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  • il y a 11 minutes
Lundi 8 juin 2026, retrouvez Martin Simon (directeur marketing, Tonies France), Simon Porcher (Directeur, Institut d’Économie de l’Eau), Clémence Génin (Responsable communication, Wings of the Ocean) et Youri Ivanov (président, Sepur) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:07Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission des entreprises à impact positif.
00:12Et voici notre sommaire du jour, c'est Yuri Ivanov, le président de CEPUR, qui sera l'invité du grand
00:17entretien.
00:18Tout à l'heure, 26 minutes pour détailler les enjeux de gestion et de tri des déchets.
00:23CEPUR accompagne plus de 275 collectivités en France, la représentent 13,5 millions d'habitants concernés par son action et
00:31ses choix environnementaux.
00:32D'abord, je reçois Simon Porchet, qui est le directeur de l'Institut d'économie de l'eau.
00:36Il vient nous parler de son livre « Nous sommes faits d'eau » et nous expliquer pourquoi c'est
00:41la limite matérielle de nos sociétés.
00:43Notre Zoom, il portera sur la journée mondiale de l'océan, journée de sensibilisation et d'information.
00:49Les maires du monde entier absorbent 90% de l'excès de chaleur lié aux émissions humaines.
00:56Et puis, dans notre rubrique « Start-up et innovation », je vous présenterai les Tony's Box.
01:00Ce sont des boîtes à histoire pour enfants qui permettent de sortir des écrans.
01:05Voilà pour les titres. C'est l'heure de Smart Impact.
01:14L'invité de ce Smart Impact, c'est Simon Porchet. Bonjour.
01:17Bonjour. Bienvenue. Vous êtes le directeur de l'Institut d'économie de l'eau.
01:21Vous venez de publier « Nous sommes faits d'eau » aux éditions des Cors Conducteurs.
01:25On va beaucoup parler de ce livre.
01:26Mais d'abord, je veux bien que vous nous présentiez cet Institut d'économie de l'eau.
01:30L'Institut d'économie de l'eau, c'est un institut de recherche sur l'économie de l'eau qui
01:33a été fondé l'année dernière, en 2025,
01:36et dont l'objectif, c'est de produire des articles de recherche sur la gestion de l'eau, essentiellement en
01:41France.
01:41Alors, quand on parle de gestion de l'eau, on parle évidemment de gestion de l'eau potable et de
01:45l'assainissement,
01:45mais aussi de la gestion de la ressource.
01:48L'idée, c'est évidemment d'améliorer la tarification de l'eau à l'aune du réchauffement climatique,
01:53d'améliorer l'accès à l'eau, y compris en France,
01:55où une partie de la population n'a toujours pas accès à l'eau potable et à l'assainissement,
01:59de stimuler l'investissement dans ces infrastructures,
02:02et puis évidemment de mieux partager l'eau à l'horizon 2050.
02:05C'est une date de création récente, c'était une économie de l'eau qui n'était pas adressée,
02:13qui n'était pas structurée, c'est une façon de dire, attention, voilà une nouvelle thématique ?
02:20Oui, en fait, alors nous, ça fait quand même des années qu'on travaille dessus,
02:24mais effectivement, c'est une thématique qui a pris de l'importance depuis les sécheresses de 2022,
02:28donc il y a aussi une demande des collectivités publiques, des entreprises,
02:31pour mieux comprendre la manière dont elles peuvent économiser l'eau, être plus performantes.
02:36Puis il y a toute une réflexion aussi sur la sobriété,
02:38donc le fait de moins prélever d'eau, d'adapter nos usages avec un réchauffement qui est de plus en
02:43plus présent.
02:44Oui, moi je parle de plus en plus avec les représentants d'entreprises qui viennent ici,
02:47de risques climatiques, de capacité des entreprises à résister à ces risques,
02:54à l'intégrer à leur stratégie.
02:55Et le risque de l'eau, c'est vraiment un argument qui pèse auprès de...
02:59Est-ce que vous le ressentez ça ?
03:00Oui, de plus en plus.
03:01Des arrêtés préfectoraux qui pourraient empêcher une entreprise d'utiliser de l'eau comme d'habitude.
03:06Oui, tout à fait, effectivement.
03:07Alors si vous avez par exemple un arrêté préfectoral qui vous interdit d'utiliser de l'eau
03:11ou qui restreint votre capacité à prélever de l'eau,
03:14ce qui se passe c'est que vous allez laisser l'eau potable évidemment dans les sanitaires,
03:17vous allez garder de l'eau pour le risque incendie,
03:19vous allez continuer à nettoyer l'usine, mais vous ne pouvez plus produire en fait.
03:23Vous ne pouvez plus incorporer d'eau dans les produits,
03:24vous ne pouvez plus refroidir les machines,
03:26et donc ça, ça coûte des centaines de milliers d'euros par jour aux entreprises.
03:29Oui, alors vous publiez donc ce livre « Nous sommes faits d'eau »,
03:32vous avez dit « Les corps conducteurs », c'est quoi ?
03:34C'est un message de sensibilisation, de mobilisation collective ?
03:37Oui, il fallait rappeler que nous sommes faits d'eau, nous essentiellement, êtres humains.
03:42Dans notre corps ?
03:43Dans notre corps, oui, tout à fait.
03:4460% du poids d'un adulte, c'est de l'eau, mais aussi que tous les êtres vivants sont
03:48composés d'eau,
03:49donc c'est aussi ce qui nous relie entre nous et ce qui nous relie à la nature,
03:51et donc effectivement, c'est un appel à améliorer la gouvernance de l'eau.
03:54Vous dites que c'est la limite matérielle de nos sociétés,
03:58je veux bien qu'on rentre dans le détail, dans l'explication de cette formule.
04:01Oui, alors en fait, on a tout simplement considéré l'eau comme étant abondante,
04:04même historiquement, si vous prenez l'Empire romain par exemple,
04:07c'est l'accès à l'eau qui assure la stabilité de l'Empire romain,
04:10ne serait-ce que pour produire les céréales et donc le fameux pain du pain et des jeux de Rome,
04:14mais aussi pour donner accès à l'hygiène, aux termes, à la santé,
04:19et donc c'est un élément extrêmement fondateur des sociétés.
04:22Et quand on regarde les sociétés industrialisées, c'est l'accès à l'eau potable et à l'assainissement,
04:25donc tous les tuyaux, les égouts, etc., qui nous permettent de stabiliser nos sociétés,
04:31de donner accès à l'hygiène, à la dignité humaine.
04:33Donc c'est un élément fondateur et fondamental du développement des sociétés humaines
04:38et à partir du moment où il n'y a plus d'eau, effectivement, on atteint la limite matérielle.
04:42On ne peut plus produire, dans un premier temps, on ne peut plus produire de biens agricoles
04:45et à la fin, on ne peut plus survivre.
04:47L'abondance de l'eau, la prise de conscience que c'est une ressource qui peut se raréfier,
04:55elle existe dans d'autres pays du monde depuis longtemps.
04:58Oui, y compris historiquement.
05:00Les Grecs, par exemple, avaient conscience de la rareté de l'eau
05:02et s'étaient organisées de manière à capter un maximum d'eau de pluie.
05:06Et cette conscience de la rareté de l'eau, effectivement, des pays qui n'ont pas d'eau douce,
05:10par exemple, parce qu'il y a des pays où il n'y a pas de rivière, pas de nappe,
05:12et donc on a dû capter l'eau de pluie de manière à l'utiliser intelligemment.
05:16On a dû recycler très rapidement l'eau, voire dessaler l'eau.
05:195% de la population mondiale boit de l'eau potable de l'eau du robinet grâce au dessalement de
05:24l'eau.
05:24Donc, effectivement, certains pays sont face à la rareté de façon historique, de façon structurelle,
05:30mais aussi dans de nombreux pays qui n'ont pas d'eau douce, finalement,
05:33on a prélevé dans des nappes de plus en plus profondes,
05:35et ces nappes ne se renouvellent pas parce qu'il ne pleut pas,
05:38et donc il n'y a pas de renouvellement possible de ces nappes qui sont extrêmement profondes.
05:42Alors nous, c'est plutôt le discours inverse.
05:44C'est-à-dire que nous, Français, mais même Européens, enfin Européens du Nord en tout cas,
05:49on a toujours vécu dans cette abondance de l'eau, cette impression qu'on en aurait toujours.
05:54Ça nous a amené à retarder un certain nombre de prises de décisions,
05:59de prises de décisions structurelles.
06:00Je pense évidemment à la réutilisation des eaux usées.
06:05Oui, alors en France, quand même, il faut se dire que le sud de la France est une zone désertique.
06:09Donc on a quand même construit les canaux pour donner accès à l'eau à l'ensemble de la population.
06:13Sans ces canaux, on n'aurait pas d'entreprise possible dans le sud de la France,
06:18et beaucoup moins d'habitants.
06:20Mais effectivement, les efforts qu'on a pu faire d'un point de vue de l'infrastructure dans le passé
06:24font qu'on avait cette illusion d'avoir de l'eau en abondance,
06:28qu'on est très en retard sur la réutilisation des eaux usées traitées par rapport à nos voisins.
06:32Même en termes réglementaires ?
06:34Et même en termes réglementaires.
06:35Alors il y a eu des évolutions.
06:36On a quand même lancé mille chantiers d'usines de réutilisation des eaux usées traitées
06:41depuis le plan eau 2023.
06:44Mais effectivement, les eaux usées traitées sont utilisées pour nettoyer les rues,
06:47pour arroser les plantes, mais pas encore pour les boire, par exemple.
06:50Alors il y a effectivement une thématique importante, c'est le prix de l'eau.
06:53Est-ce qu'elle nous coûte assez cher, l'eau, pour qu'on prenne conscience de sa rareté ?
06:57En France, l'eau potable coûte peu cher.
07:01Elle est moins chère que la moyenne européenne.
07:03Il faut se dire qu'on paye en moyenne 4,5 euros les 1000 litres d'eau.
07:08Donc c'est rien du tout.
07:09C'est-à-dire que pour vos usages quotidiens, pour cuisiner, pour se doucher, pour boire, etc.,
07:14on va payer à peine 50 centimes d'euros par jour par individu.
07:18Donc c'est extrêmement faible quand on compare par exemple au prix de leur bouteille.
07:22Donc on ne la paye sûrement pas assez cher,
07:24et ça on le sait parce qu'on n'investit pas assez dans les infrastructures.
07:27Il y a beaucoup de fuites dans les infrastructures d'eau.
07:30Il y a beaucoup de fuites aussi dans les infrastructures d'assainissement,
07:33ce qui est encore plus problématique parce que ça pose des problèmes de santé publique.
07:37Et on n'a pas adapté nos infrastructures au réchauffement climatique,
07:40à la décarbonation par exemple.
07:42Donc il y a probablement une nécessité d'augmenter en moyenne le prix de l'eau,
07:45c'est-à-dire pas forcément pour tout le monde, mais d'augmenter en moyenne,
07:48pour stimuler les investissements dans les infrastructures d'eau et d'assainissement.
07:51Alors c'est quand même un peu contre-intuitif dans une période
07:53où l'inflation est en train de repartir,
07:55mais quand vous dites en moyenne, c'est-à-dire qui devrait payer plus cher ?
