- il y a 5 heures
Ce mercredi 8 juillet, Charles Monot, advisor de Monocle Asset Management, et Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, se sont penchés sur les conséquences de la fin du cessez-le-feu au Moyen-Orient annoncée par Donald Trump sur les marchés, la réunion des dirigeants de l'OTAN à Ankara, les changements à anticiper sur les marchés boursiers, la FED qui pourrait annoncer une hausse des taux, ainsi que les publications qui débuteront la semaine prochaine, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Avec, ils viennent de nous rejoindre, Raphaël Thuin pour TQO.
00:07Bonsoir Raphaël, bienvenue.
00:08Et Charles Monod, Monoclème, re-bonsoir Charles.
00:11Re-bonsoir Guillaume.
00:12En fil rouge avec nous.
00:13Voilà, le retour de la guerre en Iran, alors elle ne s'était jamais complètement arrêtée.
00:16On sentait bien que le cessez-le-feu était fragile.
00:18Mais là, Donald Trump dit qu'à ses yeux, il n'y a plus de cessez-le-feu.
00:20Il y a eu des bombardements américains la nuit dernière.
00:22Là, Donald Trump dit qu'il y aura de gros soucis pour l'Iran la nuit prochaine.
00:26L'Iran juge les cibles américaines à nouveau légitimes dans la région.
00:28et Donald Trump menace de réimposer un blocus sur les navires iraniens.
00:33Voilà où on en est, le pétrole monte.
00:3479, on est quasi à 80 dollars là.
00:3779,72 dollars le baril de Brent, il gagne 8% rien qu'aujourd'hui.
00:41Retour à la case départ d'après vous Raphaël ?
00:44Bonne question.
00:45Effectivement, c'est un peu la question qui se pose aux investisseurs aujourd'hui.
00:48Choix numéro un, est-ce qu'on rentre dans une nouvelle phase d'escalade à nouveau,
00:53une nouvelle phase de cette guerre un peu larvée qu'on a depuis quelques mois ?
00:57Ou est-ce que, choix numéro deux, on est plutôt dans cette rhétorique trumpienne habituelle ?
01:02Et si c'est le cas, effectivement, probablement qu'il faut ignorer un petit peu le bruit
01:06et repartir du principe qu'on est quand même malgré tout dans un scénario long terme de désescalade
01:11et que les belligérants n'ont pas nécessairement beaucoup d'appétit
01:15à repartir vers une nouvelle phase d'escalade importante.
01:19On peut penser, on l'espère en tout cas, que le deuxième scénario est le plus probable,
01:23qu'aujourd'hui de toute façon le président Trump n'a pas beaucoup d'options pour escalader,
01:28excepté aller mettre des troupes au sol, ce qu'il n'a pas l'air de vouloir faire.
01:30Le côté iranien non plus.
01:32En plus il y a les midterms qui approchent quand même, il n'a pas intérêt à ce que...
01:34Les midterms approchent.
01:36Les Iraniens probablement ont aussi intérêt à un moment à ce que tout ça se termine
01:40et à retrouver un petit peu de voilure financière à travers la fin de l'embargo de ce point de
01:46vue-là.
01:47Donc il y a quand même des raisons pour ne pas paniquer tout de suite,
01:50mais c'est vrai que c'est une mauvaise nouvelle
01:51et c'est vrai que le mouvement de marché aujourd'hui est justifié.
01:54Oui, c'est-à-dire qu'on est toujours au même point.
01:57Quand il y a la guerre, on se dit « ça va se calmer très vite »
01:59et puis quand il y a un cessez-le-feu, on sait bien que ça va rester très fragile
02:02et qu'on pourrait avoir une reprise, ne serait-ce que momentanée, des hostilités.
02:06On est toujours là-dedans.
02:07Oui, et on peut d'ailleurs dire que finalement, le marché a été très résilient,
02:12très sceptique vis-à-vis de ce bruit de la guerre.
02:15Il a eu cette capacité, en particulier sur les prix de l'énergie, à très rapidement refluer.
02:18Il y avait une forme d'incompatibilité entre le bruit, l'information qui nous parvenait
02:23et clairement les tensions qui subsistaient d'une part
02:25et le baril qui était revenu quasiment à 70 dollars.
02:29Donc ça, ça en dit long sur le fait qu'effectivement aujourd'hui,
02:32les investisseurs ne considèrent plus ça comme pour l'instant, en tout cas,
02:36un événement de marché majeur.
02:38Ça en dit long aussi peut-être sur le marché de l'énergie en lui-même,
02:41à savoir que là où on avait des craintes que le pétrole pouvait s'envoler
02:45à des niveaux très élevés, du type, on a parlé de 150 dollars, 200 dollars le baril à un moment,
02:51on s'est vite rendu compte que finalement, il y avait une forme de résilience sur ce marché,
02:55qu'il était plutôt bien approvisionné ce marché et que même dans un scénario de désescalade,
03:00s'il est toujours d'actualité, il pourrait l'être encore mieux qu'il ne l'avait été.
03:04L'OPEC manifestement met la main à la poche et ouvre les robinets.
03:09L'Iran qui reviendrait sur le marché de l'énergie aussi,
03:12le Venezuela peut-être un jour aussi.
03:14Bref, tout ça a contribué à cette idée que finalement, il ne fallait pas vendre trop vite
03:19et qu'il ne fallait pas trop s'inquiéter.
03:21On verra ce que la suite nous réserve.
03:22On voit quels indices réagissent le plus à cette hausse spectaculaire du pétrole.
03:26En Europe, le CAC 40 recule, perd 2%.
03:29Toute l'Europe est dans le rouge.
03:31Wall Street recule moins, parce qu'on sait l'économie américaine, moins exposée.
03:35Des trois indices américains, c'est le Dow Jones qui recule le plus
03:37parce qu'il faut plus de pétrole pour alimenter des valeurs présentes dans le Dow Jones,
03:40moins 1,5% alors que le Nasdaq ne perd que 0,6%.
03:43La tech résiste aujourd'hui.
