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Ce lundi 11 mai, l'éventualité d'une mise à contribution des entreprises dans le budget 2027 pour absorber les dépenses liées à la guerre au Moyen-Orient a été abordée par Rayan Nezzar, professeur à Sciences Po, Thomas Grjebine, responsable du programme macroéconomie et finance internationales au CEPII, et Laurent Vronski, directeur général d'Ervor, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Thomas Grébine.
00:03Bonjour Thomas, responsable du programme Macroéconomie et Finances Internationales au CEPI.
00:09A vos côtés, Ryan Nezard. Bonjour Ryan.
00:11Bonjour.
00:12Professeur à Sciences Po et Laurent Vronsky. Bonjour Laurent.
00:15Bonjour à tous.
00:16Directeur général d'Air Vort, secrétaire général de Croissance Plus.
00:20Alors je le disais pour commencer, on va un peu parler budget ce matin.
00:24On attend des annonces cette semaine venant de Bercy sur comment tenir l'objectif de déficit cette année.
00:34On sait que le coût de la guerre, c'est 6 milliards d'euros d'ores et déjà, 6 milliards
00:41de dépenses supplémentaires et aussi de recettes en moins.
00:45Il va falloir compenser tout ça.
00:47Oui mais comment ? On parle beaucoup de coûts de rabot sur les allègements de charges.
00:52Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est les entreprises qui risquent de payer, de passer
00:56une fois de plus à la caisse.
00:59Je commence à aller avec vous Ryan Nezard.
01:03D'abord, est-ce qu'il va falloir, face au ralentissement économique qu'on a constaté, les croissances zéro au
01:10premier trimestre,
01:11hausse de l'inflation qui a des conséquences budgétaires importantes,
01:15est-ce qu'on va devoir passer par un budget rectificatif en 2026 ?
01:19Alors pas forcément, mais je vais y venir peut-être à la fin parce qu'il y a un certain
01:22nombre de questions qui se posent.
01:24D'abord, au-delà de ces conséquences évidemment géopolitiques, la crise actuelle, la guerre au Moyen-Orient,
01:28a des incidents sur la prévision de croissance, la prévision d'emploi, la prévision d'inflation,
01:33la prévision de finances publiques, pas simplement en France, partout en Europe.
01:37Si on regarde nos voisins, l'Allemagne vient de diviser par deux sa prévision de croissance,
01:41d'augmenter sa prévision d'inflation bien au-delà de 2%.
01:44L'Italie a fait la même chose, mais dans une proportion un peu moindre,
01:48l'Espagne également, en fait tous les pays de la zone euro.
01:50Et la France, vous l'avez dit, a connu au premier trimestre une croissance nulle.
01:54Donc les conséquences économiques, elles sont déjà là, et au fond, on le voit bien dans le quotidien,
01:59les prix à la pompe qui se sont envolés, le prix du gaz également,
02:02qui va augmenter pas simplement les prix du pétrole.
02:06Des conséquences ensuite pour l'industrie, pour l'agriculture, via les engrais, les coûts de transport, etc.
02:14Donc aujourd'hui, la conséquence économique de cette crise pour le pays,
02:19c'est moins de compétitivité pour les entreprises, moins de pouvoir d'achat pour les ménages,
02:23et un risque en effet de dérapage des finances publiques.
02:26Alors face à ce risque, est-ce qu'il faut un nouveau budget rectificatif pour 2026 ?
02:30Moi je ne le crois pas, pour deux raisons.
02:32C'est rouvrir la boîte à baffes à l'Assemblée nationale, à chaque fois c'est toujours pareil.
02:36La première, c'est que le gouvernement peut agir par décret,
02:39on peut faire des économies par décret, il n'y a pas besoin forcément de recourir.
02:43Et beaucoup d'économies, je retrouvais, février 2024, 10 milliards d'économies,
02:49pendant un coup de crayon, une signature de Bercy à l'époque.
02:52Un peu plus de coups de crayon et aussi une signature du Premier ministre.
02:55J'étais à l'époque conseiller budgétaire à Matignon en 2024,
02:58nous avions annulé à cette époque 10 milliards d'euros de dépenses publiques sur le budget de l'État,
03:02pour freiner le déficit.
03:03Et donc le gouvernement, c'est probablement ce qu'il va faire d'ailleurs,
03:06peut annuler jusqu'à de l'ordre de 10 milliards d'euros de crédits sur le budget de l'État.
03:10Je rappelle, on a 6 milliards à trouver, 4 milliards sur le budget de l'État,
03:142 milliards sur le budget de la Sécurité sociale.
03:17Aujourd'hui, les choses ont fait gravé, mais je vais y venir.
