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  • il y a 1 heure
Vendredi 9 octobre 2026, retrouvez Frédéric Mazzella (Président-Fondateur, BlaBlaCar, Dift, Fred24), Aurore Pinon-Jacques (Late Founder de Goodvest & Cofounder de Climatehouse, Goodvest) et Wendy Souvannarath (Présidente et CEO, Carré Partners) dans BIG, une émission présentée par Mathieu Meffre.

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Transcription
00:00...
00:05Bonjour à tous, bienvenue à BIG, 12e édition Bsmart.
00:09Évidemment, on vous retrouve en direct de cet événement aux 90 000 participants inscrits.
00:15Une journée complète de contenu et ça ne s'arrête pas,
00:18puisque nous vous retrouvons pour cette émission spéciale en direct de l'Arena à Bercy.
00:24Jusqu'où faut-il aller pour faire bouger les lignes ?
00:26A quel moment le culot devient-il de l'inconscience ?
00:29Et comment continuer à avancer malgré le regard des autres,
00:32tout en assumant la responsabilité de ses choix ?
00:35C'est ce thème qui va nous occuper pendant 28 minutes ensemble.
00:38Merci pour votre présence. J'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau pour en parler.
00:42Aurore Pinonjac, bonjour Aurore.
00:44Bonjour.
00:44Vous êtes late founder au sein de Goodvest et co-founder de Climate House.
00:48Merci d'être avec nous.
00:49Merci pour l'invitation.
00:50A ma gauche, Wendy Souvanarad, vous êtes fondatrice et CEO de Carrex Partners.
00:54Bonjour Mathieu.
00:54Un plaisir de vous recevoir.
00:55Et Frédéric Mazzella. Bonjour Frédéric Mazzella.
00:58Bonjour Mathieu Meuf.
01:00Alors, co-président France Digital, président et fondateur de Blablacar comme nous le savons,
01:04mais également de Dift.
01:06Auteur.
01:07Auteur depuis peu, oui.
01:09IA ?
01:10IA, depuis peu aussi.
01:11Voilà.
01:12Merci pour ta présence.
01:14Bon, on parle de Fred24, c'est ça ?
01:16On peut le dire.
01:16On parle de Fred24, qui est donc un site dans lequel tu as mis tous tes écrits, toute ta pensée.
01:21J'ai mis tout.
01:21Voilà.
01:21Et on peut te poser les questions.
01:23On peut me poser toutes les questions.
01:24Et il paraît qu'il répond aussi bien que moi.
01:26En tout cas, il répond beaucoup plus vite.
01:28Voilà.
01:29Directement.
01:29Et à 3h du matin.
01:30Et 24h sur 24.
01:31C'est pour ça qu'il s'appelle Fred24.
01:32Lui, il répond tout le temps.
01:33C'est Fred Follow the Sun, tu aurais pu le dire aussi.
01:35C'est ça aussi.
01:36C'était plus long.
01:36Alors, une première question pour commencer, s'il vous plaît.
01:40Est-ce qu'avant de rentrer dans le sujet, donc d'aller trop loin, puisque c'est le thème qui
01:43va nous occuper,
01:44jusqu'où peut-on aller trop loin ?
01:46Est-ce qu'on va remonter d'un cran ?
01:47Et je me posais tout simplement cette question.
01:49Est-ce qu'il faut être un peu naïf pour entreprendre ?
01:52Frédéric Mazzella.
01:53Il ne faut pas être naïf.
01:55Il faut être optimiste.
01:56Ce n'est pas pareil.
01:57C'est-à-dire qu'il ne faut pas nécessairement écouter les pessimistes.
02:01Donc, ça, ça peut paraître, ça peut se qualifier d'une forme de naïveté.
02:07Mais en fait, de toute manière, si on n'est pas optimiste, il ne faut pas entreprendre.
02:10Enfin, tu vois, c'est une condition nécessaire.
02:12C'est quand on te dit que le covoiturage, c'est un truc de hippie qui ne marchera jamais.
02:16C'est de dire, je m'en fous, j'y vais quand même.
02:17C'est ça.
02:18C'est-à-dire, moi, je pense que ça peut marcher.
02:20Parce que, alors après, c'est toute la différence entre, il y a une différence entre être persévérant et être
02:24têtu.
02:25Et il y a aussi une différence entre l'intuition et la conviction.
02:30Et donc, en fait, il faut passer de l'intuition à la conviction en faisant son travail.
02:34C'est-à-dire aller chercher toutes les informations qui nous permettent d'être sûrs qu'effectivement,
02:38ce qu'on imagine a des chances de se passer, a des chances d'arriver.
02:41Donc, ça, ça veut dire aller regarder tous les paramètres et se convaincre que ce qu'on avait dans le
02:44ventre,
02:45peut-être, va pouvoir apparaître.
02:48Donc, ça, c'est pour passer de l'intuition à la conviction.
02:50Et puis, pour passer de la persévérance, enfin, pour rester dans la persévérance tout le temps n'entrant pas dans,
02:56je ne sais pas comment on appelle ça, mais le côté être têtu.
02:59Parce que, tu sais, quand t'es petit...
03:00On n'est pas têtu, Frédéric Mazzella.
03:02Non, moi, quand on me disait, quand j'étais petit, on me disait que j'étais têtu.
03:05Maintenant, on me dit que je suis persévérant.
03:07C'est quand même super.
03:08Tu vois, quand tu dis entrepreneur, on dit il est persévérant.
03:10Et quand t'es petit, on dit il est têtu.
03:12Mais c'est un peu pareil, je pense.
03:13Moi, je crois que la résilience et la persévérance deviennent des atouts de plus en plus importants.
03:17On voit déjà plusieurs concepts mobilisés à ma gauche chez Frédéric Mazzella.
03:21Or, vous, vous me dites que vous vous reconnaissez davantage dans l'audace que dans le culot.
03:25Mais quand, à 25 ans, avec des cofondateurs, on choisit de proposer une nouvelle façon d'investir,
03:31un peu en marge de ce qui avait été mis en place par une industrie financière spéculaire,
03:36est-ce que ce n'est pas quand même une forme de culot ?
03:38Je pense qu'on peut considérer qu'effectivement, à l'époque, c'était une forme de culot de dire
03:41on va créer une start-up de finances dans laquelle le propos, ça va être de dire
03:45il n'y a pas que l'argent dans la vie.
