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  • il y a 39 minutes
Ce mercredi 28 octobre, le SMIC, les cours du gaz et les conséquences pour l'économie européenne face à la remontée
de l'énergie ont été abordés par Jean-Marc Daniel, éditorialiste chez BFM Business, Thomas Grjebine, économiste à Sciences Po, et Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, dans l'émission Les Experts, présentée par Etienne Bracq sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Les experts, deuxième partie avec Jean-Marc Daniel, Thomas Gébine et Jean-Marc Vittori.
00:05Dans un instant, nous parlerons du SMIC, mais également des cours du gaz et les conséquences pour l'économie européenne
00:11qui, comme en 2022, est en première ligne face à la remontée des prix de l'énergie.
00:15Juste avant, suite et fin de ce sujet sur le budget 2027, avec vous, Jean-Marc Daniel, notamment,
00:22comment vous voyez une issue, si il y a une issue à ce budget ?
00:25Sachant que, vous l'avez encore vu hier, la surtaxe sur les grandes entreprises a été rejetée par les députés,
00:31mais bon, à la fin, il va quand même falloir trouver un consensus global,
00:34et il faudra soit passer par le 49-3, probablement, on est dans des scénarios, soit par des ordonnances.
00:39Oui, je pense que, alors je ne suis pas tout à fait d'accord avec Jean-Marc Vittori,
00:43je pense que la classe politique est tout à fait consciente de ce qu'elle fait,
00:46est tout à fait consciente de la réalité.
00:48Et elle repose, son action repose sur deux idées.
00:50La première, encore une fois, c'est six mois.
00:52Tout ça va être refait, rebattu dans six mois, et donc le véritable enjeu,
00:56ce n'est pas le débat budgétaire, c'est la campagne présidentielle.
00:59Qu'est-ce que, pendant la campagne présidentielle,
01:01les gens sont capables de faire passer auprès de l'opinion publique ?
01:04Sachant que, là aussi, en Angleterre, vous savez, Tony Blair disait,
01:08on fait des élections en vert, et ensuite on gouverne en prose.
01:13Et maintenant, Tony Blair dit, en réalité, dans la situation actuelle de la plupart des démocraties,
01:17il faut faire les campagnes électorales en prose, et ensuite, une fois qu'on est au pouvoir,
01:22donner une sorte de vision, et donc gouverner en vert.
01:25Mais donc, je pense que l'enjeu, ce n'est pas le débat budgétaire,
01:27ça va être la campagne, et les engagements, et le choix du Premier ministre,
01:32qui sera le personnage, il y aura à gérer, en réalité, au quotidien,
01:35l'avenir des finances publiques.
01:36La deuxième remarque que je ferai, c'est que, quand vous regardez ce que dit,
01:40d'ailleurs c'est ce que dit Moody's, là, c'est ce que disent les agences de dotation,
01:42il dit, ce n'est pas la peine de...
01:44À partir de la deuxième remarque que je ferai, c'est que cherche la classe politique à l'heure actuelle,
01:47c'est d'évacuer ce problème.
01:49Donc, elle cherche à obtenir très vite le 49-3,
01:51qu'on n'en parle plus, qu'on ferme tout ça,
01:54et donc il y a une espèce d'escalade dans les provocations à l'égard du gouvernement,
01:58jusqu'au 49-3.
02:00Sur le budget en tant que tel, il y a une chose qui me frappe,
02:05là aussi, la référence à Maastricht n'est pas, pour moi, la bonne référence.
02:08La référence, c'est au pacte de stabilité,
02:10la référence, c'est au traité, au TSCG,
02:12et la référence, c'est à l'expérience que nous avons vécue
02:15au travers de la crise des finances publiques,
02:17des PICS, dans les années 2010-2011.
02:20On va leur donner systématiquement des objectifs en termes de solde primaire.
02:24C'est-à-dire, on leur disait, il faut effectivement que vous fassiez des économies,
02:28que vous fassiez des efforts pour réduire votre déficit primaire,
02:31c'est-à-dire hors charge d'intérêt.
02:33Et qu'est-ce qu'on constate ?
02:34Hélas, comme la charge d'intérêt augmente,
02:37le simple maintien du déficit à son niveau antérieur,
02:40par une augmentation du charge d'intérêt,
02:41a comme conséquence de réduire le solde primaire.
02:44Et donc, de façon assez paradoxale,
02:47ce gouvernement, qui est un gouvernement qui est présenté
02:49comme étant incapable de maîtriser la situation,
02:52est en train de faire un effort,
02:53qui est un effort par baisse du solde primaire,
02:56qui est malgré tout relativement significatif.
02:59Et c'est d'ailleurs là aussi pour ça que les agences de dotation disent
03:02qu'il y a quand même une capacité à réagir par rapport à cet enjeu de solde primaire.
03:08Enfin, la dernière chose que je dirais, au moment où il a été annoncé des économies,
03:11le gouvernement avait annoncé 54 milliards d'économies.
03:15Alors ça, c'est sidérant.
03:16Parce qu'alorsche...
03:18Oui, oui, ça c'est la billage.
03:20On rejoint les 5 milliards.