07:58Il y a différentes solutions qui sont mises en place par les collectivités.
08:01Si vous regardez à Dunkerque, on a mis en place une tarification progressive.
08:04Le prix augmente avec la consommation d'eau.
08:07Donc là l'idée c'est de frapper les gros consommateurs.
08:09Plus vous consommez, plus vous payez cher.
08:11Et puis à Toulouse par exemple, on a mis en place une tarification saisonnière.
08:14En été, il y a moins d'eau, donc l'eau doit être plus chère.
08:17Et en hiver, à l'inverse, il pleut plus, il y a plus d'eau,
08:19et donc l'eau va être moins chère.
08:21Donc c'est une manière de sensibiliser les consommateurs
08:23aussi au fait qu'on paye bien l'eau.
08:25C'est un service public auquel tout le monde a accès,
08:27et donc il doit être payant.
08:29Et que aussi l'eau est plus rare à certains moments,
08:31ou qu'elle doit être plus chère pour certains types de consommateurs.
08:33Est-ce qu'on doit se préparer en France ?
08:35Je ne parle pas de géopolitique.
08:37En France, il y a des conflits autour de l'eau.
08:39Alors en France, il y a déjà des conflits autour de l'eau.
08:42Il y a les fameux conflits des méga-bassines,
08:44des substitutions agricoles,
08:45auxquelles on pense tous,
08:47mais il y a en fait plein de mini-conflits
08:50similaires à ce qu'on observe à Sainte-Souline.
08:51Il y a plein de mini-Sainte-Souline en France,
08:53parce que l'eau est forcément conflictuelle,
08:55au sens où au niveau local, on n'a qu'une source d'eau,
08:58généralement, qu'on va partager entre différentes activités.
09:01Donc il y a ce qu'on appelle des conflits d'usage,
09:03des négociations, des acteurs qui veulent se mettre en avant
09:06en disant que leur activité est plus importante,
09:07d'un point de vue économique, souvent,
09:09pour avoir accès à l'eau.
09:11Et effectivement, le risque de conflit
09:12est extrêmement important à l'horizon 2050.
09:16Qui les anticipe ?
09:17Qui les gère, ces conflits ?
09:19Alors, en France, on a une gouvernance de l'eau
09:20qui est magnifique.
09:23J'ai pas mal d'interlocuteurs qui me disent ça,
09:25qui est copié, qui est envié par d'autres pays du monde.
09:28Tout à fait. Oui, on est un modèle en matière
09:29de gouvernance de l'eau.
09:31On est d'ailleurs le seul pays à avoir un score
09:33de 100 sur 100 en gestion intégrée
09:35de la ressource en eau,
09:36qui est un indicateur des Nations Unies,
09:38parce qu'on a ce qu'on appelle des comités de bassin,
09:41des parlements de l'eau au niveau local,
09:42où les différents usagers se rencontrent,
09:45discutent de l'évolution de la quantité
09:48et de la qualité de l'eau
09:49et prennent des décisions en matière de partage.
09:51Donc, on a quand même des instances
09:52dans lesquelles les différents acteurs locaux
09:54se rencontrent.
09:55Le problème, évidemment,
09:56c'est qu'on ne représente pas bien les citoyens,
09:59qui sont représentés via les élus locaux,
10:00mais pas directement,
10:01et qui sont très rarement consultés
10:03sur les questions de ressources en eau.
10:05Et puis, on tend à donner un peu plus de pouvoir
10:08aux activités économiques
10:09qu'au milieu naturel, par exemple.
10:12Mais c'est pour ça aussi que je vous disais
10:13qu'il y a assez peu de conflits de l'eau,
10:15quand même, en France,
10:16parce que la gouvernance est plutôt efficace.
10:19Tout à fait, oui.
10:20Il y a en tout cas des instances de dialogue,
10:21effectivement, entre les différents acteurs,
10:23ce qui permet d'éviter les conflits.
10:24Il y a des consensus qui sont pris, évidemment.
10:27Néanmoins, quand on a moins d'eau,
10:29on cherche aussi à se l'accaparer.
10:31Et c'est un peu ça le problème.
10:32Donc, s'il y a moins d'eau à prélever
10:34à un certain moment,
10:35on va vouloir construire des infrastructures
10:36comme les méga-bassines, par exemple,
10:39pour capter de l'eau,
10:40se la réserver pour une certaine activité.
10:42Et c'est là où les conflits arrivent,
10:43parce que, du coup,
10:44on va avoir des conflits déjà
10:45entre agriculteurs, on pourra avoir,
10:47mais aussi entre agriculteurs et industrie,
10:49entre agriculteurs et golf.
10:50Donc là, on va avoir chaque activité
10:52qui va vouloir mettre en avant
10:53l'importance de son activité économique
10:55et donc l'importance d'avoir de l'eau
10:56pour maintenir son activité.
10:58Qu'est-ce que vous conseillez
10:59à un chef d'entreprise,
11:00un représentant d'entreprise
11:01qui nous écoute là et qui se dit
11:03« Ok, je vais peut-être être confronté
11:06à ce risque autour de l'eau.
11:09Il y a quoi comme solution ?
11:10Les boucles ?
11:12Qu'est-ce qu'il peut mettre en place
11:13et avec quel investissement
11:15et retour sur investissement ? »
11:16Oui, alors une solution très concrète,
11:18c'est déjà de faire la liste, en fait,
11:21de tous ces usages de l'eau,
11:22de savoir combien on prélève,
11:25combien on rejette,
11:26pourquoi on utilise de l'eau.
11:27Donc déjà, de faire un petit bilan.
11:29Et puis ensuite, de se demander
11:31quel serait le coût
11:32de ne plus avoir accès à l'eau.
11:34Donc quel serait le coût
11:35d'un arrêt de la production ?
11:36Ce qui permet de revaloriser, en fait,
11:39le coût réel de l'eau
11:39et dans ce cas-là,
11:41de stimuler l'investissement.
11:42Dans les investissements,
11:43effectivement, il y a la réutilisation
11:44des eaux usées.
11:45À quels endroits
11:46on peut réutiliser plusieurs fois
11:47la même eau
11:48avant de la rejeter
11:49dans le milieu naturel ?
11:50La question de la réutilisation
11:51des eaux usées traitées,
11:52parce que ça vaut le coût,
11:53effectivement,
11:53de retraiter des eaux usées
11:55pour les réutiliser directement.
11:57Et si on part sur ce type de solution,
11:59il y a évidemment la réparation
12:00des fuites aussi.
12:01Et si on part sur ce type de solution,
12:03voire avec l'agence de l'eau,
12:04puisqu'il y a des subventions publiques
12:06en France via les agences de l'eau,
12:07il y a des subventions aussi
12:08de l'Union européenne
12:11pour, en fait, stimuler
12:12ce type d'investissement
12:13au sein des entreprises.
12:14Et quand on parle de boucle,
12:17ça, ça coûte cher
12:18à mettre en place
12:19dans une entreprise ?
12:20Alors souvent, effectivement,
12:21ça n'est pas rentable
12:22au regard du prix de l'eau
12:23qu'on a en France aujourd'hui.
12:25Et c'est ça le problème.
12:26Et c'est pour ça
12:26que les entreprises
12:27qui investissent
12:27dans des boucles
12:28en circuit fermé,
12:29par exemple,
12:30des boucles de refroidissement
12:31en circuit fermé
12:32ou dans la réutilisation
12:33des eaux usées,
12:34sont des entreprises
12:35qui souvent vont donner
12:36un prix fictif à l'eau
12:37qui est beaucoup plus élevé
12:38que le prix actuel
12:40parce qu'elles prennent en compte,
12:41par exemple,
12:42le stress hydrique,
12:43le réchauffement climatique.
12:44Et donc, dans ce cas-là,
12:45le coût fictif de l'eau
12:47devient beaucoup plus élevé.
12:48Dernière question.
12:49Est-ce que vous pensez
12:49que la hausse du prix de l'eau
12:52est inéluctable ?
12:54Oui, certainement.
12:56Pour différentes raisons.
12:57D'abord,
12:57les raisons liées
12:58au réchauffement climatique.
12:59Il faut adapter les réseaux
13:00au fait que parfois,
13:01on est de moins en moins d'eau.
13:02Et à d'autres moments,
13:03on est des inondations.
13:04Donc, il faut des réseaux
13:04beaucoup plus résistants.
13:06Et puis, on a un besoin
13:07d'investissement
13:07dans les infrastructures.
13:09Les infrastructures de l'eau
13:10sont victimes
13:11d'un sous-investissement
13:12parce que l'infrastructure
13:13se dégrade très peu
13:14chaque année, en fait,
13:15finalement.
13:16Et donc, on tend
13:17à reporter l'investissement
13:18à plus tard.
13:18Et en plus,
13:19elles sont invisibles.
13:20Donc, quand vous êtes un élu,
13:20vous préférez investir
13:21dans les routes
13:22que dans les infrastructures
13:22de l'eau.
13:23Donc, on a un retard
13:23d'investissement
13:24dans ces infrastructures.
13:26Merci beaucoup,
13:26Simon Porchet.
13:27À bientôt sur Bsmart for Change.
13:28Je rappelle le titre
13:29de votre livre
13:30« Nous sommes faits d'eau »,
13:31livre publié aux éditions
13:33« Les corps conducteurs ».
13:34À bientôt sur notre antenne.
13:36C'est l'heure du zoom
13:37de ce Smart Impact.
13:39On parle d'une grande réserve d'eau.
13:40On parle de l'océan.
13:47C'est le zoom de ce Smart Impact
13:50à l'occasion de la journée mondiale
13:51de l'océan.
13:52J'accueille Clémence Génin.
13:53Bonjour.
13:54Bonjour.
13:54Bienvenue.
13:54Vous êtes la responsable
13:55communication de Wings of the Ocean.
13:57C'est quoi Wings of the Ocean ?
13:58Wings of the Ocean,
13:59c'est une association
14:00qui a été créée en 2018
14:01de préservation de l'océan
14:03qui agit pour lutter
14:05contre la pollution des déchets,
14:07notamment,
14:08en agissant sur les littoraux
14:09et en ville.
14:11Et on a aussi un bateau,
14:13le Kraken,
14:13qui permet d'embarquer
14:15des bénévoles
14:16ou alors de faire
14:17des analyses scientifiques
14:18sur le bateau.
14:19Pourquoi et par qui
14:20elle a été créée,
14:21cette association ?
14:22Elle a été créée
14:23par Juin Vosnitza à l'époque.
14:25Pourquoi ?
14:26Parce que le constat,
14:27pour la petite histoire,
14:29il avait fait Sea Shepherd
14:30et en remontant les filets,
14:31il se rend compte
14:32qu'il y a du plastique
14:32qui se bloque dans les filets.
14:34Et donc il se dit
14:35« Ok, il y a vraiment
14:36quelque chose à faire ».
14:37Donc, il trouve ce bateau,
14:39le Kraken,
14:40et donc il embarque
14:41et il se dit
14:41qu'il va collecter
14:43les déchets sur les littoraux
14:44qui sont inaccessibles.
