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Samedi 4 juillet 2026, retrouvez Aurore Briscadieu (présidente, salon Prodays), Olivier Cantet (président, Moustache Bikes) et Matthias Costes (Directeur, Sup de Vélo & Vélo Factory) dans SMART TRENDS, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:08Smart Trends, c'est le grand rendez-vous des mutations et des tendances
00:13deux fois par mois sur Be Smart for Change.
00:15L'émission s'installe au cœur des événements qui font bouger la France et ses filières.
00:20Salon de l'auto, Fashion Week, Salon de l'agriculture, VivaTech.
00:23Aujourd'hui, Zoom sur le salon Prodace.
00:26Et c'est le salon professionnel de référence du cycle en France.
00:295-7 juillet, porte de Versailles à Paris.
00:31Bienvenue dans Smart Trends.
00:37Smart Trends, avec cette question, le business du vélo est-il en train de changer de modèle ?
00:42On a choisi ce thème à l'occasion du salon Vélo Prodace.
00:45Bonjour Aurore Briscadieu, bienvenue.
00:47Bonjour.
00:47Vous êtes la présidente de ce salon professionnel de référence du cycle en France.
00:52Olivier Canté, bonjour et bienvenue.
00:53Vous êtes le président de Moustache Bikes.
00:56Et j'accueille également Mathias Coste.
00:58Bonjour.
00:59Le directeur de Sub de Vélo et Vélo Factory, groupe Cycle Lab.
01:05C'est bien ça.
01:05Quelques chiffres, tiens.
01:0625e édition du salon.
01:09Plus de 6700 visiteurs pro attendus.
01:11Autour de 1000 marques présentes.
01:13250 stands.
01:1436 000 m² d'exposition.
01:16Et quel objectif, quelle mission pour ce salon Vélo Prodace ?
01:20Alors le rôle du salon Vélo Prodace, c'est de regrouper tous les professionnels pendant 3 jours.
01:25Des rendez-vous business entre les marques qui présentent leur nouvelle gamme pour les marques de vélo.
01:31Il y a aussi des accessoires, du service, des financements, il y a un peu de tout.
01:35Et qui viennent rencontrer les magasins qu'on laisse au centre de la chaîne de consommation pour le vélo.
01:44Et qui viennent prendre les commandes pour l'année N plus 1.
01:49Donc les commandes qui seront prises seront sans doute en magasin pour le grand public début 2027.
01:55On reviendra sur les enjeux de ce salon pour vous.
01:59Mais présentation de Moustache Bikes, 180 collaborateurs, 4000 vélos produits par mois,
02:0340 000 vélos vendus par an.
02:05Voilà les derniers chiffres qu'on a trouvés.
02:07Avec quel positionnement ?
02:08Plutôt vélo haut de gamme, moyenne gamme ?
02:10Vous êtes situé où ?
02:11On est moyen haut de gamme.
02:13On a à coeur de rendre le vélo accessible à tous.
02:17C'est une entreprise jeune qui a 15 ans.
02:21Et qui a beaucoup grossi.
02:22Qui est un peu l'une des pépites françaises dans ce secteur-là.
02:25Vous pouvez dire ça.
02:26Qui existe dans toute l'Europe.
02:28Donc on a un succès aussi hors de France.
02:31Et dont la vocation c'est vraiment de mettre un maximum de gens sur le vélo.
02:35Et d'avoir le sourire.
02:36Et le vélo électrique pour ça c'est fantastique.
02:38D'ailleurs c'est la première question que vous m'avez tous les trois posée quand on est arrivé.
02:42Et vous ? Est-ce que vous faites du vélo ?
02:45Bah non je suis un dinosaure.
02:46Je joue dans une vieille hybride.
02:48Mais peut-être que j'ai déjà fait du vélo dans Paris.
02:50Peut-être que ça reviendra.
02:51Cyclolab en quelques mots Mathias Kos.
02:54Donc il y a Sub de vélo, Vélo Factory.
02:56C'est quoi votre activité, votre périmètre ?
02:57L'activité c'est compléter les services du groupe Cyclolab qui sont la distribution.
03:02On a 160 magasins aujourd'hui au travers de 3 enseignes.
03:06Culture vélo, Bouticycle et Vélostation.
03:09Et Sub de vélo il y a 16 ans en fait est né de l'émanation des magasins
03:14qui cherchaient des centres de formation pour pouvoir former leurs salariés.
03:17Et l'idée ça a été d'introduire ce centre de formation au sein du groupe.
03:21Car l'éducation nationale a arrêté les formations techniciens cycle dans les années 90.