03:21Et en plus, une précision,
03:24ça me fait penser à la SNCF qui affiche des horaires,
03:27c'est toujours 14h28 à l'arrivée.
03:29Au total, comme ils ont une heure de retard,
03:30de toute façon,
03:32c'est pas 14h30, c'est 14h28.
03:34Là, c'est pas 55 milliards,
03:36c'est pas 50 milliards,
03:38c'est 54 milliards.
03:39Et donc là, je pense que même les journalistes des Echos
03:42ont eu du mal à comprendre.
03:45Si, si, il y a quand même eu des papiers dans les Echos,
03:47et c'est quand les commentaires arrivent aux 54 milliards.
03:50Comme on a billé 39 milliards en 54.
03:52Voilà, c'est ça.
03:53C'est un truc absolument délirant.
03:55Et donc, pour conclure, je pense que
03:58le solde primaire montre que quand même,
04:00il y a une forme d'effort qui n'est pas totalement négligeable,
04:04et que plus vite le 49.3 sera activé, mieux ça vaudra.
04:08Sur le sujet du SMIC,
04:10le gouvernement semble donc prêt à anticiper
04:13la revalorisation du salaire minimum
04:16qui aurait dû intervenir début 2027.
04:19Jean-Pierre Farando parle d'un pour cent.
04:21Alors, les syndicats, forcément, sont vent debout.
04:24Ça représenterait, c'est vrai, 15 euros bruts par mois,
04:28ou net, ça dépend le cas de chacun,
04:30en fonction des seuils d'imposition, etc.
04:33Est-ce qu'aujourd'hui, Thomas Gébine,
04:36on peut répondre aux syndicats,
04:39quand je connais la réponse,
04:40mais je vous pose quand même la question,
04:41de donner 100, 200,
04:42vous avez même des syndicats
04:43qui demandent 500 euros de plus par mois,
04:45dans une situation où on n'a pas de croissance.
04:47Pour rappel, on aura une croissance
04:49qui sera très largement en dessous de 1%,
04:52là où la zone euro devrait être proche des 1%.
04:55Qu'est-ce qu'il faut répondre aujourd'hui à ces syndicats ?
04:58Vous qui êtes économiste.
05:00Non, mais c'est évidemment très difficile,
05:03parce que d'un côté, vous avez une crise du pouvoir d'achat.
05:06Quand vous regardez au niveau individuel,
05:08pour la deuxième année consécutive,
05:11le pouvoir d'achat des ménages va se dégrader.
05:15On parlera tout à l'heure de l'augmentation du prix du gaz
05:20qui va impacter fortement les ménages
05:25cet automne et cet hiver,
05:26et on n'aura pas le bouclier énergétique
05:29comme en 2022-2023.
05:30Donc d'un côté, vous avez cette question réelle
05:34et très importante du pouvoir d'achat,
05:37et puis de l'autre, vous avez en effet
05:38une situation où la croissance économique est très faible.
05:42L'OFCE estime qu'en 2000, cette année,
05:45on devrait avoir une croissance autour de 0,4-0,5.
05:48La même chose pour l'année prochaine,
05:50donc c'est une croissance quasi à tonne.
05:53Donc les marges de manœuvre pour les entreprises
05:55pour augmenter les salaires sont faibles.
06:00Et puis là, vous avez en plus cette question du SMIC.
06:03On a déjà près de 40% des salariés
06:10qui ont des salaires autour du SMIC.
06:12Et donc ça, c'est une situation assez aussi spécifique de la France.
06:16Vous avez beaucoup d'emplois qui sont autour du SMIC
06:19et c'est très difficile d'augmenter le SMIC
06:23parce que ça conduit à des coûts très importants
06:26pour les entreprises.
06:27Donc en fait, on est un peu pris en étau
06:29entre le fait qu'il y a ce problème de pouvoir d'achat
06:32et on voit bien que les candidats, même à la présidentielle,
06:34ont beaucoup de mal à apporter une réponse solide
06:37face à cette question.
06:39et puis de l'autre, vous avez cette situation des entreprises
06:43où en pratique, c'est très compliqué d'augmenter le SMIC fortement.
06:49Et puis en plus, il y a toutes les conséquences
06:51sur la structure de la courbe des réductions de charges.
06:57– 1861 euros, c'est le SMIC brut en net,
07:00ça donne un peu moins de 1500 euros net,
07:03comme l'a souligné à juste titre Thomas Gébine,
07:06Jean-Marc Vittori, le risque,
07:08et surtout c'est ce qui s'est passé ces dernières années,
07:10notamment depuis la crise inflationniste,
07:12c'est une sorte de SMICardisation de la société.
07:15– Évidemment, mais le point de départ,
07:17Thomas a tout à fait raison,
07:18le point de départ, c'est qu'on a une croissance quasi nulle,
07:21donc 0,5%, par tête, ça fait à peine 0,2%,
07:25puisque la population continue de progresser,
07:28donc on a une création de richesse qui ne progresse pas.
07:33Et en même temps, vous avez des coûts qui augmentent,
07:35vous parliez du prix du gaz,
07:36le prix du gaz n'est pas produit en France,
07:38donc quand le prix du gaz augmente,
07:40c'est de l'argent que l'ensemble des Français
07:42doivent donner à l'étranger,
07:44c'est ça une augmentation du prix du gaz.