03:44Ce qui n'est pas forcément très surprenant.
03:46Charles, comment vous regardez ce rebond des cours du pétrole
03:48et le retour du conflit ?
03:51Alors, on ne sait pas exactement à quel degré,
03:53mais enfin, le retour des armes entre les Américains et les Iraniens.
03:57Moi, je ne suis pas du tout expert d'Iran-US.
04:01Donc, je lis plein de trucs comme tout le monde,
04:02mais je ne tire pas de ça des décisions pour voir ce qui se passe dans les positions des fonds.
04:10C'est sûr que, en tout cas, on voit qu'on a des chiffres factuels sur un positionnement de marché
04:18extrêmement agressif de la part de tout le monde.
04:20C'est-à-dire qu'on est en train de taper des records en positionnement des particuliers sur les marchés,
04:26du niveau de levier dans les marchés, du niveau de produits à levier dans les marchés,
04:30du niveau de volume sur les options.
04:31Sur tout ça, on a des records, on a des chiffres de volume qui sont extrêmement forts sur tout le
04:37début de 2026
04:38et qui sont devenus encore beaucoup plus forts en mai-juin.
04:41Donc, vous avez toute une partie de gens.
04:43Et la même chose sur la gestion passive qui a levé, je crois que c'est 1,2 trillion aux
04:49États-Unis depuis le début d'année,
04:50qui est encore un chiffre 50% plus haut que celui de l'année dernière.
04:53Donc, vous avez tout un...
04:54Parce que dans ces marchés, il y a les fondamentaux.
04:56Donc, on peut parler Iran, États-Unis, pétrole, etc.
04:59Et il y a aussi le positionnement et les flux.
05:01Les fondamentaux, c'est compliqué d'avoir une vue claire.
05:03Moi, je n'ai pas assez de compétences sur ces sujets.
05:05Par contre, le positionnement et les flux, on sait historiquement que quand tout le monde est positionné de manière très
05:10agressive,
05:10il suffit qu'il n'y ait pas grand-chose, qu'il y ait une petite étincelle, un truc qui
05:14ne se passe pas bien,
05:14pour que tout à coup, tout le monde prenne peur et sort.
05:16Pour l'instant, tout le monde rachète, tout le monde prend.
05:19Donc, vous avez une baisse hier, tout le monde revient et bouge.
05:21Le mouvement d'hier était intéressant parce que les indices baissaient beaucoup aux États-Unis.
05:25Mais en réalité, vous aviez 10 valeurs qui baissaient, qui sont devenues le marché.
05:30Parce que le taux de concentration maximum du marché, c'était la bulle de 2025%.
05:34Maintenant, on a explosé les 25, on a 38.
05:38Donc, vous avez 10 valeurs qui font le marché.
05:40Hier, ces 10 valeurs baissaient et tout le reste montait.
05:42Donc, vous avez plus un mouvement de flux différent.
05:44Et aujourd'hui, tout le monde revient et rachète.
05:46Donc, ce mouvement va continuer tout le temps.
05:49Jusqu'au jour, il ne va plus continuer.
05:50C'est plutôt ça qui m'inquiète, moi.
05:53Après, sur ce qui se passe derrière, dedans, je ne peux rien rajouter de pertinent.
05:58Vraiment, Trump, effectivement, c'est la 50 fois qu'il dit des choses et son contraire.
06:01Mais c'est son style de gestion qui peut bouger d'un côté ou de l'autre.
06:04Le seul truc que j'ai lu de beaucoup de spécialistes, et je travaille avec un ou deux que j
06:09'aime bien,
06:10c'est que c'est sûr que la position de l'Iran est plus forte aujourd'hui qu'au début
06:14du conflit.
06:14Et qu'eux, ils ne vont rien...
06:15Parce que je suis d'accord que les États-Unis, ils ont intérêt à ce que ça s'arrange.
06:18Les Iraniens, pas tant que ça, en fait.
06:19Eux, ils sont contents, ils sont bien, ils tiennent les manettes.
06:21Et eux, ils vont continuer à mettre un peu de pression pour dire qu'ils ne vont jamais revenir au
06:25statut coût.
06:26Oui. Enfin, ils ont besoin quand même qu'il n'y ait pas le retour du blocus complet américain sur
06:29leurs navires.
06:30Malgré tout, c'est important pour financer l'économie iranienne que les navires continuent de passer.
06:34La Donald Trump menace ce soir de réimposer un blocus total sur les navires iraniens.
06:39Objectivement, vous pensez, qui a la main la plus forte entre lui et les Iraniens sur ça ?
06:44C'est des Iraniens. Aujourd'hui, ce n'est pas lui.
06:45Lui, il est coincé pour des raisons politiques.
06:48Comme le disait Raphaël, il ne pourra pas mettre de troupes au sol.
06:50Donc, il n'a pas vraiment de stratégie simple sur ce qu'il veut.
06:52Les Iraniens, ils savent ce qu'ils veulent.
06:53Ils ne veulent pas lâcher les manettes, quel que soit le prix à payer.
06:56Eux, ils ne vont pas bouger.
06:57Je pense.
06:59Mais encore une fois, je ne suis pas un expert du tout sur ce sujet.
07:01Le CAC 40 recule de 2,2% aujourd'hui.
07:04Alors, qui progresse Total Energy, grâce au cours du pétrole en hausse, 2,3%.
07:07C'est la hausse de titre Total Energy ce soir, plus 2,3%.
07:10On a Valourec aussi qui annonce des rachats d'actions en plus, qui gagne ce titre Valourec 4%.
07:15Le secteur de la défense, forcément, du coup, oui, on a eu des doutes pendant quelques mois
07:20en se disant, est-ce que voilà, c'était 2025 la défense et puis maintenant c'est fini ?
07:23Non, on se dit, peut-être qu'après la pause du premier semestre, le secteur de la défense,
07:27mais au-delà de ce seul conflit iranien, a peut-être reconstitué des forces
07:31pour repartir de l'avant pour la suite de l'année, Raphaël ?
