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  • il y a 14 minutes
À quelques jours de l’examen d’une proposition de loi, le futur du ticket restaurant tel qu’on le connaît en 2026 est incertain. Capacité à l’utiliser en grandes surfaces, possibilités pour les restaurateurs de ne pas perdre d’argent en les acceptant… Les parlementaires vont devoir trancher sur un outil de pouvoir d’achat auquel sont attachés les actifs. On fait le point avec Benjamin Suchar de Worklife.

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Transcription
00:09BISMART
00:12Bien dans Soundshop pour parler des tickets restaurant.
00:15On en a beaucoup parlé, alors on en a parlé pendant la période Covid,
00:19on en a parlé après le Covid qui était un outil, ce ticket restaurant, pouvoir d'achat,
00:23puisqu'on découvre qu'avec ce ticket on achète souvent sa nourriture pour le midi au travail,
00:28mais pas seulement, et on en parle avec vous Benjamin Suchard, vous êtes le CEO de Worklife,
00:32qui est une solution qui fait partie des marques qui proposent aux salariés une carte sur laquelle il y a
00:40tout dessus.
00:41Exactement, vous avez vos titres restaurant, mais vous avez aussi le financement de la mobilité,
00:46de votre garde d'enfants, vos cadeaux, vos vacances, on retrouve aussi tous vos frais professionnels,
00:51donc on va regrouper dans un seul endroit tous vos avantages sociaux.
00:54Alors il y a une chose intéressante que vous portez, parce qu'un débat parlementaire a eu lieu en commission
00:59des affaires sociales,
01:00il va arriver dans l'hémicycle aux alentours du 10-12 octobre,
01:04là vous soulevez un loup, c'est une étude sur l'analyse socio-économique du dispositif des titres restaurant,
01:11et non pas des tickets restaurant, que vous avez porté,
01:14et vous dites, attention, danger, les commissions sont trop importantes, expliquez-nous,
01:19parce que le consommateur qui donne son ticket, il ne sait pas ce qui se passe derrière en coulisses.
01:23Oui, il faut comprendre qu'en fait, quand vous utilisez un titre restaurant,
01:26la réalité, c'est que le commerce qui va les accepter va payer une commission,
01:31que cette commission, elle est de l'ordre de 5% et qu'elle n'a cessé d'augmenter ces
01:35dernières années,
01:36alors même que le titre s'est dématérialisé, on est passé du papier à la carte.
01:40Donc ça veut dire concrètement quoi ? Ça veut dire que quand vous vendez,
01:44quand les entreprises vendent leurs titres restaurant, elles font des prix qui sont gratuits, voire négatifs,
01:49ça veut dire concrètement qu'elles vont donner de l'argent aux émettrices de tickets restaurant auprès des entreprises,
01:56et c'est derrière le consommateur, le bénéficiaire, quand il l'utilise,
02:00qui va en réalité faire payer les restaurateurs.
02:03Alors les restaurateurs qui commencent à se rebiffer, parce que c'est ce que vous soulevez,
02:06il y a 89% de ces restaurateurs qui ont déjà refusé un titre restaurant,
02:11et vous qui nous regardez, peut-être que vous avez eu un commerçant qui vous a dit
02:14« Désolé, je les prends plus, en un mot, ça me coûte trop cher ».
02:17Bah oui, de plus en plus, il y en a un tiers aujourd'hui qui ont refusé,
02:20et 9 sur 10 qui envisagent de le faire.
02:22Ça leur coûte beaucoup trop cher, il faut bien se rendre compte,
02:25c'est 5 à 10 fois plus qu'une commission bancaire.
02:29Qu'est-ce qui justifie aujourd'hui, où les titres restaurants sont ni plus ni moins qu'une carte,
02:34et qui fonctionnent comme les cartes bancaires classiques ?
02:37Eh bien, qu'est-ce qui justifie le fait de pouvoir prendre autant de commissions ?
02:40Et ça, c'est un point important, parce que les titres restaurants,
02:43dans l'étude qu'on a démontré, c'est 51% du budget alimentaire de leurs bénéficiaires.
02:50C'est énorme !
02:51Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
02:52Ça veut dire que demain, si ça continue comme ça,
02:55vous avez de plus en plus de commerces qui vont refuser les titres restaurants,
02:58et c'est donc une question de pouvoir d'achat des Français.
03:00Donc, il y a véritablement un danger sur ces tickets restaurants, dont vous parlez, 64.
03:05On est passé de 24% à 60% de refus commerçants,
03:08donc ça veut dire que c'est un sujet qui impacte les commerçants,
03:10puisqu'eux-mêmes, évidemment, ont leur revenu qui baisse,
03:14moins de consommateurs, hausse des matières premières.
03:16Vous, vous portez cela, je dirais, à l'Assemblée.
03:19J'imagine que des députés portent votre voix.
03:21Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir gain de cause ?
03:24Alors, c'est intéressant, oui, de manière large, ce débat, il est maintenant transpartisan.
03:29C'est à l'Assemblée le lundi 12 octobre,
03:31et qu'est-ce qu'on voit, c'est que sur les 11 groupes parlementaires,
03:34il y en a 9 qui ont déposé un amendement qui vise à encadrer ces commissions
03:39aux alentours de 2 à 2,5%.
