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Mardi 15 septembre 2026, retrouvez Célia Rennesson (Cofondatrice et directrice, Réseau Vrac et Réemploi) et Fabrice Bonnifet (président, C3D) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis très heureuse de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie, à retrouver tous les jours sur
00:16notre antenne,
00:17mais aussi sur le site bismart.fr et puis sur toutes nos plateformes d'écoute.
00:22Et au sommaire, aujourd'hui nous allons d'abord parler réemploi et économie circulaire,
00:26le réseau VRAC et Réemploi fête ses 10 ans. En une décennie, le secteur s'est structuré
00:32et le réemploi est devenu un véritable enjeu pour les entreprises et les distributeurs.
00:37Nous en parlerons tout de suite avec Célia Renson qui est présidente du réseau VRAC et Réemploi.
00:42Et puis place au débat éco autour de l'économie, de la fonctionnalité.
00:46Pourquoi vendre un produit quand on peut tout simplement vendre son usage ?
00:50Ce modèle peut-il permettre de concilier compétitivité des entreprises, préservation des ressources
00:55et pérennité économique. Pour en débattre, Fabrice Bonivet, président du C3D,
01:01rejoindra Célia Renson en plateau. C'est parti, c'est SmartEco.
01:10Longtemps considérées comme des pratiques alternatives,
01:12le VRAC et le Réemploi ont aujourd'hui beaucoup évolué.
01:16Ce secteur doit désormais changer l'échelle, tout en faisant face à un contexte économique
01:21qui pousse les entreprises et les consommateurs à arbitrer leurs dépenses.
01:25Alors, où en est aujourd'hui la Reuse Economy en France ?
01:29Pour en parler, Célia Renson, bonjour. Vous êtes mon invitée aujourd'hui.
01:32Vous êtes cofondatrice et directrice générale de réseau VRAC et Réemploi.
01:36Et donc, vous fêtez cette année vos 10 ans.
01:40Justement, alors quand vous rétropez d'aller un petit peu,
01:42cette première année de création, il y a 10 ans,
01:44où est-ce qu'on en était dans cette politique,
01:48dans cette manière de réemployer, d'utiliser le VRAC ?
01:51Alors, le VRAC et le Réemploi des emballages étaient un marché émergent.
01:55Donc, on pouvait effectivement trouver quelques bacs à pelle
01:59et silos de vente en VRAC dans des magasins bio,
02:02mais ce n'était pas forcément très répandu.
02:05Et on était dans un contexte de septième continent plastique
02:09de désir et aussi de volonté nécessaire de réduire
02:14ces déchets d'emballages jetables,
02:16notamment dans les courses du quotidien.
02:18Et la vente en VRAC, en ce qu'elle permet d'acheter
02:21à la juste quantité dans ses propres emballages,
02:24un sac en tissu ou un bocal en verre,
02:26permettait en fait de pouvoir à la fois réduire
02:29le gaspillage de produits et les déchets.
02:31Et donc, partant de ce constat-là,
02:33on s'est dit qu'il fallait absolument capitaliser
02:35sur ce marché en émergence.
02:38Et du coup, le marché ne pouvait pas se développer par lui-même.
02:41Le seul consommateur ne pouvait pas décider
02:44que le VRAC allait se développer.
02:45Donc, il fallait pouvoir construire à la fois les règles du jeu,
02:49mais aussi les outils qui allaient permettre aux entreprises,
02:53aux magasins, aux producteurs, aux collectivités, aux villes,
02:56un écosystème, avec des règles du jeu et des outils
03:00pour que le VRAC se développe.
03:02Et donc, c'est ce qu'on a fait pendant 10 ans.
03:05Oui, parce que votre réseau, c'est un réseau de professionnels.
03:07C'est un réseau d'entreprises.
03:09On a plus de 400 entreprises adhérentes.
03:11Donc, on a des producteurs, des distributeurs
03:13et au milieu, des opérateurs de VRAC et de réemploi.
03:16Donc, ceux qui fabriquent des bacs à pelles,
03:19des emballages réemployables,
03:20qui viennent les collecter, les laver,
03:21les remettre en circulation.
03:23Qu'est-ce qu'on met derrière le mot réemploi ?
03:25Est-ce que c'est forcément de l'emballage ?
03:27Pas forcément.
03:28Donc, le mot réemploi a une définition juridique
03:32dans le Code de l'environnement
03:34qui permet de prolonger l'usage d'un bien,
03:37d'un produit ou d'un équipement dans le temps
03:40et donc de lui donner plusieurs vies.
03:43Donc, c'est l'opposition du réemploi.
03:45C'est ce qu'on va appeler l'usage unique.
03:47Donc, on va avoir plusieurs utilisations
03:49versus une seule utilisation.
03:51Et qui est le plus difficile
03:54ou en tout cas le plus nécessaire
03:56à convaincre dans toute cette économie-là ?
03:58Est-ce que c'était l'industriel, l'entreprise
04:01pour qu'il puisse créer la réutilisation à grande échelle ?
04:05Alors, je dirais qu'il fallait surtout
04:07déjà définir de quoi on parlait.
04:10Ça peut paraître effectivement surprenant
04:12parce que le mot VRAC, tout le monde connaît,
04:14mais pour autant, il n'avait pas de définition légale
04:17dans le Code de la consommation.
04:19Et ça, c'est entrer en vigueur ?
04:21Et donc, nous, on a écrit une définition
04:23qu'on a fait entrer dans ce Code de la consommation
04:25en 2020 en nous appuyant sur le véhicule législatif
04:28qui est la loi AJEC.