07:34Alors ça, c'est une vraie thématique pour le second semestre, vous avez raison de le mentionner.
07:37On a eu effectivement ce conflit iranien au premier semestre.
07:40On aura pu s'attendre que la défense, potentiellement, puisse surperformer dans ce contexte.
07:45On entend parler de plans d'investissement autour de la défense des pays du Golfe aujourd'hui.
07:50Donc finalement, ça aurait dû être, toutes choses égales par ailleurs,
07:53un facteur favorable pour la défense.
07:55Grosse déception, la défense, elle a sous-performé.
07:58Certaines valeurs ont beaucoup baissé.
08:00On pense à RedMetal, qui a une baisse de près de 25% depuis le début de l'année.
08:05Et donc, c'est la grande interrogation du deuxième semestre.
08:08Est-ce une poche d'opportunité ?
08:10On a vu les valorisations baisser.
08:12Doit-on remettre de la défense aujourd'hui ?
08:14Ou est-ce que finalement, il y a une forme de value trap
08:16après 230% de performance sur les trois dernières années ?
08:20La consolidation n'est pas terminée.
08:22Donc ça, ça va être une vraie thématique pour le reste de l'année.
08:24Nous, on est plutôt constructifs sur la défense, même très constructifs.
08:28On conçoit effectivement certaines inquiétudes autour du groupe.
08:32Il y a l'aspect consolidation dont on a parlé.
08:34Et Charles parlait de positionnement.
08:36On l'a clairement sur la défense.
08:37Il était très étendu.
08:39Il s'est un petit peu normalisé.
08:40Il y a un questionnement vis-à-vis aussi de l'évolution des besoins d'équipement,
08:44de la guerre 2.0, l'impact de l'IA, des nouvelles technologies, des drones,
08:49avec un questionnement autour de la capacité des industriels européens à s'adapter.
08:53Tout ça est légitime.
08:55Mais globalement, quand on lève le capot et qu'on écoute ce que nous racontent ces entreprises,
08:59les fondamentaux sont excellents.
09:01Les carnets d'ordre sont pleins à craquer.
09:03Les taux de marge augmentent.
09:04Les carnets d'ordre augmentent beaucoup plus que la mise en cadence de la chaîne de production.
09:09Et dans ces conditions, à un moment où les valorisations sont moins exigeantes,
09:13où le positionnement s'est allégé,
09:15on a plutôt envie d'en remettre et plutôt envie d'être porteur de cette thématique.
09:19Oui, la défense qui, en plus, est en train de vivre un mouvement de consolidation.
09:23On voit, par exemple, Thales reprendre le contrôle d'Excel.
09:26Aux États-Unis, on a le même genre d'annonce.
09:29C'est Antoine Lockheed Martin, c'est ça, qui rachète un acteur de la marine.
09:34Effectivement, Excel, c'est dans les zones sous-marins.
09:36On a le même genre de mouvement là-bas aux États-Unis.
09:39Oui, ultramaritimes, qui a été racheté pour 3,5 milliards de dollars.
09:42Là, en fait, on a l'impression que c'est un petit peu comme la Big Pharma avec les biotech,
09:45qu'il y a des grands groupes de défense intégrés qui cherchent de l'expertise
09:49qu'ils n'ont peut-être pas forcément dans des groupes super pointus,
09:52qui développent des technologies super pointues
09:55et qui n'ont peut-être pas forcément la taille critique.
09:57Donc, ça a profité à Excel Technologies,
09:59ça profite à d'autres groupes du côté des États-Unis.
10:02Charles, là-dessus, secteur de la défense aux États-Unis,
10:04parce que vous suivez surtout Wall Street quand même.
10:05Est-ce qu'il vous plaît ou pas ?
10:08Oui, il y a quelques trucs qu'on a regardés,
10:10mais le type à suivre sur ce secteur qui est assez...
10:13Alors, ce n'est pas coté, mais il est quand même assez intéressant.
10:15Ce n'est pas le maire Lucky, là, le type qui vient du domaine du jeu,
10:18qui a monté Enduril, qui est une des plus grosses boîtes non cotées sur la défense
10:23et qui amène une façon de réfléchir,
10:25enfin, qui amène une logique plutôt à la Musk
10:27dans une industrie qui était jusque-là,
10:29un truc de gens plutôt avec un profil,
10:32plutôt gouvernementaux, où on suit les process
10:35et qui, Enduril, va faire pour la défense ce que SpaceX a fait vis-à-vis de l'espace.
10:41Donc ça, c'est assez intéressant.
10:43Ce n'est pas coté encore, mais le jour où c'est coté,
10:44ça a pas le maire Lucky, puis vous verrez la tête qu'il a,
10:46il vous plaira beaucoup.
10:47Il a une barbiche avec, je ne sais pas, 35 ans,
10:49une barbiche avec un bouc et des chemises à voyenne tout le temps.
10:51C'est un type assez amusant.
10:54Entre Wall Street et l'Europe, voilà.
10:55Entre les deux rives de l'Atlantique,
10:57vous choisissez laquelle pour le deuxième semestre ?
10:58Voilà, on va au-delà de la situation géopolitique
11:01qui, effectivement, inquiète les marchés ce soir.
11:03Deuxième semestre, il sera européen ou toujours américain ?
11:05On aime bien l'Europe, aujourd'hui, dans les conditions actuelles.
11:08Ça a été un des marqueurs du premier semestre.
11:09Elle a pas mal sous-performé, l'Europe,
11:11en tout cas dans la première partie du conflit en particulier.
11:15Et là, la question se pose,
11:16là où, finalement, il y avait une forme de consensus
11:19autour de la surperformance de l'Europe cette année,
11:23que les planètes étaient un petit peu alignées
11:25avec beaucoup de croissance bénéficiaire,
11:28du stimulus fiscal en Allemagne,
11:30une inflation qui était revenue à des niveaux corrects.
11:33La déception du premier semestre et de cette sous-performance
11:35amène un questionnement.
