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Eric Allouche, Directeur exécutif ERA Immobilier, fait le point sur le le projet de réforme du statut LMNP exprimé dans le projet de loi de finances 2027. Quels sont les impacts pour les bailleurs ?

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Transcription
00:11Dans Smartimo, on se pose cette question en 2027, est-ce que le statut LMNP, loueur meublé non professionnel, s
00:18'est terminé ?
00:19On le sait, le gouvernement veut revoir les avantages fiscaux de la location meublée, amortissement plafonné, fiscalité moins attractive.
00:26Ce LMNP, longtemps considéré comme un Eldorado pour les investisseurs, est-il en train de perdre tout son intérêt ?
00:32Quelles conséquences pour les propriétaires et le marché locatif dans son ensemble ?
00:37Autant de questions qu'on va poser à notre invité, c'est un expert, Éric Allouche. Bonjour.
00:41Bonjour Fabrice.
00:41Éric, vous êtes directeur exécutif d'ERA Immobilier et on rentre tout de suite dans le vif du sujet.
00:47Avec cette proposition de loi, ce n'est pas encore gravé dans le marbre,
00:51mais c'est vrai qu'on aurait un coup de rabot, effectivement, sur les avantages, ou prétendus avantages, de ce
00:56statut, loueur meublé non professionnel.
00:59Pour vous, qu'est-ce que ça veut dire ? On sait que le gouvernement a besoin d'argent.
01:02Mais est-ce que c'est la bonne solution ?
01:04Alors, que le gouvernement ait besoin d'argent, ce n'est pas un scoop, tout le monde le sait.
01:07On est dans une période de déséquilibre budgétaire.
01:09Ceci dit, si vous coupez les investissements, parce que je rappelle que ce statut de loueur en meublé non professionnel,
01:16qui n'est pas un Eldorado, qui est juste une possibilité pour des gens d'investir dans l'immobilier.
01:22Et on sait que les gens qui investissent dans l'immobilier, dans ce type d'investissement, ne sont pas des
01:26nantis.
01:26Ce sont des gens, je crois qu'il y a une étude qui a été sortie, qui gagne environ 3
01:31000 euros par mois.
01:32Donc, ce ne sont pas des gens qui gagnent beaucoup d'argent, ce ne sont pas des gros investisseurs, etc.
01:37Donc, raboter ce régime reviendrait à priver de la possibilité d'avoir des gens qui investissent dans l'immobilier,
01:45ce qui est nécessaire dans notre pays pour avoir des logements.
01:47Donc, quand on coupe les investissements, on se coupe les pattes.
01:51Et effectivement, pour prendre l'image de la poule, si vous empêchez la poule, si vous bridez la poule et
01:58qu'elle ne peut plus manger,
01:59il n'y aura pas d'œuf et demain, il n'y aura pas de poussin.
02:01On sait que l'immobilier, c'est du temps long.
02:03Donc, l'immobilier de demain, c'est aujourd'hui.
02:05Et déjà, il est trop tard quand on voit la pénurie de logements, notamment avec les étudiants aujourd'hui.
02:11On n'a pas fait ce qu'il fallait pendant deux quinquennats.
02:14On espère que ça va peut-être changer de manière à ce qu'il y ait un peu plus de
02:17place pour l'investisseur.
02:18Oui, d'autant que c'était pour le coup réellement une poule aux œufs d'or.
02:22C'est vrai qu'il y a bien sûr les logements qui ne sortent pas, mais aussi tout l'aménagement.
02:27On sait qu'il y a un halo autour de ce logement qui fait que c'est des revenus.
02:31Et puis, des taxes d'habitation, des taxes foncières en tout cas.
02:34Il y a tout un écosystème.
02:36Là, on a l'impression qu'on est en train de renier un peu aux entournières.
02:40Et ça devient de plus en plus compliqué.
02:42Absolument.
02:43Alors moi, je ne parlerai pas de poule aux œufs d'or, même si j'ai pris l'image de
02:45la poule.
02:45Parce que ce n'est pas des œufs d'or.
02:47C'est juste un bénéfice qui est tiré par des gens qui investissent.
02:51Il faut savoir qu'en France, on a plus de 2 000 milliards qui sont placés dans les assurances vie,
02:56qui rapportent, je ne sais pas, un petit peu évidemment à l'État, mais qui pourraient être beaucoup mieux fléchés
03:01en allant dans le logement.