04:29Donc, on lui a donné une existence juridique
04:32et à partir du moment où on donne une existence juridique,
04:34eh bien, on peut légiférer,
04:36on peut codifier,
04:37on peut venir donner des objectifs à un marché
04:39de dire qu'on veut tant de VRAC dans les magasins,
04:42tant de VRAC chez les producteurs
04:44et on peut aussi accompagner avec des outils financiers,
04:48aider le marché à être financé, à être subventionné.
04:51Et on a permis, en fait, de continuer
04:55avec un autre véhicule législatif
04:57qui est la loi Climat et Résilience,
04:59dans laquelle on est venu mettre un objectif
05:01de 20% de VRAC, par exemple,
05:04dans les magasins de grande distribution.
05:05Et de venir dire qu'il faut que les éco-organismes,
05:10par les éco-contributions,
05:12puissent venir contribuer au financement
05:14et au développement de ce marché.
05:15En fait, un marché, si on veut qu'il se développe,
05:16il a besoin d'infrastructures,
05:19il a besoin d'un cadre, d'un cap,
05:21d'outils fiscaux, d'outils financiers
05:24pour pouvoir se développer.
05:25Et une fois qu'on a mis ça en place,
05:27eh bien, on peut développer l'offre.
05:29L'offre, c'est ce qu'on va trouver en magasin.
05:31Et si cette offre, elle est bien exécutée en magasin,
05:34qu'elle est massive, qu'elle fonctionne,
05:37qu'elle n'est pas plus chère,
05:38alors la demande, c'est-à-dire le consommateur,
05:40pourra effectivement changer.
05:42Donc c'est comme ça qu'on a raisonné pendant 10 ans.
05:45C'est travailler à faire en sorte
05:46que l'offre structure se massifie
05:48pour ensuite accompagner le changement de la demande.
05:52Est-ce qu'on est déjà arrivé au point
05:53où ça peut devenir une opportunité économique
05:55pour les entreprises,
05:57où il faut encore, justement,
05:59une plus grande mise à l'échelle ?
06:00Alors, on est exactement, pour moi,
06:03au point de rupture,
06:04où les outils législatifs
06:07qui ont quelque part obligé les entreprises
06:09à aller vers ces modèles
06:11vont en fait être relayés
06:13tout simplement par notre géopolitique actuelle,
06:16qui est que la pression sur les ressources,
06:19la raréfaction de nos matières premières,
06:22que ce soit parce qu'elles ne se trouvent pas dans notre sol,
06:25elles se trouvent dans les autres pays.
06:26Aujourd'hui, un emballage en plastique,
06:28il est fait à base de pétrole.
06:29Le pétrole n'est pas dans nos sous-sols.
06:31Votre smartphone, votre ordinateur,
06:33vos équipements, une pièce automobile
06:35qui est faite à partir de magnésium,
06:37par exemple, qui est un métal léger,
06:39ne sont pas dans nos sous-sols.
06:40Ils sont extraits dans d'autres pays.
06:43Ces matières premières-là,
06:44elles ne sont pas inépuisables.
06:46Donc déjà, elles ont une limite.
06:47Et ensuite, elles sont acheminées,
06:50elles sont extraites, raffinées,
06:53assemblées, acheminées chez nous,
06:54en passant par différents pays.
06:56Et on le voit avec,
06:57que ce soit depuis la crise Covid,
06:59où on a eu certaines barrières qui ont été fermées,
07:02que ce soit par...
07:03Une prise de conscience.
07:04Une prise de conscience des guerres.
07:06Le détroit d'Hormuz qui a été bloqué,
07:08ou tout simplement la Chine
07:09qui décide à un moment donné
07:11de fermer des robinets
07:12sur certains métaux critiques
07:14pour notre économie,
07:16font qu'on est face à une vulnérabilité
07:19de nos approvisionnements.
07:21Cette vulnérabilité de nos approvisionnements
07:24va nous contraindre
07:26à repenser, en fait,
07:27notre stock existant
07:29d'emballages,
07:30de produits et d'équipements.
07:32Et de se dire,
07:32une fois que c'est sur notre sol,
07:34on a tout intérêt
07:35à les garder le plus longtemps possible,
07:37parce que plus on les garde
07:38sur notre sol,
07:40plus on les fait circuler,
07:41on leur donne un maximum d'usages,
07:44et bien,
07:44moins on est dépendant,
07:46et donc moins on est vulnérable.
07:47Et cette longévité,
07:49ça se fait...
07:50C'est un point économique.
07:51Non, ça se fait surtout justement
07:52par le réemploi,
07:54par le reconditionnement,
07:56le remanufacturing,
07:57etc.
07:58C'est ce qu'on a appelé
07:59la reuse économique.
08:00C'est ce que j'allais dire,
08:01justement,
08:01tout ça c'est la reuse économique.
08:03Quels sont les chiffres clés,
08:05on va dire,
08:06de ce poids économique
08:07que c'est devenu
08:08en ces dizaines d'années ?
08:11Alors,
08:11ça va dépendre des secteurs.
08:13C'est une bonne question,
08:14parce que justement,
08:14aujourd'hui,
08:15elle n'est pas forcément mesurée.
08:16Donc là aussi,
08:17elle mériterait quelque part
08:18d'être définie.
08:19Nous,
08:19c'est ce qu'on essaye de faire
08:20en conceptualisant
08:23cette économie
08:24qui organise
08:24la réparation,
08:25le reconditionnement,
08:28le remanufacturing,
08:29donc qui permet en fait
08:30d'avoir de multiples usages
08:31à partir d'un stock existant,
08:33donc de créer à la fois
08:35l'infrastructure industrielle,
08:37les flux logistiques,
08:39mais aussi les flux de données
08:40pour pouvoir tracer
08:41tous ces équipements.
08:42Et une fois qu'on peut dire
08:44qu'on la reconnaît,
08:45on va être en capacité
08:45de la mesurer.
08:46Donc, je peux vous donner
08:47un exemple.
