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Lundi 28 septembre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:09Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux à la mi-séance, les tendances à venir pour
00:17cette semaine et puis le lundi, c'est John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la
00:23banque Cité Gestion. Bonjour John.
00:26Bonjour Pauline.
00:27Alors John, bienvenue dans un monde, je le disais en intro, où hier Donald Trump a dit aux médias Axios
00:33qu'il pensait reprendre les échanges avec Téhéran très vite, sauf que l'Iran a dit qu'aucune discussion avec
00:39les Etats-Unis n'était au programme pour l'instant de son de cloche assez différent.
00:45John, des tensions persistantes sur ce détroit d'Hormuz qui aurait pu rouvrir sous sept jours, sauf que Donald Trump
00:51a refusé la proposition iranienne.
00:55Des tensions qui pèsent sur ces prix du pétrole, je le disais en intro. Qu'est-ce qu'on peut
00:59retenir de cette nouvelle séquence, John ?
01:04Peut-être que vous m'avez entendu soupirer, vous m'excuserez Pauline, mais effectivement on a l'impression qu'on
01:10n'a pas de solution.
01:11On a l'impression que le président, même pas une impression, c'est un constat. Le président Trump n'a
01:16plus aucune solution. Le président Trump sait qu'il n'y aura pas de règlement avant les élections de mi
01:24-mandat qui sont dans un mois et deux semaines.
01:26Et que c'est vraiment la problématique du moment. Téhéran a bien compris la problématique politique. Le président américain a
01:36même dit la semaine passée que l'Iran utilisait cette échéance pour mettre de la pression sur le prix du
01:43baril.
01:43Oui, il l'avait dit à l'ONU, lors de son discours à l'ONU.
01:46Voilà, exactement. Donc évidemment, on est dans une situation ultra incertaine. Je dirais que la solution pour le président Trump,
01:55ce n'est pas de régler le conflit.
01:56La solution pour le président Trump, c'est d'avoir une fenêtre de tir de quelques jours ou de quelques
02:01semaines qui pourrait faire baisser le prix du baril de pétrole.
02:05Ce qui est intéressant de noter et un peu triste, je dirais, pour les investisseurs, c'est que le marché
02:12pétrolier réagit à chaque déclaration des deux camps.
02:15Donc on a une volatilité qui s'est quasiment jamais vue sur le prix du baril de pétrole. On a
02:21vu que le prix descendait, baissait la semaine passée sur l'espoir d'un accord.
02:26Et puis là, il reprend, comme vous l'avez dit, 4%. Donc il est extrêmement difficile en termes d'investissement
02:33d'essayer de parier ou non sur cette classe d'actifs.
02:37C'est pour ça que globalement, c'est assez triste. Il faut rester neutre dessus parce qu'on ne sait
02:42pas.
02:42Personne ne sait ce qui va se passer. Mais on sait que plus ça dure, plus ça peut avoir des
02:48conséquences sur l'économie mondiale.
02:51Oui. Et puis, est-ce que ce baril de Brent, alors c'est des niveaux qu'on a connus, qu
02:57'on a clairement connus il y a peu, des niveaux autour de entre 100 et 110 dollars globalement.
03:03John, ça relance évidemment les craintes inflationnistes. Et je le disais aussi en intro, du coup, les anticipations d'une
03:12nouvelle hausse des taux de la Fed le 28 octobre
03:14est pricée largement à 70%. Et même pour le 9 décembre, est-ce qu'on est parti là avec ces
03:19pressions inflationnistes sur un nouveau cycle de hausse des taux ?
03:23On se demandait, alors, un peu de doute là-dessus, mais on se demandait si c'était plutôt une hausse
03:27des taux assurancielles que Kevin Warch et le board de la Fed avaient voté le mois dernier.
03:34Mais là, en fait, on se dirige plutôt vers un cycle de hausse, John.
03:38Oui, alors, il faut faire très attention avec ce terme de cycle parce qu'on sait que c'est un
03:42choc d'offres.
03:43Et pour l'instant, pour l'instant, alors évidemment, on est à 3,4% sur le corp ici aux
03:49États-Unis, sur l'inflation, mais donc largement au-dessus du mandat de 2%.
03:55Mais effectivement, on n'a pas l'impression aujourd'hui que l'inflation ait vraiment fait un dommage collatéral puisque
04:04lorsqu'on regarde l'économie américaine,
04:06on a quand même des prévisions de croissance selon la Fed d'Atlanta qui sont de 5% pour le
04:12troisième trimestre.
04:13Donc ce serait une réaccélération majeure au troisième trimestre.
04:17On a le plein emploi, on est à 4,1% ou 4,2% et on a vu que
04:22la réserve fédérale américaine avait abaissé pour cette année et l'année prochaine son objectif de taux de chômage.
04:30Donc on est dans une situation qui est toujours viable, je dirais.
04:36Et donc là-dessus, ce serait très compliqué de lancer un nouveau cycle de hausse de taux.
04:43Et pourquoi ? Parce que si on prend en moyenne les cycles de hausse de taux, ce qu'on appelle
04:49les cycles, c'est-à-dire pas juste une ou deux hausses ou une ou deux baisses,
04:53en moyenne, on monte de 1%, c'est-à-dire 4 hausses de 25 points de base.