03:19Et ce que vous évoquez sur les allègements de cotisations pour les employeurs,
03:24en réalité, ce qui est évoqué ce matin dans la presse,
03:27c'est-à-dire de conserver le barème actuel des allègements de cotisations
03:32et de ne pas appliquer la revalorisation du SMIC,
03:36qui va arriver en juin sur ces exonérations de cotisations,
03:39pour moi, ce n'est pas une mesure scandaleuse,
03:41au sens où ça consiste simplement à compenser l'effet aujourd'hui
03:45qui va revaloriser le SMIC, le compenser pour que ça ne se traduit pas aussi sur les dépenses.
03:49C'est un petit peu compliqué ça, Ryan, c'est-à-dire qu'on a de l'inflation,
03:551er juillet, indexation automatique du SMIC sur l'inflation,
04:00donc le SMIC va augmenter, et parce que le salaire minimum va augmenter,
04:05les allègements de charges...
04:07Le barème qui est utilisé pour calculer les allègements,
04:09qu'on appelait Fillon-Aubry à l'époque, les allègements de charges,
04:11pour les employeurs, ce barème, normalement, il évolue en fonction du SMIC.
04:16Mais on voit bien que dans une période de crise énergétique inflationniste,
04:21il n'est pas illégitime de se dire si ce barème ne doit pas être un peu revu,
04:24en tout cas à la marge.
04:25On parle d'un milliard et demi sur plus de 80 milliards d'euros d'allègements,
04:29donc il faut quand même remettre les ordres de grandeur.
04:32Juste pour finir, sur le budget rectificatif,
04:33pour moi, la deuxième raison qui justifie de ne pas en faire,
04:37c'est le spectacle qu'on a constaté l'an dernier à l'Assemblée nationale et au Sénat.
04:42Il était déjà question.
04:42Des taxes, où à chaque fois qu'on a un débat aujourd'hui budgétaire au Parlement,
04:47reviennent les débats sur la taxe Zuckman, sur l'impôt sur la fortune,
04:50sur la CSG, sur les super profits, etc.
04:53Des débats passionnants, mais qui ne régleront en rien la crise actuelle
04:56à laquelle on est confronté.
04:57Bon, je vais venir à la parole du chef d'entreprise
05:01pour voir ce coup de rabot sur les allègements de charges,
05:05comment c'est vécu, mais avant l'analyse de l'économiste Thomas Rabin.
05:09Non, je suis d'accord avec ce qui a été dit, juste en complément.
05:14C'est vrai que le gel du barème, sur les allègements de charges,
05:18c'est un peu un serpent de mer.
05:19C'était déjà dans le projet de loi de finances pour 2026,
05:23qui devait rapporter 1,5 milliard d'euros.
05:27Et ça avait suscité une opposition légitime, d'une part du patronat.
05:33Et du patronat et d'autre part de la Macronie.
05:36Là, je pense qu'il y a peut-être une fenêtre pour passer plus facilement.
05:42Le deuxième...
05:43Non, mais attendez, c'est important.
05:44Ce que vous nous dites là, c'est que Sébastien Lecornu
05:46a essayé de couper un peu ses allègements de charges
05:50durant le PLF, que ce n'est pas passé pour des raisons politiques.
05:53Et donc, on revient par décret pour finir le boulot, quoi.
05:58Je ne suis pas dans le secret des dieux,
06:00mais c'est possible que l'opposition politique
06:03soit peut-être plus faible maintenant qu'elle ne l'était il y a quelques mois.
06:09Parce qu'il y a une crise aussi.
06:11Parce qu'il y a une crise aussi, oui.
06:12Le deuxième élément, c'est qu'en 2022-2023,
06:16il y avait eu des projets de loi rectificatifs,
06:19aussi parce qu'il y avait eu des mesures budgétaires massives
06:22pour soutenir les ménages et les entreprises.
06:26On se souvient que ça avait coûté très très cher.
06:28Là, aujourd'hui, les mesures sont relativement faibles,
06:33disons marginales d'un point de vue macroéconomique.
06:36On parle d'aides autour de 470 millions...
06:40Voilà, quelques centaines de millions.
06:41...de quelques centaines de millions d'euros.
06:43Donc, c'est quelque chose qui est gérable d'un point de vue budgétaire.
06:48Donc, en fait, il y a déjà plus ou moins...
06:50Enfin, c'est déjà une forme de gel quand vous prenez des mesures faibles.
06:56Ne pas dépenser plus, c'est déjà une forme d'effort en soi, en France.
07:00Voilà, ne pas dépenser plus, c'est déjà...
07:02Et dernier point, ce qui est aussi peut-être frappant,
07:05c'est que là, sur les 6 milliards d'économies qui sont évoquées,
07:09il y en a 4 milliards sur les dépenses de l'État,
07:12et 2 milliards sur la sécurité sociale.
