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  • il y a 11 heures
80 % des déchets en mer proviennent de la terre. Face à ce constat, l’association Wings of The Ocean agit pour la protection de l’océan : les déchets ne se ramassent plus uniquement au niveau des littoraux et à la surface de la mer, mais aussi plus en amont. Le 8 juin, journée mondiale de l’océan, met avant l’importance de s’engager face à cet enjeu.

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Transcription
00:05C'est le zoom de ce Smart Impact à l'occasion de la journée mondiale de l'océan, j'accueille
00:11Clémence Génin, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes la responsable communication de Wings of the Ocean, c'est quoi Wings of the Ocean ?
00:17Wings of the Ocean, c'est une association qui a été créée en 2018 de préservation de l'océan,
00:21qui agit pour lutter contre la pollution des déchets notamment, en agissant donc sur les littoraux et en ville.
00:29Et on a aussi un bateau, le Kraken, qui permet d'embarquer des bénévoles ou alors de faire des analyses
00:36scientifiques sur le bateau.
00:38Pourquoi et par qui elle a été créée, cette association ?
00:40Elle a été créée par Julien Voznidia à l'époque. Pourquoi ? Parce que le constat, pour la petite histoire,
00:47il avait fait Sea Shepherd.
00:48Et en remontant les filets, il se rend compte qu'il y a du plastique qui se bloque dans les
00:51filets.
00:52Et donc il se dit, ok, il y a vraiment quelque chose à faire.
00:55Donc il trouve ce bateau, le Kraken, et donc il embarque et il se dit qu'il va collecter les
01:01déchets sur les littoraux qui sont inaccessibles.
01:03Et en fait, au fur et à mesure, on se rend compte, quand on commence un peu à s'atterrisser
01:06au sujet, que 1% seulement des déchets sont en surface.
01:10Et donc finalement, que tirer un filet depuis un bateau, ce n'est pas forcément l'approche la plus efficace.
01:17En tout cas, il faut travailler un bateau et une approche plus d'ingénieur.
01:22Du coup, lui, c'est plutôt la mobilisation, son aspect principal.
01:27Et donc, ça va être de commencer à collecter les déchets sur les littoraux.
01:30Parce qu'en fait, on se rend compte que 80% des déchets en mer proviennent de la terre.
01:34Ils sont charriés, ils viennent de nos villes et ils sont charriés par les fleuves jusqu'à l'océan.
01:39Donc, le meilleur endroit, c'est déjà d'en produire moins au départ, on va rappeler ce principe de base.
01:45Et puis ensuite, pour les récupérer, c'est quoi ? C'est les fleuves, c'est l'embouchure des fleuves.
01:50Qu'est-ce qui est le plus efficace en fait ?
01:52Vous avez déjà souligné un point très important, c'est déjà de réduire la production.
01:56Parce qu'une fois qu'ils sont dans la nature, c'est presque 22% des déchets qui finissent dans
02:00la nature.
02:01On a beaucoup de mal à les récupérer.
02:03Et notamment quand ils finissent leur route dans l'océan, ce qui arrive souvent.
02:06Puisqu'une fois qu'un déchet passe par le fleuve ou l'eau, il est capturé, il ne repartira pas.
02:11Sachant qu'en plus, le principe du plastique, c'est qu'il va se micro-fragmenter.
02:16Donc, il ne disparaît jamais, il se micro-fragmente en nanoparticules.
02:20Ce qui fait qu'après, il n'est jamais possible de vraiment le récupérer.
02:24Il va ingérer la chaîne alimentaire, de la chaîne marine et finir jusqu'à même dans nos assiettes.
02:30Donc, le plus efficace, c'est de réduire la production.
02:33On le rappelle.
02:33On le rappelle, le meilleur déchet, c'est quand même celui qu'on ne fait pas, qu'on ne produit
02:37pas.
02:38Et ensuite, pour les récupérer, c'est de se responsabiliser, je pense, sur nos déchets.
02:42Si on n'a pas le choix de produire des déchets, c'est surtout de se sentir responsable, nous, en
02:48tant que citoyens sur nos déchets.