03:47En vrai, quand j'y pensais avec le recul, oui, c'était un peu culotté.
03:50Mais là où je voulais dire que je me reconnais davantage dans le concept d'audace que dans le concept
03:53de culot,
03:54c'est que l'objectif, ce n'est jamais de choquer pour choquer,
03:56ce n'est jamais de faire bouger les lignes pour faire bouger les lignes.
03:59Nous, en l'occurrence, on se basait sur des convictions très claires,
04:02qui étaient des convictions environnementales.
04:04Et en fait, pour moi, c'est là-dessus que ça repose avant tout,
04:07l'aventure entrepreneuriale, plus que sur le culot lui-même.
04:11Et au-delà de ça, pour répondre à ta première question sur la naïveté,
04:16je pense que ce n'est pas tellement une question de naïveté,
04:18je pense que c'est plus une question d'être OK avec le risque, évidemment,
04:21et d'être OK avec l'inconnu.
04:22Tu vas évidemment faire ton travail d'entrepreneur,
04:25tester son marché, etc.
04:27Mais rien ne se passera jamais comme prévu.
04:29Tu n'auras jamais une année tranquille.
04:31Et il faut juste être OK avec ça, en fait.
04:32Ce n'est pas de la naïveté, c'est juste de l'acceptation, je pense.
04:36Oui, je veux dire, de toute façon, quand on crée un projet,
04:39on va avoir des problèmes.
04:41Donc, si on n'aime pas résoudre des problèmes,
04:43il ne faut pas créer un projet.
04:45Et même, ça devient presque un réflexe.
04:47Quand il y a un problème, il faut se dire,
04:49c'est pour ça que je suis là, d'ailleurs.
04:50C'est parce qu'il y a des problèmes que je suis là.
04:52Et parce qu'il faut les résoudre.
04:53Et donc, c'est ton vrai job.
04:55Si tu ne t'attends pas à résoudre des problèmes
04:58ou si tu n'aimes pas résoudre des problèmes,
04:59quand il va y en avoir, tu vas t'arrêter,
05:01comme d'ailleurs tous ceux qui n'ont pas réussi
05:03à faire ce que tu as envie de faire.
05:04Et donc, c'est pour ça que ceux qui y arrivent
05:06sont ceux qui résolvent les problèmes.
05:08C'est le principe même.
05:09Donc, il faut aimer ça.
05:10Et il faut se dire, c'est même la justification
05:12de ma valeur ajoutée.
05:13S'il n'y avait pas de problème,
05:14je n'existerais pas en tant qu'entrepreneur.
05:16Je suis là parce que, justement,
05:17il y a des problèmes à résoudre.
05:18Il y a la question de la naïveté,
05:20mais donc, il y a la question d'être un problème solveur.
05:23C'est ça, le rôle de l'entrepreneur, Wendy ?
05:25Écoutez, moi, je suis une grande amoureuse
05:27de la naïveté, au contraire.
05:29La naïveté que je vais rattacher à celle de l'enfance.
05:31J'aime beaucoup ce que tu disais sur le suroptimisme.
05:34J'ai une fille qui a 3 ans.
05:35Et je crois que la naïveté, c'est aussi s'autoriser
05:37à ne pas voir les barrières.
05:38Tu sais, quand tu es petit et que tu ne connais pas les obstacles,
05:42que tu n'as pas projeté les noms que tu vas recevoir,
05:44et que tu es cette part de naïveté
05:46ou peut-être de candeur qui est en toi,
05:48te permet d'être suroptimiste parce que tu n'as pas
05:50ces barrières en tête.
05:51Et je crois que dans l'entrepreneuriat,
05:53puisque avec un certain culot, tu vas aller pousser
05:55ce qu'on te dit être impossible,
05:57mais tu y crois.
05:58Et peut-être qu'il y a quelque chose de presque
06:00un poil égocentrique dans le fait d'y aller
06:02parce que tu crois en ta vision.
06:04Ça ne doit pas en jamais empêcher d'être pragmatique,
06:06et tu l'as cité, Frédéric,
06:07mais pour autant, je crois qu'une partie de naïveté
06:09ou de suroptimisme te permet peut-être
06:11d'aller déplacer les montagnes.
06:13Ça, c'est pour un peu les primo-culottés,
06:16mais question de celui qui a connu l'échec.
06:19Tu vois, garder cette force de cette naïveté
06:24que tu évoquais, qui vient peut-être de l'enfance,
06:25comme le disait Frédéric,
06:26où on disait têtu,
06:28où ça devient la persévérance.
06:29Quand on a connu l'échec,
06:32le culot, il en prend un coup, non ?
06:34Alors, je ne me retourne pas vers Fred
06:35parce que tu as connu l'échec,
06:36mais parce qu'on a parlé justement
06:37des autres aventures que tu as lancées
06:38où tu pensais être attendu au tournant aussi
06:39sur un autre registre.
06:41Le culot, ça se préserve après l'échec ?
06:44Au contraire, ça s'enforce.
06:46Je crois que dans ta vie d'entrepreneur,
06:49et on a tous des expériences très différentes ici,
06:52tu te construis aussi parce que tu reçois des noms.
06:55Moi, je peux vous en partager un.
06:57J'avais moins de 16 ans.
06:59Mes parents ouvraient un restaurant.
07:00C'est ma première aventure entrepreneuriale.
07:02On cherchait une banque qui allait nous suivre
07:03sur ce restaurant qui est complètement
07:04une aventure familiale.
07:06On a reçu 7 des noms.
07:08Des noms qu'on pourrait peut-être rappeler
07:10être des échecs.
07:10On avait ce projet en tête.
07:12On voulait monter notre restaurant
07:13aux couleurs du monde,
07:14à l'image de nos origines.
07:16Et finalement, je me suis évidemment rappelée.
07:17Il y a cette mémoire du nom qui est très forte.
07:19Mais derrière, il y a aussi ce oui.
07:21Ce oui qui est le huitième finalement,
07:23mais qui te permet d'avoir confiance,
07:25d'avoir espoir dans l'avenir
07:26et de continuer.
07:27Donc, je ne crois pas que le nom t'arrête.
07:29Le nom te forge.
07:31Le nom peut-être te crée une certaine envie
07:33d'aller chercher le oui.