07:46Et donc cet argent, il faut le prendre quelque part.
07:48Et donc, soit on le prend sur les entreprises,
07:53mais les entreprises françaises
07:54n'ont pas une profitabilité exceptionnelle,
07:56quand on fait des comparaisons internationales.
07:58Les entreprises françaises qui font beaucoup de profits,
08:01c'est parce qu'elles sont très implantées à l'international,
08:03ça ne provient pas de la France,
08:05et elles sont souvent dans des situations
08:08qui sont concurrentielles, qui sont compliquées.
08:12Donc si vous augmentez le SMIC,
08:15évidemment, vous les défavorisez.
08:18Si vous prenez cet argent sur les Français,
08:20c'est du pouvoir d'achat en moins,
08:22mais de toute façon, in fine,
08:23c'est comme ça que ça se passera.
08:28Et quand vous augmentez le SMIC,
08:29vous accroissez forcément,
08:31parce qu'un terme que je déteste,
08:33à la fois sur la forme et sur le fond,
08:34la SMICartisation.
08:36Parce que comme le soulignait Thomas,
08:37il y a beaucoup de gens qui sont à peine au-dessus du SMIC,
08:40autour du SMIC.
08:41Donc quand vous augmentez le SMIC,
08:42ces gens qui sont à peine au-dessus du SMIC,
08:44ils se retrouvent au SMIC.
08:45Et donc on a une forte augmentation
08:47du nombre de gens qui sont payés au SMIC.
08:49On l'avait vu en 2022,
08:50ça avait été tout à fait clair.
08:51Le nombre de SMICart avait progressé,
08:54je ne sais plus,
08:55ça se comptait en millions.
08:56Et on va avoir à nouveau ce processus
08:59avec un SMIC qui est très proche en France
09:01du salaire médian.
09:03Le salaire médian,
09:04il y a la moitié des Français qui gagnent moins,
09:05la moitié des Français qui gagnent plus.
09:07Et donc cet effet est encore plus fort
09:09et ressenti de manière encore plus douloureuse.
09:13et ensuite, on se prend des comparaisons
09:15comme on en a eu très souvent ces derniers temps
09:16sur les enseignants.
09:18Les enseignants, il y a 20 ans,
09:19ils étaient payés deux fois le SMIC.
09:21Maintenant, ils sont payés 1,5 fois le SMIC.
09:22Évidemment, si vous augmentez le SMIC
09:25plus que les autres salaires,
09:29l'éventail se resserre
09:30avec des conséquences qui peuvent être
09:33très très néfastes.
09:34Jean-Marc Daniel, pour vous,
09:35la réponse, elle est radicale.
09:36Il faut supprimer le SMIC.
09:38Oui, je pense qu'effectivement,
09:39la logique du SMIC est une logique
09:41qui a atteint ses limites.
09:43D'abord, il y a une commission
09:44qui donne des conseils régulièrement
09:45au gouvernement sur la valorisation,
09:48la revalorisation du SMIC
09:49avec cette notion de coup de pouce.
09:51Sachant que structurellement,
09:53il n'y a pas de problème
09:54de pouvoir d'achat du SMIC.
09:55Il est construit de telle façon
09:56que les gens qui sont au SMIC
09:57ont le maintien du pouvoir d'achat
09:59et non seulement le maintien du pouvoir d'achat,
10:01mais sur la base d'un indice
10:02des prix spécifiques
10:04établi par l'INSEE
10:04pour tenir compte de la structure
10:05de consommation de cette partie de la population.
10:09Et donc, lui, le SMIC,
10:10son pouvoir d'achat se maintient,
10:12voire légèrement augmente
10:13d'année en année.
10:14C'est-à-dire que le SMIC horaire,
10:17à l'heure actuelle,
10:18c'est 12,32 euros.
10:20J'ai regardé l'équivalent du SMIC
10:22au passage à l'euro
10:24en 2002-2003,
10:26en pouvoir d'achat.
10:27D'après l'INSEE,
10:27il y a un petit convertisseur
10:28qui est très pratique
10:30que fait l'INSEE
10:30sur l'évolution du pouvoir d'achat
10:32d'une somme donnée.
10:34L'équivalent du SMIC
10:36de 2002-2003,
10:39ce serait aujourd'hui 10 euros.
10:40Donc, le SMIC a gagné
10:42en pouvoir d'achat
10:42par rapport à ce qu'il était en 2002.
10:44Donc, il n'y a pas eu de baisse
10:45du pouvoir d'achat du SMIC
10:46en tant que tel.
10:47Mais il y a deux mécanismes
10:49qui sont quand même
10:50des mécanismes qui sont redoutables.
10:51On vient d'en parler,
10:52c'est la SMICardisation.
10:53C'est-à-dire qu'au fur et à mesure
10:53que le SMIC augmente,
10:54comme tous les salaires
10:55n'augmentent pas au même rythme,
10:56il y a une espèce...
10:57Et c'est un souci.
10:58Je rappelle que quand M. Attal
11:00était Premier ministre,
11:03il n'a pas duré très longtemps
11:04comme Premier ministre.