07:14Et ça, de nouveau, c'est peut-être un problème,
07:15parce que quand on regarde depuis 25 ans la hausse des dépenses publiques,
07:20c'est pour les deux tiers de cette hausse,
07:22c'est des hausses de dépenses sociales.
07:24Et quand on regarde essentiellement les retraites et la santé,
07:27quand vous regardez maintenant les dépenses de l'État,
07:30elles ont augmenté autour d'un point en volume chaque année,
07:36alors que les dépenses de sécurité sociale
07:38et les dépenses des collectivités territoriales
07:40ont augmenté de 2 points chaque année.
07:42Donc là, de nouveau, on demande un effort à l'État,
07:45alors qu'en fait, le gros problème des finances publiques en France,
07:48ce n'est pas les dépenses de l'État.
07:48Donc le ratio n'est pas le bon, quoi.
07:49Deux tiers État, un tiers Sécu, c'est l'inverse qu'il faudrait faire,
07:52si je vous entends.
07:53Au moins l'inverse, oui.
07:54Bon, quand le chef d'entreprise, Laurent,
07:57entend qu'on va à nouveau mettre un coup de rabot
07:59sur les allègements de charges
08:05pour financer ces 2 milliards sur la Sécu,
08:08moi, je ne peux pas oublier le fait qu'on a oublié,
08:11par exemple, faire un effort sur les retraités
08:14et le 10% d'allègements pour frais professionnels
08:16dans la Sécu, c'était 4 milliards.
08:18On avait déjà trouvé une bonne partie du problème.
08:20Le fait qu'on aille encore une fois piocher
08:21du côté des entreprises,
08:24comment ça vous fait réagir ?
08:25On va faire un petit flashback.
08:27Parce que là, je comprends bien qu'il y a une crise.
08:30Alors, je le dis très gentiment,
08:31mais je n'ai pas besoin de le dire dans le journal.
08:33Je le vis tous les jours.
08:34Je rappelle qu'une entreprise comme la nôtre,
08:36qui est fortement exportatrice,
08:38est confrontée à deux crises.
08:40La guerre commerciale, qui ne s'est pas volatilisée,
08:42et la guerre tout court.
08:44Si nous avions un État parfaitement bien géré,
08:49avec des dépenses publiques optimisées,
08:52avec des gens à la tête qui sont courageux,
08:54qui fassent les vrais choix
08:57pour éviter qu'il y ait un dérapage.
08:59On n'est même plus au stade du dérapage.
09:01Là, si vous voulez,
09:02on est carrément dans les bottes de foin.
09:03Je dirais, bon, il y a une crise.
09:05Et je pense que tous les chefs d'entreprise
09:07qui nous écoutent diraient,
09:09OK, il y a une crise, on contribue.
09:11Mais pas du tout.
09:12Je veux dire, vous avez parlé de la dissolution,
09:14mais ça a été le coup d'envoi du concours Lépine
09:17de la fiscalité la plus punitive.
09:19Donc, ça fait combien de temps
09:21que, si vous voulez, les gens qui font vivre le système ?
09:24Je le dis très gentiment et très modestement,
09:26mais le seul autour de la table
09:27qui signe l'échec, c'est moi.
09:28Bon, et toutes les entreprises
09:29qui font vivre le modèle social.
09:31Ça fait combien de temps
09:32que l'on demande à l'État
09:33de prendre les mesures courageuses,
09:36pas seulement pour réduire les frais de fonctionnement,
09:37monsieur a raison,
09:38mais pour justement s'attaquer au problème
09:41de la redistribution sociale,
09:43où on sait qu'il y a des abus.
09:44Mais je rappelle qu'il n'y a encore pas si longtemps,
09:47il n'y avait pas de faux chômeurs,
09:48il n'y avait pas de fraude sociale,
09:50il n'y avait pas tout ça.
09:50Donc, ce qui est extrêmement démotivant,
09:55je pèse mes mots, décourageant et frustrant,
09:57c'est qu'à chaque fois qu'il y a un problème,
09:59on se tourne vers ceux qui peuvent encore payer.
10:02Quand ceux qui peuvent encore payer disent,
10:04écoutez, avant de sortir le chéquier,
10:06il serait bien de faire des réformes,
10:08de s'attaquer au dur,
10:09et là, on a des regards pudiques
10:12qui se détournent,
10:14particulièrement en période électorale,
10:17et le déficit ne fait qu'augmenter,
10:19et la dette ne fait qu'augmenter,
10:21et la charge de la dette ne fait qu'augmenter.
10:23Donc, pour nos auditeurs,
10:24quand on paye des taux d'intérêt à des emprunteurs,
10:27c'est de l'argent qu'on n'utilise pas
10:28pour, par exemple, l'éducation,
10:30la sécurité, la médecine,
10:32qui sont les piliers régaliens de l'État.