08:48Dans l'emballage,
08:49ça n'est que 1%.
08:51Mais dans les smartphones,
08:52on peut monter jusqu'à 20%.
08:54Dans les machines à laver,
08:55ça n'est que 4%.
08:56Donc, on a aujourd'hui
08:57un poids qui est différent
09:00d'une filière à un autre,
09:01qui mériterait
09:01d'être davantage mesuré
09:04pour ensuite aussi
09:05être largement développé.
09:07Célia Renneson,
09:08merci beaucoup.
09:08Vous restez avec nous.
09:09Tout de suite,
09:10on passe au débat éco
09:11et on va approfondir
09:12cette circularité,
09:14ce secteur
09:15et l'économie
09:16de la fonctionnalité.
09:22Pourquoi acheter un produit
09:23quand on peut simplement
09:24en payer l'usage ?
09:25Ce matin,
09:26le 15 septembre,
09:27l'Agence de l'environnement
09:28et de la maîtrise
09:29de l'énergie,
09:29l'ADEME,
09:30et la Direction générale
09:31des entreprises
09:32organisaient au ministère
09:33de l'économie
09:34une matinée
09:35sur l'économie
09:36de la fonctionnalité
09:37qui propose donc
09:38de passer d'un modèle
09:39fondé sur la vente
09:40de biens
09:41à un modèle
09:41où l'entreprise
09:42vend un service,
09:43un usage.
09:44Le sujet a été aussi
09:45abordé hier soir
09:46au Sénat.
09:47Donc,
09:47une transformation
09:48qui pourrait permettre
09:49de réduire
09:50la consommation
09:51des ressources
09:52mais qui pose bien sûr
09:52beaucoup de questions
09:53économiques
09:54et je suis ravi
09:55de recevoir
09:55pour en parler
09:56Fabrice Bonifait.
09:57Bonjour.
09:58Bonjour.
09:58Vous êtes président
09:59du C3D,
10:01association réunissant
10:02les directeurs
10:03et directrices
10:03RSE d'entreprise,
10:05co-auteur
10:05de l'ouvrage
10:06collectif qui va
10:07tout juste sortir
10:08et semer la matière
10:09à penser
10:10aux éditions
10:10Envers.
10:11Et vous êtes toujours
10:12présente parmi nous,
10:13Célia Renneson,
10:14vous êtes co-fondatrice
10:15et directrice générale
10:16de Réseau VRAC
10:17et Réemploi.
10:19Fabrice,
10:19je me tourne vers
10:20vous tout d'abord.
10:21Est-ce que
10:22toutes ces actualités
10:25qu'on a entendues
10:25surtout pendant l'été
10:26avec ces incendies,
10:29etc.,
10:29est-ce que ça,
10:30ça permet peut-être
10:31d'augmenter
10:32la prise de conscience
10:33qu'on peut
10:34travailler
10:35cet axe
10:36d'équilibre
10:37entre économie
10:38de l'entreprise
10:39et économie
10:41de la fonctionnalité ?
10:43J'espère.
10:44Vous n'avez pas senti
10:45une prise de conscience
10:46un peu de l'avort
10:47des entreprises ?
10:48On en a plus parlé
10:49par nécessité.
10:50Maintenant,
10:50ce n'est pas la première fois
10:51qu'il y a des règlements
10:52climatiques
10:52et des drames.
10:54Est-ce que ça a changé
10:55quelque chose ?
10:56Rien, en fait,
10:56parce que les gens
10:58subissent à un moment donné,
10:59c'est pénible,
11:00puis ils finissent
11:01par oublier,
11:01puis l'actualité
11:02chassent l'autre,
11:02etc.
11:03Donc, oui,
11:04je voudrais penser
11:05que cette année,
11:07avec tout ce qui s'est passé,
11:08en fréquence,
11:09en gravité,
11:10que c'est l'étincelle
11:11qui fait qu'on va
11:12enfin questionner
11:14notre modèle de société
11:15et nos modèles
11:16de consommation,
11:17et donc les modèles économiques
11:18des entreprises
11:18qui vont avec.
11:20Je le souhaiterais,
11:22maintenant,
11:22je suis un peu sceptique,
11:23ça n'empêche pas
11:24que ça soit avec le C3D,
11:26avec Dianact,
11:26avec d'autres associations
11:27et avec d'autres acteurs économiques
11:29qu'on essaye de proposer,
11:31parce que c'est dénoncé,
11:32c'est bien,
11:33il y a des lanceurs d'alerte
11:34pour ça,
11:34il y a des scientifiques
11:35qui le font très bien,
11:36mais nous,
11:37dans le secteur professionnel,
11:38ce qu'on doit,
11:38c'est proposer des choses concrètes
11:39qui permettent
11:40de réconcilier
11:41l'impératif écologique,
11:43parce que de toute façon,
11:43on ne pourra pas négocier
11:45avec la loi physique
11:46très très longtemps,
11:47ou les lois physiques
11:48et la nécessité économique.
11:50Donc,
11:50si on veut produire la valeur
11:51d'une façon plus responsable,
11:52il va falloir que,
11:54tôt ou tard,
11:55on accepte de rompre
11:56avec ce qu'on appelle
11:56aujourd'hui l'économie linéaire,
11:58donc l'économie qui consiste
11:59à extraire,
11:59à produire,
12:00à utiliser,
12:01il faut une approche
12:02plus circulaire,
12:03mais surtout pas basée
12:04sur le circulaire
12:05dont on a entendu parler
12:07pendant des années
12:08où les données de sortie
12:09des uns
12:09ou les déchets des uns
12:10deviennent les ressources
12:11des autres,
12:12ça a sa place,
12:13ça aussi,
12:13mais ce n'est pas du tout
12:15ce dont il s'agit
12:15quand on parle
12:16d'économie de la fonctionnalité
12:17et de la coopération.