03:03Puisque le logement, je rappelle, ça profite à tout le monde.
03:05Le logement, c'est un besoin vital.
03:07Donc il faudrait que le gouvernement, quel qu'il soit demain, quel qu'il sera, et on espère que la
03:12préoccupation va commencer maintenant, prendra en compte cette nécessité.
03:17Et justement, est-ce que vous avez l'impression qu'on en parle suffisamment, selon ce qui est un peu
03:20l'éléphant dans la pièce, en tout cas dans le budget des Français ?
03:22C'est vrai qu'on parle beaucoup de l'énergie, on parle de l'essence, etc.
03:25Mais c'est une dépense contrainte obligatoire pour la plupart des Français.
03:29Absolument.
03:29Alors on n'a pas pris ça en compte pendant encore une fois longtemps.
03:33Là, c'est revenu à l'agenda des principaux candidats, puisque tout le monde a un petit peu des propositions
03:39là-dessus.
03:39Je pense que c'est une bonne nouvelle, parce que c'est quelque chose qui devrait transcender les intérêts politiciens
03:45des uns et des autres.
03:46Le logement concerne toute personne.
03:48Et ce qui est certain, c'est que demain, si on n'a pas des gens qui investissent, et a
03:51priori c'est des gens dans le privé, on n'aura pas suffisamment de logement.
03:55Donc il faut s'en préoccuper maintenant, et il faut que ce soit attractif.
03:58Il faut que les gens ont les yeux qui brillent lorsqu'on parle d'immobilier.
04:02Puisqu'encore une fois, l'immobilier, c'est toute une chaîne derrière, et c'est du temps long.
04:06C'est de la TVA, évidemment, c'est des entreprises qui travaillent, c'est des Français qui sont socialement beaucoup
04:14plus intégrés dans la société.
04:16Donc c'est extrêmement important, le logement.
04:18Alors là, effectivement, avec ce projet de loi, plafonnement des amortissements à 2,5%, 7000 euros par an maximum à
04:26déduire,
04:26on sait à peu près combien les propriétaires risquent-ils de perdre ?
04:30Il risque de perdre beaucoup.
04:32Je dirais, en alignant le régime des meublés non professionnels sur effectivement le régime classique de l'allocation,
04:40on est quand même dans un schéma où on va restreindre les possibilités,
04:46sous prétexte de réduire les niches fiscales pour faire des économies.
04:50Mais c'est toujours une réduction, c'est-à-dire qu'on se réfère toujours par rapport au statut le
04:55moins intéressant.
04:56Vous savez, ça s'était passé avec les Gilets jaunes, lorsque l'on avait aligné le prix, la fiscalité du
05:03diesel sur l'essence.
05:05On pourrait faire l'inverse aussi.
05:06On pourrait dire, effectivement, il faut de l'incitation, puisque je rappelle qu'il y a énormément de coercition, c
05:11'est-à-dire de la taxation,
05:13alors qu'en fait, il faut de l'incitation, c'est-à-dire donner envie aux gens d'investir, et
05:17ce, dans l'intérêt des Français.
05:18Donc c'est le logiciel qu'il faut changer, la manière de voir les choses.
05:22D'autant que les Français sont toujours attachés à la pierre et à l'investissement immobilier,
05:26à un particulier qui vient et qui pousse la porte d'une agence, qui veut investir dans l'immobilier.
05:31Qu'est-ce que vous conseillez aujourd'hui ? On achète en meublé, on loue vide, on attend ?
05:36Ça dépend du profil. Ça dépend du profil de chacun, ça dépend de son taux d'imposition,
05:41ça dépend effectivement de paramètres qui sont personnels.
05:45Ceci dit, investir dans l'immobilier, déjà, si les gens peuvent être propriétaires de leur résidence principale,
05:49avant de courir, on essaie de marcher.
05:51Je rappelle que seulement 50%, 57% des Français sont propriétaires de leur résidence principale,
05:56donc c'est important aussi d'être propriétaire de sa résidence principale.
05:58Ensuite, un investissement locatif, il faut regarder la qualité du logement.