10:34Donc, vous me posez la question,
10:35comment je réagis par rapport à ça ?
10:37Mais écoutez, nous avons un État qui est obèse,
10:39qui globalement, on a l'impression qu'il vit,
10:42qu'il se suffit à lui-même,
10:43et à chaque fois qu'il y a un problème,
10:44se tourne toujours vers les bailleurs de fonds,
10:46forcés que nous sommes.
10:48Simplement, je pense qu'aujourd'hui,
10:50il y a un véritable ras-le-bol.
10:53Pendant le grand concours Lépine fiscal,
10:56on a parlé de refus de consentement à l'impôt.
10:58Beaucoup de gens, comme moi-même,
11:00qui faisons vivre le système,
11:01aujourd'hui se posent de vraies questions.
11:03– Oui, on voit que ça va être compliqué,
11:05dans la présidentielle, Ryan Nezard,
11:06je vous vois réagir,
11:07vous n'êtes pas complètement d'accord
11:08avec le témoignage du chef d'entreprise
11:11autour de la table.
11:12– Le témoignage, il est évidemment...
11:14– Respectable, juste sur la mesure dont on parle,
11:17vous n'allez pas me remercier,
11:20chacun exprime avec sa sincérité
11:21ce qu'on fait et ce pourquoi on s'engage,
11:23mais juste, ce dont on parle là,
11:26c'est que très concrètement,
11:27vous avez un salarié qui a 3 000 euros brut aujourd'hui,
11:29vous avez un montant d'exonération
11:31sur sa feuille de paye,
11:33en tout cas quand vous réglez les cotisations à l'URSSAF.
11:35Ça, c'est le cas de figure aujourd'hui.
11:37Ce montant, il est calculé en fonction d'un barème,
11:39ce n'est pas un truc discrétionnaire,
11:41ce n'est pas quelqu'un en costume gris
11:42comme votre serviteur qui arrive et qui dit
11:43c'est X ou C'est Y en fonction de la tête du client.
11:46Non, c'est un barème, c'est le même pour toutes les boîtes,
11:48avec quelques modulos.
11:50Ce barème, demain, si on augmente le SMIC,
11:53le même salarié à 3 000 euros,
11:54vous aurez plus d'allègements.
11:56Son salaire n'aura pas changé,
11:57ce que vous payez pour cet employé,
12:00finalement, vous n'aurez pas augmenté son salaire,
12:02et néanmoins, il y aura plus d'aide
12:04sur ce contrat de travail.
12:05Je veux bien entendre que ce soit évidemment
12:07un peu complexe, un peu technique,
12:08mais il y a un effet pour les entreprises
12:11de baisse du prélèvement sur ces contrats de travail
12:16qui est mécanique,
12:17même pour les emplois qui ne sont pas au niveau du SMIC.
12:19C'est-à-dire, pour bien comprendre,
12:21on ne le paiera pas plus,
12:24il touchera lui-même le même salaire,
12:26mais l'entreprise paiera moins de charges.
12:29Ce que vous avez évoqué tout à l'heure,
12:31c'est-à-dire qu'on stabilise le barème de ces allègements,
12:35ça revient à dire que pour un contrat de travail
12:37aujourd'hui à 3 000 euros bruts,
12:39les cotisations avant et après sont les mêmes.
12:42Si on laisse faire l'augmentation du SMIC,
12:44mécaniquement, et on peut dire que cette loi
12:46est mal écrite, on peut critiquer,
12:48mais mécaniquement, en l'état du système,
12:51ça conduit à dire que sur ce même contrat de travail,
12:52je compte 3 000 euros bruts, peu importe le montant,
12:54vous aurez plus d'allègements de cotisations.
12:57Je me permets juste de dire,
12:58je suis complètement d'accord pour dire
12:59que la France a plus d'impôts de production
13:00sur les entreprises, qu'il faut les baisser,
13:02qu'on n'a sans doute pas assez fait d'efforts.
13:04Je n'ai pas parlé de ça.
13:04Oui, mais moi, je vous le dis.
13:05Donc, il n'y a pas de problème,
13:06et on peut peut-être se retrouver là-dessus.
13:08Néanmoins, dans la période de crise actuelle,
13:12baisser ces prélèvements-là
13:13à ces niveaux de contrat de travail
13:15qui n'ont pas forcément besoin d'être,
13:17on va dire, encouragés aujourd'hui,
13:20c'est forcément un choix
13:21qui questionne le gouvernement
13:22quand il est en train de chercher
13:23à ne pas déraper au plan budgétaire.
13:25Bon, et Laurent ?
13:26Je vais répondre.
13:27Vous voyez, là, on est typiquement,
13:29je pense, dans ce qui anime tous les débats
13:33depuis maintenant qu'on parle
13:34de choses extrêmement pointues.
