- il y a 7 semaines
Mardi 8 septembre 2026, retrouvez Nathalie Benatia (Macroéconomiste, BNP Paribas Asset Management), Thierry Le Clercq (Président – Fondateur, Alphajet Fair Investors) et Jean-Jacques Friedman (Directeur de gestions déléguées, Vega IS) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:01Générique
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Vous nous retrouvez chaque jour en direct à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous pouvez également nous retrouver en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition ce soir, retour de week-end prolongé pour les marchés américains.
00:33Et les débuts sont hésitants à Wall Street avec un Dow Jones qui recule quand même de plus de 1
00:38% à l'heure où on parle.
00:39En Europe, la tendance reste indécise également, freinée par l'escalade du conflit au Moyen-Orient.
00:45Des attaques sur des sites énergétiques en Arabie Saoudite ont propulsé le Brent vers les 100 dollars.
00:52Il a frôlé les 100 dollars, il n'a pas atteint les 100 dollars.
00:55Le WTI frôle aussi les 95 dollars de son côté avant un léger repli des cours du pétrole au cours
01:02de la séance.
01:03Si l'Iran a évoqué un accord imminent avec Oman pour sécuriser le D3, la réaction américaine reste pour l
01:10'instant incertaine.
01:11Une certitude en tout cas, ce choc pétrolier alimente les craintes inflationnistes et impose la prudence aux banques centrales.
01:20Justement, on attend la décision monétaire de la Banque Centrale Européenne après-demain.
01:25Si une hausse des taux est quasiment certaine, la vraie question, c'est de savoir plutôt s'il y aura
01:30d'autres hausses d'ici la fin d'année et combien.
01:32Pour ça, on va rester attentif à la communication de Christine Lagarde après la décision monétaire de la BCE jeudi.
01:40Il faudra attendre encore quelques jours pour connaître la décision monétaire de la Réserve fédérale américaine qu'on attend la
01:48semaine prochaine.
01:49En attendant, les investisseurs auront encore quelques statistiques à se mettre sous la dent.
01:54Deux précisément, la première c'est la publication des PPI, l'indice des prix à la production qu'on attend
02:00jeudi.
02:00Et la deuxième c'est la publication du CPI, l'indice des prix à la consommation, l'inflation.
02:06Donc les deux pour le mois d'août.
02:09A ce stade, une hausse des taux de la Réserve fédérale est pricée à 60% par le marché.
02:14Mais donc tout pourra changer cette semaine selon les chiffres qu'on attend.
02:19On en parle évidemment avec nos invités sur ce plateau dans un instant.
02:22Et puis c'est donc la rentrée des banques centrales.
02:26On attend d'autres décisions monétaires.
02:28Celle de la Banque d'Angleterre, de la Banque Nationale Suisse et puis celle de la Banque du Japon.
02:33Les anticipations de hausse de taux ne cessent de grimper à l'approche de sa réunion du 18 septembre prochain.
02:40Ce qui soutient nettement la devise nippone qui est proche de ses plus hauts niveaux annuels.
02:44Et qui est surtout en hausse de 4% depuis le début du mois de septembre.
02:49Donc en fait de 4% mais depuis une semaine.
02:52Enfin du côté des valeurs, Qualcomm a conclu un partenariat avec Amazon pour lui fournir des puces d'intelligence artificielle
03:00sur mesure.
03:01Le titre Qualcomm progresse de plus de 5% aujourd'hui.
03:04Un mot d'Apple aussi qui a annoncé que son iPhone pliable sera vendu à plus de 2000 euros et
03:10jusqu'à 3000 euros.
03:12En parlant de tech et d'intelligence artificielle, on dira aussi un mot évidemment de la fin de cette saison,
03:19des résultats du second trimestre avec nos invités dans un instant.
03:22En sachant qu'on attend encore les résultats d'Oracle qui seront publiés jeudi après la clôture des marchés.
03:29Pour terminer, un mot rapide de la guerre commerciale un peu effacée ces derniers temps par le reste de l
03:35'actualité évidemment.
03:36Le Canada impose des droits de douane de 15 à 50% sur les importations américaines.
03:42Les autorités américaines de leur côté n'ont donné aucune précision sur la nature ni le calendrier d'éventuelles nouvelles
03:49mesures de Donald Trump.
04:00Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
04:05Nathalie Benassia, vous êtes macroéconomiste chez BNP Paribas, Asset Management.
04:10Bonsoir.
04:10Bonsoir.