07:34Et peut-être que quelque part,
07:35derrière, tu as aussi la mémoire du oui
07:36et la fidélité à cette première personne
07:38qui t'a fait confiance
07:39et qui a peut-être, à un moment donné,
07:40changé ta vie.
07:41Le nom, il y a des noms qui vous ont servi
07:43comme pour Wendy, Frédéric, Oran ?
07:46Oui, alors moi, beaucoup.
07:48Ce sont...
07:48Je vais prendre deux exemples.
07:50Un exemple sur...
07:51La première fois que j'ai voulu ouvrir
07:52un compte en banque pour Blablacar.
07:54J'ai fait 7 banques.
07:55Parce que les 6 premières...
07:57Les fameuses 7.
07:57Voilà.
07:58Les 7 banques de la moitié.
07:59Les 6 premières m'ont expliqué.
08:00Mais j'ai tout eu.
08:01C'est-à-dire qu'il y en a eu une.
08:01Je suis allé dans une banque,
08:02je présentais mon projet,
08:06qui m'a expliqué que c'était du covaturage
08:08sur Internet.
08:10Et donc, l'agent de la banque
08:13m'a gentiment raccompagné à la porte
08:14en me tapant sur l'épaule
08:15et en me disant,
08:16merci, monsieur,
08:16mais Internet, on a déjà donné.
08:18Tu vois, c'était après la bulle
08:19des années 2000.
08:20Je me suis dit, bon,
08:21c'est mal parti.
08:23Il y en a une autre qui m'a expliqué,
08:24ben oui, on adore les jeunes sociétés.
08:27Très bien.
08:27Amenez-nous les 3 derniers bilans.
08:29Et ben, comment dire,
08:30je dépose les statuts.
08:31Donc là, les 3 derniers bilans,
08:32j'en ai zéro, en fait.
08:34Ah, ben alors, ça ne va pas être possible.
08:36Merci, monsieur.
08:37Donc voilà, donc, c'est tout ça.
08:38Après, tu en as d'autres qui disent,
08:39mais oui, mais bien sûr.
08:40Puis là, ils te montrent les frais bancaires.
08:42Tu dis, mais vous n'avez pas compris
08:42que je suis à sec.
08:44Pour démarrer,
08:45vous n'avez pas directement
08:45de prendre l'argent que je n'ai pas.
08:47Donc voilà,
08:48donc tout ça fait que, bon,
08:50on te dit non de différentes manières.
08:52Mais bon, la 7e,
08:53alors justement,
08:54j'ai fini par aller pitcher Blablacar
08:57dans une banque.
08:59Et c'était...
09:01Et je n'ai pas prononcé le mot Internet.
09:04Parce que je me suis dit,
09:04si je prononce le mot Internet,
09:05ils vont me mettre dehors.
09:07Donc, j'ai fini par réussir
09:08à ouvrir un compte en banque.
09:09C'est balèze.
09:10Va faire un pitch sur Blablacar
09:12sans prononcer le mot Internet.
09:14Tu vas voir,
09:15c'est un jeu de claquettes.
09:17Eh bien, c'est ce que j'ai fait.
09:18Et finalement,
09:19ils ont compris plus ou moins
09:21ce que j'ai fait.
09:22Puis ils m'ont laissé
09:22ouvrir un compte en banque.
09:24C'est magnifique.
09:25Et ils ne t'ont même pas posé
09:26la question de comment
09:27le service allait se mettre en place.
09:28Non, après, ce n'était pas trop...
09:29Déjà, il n'y avait pas Internet.
09:31Donc déjà, j'étais encore là.
09:32Après, c'est pareil.
09:34Pour faire marcher Blablacar,
09:35on a essayé 6 modèles économiques.
09:37Là, ce n'était pas 7,
09:38c'était 6.
09:38Mais les 5 premiers,
09:39ils ne m'ont pas marché.
09:40Ça veut dire quoi ?
09:40Ça veut dire que 5 fois,
09:41tu te dis, tiens,
09:42on va faire ça.
09:42Puis tu dis à l'équipe,
09:44c'est ça le futur.
09:45C'est ça qu'on va faire.
09:46Et puis 5 fois,
09:47tu te plantes.
09:48Et 5 fois,
09:48tu es obligé de retourner
09:49et de dire,
09:50alors, ce n'était pas ça en fait.
09:51Donc, on en revient sur le fait
09:52que les noms
09:53comme les difficultés,
09:54ce ne sont pas des choses
09:56qui doivent être,
09:58on va dire,
09:59craintes par l'entrepreneur.
10:00C'est juste la vie.
10:01Voilà.
10:02Et je vais me permettre
10:03de citer Einstein
10:04parce que je le cite souvent
10:05parce que quand même,
10:05il a dit 2-3 trucs
10:06très intelligents.
10:08Einstein, il dit,
10:09le signe de la folie,
10:10c'est d'essayer plusieurs fois
10:11la même chose
10:11en espérant un résultat différent.
10:13Et tout est là.
10:14C'est-à-dire que
10:15si tu veux bouger,
10:16il faut essayer,
10:17mais il faut essayer autrement.
10:19Voilà.
10:19Réessayer tout le temps
10:19la même chose,
10:20ça, ça s'appelle être têtu.
10:22Réessayer différemment,
10:22ça s'appelle être persévérant.
10:24Aurore,
10:24sur ce sujet du non ?
10:27J'aimerais bien raconter
10:29le pire non
10:30qu'on ait jamais eu
10:31chez Goodvest
10:31parce que je pense
10:32que c'est important
10:32de partager en fait
10:33ces échecs.
10:34Il y a prescription
10:35et tu pourras nous dire
10:36dans 20 ans.
10:36Oui.
10:37Non, mais je pense
10:38que c'est important
10:39tout simplement
10:39parce que ça décomplexe
10:41tout le monde.
10:42C'était lors de notre
10:42première levée de fonds,
10:43donc c'était un CID
10:44et c'est un oui
10:45qui s'est transformé en non
10:46à la dernière minute.
10:47La term sheet était déjà signée.
10:49Les premiers employés
10:50de la boîte
10:51avaient déjà été embauchés.
10:52Ils étaient déjà
10:52dans les bureaux d'ailleurs.
10:54OK.