11:37Est-ce que, finalement, ces fondamentaux,
11:38ces raisons pour évoquer en début d'année,
11:41sont-elles toujours valables aujourd'hui ?
11:43De notre point de vue, elles le sont.
11:45Dans un scénario de désescalade au Moyen-Arient,
11:48en particulier.
11:49Mais c'est vrai que, dans ce scénario-là,
11:51on continue de voir beaucoup de croissance bénéficiaire en Europe.
11:54On commence aussi à comprendre que, finalement,
11:56le stimulus allemand n'a pas encore complètement effet dans l'économie.
12:00On sait qu'il est en retard de déploiement,
12:03en particulier sur la défense, sur l'infra, mais pas que.
12:06Et que, dans ces conditions, au second semestre,
12:07on pourrait commencer à sentir les effets de ce stimulus.
12:11Et puis, c'est vrai qu'il y a l'argument valorisation.
12:13Les valorisations, elles sont quand même
12:14beaucoup moins exigeantes qu'aux Etats-Unis.
12:17Donc, dans un contexte où on peut peut-être diversifier son portefeuille,
12:21mettre plus de cycles, plus d'industriels,
12:22moins de tech, à des niveaux de valo moindres,
12:26finalement, la photo Europe, à l'instant T,
12:28elle est plutôt attractive.
12:29Le grand point d'attention, ici,
12:33ça va être ce qui va se passer sur l'Iran.
12:34Si on est reparti dans un scénario d'escalade,
12:36à la même cause, probablement même effet.
12:38Mais aux Etats-Unis, qui bat des records, là, cette semaine,
12:40ce n'est pas le Nasdaq, c'est le Dow Jones,
12:41c'est le Russell 2000 aussi.
12:43C'est-à-dire que si on veut diversifier,
12:45se décorréler...
12:45Alors, c'est difficile maintenant de se décorréler de la tech
12:47parce qu'elle est de plus en plus présente partout, quand même.
12:49Mais voilà, diversifier,
12:50il y a de quoi faire aussi aux Etats-Unis.
12:51En l'occurrence, Charles nous parlera peut-être dans un instant
12:53de grandes valeurs américaines qu'il aime bien
12:55parce que lui, il n'aime pas la tech.
12:56En tout cas, les grands de la tech, il ne les aime pas.
12:58Alors, il ne nous explique pas comment il diversifie
12:59tout en restant à Wall Street.
13:00Mais est-ce que vous-même...
13:01Faire les frites.
13:01Comment, Antoine ?
13:02Il préfère les frites.
13:03Les oeufs.
13:03J'ai une boîte d'oeufs, Antoine.
13:04Je me souviens de la boîte d'oeufs, d'ailleurs.
13:06Il faudra qu'on apporte.
13:08Ah ben oui, on va le faire dans un instant.
13:09Les oeufs.
13:09Vous diversifiez comment, à part en Europe ?
13:11Et puis tout à l'heure, on parlera de secteur en Europe.
13:13Mais à part en Europe,
13:13est-ce que c'est possible par Wall Street ?
13:15Est-ce que par les émergents aussi ?
13:16Oui, donc au-delà de la considération géographique,
13:19une considération sectorielle, je l'ai dit,
13:21dans un marché où finalement,
13:23l'inflation et les taux d'intérêt
13:24pourraient refluer avec la baisse de l'énergie,
13:26où il y a du stimulus et de la croissance bénéficiaire,
13:30aller mettre du cycle dans le portefeuille,
13:31c'est plutôt attractif.
13:32Donc ça peut être à travers des industriels,
13:34y compris aux États-Unis,
13:36celles qui peuvent être aussi potentiellement impactées
13:38par l'IA dans le bon sens du terme.
13:40Ça peut être à travers des secteurs
13:43qui sont moins affectés par cette thématique IA,
13:46plus affectés par le potentiel baisse de taux d'intérêt,
13:48baisse des prix de l'énergie.
13:50Donc c'est vrai que l'Europe,
13:51on a plus en proportion,
13:53donc elle est plus diversifiée de ce point de vue-là,
13:55mais on trouve aussi des idées aux États-Unis.
13:57Et puis dernière idée aussi,
13:58autour des défensives,
13:59qui ont beaucoup sous-performé,
14:01un secteur comme la santé par exemple,
14:03qui a entamé une forme de rebond
14:05à des niveaux de valo qui sont au plancher.
14:07Ça aussi, ça met de la diversification dans le portefeuille.
14:09Et qui lui pourrait bénéficier de l'IA en plus,
14:11ce secteur-là pour le coup.
14:12Effectivement.
14:12On entend beaucoup parler de ça.
14:14Charles, comment est-ce que vous diversifiez-vous ?
14:16Plutôt que les locomotives,
14:18les Ferrari de la tech, les fusées tech,
14:20comment vous faites ?
14:20Non mais c'est un truc génial dans les marchés d'aujourd'hui,
14:23par contre, quand on est le stock picker,
14:24parce que vous avez un niveau de dispersion
14:25qu'on n'a jamais vu.
14:25Vous êtes au plus haut degré historique
14:27en termes de dispersion.
14:28Donc pour le coup,
14:29dès que vous ne regardez pas les trucs...
14:30Parce que le flux dont on parlait
14:32sur le positionnement tout à l'heure,
14:33ce levier, ce flux, etc.
14:35dedans, il est dans les mêmes stocks pour tout le monde.
14:37Ce qui n'a pas toujours été le cas,
14:38ce n'était pas le cas en 2021.
14:39Là, tout le monde achète les mêmes stocks dedans.
14:42Les 10, 15 stocks qui font la pluie et le beau temps.
14:45Ça veut dire que vous n'avez plus personne ailleurs
14:46et donc vous tombez sur des valos
14:47qui sont...
14:48Enfin, qu'on n'a jamais vu sur...
14:49Je ne sais pas, Accenture,
14:50ça doit être arrêté à 10 de PE, quoi.
14:52Par exemple.
14:54Donc alors on dit
14:55que ça va être impacté par l'IA,
14:57mais 10 de PE, c'est très très peu cher.