06:03Aujourd'hui, on peut même investir dans une passoire thermique,
06:07parce que, contrairement à ce qu'on peut penser,
06:09si demain on a un régime plutôt de gauche, pour faire simple,
06:12on aura forcément des aides qui seront augmentées,
06:15si on a un régime plutôt de droite, encore une fois pour faire simple,
06:18on aura certainement un assouplissement des obligations.
06:21Donc dans les deux cas, investir dans une passoire thermique n'est pas forcément une mauvaise idée,
06:26surtout si c'est pour une résidence principale.
06:28Si c'est pour du locatif, effectivement, il faut regarder,
06:30il faut regarder le montant des travaux, etc.
06:32Donc ça, ça suppose d'avoir un regard de spécialiste.
06:37Il faut aller voir pour ça une agence immobilière RERA,
06:39puisque les agences immobilières RERA sont habituées à ce genre de choses,
06:43à mettre en place les projets, à accompagner les gens,
06:47pour que leurs projets soient réalisés de la meilleure façon possible.
06:51Tiens, justement, vous parliez de votre groupe, c'est vrai,
06:54plus de 400 agences en France, c'est compliqué, une fois de plus cette année,
06:58malgré quand même un volume assez important.
07:00Alors, on n'est pas sur les records d'il y a quelques années.
07:03Qu'est-ce que vous entendez, là, en agence ?
07:05On entend qu'il y a surtout un delta, un grand gap
07:09entre les gens qui sont restés accrochés à leur prix, peut-être de 2022,
07:13et ceux qui veulent acheter et qui sont contraints,
07:15parce que nous oublions-t-on qu'entre-temps,
07:16on a multiplié les taux d'intérêt par 4 ans.
07:19Aujourd'hui, on en peut prendre 1%.
07:20Aujourd'hui, c'est 4%. En tout cas, on s'en dirige.
07:22Alors, c'est normal et c'est une constante.
07:24Tout le monde veut vendre le plus cher possible.
07:26Les gens qui ont acheté en 2022, qui veulent vendre aujourd'hui,
07:28déjà, ce n'est pas la majorité, parce qu'en général,
07:30un bien est gardé beaucoup plus que ça.
07:32On est à 12 ans, voire même un peu plus parfois.
07:35Donc, ce n'est quand même pas l'essentiel.
07:36C'est sûr que quand on a en mémoire l'après-Covid,
07:39on a une augmentation du volume de vente
07:41et aussi des prix immobiliers qui étaient anormales.
07:45Aujourd'hui, on se retrouve avec un taux entre 3,5 et 4%.
07:49On fait la tête.
07:50Ceci dit, moi qui ai acheté il y a 24 ans,
07:53j'étais à 5%.
07:54Vous voyez, et ce n'était pas une grosse histoire.
07:56Donc, évidemment, on se réfère à la période qui était une période anormale.
08:01Aujourd'hui, l'immobilier ne va pas si mal que ça.
08:03On va terminer l'année, en gros, à 950 000 transactions,
08:07peut-être un petit peu moins, je dirais,
08:09aux alentours de 900 000, 920 000.
08:11Donc, ce qui est plutôt pas mal, quand même,
08:12dans une période agitée.
08:14C'est le moins qu'on puisse dire.
08:15Il faut continuer à investir dans l'immobilier.
08:17C'est ça que je veux dire.
08:18C'est qu'investir, déjà, dans sa résidence principale,
08:21c'est être propriétaire.
08:23C'est ne pas perdre son argent avec des loyers qui sont perdus.
08:27Il vaut mieux payer un crédit, et même à 4%,
08:29plutôt que de continuer à être locataire.
08:32Et ça, ce sera toujours vrai.
08:34Donc, les gens qui peuvent acheter aujourd'hui,
08:35il faut le faire, parce que les taux vont monter.
08:37Bon, en tout cas, c'est dit.
08:40On continue, même si, effectivement,
08:41tout n'est pas simple pour l'investissement locatif privé.
08:44On est en attente, évidemment, des nouvelles mesures.
08:46Mais achetez, achetez surtout votre résidence principale,
08:49si vous pouvez.
08:50Voilà le conseil d'Éric Allouche,
08:51le directeur exécutif des rats immobiliers.
08:54Merci, Éric.
08:55Merci, Fabric.
08:55Et à très bientôt dans Smartimo.

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