10:54Et là,
10:56le lead en fait
10:57sur ce tour en CID
10:58s'est finalement rétracté
10:59en disant
11:00finalement votre histoire
11:01d'investissement responsable,
11:02on n'est pas très sûr
11:04que vraiment ça va
11:05ça a fonctionné.
11:06Ça a été honnêtement
11:07un des plus gros coups durs
11:08qu'on n'ait jamais eu
11:09à surmonter.
11:11C'était une term sheet
11:12en fait.
11:13C'était pas une term sheet.
11:13Oui, c'était une term sheet.
11:14Exactement.
11:16Et ça, évidemment,
11:17ça va être un peu bateau
11:18mais ça apprend la résilience.
11:19Mais en définitive,
11:21ce qu'a fait cet investisseur,
11:23c'est exactement ce qu'on dit
11:24chez Goodvest.
11:25On n'investit que ce
11:26dans quoi on croit.
11:27Il n'y croyait pas,
11:28il n'est pas venu avec nous.
11:29Il y en a d'autres
11:30qui ont suivi.
11:31Et aujourd'hui,
11:31c'est marrant
11:32parce que c'est le message
11:32qu'on martèle en fait
11:33à nos clients et à nos clientes.
11:35L'investissement,
11:36ce n'est pas que de l'argent,
11:37c'est aussi des conditions,
11:38c'est un impact
11:38sur le monde réel.
11:39Donc en définitive,
11:40cet échec,
11:41c'était juste une illustration
11:42de ce qu'on continue
11:43à raconter aujourd'hui.
11:45Merci à tous les trois.
11:46Donc sur ce premier développement
11:47où naïveté ou difficulté,
11:50en tout cas résilience
11:53et évidemment conviction
11:55l'emportent.
11:55Mais pour autant,
11:56le titre de notre émission,
11:57c'est jusqu'où peut-on
11:58aller trop loin ?
11:58Donc il faut qu'on passe
11:59un peu dans le dark side.
12:01Et il faut que je vous demande
12:01à quel moment le culot
12:02devient-il de l'inconscience ?
12:04Wendy.
12:05Alors écoute,
12:06je pense que le culot
12:09intègre une partie
12:09d'inconscience en réalité.
12:11On en parlait juste avant.
12:12Tu sais, tu parlais d'audace
12:14tout à l'heure,
12:14Aurore,
12:15et de ce côté,
12:16je vais y aller,
12:17je vais pousser la porte,
12:18je vais oser.
12:19Et la capacité à oser,
12:20je crois qu'elle est clé.
12:21Quand on passe du côté
12:23du culot,
12:24j'y attache quelque chose
12:25qui est presque
12:26de l'ordre de l'interdit.
12:27Tu vois,
12:28il y a une petite partie
12:29qu'on dépasse,
12:30qui déborde.
12:31Et donc,
12:31si tu n'es pas
12:32une toute petite partie inconsciente,
12:34en réalité,
12:34peut-être que cette barrière,
12:35tu ne la passes pas.
12:36Maintenant,
12:37attention à ce que
12:38le culot continue
12:39de servir le projet,
12:41la mission,
12:41dont tu parlais.
12:42À partir du moment
12:43où le culot
12:44vient potentiellement
12:45servir ton égo,
12:46parce que tu as confiance en toi
12:47et peut-être mener
12:48une partie de la barque,
12:49là, ça devient dangereux.
12:50Donc,
12:51c'est peut-être la limite
12:52qu'il faut trouver
12:52entre le culot
12:53qui te permet de te dépasser,
12:55d'aller non plus pousser
12:56la porte,
12:57mais peut-être la fenêtre,
12:58mais lui garder
12:59une certaine limite
13:00qui est le pragmatisme,
13:01la réalité,
13:02les chiffres
13:02et l'entourage
13:03que tu peux avoir
13:04parce qu'à un moment donné,
13:05quand on monte une entreprise,
13:06il y a des terrains,
13:07il y a des clients,
13:08il y a des résultats.
13:08Et donc,
13:09on peut s'autoriser à rêver,
13:10on doit s'autoriser à rêver,
13:11mais il faut quand même
13:12le confronter
13:12à la réalité du marché.
13:16Peut-on avoir du culot
13:17et embarquer une équipe
13:18avec soi ?
13:19Ou faut-il être capable
13:20de dire d'abord
13:21si ça échoue,
13:21c'est moi qui en prends
13:22les responsabilités,
13:23Frédéric Mazzella ?
13:24Je pense qu'il faut remonter
13:26d'un cran,
13:27juste avant,
13:28pour être capable
13:29d'embarquer des gens,
13:30il faut être,
13:31pour moi,
13:31c'est comme ça que je le fais,
13:32il faut être convaincu.
13:33Parce que c'est quand
13:34tu es convaincu
13:34que tu es convaincant.
13:36Donc,
13:36par contre,
13:37à partir du moment
13:37où tu es convaincu,
13:38vraiment,
13:39c'est-à-dire que,
13:40j'en parlais tout à l'heure,
13:41tu es passé de l'intuition
13:42à la conviction.
13:43Et pourquoi tu es convaincu ?
13:44C'est parce que
13:44tu as tout analysé
13:45et que tu as tout mappé
13:46et que tu es capable
13:47de répondre
13:47à toutes les objections
13:48et que tu as tout le temps
13:50quelque chose à opposer
13:51face à quelqu'un
13:52qui va t'expliquer
13:53pourquoi ça ne marche pas
13:54et que tu vas pouvoir
13:54lui donner un argument
13:55en lui disant
13:55si, ça peut marcher
13:57parce que ça,
13:59eh bien,
13:59tu deviens convaincant
14:00et tu arrives à emmener
14:01tout le monde avec toi.
14:03Donc,
14:03tu te retrouves avec
14:04une équipe de gens
14:05qui sont aussi convaincus
14:06que toi.
14:07Pourquoi ?
14:07Parce qu'ils t'ont posé
14:08les questions
14:08qui les faisaient douter
14:09et tu as été capable
14:10de leur amener
14:11des arguments
14:12qui font que tu les as convaincus.
14:13Donc,
14:14après,
14:14tu te retrouves
14:14avec une équipe de convaincus.
14:15Tout le monde est convaincu.
