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  • il y a 21 minutes
Mardi 7 juillet 2026, retrouvez Sophie Marchand (Directrice des projets innovants, Auvergne Rhône-Alpes, Orange), Laure Maillefaud (Enseignante d’anglais, créatrice, Sasha) et Anne-Sophie Thomas (Co-fondatrice et présidente, Gestia Solidaire) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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00:04Dans cette édition spéciale Smartech Parole d'élus qui est tournée au Congrès des villes de France 2026,
00:10on va parler des femmes entrepreneuses dans les villes de taille moyenne.
00:14Comment ça se passe pour elles ? Quels sont les dispositifs d'accompagnement ?
00:18Est-ce que c'est un atout ? Quelles sont les difficultés quand on a un ancrage en région très
00:23fort,
00:23alors qu'on a encore beaucoup de débats, et ici aussi sur la question de la décentralisation ?
00:28On en parle avec mes trois invités. Anne-Sophie Thomas, cofondatrice présidente de Gestia Solidaires,
00:34qui est une entreprise de l'économie sociale et solidaire, basée à Lyon, mais active aussi en Ile-de-France,
00:39on en parlera.
00:40A côté de vous, Laure Maifo, enseignante d'anglais, formatrice, entrepreneuse, après plus de 20 ans à passer dans un
00:51établissement scolaire du primaire au supérieur.
00:54Vous êtes créatrice de l'application éducative immersive pour apprendre l'anglais aux enfants, ça s'appelle le monde de
01:00Sacha.
01:01Et Sophie Marchand est avec nous également.
01:03Bonjour Sophie.
01:04Directrice des projets innovants Orange Auvergne-Rhône-Alpes, et puis administratrice de la French Tech Saint-Etienne-Lyon.
01:12Voilà pour le plateau. Je voulais qu'on démarre ensemble sur cette question, parce que je m'interrogeais sur le
01:17sujet de l'ancrage régional.
01:19Mais Gestia Solidaires, je vous ai basé à Lyon. Vous êtes aussi actif en Ile-de-France. Pourquoi ? Parce
01:24que c'est un passage obligé quand même de passer par Paris et l'Ile-de-France.
01:28Alors, il y a une réalité de marché, ça l'a été pour Gestia Solidaires, c'était de se dire
01:33que le plus gros marché, en tout cas sur le logement, il est quand même en Ile-de-France.
01:38Donc on avait besoin d'être implanté là-bas parce qu'aussi on a une mission d'utilité sociale qui
01:43est de loger des personnes.
01:45Et on sait que dans les grandes villes en tension comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, on a le plus grand
01:50nombre de personnes mal logées.
01:51Oui, ça n'empêche que vous pilotez ça depuis Lyon. C'est ça. Et pourquoi ce choix finalement de ne
01:57pas avoir monté l'activité directement en Ile-de-France,
02:00là où vous dites qu'il y a finalement le plus d'activités sur ce sujet de l'hébergement ?
02:05Alors, en tant qu'entrepreneur, on est originaire d'un territoire et justement moi j'étais originaire de Lyon.
02:11Donc c'est là que j'ai démarré avec mes études dans le domaine de l'immobilier. J'avais cet
02:16ancrage territorial, le réseau aussi, et l'envie de développer sur mon territoire,
02:21mon activité. Donc je voulais sincèrement que mon entreprise, elle soit implantée, le siège soit à Lyon.
02:27Mais en termes de stratégie, j'avais aussi envie d'aller sur des plus grandes villes pour développer l'activité.
02:34L'or Maifo, vous, vous n'êtes pas posé la question. On peut apprendre l'anglais et l'enseigner de
02:39n'importe où finalement à distance aujourd'hui via les applications.
02:42Oui.
02:42Mais est-ce que le sujet de développer une activité quand même en région, vous vous êtes posé la question
02:48?
02:49Du soutien, de l'encadrement ?
02:52Oui, tout à fait. C'est la même raison qu'Anne-Sophie, c'était le territoire. Et puis j'ai
02:57cette volonté de dire qu'en fait, tout ne vient pas de Paris.
03:01Et qu'en région, il se passe de belles choses. Et donc je voulais que mon entreprise commence aussi en
03:07l'Isère, à Vienne, chez moi.
03:08Oui. Donc il y a une histoire de conviction qui est très forte. Sophie, vous la constatez, vous, au sein
03:14de l'activité de la French Tech en Auvergne-Rhône-Alpes,
03:18cette conviction que oui, il se passe des choses en région et il faut que ça se sache.