14:45Et en fait,
14:45au fur et à mesure,
14:46on se rend compte,
14:47quand on commence un peu
14:48à s'atterrisser au sujet,
14:49que 1% seulement
14:49des déchets sont en surface.
14:51Et donc, finalement,
14:52que tirer un filet
14:54depuis un bateau,
14:55ce n'est pas forcément
14:56l'approche la plus efficace.
14:58En tout cas,
14:59il faut travailler un bateau
15:01et une approche
15:01plus d'ingénieur.
15:04du coup, lui,
15:04c'est plutôt la mobilisation,
15:07son aspect principal.
15:08Et donc,
15:09ça va être de commencer
15:10à collecter des déchets
15:11sur les littoraux.
15:11Parce qu'en fait,
15:12on se rend compte
15:12que 80% des déchets
15:14en mer proviennent
15:15de la terre.
15:16Ils sont charriés,
15:17ils viennent de nos villes
15:18et ils sont charriés
15:18par les fleuves
15:19jusqu'à l'océan.
15:20Donc, le meilleur endroit
15:22pour les...
15:22C'est déjà d'en produire moins
15:23au départ,
15:24ça va rappeler
15:25ce principe de base.
15:26Et puis ensuite,
15:27pour les récupérer,
15:29c'est quoi ?
15:29C'est les fleuves,
15:31c'est l'embouchure des fleuves.
15:32Qu'est-ce qui est
15:32le plus efficace, en fait ?
15:34Vous avez déjà souligné
15:35un point très important,
15:36c'est déjà de réduire
15:37la production.
15:37Parce qu'une fois
15:38qu'ils sont dans la nature,
15:39c'est presque 22%
15:41des déchets
15:41qui finissent dans la nature,
15:43on a beaucoup de mal
15:44à les récupérer.
15:44Et notamment quand ils
15:46finissent leur route
15:47dans l'océan,
15:47ce qui arrive souvent,
15:48puisqu'une fois qu'un déchet
15:49passe par le fleuve
15:50ou l'eau,
15:50il est capturé,
15:51il ne repartira pas.
15:53Sachant qu'en plus,
15:55le principe du plastique,
15:56c'est qu'il va se micro-fragmenter,
15:58donc il ne disparaît jamais,
15:59il se micro-fragmente
16:01en nanoparticules,
16:02ce qui fait qu'après,
16:03il n'est jamais possible
16:04de vraiment le récupérer,
16:06il va ingérer
16:06la chaîne alimentaire,
16:08de la chaîne marine
16:10et finir jusqu'à même
16:11dans nos assiettes.
16:12Donc le plus efficace,
16:13c'est de réduire la production.
16:15On le rappelle.
16:15On le rappelle.
16:16Le meilleur déchet,
16:17c'est quand même celui
16:17qu'on ne fait pas,
16:18qu'on ne produit pas.
16:20Et ensuite,
16:21pour les récupérer,
16:22c'est de se responsabiliser,
16:23je pense,
16:23sur nos déchets.
16:24Si on n'a pas le choix
16:25de produire des déchets,
16:27c'est surtout
16:27de se sentir responsable,
16:29nous,
16:29en tant que citoyens
16:32sur nos déchets
16:32et ensuite,
16:33évidemment,
16:34d'essayer de mettre en place
16:35avec les entreprises
16:36et les collectivités
16:37des actions
16:38pour lutter.
16:41quand le déchet plastique
16:43est encore dans le fleuve,
16:44il ne s'est pas encore
16:45fragmenté.
16:46Donc là,
16:46il est récupérable
16:47ou c'est quand même
16:48très compliqué ?
16:49C'est compliqué.
16:51C'est vrai que parfois,
16:52on a l'approche
16:53de la barrière à déchets
16:54qu'on peut voir
16:55dans certains pays.
16:55On a reçu des entreprises
16:56qui le font,
16:57d'ailleurs, ici.
16:58Oui,
16:58donc on peut avoir
16:59cette option.
17:01Nous,
17:01on n'a pas développé
17:03cette innovation.
17:05On s'est rendu compte aussi
17:07qu'il y avait
17:09une contrainte
17:10de responsabilité,
17:11c'est-à-dire que
17:11s'il y a une barrière à déchets,
17:12c'est-à-dire qu'il faut
17:13venir régulièrement
17:15la vider.
17:16Donc,
17:16est-ce que c'est la collectivité ?
17:17Est-ce que c'est l'association ?
17:18Est-ce que c'est le citoyen ?
17:19Donc,
17:20il n'y a pas de solution
17:21toute faite et préconçue,
17:22sinon,
17:23ce serait déjà résolu.
17:26Mais voilà,
17:26il y a des innovations
17:27qui émergent.
17:28Alors,
17:28cette journée mondiale
17:29de l'océan,
17:30pourquoi elle est importante ?
17:31C'est une occasion
17:32de sensibiliser.
17:33Si vous êtes là,
17:34c'est parce que c'est
17:35la journée mondiale
17:35de l'océan,
17:36donc c'est des messages
17:36à faire passer ?
17:37Exactement.
17:38C'est pour se rappeler
17:39que l'océan
17:40est un puits de carbone
17:41essentiel à l'équilibre
17:42de notre planète.
17:43C'est un prétexte
17:45pour parler de l'océan
17:46qui,
17:49malheureusement,
17:49n'est pas encore
17:51suffisamment
17:51dans notre espace médiatique.
17:53Il y a un an,
17:54il y avait l'UNOC,
17:54donc la conférence
17:55des Nations Unies
17:56pour l'océan
17:56à Nice,
17:58où des décisions
17:59ont été promulguées
18:01pour plutôt
18:01la protection
18:03en haute mer.
18:04Mais c'est vrai
18:04que l'abord
18:05de la pollution plastique
18:06est encore un peu timide.
18:07Donc,
18:08il y a une volonté
18:09de continuer
18:10à embarquer
18:11le plus de monde
18:12possible,
18:13que ce soit
18:13les élus,
18:14les territoires,
18:15les citoyens,
18:16à prendre conscience
18:17que la protection
18:18de l'océan
18:19est une nécessité
18:20pour tous
18:20et qu'elle commence
18:21aussi depuis nos villes.
18:25La Méditerranée,
18:26déjà on va rappeler,
18:27on dit l'océan
18:28parce que toutes les mers
18:29du monde
18:30communiquent
18:31et sont connectées
18:32en quelque sorte.
18:33Il y a un océan,
18:34mais si je me rapproche
18:36de la mer Méditerranée,
18:39elle concentre,
18:40j'ai été surpris
18:40de trouver ce chiffre
18:41en préparant l'émission,
18:427%
18:43de la pollution
18:45plastique mondiale.
18:47Pourtant,
18:47ce n'est pas si grand
18:48la Méditerranée.
18:49Est-ce que ça veut dire
18:50que vous concentrez
18:50un certain nombre
18:51de vos actions
18:52dans cet espace ?
18:53Exactement.
18:54Oui,
18:54la mer Méditerranée
18:55est la mer la plus polluée
18:56du monde
18:56parce que c'est une mer
18:57qui est quasi fermée.
19:00Elle emmagasine
19:00en effet les déchets
19:02qui ne repartent pas.
19:04En effet,
19:05on a nos actions
19:05qui sont plutôt
19:06sur le littoral
19:07méditerranéen
19:08avec le Kraken
19:10notamment
19:10et des missions
19:11autour de l'étang de Berre
19:12à côté de Marseille.
19:13On a aussi
19:14une antenne à Marseille
19:15et ça va être
19:16principalement des actions.
19:17L'idée,
19:18c'est de pouvoir
19:19réaliser des collectes
19:20de déchets
19:20sur des spots
19:21identifiés
19:22et de faire
19:24ces ramassages
19:25de manière régulière.
19:27On fait trois ramassages
19:28par semaine
19:28quand les missions
19:29sont effectives
19:29et chaque ramassage
19:31est clôturé
19:32par une caractérisation.
19:33C'est-à-dire
19:34qu'on va caractériser
19:35les déchets
19:36selon des catégories.
19:38C'est un système
19:38qui permet
19:39d'homogénéiser la donnée
19:40et de créer la donnée
19:41parce qu'on a à cœur
19:42de faire la science participative
19:44et de pouvoir donner
19:45cette data
19:46pour qu'elle soit analysée
19:47et d'identifier
19:48des zones d'accumulation
19:48pour qu'on puisse
19:49ensuite travailler
19:50avec les collectivités
19:51pour voir comment
19:52pallier à cette pollution
19:54et la faire réduire.
19:56En fait,
19:57vous combinez
19:59la collecte,
20:00la sensibilisation
20:01et puis le plaidoyer,
20:03c'est ça ?
20:03C'est un peu
20:03les trois piliers
20:04de l'action
20:04de l'association ?
20:05Exactement,
20:06oui.
20:06Donc,
20:06des ramassages
20:07avec la caractérisation
20:09pour...
20:09L'objectif,
20:10c'est d'étudier
20:11l'état de pollution
20:12et de collecter
20:13de la donnée.
20:14La sensibilisation
20:15auprès du plus grand nombre
20:16donc aussi sur les missions.
20:18En fait,
20:18on accueille des bénévoles
20:19sur des missions.
20:21Un mois qui s'engage,
20:22un mois minimum.
20:23Donc, il y a aussi...
20:23Et qui après deviennent
20:24vos ambassadeurs aussi,
20:25j'imagine.
20:26En quelque sorte.
20:27Et il y a...
20:28Ça devient des ambassadeurs
20:29et c'est aussi une manière
20:30de changer les mentalités
20:31et les habitudes
20:32de manière plus embarquées.
20:35Parce que c'est vrai
20:36qu'on parle beaucoup
20:37de changement de mentalité
20:37et c'est pas forcément évident.
20:39Et donc là,
20:39c'est une manière aussi
20:41de...
20:41Sur le terrain,
20:42donc avoir des bénévoles
20:46qui vont aussi avoir
20:47un régime végétarien
20:49sur la mission,
20:50une approche zéro déchet
20:51et donc faire trois ramassages
20:52par semaine
20:53et des actions de sensibilisation.
20:55Oui,
20:55ils vont vraiment avoir
20:56un avant-après la mission.
20:57Ils vont aussi recevoir
20:59beaucoup de formations.
21:00Donc, ça va...
21:01Tout va s'éclaircir
21:02un peu plus pour eux.
21:03Souvent, quand on est là,
21:03c'est parce qu'on peut être
21:05aussi un peu éco-anxieux
21:05et qu'on se pose
21:06beaucoup de questions.
21:08Donc, on constate
21:08qu'il y a quand même
21:09un avant-après
21:10de changement de comportement
21:12dans la vie personnelle
21:13ou professionnelle
21:13et des bénévoles
21:14qui passent par nos missions.
21:15Il y a des missions
21:16en ville aussi ?
21:17Oui, il y a des antennes.
21:19On a une vingtaine
21:20d'antennes actives.
21:22Donc, ça, c'est les bénévoles
21:23qui ont aussi envie
21:24de s'engager
21:25mais plus ponctuellement
21:26parce que, donc,
21:26en mission sur le terrain,
21:28c'est un mois d'engagement
21:29100%.