04:10Jean-Jacques Friedman, directeur de gestion déléguée chez Vega IS.
04:14Bonsoir.
04:15Bonsoir Pauline.
04:15Et Thierry Leclerc, vous êtes président fondateur d'AlphaJet Fair Investor.
04:19Bonsoir Thierry.
04:20Bonsoir Pauline.
04:21Eh bien je vous propose Jean-Jacques qu'on commence tout de suite avec un mot du pétrole qui frôle
04:27les 100 dollars, qui est au plus haut depuis deux mois.
04:30L'escalade des tensions dans le détroit d'Harmouz au Moyen-Orient ont mis fin à un mois de calme
04:34relatif sur place.
04:36Le Brent s'était stabilisé autour de 80 dollars.
04:40Et là aujourd'hui, il touche un plus haut à 99,5 dollars.
04:45Donc tu te souviens presque les 100.
04:47Je pense que sur le pétrole, la question finalement elle est reliée à l'obligataire.
04:52Et j'ai l'impression que ce n'est pas finalement la hausse du pétrole qui a impacté ces dernières
04:58semaines l'obligataire négativement.
04:59C'est plus finalement un peu la concurrence entre les émissions de dettes privées que les investisseurs perçoivent par rapport
05:06déjà à des déficits budgétaires qui sont loin d'être résolus.
05:10Alors on a l'exemple en France, mais aussi aux Etats-Unis.
05:12Donc je pense que c'est ça qui fait peur au marché.
05:14Toute nouvelle, il y a une forme d'accoutument.
05:16Ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'à l'époque, au moment du déclenchement du conflit, on raisonnait presque
05:21en termes de semaines.
05:21On disait que le marché pouvait tenir quatre semaines, peut-être six semaines.
05:24Et six mois après, le marché tient quand même extraordinairement bien sur le marché du pétrole.
05:28C'est pas du tout un stress important.
05:31Quand on supprime 20 millions de barils dans un marché qui, avec 3-4 millions de barils, peut être totalement
05:36déséquilibré, c'est là la surprise assez extraordinaire.
05:38Il y avait quelques raisons d'une suroffre à l'origine, de la Chine qui avait des stocks aussi importants,
05:44de stratégies de contournement qu'il y a pu avoir.
05:47Moi j'ai l'impression que ça se mettra encore en place, qu'il ne faut pas prendre les déclarations
05:52à la fois de l'Iran et aux Etats-Unis au pied de la lettre.
05:55Et je ne vois pas un nouvel emballement vraiment dramatique en la matière.
05:59Puis le marché a une forme d'accoutumance très très très très forte.
06:05C'est plus des questions autour des déficits budgétaires.
06:08Et ça, ça ne peut pas se calmer tout de suite, qui impacte les taux longs.
06:12Et finalement, la hausse des taux courts que les banques centrales vont être sans doute forcées de faire,
06:17et nous depuis l'origine, on pensait à deux hausses de taux à la fois pour la BCE et pour
06:21la Fed.
06:21D'ici la fin d'année ?
06:22Au total.
06:23Au total, presque même au total, parce qu'on pense 2027, et qu'en 2027, ça prendra peut-être du
06:27temps,
06:27mais que la BCE sera peut-être amenée à rebaisser les taux.
06:30Parce que tout le monde a conscience qu'à la fois, c'est une solution qui ne traite pas le
06:34problème.
06:36Il n'y a pas un problème, le problème est là ponctuel et la hausse des taux ne va rien
06:39résoudre.
06:40Mais il faut quand même qu'il y ait un signal qui soit envoyé.
06:43Il ne faut pas qu'ils commettent l'erreur, comme il y a cinq ans, de réagir trop tardivement.
06:46Si c'est juste une hausse, le marché peut se dire si c'est une erreur, si c'est trois,
06:50quatre, ça peut casser la croissance.
06:52Donc deux, ça nous semble un peu raisonnable en la matière.
06:54Juste au milieu.
06:55Voilà, juste au milieu.
06:56Et que cette deuxième hausse est plutôt favorable pour une courbe des taux interprétée comme on traite quand même le
07:03problème.
07:03Kevin Warch, quand il avait déclaré finalement qu'on driverait moins la courbe et le discours, ça, ça avait un
07:11peu inquiété les marchés.
07:12Donc c'est plus ça qui nous semble inquiétant que de nouveau, finalement, un marché qui de nouveau repanique cette
07:18histoire du golf.
07:20Oui, le prix de rôle, ce n'est peut-être pas un risque majeur à ce stade pour les marchés,
07:25Nathalie.