11:05Donc, il n'a pas pu faire grand-chose
11:06sur ce domaine-là.
11:08Et le deuxième élément,
11:09c'est quand même que
11:10quand vous lisez les recommandations
11:11de la Commission,
11:14notamment à l'époque
11:15où c'était Gilles Berset
11:16qui était à la tête,
11:17qui est devenu depuis
11:18responsable du corps,
11:20il mettait en avant le fait
11:21qu'on avait le sentiment
11:23que ça n'avait pas véritablement
11:24l'existence du SMIC,
11:25réduit la pauvreté au travail,
11:27que le sentiment de la population
11:29et la réalité physique des gens
11:32qui travaillent
11:33par rapport aux gens
11:33qui ne travaillent pas
11:35était une situation
11:37qui était une situation
11:38qui n'était pas satisfaisante.
11:39Et la deuxième chose,
11:40c'est que tout au-dessus du SMIC
11:42finit toujours par avoir
11:43des conséquences sur l'emploi.
11:44C'est-à-dire,
11:45quand vous augmentez
11:46le coût du travail,
11:47forcément,
11:48or je rappelle
11:48que c'est un des grands absents
11:50d'ailleurs du débat politique
11:51à l'heure actuelle,
11:52c'est que le chômage
11:52continue à augmenter.
11:53On a l'impression que
11:54c'est fini.
11:56Ma priorité,
11:57c'est l'emploi
11:57qui était au centre
11:58des campagnes électorales
11:59des années 90-2000.
12:01Maintenant,
12:02complètement disparu.
12:03Or pourtant,
12:03on a un taux de chômage
12:04qui a dépassé
12:05et qui est autour de 8%,
12:07qui,
12:08tous les conjoncturistes
12:09nous annoncent
12:09que la situation
12:10est en train de se dégrader.
12:11Et donc,
12:12augmenter le SMIC,
12:14forcément,
12:15ça va avoir
12:15comme conséquence,
12:16une nouvelle fois,
12:17de détériorer
12:18la situation de l'emploi.
12:19Et je pense que,
12:20effectivement,
12:21cette idée
12:21de salaire minimum,
12:22surtout dans une situation
12:23où c'est même
12:25la notion de salaire
12:26qui est en train
12:27de se défaire
12:28progressivement,
12:29c'est cette société
12:30qui est en train
12:31d'émerger,
12:32cette situation
12:32à la fois de silver economy,
12:34mais aussi de société
12:35où on passe
12:36d'employeur-employé
12:37à client-fournisseur.
12:38Donc,
12:38il y a toute une réflexion
12:39à faire.
12:39Alors,
12:39on ne va pas le faire
12:40dans les 6 mois,
12:41surtout dans la situation
12:42actuelle,
12:42mais je pense qu'il y a
12:43une vraie réflexion
12:44à faire sur
12:45qu'est-ce que c'est
12:46maintenant qu'un salaire
12:47minimum,
12:47qu'est-ce que c'est
12:47que la durée du temps
12:48de travail
12:48qu'il faut lui associer,
12:50comment on lutte
12:50contre la pauvreté,
12:51est-ce que les réflexions
12:53sur le revenu universel
12:55sont des réflexions
12:55qui doivent être
12:57actualisées
12:57et qui doivent être
12:59davantage promues ?
13:01Il ne faut pas oublier
13:02que la plupart
13:03des gens qui sont au SPIC
13:04sont dans des petites structures.
13:06Ça concerne
13:07notamment les TPE.
13:08À court terme,
13:09vous avez les prix
13:10de l'énergie
13:10qui augmentent.
13:12Comme vous l'avez souligné,
13:12Jean-Marc Vittori,
13:14des marges qui restent
13:15relativement faibles.
13:16On pense à des petits commerçants,
13:17notamment quand vous dépendez
13:19des prix de l'énergie.
13:20Vous ne pouvez pas vous permettre
13:21d'un seul coup
13:22d'augmenter de moins 100 euros
13:24comme le demande la CFDT
13:25les salaires à court terme
13:27avec également
13:28la question de l'inflation.
13:30Jean-Marc Daniel
13:31va nous dire
13:31qu'il n'y a pas d'inflation.
13:32Vous êtes toujours
13:32sur ce scénario, j'imagine ?
13:34Je maintiens que l'inflation
13:35telle qu'elle est définie
13:36en économie,
13:37on parle d'inflation
13:38au sens de Ricardo
13:39et d'inflation au sens
13:40de Cantillon.
13:41La vraie inflation,
13:41c'est au sens de Ricardo,
13:43c'est quand tous les prix
13:43augmentent.
13:44L'inflation au sens de Cantillon,
13:46c'est quand certains prix
13:47augmentent.
13:48Or, tous les prix
13:48n'augmentent pas
13:49avec d'ailleurs
13:50une volatilité très forte.
13:51On parle du gaz,
13:53vous savez que l'année dernière,
13:54le grand souci,
13:55c'était le café.
13:57Et donc,
13:57la grande question,
13:58ça c'est dans la vie quotidienne,
14:00c'est comme le gaz,
14:01c'est dans la vie quotidienne.
14:02Et donc, effectivement,
14:03le prix du café
14:03est 80% au-dessus
14:05de ce qu'il était
14:05il y a trois ans,
14:06donc c'est colossal.