03:41Alors, Benjamin, il faut préciser que vous,
03:43parce que vous dirigez une entreprise,
03:45vous portez aussi une forme de lobbying sur ce sujet,
03:47vous êtes à combien, vous, en commission ?
03:49Aujourd'hui, nous, on a des commissions de cartes bancaires,
03:51donc c'est 1,5%.
03:52C'est exactement la même chose que n'importe quelle carte d'entreprise.
03:56Donc, quand vous utilisez une carte Work Life pour payer vos titres restaurant,
03:59ça coûte ni plus ni moins la même chose qu'une carte Visa, Mastercard ou CB d'une entreprise.
04:05Ça veut dire que là, il y a des concurrents qui nous regardent,
04:08qui vous regardent, qui observent ce débat de très près,
04:11qui vont avoir un manque à gagner.
04:12C'est ce que vous êtes en train de nous dire, là.
04:13Mais je vais même vous dire plus.
04:15Aujourd'hui, c'est un marché qui est jugé défaillant par l'autorité de la concurrence.
04:18C'est un oligopole, c'est-à-dire que vous avez 4 acteurs
04:22qui, depuis des dizaines d'années, concentrent 99% du marché.
04:26Ça empêche tout nouvel acteur de rentrer
04:28parce que vous avez finalement des restaurateurs qui n'ont pas la capacité de négocier,
04:32parce que ça représente trop dans leur chiffre d'affaires,
04:36qui sont donc obligés soit d'augmenter leur prix,
04:39soit finalement d'essayer de faire comme ils peuvent,
04:42et certains qui refusent.
04:43Et donc là, en effet, c'est pour la première fois un vrai débat
04:46qui s'inscrit et une possibilité d'aller changer ce système.
04:50Alors, par contre, vous ne vous remettez pas en question, évidemment,
04:51tous les avantages qui ont été acquis au fur et à mesure des lois au Covid,
04:56l'utilisation le dimanche, on n'utilise pas que pour le repas du midi,
04:59mais on peut l'utiliser pour faire ses courses,
05:00qui a beaucoup agacé d'ailleurs les restaurateurs, par ailleurs.
05:02Bien sûr.
05:03Ça, vous le validez, vous ne le remettez pas en question.
05:05Nous, on est assez neutre sur ce point-là, mais vous avez raison de le souligner.
05:08Aujourd'hui, c'est devenu un vrai outil de pouvoir d'achat.
05:11C'est dur de revenir en arrière.
05:13Vous parlez de l'utilisation le dimanche, c'est un des amendements,
05:16et je comprends très bien qu'on le soutienne aujourd'hui.
05:19La réalité pour les restaurateurs, pour pouvoir récupérer leurs marges,
05:22et bien en fait, tout simplement, c'est de plafonner les commissions.
05:25Concrètement, ça veut dire quoi ?
05:26C'est-à-dire que si vous plafonnez, par exemple, à 2, 2,5%,
05:29c'est directement 170 millions d'euros,
05:32parce que c'est un marché qui revient dans les poches des restaurateurs.
05:35Compte tenu que vous êtes, vous, à 1,5%.
05:37Nous, on est à 1,5%.
05:381,5%.
05:38Exactement.
05:39Et donc, la loi, vous voulez qu'elle se fixe où ?
05:42Parce qu'à un moment donné, le législateur va devoir trancher.
05:441,5%, 2%, 3%.
05:45Nous, ce qu'on dit, c'est que ça doit être le plus proche des commissions de carte bancaire.
05:48Idéalement, c'est 1,5%.
05:49Mais il faut faire preuve de compromis.
05:52Vous avez des acteurs qui, eux, sont à 5%.
05:54Ça veut dire quoi ?
05:56Ça veut dire que vous divisez en deux.
05:57Vous êtes à 2,5%.
05:58Ça veut dire que vous faites porter le modèle à équilibre
06:00entre les restaurateurs et les entreprises.
06:02Et ça, ça nous paraît être cohérent, par exemple,
06:05avec l'ANCV, vous savez, les chèques vacances,
06:07qui est à 2,5%.
06:08Donc là, vous avez quelque chose de cohérent, d'équilibré,
06:11sur lequel, en fait, les Français vont pouvoir continuer à utiliser leur titre restaurant,
06:14et particulièrement dans les territoires.
06:16Parce que où est-ce que les restaurants commencent à les refuser en particulier ?
06:20C'est dans les petites bourres, les petites villes.
06:22Ça coûte beaucoup trop cher.
06:23Et où le volume d'activités a baissé aussi sur ces territoires.
06:26Merci, Benjamin Suchart, de nous avoir éclairé sur les coulisses
06:29ce qui se cache derrière votre ticket restaurant,
06:31quand vous le donnez, et quand parfois on vous le refuse,
06:34puisque c'était le sujet du jour.
06:35C'est un vrai plaisir de nous accueillir.
06:36CEO de Work Life, qui est évidemment un des acteurs de ce sujet,
06:40pour que les choses soient totalement transparentes.
06:42Merci à vous.
06:42On tourne une page.
06:43On s'intéresse évidemment, dans notre débat, à un sujet important,
06:48le recrutement dans le secteur de la défense, secteur tendu,
06:52dans l'aéronautique aussi, avec la recherche de salariés techniques,
06:56manuels, de techniciens, et on en manque.
06:59On fait le point avec mes invités.
07:00C'est le cercle RH, et c'est le débat, tout de suite.

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