07:25Ce serait peut-être plus un vrai risque si jamais le baril restait à 100 dollars ou au-dessus de
07:33100 dollars pendant peut-être une plus longue durée que soit quelques jours ou même quelques semaines.
07:38Oui, oui, je partage tout à fait ce qui a été dit sur cette histoire.
07:41On s'habitue.
07:42Si on regarde quelques enquêtes faites auprès des investisseurs, en général, le consensus sur la croissance est positif, très positif
07:51même, avec raison.
07:52On a eu des preuves, finalement, de cette résistance de l'économie mondiale, de chaque zone à ce choc pétrolier
07:59qu'on a vécu, avec, en parallèle de ces perspectives encourageantes sur la croissance,
08:08quand on pose la question aux mêmes investisseurs, quel est votre pronostic sur le prix du pétrole à la fin
08:13de l'année, en large majorité, on avait une fourchette, alors une fourchette large, mais qui était 70-90.
08:20Donc 70-90 pour le pétrole, ça ne nous empêche pas d'avoir un scénario très positif sur la croissance.
08:26Après, il y a le chiffre, il y a le 100, la limite symbolique de 200, qui a d'ailleurs
08:30été franchie ponctuellement en juillet, cet été.
08:33Oui, ponctuellement.
08:34Très ponctuellement.
08:35Bien sûr.
08:35Donc si on est dans cette configuration de 100 ponctuellement, pas de problème.
08:39Après, ce qui pourra commencer par inquiéter, et on verra revenir les spécialistes du pétrole qui nous expliqueront qu'il
08:48faudra X mois, X trimestres pour retrouver un flux normal, ce qui est sans doute vrai.
08:56Là, ça pourra davantage déstabiliser les marchés, mais en même temps, sur ce marché du pétrole, et ça aussi, ça
09:02vient d'être dit, on a eu finalement quelque chose qui a bien marché, un ajustement de l'offre et
09:08de la demande.
09:09Ça, c'est important. On a vu la demande baisser, et ça a marché comme dans les livres sur l
09:14'élasticité prix du pétrole.
09:16Oui, c'est sûr. Et puis, ce que vous disiez sur quand le détroit d'Ormout sera rouvert complètement, le
09:22pétrole ne va pas affluer comme ça.
09:24Il faudra des mois pour que tout cela revienne à la normale, évidemment.
09:29Thierry, un mot du gaz.
09:30Rapidement, l'hiver va arriver, et le gaz est très cher, en tout cas en Europe, surtout en Europe.
09:36Le gaz européen se négocie à près de 75 euros le mégawatt-heure.
09:42C'était son plus haut niveau depuis janvier 2023, et c'est plus du double depuis le début de l
09:47'année.
09:48Vos commentaires, si vous voulez, sur le pétrole, et peut-être un mot de ce gaz en Europe aussi, qui
09:53est relativement cher ?
09:54Je vais faire les deux, si vous voulez bien.
09:57Sur le gaz, tout de suite, en fait, c'est vrai que la situation est un peu préoccupante en Europe,
10:01donc on arrive quand même à savoir mesurer dans les principaux hubs de stockage du gaz naturel
10:07où on en est au niveau des stocks.
10:09Et donc, on est à peu près aujourd'hui à 62% du taux de remplissage.
10:15Quand on était à 80% l'année dernière à la même période.
10:18C'est ça.
10:19Alors, j'ai la projection au 1er novembre, on arriverait, toutes choses égales par ailleurs, à 67%.
10:26Sachant que, donc là, c'est le début de l'hiver, le 1er novembre, en gros, la saison froide.
10:32Et c'est 14 points de pourcentage inférieur au 1er novembre 2025.
10:38Donc, on est quand même en dessous.
10:40Si, alors ensuite, on fait des...
10:41Donc là, l'objectif, c'est de faire des simulations sur le détroit d'Hormuz.
10:46Qu'est-ce qui se passe ?
10:47Puisqu'en gros, l'Europe importe énormément de gaz du Qatar.
10:50Et donc, ça transite via le détroit.
10:53Et donc, si la situation se rouvrait, se renormalisait à partir de début novembre,
10:59et si l'hiver n'était pas trop froid,
11:02on arriverait à peu près à 21% à la fin mars.
11:06C'est à peu près ça l'ordre de grandeur.
11:07Donc, 67, 14% en dessous du niveau d'il y a un an.
11:11Et si toutes les choses se normalisent et que l'hiver n'est pas trop froid, 21%.