14:16Donc,
14:17en fait,
14:17ce qui est magique,
14:18c'est que tu as démultiplié
14:19ta puissance d'action
14:20parce que tout le monde
14:21est avec toi
14:23et si jamais il y a un échec,
14:25justement,
14:25tout le monde reste quand même convaincu
14:28et tu vas pouvoir
14:29juste faire un petit pivot
14:30et dire à tout le monde
14:31« Non, mais bon,
14:32OK,
14:32il y a un petit détail
14:33qui n'a pas marché.
14:34Par exemple,
14:36j'allais dire
14:36qu'il n'y a pas de client.
14:37Ça, c'est dommage.
14:38Mais par exemple,
14:40on n'a pas de modèle économique.
14:41En fait,
14:42il y a des gens
14:42qui l'utilisent
14:43mais ça ne rapporte pas assez
14:44et donc,
14:45on ne peut pas tenir.
14:45Bon,
14:46là,
14:46on se dit
14:46qu'on va adapter quelque chose.
14:47Et donc,
14:48si tu veux,
14:48je parlais d'échec tout à l'heure
14:50d'essai de modèle économique
14:51mais ce n'est pas véritablement
14:52un échec.
14:53Alors,
14:54en plus,
14:54il y a l'histoire
14:55de fail
14:56et de échec
14:57en anglais
14:57et en français.
14:58Ce n'est pas la même chose.
14:58On a des mots comme ça.
14:59Fail,
14:59c'est un essai raté.
15:00C'est un fail.
15:02Mais échec,
15:03tu as l'impression
15:04que c'est échec et mat.
15:05Alors qu'en fait,
15:06non,
15:06il faudrait appeler ça
15:06un essai.
15:07Bon,
15:07c'est un essai
15:08et ça n'a pas marché.
15:08Et c'est comme ça.
15:09C'est tout le temps comme ça.
15:10De la même manière,
15:11tu vois,
15:11on parle en France
15:11de capital risque
15:12quant aux Etats-Unis,
15:13c'est le venture capital.
15:14Donc,
15:15venture,
15:15ça évoque,
15:16tu vois,
15:16l'aventure,
15:17le Far West et tout ça.
15:19Donc,
15:19c'est un peu,
15:19c'est quand même positif.
15:21En tout cas,
15:22un esprit de conquête.
15:24Risque,
15:24capital risque,
15:25c'est un truc qui te plombe.
15:26Donc,
15:26c'est l'histoire du verre
15:27à moitié plein
15:28ou du verre à moitié vide.
15:29Donc,
15:29c'est une histoire
15:30d'état d'esprit aussi.
15:30Donc,
15:31ton rôle,
15:31toi,
15:32en tant que porteur de projet
15:33au départ,
15:34c'est d'aller,
15:34être tellement convaincu
15:35que tu es convaincant
15:37que tu emmènes tout le monde
15:37et donc,
15:38s'il y a des obstacles
15:39sur la route,
15:39tu vas réussir
15:41à les passer
15:41et tout le monde
15:42va passer avec
15:42parce que tout le monde
15:43est convaincu
15:43que quand même,
15:44ce truc-là doit exister,
15:45ce truc-là doit marcher.
15:46On va trouver le chemin.
15:51Le culot,
15:51c'est un trait de personnalité
15:52ou c'est quelque chose
15:53qu'on arrive à transmettre ?
15:55Parce que le culot,
15:57c'est évidemment,
15:58là,
15:58on parlait du côté dirigeant
15:59avec vous,
15:59on a la chance de vous avoir
16:00mais le culot,
16:01c'est aussi dans sa mission
16:02de manager,
16:03dans sa mission
16:04de boss,
16:05d'équipe,
16:06même de chargé
16:07de partenariat,
16:08de ce que tu veux.
16:10Est-ce que du coup,
16:11le culot,
16:11c'est un trait de personnalité
16:12qu'on a
16:13ou est-ce qu'on arrive
16:13à le développer
16:14et quand on est entrepreneur,
16:15est-ce qu'on arrive
16:16à le favoriser
16:17dans ses équipes ?
16:18Je pense que c'est
16:19comme beaucoup de choses.
16:20Il y a certaines personnes
16:21qui vont avoir
16:22des prédispositions
16:23pour le culot.
16:25Ça, ça tient typiquement
16:26effectivement à la personnalité,
16:27à une certaine confiance
16:29finalement en ses idées
16:31mais c'est aussi
16:31quelque chose
16:32qui se développe
16:32et je pense à force
16:33de l'expérience
16:34et aussi effectivement
16:35qui peut se transmettre.
16:36Si tu donnes confiance
16:37à tes équipes,
16:38si tu leur montres
16:39des signes de cette confiance,
16:40évidemment,
16:41tu vas les encourager
16:41à prendre plus d'initiatives,
16:43à être plus créatifs,
16:44à proposer des idées nouvelles
16:46si tu leur donnes
16:47cette liberté
16:47et si tu te la donnes
16:48aussi à toi-même.
16:50Pour moi,
16:50en fait,
16:50ça va ensemble.
16:52Wendy ?
16:53Je pensais,
16:54tu vois,
16:54que effectivement,
16:55je partage totalement.
16:57Il y a une partie
16:58des traits de personnalité
16:59qui nous sont tous
16:59un petit peu innés
17:00à la base.
17:01Maintenant,
17:01je crois qu'on est aussi
17:03en grande partie
17:04façonnés par notre éducation
17:05à nouveau
17:06mais je parle aussi
17:07de mon expérience.
17:08je me revois toujours
17:09dans ce restaurant
17:10qui a été formateur
17:12où effectivement,
17:13ma maman me pousse
17:14à aller parler
17:15à des clients.
17:16Je me souviens
17:16que les premières cartes
17:17du restaurant
17:18qu'on refait,
17:18on n'a pas du tout
17:19les mots marketing,
17:20design ou quoi que ce soit,
17:21c'est une discussion
17:22avec un client
17:23où je finis par lui dire
17:24en fait,
17:25il me dit,
17:25c'est dommage,
17:25vous devriez mettre
17:26en avant davantage
17:27les origines de ce restaurant,
17:29donc Honduras Laos.
17:30Et honnêtement,
17:31un petit peu sorti
17:32de nulle part,
17:32je lui dis,
17:34est-ce que vous seriez
17:34OK pour nous aider
17:35à le faire ?
17:36Et tu vois,
17:37avec le recul,
17:38je me dis,
17:38alors j'étais jeune,
17:39mais il y a quelque chose
17:40d'un peu culotté
17:41dans cette façon de faire
17:43qui est en partie
17:44liée à mon éducation.