03:22Oui, complètement. En particulier, je pense, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui est quand même une région très dynamique
03:28dans l'innovation, dans le monde des start-up.
03:31Il y a très... Juste ces derniers jours, là, est sorti un baromètre start-up France Digital qui recense plus
03:37de 1300 start-up dans la région.
03:38Ça, on fait la deuxième région en termes de dynamisme économique de France. Et c'est pour ça aussi que,
03:45effectivement, vous parliez de la French Tech,
03:47une association comme la French Tech Saint-Etienne-Mion a un rôle essentiel pour aider à... Déjà, aider toutes ces
03:53start-up à s'orienter dans un écosystème très riche, très dynamique,
03:56et puis fédérer tous les acteurs qui vont participer et rendre possible la création de valeur sur notre territoire.
04:05Oui, alors d'ailleurs, on a reçu en ouverture, tout à l'heure, dans le direct de parole d'élus,
04:10on a reçu l'association Adira.
04:1257 ans d'existence, qui rassemble les professionnels du numérique. Donc on voit, effectivement, le dynamisme de la région. C
04:19'est bien de le rappeler.
04:19Anne-Sophie, vous gérez aujourd'hui combien de logements ?
04:22On gère plus de 300 logements. Donc on existe depuis plus de 6 ans. Et l'idée de gestion solidaire,
04:28ça a été d'aller chercher des propriétaires particuliers qui s'engagent.
04:32Donc ils sont 250 au sein de gestion solidaire à nous avoir confié un ou plusieurs biens. Et on les
04:38gère à Lyon et Paris, principalement.
04:40On en a 150 à Lyon, 150 à Paris. C'est réparti.
04:44Il y a beaucoup de parcs privés non exploités aujourd'hui dans les collectivités ?
04:50Alors, il y a une réalité où il y a du parc vacant, notamment dans les grandes villes. On en
04:54entend beaucoup parler, surtout pendant les municipales.
04:57Ça a été un sujet repris par des partis politiques sur la vacance des logements dans les grandes villes.
05:02Parce qu'on se dit que face au mal-logement, ces logements vacants pourraient être une solution.
05:07La réalité, c'est quand même que ces logements vacants, souvent, ils le sont pour des raisons structurelles, parce que
05:13les propriétaires n'ont pas les moyens de refaire les rénovations énergétiques.
05:17Ça a un coût. Et aussi, dans les villes, on a des copropriétés. Donc il faut un accord de tous
05:22les copropriétaires.
05:23Donc ça, ça peut être compliqué. Et il y a aussi des logements qui sont vacants une partie de l
05:27'année, mais utilisés quand même par les propriétaires pour de la résidence secondaire.
05:31Donc on se rend compte que ces logements, ils sont vacants et ils existent dans les grandes villes, mais ils
05:36ne vont pas répondre entièrement aux problématiques de mal-logement.
05:40On peut en capter certains, on peut en transformer. Il y a ce gissement existant, mais il faut quand même
05:45apporter d'autres solutions. Et c'est ce qu'on apporte avec Gessia Solidaire.
05:48Et vous, vous êtes une association. Les élus, ils ont un rôle à jouer aussi quand même sur ce sujet.
05:53Comment est-ce que vous collaborez ensemble ?
05:55Alors nous, on est entre l'association et l'entreprise. On est une structure ESUS, agréée ESUS. Et justement, on
06:02est une entreprise qui va collaborer avec les collectivités, les associations.
06:06Et on pense justement que ce triptyque, il est très important de pouvoir travailler avec les pouvoirs publics parce que
06:13pour nous, on est un relais des angles morts des politiques.
06:15Et surtout, on a cette action possible qui est différente que le public de se dire que l'État, souvent,
06:22ou la collectivité, elle va être pour être plus en mode répressif pour dire à un propriétaire
06:27« Vous ne louez pas, vous allez avoir une taxe supplémentaire ou vous devez faire des travaux ». Nous, on
06:32accompagne et on fait plutôt de la médiation.
06:34Et c'est comme ça qu'on peut travailler avec, par exemple, la métropole de Lyon sur des arrêtés de
06:39péril pour convaincre le propriétaire à passer en location solidaire et transformer des logements en logements abordables.