11:15Mais ça fait quand même beaucoup de conditions.
11:17Exactement.
11:17Si l'hiver est très rigoureux, comme ça avait été le cas en 2017-2018,
11:22on pense qu'il faut remonter il y a longtemps.
11:24Non, en 2017-2018, on avait un hiver avec une vague de froid de lèche.
11:29Bon, bref, on passe les détails météorologiques.
11:31Mais bon, à la fin, on pourrait arriver dans ces conditions-là à 10%.
11:3510%, c'est vraiment le stock où tout le monde panique.
11:38Donc, c'est un scénario qui est possible du côté de la météo.
11:41Et du côté du détroit d'Hormuz,
11:43plus on va tarder à rouvrir vraiment à ce que les tanqueurs puissent passer,
11:48les métaniers plutôt, là, pour le coup,
11:50plus, du coup, ça va augmenter le risque aussi d'arriver à 10%.
11:54Donc ça, voilà.
11:55Il y a des choses qu'on ne maîtrise pas.
11:56Mais c'est à peu près ça l'ordre de grandeur qu'il faut avoir.
11:59Sur le pétrole, oui, trois choses.
12:02Comment on pourrait revenir à 120 ?
12:05Parce que c'est un peu ça qui nous stresse, nous, sur les marchés.
12:07Est-ce que Goldman Sachs, c'est les projections de Goldman Sachs,
12:10120 dollars pour le baril ?
12:12Pour être franc, je ne les ai pas lus.
12:14Mais bon, en tout cas, c'est le scénario, en gros,
12:16on met 20% de plus.
12:18Et puis 120, c'est le niveau où aussi,
12:19ça commence vraiment à se tendre pour tout le monde.
12:21Enfin, 100, c'est déjà pas non plus complètement absorbable.
12:25Mais 120, on est en situation de stress,
12:27en tout cas du contexte qu'on a ces derniers mois.
12:32Donc, un, le conflit qui s'envenime.
12:35Donc, on a quand même les États-Unis qui serrent le blocus.
12:40Donc, les Iraniens disent que ça ne leur va pas du tout.
12:43Je pense qu'ils ont raison, là, pour le coup.
12:45Et donc, ils vont riposter, qu'ils ne vont pas se laisser faire.
12:48Donc, ce n'est pas non plus complètement à écarter d'un verre de la main.
12:52D'un point de vue géopolitique, politique, militaire.
12:58Le deuxième point à surveiller, il y en a trois.
13:01Le deuxième, c'est qu'en fait, il y a des barils,
13:04il y a des tanqueurs qui sont passés depuis cet été.
13:08Alors, c'est une image.
13:11C'est un peu la nuit, on ne les compte pas vraiment.
13:13Mais quand on regarde les flux,
13:14il y a quand même 7 à 8 millions de barils qui passent tous les jours,
13:17qui passaient fin août.
13:19Aujourd'hui, on ne sait pas.
13:20Mais donc, ça, si ça devait être amené à être re-enlevé,
13:24ça retendrait quand même bien la situation.
13:27Et troisièmement, on sait qu'il y a des routes annexes
13:30qui ont été aménagées ou ouvertes ou construites
13:35où ça s'est accéléré.
13:36C'est l'Arabie Saoudite, Est-Ouest,
13:39de l'Irak vers la Turquie,
13:43les ports Omanais,
13:44et puis un port important aux Émirats Arabes Unis.
13:50Donc, là-dessus aussi,
13:51vu que les Iraniens ont été assez agressifs,
13:55s'il y avait des délais
13:56ou s'il y avait une complication militaire
14:00sur ces endroits-là,
14:02ça retendrait les prix.
14:05Ça retendrait les prix.
14:06Donc, trois facteurs géopolitiques, militaires.
14:09Le D3, il passe des tanqueurs,
14:11mais on ne sait pas trop,
14:13et c'est un peu sous le manteau,
14:14mais ça passe quand même.
14:16Et trois, tout ce qui a été construit
14:17ou réouvert ces derniers mois,
14:21pour combien de temps est-ce que c'est durable ?
14:23C'est ça qui pourrait ramener le baril.
14:25Si les trois, un D3, les trois, deux D3 se matérialisaient,
14:29ça pourrait ramener le baril à 120.
14:30Bon, et ça pourrait surtout aussi remettre au centre
14:35les tensions inflationnistes associées
14:37à ces remontées des prix du pétrole
14:39qu'on connaît aujourd'hui.