17:46Maintenant,
17:46pour rejoindre Aurore,
17:47je crois que,
17:47en réalité,
17:48ce culot,
17:48il est contagieux.
17:49Ça rejoint aussi
17:50ce que tu disais,
17:54encore une fois,
17:55en gardant une partie
17:56des pieds sur terre,
17:57les équipes se sentent
17:58aussi embarquées
17:58et en fait,
17:59personne ne voit
17:59ce qu'on appelle
18:00des échecs,
18:01j'aime pas ce terme non plus,
18:03mais plus des étapes
18:03d'avancement un petit peu
18:04collectif.
18:05Le culot est peut-être
18:06un tout petit peu
18:06plus solitaire,
18:08on y reviendra peut-être
18:09à la base,
18:10mais à un moment donné,
18:10il est contagieux
18:11et les équipes,
18:12on allume la flamme
18:13et à un moment donné,
18:14la flamme reste allumée
18:15parce qu'on a les équipes
18:15qui sont avec nous.
18:17Moi, je retiens
18:18que si tu vas manger
18:19chez Wendy,
18:19tu te fais recruter.
18:20C'est clair.
18:21On va y aller,
18:22j'espère que c'est encore ouvert.
18:24Mais cela dit,
18:24c'est un trait
18:25de tous les entrepreneurs,
18:27c'est-à-dire qu'il y a un moment
18:28quand ton projet,
18:29tu dois le faire grandir,
18:30tu deviens véritablement
18:31un recruteur sur pattes,
18:32c'est-à-dire que dès que tu vois
18:33passer quelqu'un d'intelligent,
18:34tu dis,
18:35il faut vraiment qu'il ait envie
18:37de travailler avec moi, lui.
18:39Donc, ça devient
18:40une obsession après.
18:41Vous parliez d'éducation,
18:43l'autolimitation,
18:44pour ceux qui nous écoutent
18:45qui n'ont peut-être
18:46pas encore sauté le pas,
18:47c'est peut-être finalement
18:49du culot.
18:50Comment est-ce qu'on arrive
18:50à sortir ?
18:51Enfin, là, on revient
18:52sur les sujets de zones de confort
18:53qu'on a pu évoquer,
18:54mais comment je vais chercher
18:57en moi le courage
18:59de dire, en fait,
18:59cette aventure,
19:00l'entrepreneuriat,
19:01c'est peut-être pour moi
19:02et le fait de faire
19:05les choses complètement différemment
19:07qu'une certaine finance avant,
19:09donner accès à des assets géniaux
19:12à n'importe quel investisseur
19:14pour Wendy
19:15ou faire un formidable Paris-Rennes
19:17mais en voiture
19:19et pas en train.
19:21Comment est-ce qu'on arrive
19:22à se dire
19:22« j'y vais » ?
19:24Enfin, ceux qui ont
19:25une autolimitation
19:26liée à un manque
19:26de confiance en eux,
19:27c'est une question très large,
19:28mais...
19:28Alors, c'est une excellente question
19:31parce que ça revient
19:32à la motivation
19:33que tu trouves
19:33parce que là,
19:36on en parle
19:37avec un certain détachement,
19:38on parle d'optimisme,
19:39on parle de persévérance,
19:40mais ça veut dire
19:41beaucoup, beaucoup de boulot,
19:42beaucoup de questionnements.
19:43Tu vois, des fois,
19:44ça m'est arrivé en interview
19:45des gens qui me demandent
19:46« est-ce que ça vous arrive
19:47de douter ? »
19:47Je dis « mais tous les jours,
19:49tous les jours je doute,
19:50évidemment,
19:51mais le doute ne va pas
19:52m'empêcher par contre
19:52d'essayer,
19:54ça c'est sûr. »
19:55Et donc, en fait,
19:56cette détermination-là,
19:57c'est beaucoup d'énergie
19:58et au quotidien,
20:00c'est un petit peu...
20:04Il faut quand même
20:05avoir la foi.
20:06Donc, ça remonte
20:07à ta motivation de départ.
20:08Et c'est là où il faut
20:09te poser la question
20:10de pourquoi tu fais ça.
20:12Et où est-ce que
20:12tu vas puiser l'énergie ?
20:13Parce qu'il va en falloir
20:14de l'énergie.
20:15Tu sais, j'avais compté
20:16à un moment,
20:16au bout de 12 ans
20:17d'entrepreneuriat
20:18sur BlaBlaCar,
20:19qu'en 12 ans
20:21à 90 heures par semaine,
20:23j'avais fait à peu près
20:24l'équivalent
20:25de 40 ans à 35 heures.
20:26Donc, ça y est,
20:27j'ai fait mon quota de...
20:28J'étais plus jeune,
20:29mais j'ai déjà fait
20:29mes 40 ans de 35 heures.
20:30C'est bon.
20:31Mais c'est quand même
20:32beaucoup de travail.
20:33Donc, il faut te demander
20:34pourquoi tu fais ça.
20:35Je sais que moi,
20:36ce qui me motive,
20:37c'est de me dire
20:38que j'ai envie
20:39que ce truc-là existe.
20:41Et comment je fais
20:42pour savoir
20:42ce que j'ai envie
20:43de voir exister
20:43ou ce que j'ai envie
20:44de faire dans ma vie
20:45parce que j'ai compris
20:46que j'avais qu'une seule vie aussi.
20:47Ça, c'est très important.
20:48C'est pas comme dans les jeux vidéo.
20:49T'en as pas deux ou trois,
20:50t'en as qu'une.
20:51Donc, si tu veux faire quelque chose,
20:51c'est one life, one shot,
20:53make it count, quoi.
20:53C'est maintenant.
20:55Et donc, tu te dis...
20:56Moi, je me dis,
20:57si aujourd'hui,
20:58c'était mon dernier jour,
20:58qu'est-ce que je regretterais
20:59de ne pas avoir fait ?
21:00Et là,
21:02t'as quelques trucs qui sortent.
21:03Pas beaucoup, généralement.
21:04Si t'en as 12,
21:04c'est compliqué
21:05parce qu'il va falloir faire les 12.