03:28Du coup les branches professionnelles ont repris le lead là-dessus.
03:32Et on a aidé la branche professionnelle à structurer un petit peu un cursus de CAP à Bac plus 2.
03:38Tout sur le vélo.
03:39Ok. Comment va le marché ?
03:41Tiens première question Aurore Brice Callieux sur ces deux dernières années.
03:44Il y a eu, c'est un peu fluctuant, comment il va ?
03:45Alors il y a eu un magnifique boom pendant et juste après le Covid.
03:50Oui.
03:50Beaucoup de personnes se sont mis au vélo.
03:52Un boom avec le VAE aussi.
03:55Vélo à assistance électrique, c'est ça ?
03:56Voilà, vélo à assistance électrique qui a permis de faire évoluer le marché considérablement.
04:01Et là on revient depuis deux ans sur un marché plus stabilisé qui a été compliqué pour les acteurs du
04:07vélo
04:08parce que forcément un engouement voulait dire aussi beaucoup de stocks,
04:11que l'envie des magasins de répondre à toute cette demande.
04:13Et soudainement, parce qu'une grande partie de la population s'est quand même vite équipée
04:18et maintenant la technologie fait qu'un vélo, on ne le remplace pas tous les ans.
04:22Donc ça permet aussi de faire en sorte, mon moustache peut en parler, du bon matériel.
04:27Donc oui forcément une moins faible production et du coup volume de vente aussi ces deux dernières années.
04:33Mais un marché qui reste là, il n'y a jamais eu autant de Français sur de vélo que depuis
04:37ces dernières années.
04:38Vous le voyez à Paris.
04:39On peut dire qu'on est sur un palier haut.
04:41Olivier Canté, vous l'avez ressenti vous ce petit coup de mou ou pas forcément ?
04:46En fait, c'est assez paradoxal parce que ce que je vais vous dire n'arrange pas forcément mes affaires.
04:51En fait, la pratique n'a jamais autant augmenté.
04:54Dans les magasins français, il n'y a jamais eu autant de vélos à réparer et à entretenir.
04:58On ne voit jamais autant de gens sur les pistes cyclables.
05:00Dans la pratique, elle continue.
05:02Après, c'est un réservoir qui grandit année après année.
05:05Sauf que là, on l'a remplie très très vite en l'espace de 2, 3, 4 ans.
05:09Donc, en fait, si on regarde les ventes de vélos neufs, ça a beaucoup reculé ces 2, 3 dernières années.
05:15Mais on en avait vendu énormément.
05:17Pour autant, le nombre de pratiquants augmente.
05:21Pour autant, il y a sans doute aussi des vélos d'occasion.
05:24Parce que nous, l'occasion, ça ne participe pas à notre business, mais on a à cœur de faire des
05:28beaux vélos fabriqués avec soin dans les Vosges, de qualité,
05:31qui sont réparables et faciles à entretenir dans les magasins et donc qui sont revendables aussi.
05:36Donc, il y a vraisemblablement un marché de l'occasion qui vient compenser ce marché du neuf.
05:41Donc, on est dans une transformation du marché, en tout cas de la vente de vélos, sur un parc de
05:47pratiquants qui, lui, continue à augmenter.
05:49Mais Mathias Coste, est-ce qu'on est sur ce palier ?
05:53Et qu'est-ce qu'il faut faire pour le dépasser, pour que ce ne soit pas un plafond de
05:56verre, d'une certaine façon ?
05:57Pas un plafond de verre, puisque dans les magasins aujourd'hui, ce qui fait vie, c'est la réparation.
06:00Oui.
06:01Puisque post-Covid, on a vendu énormément de vélos sur des catégories de personnes qui, aujourd'hui, vont garder les
06:06vélos 5-10 ans.
06:08Et c'est vrai que l'exploitation des magasins aujourd'hui tient sur la réparation.
06:11Un peu moins de ventes, mais beaucoup, beaucoup d'ateliers.
06:14Et donc, c'est vrai que la formation continue à progresser là-dessus, parce qu'on a besoin de techniciens,
06:20de vendeurs, de managers de magasins par rapport à cette demande.
06:23Qu'est-ce qu'il faut faire pour convaincre les dinosaures ?
06:26De faire du vélo ?
06:27Oui.
06:28Essayez, si vous n'arrivez pas.
06:30Essayez, c'est la devenue au Proday, vous allez voir, il y a une piste d'essai.
06:33Et donc, ça sera très intéressant.
06:36Il y a le poids des infrastructures.
06:37Oui.
06:38C'est déterminant.
06:39On voit qu'aujourd'hui, en France, au quotidien, à peu près, on est passé de 2-3% des
06:45déplacements quotidiens en vélo à 4-5%.