14:40L'occasion de dire un mot des banques centrales,
14:44de ce qui nous attend peut-être
14:45à commencer avec la Banque centrale européenne
14:48cette semaine.
14:49Jean-Jacques, qu'est-ce qu'on peut...
14:51Alors bon, qu'est-ce qu'on peut attendre ?
14:52On attend donc une hausse des taux
14:54de 25 points de base là-dessus.
14:56Pas de surprise d'aller pricer à 90% par le marché.
14:59On va peut-être plus se tourner vers la communication
15:03de Christine Lagarde,
15:05ce qu'elle va nous dire après.
15:07Et on essaiera peut-être de savoir aussi
15:10s'il y aura une deuxième hausse,
15:12une troisième hausse sur les prochains mois
15:14d'ici la fin d'année dans un premier temps
15:16et puis après en 2027, j'imagine.
15:19Là aussi, il n'y aura pas de surprise.
15:20Elle va dire qu'elle est d'interdépendante.
15:22Elle essaie de te dire un discours quand même plutôt ferme
15:25parce que vaut mieux que les marchés
15:26fassent le job finalement à sa place.
15:28Donc, c'est se donner du temps.
15:29C'est-à-dire qu'à la fois, nous, on la surveille,
15:31mais elle nous surveille aussi d'une certaine manière.
15:33C'est-à-dire que c'est un peu un jeu
15:35entre les investisseurs et les responsables
15:37de banques centrales pour tenir une communication
15:39qui tient à peu près debout.
15:42Mais je crois que le point notable,
15:44on évoquait tout à l'heure le fait que,
15:46malgré les hausses de taux,
15:47qui ne correspondent pas quand même
15:49à la réalité économique qu'il y a,
15:50malgré la hausse du pétrole,
15:52la croissance tient.
15:53Mais l'énorme surprise qu'on évoque peu
15:55et qui est un peu l'éléphant de la pièce,
15:58c'est les résultats des entreprises.
16:00C'est ça qui est assez extraordinaire.
16:02C'est-à-dire qu'au-delà même de quelques chiffres,
16:04quand on a d'habitude 3% de croissance dans le monde,
16:07on commence les résultats à 10% en début d'année,
16:10puis on finit à zéro.
16:11Là, on commence à 10,
16:12on finit à presque 20 en Europe,
16:14et on finit à presque 30 aux États-Unis.
16:16Donc, il se passe quelque chose
16:18qui est au-delà de quelques entreprises pétrolières et autres.
16:22Et je pense que,
16:25en partant de la microéconomie,
16:27des énormes investissements de la part,
16:29notamment des data centers de l'IA,
16:33toute la chaîne finalement est impactée.
16:35C'est-à-dire la construction,
16:39les transports, les fournisseurs,
16:42l'énergie, etc.
16:43Et donc, il y a vraiment un mouvement puissant
16:45et une sorte de pricing power
16:50de beaucoup d'entreprises, je pense,
16:52avec ces commandes qui ont été instituées.
16:54Donc, on se pose parfois des questions
16:56sur la financiarisation de l'IA, etc.
16:58Et ces questions se poseront,
16:59mais ça, c'est peut-être dans un ou deux ans, en plus.
17:02Mais pour l'instant,
17:03là où il y a de la visibilité,
17:05c'est vraiment sur ce carnet de commandes
17:06et ça engendre vraiment ces résultats assez puissants.
17:10Donc, d'habitude,
17:10finalement, la hausse de taux,
17:11comme une action, c'est un dividende visé par un taux,
17:14on n'aime pas que les taux montent,
17:15ils ont monté.
17:16Mais là, c'est qu'il y a une force supplémentaire
17:18et supérieure qui bascule
17:20et qui est plus forte que cette hausse
17:22des banques centrales, etc.
17:23Et je pense que c'est vraiment l'élément
17:26à garder en tête.
17:27Oui, on va revenir évidemment
17:28sur cette saison des résultats,
17:30comme on le disait en intro avec vous, Thierry,
17:32notamment juste avant de revenir sur les résultats.
17:36Donc, Nathalie, si vous voulez réagir
17:37sur la Banque Centrale Européenne,
17:39mais peut-être aussi un mot de la Fed après.
17:43Commençons par la BCE
17:44et parlons de la Fed ensuite.
17:47Alors, commençons par la BCE.
17:48La communication de Christine Lagarde
17:49ne va pas être facile,
17:50précisément avec tout ce qu'on vient de dire
17:52sur le prix de l'énergie
17:53et le prix du gaz naturel.