21:06Mais en gros,
21:07ce que je veux,
21:08c'est être sûr
21:08qu'au dernier jour de ma vie,
21:09je ne regretterais pas
21:10de ne pas avoir fait quelque chose
21:11que je voulais absolument faire.
21:13Et à ce moment-là,
21:13je sais que ce truc-là,
21:14je me dis,
21:15si demain, c'est fini,
21:16ah, j'ai oublié de faire ce truc-là.
21:17Ah oui, mais si c'était vraiment
21:18le dernier jour,
21:19j'ai oublié,
21:19c'est juste trop tard.
21:21Donc, là, maintenant,
21:22si je me dis
21:23que j'ai oublié de faire un truc,
21:24je le fais maintenant.
21:25Et j'avance
21:26et j'y mets toute l'énergie
21:27et ça, ça te permet
21:28d'avoir une énergie
21:29qui déplace les montagnes.
21:31La bucket list.
21:33Oui, on peut l'appeler comme ça.
21:34Après, il ne faut pas
21:35que le bucket soit trop grand
21:36parce qu'en fait,
21:36ça n'a qu'une vie quand même.
21:38Et après, vu qu'on doute
21:39et qu'on ne dort déjà pas,
21:40ça va faire bon.
21:40Oui, alors ça,
21:41le sommeil est très important.
21:42Il faut quand même
21:42le monitorer celui-là.
21:45On a une night routine un peu.
21:46On dort combien de temps
21:47chez Frédéric Madeira ?
21:48Maintenant,
21:49je me suis bien amélioré.
21:51Maintenant, je dors
21:51entre 6 et 7h30.
21:53Donc, tu vois, c'est bien.
21:55Il y a des moments,
21:56il y a eu des années
21:58où je dormais
21:58du lundi au vendredi.
21:59Je dormais entre 3 et 5h par nuit
22:01et le samedi, dimanche,
22:03je dormais 2 fois 10, 12h
22:04parce que sinon,
22:04je n'arrivais pas
22:05à démarrer le lundi matin.
22:06Donc, si tu veux,
22:07à la semaine,
22:07ça fait 50h,
22:08mais sauf que tu ne les répartis
22:09pas de la même manière.
22:10C'est-à-dire du lundi au vendredi
22:10et ce n'est pas parce que je vais en boîte
22:12que je dors entre 5h par nuit.
22:13Non, ce n'est pas ça.
22:14Je n'ai rien dit sur ce sujet.
22:16Nous ne nous sommes d'ailleurs
22:17jamais croisés
22:17dans ce genre d'établissement.
22:18Je pense que c'est hyper important
22:19ce que tu disais,
22:20à la fois sur le doute
22:21et sur la routine.
22:22Moi, j'ai un remède imparable
22:24à la discipline.
22:26C'est ma fille de 3 ans
22:28parce qu'elle a 3 ans
22:29et que, évidemment,
22:30je suis absolument obsédée
22:31parce que c'est le terme
22:32par la mission de Carré,
22:34parce que tu as raison
22:35quand on est animé par son projet
22:37et qu'on a envie de le faire vivre.
22:38Eh bien, en vrai,
22:38il n'y a pas de limite privée,
22:40propre,
22:40parce qu'on dort
22:41et on rêve sa boîte.
22:43Pour autant,
22:43la discipline, le sommeil,
22:45c'est absolument clé
22:46sinon on ne tient pas dans temps.
22:47Et comme l'entrepreneuriat,
22:48je veux dire, c'est un énorme marathon.
22:50C'est un jeu de résilience.
22:51Ce n'est pas un jeu sur 6 mois,
22:52sur un an.
22:53C'est un jeu d'énorme résilience
22:54dans lequel on doute.
22:56Et j'adore ce que tu as dit.
22:58À 10h, on a l'impression
22:59d'être les rois du monde.
22:59À midi, on a l'impression
23:00que la boîte va s'écrouler.
23:01À 14h, on est à nouveau
23:02les rois du monde.
23:03Et puis à 16h,
23:03on va à nouveau s'écrouler.
23:04Et donc...
23:05Et tu as une playlist
23:06pour chaque moment.
23:07Exactement.
23:07Voilà, évidemment.
23:09La playlist pour les bons moments
23:11comme pour les mauvais.
23:11C'est important d'avoir la musique tout le temps.
23:18ça continuait à aller plus loin.
23:20Mais on doute.
23:20Et heureusement,
23:21je crois que c'est ça en réalité.
23:22C'est vraiment un yo-yo.
23:24C'est un yo-yo émotionnel.
23:25Il faut être prêt.
23:27Après, quand tu es habitué
23:27et que ça monte, ça descend,
23:28ça va mieux.
23:30Moi, je peux m'exprimer effectivement
23:31au nom de toutes les personnes
23:32qui ont beaucoup de croyances limitantes
23:33parce que je fais partie
23:34de ces personnes-là.
23:36Comment est-ce qu'on y va malgré tout ?
23:37Même quand on a très envie
23:38que quelque chose se réalise,
23:40on peut rester bloqué
23:41dans des croyances limitantes.
23:42Et je pense qu'en fait,
23:43c'est une discipline de tous les jours
23:45ou de tous les ans
23:45et qui peut commencer très très tôt
23:47de se confronter à l'inconnu,
23:49de se confronter à l'inconfort.
23:50Moi, c'est quelque chose,
23:51c'est un cadeau qu'on m'a fait
23:52dans ma famille.
23:54Quand j'ai eu 15 ans,
23:55on m'a dit
23:55est-ce que tu veux partir vivre
23:56un an loin de nous,
23:57aux Etats-Unis,
23:58toute seule,
23:59dans une famille
23:59avec des gens que tu ne connais pas ?
24:00Et j'ai dit oui.
24:01On m'a demandé
24:01pourquoi est-ce que tu veux faire ça ?
24:02Et j'ai répondu
24:03parce que je veux sortir
24:04de ma zone de confiance.
24:05Parce que j'avais déjà identifié
24:07que j'avais beaucoup
24:08de croyances limitantes
24:08et que j'avais besoin
24:09de cet inconfort pour évoluer.
24:11Et ça, je tiens à en parler
24:12parce que je pense
24:13que c'est important
24:13de transmettre ça aussi
24:14aux futures générations.
24:15C'est quelque chose
24:16qu'on peut commencer
24:17à inculquer et à transmettre
24:18très très tôt.
24:19Confrontez-vous à l'inconnu.