12:18Est-ce que le point de départ
12:19de tout ça,
12:21qui résonnerait
12:22au sein de l'entreprise,
12:24c'est la dépendance
12:25aux matières premières ?
12:27C'est ça
12:27un peu l'élément
12:29initial ?
12:30Non,
12:31ce qui fait
12:33qu'aujourd'hui
12:34les entreprises
12:34ne proposent pas
12:35un modèle d'usage,
12:37c'est que c'est encore
12:38beaucoup plus rentable
12:39de continuer,
12:40de rester sur des modèles
12:41où je fabrique un produit,
12:43je le vends
12:43et je me fous
12:44de savoir
12:45ce que mon produit devient
12:46une fois qu'il a été utilisé
12:46par mon client.
12:47C'est qu'aujourd'hui
12:48c'est plus rentable
12:49de faire comme ça.
12:51Parce que pendant longtemps,
12:52les matières premières
12:53n'ont rien coûté
12:55ou quasiment rien coûté
12:55dans le déboursé sec
12:56de la fabrication
12:57d'un produit
12:57et l'énergie de transformation
12:59de ces matières premières,
12:59pareil.
13:00Donc pourquoi s'embêter
13:01à avoir des modèles
13:02plus complexes ?
13:03Parce que les communes d'usage...
13:04C'est toujours moins le cas
13:05quand même.
13:05Ah ben voilà,
13:06donc on est à une époque
13:07où les matières premières
13:08en tendancielle
13:10commencent à augmenter
13:11parce qu'on est sur
13:12un phénomène
13:13non pas de rareté
13:14parce qu'il en reste encore
13:14beaucoup de matières premières
13:15mais il y a beaucoup
13:16beaucoup de gens
13:16qui les veulent.
13:17Donc c'est ça aussi
13:18qui crée la...
13:18Et de hausse des coûts.
13:19Et donc du hausse des coûts
13:20d'extraction, rien.
13:22Et puis, bien sûr,
13:23il y a aussi un principe,
13:25une réalité géopolitique,
13:26c'est que longtemps,
13:28l'Europe a utilisé
13:29les matières premières
13:30qu'elle avait chez elle.
13:31Ça, c'est toute la première partie
13:33de l'industrialisation
13:34du XIXe siècle.
13:35Le charbon,
13:35on l'avait chez nous,
13:36les métaux,
13:36on avait des mines de fer,
13:38on avait...
13:38Sauf que ça fait bien longtemps
13:40qu'on n'a plus de ressources
13:42critiques en Europe,
13:44soit parce qu'elles sont épuisées,
13:45soit parce que les conditions
13:46d'exploitation
13:47ne sont pas réunies
13:48aujourd'hui
13:49pour continuer
13:50à les exploiter
13:50à des coûts raisonnables.
13:51Et donc,
13:52on apporte tout.
13:53Donc on est extrêmement vulnérable
13:55en termes d'approvisionnement
13:56des matières premières critiques.
13:57Tout le monde en apporte
13:5997% de matières premières
14:01critiques raffinées.
14:03Et du coup,
14:04quand vous n'avez pas
14:05la maîtrise de vos ingrédients
14:07pour fabriquer vos produits
14:08et quand ces coûts
14:10sont fixés par des pays tiers,
14:12votre marge de manœuvre
14:13pour les marges,
14:15et une finée,
14:16la marge que vous allez récupérer
14:17quand vous vendez votre produit,
14:19ce n'est plus la même chose.
14:20Parce qu'en fait,
14:21c'est celui qui crée
14:22la matière première
14:23ou plutôt qui la met à disposition,
14:25qui fixe le prix.
14:26On le voit bien aujourd'hui
14:26avec les batteries, etc.
14:28Donc l'Europe se doit
14:30d'inventer un autre modèle.
14:32Ce n'est pas simplement
14:33un enjeu écologique,
14:34c'est aussi un enjeu
14:35de souveraineté,
14:35de compétitivité,
14:36de garder sur notre sol
14:38les matières premières critiques
14:39en les faisant durer,
14:41durer beaucoup plus longtemps.
14:42Et le seul modèle
14:42qui permet de faire durer
14:44les matières premières
14:44plus longtemps,
14:45c'est de les laisser
14:46dans les produits
14:46et de plus vendre les produits
14:48et de plus vendre l'usage.
14:49Donc le temps est venu
14:50de passer à cette économie
14:51de la fonctionnalité
14:52qui existe depuis
14:52très très longtemps,
14:53mais pour plein de raisons,
14:55ça ne l'a pas
14:56véritablement décollé.
14:58Et pour compléter ce que dit Fabrice,
15:01le deuxième levier qui va nous pousser
15:03vers l'économie de la fonctionnalité,
15:05c'est effectivement
15:06la concurrence étrangère.
15:07Parce que les matériaux critiques,
15:09les matières premières
15:09dont on parle,
15:10elles ne sont pas chez nous,
15:11elles sont à l'étranger.
15:13Si on peut citer qu'un pays,
15:14par exemple,
15:15assez emblématique,
15:16c'est la Chine.
15:16Et la Chine,
15:17effectivement,
15:18aujourd'hui,
15:18elle est capable
15:19de fabriquer des batteries,
15:20elle est capable
15:21de fabriquer un certain nombre
15:22de biens,
15:22d'équipements qu'on fabriquait
15:24jusqu'à présent,
15:25de haute technologie.
15:26Et elle nous les vend
15:28à des prix beaucoup plus bas
15:29qu'on ne les fabrique nous-mêmes.