13:36Alors, moi, ce n'est pas un avis que j'ai.
13:37Je suis, je dirais, l'ambassadeur de la concrétude.
13:39C'est-à-dire que tout ce que vous évoquez,
13:41je le vis du matin au soir
13:42et je signe les chèques
13:43et j'ai vu le montant.
13:44Je vois ce que notre entreprise
13:46signe comme chèque global à l'État.
13:49Vous imaginez, regardez,
13:50pour expliquer la mesure,
13:51il faut quasiment qu'on soit trois
13:52sur ce plateau
13:53pour que les auditeurs comprennent.
13:54Ah oui, mais c'est la technicité
13:55de la fiscalité française
13:56et du système globalement.
13:57Mais ce qui est intéressant,
13:58ça s'appelle les experts,
13:59c'est bon signe.
13:59J'entends bien,
14:00mais je veux dire qu'on peut
14:01très bien expertiser,
14:02justement, proposer des choses
14:03beaucoup plus simples et lisibles.
14:04Pourquoi est-ce qu'on a inventé
14:05ces exonérations de charges ?
14:07Pourquoi ?
14:07C'est ça la vraie question.
14:09Et là, on est au cœur du problème français,
14:11à savoir l'usine à gaz fiscale.
14:12C'est-à-dire que comme
14:14après les 35 heures,
14:15on a eu une envolée,
14:16si vous voulez,
14:16des coûts du travail
14:17et qu'on a voulu
14:21neutraliser
14:21ces effets naissasses
14:22au niveau de l'emploi,
14:23notamment au niveau des gens
14:24qui sont, si vous voulez,
14:25les moins bien lotis
14:26et qui ne sont pas
14:28les plus qualifiés.
14:30Donc, on a inventé
14:31tout un système
14:31auquel personne ne comprend rien,
14:33les salariés en premier,
14:34j'en suis témoin,
14:35on n'a jamais eu autant de questions
14:36sur les feuilles de paye.
14:37Et donc, on a inventé
14:38cette usine à gaz
14:39pour neutraliser
14:40les effets néfastes.
14:41Oui, sur l'emploi
14:42et sur les bas salaires.
14:42Donc, on en est là.
14:43Ce qui veut dire que,
14:44si vous voulez,
14:45ça c'est un excellent exemple
14:47du maquis fiscal
14:48dans lequel nous vivons.
14:50Et donc, la question principale,
14:51ce n'est pas cette mesure
14:52en particulier.
14:53Je pense qu'on arrive
14:54à la fin d'un système
14:55où on a besoin
14:56de faire un master reset
14:57et de repenser le système.
14:59Pourquoi ?
14:59Parce qu'on est dans
15:00un environnement économique
15:01qui est extrêmement fluide,
15:04extrêmement mouvant,
15:05n'en déplaise à certains
15:06et que les entreprises
15:07sont mobiles.
15:07Oui, mais Laurent,
15:08est-ce qu'on n'est pas comme ça
15:08dans tous les pays ?
15:09Est-ce qu'il n'y a pas
15:10une complexité fiscale
15:11ou sociale finalement
15:12dans tous les pays ?
15:14Si vous remplacez,
15:15si vous remplissez
15:15une déclaration d'impôt
15:17aux Etats-Unis,
15:17c'est un truc épais comme ça.
15:19Et vous avez besoin
15:20de trois avocats fiscalistes
15:22pour les gens.
15:23J'ai des 8 ans aux Etats-Unis,
15:24donc je connais un peu
15:25le site américain.
15:25Le paradis fiscal n'existe pas.
15:27Mais si vous voulez,
15:28simplicité et stabilité
15:30sont quand même des choses
15:31auxquelles on peut tendre.
15:31Thomas Grébine.
15:32Non, mais il y a un autre point
15:34qui je pense
15:35qui pourrait nous rassembler
15:36tous les trois,
15:36c'est le problème
15:37du bouclage macro.
15:39C'est-à-dire que,
15:39et là, le problème,
15:41c'est qu'on a des dépenses
15:43sociales qui sont
15:44cinq points de PIB
15:46supérieurs à la moyenne
15:48de l'Union européenne.
15:49on a un déficit
15:52de la sécurité sociale
15:54qui devient malheureusement
15:55quasi structurel.
15:58Il y a un niveau
15:59très élevé.
16:00Autour de 20 milliards
16:02d'euros.
16:03Et en fait,
16:03on ne sait pas trop
16:04comment le financer.
16:06Et donc, en effet,
16:07le plus facile,
16:08c'est faire des,
16:09surtout dans le contexte
16:10politique actuel,
16:11c'est de faire des réformes
16:12paramétriques,
16:13mais qui sont,
16:13en effet,
16:14une finée payée
16:15par les entreprises
16:15qui payent déjà plus
16:16que dans les autres
16:18pays européens.