21:29Tout le monde, malheureusement,
21:30n'a pas cet espace
21:31de temps disponible.
21:33Donc, les antennes
21:34permettent de faire
21:36des collectes de ramassage
21:37ou des actions
21:39de sensibilisation
21:39plus ponctuellement,
21:40une fois par mois,
21:41tous les deux mois,
21:42typiquement.
21:43Et ça permet aussi
21:43de réagir rapidement
21:45si, là, je pense
21:46à la tempête Nils et Pedro
21:48un peu plus tôt dans l'année
21:49vers le mois de février-mars
21:50qu'il y avait
21:51sur la côte atlantique,
21:53notamment parce qu'on a
21:54aussi des missions
21:55du côte atlantique,
21:56remontées énormément
21:57de déchets suite
21:58à cette tempête.
22:00Et donc, du coup,
22:01on avait fait un appel
22:02à la collecte de déchets
22:04et on avait plus de 150 citoyens
22:06qui se sont mobilisés
22:07pour, justement,
22:08venir ramasser des déchets.
22:11Voilà, ça nous permet aussi
22:12de réagir selon les actualités
22:13et de visibiliser ce problème
22:15qui est quand même
22:16sous nos yeux.
22:17Bon, on l'a déjà dit trois fois,
22:19mais je vais le dire une quatrième.
22:20Le meilleur déchet,
22:20c'est celui qu'on ne produit pas,
22:22mais on en produit
22:23toujours beaucoup.
22:24et la production mondiale
22:26de plastique,
22:26elle continue d'augmenter.
22:28Est-ce que vous ne dites pas
22:30que les efforts de nettoyage
22:31que vous menez,
22:33de sensibilisation,
22:34ils atteignent quand même
22:35leurs limites ?
22:35Complètement.
22:37Exactement,
22:38la production de plastique
22:39continue de croître.
22:40Elle était de 2 millions de tonnes
22:42à l'échelle mondiale
22:43en 1950
22:44et elle est maintenant
22:46de 475 millions de tonnes
22:48en 2020.
22:49Donc, on fait plus de 85% environ
22:52et si on suit
22:53la direction
22:55que nous avons prise,
22:57c'est plus de...
22:58Enfin, voilà,
22:59on va continuer
22:59de faire fois 3
23:00d'ici 2060.
23:01D'accord.
23:01Donc, clairement,
23:03ce n'est pas ce qu'on nous souhaite,
23:04sachant que seulement 9%
23:06des déchets
23:06sont vraiment recyclés,
23:0912% sont incinérés
23:10et 50% sont enfouis
23:12et 22% finissent
23:13donc dans la nature
23:14et donc dans l'océan.
23:16Donc, oui...
23:17Donc là, vous êtes dans une logique
23:18et c'est super que vous le fassiez
23:19de réparation.
23:21Vous voyez ce que je veux dire ?
23:23Comment avoir une action
23:24qui soit plus structurelle ?
23:26Eh bien, par la sensibilisation,
23:28par le fait d'embarquer
23:29et par le fait
23:30de se sentir responsable
23:32en tripartite,
23:33c'est-à-dire
23:33ne pas se renvoyer
23:35la patate chaude
23:35entre citoyens,
23:36entreprises
23:37et élus locaux.
23:38On croit beaucoup
23:39à la territorialisation,
23:40au fait que d'agir
23:42à l'échelle du territoire,
23:43c'est plus accessible
23:44que c'est facilement réplicable.
23:47On a constaté aussi,
23:49je ne sais pas
23:50si vous aviez suffi,
23:51le traité mondial
23:53contre la pollution plastique
23:54dans les négociations.
23:55La dernière session
23:56de la négociation
23:56avait lieu en août
23:57l'année dernière
23:58et malheureusement,
23:59on n'a pas abouti
23:59à l'élaboration,
24:00à la rédaction d'un traité.
24:02Alors, il y a de plus en plus
24:03de pays prêts à le signer
24:05mais ça ne suffit pas encore.
24:07Exactement,
24:07mais ça ne suffit pas encore.
24:07Et donc, c'est vrai
24:08que le constat,
24:09c'est que quand on veut
24:09travailler à l'échelle nationale
24:10voire internationale,
24:12ça prend du temps
24:13et c'est compliqué
24:14de mettre tout le monde d'accord
24:15et de trouver un consensus
24:16sachant que les intérêts
24:18des pays sont variés
24:19et la sensibilité environnementale
24:21est aussi variée.
24:24Donc, voilà,
24:25force de constater
24:26que peut-être que l'approche
24:28de l'échelle territoriale
24:30peut avoir beaucoup
24:32de conséquences
24:33et permet aussi
24:34aux citoyens
24:34de se sentir plus proches.
24:36Donc, voilà,
24:37et on voit,
24:37on vient de sortir une étude
24:39avec Apignot
24:41et on voit
24:41que les Français
24:42ont envie d'agir
24:43et ils sont préoccupés
24:44par la santé de l'océan
24:46parmi la première cause
24:47de préoccupation environnementale,
24:49c'est 87% des Français,
24:50c'est avant même
24:51la biodiversité,
24:53mais ne savent pas,
24:54le constat,
24:54c'est qu'ils ne savent pas
24:55comment agir,
24:56ils ne savent pas
24:56quelles mesures
24:57peuvent être facilement
24:58mises en place.
24:59Donc, on peut se dire
25:01que finalement,
25:02en travaillant
25:02avec les collectivités
25:03et les élus locaux,
25:05il y a déjà des actions
25:06qui pourraient facilement
25:07être déployés
25:09avec un fort impact.
25:10Et agir,
25:11c'est un moyen
25:11de lutter
25:11contre son éco-anxiété aussi.
25:13Exactement, ouais.
25:14Vous en voyez les faits
25:15chez les bénévoles
25:17qui viennent dans l'association ?
25:18Ouais,
25:18on le voit,
25:19on le voit un peu
25:19autour de nous,
25:21le fait déjà
25:22d'être nourri,
25:23d'être formé,
25:24d'avoir un éclaircissement
25:26un petit peu
25:26sur une situation
25:27où on entend
25:27beaucoup de mots-clés,
25:28acidification des océans,
25:29c'est une limite planétaire
25:30qui a été franchie
25:31en 2025,
25:32fin d'année 2025.
25:34Donc voilà,
25:34réchauffement climatique,
25:35montée des eaux,
25:36il y a plein de mots-clés
25:37qu'on entend
25:37et on n'arrive pas forcément
25:38à tout bien mettre
25:40sur la table
25:41et comprendre
25:41les rapports de cause à effet.
25:43Donc venir sur une mission,
25:44c'est déjà partager
25:45et dans le collectif,
25:49voilà,
25:49pouvoir partager
25:50pour comprendre
25:51et agir.
25:52Merci beaucoup
25:53Clémence Génin,
25:54à bientôt sur
25:55Be Smart for Change,
25:56c'est l'heure du grand entretien
25:57tout de suite.
26:02Prêt pour l'impact,
26:03c'est la question
26:04que je pose chaque jour
26:05à une personnalité
26:05qui compte
26:06dans notre économie.
26:08J'accueille aujourd'hui
26:09Yuri Ivanov,
26:10bonjour.
26:10Bonjour.
26:10Bienvenue,
26:11vous êtes le président
26:11de CEPUR.
26:13Je demande souvent
26:14à mes invités
26:15du grand entretien
26:16quel sens
26:17il donne
26:17au mot impact.
26:18Qu'est-ce que vous en faites
26:19de l'impact
26:20dans votre stratégie quotidienne ?
26:22Dans votre stratégie quotidienne,
26:23le mot impact
26:24a beaucoup d'importance
26:25en fait,
26:25puisque finalement
26:25le métier que je fais
26:26est le métier
26:28des métiers
26:28de l'environnement,
26:29la collecte,
26:30le recyclage,
26:31la propreté urbaine,
26:33tout ce qui a attrait
26:34en fait
26:34à cet environnement-là,
26:36pour moi,
26:37c'est essentiel
26:38de travailler massivement
26:41sur la réduction
26:42en fait
26:42de nos impacts,
26:44aussi bien
26:45impact de CO2
26:46pour nos véhicules
26:47que l'impact
26:47des prestations
26:49que nous effectuons,
26:50notamment sur les centres
26:51de tri,
26:51la réduction
26:53de la consommation
26:53d'énergie,
26:54la réutilisation
26:55de l'eau,
26:57le coût kilométrique
26:58de nos véhicules,
26:59tout ça fait partie
26:59d'un environnement
27:00sur lequel on travaille
27:02depuis très longtemps
27:02et c'est fondamental
27:03pour l'entreprise.
27:04Alors justement,
27:05on y reviendra,
27:05est-ce qu'il y a eu
27:06un virage depuis
27:07quand vous le faites ?
27:07Je vais donner
27:08quelques chiffres clés
27:10concernant CEPUR,
27:10chiffre d'affaires
27:11de près de 470 millions
27:12d'euros,
27:134200 employés,
27:14et puis ça,
27:15c'est impressionnant,
27:15plus de 275 collectivités
27:18accompagnées,
27:18ça représente
27:19à peu près
27:1913,5 millions d'habitants,
27:22voilà,
27:2213,5 millions d'habitants
27:25concernés par des...
27:26Par des prestations,
27:27qui par exemple
27:28voient passer
27:29des camions CEPUR.
27:31D'ailleurs,
27:31quels sont vos métiers ?
27:32Alors nos métiers,
27:33le gros de notre métier,
27:35c'est la collecte.
27:36C'est le camion poubelle
27:37que vous voyez passer
27:38devant chez vous
27:38pour amasser
27:39vos conteneurs.
27:41On a bien évidemment
27:42associé à tout ça
27:43nos métiers de recyclage,
27:44de tri.
27:45On exploite à l'heure actuelle
27:468 centres de tri,
27:48on trie à peu près
27:49500 000 tonnes
27:50d'emballages par an.
27:53Et puis ensuite,
27:53on a une activité
27:54de valorisation énergétique aussi,
27:57parce qu'on a déployé
27:59encore des POC,
27:59on en parlait tout à l'heure
28:00sur l'impact,
28:01l'utilisation du déchet
28:02pour en faire de l'énergie,
28:03pour leur remettre
28:04dans le réseau.
28:05On a développé
28:06de la microméthanisation,
28:07de façon à récupérer
28:08une grosse partie
28:09des biodéchets collectés
28:11et injectés
28:12ou de l'électricité
28:13ou du gaz
28:14dans le réseau.
28:15et puis on fait
28:16du compostage aussi
28:17et puis aussi
28:17on fait du co-compostage,
28:19c'est-à-dire qu'on transforme
28:20aussi des biodéchets
28:21en compost,
28:22et puis de la propreté urbaine,
28:24et puis de l'exploitation
28:24de déchetterie,
28:25et puis c'est quasi
28:264 millions de tonnes
28:27par an de déchets
28:28qui sont collectés
28:29au quotidien.
28:31Les biodéchets,
28:32justement,
28:32avec le changement
28:33de la loi,
28:35ça a été le dernier défi
28:36à relever,
28:36ou c'est en cours d'ailleurs,
28:38c'est le dernier défi
28:39que vous êtes en train
28:39de relever ?
28:39Oui, c'est le dernier défi.