06:49Par contre, on voit dans des villes qui ont vraiment fait un effort comme Paris, comme Bordeaux, comme Grenoble, et
06:54j'en oublie,
06:55que tout à coup, à partir du moment où les infrastructures sont là, les parkings sont là, on passe à
06:5915, 20, 25%.
07:01Et c'est des scores qui sont comparables à des pays qui ont déjà fait cet investissement-là depuis très
07:06longtemps, comme la Belgique, l'Allemagne.
07:07Donc, les infrastructures, elles sont déterminantes.
07:10Si vous voulez aller en vélo avec vos enfants sur un vélo moustache, il faut que vous vous sentiez en
07:14sécurité.
07:15Et ça, c'est un des freins.
07:17Et on voit que dès que ce frein-là est levé, c'est spectaculaire.
07:21Oui.
07:21Aurore Brissadieu, c'est dans cet ordre-là ?
07:24C'est-à-dire que ce sont les infrastructures qui permettent l'accélération de la pratique ?
07:28Tout est très lié.
07:29Oui.
07:30Il y a eu un plan vélo de la part du gouvernement il y a quelques années qui a été
07:33maintenant mis à côté.
07:35C'est un autre levier.
07:37Les vélos coûtent plus cher qu'auparavant parce que, comme on le dit maintenant, l'anti-vol est directement intégré.
07:42Il y a le GPS, il y a de la technologie.
07:44Il y a des moyens de réparation beaucoup plus aussi faciles.
07:48C'est motorisé.
07:49Ça a un coût que les marques prennent sur elles et qui reflètent normalement de façon logique aux consommateurs.
07:58Le plan vélo conservé aurait été une aide supplémentaire pour les acteurs du vélo et pour les personnes aussi à
08:05se mettre à vélo.
08:07Les infrastructures, pour moi, l'aide au niveau gouvernemental.
08:10On parle beaucoup dans le monde du vélo d'entreprise qui est pour nous aussi, quand on voit nos collègues
08:16européens,
08:16que ce soit l'Allemagne ou autre, la Belgique, tout le Benelux, un vrai levier à la mise en place
08:21du vélo.
08:22Et après, moi, je rejoins sur la pédagogie.
08:26Montrer aux Parisiens, aux Français, ce que c'est de rouler à vélo.
08:30Je pense que oui, l'essayer, c'est l'adopter.
08:33Qu'est-ce que vous attendez, vous, Mathias Coz, des pouvoirs publics pour réaccélérer ou pour solidifier encore un peu
08:39plus le secteur ?
08:40Une marche forcée.
08:41On l'a vu après Covid avec les pistes cyclables qui étaient éphémères.
08:44Et en fait, on n'a jamais vu autant de cyclistes sur la route.
08:47Et en fait, ça a permis à des villes de se développer et d'avoir un vrai plan de circulation.
08:52Je rejoins ce que disait Olivier tout à l'heure.
08:54C'est vrai que cette sécurisation a pas mal porté.
08:57Maintenant, juste après, certaines ont été éliminées.
09:00Les gens n'ont été plus sécuritaires pour pouvoir aller au travail
09:03et peut-être ont abandonné aussi ces chemins pour aller au travail.
09:06Et notamment avec les enfants à l'école parce que c'est aussi un autre enjeu.
09:09Aujourd'hui, d'amener son fils ou sa fille sur un cargo, c'est aussi parce que la sécurité est
09:15importante.
09:16Alors qu'est-ce qui porte le secteur aujourd'hui ?
09:19C'est le vélo électrique, très clairement ?
09:21Le secteur du vélo ?
09:22Oui.
09:22C'est d'abord le vélo à assistance électrique ?
09:25Alors moi, je pense qu'il y a un engouement pour le vélo en général.
09:28En l'occurrence, moi, je ne produis que des vélos électriques.
09:31Mais je vois la pratique sur route qui est en gros développement.
09:36Je vois une féminisation qui est aussi extrêmement importante.
09:40Je pense que les gens, à partir du moment où au quotidien ils font du vélo,
09:43ils ont envie d'en faire aussi le week-end.
09:44Ils ont envie d'en faire pendant leurs vacances.
09:47Donc il y a également du tourisme à vélo qui se développe.
09:50Et pour le coup, le vélo électrique sert à amener un maximum de gens.
09:54C'est-à-dire que faire du vélo pendant ses loisirs,
09:56c'était avant un peu réservé à des gens très entraînés, très en forme.
10:00Aujourd'hui, c'est pour tout le monde.