16:20Mais le problème,
16:21c'est qu'aujourd'hui,
16:22il n'y a pas
16:22le consensus politique
16:24pour faire des réformes
16:25de la protection sociale.
16:28Vous avez évoqué
16:28les pensions.
16:29Si on faisait
16:30une désindexation
16:31des pensions de retraite
16:33avec 2% d'inflation,
16:34ça pourrait rapporter
16:35autour de 8 milliards
16:36d'euros.
16:37Donc, on voit bien
16:38que même d'un point
16:39de vue budgétaire,
16:40les montants,
16:41si on touchait
16:42aux paramètres
16:44de la protection sociale,
16:46ça rapporterait
16:46beaucoup plus.
16:47Mais d'un point
16:47de vue politique,
16:48évidemment,
16:49et surtout dans un contexte
16:50où le pouvoir d'achat
16:51et les problèmes
16:52de pouvoir d'achat,
16:53c'est très difficile
16:54à passer.
16:55Donc, au moins
16:55jusqu'à la présidentielle,
16:56on est condamné
16:57à ce type de rustine.
16:58Mais en effet,
16:59ce type de réforme
17:01paramétrique,
17:02in fine,
17:02ça consiste à augmenter
17:04les impôts
17:04sur les entreprises.
17:05Alors, l'autre rustine
17:06qu'on risque d'avoir
17:08en fin d'année,
17:08c'est la loi spéciale.
17:09On en parle beaucoup
17:10en ce moment.
17:11C'est comment gérer
17:12ce dernier budget
17:13avant l'élection
17:15présidentielle
17:15l'année prochaine.
17:17Tout le monde prédit
17:17le chaos
17:18et donc le scénario
17:18qui tourne beaucoup
17:19est celui
17:20d'une loi spéciale.
17:21Pour faire simple,
17:22on reproduit
17:23le budget 2026
17:24en service voté
17:252027,
17:26emballer ses pesés
17:27et au prochain président
17:28et à la prochaine
17:29assemblée
17:29de voter son budget.
17:32Quels sont les avantages
17:33et les inconvénients
17:34d'un tel scénario,
17:34Ryan Neza ?
17:35Je crois que Bercy
17:36n'est vraiment pas
17:37en faveur de ce scénario.
17:39En tout cas,
17:39la loi spéciale,
17:40c'est très mauvais
17:40pour le pays
17:41parce que ça consiste
17:42à reproduire
17:43en 2027
17:44le même budget
17:45de l'État
17:45qu'en 2026.
17:47Donc ça veut dire
17:47mécaniquement,
17:48ce que disait Thomas
17:49à l'instant,
17:49que les dépenses sociales
17:51qui galopent
17:51sous l'effet du vieillissement
17:52démographique
17:52vont continuer
17:53à augmenter
17:54et qu'on n'a
17:55aucun levier,
17:56aucune marge
17:57de manœuvre
17:57pour freiner
17:58cette évolution.
17:59En termes de chiffres,
18:00très clairement,
18:00c'est 20 milliards
18:01d'euros de déficit
18:02en plus
18:05si on n'agit pas
18:07sur les finances publiques,
18:08si on décide
18:09juste de reconduire
18:09en 2027
18:10le budget de 2026.
18:1120 milliards d'euros.
18:1220 milliards d'euros en plus.
18:14La deuxième chose,
18:14c'est que c'est le contraire
18:16de la politique.
18:17La politique,
18:17c'est faire des choix
18:18en principe.
18:18Et le budget,
18:19c'est quand même
18:20le moment
18:20où on fait des choix
18:21qui concernent
18:22l'ensemble
18:22de notre société.
18:24On voit bien
18:25tout est symbolisé,
18:26Ryan Nezard,
18:27on n'arrive plus
18:28à prendre de décisions politiques
18:29depuis juillet 2024.
18:30Je vais terminer là-dessus
18:32en vous racontant une anecdote
18:33pour parler des retraites
18:34qui était le débat
18:35juste avant.
18:36Mais si on a en 2027
18:38le même budget
18:38qu'en 2026,
18:39ça veut dire
18:39qu'on n'a aucun financement
18:41nouveau pour l'électrification
18:42des véhicules,
18:43qu'on laisse 80%
18:44des universités en déficit
18:45alors qu'il faut réinvestir
18:46dans notre enseignement supérieur
18:47et notre recherche,
18:48qu'on ne fait rien
18:49pour rendre le métier
18:50de professeur plus attractif,
18:51qu'on ne renforce pas
18:52notre industrie de défense,
18:53etc.
18:53Et qu'on ne fait pas
18:54les choix en face
18:55pour financer
18:55toutes ces priorités
18:56pour le pays.
18:57En tout cas,
18:57me semble-t-il.