02:51Et ensuite, évidemment, d'essayer de mettre en place avec les entreprises et les collectivités des actions pour lutter.
02:59Quand le déchet plastique est encore dans le fleuve, il ne s'est pas encore fragmenté.
03:04Donc là, il est récupérable ou c'est quand même très compliqué ?
03:07C'est compliqué.
03:09C'est vrai que parfois, on a l'approche de la barrière à déchets qu'on peut voir dans certains
03:13pays.
03:14On a reçu des entreprises qui le font, d'ailleurs, ici.
03:16Oui, donc on peut avoir cette option.
03:19Nous, on n'a pas développé cette innovation.
03:23On s'est rendu compte aussi qu'il y avait une contrainte de responsabilité.
03:29C'est-à-dire que s'il y a une barrière à déchets, c'est-à-dire qu'il faut
03:31venir régulièrement la vider.
03:34Donc, est-ce que c'est la collectivité ? Est-ce que c'est l'association ? Est-ce que
03:37c'est les citoyens ?
03:38Donc, il n'y a pas de solution toute faite et préconçue, sinon ce serait déjà résolu.
03:44Mais voilà, il y a des innovations qui émergent.
03:46Alors, cette journée mondiale de l'océan, pourquoi elle est importante ?
03:50C'est une occasion de sensibiliser.
03:52Si vous êtes là, c'est parce que c'est la journée mondiale de l'océan.
03:54Donc, c'est des messages à faire passer ?
03:55Exactement.
03:56C'est pour se rappeler que l'océan est un puits de carbone essentiel à l'équilibre de notre planète.
04:02C'est un prétexte pour parler de l'océan qui, malheureusement, n'est pas encore suffisamment dans notre espace médiatique.
04:12Il y a un an, il y avait l'UNOC, la Conférence des Nations Unies pour l'Océan à Nice,
04:16où des décisions ont été promulguées pour plutôt la protection en haute mer.
04:22Mais c'est vrai que l'abord de la pollution plastique est encore un peu timide.
04:26Donc, il y a une volonté de continuer à embarquer le plus de monde possible,
04:31que ce soit les élus, les territoires, les citoyens,
04:34à prendre conscience que la protection de l'océan est une nécessité pour tous,
04:39et qu'elle commence aussi depuis nos villes.
04:43La Méditerranée, alors déjà, on va rappeler, on dit l'océan,
04:46parce que toutes les mers du monde, en fait, communiquent et sont connectées.
04:50En quelque sorte, il y a un océan.
04:52Mais si je me rapproche de la mer Méditerranée,
04:57elle concentre, j'ai été surpris de trouver ce chiffre en préparant l'émission,
05:017% de la pollution plastique mondiale.
05:05Pourtant, ce n'est pas si grand, la Méditerranée.
05:07Est-ce que ça veut dire que vous concentrez un certain nombre de vos actions dans cet espace ?
05:11Exactement.
05:12Oui, la mer Méditerranée est la mer la plus polluée du monde,
05:14parce que c'est une mer qui est quasi fermée.
05:17Donc, elle emmagasine, en effet, les déchets qui ne repartent pas.
05:22Et donc, en effet, on a nos actions qui sont plutôt sur le littoral méditerranéen,
05:26avec le Kraken, notamment, et des missions autour de l'Étang de Berre, à côté de Marseille.
05:32On a aussi une antenne à Marseille.
05:33Et donc, oui, ça va être principalement nos actions.
05:36L'idée, c'est de pouvoir réaliser des collectes de déchets sur des spots identifiés,
05:41et de faire ces déchets, ces ramassages, de manière régulière.
05:45Donc, on fait trois ramassages par semaine quand les missions sont effectives.
05:48Et chaque ramassage est clôturé par une caractérisation.
05:51C'est-à-dire qu'on va caractériser les déchets selon des catégories.