15:32Donc en fait,
15:32on a aussi cette deuxième contrainte
15:36mais qui du coup
15:37va se transformer en opportunité
15:38pour l'EFC,
15:39c'est de se dire,
15:40je prends le cas
15:42de l'entreprise électro,
15:44économie de la fonctionnalité
15:46et de la coopération,
15:46le cas de l'entreprise
15:48électro-calorique
15:49qui fabriquait
15:49depuis des dizaines
15:51et des dizaines d'années
15:52des chariots mobiles
15:53pour distribuer
15:54des repas chauds
15:55dans les établissements
15:56de santé.
15:57Jusqu'à présent,
15:57son modèle,
15:58c'était,
15:58je fabrique ces chariots
16:00donc elle a en fait
16:00tout un savoir-faire
16:01qu'elle a développé
16:02avec notamment des technologies
16:04et jusqu'à présent,
16:05son modèle,
16:06c'était,
16:06je les fabrique
16:07et je les vends.
16:08À un moment donné,
16:09les établissements de santé
16:10sont saturés,
16:11sont tous équipés,
16:12elle ne va pas pouvoir
16:13en vendre davantage.
16:14Premièrement,
16:15il y a un enjeu de croissance.
16:16Un enjeu de croissance,
16:17effectivement,
16:17quand tous vos clients
16:18sont équipés,
16:19qu'est-ce que vous faites ?
16:20Vous arrêtez d'en vendre,
16:22vous mettez la clé sous les portes,
16:23vous fabriquez des nouveaux produits
16:24ou alors vous les dégradez
16:25pour qu'ils puissent tomber en panne
16:27et vous leur vendez à nouveau.
16:30Mais la deuxième chose
16:31qui s'est passée,
16:31en fait,
16:32c'est que les clients
16:33étaient déjà tous équipés
16:34et deuxièmement,
16:35la concurrence étrangère,
16:36notamment de Chine
16:37à ce moment-là,
16:38a proposé exactement
16:39les mêmes chariots
16:40avec les mêmes modalités
16:41mais beaucoup moins chers.
16:42Donc là,
16:42l'entreprise,
16:43elle avait deux choix.
16:44Soit c'était,
16:45elle dégradait en fait
16:46la qualité de ses chariots
16:47pour pouvoir les proposer
16:48moins chers
16:49au prix de son concurrent
16:50ou alors,
16:51elle essayait de délocaliser
16:53la fabrication de ses chariots.
16:55Et bien en fait,
16:56elle a pris un autre virage,
16:57le virage de l'économie
16:59de la fonctionnalité.
16:59La troisième voie.
17:00La troisième voie.
17:01Parce qu'au final,
17:02qu'est-ce que voulaient ces clients ?
17:03C'était peut-être pas tant
17:04un chariot
17:04que d'être en capacité
17:06d'apporter à leurs clients,
17:08enfin aux patients,
17:09des plateaux chauds
17:10qui puissent se déplacer
17:12dans tout l'établissement.
17:13Et donc,
17:14c'est là où elle a travaillé
17:15non pas sur la vente
17:16d'un équipement
17:17mais plutôt sur la vente
17:19d'un usage.
17:20Quel était le résultat attendu,
17:22le besoin du client ?
17:23Et donc,
17:24le mot coopération
17:25prend aussi tout son sens
17:26à ce moment-là
17:26parce qu'ils ont dû travailler
17:28avec leurs clients
17:28pour se dire
17:29quels sont vos besoins,
17:31on va les utiliser
17:32et on va vous proposer
17:33une offre adaptée.
17:33Et donc,
17:34elle n'a plus vendu
17:34à la fin un chariot
17:35mais elle a vendu
17:36un prix de plateau
17:39servi chaud
17:40à ses patients.
17:41Et c'est là en fait,
17:42l'économie de la fonctionnalité
17:43prend aussi tout son sens.
17:44et donc,
17:45pour pouvoir se faire,
17:46elle avait intérêt
17:47à fabriquer
17:48des chariots
17:49qui puissent être robustes,
17:51démontables,
17:52réparables
17:53et qui puissent durer
17:53le plus longtemps possible
17:54puisqu'ils devaient durer
17:56dans le temps
17:56pour vendre
17:57le plus longtemps possible
17:58cet usage.
17:59Et en faisant ça,
18:00elle fait durer son bien,
18:02elle l'amortit
18:02et donc,
18:03il lui coûte beaucoup moins cher
18:04et donc,
18:05l'entreprise est rentable.
18:06Et là,
18:06du coup,
18:06sur cet exemple,
18:07ça fonctionne
18:08mais est-ce que
18:08toute l'économie
18:09de la fonctionnalité
18:10peut-être
18:11est circulaire ?
18:12Parce qu'en fait,
18:13il faut aussi se dire
18:14que l'entreprise
18:15doit penser à suite,
18:16après,
18:17si l'entreprise
18:17est seulement consommatrice
18:18des produits
18:20dont elle fait payer l'usage,
18:22ça fonctionne,
18:23ce n'est pas forcément circulaire.
18:25C'est-à-dire que,
18:25est-ce que...
18:26Elle l'est puisqu'elle
18:27les fait réparer,
18:28elle les répare,
18:29elle les reconditionne
18:30et ensuite,
18:30en fin de vie,
18:31elle les envoie au recyclage.
18:33L'économie de la fonctionnalité,
18:34vous pouvez l'avoir
18:35pour des biens matériels,
18:37des équipements,
18:38des produits
18:39qui vont s'appuyer
18:40sur le socle
18:40de la reuse économie
18:41qu'on a vu
18:42en première partie
18:43d'émission,
18:43donc on va pouvoir
18:44les réparer,
18:45les faire durer,
18:45les reconditionner
18:46et elle peut aussi
18:47fonctionner sur des biens
18:49immatériels
18:49comme des logiciels.