28:40On l'avait beaucoup
28:41anticipé,
28:42et on avait déjà développé,
28:43comme je le disais,
28:44le vrai sujet en fait,
28:46finalement,
28:46c'est qu'on met en place
28:47des dispositifs
28:48en disant
28:48il faut collecter
28:49les biodéchets,
28:49mais on ne met pas en place
28:51les unités de traitement.
28:53C'est-à-dire qu'on fait toujours
28:54en France,
28:54on a ce gros défaut d'ailleurs
28:56en l'occurrence,
28:57c'est de dire
28:57il faut faire comme ça,
28:58mais on n'a pas mis en place
29:00les outils de traitement.
29:01Donc c'est pour ça
29:02qu'on avait beaucoup travaillé
29:03sur la microméthanisation
29:04qui permettait de justement
29:06traiter ces déchets
29:07à proximité
29:08des zones de collecte.
29:09Parce qu'on parlait d'impact,
29:12entre le produit collecté
29:13ou le déchet collecté
29:14et l'endroit
29:15où je vais le traiter,
29:17il faut réduire
29:18le nombre de kilomètres
29:19puisqu'évidemment,
29:20kilomètres, carbone...
29:21Oui, sinon,
29:22ce n'est pas très cohérent.
29:22Ce n'est pas très cohérent.
29:23Mais est-ce que,
29:25je le disais,
29:26275 collectivités,
29:2813,5 millions d'habitants,
29:30est-ce que ce tri,
29:32cette récupération
29:33des biodéchets,
29:34elle est efficace,
29:36elle est encore balbutiante ?
29:37On en est où là, aujourd'hui ?
29:38Elle est assez balbutiante.
29:39Beaucoup de collectivités
29:41ne sont pas encore inscrites
29:42malgré la loi.
29:44Parce qu'il y a un coût,
29:45bien évidemment,
29:45puisque c'est encore
29:46un service supplémentaire.
29:48Puisque finalement,
29:48vous avez déjà deux poubelles.
29:50Vous avez vos poubelles
29:51d'ordures ménagères,
29:51vous avez votre poubelle
29:52de l'emballage
29:53et on vous a demandé
29:54d'avoir une troisième poubelle.
29:55C'est ce qui est arrivé
29:55dans mon immeuble.
29:56Voilà, pour les biodéchets.
29:58Donc, ça veut dire
29:59des services supplémentaires
30:00et donc un coût supplémentaire
30:01supporté par les collectivités locales
30:03qui ont des difficultés
30:04d'équilibrage budgétaire,
30:06comme vous le savez.
30:07Et donc, forcément,
30:08nous, notre objectif,
30:09c'est d'essayer de trouver
30:09les solutions techniques
30:10les plus appropriées
30:11de façon à maintenir
30:12quand même un prix cohérent
30:14tout en assurant
30:16l'intégralité des collectes.
30:17Moi, je vois cette poubelle
30:18se remplir un peu plus
30:19qu'au début.
30:20Donc, ça veut dire
30:20que nous aussi,
30:22consommateurs et citoyens,
30:23on commence à s'habituer
30:25ou alors vous continuez
30:27de récupérer des poubelles
30:28de biodéchets vides
30:29ou quasi vides ?
30:30Non, en fait, finalement,
30:31le gisement est relativement faible
30:33puisqu'on est à 4 kg par an
30:34et par habitant.
30:35Ce qui n'est pas beaucoup.
30:37Donc, il n'y a pas d'économie
30:38derrière ça ?
30:39Ce n'est pas rentable ?
30:40Pour l'instant,
30:40ce n'est pas rentable.
30:41Oui, d'accord.
30:42Et alors, si vous vous projetez,
30:44vous vous dites
30:44que ce sera rentable quand ?
30:45Ce sera rentable
30:46quand on aura réussi
30:47en fait à optimiser
30:49les opérations de collecte
30:50et à réduire le coût
30:51de collecte.
30:52Il y a deux sujets.
30:53Il y a le sujet du traitement
30:55qui, bien évidemment,
30:55nécessite des investissements
30:56importants puisqu'il faut
30:58méthaniser le biodéchet
30:59pour en faire de l'énergie.
31:00Et puis, il y a le deuxième sujet,
31:01c'est le coût de collecte.
31:03Donc, on y travaille beaucoup
31:04avec différentes solutions.
31:06Au lieu d'avoir votre poubelle
31:08chez vous,
31:08on peut avoir un point
31:09d'apport volontaire
31:09de façon à massifier les déchets
31:11pour éviter le nombre
31:12de collectes en porte-à-porte.
31:14Et puis, on a aussi
31:17du compostage individuel
31:19qui est très répandu.
31:20Maintenant, beaucoup de collectivités
31:21sont passées sur le compostage
31:23individuel avec une distribution
31:24d'un composteur individuel
31:26où finalement, vous mettez
31:26vos biodéchets
31:27et vous en faites du terreau
31:28pour vos plantes
31:29et votre jardin.
31:30C'est une solution
31:31qui, à mon sens,
31:33est assez la meilleure.
31:35Oui, c'est du bon sens.
31:37C'est du bon sens.
31:38Ça fait combien d'années
31:39que vous bossez dans ce secteur ?
31:41Toute ma vie.
31:42Ça fait quelques décennies
31:43d'expériences.
31:44Oui, je crois que j'ai commencé
31:45ma carrière en 85
31:49dans ce métier-là.
31:50Et alors, justement,
31:52ces enjeux,
31:53parce que c'est un métier
31:53au cœur, c'est ce que vous disiez,
31:55au cœur des enjeux environnementaux
31:57d'une certaine façon,
31:58par essence.
31:59Mais le fait de se poser
32:01la question de son impact,
32:02de l'impact de l'entreprise,
32:04etc.,
32:04vous l'avez vu arriver quand, ça ?
32:06Non, mais je crois
32:07qu'on l'a toujours vu arriver, moi.
32:08Oui, non, on ne se posait pas
32:09avec l'électrification des flottes.
32:13Ah bah, je suis sans doute
32:15un visionnaire,
32:16mais moi, j'ai commencé.
32:16C'est vrai ?
32:16Je ne sais pas,
32:17mais j'ai commencé
32:18à électrifier ma flotte
32:19en 2014.
32:20Assez tôt par rapport
32:21aux doses d'entreprise.
32:21On était très, très, très, très loin
32:23encore de la problématique
32:25de l'impact de CO2
32:26du transport.
32:28Et donc, en 2014,
32:29j'ai commencé à électrifier
32:31mes véhicules.
32:32Là, j'ai 25% de mon parc
32:34qui fonctionne en électricité
32:35sur 2700 véhicules,
32:36ce qui est quand même
32:37non négligeable.
32:38Et puis, petit à petit,
32:39si vous voulez,
32:40dans ma recherche, finalement,
32:41de réduction d'impact de CO2,
32:43j'ai basculé aussi
32:45assez rapidement
32:45sur le GNV,
32:48le gaz naturel de la ville,
32:49où j'ai plusieurs stations
32:51de chargement de les véhicules.
32:52Puis, avec les impacts
32:54de la guerre
32:55et le fait que le coût
32:57de l'énergie a explosé,
32:59j'ai abandonné
33:00cette solution-là.
33:01Et je suis massivement
33:03maintenant sur l'électricité.
33:04Mais, ça nécessite
33:06des investissements massifs,
33:08aussi bien en matériel
33:10qu'en infrastructure.
33:11Est-ce que vous disiez
33:12sur Radio Classique
33:13il y a quelques semaines,
33:14enfin, presque un an,
33:15c'était en août dernier,
33:17la transition écologique,
33:18elle est toujours au centre
33:19des préoccupations,
33:19mais le coût
33:20de cette transition
33:21est conséquent.
33:22Est-ce que le coût
33:25est forcément...
33:26Enfin, produit le frein ?
33:28Je pense que le coût
33:30produit le frein.
33:31Et il faut avoir
33:33une politique volontariste
33:34là-dessus.
33:35Moi, j'ai investi massivement
33:37en fonds propres
33:39pour mettre en place
33:40les infrastructures
33:41pour charger mes véhicules
33:42électriques.
33:42Je viens de déployer
33:43sur mon site
33:44de Thiers-Valgrillon
33:4510 000 m2
33:46de panneaux photovoltaïques
33:48que j'ai auto-financiers aussi.
33:49Pour vous donner
33:51une idée
33:52de mon coût
33:53d'investissement
33:54sur ce qui est
33:55infrastructures électriques
33:57plus panneaux photovoltaïques,
33:58je suis à 6 millions
33:58en 2025
34:00d'investissement.
34:03mais les crises géopolitiques
34:05ou les guerres,
34:06disons,
34:08vous donnent raison.
34:10Sans doute.
34:10Ou vous incitent
34:11à aller plus vite.
34:12Bien évidemment.
34:13Et donc,
34:14l'avance que j'ai pris
34:15en 2014,
34:16m'avantage vis-à-vis
34:17d'un certain nombre
34:17de concurrents
34:18puisque j'ai déjà
34:18quand même bien avancé
34:19sur ce sujet-là,
34:20je le maîtrise
34:20plutôt bien.
34:21Donc,
34:22les crises
34:23sont des accélérateurs
34:25de transformation ?
34:27Ça,
34:27vous l'avez toujours ressenti ?
34:29Non,
34:29on l'a vraiment ressenti
34:30en 2021
34:31avec la crise ukrainienne
34:32et où le prix
34:33de l'énergie,
34:34du gaz notamment,
34:35a explosé.
34:35Et on a subi
34:37ces coûts énergétiques
34:39très fortement.
34:40Et là,
34:40en effet,
34:41ça a été vraiment
34:42un tournant,
34:42je pense,
34:42pour les entreprises
34:43qui se sont dit
34:43mais non,
34:43on ne peut pas supporter
34:44ces à-coups
34:45puisque l'énergie
34:47sur mon compte de résultats
34:48pèse quand même 10%.
34:50Donc,
34:50c'est 47 millions
34:51par an d'énergie
34:53pour faire fonctionner
34:54mes services.
34:56Citeo a confié
34:57à Sépur
34:58la construction
34:58d'un quatrième centre
35:00de surtris
35:01des emballages plastiques.
35:02Alors déjà,
35:03je veux bien
35:03qu'on comprenne
35:04de quoi on parle.
35:05Le surtris
35:06des emballages plastiques,
35:07c'est quoi ?
35:07C'est tous les emballages
35:08qui sont en fait
35:10non séparés
35:11dans les centres
35:12de tri traditionnels.
35:13Donc PET,
35:14PEHD,
35:15PVC.
35:15Et en fait,
35:16on les regroupe,
35:17on les renvoie
35:18sur ce centre de tri
35:19où on refait
35:20un nouveau tri
35:21pour les requalifier
35:22par typologie de plastique
35:24et les renvoyer
35:25directement
35:25chez les producteurs.
35:27Comment ça marche ?
35:28C'est des machines
35:28qui détectent ?
35:31Absolument,
35:31c'est des machines
35:32avec des trioptiques
35:33avec des analyses
35:34précises
35:35de la qualité du plastique
35:36qui passe sur la chaîne.