17:55Parce que dans les hypothèses techniques
17:57que la BCE prend
17:59pour faire tourner ces modèles,
18:01qui seront présentés également jeudi,
18:04ces modèles de prévision,
18:06il y a précisément le prix du pétrole,
18:08mais aussi un indice synthétique
18:10qui prend en compte le prix du gaz.
18:13Donc, pour Christine Lagarde,
18:14ce n'est pas la meilleure des situations,
18:16la plus confortable des situations.
18:18Elle pourra répéter,
18:20parce que c'est ce qu'on constate,
18:21qu'on ne voit pas du tout
18:23de manifestation d'effets de second tour,
18:25donc de boucle prix-salaire,
18:26plus simplement,
18:28qu'on n'a pas vu beaucoup
18:29d'effets indirects,
18:31ce qui est finalement le cran avant.
18:35Le prix de l'énergie monte,
18:37ça fait accélérer l'inflation totale,
18:40et on regarde ce qui se passe
18:41sur l'inflation sous-jacente,
18:42il y a malgré tout des effets.
18:44Là, ces effets indirects
18:46ont été pour le moment
18:47très limités,
18:48mais la question qui va être posée,
18:50et qui se pose d'ailleurs
18:51au Conseil des gouverneurs,
18:54c'est qu'est-ce qu'on fait
18:55de ces cours du pétrole.
18:58Les marchés à terme
19:01semblent avoir décidé
19:02pour la BCE
19:03qu'il faut continuer
19:04à monter les taux
19:06après la hausse de jeudi.
19:08Honnêtement, nous,
19:09sans grande conviction,
19:10il faut bien l'avouer,
19:11on n'est pas convaincus
19:12que la BCE va franchir le pas.
19:14C'est à surveiller.
19:15Et à propos de ces anticipations
19:17de marché,
19:18quelque chose d'intéressant également,
19:20c'est quand on les regarde
19:21un petit peu plus loin,
19:22en général,
19:22les marchés anticipent des hausses,
19:23et puis au bout d'un moment,
19:24ils anticipent des baisses.
19:25Et ça, dans le...
19:27Dans l'horizon proposé,
19:29on ne voit pas de baisse
19:30des taux directeurs
19:32de la BCE,
19:33ce qui est assez surprenant
19:36et surtout totalement inhabituel.
19:38Donc, encore une fois,
19:39un exercice difficile
19:40pour Christine Lagarde.
19:41Pour la Réserve fédérale américaine,
19:44Kevin Warch s'est mis lui-même
19:45dans une situation compliquée
19:46avec ses revirements
19:48de communication.
19:50C'est le chiffre de vendredi
19:52qui va globalement...
19:53Il me semble que tout le monde
19:54à Washington,
19:55à la Fed,
19:56attendent le chiffre de vendredi.
19:59Ça paraît un petit peu faible
20:01comme fonction de réaction,
20:02malgré tout.
20:03Oui.
20:04Et effectivement,
20:05tout ce qui a été dit
20:06sur les data centers,
20:07c'est très juste, bien sûr.
20:09Et c'est aussi...
20:10Ça a aussi été écrit
20:12dans le livre belge,
20:14donc ce recueil
20:15d'indicateurs qualitatifs
20:17qui est fourni
20:19avant la réunion
20:21de la Réserve fédérale.
20:25Donc,
20:26alors,
20:27là aussi,
20:28sans beaucoup,
20:29beaucoup de conviction,
20:30on attend une hausse
20:31en septembre
20:33de la Réserve fédérale américaine.
20:35Sur ce thème de l'inflation,
20:37il va bien falloir
20:37que Kevin Warsh
20:39attrape une certaine cohérence
20:40au bout d'un moment.
20:41On ne peut pas dire
20:42en juin,
20:44c'est intolérable
20:45de rater l'inflation
20:46depuis cinq ans,
20:47dire en juillet,
20:48bon non,
20:49ce n'est pas si grave,
20:50et puis redire
20:50à Jackson Hole,
20:51etc.
20:52Donc,
20:52on peut imaginer
20:53qu'il va y avoir
20:54malgré tout
20:54cette cohérence
20:55et cette fête
20:56qui s'occupe
20:56un peu plus
20:57de l'inflation.
20:59Mais là encore,
21:00ça nous paraît
21:00très compliqué.
21:01Si on repense
21:02au marché à terme,
21:04c'est vraiment
21:05assez exceptionnel
21:06qu'un petit peu
21:07plus d'une semaine
21:07avant une réunion,
21:08il n'y a pas davantage
21:10de convictions.