18:59Donc, à mon avis,
19:00la loi spéciale,
19:01c'est vraiment
19:02un très mauvais scénario
19:04pour le pays.
19:04Et ça repousse les choix,
19:06ça veut dire que,
19:06finalement,
19:07les partis de gouvernement
19:09se délaissent
19:10de toute responsabilité,
19:11ne sont pas capables
19:11de se mettre autour d'une table
19:12et de trouver des compromis
19:13et laissent, finalement,
19:14les Français à leur anxiété
19:16et au choix
19:16de l'élection présidentielle.
19:17Donc, je pense
19:18qu'il faut éviter ça.
19:19Mais juste une anecdote
19:19sur la question des retraites.
19:21Pourquoi on a eu ce débat
19:22juste avant
19:22sur les prélèvements obligatoires ?
19:24Je suis, pour le coup,
19:25complètement d'accord
19:26avec votre point.
19:27Ce n'est pas du tout
19:27la priorité d'augmenter
19:29les prélèvements obligatoires.
19:29Il vaut mieux faire des économies,
19:30notamment sur le modèle social.
19:32Mais pour une raison simple,
19:33c'est qu'il n'y a pas
19:33de consensus aujourd'hui
19:34politique pour faire ces économies.
19:37Moi, j'étais à Bercy,
19:37j'étais conseiller budgétaire
19:38à Bercy en 2023
19:40quand le choix a été fait
19:41de revaloriser les retraites
19:43de à peu près 5%
19:45pour janvier 2024.
19:47Le pire choix de la décennie.
19:49Ça a coûté 15 milliards.
19:51Soit à peu près l'équivalent
19:52des économies
19:53que devait apporter
19:54la réforme d'Elisabeth Borne
19:56l'année précédente.
19:57C'était lié à l'inflation.
19:57Mais comment ça s'est fait ?
19:59Vous croyez que les ministres
20:00ont proposé,
20:01d'ailleurs Bruno Le Maire
20:01qui a écrit un livre
20:02en train de raconter ça,
20:03c'est pour ça que je me permets
20:03aussi de le dire,
20:05de le dévoiler.
20:06Vous croyez que les ministres
20:06étaient d'accord ?
20:07Tous les ministres ont plaidé
20:08pour ne pas le faire.
20:09Tous les ministres ont dit
20:10il vaut mieux demander un effort
20:12en faisant en sorte
20:13qu'il soit juste,
20:14donc peut-être en modulant l'effort
20:15selon le niveau de retraite.
20:16Mais en tout cas,
20:17éviter à l'avenir
20:18d'avoir des choix injustes
20:20simplement parce qu'on paierait
20:21le prix de cette crise inflationniste.
20:22Non mais pardon,
20:23Yann Ezard,
20:23c'est la responsabilité des politiques
20:25au final.
20:26Mais les députés
20:27du Parti Socialiste
20:29et des Républicains
20:29nous ont répondu
20:30si vous faites ça,
20:31on vous censure.
20:32Donc il n'y avait,
20:33à l'époque,
20:34avant même la dissolution,
20:35et il y a aujourd'hui encore moins,
20:37de majorités politiques
20:38à l'Assemblée Nationale
20:39pour appliquer un tel programme
20:41qui est un programme d'économie,
20:43notamment sur le modèle social.
20:44Donc il y a une élection
20:45qui arrive en 2027,
20:46il y aura peut-être des choix
20:46qui seront faits par les Français,
20:48mais il ne faut pas non plus penser,
20:49je termine par là,
20:50que les politiques ne sont pas
20:53conscients de tous ces problèmes.
20:55Simplement,
20:55il n'y a aujourd'hui
20:56pas de majorité
20:57pour les résoudre.
20:59La formule est élégante,
21:00je la salue,
21:02il y a ceux qui sont conscients
21:03puis il y a ceux qui la vivent.
21:04Moi je fais partie
21:04de ceux qui la vivent.
21:05Et monsieur a raison,
21:06je veux dire que,
21:07si vous voulez,
21:09mais ce qu'on demande,
21:10vous avez la question
21:11sur l'OAS spécial,
21:12je veux dire qu'on donne
21:13des mandats à des gens
21:14pour qu'ils prennent
21:15les bonnes décisions
21:15pour le pays.
21:16C'est ça le fondement
21:18de la politique,
21:18ce n'est pas une carrière,
21:20ce n'est pas un institut.
21:20La politique,
21:21c'est rendre le nécessaire possible.
21:23Là où je suis d'accord
21:24avec monsieur,
21:24c'est que si vous voulez,
21:25on a l'impression,
21:26je veux dire que,
21:27pour ceux qui sont,
21:28enfin qui voient
21:28ce qui se passe dans le monde,
21:30aujourd'hui,
21:30on est passé en vitesse
21:31surmultipliée.