35:37Et il y a toujours,
35:38bien évidemment à la fin,
35:39une intervention manuelle.
35:40Il y a une dizaine
35:41de trieurs
35:41qui récupèrent
35:43les plastiques
35:44qui n'ont pas pu
35:44être vus
35:45par la machine.
35:47Ça permet
35:48de donner
35:49encore plus de valeur
35:50à ces déchets,
35:51c'est ça ?
35:52Oui,
35:52l'objectif est là.
35:53L'objectif est de revaloriser
35:54bien évidemment
35:55plus de déchets
35:55et d'avoir moins
35:56de refus de tri.
35:57Dans un centre de tri classique,
35:59on a entre 10 et 15 %
36:00de refus de tri.
36:01C'est-à-dire que
36:01toutes les emballages
36:02qui sont passées,
36:03tout n'est pas trié.
36:03Donc on a 15 %
36:04du tonnage
36:05qui n'est pas trié
36:05et donc finalement
36:06qui est perdu
36:06puisqu'il repart
36:07en incinération
36:08et ce n'était pas l'objectif.
36:10Donc c'est cette partie
36:11de refus
36:11et réintégrer
36:12et les centres de sur-trix
36:13servent à ça en fait.
36:15Est-ce qu'il est encore
36:15nécessaire
36:16de sensibiliser
36:18ou presque même
36:19de former
36:20les citoyens au tri ?
36:21On a beaucoup
36:23d'opérations
36:23de communication
36:24dans nos collectivités.
36:26On a aussi,
36:27et ça on l'a développé
36:29avec un prestataire,
36:30un système
36:31d'intelligence artificielle
36:32de caméra
36:33qui nous permet
36:34directement
36:35quand le déchet
36:36est déversé
36:36dans la benne
36:37de pouvoir identifier
36:38s'il y a un refus de tri.
36:40C'est-à-dire
36:40si la personne
36:41qui a fait le tri
36:41ne l'a pas bien fait le tri.
36:43Et on peut immédiatement
36:45agir sur l'administré
36:46et lui dire
36:47vous n'avez pas bien trié
36:47et je vous ai expliqué
36:48pourquoi vous n'avez pas bien trié.
36:49Ah oui,
36:49donc c'est très pointiste
36:51de faire passer le message
36:53à la bonne personne.
36:54Je vous pose cette question
36:55parce que j'imagine
36:56que ça fait des années
36:58voire des décédies
36:59qu'on vous dit
37:01je trie
37:02mais de toute façon
37:02à la fin
37:03tout finit dans la même benne.
37:04Ah non,
37:05surtout pas !
37:06Il y a encore des gens
37:08qui vous disent ça ?
37:08Non,
37:09mais il peut y avoir
37:09des confusions
37:09parce que,
37:11je vais rentrer
37:11dans un détail technique,
37:12mais il y a des bennes
37:13compartimentées
37:13avec deux compartiments,
37:14un compartiment pour les ordres
37:15d'une ménagère
37:16et un compartiment pour le sélectif.
37:17Mais c'est la même benne qui passe
37:18et donc les gens voient
37:19les deux flux collectés
37:21en même temps,
37:22ce n'est pas dans le même compartiment
37:23et ils pensent qu'en effet
37:24on mélange tout,
37:25ce qui n'est pas le cas.
37:25Et ça n'a jamais été le cas
37:27ou ça a été le cas quand même ?
37:28Non.
37:29Il y a eu des temps
37:31de calage,
37:34de balbutiement
37:34où on disait aux Français
37:36faites le tri
37:36et puis au final...
37:37Je crois que la collecte sélective
37:39a été lancée
37:40dans les années 2000
37:42et très rapidement
37:44on a assuré le service correctement.
37:46L'objectif étant
37:46de récupérer
37:47le maximum d'emballages
37:48qui sont valorisés.
37:50Moins de poubelles noires,
37:51plus d'emballages.
37:52Ça c'est la règle.
37:53Alors je veux bien revenir
37:55à vos actions.
37:55On a parlé d'électrification
37:57de la flotte de véhicules.
37:59Comment vous calculez ?
38:00Alors là on va parler de CO2.
38:02C'est opérationnel ?
38:03C'est-à-dire vous calculez
38:05votre empreinte carbone ?
38:07On calcule tous les ans
38:08notre empreinte carbone
38:09sur l'ensemble
38:10de nos activités.
38:11On est capable
38:12de le calculer.
38:14On le calcule
38:14et on voit la courbe descendante
38:15dès qu'on commence
38:16à électrifier massivement.
38:17On a notre empreinte carbone
38:18qui baisse.
38:19Alors elle vient d'où
38:20prioritairement ?
38:21Justement des transports ?
38:23Elle vient massivement
38:24des transports.
38:26Puisque j'ai encore
38:27une partie de ma flotte
38:28qui fonctionne
38:29avec des énergies
38:30non fossiles
38:31mais qui sont quand même
38:32générateurs de CO2.
38:33Le GNV
38:34c'est le générateur de CO2
38:35et sur une partie
38:36de mes activités
38:37j'utilise du biocarburant
38:38quand je suis vraiment
38:39dans un milieu très rural
38:40où je n'ai pas la possibilité
38:41de rouler en électrique.
38:43Et un camion électrique
38:44alors là aussi
38:45je vais faire exprès
38:47de n'utiliser
38:48une vieille image.
38:51Cette idée
38:52que les batteries
38:53sont trop lourdes
38:54que l'électrique
38:57n'est pas adaptée
38:58à la mobilité lourde.
39:00ça c'est dépassé ?
39:01Oui c'est complètement dépassé.
39:02Pourquoi ?
39:02Qu'est-ce qui a changé ?
39:03Parce que la technologie
39:04a beaucoup avancé.
39:06Curieusement
39:06dans ma vie professionnelle
39:07quand j'ai commencé
39:08ma vie professionnelle
39:09j'exploitais des bennes électriques.
39:11Donc c'était déjà
39:13la technologie
39:14elle existait déjà.
39:15Nous on était
39:15avec des batteries
39:15plus longues
39:16qui en effet
39:16étaient très très lourdes
39:18et on réduisait
39:19évidemment la capacité
39:20utile des véhicules
39:20avec des autonomies
39:22qui étaient très faibles.
39:23Maintenant
39:23avec la technologie
39:24on a des bennes électriques
39:25qui font des tournées
39:26de 150-180 km
39:28ce qui était impensable avant.
39:31On avait 30-40 km
39:32d'autonomie
39:32là on fait 180 km
39:33avec une benne.
39:34Vous rechargez où ?
39:35Chez nous.
39:37Donc ça veut dire
39:37qu'il a fallu s'équiper
39:39en borne ?
39:39En borne rapide.
39:41Donc là aussi
39:41c'est un investissement ?
39:433 millions et demi
39:43je vous l'ai dit.
39:44Et retour sur investissement ?
39:46Il est quasi incalculable
39:48parce que finalement
39:49quand vous avez mis
39:50l'infrastructure
39:51elle va durer
39:51pendant 50 ans.
39:53Donc je ne vais pas
39:54faire un calcul
39:55de retour d'investissement
39:56je l'ai forcément.
39:59Il est d'autant plus rapide
40:00que je mastifie
40:02ma flotte
40:03et que les prix
40:04de l'énergie
40:05augmentent.
40:06Donc de ce côté-là
40:07vous n'êtes pas inquiet
40:09vous êtes certain
40:10d'avoir fait le droit.
40:11J'ai fait le bon choix
40:11en 2014.
40:12En 2014
40:13j'ai fait le bon choix.
40:14Je voudrais qu'on parle
40:15de l'écocyte
40:16de CEPUR.
40:17Alors c'est quoi exactement ?
40:19C'est les panneaux
40:20photovoltaïques
40:21dont vous nous parliez
40:21tout à l'heure ?
40:22C'est l'écocyte de CEPUR
40:23c'est 13 hectares
40:24qui se font dans les Yvelines
40:24à Thiver-Val-Grillon
40:25où on a notre siège social.
40:27Et où finalement
40:28on a regroupé
40:29toutes nos activités.
40:30Donc on a
40:31nos activités de collette
40:32avec nos bennes électriques.
40:34On a des activités
40:35de compostage.
40:36On exploite
40:37une unité de compostage
40:38de 45 000 tonnes par an.
40:39On récupère
40:40des biodéchets
40:41qu'on composte aussi.
40:42On a
40:43un centre de tri
40:44Citeo
40:45qui est en fin de construction
40:46et qui va démarrer
40:48en fin d'année 2026.
40:49On a
40:51un microméthaniseur.
40:52On a
40:53un centre de tri
40:54d'emballage
40:54de 40 000 tonnes aussi.
40:55et un centre de tri
40:56DAE
40:56c'est-à-dire déchets
40:57d'activité
40:59qui fait 80 000 tonnes.
41:00Tous sur le même site
41:01et mes 10 000 m2
41:02panneaux photovoltaïques
41:03parce que l'objectif
41:04c'est que tout ce que je viens
41:05de citer
41:06on soit en autoconsommation totale.
41:09D'accord.
41:09Et vous y serez quand ?
41:11Écoutez,
41:12j'y serai
41:13sans doute
41:14juin
41:162027.
41:17D'accord.
41:18Donc ça c'est déjà
41:20anticipé.
41:20c'est une question
41:23de coût,
41:25de souveraineté,
41:27de tranquillité d'esprit,
41:28j'ai presque envie de dire ça.
41:30Qu'est-ce qui est le plus important
41:31dans le choix stratégique ?
41:33Le choix stratégique
41:33c'est en effet
41:34de plus être dépendant
41:35en fait
41:35des à-coups énergétiques.
41:37Bon.
41:37Et après il y a le choix environnemental.
41:39Puisque là en fait
41:40l'énergie que je vais consommer
41:42c'est le soleil
41:43qui va me la donner.
41:43Donc c'est une énergie
41:44qui est gratuite
41:45et c'est une énergie
41:46qui ne va pas les tirer
41:47sur les réseaux.
41:48Est-ce que c'est aussi
41:48un argument
41:50quand vous répondez
41:50à un appel d'offres
41:51d'une collectivité ?
41:52C'est-à-dire est-ce que
41:53les collectivités locales
41:54mettent de plus en plus
41:55dans leur grille de lecture
41:57dans l'appel d'offres
41:58le fait d'avoir
41:59une entreprise,
42:00un prestataire
42:00qui est le plus sobre
42:03en termes de consommation ?
42:04Je vais vous dire
42:05pas assez.
42:06Pas assez.
42:07Pas assez malheureusement.
42:08C'est-à-dire vous voyez
42:09encore des appels d'offres
42:09où il n'y a pas du tout ça ?
42:10Oui.
42:12Ça c'est étonnant.
42:14Non mais vous m'auriez
42:15dit le contraire
42:15je vous aurais cru.
42:17Donc toutes les collectivités
42:19ne sont pas convaincues ?
42:20Non.
42:21Non, non.
42:22C'est-à-dire que
42:22c'est un levier hyper efficace
42:24le levier de l'achat public
42:25ou de la concession
42:27de services publics.
42:27C'est une question de coût.
42:29Oui.
42:30Ben classique
42:31250 000 euros,
42:32Ben électrique
42:33400 000 euros.