14:59Je parlais avec un vieux gérant européen
15:01qui a un des meilleurs tracks en Europe
15:02qui me disait...
15:04Qui était un peu moins orienté sur les marchés là
15:06parce qu'il s'était un peu écarté des marchés
15:08qui me dit je reviens, je reviens, je m'en occupe
15:10parce que là, c'est des marchés extraordinaires.
15:11On peut faire beaucoup de choses.
15:12Donc il y a vraiment beaucoup d'opportunités
15:14parce que quand tout l'argent est d'un côté,
15:16vous en avez moins de l'autre
15:17et donc ça devient des opportunités très bien.
15:19Alors il faut bien calibrer la taille de ces positions
15:22parce que ça peut rester volatile et bouger.
15:24Mais par contre, il y a des opportunités
15:25qu'on n'a pas vues pour le coup depuis des années, quoi.
15:28D'accord.
15:28Accenture, pour vous, c'en est une.
15:29Enfin, il y a un risque existentiel quand même
15:31sur ce type de boîte,
15:31mais vous êtes prêt à prendre ce risque.
15:32Vous assumez qu'il y a un risque
15:33ou vous dites non, le risque,
15:35c'est des marchés qui font baisser le titre
15:36et c'est de vendre, de vendre à temps actuel ?
15:38Je pense que...
15:40Je pense qu'il y a un prix pour tout
15:42et que le prix que vous avez...
15:44Enfin, Accenture ne va pas disparaître demain, quoi.
15:46Ce n'est pas non plus une petite...
15:47OK, il y a des boîtes de soft qui vont disparaître.
15:48Il y avait l'exemple...
15:50Je ne sais pas si vous l'avez cité,
15:51c'est la boîte qui faisait les...
15:52Veralia, la boîte qui faisait tous les systèmes de péage,
15:55voilà, de péage et de paiement d'amende pour un vice.
15:57Donc la boîte qui a un seul produit
15:58et qui vend à trois clients
16:00et qui leur prend une marge exponentielle,
16:02ceux-là, à un moment, ils se font dézinguer.
16:04Mais Accenture, c'est quand même un gros machin dedans.
16:06Donc ceux-là, c'est plus compliqué à taquer.
16:08D'autres idées pour essayer de diversifier les portefeuilles
16:10ou voir les décorréler de la tech ?
16:12Alors, je ne sais pas,
16:13il y a ceux qui veulent effectivement, au contraire,
16:15choisir des valeurs qui bénéficieront le plus de l'IA.
16:17Il y a le secteur de la santé dont on en parlait.
16:19Et puis ceux qui disent,
16:19oui, oui, c'est bien de chercher les secteurs pas tech
16:22qui vont bénéficier de l'IA,
16:23mais on n'est jamais sûr de l'avenir.
16:24Donc, mieux vaut décorréler
16:25cette intelligence artificielle
16:26et des thématiques associées.
16:29Le problème, c'est que la tech est aujourd'hui un peu partout.
16:33Donc, je regarde moins dedans.
16:35Après, j'essaie de...
16:36Et c'est vrai que c'est un univers compliqué.
16:38Pour donner un exemple qui m'a beaucoup marqué,
16:41est-ce que vous connaissez Snowflake ?
16:42Oui, bien sûr.
16:44Donc, il a été monté par les Français.
16:45On n'a pas 50 000 Français
16:47qui ont fait des boîtes de cette taille.
16:48Snowflake, ça valait 170 dollars
16:50avant la publication des résultats à fin mai.
16:53Et le patron de Snowflake,
16:54c'est un hollandais, un gars assez dans le dur,
16:57qui s'appelle Slootman,
16:59que j'aime bien,
16:59ce n'est pas un mec marrant.
17:02Il dit, moi, je suis en Californie,
17:03tout le monde s'embrasse,
17:04tout le monde sait bien.
17:04Moi, dès que je parle à un mec,
17:05ça me dit, il ne se sent pas très bien.
17:07Donc, vous voyez un peu le style.
17:09Et donc, lui, il vendait des actions
17:11qui détenaient à 170 dollars,
17:1315-20 millions, il vendait régulièrement.
17:14Et quand l'action a pris plus 40%
17:16le lendemain des résultats à fin mai,
17:19lui, il est arrivé
17:19et il a vendu par ticket de 50 millions.
17:22Voilà.
17:22Tous les 3-4 jours, il a vendu 50.
17:24Il a vendu pour 200-300 millions
17:26en 15 jours.
17:27La semaine dernière,
17:28vous avez le fondateur français
17:30d'Ageville,
17:30qui a vendu lui-même pour 50 millions.
17:32On vous dit, tiens, c'est marrant
17:33parce que ça, c'est quand même...
17:34Parce que le marché vous dit,
17:35Snowflake, c'est un bénéficiaire de l'IA,
17:37donc la valo, c'est 20 fois les ventes.
17:3820 fois les ventes, c'est quand même
17:40total n'importe quoi, on est d'accord.
17:41Mais le marché vous dit, ça c'est bien,
17:43on la valorise à ce prix-là.
17:44Et des gens qui ont géré cette boîte,
17:45qui ont monté cette boîte,
17:46qui ont été pendant des années,
17:47tous les jours, ils arrivent
17:48et disent, tiens, le marché,
17:49moi je te donne mes actions,
17:50j'en veux plus.
17:51Donc ce n'est pas simple,
17:53il n'y a pas de vue simple dedans.
17:54Mais en même temps,
17:55vous avez dans l'autre sens des boîtes
17:56où vous vous dites, tiens, là pour le coup,
17:58le marché a tellement poussé ses boîtes
17:59dans l'autre sens
18:00et les gens sont tellement partis
18:01que c'est des opportunités
18:02qu'on aura du mal à retrouver.
18:03Adobe, ça me paraît intéressant
18:05aussi à ces prix-là.
18:06Mais je vous demande
18:06comment se décorréler
18:07ou se diversifier de la tech
18:08et vous ne me proposez que
18:09des valeurs tech depuis tout à l'heure.