18:50Une entreprise,
18:51demain,
18:52n'est plus forcément
18:52obligée de vendre
18:53un logiciel
18:54mais de comprendre
18:55les besoins de ses clients
18:56et en gardant le logiciel
18:57chez elle,
18:58de donner accès
18:59à certaines fonctionnalités
19:01de ceux ou de ces logiciels.
19:02Donc on a en fait
19:03cette notion-là
19:04de circularité
19:06qui fonctionne
19:06à partir du moment
19:07où vous ne fabriquez pas
19:09pour vendre toujours plus
19:11mais vous fabriquez
19:12pour répondre
19:12à un usage précis.
19:13C'est la même chose
19:14dans les photocopies.
19:16Si demain,
19:17vous passez en économie
19:18de la fonctionnalité,
19:19vous n'avez pas intérêt,
19:20vous pouvez fixer
19:21un prix stable,
19:22par exemple,
19:23du prix de votre copie
19:25pour inciter le client
19:26à ne vous acheter
19:27que le nombre
19:29de papiers
19:30dont il a besoin
19:30et pas de se dire
19:31ah bah oui,
19:32c'est vrai que c'est dégressif
19:33à partir de 100
19:33donc je vais en imprimer 100.
19:34Et en fait,
19:35si vous fixez
19:36un prix stable
19:37parce que vous vous dites
19:37moi ce qu'il veut
19:37c'est des feuilles imprimées,
19:39je lui fixe un prix stable
19:41et bien il va acheter
19:42à la juste quantité
19:43et donc l'entreprise
19:44qui fournit ce service
19:45va consommer moins d'encre,
19:47moins de papier
19:47et on répond
19:48aux besoins,
19:49tout en répondant
19:50aux besoins du client.
19:51Après ce changement
19:52de système économique interne
19:55à l'entreprise,
19:55comment ça se fait ?
19:57Est-ce que ça se fait bien
19:57aujourd'hui ?
19:58Comment on le travaille ?
20:00Ça se fait déjà
20:00mais tout l'enjeu
20:02de ce qu'on essaye
20:04de pousser nous
20:05auprès de nos membres
20:07que ce soit C3D
20:08ou dans d'autres instances
20:09c'est un déploiement
20:11plus massif
20:11de ce modèle
20:12parce qu'il est
20:13extrêmement vertueux
20:14parce que les seuls
20:14qui perdent
20:15dans cette histoire
20:17c'est les vendeurs
20:17de matériaux
20:18et les vendeurs d'énergie
20:20qui transforment
20:21ces matériaux
20:22et c'est précisément
20:22les deux flux
20:24qu'il faut qu'on arrive
20:25à faire baisser
20:26si on veut répondre
20:28aux enjeux écologiques
20:29par ailleurs
20:29qui s'imposent à nous.
20:32Donc tout le monde
20:33ne sera pas gagnant
20:34parce que ceux
20:34qui vendent des flux physiques
20:35et qui vendent des matériaux
20:36vont y perdre
20:37avec les communes
20:38en fonctionnalités
20:38c'est une évidence
20:39mais c'est pas grave
20:41ce qui est important
20:41c'est ce qu'on va y gagner
20:42de façon générale
20:43est-ce que oui ou non
20:44notre société va y gagner
20:45et la réponse est oui
20:46Alors qu'est-ce qui manque ?
20:47Qu'est-ce qui manque
20:48pour accélérer ?
20:49Alors c'est contre-intuitif
20:50mais il manque
20:52plusieurs choses
20:53Premièrement
20:54il y a un déficit
20:56culturel
20:57énorme
20:58Pédagogie envers
20:59les gens
21:00on leur apprend
21:01depuis tout petit
21:02que ce qui est important
21:03c'est d'accumuler
21:04qu'il faut
21:05posséder
21:07un réflexe de consommation
21:09Il faut des arboires
21:10plein de arboires
21:11rappelez-vous la chanson
21:12d'Alain Souchon
21:12vous êtes trop jeunes
21:13mais c'est quand même
21:15profondément ancré
21:15dans la tête des gens
21:16Ensuite il y a
21:17un deuxième sujet
21:18c'est
21:20les industriels
21:21ont désappris
21:22à fabriquer
21:23de la robustesse
21:23et de la qualité
21:25ils fabriquent
21:25de la performance
21:26donc ça marche
21:27quand on l'achète
21:28mais c'est fragile
21:29parce que si
21:30c'était trop robuste
21:31ils en vendraient moins
21:32C'est l'obsolescence programmée
21:33qu'on a connu
21:34depuis les années 90
21:35Mais ça existe toujours
21:36il y a mille façons
21:37de programmer
21:38l'obsolescence d'un produit
21:39par la mode
21:40le marketing
21:41la technique
21:43la fragilité
21:44les gens savent faire
21:44les industriels savent faire
21:46ils n'ont d'ailleurs
21:46pas intérêt
21:47à faire des choses
21:47qui durent
21:48on le voit bien
21:48pour les vêtements
21:49aujourd'hui
21:50alors ça c'est déjà
21:51si on passe
21:52à l'économie de fonctionnalité
21:53fabriquer
21:54ça va nécessiter
21:56de réapprendre
21:57à fabriquer
21:57pour durer
21:59mais il y a encore
22:00un troisième levier
22:01ce qu'on appelle
22:02un verrou sociotechnique
22:03à faire lever
22:03c'est pas le moindre
22:04c'est qu'il faut changer
22:05la comptabilité
22:06la façon de compter
22:07la valeur
22:08aujourd'hui
22:09en B2B
22:10on parlait des chariots
22:11tout à l'heure
22:12mais vous vendez
22:12une machine outil
22:13à un industriel
22:14ou n'importe quoi
22:16l'industrie
22:17qui va l'acheter
22:18va l'amortir
22:18sur 5 ans
22:20c'est complètement dingue
22:21puis au bout de 5 ans
22:21dans les comptes