24:21En plus, là,
24:21on parle des Etats-Unis
24:22qui est peut-être
24:23un des meilleurs pays
24:24dans lesquels aller,
24:25je pense,
24:25pour développer
24:26un état d'esprit entrepreneurial.
24:28Donc, c'est ce type d'expérience
24:30qui ensuite nous montre
24:32et montre à notre propre cerveau
24:34finalement que
24:34quand on sort de notre zone
24:36de confiance
24:36et qu'on travaille,
24:37il se passe des choses.
24:38Il ne se passe peut-être pas
24:40exactement ce qu'on avait imaginé
24:41mais il finit
24:42par se passer quelque chose.
24:43Merci Aurore.
24:44C'est un message important
24:45que vous avez transmis aujourd'hui.
24:47Le culot, en tout cas,
24:48faire différemment,
24:49on en a déjà bien parlé.
24:51Pour le dirigeant,
24:52ça implique une...
24:54Voilà, on est à nu.
24:55C'est son idée,
24:56c'est sa façon de voir les choses
24:57qui est jugée par le marché.
24:59Et ça, c'est important
25:00de pouvoir se préserver,
25:01de pouvoir y aller
25:02en connaissance de cause.
25:03Est-ce que je peux vous entendre
25:04sur ce sujet ?
25:05Sur comment ?
25:05Est-ce que vous vous préservez ?
25:07Tu parlais d'avoir
25:07des bonnes personnes
25:08autour de soi, Wendy ?
25:10Voilà, c'est...
25:11Donc, on annonce
25:12qu'on va tout chambouler.
25:13Il y a des gens
25:13qui étaient là depuis un siècle
25:15ou dix ans
25:16et qui faisaient différemment
25:17et vous, vous voulez tout changer.
25:18Il y a des gens
25:18qui vont se planter,
25:20il y a des gens
25:20qui vont vous applaudir
25:21mais à la fin.
25:22En attendant,
25:22il faut se préserver
25:23pendant tout le combat.
25:24Et le combat, on l'a vu,
25:25parfois, c'est 90 heures de boulot
25:26et trop peu de sommeil.
25:27Comment on se préserve ?
25:28Il nous reste trois minutes.
25:28Je crois que l'entourage
25:30est effectivement absolument clé.
25:32Je veux dire,
25:32quelque chose d'assez bateau,
25:33mais on est tellement remué,
25:35probablement que l'entrepreneuriat
25:36est un des métiers
25:37les plus solitaires,
25:38que, en tout cas,
25:39de mon point de vue,
25:40avoir un entourage proche
25:41est extrêmement solide,
25:42dont évidemment,
25:42ma fille fait partie,
25:44me permet de me maintenir
25:45sur des rails.
25:46Et je pense que c'est
25:47effectivement absolument clé
25:49de se dire que,
25:50dans cette solitude
25:51et cette, entre guillemets,
25:53mission qu'on veut porter,
25:54en réalité,
25:54c'est aussi une mission
25:55qui doit devenir collective
25:56si on a envie de la pousser
25:57jusqu'au bout.
25:59Fred ?
26:00Moi, en fait,
26:01la manière avec laquelle
26:02je me suis équilibré,
26:04surtout pendant les années
26:05où je découvrais
26:06ce que c'était que ce statut-là.
26:08Maintenant, je suis habitué,
26:09donc ça va se faire beaucoup mieux.
26:11C'est en conservant
26:14et en faisant les efforts
26:14qu'il faut aussi
26:15pour trouver le temps
26:16pour conserver mes copains,
26:17malgré la quantité de boulot.
26:20Et donc, trouver du temps
26:21pour les voir,
26:22trouver du temps
26:22pour que tu aies des moments
26:25complètement où tu n'es
26:27plus, justement,
26:28la personne qui gère son projet,
26:30qui le développe,
26:32qui se transforme
26:34en panneau de pub,
26:34en homme sandwich,
26:35tout ce que tu veux
26:36pour faire toute la pub
26:37qu'il faut autour de ton projet
26:38pour le faire exister
26:39et puis qui devient d'ailleurs
26:43assez monothématique,
26:43tu vois.
26:44Bon, j'ai plus de mots
26:45à mon vocabulaire
26:46que jusqu'au voiturage,
26:47mais il se trouve
26:48qu'il y a un moment
26:49le mot « qu'au voiturage »
26:50quand même prenait
26:50beaucoup, beaucoup
26:51d'air time,
26:52si tu veux,
26:52dans ce que je disais.
26:54Donc, tu deviens
26:54assez monothématique
26:55et quand tu retrouves
26:56comme ça tes amis,
26:59tu redeviens
27:00juste simplement
27:00le Fred.
27:01Je suis entièrement
27:02d'accord avec ça
27:03et en plus de ça,
27:04je dirais que
27:04ce qui peut vous sauver
27:05tous les jours
27:06en tant qu'entrepreneur,
27:06c'est d'avoir évidemment
27:07votre mission chevillée au corps.
27:09Vous ne faites pas
27:09juste pour le faire,
27:10vous le faites parce que
27:10vous avez une vision
27:11pour le monde
27:11et parce que ce que
27:12vous êtes en train de créer
27:13doit exister.
27:14Peut-être qu'on n'est pas
27:15d'accord avec vous,
27:15peut-être qu'il y a des gens
27:16qui n'y croient pas
27:17et ça ne vous enlèvera
27:18jamais le fait
27:19que quelqu'un
27:20doit le faire,
27:21ça doit exister
27:21dans le monde.
27:22Moi, c'est ce que je vis
27:22chez Goodvest aujourd'hui
27:23et je pense que
27:24c'est le plus puissant
27:26des facteurs de motivation
27:27contre vents et marées.
27:29En tout cas,
27:30faut-il parfois
27:30aller trop loin
27:31mais il faut bien
27:32aller quelque part
27:33pour aller vraiment
27:34quelque part.
27:34De toute façon,
27:35il faut commencer.
27:36On était avec
27:37Frédéric Mazzella,
27:38Wendy Souvanara
27:39et Aurore Pinon-Jacques
27:40pour cette émission.
27:41C'était sur
27:42Bsmart4Change,
27:43bien sûr,
27:43en direct de Big,
27:44la suite de vos programmes
27:45dans un instant.
27:46Merci à tous.
27:47Merci Mathieu.

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