21:11Mais oui,
21:11parce que les convictions,
21:12au final,
21:12on va les avoir vendredi,
21:14peut-être un peu jeudi
21:14aussi avec la publication
21:15des PPI
21:16qui sont moins volatiles
21:17que les données
21:19d'inflation vraiment
21:20de vendredi
21:21pour le mois d'août.
21:23mais oui,
21:23c'est sûr que
21:24je pense que la réponse,
21:26on l'aura vraiment vendredi
21:27à ce stade,
21:28je le disais en intro,
21:29c'est 60% à peu près
21:30pour une hausse des taux
21:32dès le mois de septembre.
21:35Thierry,
21:36je vous propose
21:36qu'on parle
21:36de la saison des résultats.
21:39Il nous reste
21:40un peu plus de 5 minutes
21:41pour développer
21:42un peu tout ça.
21:43On attend les résultats
21:44d'Oracle
21:45jeudi soir
21:45après la clôture.
21:46Qu'est-ce que ça va pouvoir
21:47nous dire
21:48de la trajectoire
21:48des marchés
21:49et quel bilan
21:50on peut tirer
21:51de cette saison
21:51des résultats
21:52du deuxième trimestre ?
21:53Je vais commencer
21:54par le bilan
21:54si vous voulez bien.
21:56En fait,
21:56là je vais parler
21:57des Etats-Unis.
21:59comme ça a été mentionné
22:00la croissance
22:01au premier semestre
22:02la croissance des résultats
22:04c'est à peu près
22:0530% au premier semestre
22:06au global.
22:08Là-dessus,
22:11si on isole
22:12les 46 sociétés américaines
22:14qui sont très
22:15très IA
22:17soit qui fournissent
22:20du matériel
22:21soit qui font tourner
22:22vraiment la galaxie IA
22:24très concentrée
22:25donc ça fait 46 boîtes
22:26dans le S&P 500
22:28et donc la croissance
22:29de ces sociétés-là
22:30elle était
22:31de ces 46 sociétés
22:33c'était 53%
22:34au premier trimestre
22:35et 60%
22:36au deuxième trimestre
22:37donc il y a une accélération
22:38donc en gros
22:39pour résumer
22:40croissance à peu près
22:41deux fois supérieure
22:43pour les boîtes IA
22:45versus le reste du marché.
22:46La bonne nouvelle
22:47enfin la bonne nouvelle
22:48en tout cas la nouvelle
22:49c'est que
22:51cette croissance
22:51elle se diffuse
22:53on était à peu près
22:55à un peu plus de 75%
22:56en 2024
22:58la croissance du S&P
22:59c'était
23:00l'IA
23:01on est tombé
23:02à peu près
23:0310 points
23:03au 65%
23:04en 2025
23:06et aujourd'hui
23:07on est
23:07sur le T2
23:08deuxième trimestre
23:092026
23:10on était à peu près
23:1153%
23:12c'est-à-dire
23:13quand on prend
23:13la croissance totale
23:15du S&P
23:15j'essaie d'être
23:16le plus clair possible
23:18avant
23:18donc c'était
23:19très très IA
23:20et aujourd'hui
23:20toutes les boîtes
23:21donc les
23:26454 autres sociétés
23:27qui ne sont pas
23:28les 46 liées à l'IA
23:30ont aussi une croissance
23:32donc qui soutient
23:33et donc quand on décompose
23:34à peu près maintenant
23:35pour garder un ordre de grandeur
23:36c'est moite moite
23:38IA
23:38le reste de la cote
23:39donc ça se diffuse
23:40donc ça c'est plutôt sain
23:43donc ça c'est pour
23:44le constat général
23:45donc les chiffres
23:45on les a mentionnés
23:47pour revenir
23:48enfin
23:48donc là je prends
23:49la deuxième partie
23:50de votre question
23:51sur Oracle
23:51alors Oracle
23:52c'est vrai que c'est un dossier
23:53qui est très scruté
23:54par les investisseurs
23:55enfin tous ces dossiers
23:56sont évidemment scrutés
23:57mais bon
23:58on a identifié
23:59depuis un long moment
24:00que c'était un peu
24:01le maillon faible Oracle
24:02à cause de son bilan
24:03en fait
24:04c'est une boîte
24:05qui génère moins
24:06de cash
24:07que les autres
24:07tout simplement
24:08donc quand elle dépense
24:10il faut qu'elle emprunte
24:11parce que l'argent
24:12n'est pas magique