22:22cette machine
22:23elle vaudra 0
22:24il peut continuer
22:24de l'utiliser
22:25bien sûr
22:25mais elle vaudra 0
22:27et alors que
22:28les éléments
22:29constitutifs
22:30de cette machine
22:30les composants
22:31ils ne valent pas 0
22:32les matières premières
22:34même
22:34il y a des fortes chances
22:35qu'au bout de 5 ans
22:36le cuisse
22:37ça soit non seulement
22:38réutilisable
22:39mais que c'est
22:39pris de la valeur
22:40et aujourd'hui
22:41ça dans le système
22:41comptable
22:42dans le système financier
22:42c'est pas du tout
22:43pris en compte
22:44il n'y a pas de classe
22:44d'actifs matériaux
22:45qui est reconnue
22:45par le système financier
22:47c'est un comble
22:47quand même
22:48et dans la comptabilité
22:49on pourrait très bien
22:50imaginer d'avoir
22:51ce qu'on appelle
22:51un amortissement
22:52par composant
22:53que les pièces d'usure
22:54s'amortissent
22:55sur des durées courtes
22:57ça paraît normal
22:58mais les éléments
22:59qui peuvent être
23:00récupérés sur la machine
23:01et remanufacturés
23:01pour être réimplantés
23:02dans d'autres machines
23:03pourquoi ne pas
23:04les amortir
23:04sur des durées
23:05beaucoup plus longues
23:06donc la charge
23:07d'amortissement
23:07d'entreprise
23:08sera baissée
23:08et donc comme disait
23:10Célia tout à l'heure
23:10ça fait plus de cash
23:11pour l'organisation
23:13et pour l'entreprise
23:14c'est quand même
23:14très vertueux
23:15d'un point de vue
23:16financier
23:16à condition
23:17que ce soit reconnu
23:18à condition
23:18que les règles comptables
23:20évoluent
23:22et prennent en compte
23:23cet aspect là
23:24et oui
23:24la valeur de l'entreprise
23:25du coup serait
23:25beaucoup plus élevée
23:26tout à fait
23:27tout ça
23:27et des investisseurs
23:29qui seraient activés
23:29alors après
23:30il faut regarder
23:30les effets sur les impôts
23:32parce que tout est complexe
23:33parce que si
23:34la valeur d'entreprise
23:35est plus importante
23:36sur ses classes d'actifs
23:37elle va payer plus d'impôts
23:38donc il ne faut pas
23:38que ce qu'elle va gagner
23:39d'un côté
23:39elle le perde de l'autre
23:40donc on voit bien
23:41que tout est dans tout
23:42et c'est pour ça d'ailleurs
23:43que ça n'a pas bougé
23:44c'est parce qu'en fait
23:45on dit qu'on innove beaucoup
23:46mais on innove beaucoup
23:47d'un point de vue
23:48technologique
23:48aujourd'hui
23:49mais l'innovation
23:50organisationnelle
23:50l'innovation comptable
23:52l'innovation financière
23:53zéro
23:53zéro
23:54on n'innove pas
23:54et donc le levier
23:57et le salut même
23:58de l'Occident
24:02les américains
24:02ont les GAFAM
24:03etc
24:03en fait nous
24:04notre salut
24:05c'est l'innovation
24:07organisationnelle
24:07et on doit utiliser
24:09ces leviers
24:10pour produire la valeur
24:11différemment
24:12refabriquer de la qualité
24:13de la robustesse
24:14de la durabilité
24:15et je pense
24:17qu'on a tout intérêt
24:18d'un point de vue
24:19géostratégique
24:20à le faire tout de suite
24:21Célia vous étiez
24:22hier soir au Sénat
24:23ce matin à Bercy
24:24est-ce que justement
24:25ça va dans le bon sens
24:26qu'est-ce qui a été proposé ?
24:28Oui
24:29plusieurs choses
24:29donc effectivement
24:30tout le monde s'est reconnu
24:31à dire que le levier
24:32numéro 1
24:32c'est de changer
24:33de logiciel
24:34c'est ce qu'on disait
24:34le changement culturel
24:36pour pouvoir
24:36à tous les niveaux
24:37que ce soit
24:38dans l'entreprise
24:39au niveau des services
24:40de l'Etat
24:41des consommateurs
24:41qu'on puisse effectivement
24:43passer d'une économie
24:44de la possession
24:45de la vente directe
24:46à une économie
24:47de l'usage
24:48et de la durée
24:49ça c'est le numéro 1
24:49on le retrouve
24:50effectivement
24:51dans notre publication
24:52Rius Economy
24:53dit levier
24:54pour changer d'échelle
24:552
24:55on a eu ce matin
24:56effectivement
24:58des entreprises
24:58qui ont
24:59de la TPE-PME
25:00au grand groupe
25:01qui expérimente
25:02déjà
25:03l'économie
25:04de la fonctionnalité
25:05et ça marche
25:05ça a pris entre 3 et 5 ans
25:07de changer
25:08mais les relations
25:09avec les clients fournisseurs
25:11qui deviennent plutôt
25:12même des partenaires fournisseurs
25:13s'améliorent
25:14l'ADEME a fait récemment
25:15une étude
25:16sur 6 entreprises
25:17qui disent que
25:1892%
25:20des répondants
25:21ont amélioré
25:22effectivement
25:22la qualité des relations
25:24et que les impacts
25:25environnementaux
25:26sont vraiment réduits
25:27en termes de CO2
25:28d'impact sur les ressources
25:29donc on a des résultats
25:30concrets
25:31sociaux
25:32environnementaux
25:332
25:33en termes de profitabilité
25:35avec les cas
25:36qu'on avait
25:37et enfin
25:383
25:39sur les leviers
25:40donc Fabrice a effectivement
25:41commencé à en énumérer
25:42un des leviers
25:44qui m'a frappé