06:45Ça ne doit pas être toujours facile aussi quand on est... Alors, vous êtes une entreprise, vous avez raison de
06:50le rappeler, solidaire d'utilité sociale.
06:53Quand on est une entreprise et qu'on s'adresse à des élus sur des questions aussi complexes, comment est
06:59-ce qu'un réseau comme la French Tech peut accompagner les entrepreneurs sur des sujets comme ça très spécifiques finalement
07:06?
07:07Alors, c'est justement l'intérêt d'avoir un réseau qui rassemble des acteurs publics et des acteurs privés,
07:13puisque, en particulier, les métropoles sont impliquées dans le programme de la French Tech.
07:21Je pense en particulier à un programme qui s'appelle Lyon Startup, qui est soutenu par la métropole de Lyon
07:26opérée par la French Tech.
07:27Donc là, on voit qu'il y a des ponts assez naturels qui vont se créer.
07:31Et puis, je pense aussi des acteurs privés comme nous, Orange, et c'est ce qu'on fait à travers
07:38le programme Femmes Entrepreneuses.
07:39On a un écosystème qui est un écosystème d'acteurs publics et privés et on est capable de construire ces
07:45ponts,
07:46dont on a besoin en particulier des petites entreprises qui n'ont pas encore la notoriété, qui leur ouvrent toutes
07:51les portes.
07:52Et les femmes en particulier sont importantes parmi les entrepreneurs, entrepreneuses de la French Tech Auvergne-Rhône-Alpes ?
08:02Alors, globalement, les femmes sont plutôt sous-représentées dans le monde des start-up.
08:07Oui.
08:08Elles sont sous-représentées dans le monde de l'entrepreneuriat et comme elles sont aussi sous-représentées dans le monde
08:12de la tech,
08:13les start-up qui réunissent les deux, c'est la double peine.
08:20Pour autant, il y a des choses qui bougent parce qu'il y a des programmes volontaires pour faire changer
08:26des choses.
08:27C'est le cas, effectivement, c'est même l'objet du programme Femmes Entrepreneuses d'Orange.
08:32Et concernant la French Tech, il y a effectivement une politique très volontariste de mise en avant des femmes.
08:40D'ailleurs, aujourd'hui, ce n'est pas pour rien. Ce sont deux femmes qui sont coprésidentes de la French
08:44Tech de Lyon.
08:46Il y a énormément de femmes impliquées dans le bureau de la French Tech et il y a la mixité
08:51à la French Tech de Lyon.
08:53Mais ce que je veux dire, c'est que c'est un effort. Ce n'est pas non plus encore
08:56naturel.
08:57Oui, absolument. Alors, Laure, parlez-nous un peu de votre application, Le Monde de Sacha.
09:02Alors, les Français ne sont pas particulièrement bons en anglais. On est d'accord, c'est ça ?
09:07Oui. Alors, bon en anglais...
09:09Mais comment vous attaquez à ce sujet ? Parce qu'il y a déjà beaucoup d'applications disponibles.
09:13Tout à fait.
09:14Plein de cours d'anglais qu'on peut prendre aujourd'hui à distance.
09:17Oui, c'est vrai. On peut prendre des cours d'anglais à distance.
09:18Et l'éducation nationale demande à ce que les enfants apprennent l'anglais à partir du CP.
09:24En revanche, les Français ne sont pas bons en anglais, mais ne sont pas bons à l'oral.
09:28Et moi, c'est à l'oral que je m'attaque. Je m'attaque à l'expression et à la
09:31compréhension.
09:31Oui, à l'écrit, on se débrouille. On se débrouira toujours.
09:34Les Français sont quand même très scolaires.
09:36Donc, il y a vraiment une excellence scolaire.
09:38Il y avait, mais il y a encore une excellence scolaire au niveau de l'écrit.
09:41Mais au niveau de l'oral, c'est de la bête noire des Français.
09:45Dès qu'on demande à parler anglais, tout de suite, on a une crispation, on a une crainte, on a
09:50des appréhensions.
09:52Et donc, le monde de Sacha, le but qu'on s'est fixé, c'est de lever cette appréhension par
09:57un enseignement précoce, en immersion, par le jeu.
10:00Quel âge ?
10:01Pour quel âge ?
10:02Dès 4 ans.
10:02Dès 4 ans.
10:03Et en école, moi, je commence à 2 ans et demi.
10:05Et c'est une application, mais on parle, c'est ça ?