14:07Mais il est 20% en-dessous
14:08de ce qu'il était
14:09il y a six mois.
14:10Donc, vous avez une volatilité
14:11des prix qui est très très forte,
14:13alors que dans ce que
14:14l'inflation,
14:15l'inflation à laquelle
14:16normalement,
14:17notamment la politique monétaire
14:19est appelée à répondre,
14:20cette inflation-là
14:20n'est pas ce que nous vivons
14:22en ce moment.
14:23Et je rappelle
14:25pour conclure là-dessus,
14:26c'est que
14:26toutes les politiques monétaires,
14:28c'est-à-dire toutes les demandes
14:29que l'on fait à la BCE
14:29d'intervenir pour limiter l'inflation,
14:32reposent sur les théorisations
14:33qui ont été faites
14:34dans les années 60-70,
14:36où tout reposait
14:37sur la constance
14:39de la vitesse de circulation
14:40de la monnaie.
14:42Or,
14:43tous les travaux
14:44avaient été faits à l'époque
14:44par Milton Friedman
14:46et Anna Schwartz.
14:47Alors, Milton Friedman est morte,
14:48mais Anna Schwartz aussi est morte
14:49et avant de mourir,
14:51elle est morte il y a 10 ans
14:52et avant de mourir,
14:53elle a laissé un peu plus de 10 ans,
14:54elle a laissé un message
14:55à M. Bernanke
14:56en lui disant
14:57« Ne vous y trompez pas,
14:59la vitesse de circulation
15:00de la monnaie
15:01n'est pas constante,
15:02elle est en train de baisser. »
15:04les théoriciens
15:05de la politique monétaire
15:06de lutter contre
15:07l'inflation,
15:08entre guillemets,
15:09devraient réfléchir
15:10à l'héritage
15:11de Mme Anna Schwartz.
15:12En tout cas,
15:12tous les scénarios
15:13des économistes
15:14ou presque du printemps
15:15sur les prix de l'énergie
15:16sont peu à peu
15:17en train d'être revus.
15:19Parce qu'on se souvient,
15:20Thomas Gébing,
15:20qu'au début du conflit
15:21en Iran,
15:22le scénario,
15:23c'est un retour à la normale
15:24en fin d'année
15:24en ce qui concerne
15:25les prix de l'énergie.
15:26Bon, il reste deux mois
15:27ou presque
15:28en ce qui concerne 2026.
15:30Le baril de Brent
15:31est au-delà des 115 dollars.
15:32Le gaz, donc,
15:33en Europe,
15:33tutoie les 100 euros.
15:35Est-ce que vous craignez
15:36une nouvelle vague
15:38inflationniste en Europe ?
15:39Alors, bon,
15:40si on ne prend pas la définition,
15:41que vient de nous mentionner
15:42Jean-Marc Daniel ?
15:43Et puis, surtout,
15:43est-ce qu'il faut craindre
15:44pour la compétitivité européenne
15:45de nos industries ?
15:48Je pense que, oui,
15:49il faut craindre d'abord
15:49pour le pouvoir d'achat
15:51parce que ce que les économistes
15:54des années 70,
15:57enfin, ce qu'il y avait
15:58un peu dans leur modèle,
15:59c'était le fait
16:00qu'il y ait des boucles
16:00prix-salaire.
16:01C'est-à-dire que lorsque
16:02les prix augmentent,
16:03les salaires allaient augmenter
16:05et c'est ça qui générait
16:06ce processus d'inflation.
16:08Or, aujourd'hui,
16:09on n'est pas du tout dans ça
16:10parce qu'en fait,
16:11l'inflation...
16:11Donc, il n'y a pas d'inflation.
16:12L'inflation est avant tout
16:14importée,
16:15c'est des prix de l'énergie
16:17qu'on ne produit pas,
16:17ça ne vient pas
16:18d'une surchauffe de l'économie,
16:20ça vient d'une inflation importée
16:22et donc d'un transfert
16:24de richesse vers l'étranger.
16:26Donc, quand la Banque Centrale
16:27européenne augmente les taux,
16:28c'est un peu un autre coup
16:30sur la tête
16:31qu'elle donne
16:31à l'économie européenne
16:32qui est déjà fragilisée
16:35par ces hausses
16:35de prix de l'énergie
16:36et en plus,
16:37vous augmentez les taux.
16:38Ce qui donne
16:40un autre coût
16:41qui fragilise l'économie.
16:43Donc, ça, c'est le premier point.
16:44C'est que oui,
16:45en effet,
16:45il n'y a pas de boucle
16:47prix-salaire
16:48et donc la conséquence directe
16:49de ça,
16:49c'est que vous avez
16:50une dégradation
16:50du pouvoir d'achat
16:52des gens.
16:53C'est-à-dire,
16:53comme les prix
16:54augmentent plus
16:55en moyenne
16:56que les salaires,
16:57ça veut dire
16:57qu'à la fin du mois,
16:59votre salaire réel,
17:00il a baissé.
17:01Puis après,
17:01vous avez cette question
17:02du gaz
17:03où en effet,
17:04le gaz,
17:04aujourd'hui,
17:05il est presque
17:06dix fois plus cher
17:07en Europe
17:08qu'aux États-Unis.