05:56C'est un système qui permet d'homogénéiser la donnée et de créer la donnée,
05:59parce qu'on a à cœur de faire la science participative
06:02et de pouvoir donner cette data pour qu'elle soit analysée,
06:05et d'identifier des zones d'accumulation pour qu'on puisse ensuite travailler avec les collectivités
06:09pour voir comment pallier à cette pollution et la faire réduire.
06:14En fait, vous combinez la collecte, la sensibilisation,
06:19et puis le plaidoyer, c'est ça ?
06:21C'est un peu les trois piliers de l'action de l'association ?
06:23Exactement, oui.
06:24Donc, des ramassages avec la caractérisation pour...
06:28L'objectif, c'est d'étudier l'état de pollution et de collecter de la donnée,
06:32de la sensibilisation auprès du plus grand nombre,
06:35donc aussi sur les missions.
06:36En fait, on accueille des bénévoles sur des missions.
06:39Un mois qui s'engage, un mois minimum.
06:41Et qui, après, deviennent vos ambassadeurs aussi, j'imagine ?
06:44En quelque sorte.
06:46Et ça devient des ambassadeurs,
06:47et c'est aussi une manière de changer les mentalités et les habitudes
06:51de manière plus embarquée.
06:53Parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de changement de mentalité,
06:56et ce n'est pas forcément évident.
06:57Et donc là, c'est une manière aussi de...
06:59Sur le terrain, donc, avoir des bénévoles
07:04qui vont aussi avoir un régime végétarien sur la mission,
07:08une approche zéro déchet,
07:10et donc faire trois ramassages par semaine
07:11et des actions de sensibilisation.
07:13Donc oui, ils vont vraiment avoir un avant-après la mission.
07:16Ils vont aussi recevoir beaucoup de formations.
07:18Donc, tout va s'éclaircir un peu plus pour eux.
07:21Souvent, quand on est là, c'est parce qu'on peut être aussi un peu éco-anxieux
07:24et qu'on se pose beaucoup de questions.
07:26Donc, on constate qu'il y a quand même un avant-après
07:28de changement de comportement dans la vie personnelle ou professionnelle
07:32et des bénévoles qui passent par nos missions.
07:34Il y a des missions en ville aussi ?
07:36Oui, il y a des antennes.
07:37On a une vingtaine d'antennes actives.
07:40Donc ça, c'est les bénévoles qui ont aussi envie de s'engager,
07:43mais plus ponctuellement.
07:44Parce que donc, en mission sur le terrain,
07:46c'est un mois d'engagement, 100%.
07:47Tout le monde, malheureusement, n'a pas cet espace de temps disponible.
07:52Donc, les antennes permettent de faire des collectes de ramassage
07:56ou des actions de sensibilisation plus ponctuellement,
07:58une fois par mois, tous les deux mois, typiquement.
08:01Et ça permet aussi de réagir rapidement si, là, je pense à la tempête Nils et Pédro,
08:06un peu plus tôt dans l'année, vers le mois de février-mars,
08:09qui avaient sur la côte atlantique,
08:12notamment parce qu'on a aussi des missions du côte atlantique,
08:15remonté énormément de déchets suite à ces tempêtes.
08:19Et donc, du coup, on avait fait un appel à la collecte de déchets
08:22et on avait plus de 150 citoyens qui se sont mobilisés
08:25pour justement venir ramasser des déchets.
08:29Voilà, ça nous permet aussi de réagir selon les actualités
08:31et de visibiliser ce problème qui est quand même sous nos yeux.
08:36Bon, on l'a déjà dit trois fois, mais je vais le dire une quatrième.
08:38Le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas.
08:41Mais on en produit toujours beaucoup.
08:43Et la production mondiale de plastique, elle continue d'augmenter.
08:46Est-ce que vous ne dites pas que les efforts de nettoyage
08:50que vous menez, de sensibilisation,
08:52ils atteignent quand même leurs limites ?
08:54Complètement.
08:56Exactement.
08:56La production de plastique continue de croître.
08:59Elle était de 2 millions de tonnes à l'échelle mondiale en 1950
09:03et elle est maintenant de 475 millions de tonnes en 2020.
09:07Donc, on fait plus de 85% environ.