42:35Même si en termes
42:37de coût d'OPEX,
42:38de fonctionnement,
42:39on va avoir
42:41un retour sur investissement
42:42mais il sera très long,
42:42il sera sur 10-12 ans.
42:43Parce que la collectivité
42:45se dit
42:45si je mets cette condition
42:48ça va me coûter plus cher
42:49parce que l'entreprise
42:50va me facturer
42:51un service
42:51qui sera plus élevé
42:53et donc elle ne veut pas
42:53ensuite le faire porter
42:55sur ses administrés.
42:57Je comprends.
42:58Allez, il nous reste 9 minutes.
42:59On va parler
43:00d'intelligence artificielle
43:01tout de suite.
43:02Déjà,
43:03est-ce qu'elle existe ?
43:05Vous l'utilisez ?
43:06Au balbutie.
43:07Au balbutie.
43:08On démarre.
43:09C'est le début.
43:10On est en train de travailler
43:12beaucoup là-dessus.
43:13Il faut savoir que déjà
43:14nos bennes sont connectées.
43:16C'est-à-dire qu'on est capable
43:17d'avoir les tonnes
43:18en temps réel,
43:19on est capable
43:19d'avoir les kilomètres,
43:20les vitesses moyennes,
43:21le nombre de bacs
43:22qui sont basculés,
43:23même l'identité
43:24de la personne
43:25qui a sorti son bac.
43:26Donc on a beaucoup de data.
43:28Cette data-là,
43:29pour l'instant,
43:30on a des grosses difficultés
43:32à pouvoir la traiter
43:32et donc l'IA
43:33va nous aider massivement
43:35là-dessus
43:36de façon à pouvoir
43:37demain être plus efficace
43:38au niveau opérationnel.
43:39Je prends un exemple simple.
43:41Les tournées de camions
43:42avec l'IA
43:43à l'heure actuelle,
43:44elles sont faites
43:45quasi à la main
43:46à l'heure actuelle.
43:47Enfin, demain,
43:47avec l'IA,
43:48on va avoir une automatisation
43:49et une optimisation
43:51de nos circuits de collecte.
43:52Et là,
43:52on y travaille massivement
43:53parce que ça fait partie
43:54des marqueurs forts
43:55de façon à pouvoir
43:56continuer à apporter le service
43:58avec des matériels propres
43:59tout en maîtrisant
44:00le budget
44:01des collectivités locales.
44:02C'est ça l'équation
44:03qu'on doit avoir.
44:05Ça veut dire quoi ?
44:05Ça veut dire qu'ils font
44:07moins de kilomètres,
44:07ils gagneront du temps ?
44:08Moins de kilomètres,
44:09gagner du temps,
44:10pas forcément passer
44:11dans toutes les rues
44:12parce qu'il y a des rues
44:12où il n'y a pas de bacs
44:13qui sont sortis
44:14ou il y a un bac qui est sorti.
44:16Donc, gagner en optimisation
44:17des services
44:18et donc maîtriser
44:19le coût budgétaire
44:21et avaler
44:22la transition énergétique.
44:24Et cette intelligence artificielle,
44:26elle intervient aussi
44:28dans ce que vous nous décriviez
44:29tout à l'heure ?
44:29Sur l'identification,
44:31on est fait en temps réel
44:32dans la benne
44:33de l'erreur de tri
44:34qui ensuite est reportée
44:36directement informée
44:37chez l'administré.
44:38Et dans ce centre
44:40de surtris des emballages,
44:41là aussi,
44:42il y a un peu d'IA ?
44:42Il n'y a que d'IA
44:44puisque c'est des capteurs optiques
44:45qui vérifient
44:47quel type de plastique
44:48passe sur la chaîne.
44:49Il évacue au fur et à mesure
44:50sur les différents postes.
44:52Tout est automatisé en fait.
44:54C'est un travail
44:55qui avait été fait avant
44:56parce que cette IA,
44:57il faut lui apprendre.
44:58Oui.
44:58Il faut lui apprendre
44:59à reconnaître
45:00tel ou tel type de plastique.
45:02Donc ce travail
45:03avait été fait ailleurs,
45:05dans d'autres centres de surte.
45:07Alors,
45:07il a fallu que vous-même,
45:08vous nourrissiez la bête.
45:09Alors,
45:10on a nourri la bête
45:11parce que
45:12ce centre de tri
45:13est vraiment le plus,
45:14enfin,
45:14ce sera sans doute
45:15le plus performant de France.
45:16sur les autres
45:17qui ont déjà été déployés,
45:18il n'y a pas encore
45:19cette analyse très précise.
45:21Donc on sera vraiment
45:22là-dessus,
45:23je pense,
45:23au top de l'efficacité.
45:25Il y a une digitalisation
45:27des métiers
45:30qui était plus ancienne
45:31et qui va s'accélérer
45:32avec l'IA,
45:33d'après vous ?
45:35Je pense qu'on en est
45:36qu'au début.
45:37Les métiers ont changé.
45:38Notre métier,
45:39c'est quand même,
45:40le cœur de notre métier,
45:41c'est quand même l'humain.
45:42Oui.
45:43Il faut quand même l'avoir.
45:44Donc il ne va pas disparaître.
45:45On est peut-être
45:46un des seuls métiers
45:47où l'humain est essentiel.
45:48Parce que finalement,
45:49pour ramasser des ordures,
45:50il faut bien un chauffeur
45:51et des rippers.
45:52Après,
45:53on sait très bien
45:54que de toute façon,
45:54la technologie va avancer
45:55de façon phénoménale
45:57et qu'un jour,
45:58on voit les voitures autonomes.
45:59On pourra très bien
45:59envisager une bonne autonome.
46:02Et on a aussi
46:03dans des problématiques
46:06de troubles musculosquelettiques
46:07et encore des activités
46:08qui sont un petit peu,
46:10pour les corps,
46:11sont compliquées.
46:12Donc il va falloir
46:13qu'on travaille
46:13sur des exosquelettes,
46:14sur des choses comme ça.
46:15On est déjà en train
46:16d'y travailler d'ailleurs,
46:16de façon à faciliter
46:18le travail
46:18de nos équipiers de collecte.
46:20Parce que finalement,
46:20la santé de nos collaborateurs,
46:22elle est essentielle.
46:22Alors, tiens,
46:23justement,
46:23vous anticipez le thème
46:24que j'allais ouvrir
46:25en utilisant la question
46:27que celui qui était
46:27à votre place
46:28la semaine dernière,
46:29le président du groupe
46:30Vive,
46:30Stéphane Junic,
46:31a choisi de vous poser.
46:33On écoute Stéphane Junic
46:34tout de suite.
46:35Bonjour Uri.
46:36On le sait,
46:36les questions de santé
46:37sont au cœur
46:38de la vie de nos entreprises
46:40et je souhaiterais savoir,
46:41pour CEPUR,
46:42est-ce que la prévention
46:44et la question de la santé
46:45est au cœur
46:46de la culture d'entreprise ?
46:48Alors,
46:49ça,
46:50c'est en effet une certitude
46:51que la santé
46:52de mes collaborateurs
46:53est au cœur
46:54de mes préoccupations.
46:56On a déployé
46:57tout un programme
46:57de formation,
46:58bien évidemment,
46:59sur la sécurité
47:00avec des recyclages réguliers.
47:02On fait intervenir
47:03beaucoup d'intervenants
47:04en gestes et postures
47:06justement parce que finalement
47:07le but du jeu
47:08c'est d'éviter
47:09que les gens
47:11se blessent au travail
47:14et on a bien évidemment
47:16aussi mis en place
47:18des livrets de sécurité.
47:20On suit les accidents du travail
47:22parce qu'on en a malheureusement
47:23mais il faut qu'on y travaille
47:24de façon à les faire baisser
47:25et il y a la formation de sécurité,
47:28il y a aussi les intervenants
47:29qui peuvent être là
47:29mais on fait un métier
47:30qui est quand même
47:31accidentogène
47:32parce qu'on est tous les jours
47:34sur la warie
47:35et que forcément
47:38les usagers
47:38sont nos plus grands ennemis.
47:40Alors c'est la question
47:41que j'allais vous poser,
47:424200 employés,
47:43les accidents du travail,
47:45c'est quelque chose
47:46que tous les chefs d'entreprise
47:47regardent évidemment de très près,
47:48le taux d'accidentologie,
47:50vous en êtes où ?
47:51Je ne suis pas très fier
47:52de mon taux d'accidentologie
47:53en toute honnêteté
47:56mais souvent ces accidents-là
47:57sont dus aux usagers.
48:01J'ai beaucoup d'accidents
48:03où en fait c'est l'usager en voiture
48:05qui percute un de mes équipiers.
48:08Donc c'est un vrai sujet
48:09de préoccupation.
48:12Vous travaillez,
48:12j'imagine que vous ne pouvez pas
48:14former tous les automobilistes.
48:16Voilà.
48:17Donc comment faire
48:18pour que vos camions,
48:19ils sont déjà visibles les camions,
48:20mais comment faire
48:21pour que les camions
48:22et les salariés,
48:23les employés de CEPUR
48:24soient plus visibles ?
48:25Ils sont visibles.
48:26Mais je suis d'accord avec moi.
48:28Normalement on ne doit pas...
48:31Après il y a une incivilité chronique aussi.
48:34On sait très bien,
48:35on connaît un petit peu
48:36l'environnement
48:37dans lequel on vit au quotidien.
48:38On embête toujours tout le monde
48:39parce que finalement...
48:40On fait du bruit, on bloque.
48:42Même avec les bains électriques
48:43on fait beaucoup moins de bruit
48:44mais on bloque sur toutes les rues.
48:45Les gens n'ont pas forcément la patience.
48:47Souvent on a des altercations.
48:48Tout n'est pas...
48:50Ils font un métier difficile.
48:51Ils font un métier très difficile
48:52et pas reconnu.
48:53Parce que finalement
48:54on est un peu le service silencieux.
48:56On s'aperçoit qu'on n'existe
48:59que quand on a arrêté de travailler.
49:01Oui ça c'est sûr.
49:02Quand il y a une grève,
49:03tout le monde s'en rend compte.
49:05Donc il faut vraiment...
49:06On est très engagé là-dessus
49:08mais malheureusement
49:09on n'est pas très fier
49:10forcément de nos performances.
49:12Alors ça c'est une sorte de...
49:14pour un chef d'entreprise comme vous.
49:16Une sorte de constat d'impuissance.
49:17C'est-à-dire...
49:17Non.
49:18Il y a un moment
49:18où on cherche des solutions
49:19on réussit à améliorer les choses
49:21mais là ça ne dépend pas que de vous.
49:22Ben non.
49:23Le problème
49:23ça ne dépend pas forcément
49:25que de l'action de l'entreprise.
49:26Il y a l'environnement aussi.
49:28Il y a les problématiques de stationnement.
49:30Il y a tout un tas de choses
49:31qui rentrent en jeu
49:32où on ne prend pas en compte
49:33finalement notre métier.
49:34Il y a assez peu de places
49:36de dégagement
49:37pour mettre le camion sur le mur.
49:38des dialogues que vous avez avec les maires.
49:39Oui, on a beaucoup de dialogues avec les maires.