10:08On parle.
10:09L'application parle.
10:11Le petit bonhomme, Sacha, parle aux enfants.
10:14Il s'exprime, il leur pose des questions.
10:16Et les enfants, naturellement, sont dans une espèce de mimétisme avec le petit personnage.
10:22Et donc, échangent naturellement.
10:24Et même s'ils ne comprennent pas, vous savez, on a tendance à croire que les enfants ne comprennent pas,
10:28mais ils ont appris le français sans le comprendre.
10:30C'est en immersion.
10:32Et donc, c'est ce qu'on reproduit via l'application.
10:34Mais avec, je mets un mais, excusez-moi, la question de l'écran.
10:38Parce que ça passe à travers, j'imagine, un appareil comme ça, un smartphone.
10:43Donc, il y a quand même ce frein immergé dans l'anglais.
10:46D'accord, mais immergé dans un écran, on n'a pas forcément envie, dès 4 ans, que son enfant soit
10:50face à un écran.
10:51Absolument.
10:51Alors, moi, je suis maman et mes enfants, je ne les ai pas levés avec des écrans.
10:54Donc, ma priorité première, c'était justement, nous sommes dans un monde où les enfants sont des digital natives, donc
11:00ils sont nés avec les écrans, ils n'y échapperont pas.
11:02Par contre, un numérique responsable, encadré, contrôlé, dès le plus jeune âge, ça va faire des jeunes qui ne seront
11:09pas forcément avec un écran collé à la place de la main.
11:12L'application a une durée de, le jeu, c'est 15 minutes maximum.
11:17D'accord.
11:17Voilà, chaque session est de 15 minutes maximum.
11:20Et on a un double volet, c'est qu'en fait, il y a une partie enseignant.
11:23Et donc, c'est les enseignants qui peuvent déjà, dans un premier temps, utiliser l'application pour, eux, enseigner déjà
11:29correctement parce qu'en fait, ils ne parlent pas anglais, mes collègues.
11:32Eh oui.
11:32Ils ne parlent pas anglais.
11:33Effectivement.
11:34Voilà.
11:34Ça, c'est un excellent sujet.
11:36Eh oui, on leur demande d'apprendre une langue qu'ils ne maîtrisent pas et qu'ils ne comprennent pas
11:39et qui leur fait peur.
11:40Vous imaginez bien que les enfants, derrière, vont avoir peur.
11:43Et donc, c'est pour casser tout ça que l'application est là pour accompagner les enseignants, d'une part,
11:48et ensuite accompagner les parents et les enfants pour apprendre l'anglais.
11:52Et alors, Laure, vous êtes combien aujourd'hui dans l'équipe Derrière le Monde de Sacha ?
11:56Nous sommes cinq.
11:57Cinq personnes.
11:58Oui.
11:59C'est, en tant que femme entrepreneuse, vous avez besoin aujourd'hui de soutien, je ne sais pas, pour travailler
12:06justement avec cinq personnes.
12:07Ça demande de commencer à avoir un peu de méthode de management, par exemple, gérer des budgets.
12:13Oui.
12:14Tout ça, quand on est prof d'anglais, ce n'est pas forcément inné.
12:17Absolument.
12:18Et là, je vais rebondir sur le programme French Tech dans un premier temps que j'ai suivi.
12:22J'ai été accompagnée par la French Tech en tant qu'entrepreneuse, tremplin, incubation, aujourd'hui avec Orange.
12:28Et ces programmes sont aussi dédiés à l'outillage. On nous outille, on nous équipe pour pouvoir faire le shift
12:35et changer de profession.
12:36Jusqu'à il y a encore un an, j'étais prof. Aujourd'hui, je peux dire, je suis prof et
12:40entrepreneuse.
12:41Oui.
12:42Et je vais devenir chef d'entreprise à la fin du programme HEC. Je sais que je serai une femme
12:46entrepreneuse, chef d'entreprise.
12:48Outillage, quel genre d'outillage, par exemple, les femmes entrepreneuses chez Orange, quel outillage vous fournissez ?
12:54Alors, dans ce programme, on accompagne des femmes qui créent leur entreprise dans le numérique.
12:58L'accompagnement, il dure une petite année.
13:02Déjà, c'est une promotion de 10.
13:04Et ça, c'est important parce que c'est un groupe qui va se soutenir avec des problématiques à partager
13:10dans des sessions type co-développement où on progresse ensemble.