09:10Et si on suit la direction que nous avons prise,
09:15c'est plus de...
09:17Enfin, voilà, on va continuer de faire x3 d'ici 2060.
09:19D'accord.
09:20Donc, clairement, ce n'est pas ce qu'on nous souhaite,
09:23sachant que seulement 9% des déchets sont vraiment recyclés,
09:2712% sont incinérés et 50% sont enfouis
09:30et 22% finissent donc dans la nature et donc dans l'océan.
09:35Donc, oui...
09:35Donc là, vous êtes dans une logique,
09:37et c'est super que vous le fassiez, de réparation.
09:40Oui, c'est la réparation, oui.
09:41Comment avoir une action qui soit plus structurelle, quoi ?
09:45Eh bien, par la sensibilisation, par le fait d'embarquer
09:48et par le fait de se sentir responsable en tripartite,
09:51c'est-à-dire ne pas se renvoyer la patate chaude
09:54entre citoyens, entreprises et élus locaux.
09:56On croit beaucoup à la territorialisation,
09:59au fait que d'agir à l'échelle du territoire,
10:02c'est plus accessible, que c'est facilement réplicable.
10:05On a constaté aussi...
10:08Donc, je ne sais pas si vous avez suffi.
10:10Il y a eu le traité mondial contre la pollution plastique,
10:12enfin, les négociations, la dernière session de négociation
10:14avait lieu en août l'année dernière.
10:16Et malheureusement, on n'a pas abouti à l'élaboration,
10:19à la rédaction d'un traité.
10:20Alors, il y a de plus en plus de pays prêts à le signer,
10:24mais ça ne suffit pas encore.
10:25Exactement, mais ça ne suffit pas encore.
10:26Et donc, c'est vrai que le constat, c'est que quand on veut travailler
10:28à l'échelle nationale, voire internationale,
10:30ça prend du temps et c'est compliqué de mettre tout le monde d'accord
10:33et de trouver un consensus,
10:35sachant que les intérêts des pays sont variés
10:37et la sensibilité environnementale est aussi variée.
10:41Donc, voilà, force de constater que peut-être que l'approche
10:46de l'échelle territoriale peut avoir beaucoup de conséquences
10:51et permet aussi aux citoyens de se sentir plus proches.
10:53Donc, voilà, et on voit, on vient de sortir une étude
10:57avec Apignot, et on voit que les Français ont envie d'agir
11:01et sont préoccupés par la santé de l'océan
11:04parmi la première cause de préoccupation environnementale,
11:07c'est 87% des Français.
11:09C'est avant même la biodiversité.
11:11Mais ils ne savent pas, le constat, c'est qu'ils ne savent pas
11:13comment agir.
11:14Ils ne savent pas quelles mesures peuvent être facilement
11:16mises en place.
11:17Donc, on peut se dire que finalement, en travaillant
11:21avec les collectivités et les élus locaux,
11:23il y a déjà des actions qui pourraient facilement
11:25être déployées avec un fort impact.
11:28Et agir, c'est un moyen de lutter contre son éco-anxiété aussi.
11:31Exactement, oui.
11:32Vous en voyez les faits chez les bénévoles
11:35qui viennent dans l'association ?
11:36Oui, on le voit un peu autour de nous.
11:40Le fait déjà d'être nourri, d'être formé,
11:42d'avoir un éclaircissement un petit peu sur une situation
11:45où on entend beaucoup de mots-clés,
11:47acidification des océans, c'est une limite planétaire
11:49qui a été franchie en 2025, fin d'année 2025.
11:51Donc, voilà, réchauffement climatique, monter des eaux,
11:54il y a plein de mots-clés qu'on entend
11:56et on n'arrive pas forcément à tout bien mettre sur la table
11:59et comprendre les rapports de cause à effet.
12:01Donc, venir sur une mission, c'est déjà partager
12:04et dans le collectif, pouvoir partager,
12:09pour comprendre et agir.
12:10Merci beaucoup Clémence Génin.
12:12A bientôt sur Be Smart for Change.
12:15C'est l'heure du grand entretien.
12:16A tout de suite.
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