24:12comme on le sait
24:13donc il faut qu'elle trouve
24:14un financement
24:15alors que l'essentiel
24:17des dépenses
24:18des hyperscalers
24:18jusqu'à aujourd'hui
24:19c'était financé
24:20par le cash
24:22qu'elle générait
24:22donc ça a été surveillé
24:24donc juste pour avoir
24:25quelques chiffres en tête
24:27S&P a dégradé
24:29la boîte
24:30en juillet
24:31donc en triple B-
24:32donc voilà
24:33il y a ce questionnement
24:35sur le bilan
24:35sur le financement
24:36ils ont 600 milliards
24:38d'euros de carnet de commandes
24:39on mentionnait
24:40les carnets de commandes
24:41dont les carnets de commandes
24:41dans les 600 milliards
24:43sur les chiffres
24:45de jeudi
24:45plus spécifiquement
24:47donc sur la partie cloud
24:48qui est la partie
24:49que regarde le marché
24:50on attend
24:50entre 58
24:51et 64 milliards
24:53donc sur cette partie-là
24:54de dollars
24:55donc c'est la guidance
24:56on verra bien
24:56ce qui va sortir
24:58et pour aussi mettre
24:59un peu plus
25:00les chiffres
25:01dans le contexte
25:01je suis désolé
25:02ça fait beaucoup de chiffres
25:02c'est très intéressant
25:06les dépenses
25:07cette année
25:08la guidance
25:09de la société
25:10c'est entre 90
25:11et 95 milliards
25:12donc il manque
25:14à peu près
25:1440 milliards
25:15de leur cash
25:16à financer
25:17sur le marché
25:17via la dette
25:18ou via des actions
25:20les actions
25:21ça pour le coup
25:22nous les actionnaires
25:23on n'aime pas forcément trop
25:24ça dilue
25:25alors bon c'est sain
25:26en soi
25:27mais bon c'est vrai
25:28que du coup
25:29le gâteau
25:30est dispersé
25:30enfin un peu plus
25:31à partager
25:32entre plus d'actionnaires
25:34donc ça dilue
25:35entre guillemets
25:36la croissance
25:37et puis
25:38et puis donc
25:39voilà à peu près
25:40ce qu'on pouvait dire
25:41sur Oracle
25:41donc très surveillé
25:42au cœur
25:44de l'actualité
25:45et juste
25:45si on veut faire
25:46le cas boule
25:47juste pour avoir
25:48un grand chiffre en tête
25:49cette partie cloud
25:50c'est à peu près
25:51soit d'ici 2030
25:53croissance annuelle
25:54de la partie cloud
25:56d'Oracle
25:56et attendu
25:57en croissance annuelle
25:58à 75%
25:59et ça les emmènerait
26:00à 166 milliards
26:01de dollars
26:02de chiffre d'affaires
26:03donc c'est un vrai driver
26:05ce que je veux dire
26:05c'est que c'est un vrai driver
26:06mais par rapport
26:08à d'autres
26:08il y a plus de risques
26:10donc notamment
26:11le bilan
26:11le financement du bilan
26:13et donc c'est à surveiller
26:14mais on rappelle aussi
26:16que les résultats
26:17d'Oracle
26:17qui seront publiés jeudi
26:19c'est les résultats
26:19du premier trimestre
26:21fiscal
26:22de l'exercice
26:232027
26:24voilà donc un peu
26:25différent des autres sociétés
26:27dont on a pris connaissance
26:29sur les mois précédents
26:31merci beaucoup
26:32Thierry Leclerc
26:32vous êtes président
26:34fondateur
26:34d'Alpha Jet
26:35Fair Investor
26:36merci Jean-Jacques Friedman
26:38directeur
26:38des gestions déléguées
26:40chez Vega IS
26:40et merci à Nathalie Benassia
26:43vous êtes macroéconomiste
26:44chez BNP Paribas
26:45Asset Management
26:46merci à tous les trois
26:48merci à vous de nous avoir suivis
26:52on se retrouve évidemment
26:53demain à midi et demi
26:54en direct sur Bsmart
26:56pour notre édition du midi
26:58cette semaine
26:59on suivra donc
27:00les PPI jeudi
27:03les résultats d'Oracle
27:04jeudi soir
27:05le CPI américain
27:07vendredi
27:07et la décision monétaire
27:09de la BCE
27:09on l'a assez dit tout à l'heure
27:11mais ce sera également jeudi
27:13merci à tous
27:13bonne soirée