13:14Et ce qu'on va leur apporter, c'est des ateliers sur des sujets très concrets qui sont les problèmes
13:20de tous les entrepreneurs,
13:21c'est-à-dire trouver des clients, trouver du financement.
13:24Des ateliers aussi plus orientés sur le développement personnel, leur parler de la posture de dirigeant, l'audace, la confiance
13:32en soi, complexe de l'imposteur.
13:33C'est des choses sur lesquelles je pense que l'accompagnement va les aider.
13:39Et puis, originalité d'un programme d'un grand groupe, il y a du mentoring, c'est-à-dire que
13:43chacune d'entre elles est accompagnée par un cadre d'Orange
13:47qui joue un rôle de regard distant, miroir pour les écouter et les aider sur leurs problématiques.
13:55Et enfin, on les accompagne aussi par une mise en visibilité de leur projet.
14:00C'est un peu ce qu'on disait sur leur ouvrir notre écosystème de grands groupes auprès de médias, clients...
14:06Aller faire venir dans Smartech, par exemple.
14:08Par exemple.
14:09On est ravis.
14:10Vous avez le syndrome de l'imposteur ?
14:13Vous aviez ça ?
14:14Non, parce que moi je suis née dans l'immobilier, donc j'ai fait toutes mes études, mon réseau.
14:20Donc quand j'ai entrepris, en tout cas, je savais que j'avais l'expertise, donc c'était peut-être
14:25plus facile.
14:25Vous ne me suis pas posé cette question-là ?
14:26Non, je ne me suis pas posé la question.
14:28D'accord.
14:29Et pour autant, quelle sorte d'accompagnement vous semble nécessaire aujourd'hui dans votre activité ?
14:35L'accompagnement qu'on a pu avoir avec Orange, c'est nécessaire parce que quand on est dans son entreprise,
14:40on y croit.
14:42C'est souvent des projets de cœur, en tout cas pour moi ça en était un.
14:45Et on a besoin de prendre du recul.
14:47Donc c'était vraiment un programme d'accompagnement qui permet aussi d'avoir un sas de décompression,
14:52être avec des pairs qui vivent les mêmes étapes, pouvoir faire tout ce qui est effectivement miroir
14:58pour voir les problématiques peut-être différentes, d'un angle différent des fois quand on est bloqué sur un sujet.
15:04Donc c'est vraiment ça qui est challenger et qui nous aide.
15:07Et le type de sujet qui peut bloquer, est-ce que ça concerne le financement, le modèle économique ?
15:12Est-ce que c'est là où on a besoin vraiment d'aide ?
15:16On a besoin d'aide, je pense, au démarrage pour se structurer,
15:20comprendre qu'effectivement on va avoir besoin de financement, par quel bout on le prend,
15:24parce que finalement c'est souvent, on peut se mettre des blocages, on ne sait pas dans quelle étape aller.
15:29Donc vraiment c'est des aides qui nous permettent de voir d'autres entrepreneurs qui vivent les mêmes choses
15:35et aussi d'avoir des mentors qui nous aiguillent, nous donnent les bons contacts, on gagne du temps.
15:40Oui. Sur la question du modèle économique, vous vous l'êtes posée dès le départ pour une application.
15:46C'est compliqué de répondre à ce sujet parce que ça fonctionne quand c'est gratuit,
15:50mais il faut parfois mettre du payant.
15:53Si vous vous adressez aux enseignants, à qui vous la commercialisez ?
15:56A l'enseignant en tant que particulier ? Vous passez par l'éducation nationale ?
15:59Comment vous réfléchissez à toutes ces questions ?
16:01Alors je suis issue du milieu de l'enseignement, j'ai été directrice d'un centre de formation
16:06et très naturellement je me suis dit qu'il fallait s'adresser aux établissements scolaires
16:12et proposer l'outil aux établissements.
16:15Et pas qu'à un enseignant, mais à l'établissement dans sa globalité.
16:18Donc proposer un tarif qui soit abordable.
16:21Aujourd'hui on réfléchit à proposer à des subventions éventuellement
16:24qu'on pourrait proposer pour ne pas que ça pèse trop lourd sur les budgets des établissements.
16:29Mais c'est d'abord les établissements parce qu'en fait les enfants c'est d'abord à l'école
16:32que ça se passe
16:34et ensuite ce sera à la maison et ensuite on poursuit à la maison.