18:10Vous pensez que vous nous emmèneriez
18:12dans les oeufs ?
18:12Parce qu'il y a tech et tech.
18:15Le portefeuille qu'on a dans le fond hier,
18:17je crois qu'on avait 25 lignes,
18:18on avait 24 vertes,
18:2024 positives,
18:21dans un truc où la nouvelle,
18:23c'était les marchés ont peur
18:24de l'Iran et baisse.
18:25Donc vous avez des gros mouvements
18:27de flux derrière les indices
18:29quand vous dites
18:29le Russell a fait ça
18:31ou le S&P a fait ça,
18:32mais en réalité,
18:32c'est quelques valeurs
18:33qui tirent haut
18:33et il y a une telle dispersion.
18:35Ça, on ne la voit pas
18:36dans ces chiffres-là.
18:37Ce qui est incroyable,
18:38c'est que par exemple,
18:39sur la séance d'hier,
18:40le Nasdaq a perdu 2%
18:41alors que les 7 magnifiques
18:42progressaient.
18:43Parce que ce sont
18:43les semi-conducteurs
18:44qui reculaient hier
18:45et les semi-conducteurs
18:45ont pris beaucoup de poids
18:46dans le Nasdaq.
18:46Donc maintenant,
18:47si vous voulez vous décorréler
18:48du Nasdaq,
18:48vous achetez les 7 magnifiques.
18:49Avant, il y a quelques mois,
18:50c'est Anthony Bondin
18:51de Zone Bourse
18:52qui l'écrit ainsi,
18:52il y a quelques mois,
18:53on n'aurait jamais pensé
18:53pouvoir dire un jour
18:55les 7 magnifiques
18:56permettent de se décorréler
18:57du marché.
18:58Là, c'est ce qui s'est passé hier.
18:59Elles ont fait bande à part
19:00en progressant
19:01alors que le reste du marché
19:01reculait.
19:02Oui, c'est la grosse rotation
19:03qui est en cours
19:04depuis quelques semaines
19:05au-delà de l'infrastructure IA,
19:07au-delà des vendeurs de pelles
19:10vers, donc effectivement,
19:11autre chose.
19:12Donc, première autre chose,
19:13c'est ce qu'on vient de dire,
19:14le cycle, les industriels,
19:15on peut penser aux bancaires aussi.
19:17Tout ça, c'est effectivement
19:19des secteurs
19:20qui bénéficient
19:21de cet environnement macro,
19:22on va dire,
19:22plus favorable.
19:24Puis, deuxième rotation,
19:25c'est au-delà
19:26de l'infrastructure IA,
19:27dans celle qui finance
19:29l'infrastructure IA,
19:31ces fameuses hyperscalers.
19:33Si on regarde, par exemple,
19:34les écarts de performance,
19:35on était arrivé
19:36à des points assez extrêmes.
19:38L'indice SOX américain
19:39des semi-conducteurs
19:40aux États-Unis
19:41est à plus de 80%
19:42de performance sur l'année.
19:44Les hyperscalers,
19:45c'est 3-4% sur l'année.
19:47Donc là, effectivement,
19:47on est sur des écarts
19:48et cette rotation,
19:49elle a lieu.
19:50On verra si les nouvelles du jour
19:51peuvent l'handicaper.
19:53Et ça fait partie,
19:53aujourd'hui,
19:54des nouveaux équilibres
19:55de marché.
19:57Oui.
19:57Wall Street,
19:58donc, en baisse aujourd'hui,
19:59mais moindre
19:59que les marchés européens.
20:00On est à 10 minutes
20:01de la clôture ici en Europe.
20:02On accélère dans cette séance
20:03vers la clôture
20:04et on perd de plus en plus
20:05de terrain, malheureusement.
20:06Le CAC perd 2,3%,
20:07désormais 8 240 points
20:09avec un baril au haut
20:10presque à 80.
20:1279,95 $
20:13à l'instant.
20:1479,95 $
20:15pour le baril de Bren.
20:16Donald Trump
20:17qui s'est donc exprimé
20:17il y a quelques minutes
20:19en annonçant
20:20que l'Iran vivrait
20:21une nuit difficile
20:22avec donc sans doute
20:23de nouveaux tirs américains
20:24sur l'Iran,
20:25des bombardements,
20:26il y en a déjà eu
20:26la nuit dernière.
20:27Il dit que les États-Unis,
20:29même si un accord
20:30finissait par être conclu
20:31avec l'Iran,
20:31n'aurait plus confiance
20:32dans la durée,
20:33la durabilité de cet accord.
20:35Ça, c'est assez incroyable
20:36qu'il dise cela.
20:37Il annonce également
20:38que les États-Unis
20:39pourraient à nouveau
20:40instaurer un docus total
20:42sur les navires iraniens.
20:43Donc, baril de Bren
20:44qui revient vers les 80,
20:46on y est quasiment.
20:47Total Energy en Profit,
20:48seule hausse du CAC,
20:48plus 2,3%.
20:50Stellantis en revanche
20:50et Lanterne Rouge,
20:51moins 6.
20:52On a Kering aussi en baisse
20:53et même L'Oréal
20:54qui a pourtant
20:55décroché avec un an d'avance
20:56la licence exclusive
20:58sur les produits Gucci
20:58pour 50 ans.
20:59D'ailleurs,
21:00ça devait arriver
21:00un an plus tard,
21:01finalement,
21:02que L'Oréal obtient
21:03cette licence exclusive
21:04avec un an d'avance.
21:05C'est une bonne nouvelle
21:05pour L'Oréal,
21:06mais le titre recule quand même
21:07emporté par la baisse du marché
21:08à moins de 2,3%.
21:09On en parle avec
21:10Raphaël Thuin
21:11et Charles Monod.
21:12Ce soir,
21:12les minutes de la Fed.
21:13Ah, ce sera les premières
21:14de l'ère Kevin Walsh.
21:16Ça changera quelque chose
21:17que ce soit les premières
21:17de l'ère Kevin Walsh
21:18ou pas ?