21:32On est face à des chocs
21:34complètement inédits,
21:35que ce soit au niveau
21:36de la géopolitique,
21:37je crois que là-dessus,
21:37je n'ai pas besoin
21:38de m'étendre,
21:38que ce soit au niveau
21:39de la technologie,
21:40on va en parler,
21:41l'IA est en train
21:42de faire, je dirais,
21:43des bouleversements
21:44complètement inédits.
21:45Donc, on est en 78 tours
21:47à l'extérieur,
21:49et puis à l'intérieur
21:50de ce cénacle,
21:51là, on est à 33 tours.
21:52Donc, il y a quand même
21:53un petit problème.
21:54Une petite dissonance musicale.
21:55Donc, maintenant,
21:57si pendant un an,
21:58effectivement,
21:59on fait une loi spéciale,
22:00ça veut dire qu'on met
22:00le pays sur pause
22:01à un moment où on doit
22:03faire des choix
22:03qui vont déterminer
22:05notre avenir,
22:05pas pour 2027,
22:07mais pour les 10, 15,
22:0820 ans à venir.
22:09On en est là.
22:10Donc, finalement,
22:11ce n'est pas un choix politique,
22:13c'est plutôt un choix de société.
22:14Et il va falloir le courage,
22:16même sans majorité,
22:18de dire les choses,
22:19de proposer les choses.
22:20Après, on est en démocratie.
22:21Je dirais, on a un parlement,
22:22il est fait pour ça,
22:23il décidera.
22:24Mais au moins,
22:24si vous voulez,
22:25qu'on me donne les vrais choix.
22:26Ce que nous faisons
22:27dans nos entreprises
22:28par rapport à nos collaborateurs.
22:30Depuis le Covid,
22:31on a géré cette crise systémique.
22:33Croyez-moi,
22:33on ne s'est pas ennuyé,
22:34on ne s'est pas amusé,
22:35et on a dû faire des choix
22:37cafcaïens.
22:38Oui, et puis,
22:38on peut se dire aussi
22:39qu'en cas de censure
22:40du gouvernement,
22:41finalement,
22:41ils arriveront en fin de course.
22:42Donc, c'est peut-être
22:43le moment d'être courageux
22:44et de passer en force.
22:46Pourquoi pas ?
22:46Moi, c'est un de mes scénarios.
22:47Thomas Grébine.
22:48Je me souviens
22:48que c'était un peu
22:49le pari de François Bayrou,
22:52c'est-à-dire qu'on va mettre
22:54les chiffres sur la table
22:55et les Français,
22:57comme sera,
22:57et les politiques,
22:58seront conscients
22:59de la situation.
23:00J'ai l'impression que ça infuse
23:00un peu dans l'opinion publique,
23:02quand même,
23:02dans les différents sondages
23:03qu'on peut avoir.
23:04Il y a toujours un peu
23:05des recettes miracles
23:06qui sortent du chapeau,
23:08que ce soit la taxe
23:09Zuckman à l'automne,
23:10maintenant,
23:10c'est la taxe
23:11sur les super profits totales
23:13qu'on se souvient
23:13en 2022-2023,
23:15fait à l'étranger,
23:16qui avait rapporté
23:1770 millions d'euros.
23:19Donc,
23:19tant que vous agitez
23:20un peu ce genre
23:21de mystiquerie,
23:22en fait,
23:24vous pouvez dire
23:24qu'on va taxer
23:25les super riches,
23:26on va taxer Total,
23:27et ça évite
23:28de voir les réalités
23:31macroéconomiques.
23:31Et de nouveau,
23:32les réalités macroéconomiques,
23:34c'est le fait
23:35qu'on a un modèle social
23:36qui est aujourd'hui
23:39très...
23:39Donc, c'est les retraites
23:40et la santé.
23:42Mais ça,
23:43politiquement,
23:43c'est explosif.
23:45Et de nouveau,
23:46sur les retraites,
23:49on dépense
23:49deux à trois points
23:50de PIB en plus
23:51que la moyenne européenne.
23:54Donc, ça ne veut pas dire
23:55que les retraités
23:56vivent bien
23:56dans les autres pays européens,
23:57mais ça veut dire
23:58qu'au moins,
23:59il y a un choix
24:00macroéconomique,
24:01un choix de priorité
24:02de politique économique
24:02qui est fait
24:04différemment
24:05dans les autres pays.
24:06Donc, si vous mettez
24:06deux à trois points de plus
24:08dans les retraites
24:09en France,
24:09c'est deux à trois points
24:11de plus en moins
24:11pour d'autres postes
24:13de dépense,
24:13que ce soit l'éducation
24:14ou les impôts de production.
24:15ce soit l'éducation
24:15de plus en plus,
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