25:45c'est la commande publique
25:46la commande publique
25:48aujourd'hui
25:48c'est les achats
25:50c'est les achats
25:51de l'état
25:52les achats
25:52de l'état
25:53au niveau européen
25:53c'est 15%
25:54du PIB
25:55c'est énorme
25:56c'est colossal
25:57donc quand vous voulez
25:58enclencher
25:59un changement d'échelle
26:01il faut du volume
26:02et aujourd'hui
26:02l'effet volume
26:03qu'on peut avoir rapidement
26:04c'est par la commande publique
26:06pour le réemploi
26:07la réparation
26:08pour l'économie
26:08de la fonctionnalité
26:09et ça tombe bien
26:10c'est là où moi
26:11je garde espoir
26:11c'est que l'Europe
26:13travaille en ce moment
26:14vient de faire
26:15une proposition
26:15de règlement
26:16pour regrouper
26:17trois anciennes directives
26:19qui est le public
26:20procurement act
26:21pour enfin dire
26:23l'état
26:23ne va plus seulement
26:24baser ses critères
26:25de sélection
26:26des fournisseurs
26:27uniquement sur le prix
26:28parce qu'on sait
26:29que si c'est le prix
26:30on tire à la baisse
26:31la qualité
26:32et donc on n'a pas forcément
26:33des produits robustes
26:34réparables qui durent
26:35mais va le faire
26:36sur un critère
26:37qualité prix
26:38et que ce critère
26:40qualité prix
26:40va prendre au moins
26:4130%
26:42de la valeur
26:44de la notation
26:44ça peut même monter
26:45jusqu'à 50%
26:46quand il s'agira
26:48de biens
26:48avec beaucoup d'intensité
26:49de main d'oeuvre
26:50donc ça pour moi
26:51c'est effectivement
26:52une opportunité
26:53à regarder de près
26:54pour la reuse économie
26:56et l'économie
26:56de la fonctionnalité
26:57pour terminer Fabrice
26:58derrière j'imagine
26:59tout ça
26:59il y a le consommateur
27:00aussi
27:01qui doit
27:01est-ce que lui
27:02il a des éléments
27:04qui le poussent
27:05à acheter
27:06ou à acheter
27:07l'usage
27:08comment est-ce qu'il peut être
27:09plus au courant
27:10est-ce qu'il est protégé
27:11voilà ce côté
27:12consommateur
27:14il y a un marketing
27:15d'usage
27:16à opérer
27:18je pense que c'est
27:19tout à fait possible
27:19si demain
27:20dans le cas des charges
27:21des agences de marketing
27:21on leur dit
27:22ce qu'il faut vendre
27:23ce n'est pas le produit
27:24mais l'usage de produit
27:25ils vont trouver des astuces
27:26pour vous donner envie
27:26d'acheter l'usage
27:27vous serez beaucoup plus libre
27:29quand vous n'en aurez pas
27:30besoin de votre produit
27:31vous ne paierez pas
27:32pour quelque chose
27:32que vous n'utilisez pas
27:33parce qu'en fait
27:34le grosso modo
27:34aujourd'hui
27:35on a tout un tas
27:36de trucs chez soi
27:37avec des durées d'utilisation
27:39qui sont anecdotiques
27:40et puis
27:41c'est assez facile
27:42de faire le parallèle
27:43avec je ne sais pas
27:44vous buvez un verre de lait
27:45le matin
27:45de temps en temps
27:46même pas
27:47dites oui
27:48de l'eau
27:48allez
27:49de lait ça m'arrange
27:50parce que vous n'achetez pas
27:50une vache
27:51quand vous buvez un verre de lait
27:52vous n'achetez pas un train
27:53comprenez le train
27:54il y a déjà
27:55pour les grosses infrastructures
27:55on ne se pose pas la question
27:56de posséder
27:58l'objet
27:59qui va nous rendre service
28:01dans la vie
28:03quotidienne
28:03que ce soit pour des véhicules
28:04que ce soit pour des machines
28:05des shampooineuses
28:06des appareils à raclette
28:07des hains
28:08il y a tout un tas de trucs
28:09qu'on pourrait
28:10si c'était pratique
28:10encore faut-il que ce soit pratique
28:12et c'est bien sûr
28:13il doit y avoir
28:15un réseau
28:15qui se mette en place
28:16de proximité
28:17pour que ce soit rapide
28:19que ce soit
28:19que les conditions de sécurité
28:21soient respectées
28:22encore une fois
28:22il y a toute une économie
28:24et donc ça serait super
28:25parce que
28:26ça va faire de la place
28:27dans nos placards
28:27ça permettra aux gens
28:28d'avoir des appareils
28:30qui sont toujours aux normes
28:31ça permettra aussi
28:32bien sûr
28:32d'intensifier l'usage
28:34de ces appareils
28:34et donc d'en fabriquer
28:36moins
28:36et c'est exactement
28:37ce qu'il faut
28:38qu'on arrive à faire
28:38parce que ce qui pollue
28:40aujourd'hui
28:41c'est la production
28:42donc on n'est pas du tout
28:44dans l'économie
28:44ou dans l'écologie punitive
28:45le but c'est pas
28:46de se priver
28:47de l'usage d'un objet
28:48c'est de l'utiliser
28:50plus et mieux
28:51à plusieurs
28:53Fabrice Bonifay
28:53merci beaucoup
28:54vous êtes président
28:55du C3D
28:56et Ressélia Renneson
28:58vous êtes cofondatrice
28:58directrice générale
29:00réseau VRAC et Réemploi
29:01merci beaucoup
29:01à tous les deux
29:02d'avoir participé
29:03à notre échange
29:04et merci à vous toutes
29:04et tous de nous avoir suivis
29:05c'était Smartéco
29:06merci à vous
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