16:38Le monde de Sacha c'est un pont entre l'école et la maison.
16:41On travaille à l'école mais on poursuit aussi à la maison ce travail.
16:45Mais là vous parlez des établissements scolaires.
16:48Public, privé, les deux ?
16:50Les deux.
16:51Parce que la question de la commande publique, de réussir à obtenir des budgets de la part des administrations,
17:00des établissements scolaires, j'imagine que pour vous vous avez le même sujet.
17:03C'est une complexité supplémentaire pour un entrepreneur et une entrepreneuse
17:08d'aller chercher l'argent là dans le public, non ?
17:11Alors oui c'est compliqué surtout, nous comme je l'ai expliqué on n'est pas une association
17:16donc c'est très compliqué de se faire subventionner par l'administration publique
17:23sans être en concurrence déloyale.
17:26Donc il faut passer par des marchés.
17:27Donc nous notre modèle était créé de toute façon pour être indépendant et non dépendant
17:32de subvention.
17:33On en a ponctuellement mais sur des projets qu'on identifie en amont mais dès le démarrage
17:38on savait qu'on devait de toute façon nous-mêmes commercialiser, faire du chiffre pour pouvoir
17:43après développer l'activité.
17:47Et de votre côté ?
17:48Alors moi j'ai commencé par les établissements privés puisque c'est ceux qui ont le plus
17:53facilement accès à la ressource, c'est plus simple.
17:56Mais l'idée c'est quand même d'aller vers des établissements d'enseignement public
17:59parce qu'en fait c'est une ressource pour tous les enfants.
18:02Et donc plus j'aurai de personnes qui utiliseront l'appli et moins elle sera coûteuse.
18:07Donc c'est vraiment une idée de tabler sur un nombre pour la rendre accessible à tous.
18:12Le premier degré relève des mairies, au niveau municipal des mairies.
18:19Donc j'avoue qu'aujourd'hui c'est une occasion rêvée.
18:22Vous êtes au congrès des villes de France.
18:23Je suis au congrès des maires.
18:24Vous avez tous les maires à disposition.
18:25Voilà, exactement.
18:26Tous les maires à disposition et puis envie vraiment de faire connaître l'application en France.
18:32Alors aujourd'hui on a commencé avec quelques écoles partenaires en Auvergne-Rhône-Alpes
18:35mais il y en a une sur Antibes, il y en a déjà une à Valence.
18:40Donc on ne reste pas qu'en Auvergne-Rhône-Alpes.
18:42Et je suis vraiment ravie de cette possibilité de pouvoir avoir accès au maire.
18:46Mon propre maire, le maire de la ville de Vienne, que je remercie avec ses équipes
18:50parce qu'ils ont été d'un grand soutien depuis le début de cette activité.
18:54Et donc on trouvera des solutions.
18:56On trouvera des solutions.
18:57Je vous vois très volontaire, j'en suis persuadée.
19:00Ce sujet de la commande publique, c'est un sujet qu'on entend tellement régulièrement
19:03auprès de l'écosystème tech en France.
19:06On n'est pas assez suivi, on ne nous fait pas confiance, on n'est pas assez connu,
19:10on n'est pas assez visible, on manque d'achat public.
19:15Vous êtes d'accord avec ça ?
19:16Vous avez l'impression que ça bouge un peu ?
19:19Je ne sais pas, je trouve que c'est d'autant plus urgent comme question
19:23à l'heure où on parle beaucoup de la souveraineté.
19:26On parle de la souveraineté en particulier sur nos sujets tech,
19:30ça veut dire réduire la dépendance qu'on a aujourd'hui vis-à-vis d'acteurs américains
19:35et asiatiques.
19:36Et si on ne commence pas en achetant à des jeunes entreprises françaises,
19:40en les aidant à se développer, on ne réglera jamais le problème.
19:44Donc je pense que c'est plus urgent que jamais de se poser effectivement la question
19:47d'une forme de préférence au nom de la souveraineté nationale dans la commande publique.
19:53Et oui, c'est encore très compliqué aujourd'hui.
19:56Alors c'est l'objet d'ailleurs d'un...
19:57Ça ne concerne pas la commande publique, mais la French Tech a lancé un programme
20:01qui s'appelle « Je choisis la French Tech », dont Orange est signataire.
20:04Et c'est effectivement cette idée de dire, en l'occurrence, que des grands groupes français
20:08s'engagent à acheter auprès d'entreprises, PME, start-up françaises de préférence.