10:01Faire des vacances à vélo avec les enfants, c'est possible avec des vélos électriques.
10:05C'est prolongé la pratique aussi.
10:07C'est-à-dire que moi, j'ai pas mal d'amis qui faisaient du vélo beaucoup,
10:09qui ont passé les 70 ans et qui continuent d'en faire.
10:12Ils font les mêmes trajets qu'avant grâce aux vélos électriques.
10:14Exactement.
10:15Donc ça embarque une population beaucoup plus large,
10:17qui trouve énormément de plaisir.
10:19Et comme par hasard, plus on a de plaisir,
10:21plus on a envie de continuer à faire du vélo électrique.
10:23Quand on demande aux gens urbains
10:25qui ont essayé, qui se sont mis au vélo électrique,
10:28à 80%, ils ne reviendraient jamais,
10:31ça ne leur viendrait pas à l'esprit,
10:32à 80% de revenir à un mode de transport différent,
10:37transport en commun ou voiture.
10:38Pour eux, c'est une évidence.
10:41Ce vélo électrique, Aurore Briscadieu,
10:44à quel point il a transformé ?
10:46Est-ce qu'il transforme encore durablement le marché, le secteur ?
10:50Il transforme encore et je pense que la technologie fera
10:52que ça ne s'arrête pas.
10:54Aujourd'hui, on a des moteurs de plus en plus légers,
10:57de plus en plus rapides.
10:58Après, il faut savoir que le vélo électrique,
11:01en fonction de la discipline, c'est très différent.
11:02Quand on parle d'un vélo électrique urbain,
11:05on est là pour être facilité dans la ville,
11:08des poids comme le vélo cargo ou autre.
11:11Quand on parle de vélo électrique VTT,
11:13ça n'a rien à voir.
11:13Là, on est sur des moteurs où la puissance doit être plus forte, etc.
11:16Donc, ça s'adapte vraiment à la pratique.
11:18Mais oui, ça va continuer le vélo électrique à révolutionner le marché
11:22et avancer de plus en plus.
11:24Après, l'humain est humain, donc on ne sait pas ce qui sera inventé demain.
11:26On ne fait qu'avancer dans tout ça.
11:28Mais je rejoins Olivier sur la pratique du gravel.
11:32Quand Olivier parlait de tout ce qui est voyage à vélo,
11:35c'est quelque chose qui a énormément progressé.
11:38Nous, on le voit au quotidien sur les demandes des consommateurs
11:42au niveau de la distribution.
11:44Le voyage à vélo est devenu presque une tendance
11:47où on peut, suite au Covid,
11:49où on ne pouvait pas aller ailleurs dans les autres pays européens ou autres,
11:53on peut en fait profiter de vacances de manière très joviale et différente.
11:58Et c'est une part du marché qui a énormément progressé ces dernières années.
12:01Est-ce que, Mathias Coste, l'essor du vélo à assistance électrique
12:04a suscité un besoin de formation spécifique ?
12:08Et si oui, lequel ?
12:09Complètement.
12:10Par exemple, sur l'organisme que je représente,
12:13on a créé une semaine complète de formation spécifique
12:16pour, soit à la sortie de la première formation de technicien vendeur cycle,
12:20où on vient renforcer les premières compétences,
12:22ou en magasin, on fait venir les techniciens qui sont en magasin
12:25pour pouvoir approfondir certains...
12:28Aujourd'hui, quand on parle de VAE et notamment de motorisation,
12:32on est sur beaucoup de motorisations qui viennent de l'automobile.
12:35On parle de Bosch, on va parler de FASUA, on va parler de très gros groupes.
12:40Et le technicien aujourd'hui qu'on connaissait dans les années 70 avec son petit tablier gris n'existe plus.
12:45C'est le technicien 2.0, il faut savoir faire le minimum, mais en même temps, il faut savoir se
12:50connecter via une plateforme
12:51qui est dédiée par motoriste et pour faire des diagnostics, pour faire des customisations d'assistance.
12:58Donc, ça demande beaucoup de compétences.
13:00Donc, c'est vrai qu'on a créé cette formation.
13:02Et à savoir que ça reste toujours 52-54% du chiffre d'affaires national, le VAE.
13:08Donc, ça devient une branche armée du monde.
13:11Les innovations, Olivier Cantet, elles portent sur quoi ?
13:15Je reste sur les vélos électriques, plutôt sur les batteries qui continuent de progresser,
13:19sur la connectivité, sur quoi ça porte principalement ?
13:22Je dirais que tout est en train d'évoluer, tout est en train de progresser.
13:25Il faut que ça soit au service de l'usage.