17:10Et donc là,
17:10oui,
17:10pour toutes les industries,
17:12notamment intensives
17:13en énergie
17:14qui utilisent encore
17:15massivement le gaz,
17:16c'est à nouveau
17:17un choc
17:18de compétitivité
17:19négatif
17:20très significatif.
17:23Et on n'a pas
17:24les marges de manœuvre
17:25qu'il y avait
17:26en 22-23.
17:27Il faut se souvenir
17:27qu'en 22-23,
17:29ce qu'on avait appelé
17:30le bouclier énergétique,
17:32ça avait coûté
17:32entre 45
17:33et 50 milliards d'euros.
17:35Donc si vous voulez
17:36amortir le coût
17:37de la crise,
17:38ça vous donne un peu
17:39l'idée
17:40des ordres de grandeur
17:42qu'on avait mis
17:42sur la table
17:43à l'époque.
17:44Et donc là,
17:45on a parlé du plan
17:46sur les lycéens
17:48tout à l'heure.
17:48On voit bien
17:49que sur l'énergie,
17:53il y aura aussi
17:54un sujet majeur
17:55qui va arriver
17:55dans les semaines
17:56qui viennent.
17:57Et malheureusement,
17:58on n'a plus l'argent
17:59pour amortir ce choc.
18:01Parce que de nouveau,
18:02c'est de l'argent
18:02qu'on va transférer
18:03à l'étranger.
18:04Là, pour le coup,
18:05ce n'est pas un gâteau
18:06qu'on répartit
18:07entre les Français,
18:07c'est de l'argent
18:08qu'on va transférer
18:09aux producteurs
18:10de pétrole
18:11ou aux producteurs
18:11de matières premières
18:13de façon plus générale.
18:14Jean-Marc Vittori,
18:17il s'agit bien sûr
18:18d'un prix spot.
18:19C'est un prix de marché
18:20qui est très volatile,
18:21qui évolue tous les jours.
18:22Normalement,
18:23il y a quand même
18:23une tendance
18:23qui est juste spectaculaire
18:24depuis le début de l'année.
18:26Contrairement à 2022,
18:27on peut se rassurer
18:28en se disant
18:28que pour l'instant,
18:29les prix de l'énergie
18:30ne suivent pas
18:31les prix du gaz.
18:32C'est quand même
18:32un changement important
18:33qu'il faut souligner.
18:34Oui, mais tout de même,
18:36le pétrole,
18:37vous citiez le pétrole
18:38tout à l'heure.
18:39Moi, je suis,
18:40depuis le début
18:43des opérations
18:44américano-israéliennes
18:46en Iran,
18:46j'ai été stupéfait
18:48du fait que
18:49tout le monde envisageait
18:50que c'était
18:50extrêmement provisoire.
18:52Et on voit bien
18:53que le pétrole aujourd'hui
18:54est à des niveaux
18:55qui n'étaient absolument
18:55pas envisagés
18:57début mars
18:59quand les hostilités
19:00ont commencé.
19:01Donc, on est dans
19:02une situation
19:03où les prix
19:04de l'énergie
19:05montent.
19:05Je suis tout à fait d'accord,
19:07il n'y a pas
19:07d'emballement généralisé
19:08des prix et des salaires,
19:09ce qui constitue
19:10la définition
19:10de l'inflation.
19:11Donc, nous faisons,
19:13nous, journalistes,
19:14on doit l'avouer,
19:15on fait régulièrement
19:16des abus de langage
19:17en parlant d'inflation
19:18au lieu de parler
19:19de hausses de prix sectorielles.
19:21Mais ces hausses
19:21de prix sectorielles,
19:22elles pèsent évidemment
19:23sur le pouvoir d'achat.
19:24Mais par rapport à ça,
19:26il n'y a que deux choses
19:27à faire.
19:27Il n'y a que deux choses
19:28à faire.
19:28La première,
19:29c'est d'augmenter,
19:31de retrouver de la croissance,
19:32de créer plus de richesses
19:33à ce moment-là.
19:34Vous pouvez en affecter
19:35une partie
19:36à l'accroissement
19:37de la facture
19:38de ce qu'on achète
19:39à l'étranger.
19:39C'est ce qui s'est passé
19:40dans les années 1970.
19:43Mais on avait une croissance
19:43qui était beaucoup plus forte
19:44que celle qu'on...
19:46Enfin, on avait de la croissance,
19:47on avait encore de la croissance
19:48alors que là,
19:48on n'en a plus.
19:49Donc ça,
19:50c'est la première chose
19:50à faire.
19:51Et la deuxième chose
19:51à faire,
19:52c'est investir massivement
19:53pour s'abstraire
19:54des effets
19:55de cette hausse
19:56des coûts de l'énergie.
19:57Et donc ça,
19:59autrement dit,
19:59c'est accélérer
20:01la transition
20:02vers des formes d'énergie
20:03pour lesquelles
20:04on est moins dépendant
20:05de l'extérieur.