49:41On fait beaucoup de marches arrières encore.
49:43Alors que normalement
49:44avec une benne ordure ménagée
49:45on ne fait pas de marches arrières.
49:46Il y a tout un tas de choses
49:47comme ça
49:47qui sont en train de travailler
49:49parce qu'on a une recommandation
49:50dans la R431
49:51qui oblige les collectivités
49:54et nous de travailler
49:54pour faire disparaître
49:56tous ces points noirs
49:56qui sont accidentogènes.
49:59Et on y arrive.
50:00Bon.
50:00Petit à petit.
50:01Mais c'est long.
50:01Oui, c'est long.
50:04Sur la question de recrutement
50:05tiens justement
50:06vous disiez
50:06c'est des métiers difficiles.
50:09Donc ça veut dire
50:09que vous avez des difficultés
50:11de recrutement ?
50:1247 nationalités.
50:14Ok.
50:14Bon.
50:15Tout se passe bien.
50:16Ça c'est bien ça.
50:17Oui.
50:17C'est plutôt une bonne nouvelle.
50:18C'est le...
50:19Moi je suis très fier
50:21d'avoir...
50:21de diriger cette entreprise
50:23parce que finalement
50:23je vois que mes collaborateurs
50:25sont très appliqués
50:26du dernier de la chaîne
50:27jusqu'au premier
50:30avec un vivre ensemble
50:31avec la conservation
50:33du bien commun
50:33qui est l'entreprise
50:34ce qui n'est pas forcément
50:35toujours le cas ailleurs.
50:38Un dialogue permanent
50:39avec nos partenaires sociaux
50:41et pas de difficultés
50:43de recrutement.
50:44C'est pas un métier en tension ?
50:46Non.
50:47Ça ça m'étonne ça.
50:48Bah non.
50:49Malgré l'image
50:49qui est peu valorisante
50:51mais...
50:51Peu valorisante.
50:52Non c'est pas un métier en tension.
50:54Non.
50:55Absolument pas.
50:56Et justement
50:5747 nationalités
50:58ça pose quelle difficulté ?
51:00Aucune.
51:01Bah si quand même.
51:01Non.
51:02Je vais mettre les pieds dans le plat
51:04sur les histoires de religion.
51:05Pas chez moi.
51:06Il n'y a pas ce problème justement.
51:07Ce que je vous disais
51:08il y a deux minutes
51:08c'est qu'on a réussi
51:10sans doute
51:11en échangeant beaucoup
51:12à éliminer ce sujet-là.
51:14Donc on n'a pas ce problème.
51:16Tout le monde vit ensemble.
51:17Quand on est dans l'entreprise
51:18on est c'est pur
51:19et on vit
51:20comme c'est pur.
51:22Et quand on en sort
51:22on fait ce qu'on veut.
51:24Merci beaucoup
51:25Yann Ivanov.
51:27C'était passionnant
51:27de découvrir
51:28vos métiers
51:29et ses actions
51:31ses engagements
51:32de CEPUR
51:33en matière
51:34environnementale
51:35et sociétale.
51:36Je vous dis à bientôt
51:37sur Be Smart for Change.
51:39On passe tout de suite
51:39à notre rubrique
51:41consacrée
51:41aux startups
51:42à l'innovation
51:43ça s'appelle
51:44Smart Ideas.
51:51Smart Ideas
51:52avec Martin Simon
51:53bonjour
51:54vous êtes le porte-parole
51:55de Tonis France
51:56Tonis c'est une entreprise
51:58qui est née en Allemagne
51:59en 2016
52:00avec quelle idée
52:01c'est quoi Tonis ?
52:02Alors l'idée
52:02elle est née
52:03de l'idée
52:05de deux papas allemands
52:06qui avaient fait
52:07ce constat
52:08que les enfants
52:09écoutaient
52:10en tout cas
52:10un des papas allemands
52:11des contes
52:12et des histoires
52:13sur CD
52:14à l'époque
52:15CD
52:15qui quelque part
52:17est un matériau
52:18qui se dégrade
52:19qui ne reste pas
52:21dans le temps
52:21avec justement
52:23cette volonté
52:25de proposer
52:25quelque chose
52:26de plus résistant
52:28dont l'enfant
52:29pourra finalement
52:29être en possession
52:31c'est l'idée
52:32de départ
52:32ce papa allemand
52:34va vers
52:35un autre papa allemand
52:36ingénieur de formation
52:37et il prototype
52:38la Tony Box
52:39donc c'est une boîte
52:41c'est une boîte d'histoire
52:42alors faut-nous la décrire
52:43pour ceux comme moi
52:44dont les enfants
52:45sont très très grands
52:45et qui n'ont jamais
52:46utilisé de Tony Box
52:47donc c'est quoi ?
52:48c'est une boîte d'histoire
52:49très jolie
52:50qui se déline
52:50en plein de couleurs
52:51qui est de forme
52:52cubique
52:53sur laquelle
52:54vous allez pouvoir
52:55poser une figurine
52:57qui s'appelle
52:57un Tony
52:58et qui va lancer
52:59automatiquement
52:59le contenu
53:00que ce soit
53:01une histoire
53:01une chanson
53:02ou une comptine
53:03et donc c'est
53:05le choix
53:06de la figurine
53:07qui fait qu'on va avoir
53:08une histoire différente
53:08c'est ça ?
53:09Exactement
53:09en fait la figurine
53:10va correspondre
53:11le contenu audio
53:12va correspondre
53:13à la figurine
53:14en question
53:14qui sera posée
53:14sur la Tony Box
53:17Quels avantages
53:18une Tony Box
53:18peut avoir
53:19par rapport
53:20à une tablette
53:21un téléphone
53:22c'est pas un écran
53:23face auquel
53:24l'enfant est placé
53:26c'est ça ?
53:26C'est complètement
53:26sans écran
53:27évidemment
53:27donc l'idée
53:29au-delà
53:29de prototyper
53:31cette box
53:31c'est de réenchanter
53:33le divertissement
53:36sans écran
53:37par le prisme
53:37de l'audio
53:39et donc
53:40de pouvoir
53:40proposer
53:41une expérience
53:42pour l'enfant
53:42dès un an
53:43et jusqu'à neuf ans
53:44et plus encore
53:45avec un contenu
53:47qui va venir
53:47finalement
53:48l'aider à son développement
53:49tout au long
53:50du développement
53:51de l'enfant
53:51L'utilisation
53:53de la Tony Box
53:54elle est évidemment
53:57facilitée
53:58par la figurine
53:59c'est-à-dire
53:59pour les enfants
54:01c'est très important
54:01ça ?
54:02Il n'y a pas
54:02de disque à intérêt
54:03il n'y a pas de
54:04C'est juste une figurine
54:05que vous posez
54:05sur la Tony Box
54:06et l'expérience
54:07commence tout de suite
54:08la lecture audio
54:09commence tout de suite
54:09et c'est magique
54:11pour les enfants
54:11quelque part
54:11C'est des histoires longues ?
54:13C'est des histoires
54:13qui ont des durées variables
54:15moyennes 50 minutes
54:16Ah oui
54:17donc ça veut dire
54:18qu'un enfant
54:18peut être vraiment
54:19captivé par une histoire
54:20pendant une durée
54:20assez longue
54:22est-ce qu'il y a
54:23un aspect
54:25il y a un aspect ludique
54:26évidemment
54:26mais est-ce qu'il y a
54:27un aspect pédagogique aussi ?
54:29Bien sûr
54:30donc vous avez
54:31aujourd'hui
54:32beaucoup d'aspects
54:33pédagogiques
54:34je peux vous parler
54:35de quelques figurines
54:36donc dès le plus jeune âge
54:37on a mes premiers
54:38Tony's
54:39qui vont être
54:39sur les apprentissages
54:41des premiers sons
54:41et des premiers mots
54:42qui vont développer
54:43aussi la motricité fine
54:45ensuite vous allez avoir
54:47l'apprentissage
54:48des rituels
54:49par le prisme
54:50d'une figurine
54:50qui s'appelle Léo
54:51chez nous
54:51qui apprend
54:52les rituels
54:53et les routines
54:54aux enfants
54:54par exemple
54:55le brossage des dents
54:56et puis après
54:57vous allez avoir
54:58plein de figurines
54:59qui vont être
54:59sur le développement
55:01cognitif
55:02émotionnel
55:02jusqu'à du contenu
55:04sur la science
55:04les contes mythologiques
55:06pour les plus grands
55:06avec du contenu
55:07plus élaboré
55:08pour le coup
55:09est-ce que les
55:10alors je vais vous poser
55:11une question désagréable
55:12est-ce que c'est pas aussi
55:13parfois pour les parents
55:14un moyen de se
55:16délester
55:16d'un certain nombre
55:17de missions éducatives
55:19justement ?
55:20c'est une bonne question
55:21on le voit
55:22comme une aide
55:22parentale
55:23pas comme un substitut
55:25évidemment l'idée
55:26c'est pas de remplacer
55:27l'histoire du soir
55:27le parent est toujours là
55:28pour lire l'histoire du soir
55:30même si on a du contenu
55:31aussi pour favoriser
55:32l'endormissement
55:34malgré tout
55:35un parent
55:35une vie parentale
55:36c'est une vie bien remplie
55:37nous ce qu'on souhaite
55:38proposer c'est justement
55:40un environnement
55:41complètement safe
55:42sécuritaire
55:43où le parent
55:44puisse laisser
55:45l'enfant grandir
55:46jouer
55:46apprendre
55:47en toute confiance
55:48je ne suis pas
55:48pour la culpabilisation
55:50des parents
55:50c'est un métier
55:51suffisamment difficile
55:52ça peut faire du bien
55:52d'avoir une petite
55:53demi-heure de tranquillité
55:54avec son gamin
55:55devant l'actualisement
55:56que vous avez tout
55:57du développement
55:57du marché en France
56:00alors
56:00les derniers chiffres
56:02de 2025
56:03sont très positifs
56:04en 2025
56:06on est le troisième
56:07fabricant de jouets
56:08préscolaires
56:09en France
56:09et on est
56:11troisième
56:11plus gros contributeur
56:12à la croissance
56:13du jeu
56:13et du jouet
56:15donc
56:15la dynamique est là
56:17la réceptivité
56:19est là également
56:19et puis
56:21la Tony Box
56:22c'est finalement
56:22une plateforme
56:23donc on continue
56:23à développer
56:24de nouveaux produits
56:25on a lancé
56:25notamment
56:25les Tony Calin
56:27qui sont des peluches
56:28cette fois-ci
56:28qui fonctionnent
56:29sur le même principe
56:30que des Tony classiques
56:32et puis on va développer
56:33d'autres choses
56:34on va développer
56:34notamment de nouvelles licences
56:35et de nouveaux contenus
56:36en 2026 et 2027
56:38merci beaucoup
56:39Martin Simon
56:39au Tony Box
56:41voilà c'est la fin
56:42de ce Smart Impact
56:43à demain
56:43pour de nouvelles aventures
56:44salut
56:46Sous-titrage Société Radio-Canada
56:48Sous-titrage Société Radio-Canada
56:50Sous-titrage Société Radio-Canada
56:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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