21:19Enfin, oui,
21:24On est à l'affût
21:25de la moindre information
21:26venant de cette Fed
21:27parce qu'effectivement,
21:28la communication
21:29a été très clairement diminuée,
21:31très spectaculairement diminuée
21:32d'ailleurs.
21:34Kevin Walsh l'assume très bien.
21:35Kevin Walsh veut laisser
21:36les marchés analyser
21:38la donnée eux-mêmes,
21:39ne souhaite pas
21:40que les marchés soient guidés
21:41de manière excessive
21:42par la Fed.
21:44Et dans ces conditions,
21:45c'est assez frappant
21:46de voir le peu de communication
21:47qui est faite.
21:48Je ne sais pas
21:48si vous avez écouté
21:49Sintra
21:50et la bonne interview de Sintra.
21:52Il a passé une heure
21:53à ne pas répondre aux questions
21:55en disant que des comités
21:56étaient en place
21:57pour étudier
21:57les différents sujets
21:58et que de toute façon,
21:59c'était au marché
22:00de se faire un avis.
22:01Donc finalement,
22:02on est balancé
22:03entre l'idée que oui,
22:04il y aura assez peu
22:05d'informations à venir
22:07de la part de la Fed
22:08d'une part,
22:09mais d'autre part,
22:09essayer en soulevant le capot
22:11de comprendre un petit peu
22:13cette fonction de réaction
22:14de la Fed
22:15et dans quelle mesure
22:16l'arrivée de Kevin Walsh
22:17change un peu la dynamique
22:18au sein de la Fed.
22:19Vous suivez ça,
22:20les annonces monétaires ?
22:21Quand il n'y en a pas,
22:22quand il y en a,
22:23je veux dire,
22:23quand il y a des décisions
22:24à la hausse
22:24ou à la baisse sur les taux,
22:25j'imagine,
22:25mais quand il y a des statu quo
22:26ou des rapports comme ça,
22:27des comptes rendus,
22:28les minutes ce soir,
22:29c'est important pour vous
22:29en tant que gérant, Charles ?
22:31Non, parce que,
22:32enfin,
22:32c'est pas que c'est pas important,
22:33mais c'est que c'est compliqué
22:35de prendre des positions
22:36en fonction de...
22:37Donc ça,
22:37parce que c'est très compliqué
22:38d'avoir un...
22:39En fait,
22:39en tant que gérant
22:40ou en tant que...
22:41sur les marchés,
22:42vous cherchez à avoir
22:42un avantage par rapport aux autres,
22:44pour avoir un avantage
22:45en lecture
22:45et les minutes de la Fed,
22:46c'est compliqué.
22:47En plus,
22:48on a quand même aujourd'hui
22:49une Fed
22:49avec quelqu'un nommé par Trump,
22:51qui est quand même
22:52un président
22:52qui a un style particulier,
22:54donc c'est encore plus compliqué
22:56de savoir vraiment
22:57ce qu'il peut faire
22:59ou ne pas faire au-dedans.
23:00Enfin,
23:01on sait que tout est possible.
23:02Vous suivrez plutôt
23:03les publications alors ?
23:04La semaine prochaine,
23:04les banques américaines
23:05vont commencer à publier.
23:05En Europe aussi,
23:06on aura les toutes premières
23:07publications sur le CAC 40.
23:08Qu'est-ce que vous en attendez
23:09de cette saison de publication ?
23:10Nike a déjà publié
23:12et ce qui nous a frappé,
23:13c'est que ils ont...
23:13Vous savez,
23:14l'administration Trump
23:15a dû rembourser
23:16les droits de douane
23:17après la décision
23:17de la Cour suprême
23:18aux entreprises.
23:19Il y a des premiers remboursements
23:20qui sont arrivés.
23:20Ils ont mis ça dans leurs résultats,
23:21ce qui a fait gonfler les bénéfices
23:23grâce au remboursement
23:23des droits de douane
23:24qui n'auraient pas dû être imposés.
23:25On va beaucoup voir ça
23:26dans cette saison, Charles ?
23:28Je ne sais pas.
23:29Moi, je pense qu'il serait temps
23:29qu'Eliot Hill,
23:30le nouveau boss de Nike,
23:31se barre en fait
23:32parce qu'il est venu
23:33essayer de redresser les choses.
23:34Il n'a redressé rien du tout.
23:35Les ventes en Chine
23:35sont catastrophiques
23:37et c'est une tellement triste histoire.
23:39Nike était une super boîte
23:40montée par un passionné
23:41de course dès le début
23:43qui était Finlande
23:43qui a toujours été là-dedans
23:44et c'est sidérant
23:46de voir qu'on faisait
23:47une personne
23:48qui tout à coup arrive
23:49et qui s'en fout un peu en fait,
23:51qui était le patron d'Onau
23:52qui est arrivé pendant le Covid
23:53et qui a dit
23:54on va passer tout digital
23:55et on s'occupe.
23:55C'est-à-dire qu'il perd
23:56le côté que disait
23:58le patron d'Intel.
23:59Il faut être paranoïaque
24:00pour survivre.
24:01Et en fait,
24:02dès qu'il perd ça de vue
24:03et que ça devient un peu
24:04genre on fait du business
24:05et on vend des baskets
24:06et on s'en fout,
24:07tout à coup la boîte
24:08perd son image,
24:09perd sa marque,
24:10et après c'est tellement compliqué
24:12de rattraper et de revenir.
24:14C'est triste de voir
24:16cette boîte-là
24:16à ce niveau-là.
24:17Oui.
24:18Et vous n'êtes pas prêt
24:18à la racheter là
24:19parce que pour le coup
24:19c'est pas cher
24:20mais pour le coup
24:21ça peut pas bien.
24:22On en avait fait un trade,
24:23on est ressorti un peu
24:23au même niveau
24:24quelques mois après
24:24parce qu'on n'était pas convaincus
24:25par ce qu'ils disaient
24:26et le chiffre
24:27ça devait être vers les 70 dollars,
24:29ça vaut 40 et quelques
24:30aujourd'hui
24:32et c'est très compliqué
24:33de les voir revenir.