20:15Oui.
20:16Et ça, vous commencez à en voir les résultats, parce que derrière les discours,
20:19est-ce qu'on voit les résultats de « Ok, je fais cette démarche quand même d'aller chercher
20:24s'il n'y a pas une solution équivalente française ? »
20:28Alors, après, ce sera intéressant votre avis, mais nous, chez Orange, oui.
20:32On voit, enfin, en tout cas, on voit aujourd'hui les efforts qui sont faits chez nous pour se rapprocher.
20:37Et moi, ça fait partie de mon rôle de bien connaître les innovations du territoire
20:41pour pouvoir dire à Orange « Tiens, là, on est en train de développer, nous, des choses sur la cybersécurité,
20:46sur l'IA.
20:47Il y a des acteurs dans la région qui peuvent nous aider. »
20:51Effectivement, je vois notre fonds d'investissement qui est investi dans des start-up lyonnaises,
20:56une autre de Grenoble qui commence à travailler avec Orange.
21:00Donc, oui, il y a des choses qui évoluent, je pense.
21:04Oui, vous voyez, oui, c'est un argument que vous utilisez, ça ?
21:09Voilà, il y a aujourd'hui cette préoccupation de la souveraineté, notamment dans les applications.
21:13Alors, c'est le monde de Sacha ou Sacha World, on se dit « Tiens, c'est peut-être américain,
21:17finalement. »
21:18Est-ce que vous utilisez cet argument de la tech française, de l'économie française ?
21:24Oui.
21:25Oui ?
21:26Absolument.
21:26Parce qu'en fait, pour moi, dans mon application, c'est une application qui est vraiment attachée
21:31et qui est conforme au programme scolaire.
21:34Donc, on est dans le réglementaire, on est sur une application qui est simple
21:37et qui est conforme aux besoins des enseignants du primaire,
21:39c'est-à-dire quelque chose de facile à mettre en place, qui ne demande pas de travail,
21:43qui se déploie et qui, même s'il ne parle pas anglais, peut être utilisé par les enfants en autonomie.
21:49Et donc là, on est dans un sujet où, quand je vais voir les écoles, je leur dis « Dans
21:53le territoire, c'est de chez nous. »
21:57Et vous allez co-développer une appli qui est de chez nous, avec nos besoins à nous et pour nos
22:01enfants en premier.
22:03Oui.
22:04Mais parfois, peut-être que ça a changé, mais parfois, ce n'était pas forcément un argument qu'on avait
22:09envie de mettre en avant
22:10parce qu'on se disait « On va être moins pris au sérieux qu'une grande boîte étrangère, anglaise, pourquoi
22:16pas même ? »
22:18Ça, ça a bougé ? Vous avez l'impression que ça a bougé ?
22:21Oui, ça a bougé, mais après, nous, on n'est pas forcément dans la tech, on est plutôt dans l
22:25'innovation d'usage
22:26et on a beaucoup de sujets, effectivement, de pouvoir répondre à des appels d'offres publiques en tant que structure
22:33locale.
22:34Et on sait que dans les cahiers des charges, de plus en plus, avec les collectivités, les municipalités,
22:38il y a une demande, que ce soit les acteurs du territoire et notamment, pour faire face peut-être à
22:44des entreprises beaucoup plus grandes
22:47et aussi internationales, c'est de pouvoir faire des coalitions.
22:50Donc nous, on travaille aussi beaucoup avec d'autres acteurs du territoire qui sont sur les mêmes sujets que nous
22:55du logement
22:56pour faire des coalitions à l'échelle aussi européenne, pour répondre à des enjeux du logement vacant.
23:02Oui.
23:02Donc vous dites même que c'est un argument, en fait, en votre faveur, aujourd'hui, l'ancrage régional.
23:08C'est ça, exactement.
23:09Arriver à dire que sur les territoires, on fait travailler les acteurs des territoires
23:14et on répond parce qu'on connaît aussi les besoins de nos territoires pour apporter les meilleures solutions.
23:21Mais vous avez parlé de l'Europe, ça veut dire que vous prenez quand même en considération la dimension internationale.
23:28On reproche parfois à la tech française d'être trop franco-française et de ne pas assez penser international tout
23:35de suite.
23:36Est-ce que c'est le cas aussi dans les entreprises que vous voyez au sein de la French Tech
23:41Auvergne-Rhône-Alpes ?