20:06Et si vous regardez
20:07un,
20:09organiser la croissance
20:10de demain,
20:11deux,
20:13accélérer la transition
20:14énergétique,
20:14c'est deux sujets
20:15qui ont totalement
20:16disparu du champ.
20:18Voilà.
20:18Donc les deux choses
20:19qu'il faut faire
20:20pour éviter de souffrir
20:21de ceux dont on souffre
20:23et de ceux dont on va
20:23encore plus souffrir
20:24dans les mois à venir,
20:25c'est des sujets
20:26qui sont totalement hors champ.
20:27Est-ce que vous pensez
20:28qu'on va en parler
20:29pendant la campagne présidentielle ?
20:31Moi, j'en doute
20:31hélas fortement.
20:32En attendant,
20:33vous dites quoi à votre boulanger
20:34qui va avoir sa facture
20:35à court terme augmentée
20:36ou on lui dit peut-être
20:37vous allez devoir payer plus,
20:39100 euros,
20:39c'est ce que demande
20:40la CFDT
20:41sur vos salariés ?
20:42Il y a quand même
20:43des goulots à court terme.
20:44Le boulanger,
20:45il va augmenter
20:45le prix du pain.
20:46Et c'est normal.
20:48Si le prix du blé
20:49était multiplié
20:50par 10...
20:52Mais quand vous voyez
20:53une...
20:53Parce que là,
20:53pour le coup,
20:54ce n'est pas que journalistique,
20:55c'est également
20:56les banques centrales.
20:56La BCE utilise
20:57le terme inflation,
20:58Jean-Marc Daniel.
20:59L'inflation,
21:00corps...
21:00Je crois qu'on peut
21:01être d'accord
21:02sur cette table.
21:03Si on a été en désaccord
21:04sur un certain nombre
21:05de sujets,
21:05on peut être d'accord.
21:06C'est-à-dire que
21:06l'abus de langage
21:07autour de l'inflation
21:08a comme conséquence
21:09que la BCE
21:09fait n'importe quoi.
21:12Mais elle n'est pas
21:13aux élections
21:15au Brésil.
21:17Lula était déchaîné
21:18contre le gouverneur
21:19de la Banque centrale.
21:20C'était d'autant plus
21:21intéressant
21:22que c'est lui
21:22qui l'avait nommé
21:23pour se débarrasser
21:24du précédent
21:25qu'il accusait déjà
21:26de ne pas comprendre
21:26ce qu'était l'inflation
21:27et de maintenir
21:28des taux d'intérêt
21:29trop élevés.
21:29Et l'inflation sous-jacente,
21:31donc hors prix de l'énergie,
21:32elle est quand même
21:32au-delà de 2%.
21:33On était à 2,5%
21:34en septembre
21:34en zone euro.
21:35Oui, parce que
21:36vous avez encore
21:36effectivement des...
21:38Donc en dehors
21:38des prix énergétiques,
21:40il y a quand même
21:40des prix qui progressent
21:41derrière.
21:41Oui, vous avez des prix
21:42qui ont progressé,
21:43notamment les prix
21:43effectivement alimentaires.
21:45Mais encore une fois,
21:46vous avez des mécanismes
21:48qui sont des mécanismes
21:49très sectoriels
21:50où ça bouge d'un côté,
21:51ça bouge de l'autre.
21:52Mais pour revenir
21:53à ce qu'on disait,
21:53effectivement,
21:54il n'y a pas de boucle
21:54prix-salaire
21:55et il n'y a pas
21:56de problème de surchauffe.
21:58Il n'y a pas de problème
21:59d'excès de quantité
22:00de monnaie en circulation.
22:02Et en plus,
22:02on l'a bien vu,
22:04c'est ce que disait
22:04Anna Schwartz
22:05dans ce papier remarquable
22:06de son testament
22:07où elle expliquait bien
22:08que tout le fondement
22:11des politiques monétaires
22:12reposait sur la vitesse
22:13de circulation
22:14de la monnaie constante,
22:15ce qui n'est pas le cas.
22:16C'est-à-dire que
22:17là aussi,
22:18il y a une tendance
22:18à la baisse de vitesse
22:19de circulation de la monnaie
22:20et donc on ne peut pas
22:21mener les politiques monétaires
22:23sur la base
22:23du monétarisme historique
22:24des années 60-70
22:26où les taux d'intérêt
22:27permettent soit de lutter
22:29contre l'inflation,
22:30soit quand on a
22:30des taux d'intérêt très bas
22:31de lutter contre la déflation.
22:32On l'a vu là aussi,
22:34on a maintenu
22:34des taux d'intérêt très bas
22:35dans la période
22:36du quantitative easing
22:37et on n'a pas eu
22:38un boom de croissance
22:41particulièrement spectaculaire.
22:42On a eu un boom d'endettement
22:43mais pas un boom de croissance.
22:45Donc je pense que
22:47pour répondre à votre question,
22:48l'usage du mot inflation
22:50et qui est commode,
22:52après tout, pourquoi pas,
22:53mais le problème
22:54c'est qu'il est devenu pervers
22:56et donc il a comme conséquence
22:57d'inciter des gens
22:59à ne pas avoir
22:59les bons réflexes,
23:00notamment des gens
23:01qui jouent un rôle important
23:02comme les banques centrales.
