées.
20:13Donc, il va falloir qu'on travaille
20:14sur des exosquelettes,
20:15sur des choses comme ça.
20:16On est déjà en train d'y travailler, d'ailleurs,
20:18de façon à faciliter le travail
20:20de nos équipiers de collecte.
20:21Parce que finalement, la santé
20:22de nos collaborateurs, elle est essentielle.
20:24Alors, tiens, justement,
20:25vous anticipez le thème que j'allais ouvrir
20:27en utilisant la question
20:28que celui qui était à votre place
20:29la semaine dernière,
20:31le président du groupe Vive,
20:32Stéphane Junic, a choisi de vous poser.
20:34On écoute Stéphane Junic tout de suite.
20:36Bonjour, Uri.
20:37On le sait, les questions de santé
20:39sont au cœur de la vie de nos entreprises.
20:41Et je souhaiterais savoir,
20:43pour CEPUR,
20:44est-ce que la prévention
20:45et la question de la santé
20:47est au cœur de la culture d'entreprise ?
20:50Alors, ça, c'est en effet une certitude
20:52que la santé de mes collaborateurs
20:54est au cœur de mes préoccupations.
20:57On a déployé tout un programme de formation,
20:59bien évidemment, sur la sécurité,
21:01avec des recyclages réguliers.
21:03On fait intervenir beaucoup d'intervenants
21:06en gestes et postures,
21:07justement, parce que finalement,
21:09le but du jeu,
21:10c'est d'éviter que les gens
21:12se blessent au travail.
21:15Et on a, bien évidemment,
21:17aussi mis en place
21:19des livrets de sécurité.
21:21On suit les accidents du travail,
21:23parce qu'on en a malheureusement.
21:24Mais il faut qu'on y travaille
21:26de façon à les faire baisser.
21:27Et il y a la formation de sécurité.
21:29Il y a aussi les intervenants
21:30qui peuvent être là.
21:31Mais on fait un métier
21:32qui est quand même accidentogène
21:33parce qu'on est tous les jours
21:35sur la warie.
21:37Et que, forcément,
21:39les usagers sont
21:40nos plus grands ennemis.
21:42Alors, c'est la question
21:42que j'allais vous poser.
21:434200 employés,
21:45les accidents du travail,
21:46c'est quelque chose
21:47que tous les chefs d'entreprise
21:48regardent évidemment de très près.
21:50Le taux d'accidentologie,
21:51vous en êtes où ?
21:52Je ne suis pas très fier
21:53de mon taux d'accidentologie,
21:55en toute honnêteté.
21:57Mais souvent,
21:58ces accidents-là
21:59sont dus aux usagers.
22:03J'ai beaucoup d'accidents
22:04où, en fait,
22:05c'est l'usager en voiture
22:06qui percute un de mes équipiers.
22:09Donc, c'est un vrai sujet
22:11de préoccupation.
22:13Donc, sur lequel vous travaillez,
22:14j'imagine que vous ne pouvez pas
22:16transformer tous les automobilistes.
22:17Voilà.
22:18Donc, comment faire
22:19pour que vos camions,
22:20ils sont déjà visibles,
22:21les camions,
22:22mais comment faire
22:22entre les camions
22:23et les salariés,
22:24les employés de CEPUR
22:25soient plus visibles ?
22:26Ils sont visibles.
22:28Mais je suis d'accord avec moi.
22:29Normalement,
22:30on ne doit pas...
22:32Après, il y a une incivilité
22:35chronique aussi.
22:35Enfin, on sait très bien,
22:36on connaît un petit peu
22:38l'environnement
22:38dans lequel on vit au quotidien.
22:40On embête toujours tout le monde
22:41parce que finalement...
22:42On fait du bruit.
22:43Même avec les bains électriques,
22:44on fait beaucoup moins de bruit,
22:45mais on bloque sur toutes les rues.
22:47Les gens n'ont pas forcément
22:48la patience.
22:48Souvent, on a des altercations.
22:50Tout n'est pas...
22:51Ils font un métier difficile.
22:52Ils font un métier très difficile
22:53et pas reconnu.
22:55Parce que finalement,
22:56on est un peu le service silencieux.
22:58On s'aperçoit qu'on n'existe
23:00que quand on a arrêté de travailler.
23:02Oui, ça, c'est sûr.
23:03Quand il y a une grève,
23:05tout le monde s'en rend compte.