23:43Oui.
23:44Vous leur dites à les pensées internationales aussi ?
23:46Oui, on le dit, mais après, ce n'est pas si facile parce que les difficultés, elles sont aussi réglementaires.
23:54On a beau parler de l'Europe, l'Europe, c'est quand même autant de règlements que de pays.
24:00C'est autant de langues, j'exagère, mais voilà, c'est plusieurs langues.
24:03Donc le levier de passage à l'échelle, il est quand même plus compliqué pour, en tout cas, c'est
24:10plus compliqué de passer de la France à l'Europe que pour une start-up américaine d'avoir tout de
24:14suite le marché des Etats-Unis.
24:17Donc moi, ce que je me disais...
24:18Alors il y a la discussion sur le 28e régime qui permettrait de simplifier les démarches administratives pour les start
24:23-up qui se déploient dans les pays de l'Union Européenne.
24:25Oui, tout à fait. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je vois des start-up françaises qui vont... Le
24:31marché sur lequel elles arrivent à aller, j'ai l'impression, plus facilement, c'est le marché canadien.
24:36Parce que, déjà, il y a le Québec francophone qui fait une sorte de porte d'entrée vers le marché
24:42nord-américain.
24:43Et puis derrière, ça aide probablement à la transition vers les Etats-Unis.
24:47Mais il y a beaucoup de programmes, effectivement, entre Québec et France qui se développent, j'observe.
24:54Vous opinez du chef. Pourquoi vous travaillez aussi avec le Canada ?
24:57Moi, j'ai fait ma thèse sur l'impact des politiques publiques sur le logement, justement, au Canada.
25:03Et ça m'a beaucoup inspirée, après, pour développer mon modèle en France.
25:07Et ce qui vous a inspiré, c'est quoi ? C'est un état d'esprit un peu plus nord
25:10-américain, c'est ça ?
25:11Une facilité pour se loger parce qu'effectivement, eux, dans leur démarche, ils ont des lois moins protectrices, malheureusement, dans
25:20le travail et pour le logement.
25:22Mais ça donne aussi une fluidité. Par exemple, pour se loger au Canada, on a seulement besoin d'avoir une
25:27cotation.
25:28Donc c'est lié à sa régularité de paiement bancaire que le propriétaire consulte.
25:33Et tout de suite, sans dossier, on peut louer un logement pour un bail de 3 ans.
25:38Et par contre, si on ne paye pas, on se fait expulser très facilement.
25:41Mais ça fluidifie aussi le parcours d'accès à un logement.
25:44Donc ça faisait partie de la recherche.
25:46Et ce que je développais tout à l'heure, c'était de dire qu'on vise aussi de travailler à
25:51l'échelle européenne
25:51pour faire de la recherche sur les pratiques des autres pays alentours et s'enrichir aussi dans nos propres pratiques.
25:58Ah, très intéressant.
25:59Et si on peut faire bouger un petit peu nos règles en prenant exemple sur ce qui fonctionne ?
26:03C'est ça.
26:03C'est ça l'objectif.
26:04Faire des coalitions pour montrer qu'effectivement, peut-être en travaillant à plusieurs, en faisant bouger des règles
26:10qui créent des fois des déséquilibres et des externalités négatives,
26:14on peut réussir à développer des modèles plus périns et transfrontaliers.
26:20Vous pensez à l'international aussi avec l'application Sacha Words ?
26:24Oui, bien sûr.
26:25On parlait du Canada et moi, pareil, j'ai beaucoup d'inspiration dans mon modèle, dans l'enseignement, dans la
26:31pédagogie.
26:31Le Canada est très avancé, tout ce qui est neurosciences et puis les techniques d'apprentissage.
26:36Donc l'application s'en est enrichie aussi.
26:38Et effectivement, je pense à l'international, il y a des pays francophones qui ont besoin, qui visent aussi à
26:44apprendre l'anglais.
26:45Au Canada, on apprend l'anglais du côté francophone.
26:48Et puis, il y a les pays d'Afrique du Nord, il y a l'Afrique.
26:52Ça vous fait des déploiements possibles et internationaux.
26:55Merci beaucoup à toutes les trois d'être venus sur ce plateau partagé avec Parole d'élu.
27:00C'était Smartech que vous retrouverez très bientôt sur Bsmart.
27:04Merci beaucoup.
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