23:03Thomas Gébine,
23:05comment vous regardez
23:06cette situation
23:07par rapport à ce qui vient
23:08d'être dit
23:08et par rapport à cette inflation
23:11avec beaucoup de climets ?
23:14Jean-Marc Daniel citait
23:15les prix alimentaires.
23:17Là, vous avez déjà
23:17beaucoup d'industriels
23:19qui ont prévenu
23:20que l'année prochaine
23:21les prix allaient augmenter,
23:23que ce soit après cet été,
23:25que ce soit sur les prix
23:26des matières premières, etc.
23:27Enfin, on n'est qu'au début
23:28quand même de cette vague.
23:30Oui, mais je pense
23:30que ce qui fait le point commun
23:32avec tous les sujets
23:32qu'on a eus aujourd'hui,
23:33c'est notre incapacité
23:35ou notre difficulté
23:36à créer de la croissance
23:38parce que ce soit
23:39sur les questions budgétaires
23:41ou c'est sur ces questions
23:42d'inflation.
23:44Désolé, Jean-Marc.
23:45Oui, oui, non, mais
23:46d'accord, Antonio,
23:47vous venez comprendre
23:48que c'est...
23:48Comment on fait maintenant ?
23:49On fait comme ça,
23:50entre guillemets.
23:51Le problème, c'est que
23:52les salaires n'augmentent pas
23:55par rapport à ces hausses de prix
23:57et pourquoi les salaires
23:59n'augmentent pas ?
24:00Ce n'est pas juste
24:00par mauvaise volonté,
24:02c'est parce qu'on ne crée
24:03pas suffisamment de richesses.
24:05Donc, quand vous ne créez
24:06pas suffisamment de richesses,
24:07vous ne pouvez pas
24:07augmenter les salaires.
24:08Et le problème
24:09qu'on risque d'avoir,
24:10c'est que l'accord politique
24:13qui peut arriver
24:15comme les années précédentes,
24:17elle va se faire
24:18en augmentant les impôts,
24:21notamment sur les entreprises.
24:22Par exemple, en 2025,
24:23on voyait que presque 100%
24:25de l'ajustement budgétaire
24:26avait été fait
24:28par des hausses d'impôts
24:29sur les entreprises.
24:30Or, ces impôts
24:31sur les entreprises
24:32nets des aides
24:33sont déjà plus élevés
24:34en France
24:35que dans la moyenne européenne
24:37et surtout
24:37chez la plupart
24:38de nos voisins.
24:39Donc, on va encore fragiliser
24:41les fondamentaux
24:42de notre économie
24:43qui, justement,
24:45freinent la croissance.
24:46Donc, pour moi,
24:47le gros risque,
24:47c'est que, de nouveau,
24:49l'accord politique
24:51qui va arriver
24:52et qui pourrait même,
24:53à mon avis,
24:54perdurer après
24:55l'élection présidentielle,
24:57ça va se faire
24:58au détriment
24:58de la croissance
24:59à moyen-long terme.
25:01Et donc,
25:01on va être toujours
25:02dans cette situation
25:03où on cherche
25:04des expédiants
25:04à court terme.
25:05Et ces expédiants
25:06à court terme,
25:08en fait,
25:10hypothèquent
25:11nos capacités
25:11à créer
25:12de la richesse
25:12et donc
25:12à augmenter
25:14réellement
25:14les salaires
25:15à moyen terme.
25:16Le mot de la fin,
25:17Jean-Marc Vittori.
25:18Donc,
25:19il faut de la croissance,
25:20c'est la réponse
25:20au marché obligataire,
25:22c'est la réponse
25:22au taux de la banque centrale
25:24et puis par rapport
25:24au parallèle
25:25également qu'on pourra faire
25:26ce soir avec la Fed.
25:27Parce que vous avez
25:28une situation aux États-Unis
25:29et alors en Europe
25:30et plus spécifiquement
25:31en France
25:31où on a quand même
25:32un écart qui est spectaculaire.
25:33Oui, aux États-Unis,
25:34ils ont de la croissance.
25:35Alors, on peut discuter
25:37des conditions de cette croissance
25:38et de sa pérennité,
25:38mais ils ont de la croissance.
25:39L'Europe n'en a pas.
25:40Et évidemment,
25:42pour régler
25:43les problèmes
25:44qu'on a évoqués,
25:45que ce soit le pouvoir d'achat,
25:46que ce soit le budget,
25:47il faudra retrouver
25:49les moyens
25:49de produire davantage
25:51pour pouvoir
25:51distribuer davantage.
25:52Merci à tous les trois
25:53de nous avoir accompagnés
25:54donc Jean-Marc Vittori,
25:55éditorialiste aux Echos,
25:57Thomas Gébine,
25:57économiste à Sciences Po
25:59et Jean-Marc Daniel,
26:01économiste,
26:02éditorialiste,
26:03ancien X.
26:03Vous pouvez vous mettre
26:04beaucoup de casquettes,
26:05Jean-Marc.
26:05Oui, absolument, oui.
26:06À l'âge que j'ai,
26:06maintenant,
26:07je finis par avoir
26:07beaucoup de casquettes.
26:08Et professeur émérite
26:09à l'ESCP.
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