24:34D'accord.
24:35La Chine était un énorme vecteur
24:37qui s'est effondré.
24:38D'ailleurs tous les gens
24:39qui sont actionnaires d'Apple
24:39devraient quand même
24:40se poser la question
24:42sur l'impact
24:43si jamais il arrivait à Apple
24:45ce qui arrive à Nike
24:46en Chine en fait.
24:47Si un jour
24:48les Chinois sortent un téléphone
24:50qu'ils trouvent nettement mieux
24:51que l'iPhone
24:52et que tout à coup
24:52ils se mettent tous
24:53à acheter ça
24:53plutôt que l'Apple
24:54ça va faire un gros impact
24:55dans les comptes d'Apple.
24:55Pour l'instant
24:56Apple compte faire appel
24:57aux acteurs chinois
24:59des puces mémoires.
24:59Vous savez qu'il y a
25:00les acteurs coréens bien sûr
25:01très connus
25:02Skyning, Samsung
25:02mais Apple compte faire appel
25:04aussi aux mémoires chinoises
25:05donc pour le coup
25:05ils comptent bien
25:06continuer de tirer profit
25:07de la Chine
25:08avec peut-être une façon
25:09de limiter la hausse des coûts
25:10des iPhones etc
25:11parce qu'il y a une telle
25:13hausse des coûts
25:14des coûts
25:15des tels goulots
25:15d'étranglement
25:16sur les cartes mémoires
25:17face à l'incroyable demande
25:18de l'IA
25:18que les prix s'envolent
25:20mais les produits chinois
25:22sont sans doute moins chers
25:22et donc là Apple
25:23est en train de s'orienter
25:24vers les produits chinois.
25:24Qu'est-ce que vous attendez vous
25:25Raphaël
25:26de cette saison de publication ?
25:27Ça sera intéressant à écouter
25:29on s'attend à une très belle saison
25:31ça a été le cas
25:31ces derniers trimestres
25:33on est très optimiste
25:34sur l'année 2026
25:35on parle d'une croissance
25:36à deux chiffres
25:37peut-être même supérieure
25:38à 20%
25:38par exemple aux Etats-Unis
25:40en termes de croissance bénéficiaire
25:41à deux chiffres en Europe
25:43donc on ne s'attend pas
25:44à ce qu'il y ait
25:45une forte inflexion
25:46a priori
25:46une forme de continuation
25:48au premier trimestre
25:49les entreprises
25:49avaient été très prudentes
25:51dans leur perspective
25:51on était en pleine guerre
25:53de l'Iran
25:54avec l'Iran
25:55et donc il y avait une volonté
25:57d'être assez prudent
25:57sur les perspectives
25:58une incertitude sur l'énergie
26:00on peut imaginer
26:01on peut espérer
26:02que là cette fois-ci
26:03les perspectives
26:04soient plus positives
26:05soient un petit peu
26:06plus transparentes aussi
26:07on est un peu plus
26:09en mesure de se projeter
26:10qu'on allait être
26:11au premier trimestre
26:11donc sur le contenu
26:13de la saison de résultats
26:14il n'y a pas trop d'inquiétude
26:15la vraie problématique
26:17c'est la réponse du marché
26:18comment le marché
26:19va réagir
26:20dans quelle mesure
26:22le marché a déjà
26:24anticipé cette saison
26:25de résultats
26:25entre la dernière
26:27et celle d'aujourd'hui
26:28le S&P est plus haut
26:29de 1000 points
26:30quand même
26:30et face à ça aussi
26:32on commence à voir
26:33effectivement
26:34des réactions de marché
26:35qui ne sont pas toujours
26:36en ligne avec les fondamentaux
26:37et c'est vrai que
26:38les nouvelles
26:39venant du marché
26:41de la mémoire
26:42hier
26:43en Corée par exemple
26:45ont été assez remarquables
26:46il y a des annonces
26:46de résultats
26:47qui ont été excellentes
26:49et on a vu
26:50les cours baisser
26:52assez significativement
26:53donc une forme
26:53de dichotomie
26:54entre ce qui a été affiché
26:55et la réaction de marché
26:57donc c'est peut-être
26:58ça le risque
26:58davantage
26:59qu'une photo fondamentale
27:00qui soit
27:02peu satisfaisante
27:03c'est le risque
27:03qu'un marché
27:04qui est finalement
27:04un petit peu
27:05trop anticipé
27:06à suivre aussi
27:07cet été
27:08les taux japonais
27:09qui sont toujours
27:10très très élevés
27:10et le Yen
27:11sur un plus bas
27:12de 40 ans
27:12face au dollar
27:13ça peut être
27:14un facteur
27:14également important
27:15pour la suite
27:16Charles
27:16donc cette société
27:17qui fabrique des oeufs
27:18c'est ça ?
27:19Vous investissez aussi
27:20dans les oeufs
27:20à travers Wall Street ?
27:21Vital Farm
27:22oui c'est un dossier marrant
27:23il a 10 millions de poules
27:25il a 10 millions de poules
27:26en sous-traitant
27:27c'est volatile
27:27il faut y aller
27:28il faut y aller mollo
27:29on s'est fait secouer un peu
27:31mais c'est un dossier
27:31que j'aime bien
27:32pourquoi ?
27:33pourquoi les oeufs ?
27:34vous voyez une dynamique
27:34favorable ?
27:36ben ouais c'est pas mal
27:37d'abord l'oeuf
27:38on a tous besoin d'oeuf
27:39non
27:39vous n'avez pas des petits oeufs
27:43non c'est bon
27:43avec le cholestérol
27:44on a le droit
27:44ça a changé
27:45on peut manger des oeufs
27:46ah bon ?
27:47c'est important pour le secteur
27:48ça
27:48très bien
27:49et c'est vrai qu'une journée américaine
27:52démarre toujours par un bon oeuf
27:53souvent il y a de l'oeuf
27:54dans l'assiette au petit déj
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