23:06Donc, il faut vraiment...
23:08On est très engagés là-dessus.
23:10Mais malheureusement,
23:10on n'est pas très fiers
23:11forcément de nos performances.
23:13Alors ça, c'est une sorte de...
23:15Pour un chef d'entreprise comme vous,
23:17une sorte de constat d'impuissance.
23:19Il y a un moment
23:19où on cherche des solutions,
23:21on réussit à améliorer les choses.
23:22Mais là, ça ne dépend pas que de vous.
23:23Ben non.
23:24Le problème,
23:25ça ne dépend pas forcément
23:26que de l'action de l'entreprise.
23:28Il y a l'environnement aussi.
23:29Il y a les problématiques de stationnement.
23:32Il y a tout un tas de choses
23:32qui rentrent en jeu
23:33où on ne prend pas en compte
23:34finalement notre métier.
23:36Il y a assez peu de places
23:37de dégagement
23:38pour mettre nos camions...
23:39Ça, c'est un dialogue
23:40que vous avez avec les maires.
23:40Oui, on a beaucoup de dialogues
23:42avec les maires.
23:42On fait beaucoup de marches arrières encore.
23:44Alors que normalement,
23:45avec une baie d'ordure ménagée,
23:46on ne fait pas de marches arrières.
23:47Il y a tout un tas de choses
23:48comme ça
23:49qui sont en train de travailler
23:50parce qu'on a une recommandation
23:52dans la R-481
23:53qui oblige les collectivités
23:55et nous de travailler
23:56pour faire disparaître
23:57tous ces points noirs
23:58qui sont accidentogènes.
24:00Et on y arrive.
24:01Bon, petit à petit.
24:02Mais c'est long.
24:03Oui, c'est long.
24:05Sur la question de recrutement,
24:07tiens justement,
24:07vous disiez
24:08que c'est des métiers difficiles.
24:10Donc, ça veut dire
24:11que vous avez des difficultés
24:12de recrutement ?
24:1347 nationalités.
24:15OK.
24:16Bon, tout se passe bien.
24:17Ça, c'est bien ça.
24:18Oui.
24:18C'est plutôt une bonne nouvelle.
24:21Moi, je suis très fier
24:22de diriger cette entreprise
24:24parce que finalement,
24:25je vois que mes collaborateurs
24:26sont très appliqués
24:27du dernier de la chaîne
24:29jusqu'au premier
24:31avec un vivre ensemble,
24:33avec la conservation
24:34du bien commun
24:35qui est l'entreprise,
24:35ce qui n'est pas forcément
24:36toujours le cas ailleurs.
24:39Un dialogue permanent
24:40avec nos partenaires sociaux
24:42et pas de difficultés
24:44de recrutement.
24:46C'est pas un métier en tension ?
24:47Non.
24:48Ça, ça m'étonne, ça.
24:49Bah non.
24:50Malgré l'image ?
24:52Qui est peu valorisante,
24:52mais non, c'est pas un métier
24:54en tension, non.
24:55Non, non.
24:56Absolument pas.
24:57Et justement,
24:5847 nationalités,
25:00ça pose quelles difficultés ?
25:01Aucune.
25:02Ah bah si, quand même.
25:03Non.
25:03Pareil, je vais alors
25:04mettre les pieds dans le plat
25:05sur les histoires de religion.
25:06Il n'y a pas chez moi.
25:08Il n'y a pas ce problème,
25:09justement.
25:09Ce que je vous disais
25:09il y a deux minutes,
25:10c'est qu'on a réussi sans doute
25:13en échangeant beaucoup
25:14à éliminer ce sujet-là.
25:16Donc, on n'a pas ce problème.
25:17Tout le monde vit ensemble.
25:19Quand on est dans l'entreprise,
25:20on est sépure
25:20et on vit comme c'est pur.
25:23Et quand on en sort,
25:24on fait ce qu'on veut.
25:26Merci beaucoup,
25:27Yann Ivanov.
25:28C'était passionnant
25:29de découvrir vos métiers
25:31et ses actions,
25:32ses engagements de CEPUR
25:34en matière environnementale
25:36et sociétale.
25:38Je vous dis à bientôt
25:38sur Be Smart for Change.
25:40On passe tout de suite
25:40à notre rubrique consacrée
25:43aux startups,
25:44à l'innovation.
25:45Ça s'appelle Smart Ideas.
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