04:58Et là, ça voudrait dire que les nuages de points, les dot-plots de la Fed qui ont été publiés
05:05lors de la dernière réunion,
05:06eh bien sont faux parce que ces nuages de points montraient que l'année prochaine, il ne devrait pas y
05:13avoir de hausse de taux.
05:14Donc on est dans une situation où si ça devait être le cas, eh bien la réserve fédérale américaine serait
05:21obligée de réviser totalement son scénario économique.
05:25Parce que pour l'instant, son scénario économique table sur une légère hausse de l'inflation, mais elle n'est
05:29pas dramatique.
05:30Et sur un taux de chômage qui reste bien ancré à 4% et qui alimente la consommation et la
05:38croissance américaine.
05:40Donc si on change et on se dit qu'on rentre dans un cycle de hausse de taux, eh bien
05:45c'est pour casser cette demande et casser,
05:48c'est l'ancien président de la Fed qui le disait, casser le taux de chômage, qu'il remonte pour
05:52qu'il y ait moins de demandes et que l'inflation au final, elle baisse.
05:56Oui, on en saura déjà un peu plus cette semaine avec la nouvelle publication des indices PCE, CORPCE mercredi.
06:04Et puis ce rapport sur l'emploi qui est attendu et finalement, évidemment, puisque la réserve fédérale a deux priorités
06:11dans son mandat,
06:11l'inflation et l'emploi, donc ça tombe bien, tout sera publié là cette semaine. Et d'ailleurs, un taux
06:16de chômage qui est attendu toujours stable à 4,1% de la population active.
06:21Pendant ce temps-là, John, les rendements obligataires poursuivent leur hausse. Alors peut-être un mot de ce rendement américain
06:27à 10 ans qui évolue maintenant autour de 5,25%.
06:30Et puis d'une tendance qu'on remarque à l'échelle mondiale, c'est la même tendance de remonter de
06:38ces taux partout dans le monde, John.
06:41Alors je dirais qu'à 5,25%, paradoxalement, ce n'est pas très grave, on peut vivre avec. On peut
06:49vivre avec si, comme on vient de le dire,
06:51il y en a une inflation qui est au-dessus, je suis tout à fait d'accord, qui est au
06:55-dessus du mandat de la Fed ou même de la BCE,
06:58mais avec un taux de chômage qui tient, avec une consommation qui tient, et puis avec des perspectives des entreprises
07:05qui tiennent, voire qui sont en croissance.
07:06Donc là, je dirais que c'est potentiellement une nouvelle norme, et notamment tirée par l'intelligence artificielle.
07:13Le problème ici, c'est plutôt la rapidité de la remontée des rendements.
07:18On s'est rendu compte, et vous l'avez dit en préambule, que ça a monté de 20 points de
07:23base la semaine passée, ce rendement à 10 ans par exemple,
07:26et on voit que ça s'accélère.
07:29Si je vous avais dit, il y a une semaine, on sera à 5,25 lundi prochain, vous ne m
07:34'auriez pas cru.
07:35Et là, on y est, donc ça va très vite.
07:37Et c'est souvent quand on a des mouvements erratiques comme ça qui arrivent,
07:42que ça a un impact dommageable sur les actifs et notamment les actions.
07:48Évidemment, vous l'avez dit, ça dépasse les États-Unis, ça frappe très fort les pays qui sont endettés,
07:55ça frappe très fort les pays qui n'ont pas de budget, et ça frappe très fort les pays qui
08:00n'ont pas de visibilité sur leur croissance.
08:02Alors ne pensez pas, Pauline, que je parle de la France, je parle en général,
08:06et là, évidemment, ça a un problème sur le coût de refinancement.
08:10Alors on peut faire, on peut extrapoler, on peut parler de ce qui se passait il y a des années,
08:15lorsque le rendement du 10 ans américain était plus élevé,
08:19et il était plus élevé avec une inflation qui s'approchait quelquefois de ce qu'on avait aujourd'hui.
08:25Mais à l'époque, il y avait moins d'endettements.
08:30Qu'on le veuille ou non, les pays et les États-Unis étaient moins endettés.
08:33Et aujourd'hui, on a la charge de la dette qui est directement impactée lorsqu'elle doit être refinancée
08:39ou lorsqu'on a des nouvelles émissions par cette hausse des rendements.
08:43Oui, c'est sûr, ça pose une vraie question sur cette soutenabilité de la dette
08:48pour des pays comme la France, mais même aussi comme l'Allemagne,
08:52et puis évidemment les États-Unis.
08:54John, on voulait parler de l'or, mais on n'aura pas le temps.
08:56Alors je vais juste le dire, l'or a cédé 6% sur le mois de septembre.
09:02Alors on n'aura pas le temps de détailler les causes,
09:05mais bon, globalement, tout est corrélé avec ces marchés obligataires
09:08et tout ce qui se passe actuellement.
09:10John, merci beaucoup, John Plassard, d'avoir été avec nous,
09:13associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
09:18Merci d'avoir été avec nous dans cette édition à midi.
09:21Et puis tous les lundis, John, c'est un plaisir de vous recevoir.
09:24Merci à vous de nous avoir suivis.
09:27Et on se retrouve ce soir en direct à 17h30 sur Bistart.
09:30Sous-titrage Société Radio-Canada
09:33Sous-titrage Société Radio-Canada

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