13:27Nous, c'est un peu notre créneau.
13:29C'est vraiment d'abord d'avoir des gens qui ont le sourire quand ils sont sur un moustache.
13:34Et donc, il faut que l'innovation, elle soit juste.
13:37Donc, oui, il y a des innovations sur les batteries.
13:39Alors, est-ce qu'il faut qu'elles soient, pour proposer plus d'autonomie,
13:42sachant que les gens, finalement, n'utilisent qu'une partie ?
13:44Est-ce qu'il faut qu'elles soient plus légères ?
13:46Est-ce qu'il faut qu'elles soient plus durables ?
13:47Donc, ce n'est pas une seule voie à explorer.
13:50Et l'élément aussi qui est très important, c'est qu'en fait,
13:53les consommateurs sont contents des vélos.
13:56En tout cas, ceux qui ont acheté un moustache et qu'on interroge,
13:58ils sont super contents de leurs vélos.
13:59Ils nous demandent plus de sécurisation, plus d'antivol, plus de sacoche, plus de protection.
14:05Donc, en fait, c'est parfois aussi l'équipement autour du vélo
14:09qui vient autant que le vélo lui-même, la puissance, la légèreté.
14:15Tout évolue, mais il faut que ça soit justement au service de l'usage.
14:18Je vois qu'on parle un peu du Made in France.
14:21Aurore Briscadieu, le salon Véloprodesque,
14:25quel rôle il joue justement dans cet écosystème pour la promotion des marques françaises ?
14:29Alors, si vous parlez de Made in France, il y a des sociétés françaises,
14:34européennes, internationales sur le salon.
14:36Donc, c'est un mix un peu de tout.
14:37C'est vrai qu'on est très heureux d'avoir un salon aussi grand
14:41qui représente bien le marché du cycle, présent à Paris,
14:46qui a vocation pour beaucoup de devenir Paris un hub de rencontres B2B dans le futur.
14:53Aujourd'hui, le Made in France est de plus en plus présent
14:57dans toutes les sociétés qui sont imbriquées ici.
14:59En France, on parle d'assemblage, on parle de production en France.
15:04C'est compliqué de tout faire de A à Z.
15:05Comme tous les secteurs d'activité, on ne va pas se mentir.
15:09Mais par contre, oui, le salon permet de faire rayonner des marques françaises
15:14qui viennent présenter au final à des marques d'autres internationales,
15:18des magasins même qui viennent d'Europe, d'Allemagne ou autres,
15:20des produits qui sont produits ici.
15:22Donc, c'est une fierté, oui.
15:23Mathias Coste, est-ce qu'on peut parler de réindustrialisation
15:27ou est-ce que le mot est trop fort ?
15:28On commence.
15:30On a 512 000 vélos qui sont assemblés en France aujourd'hui
15:34sur les 1,8 millions qu'on vend à l'année.
15:37Donc, ça reste encore un petit pouillème.
15:40Mais la volonté est là.
15:42Dans les années 70, on a perdu tout le savoir-faire français du bassin ronalpien
15:47et tout est parti en Asie.
15:49Mais il y a beaucoup de volonté de la part de Moustache,
15:52notamment sur des innovations spécifiques avec le J, qui a réindustrialisé un cadre en France.
15:58C'est quand même quelque chose d'important.
16:00Il n'y avait pas de cadre ?
16:01Quasiment plus, quasiment plus.
16:03Les tubes viennent d'Europe.
16:05Mais la fabrication 100% française était difficile.
16:09Là, on a eu la chance, grâce à Moustache et le J, d'avoir un vélo en fonderie d'aluminium
16:14en France.
16:15Donc, c'est cette volonté, et notamment des marques, de revenir aussi avec un savoir-faire qui était là il
16:19y a quelques années.
16:20Alors, quel temps, quelle énergie ça demande de faire ça ?
16:24Finalement, de se dire, ok, nous, on est dans les Vosges, on veut faire nos vélos en France.
16:27Comment je fais pour que le pourcentage de pièces vraiment fabriquées en France augmente ?
16:33Oui, alors, nous, on parle déjà quand même d'une base où 50% de ce qu'on achète pour
16:37faire un vélo vient d'Europe.
16:40C'est déjà pas mal.
16:42On achète tous nos moteurs chez Bosch en Allemagne, toutes nos batteries chez eux, des sels en Italie, un certain
16:49nombre de composants qui viennent d'Europe.
16:50Mais il est vrai qu'il y a d'autres choses qui, depuis très longtemps, sont parties en Asie.
16:54Nous, ce qu'on pense, c'est que c'est la double dose de travail.
16:56Parce que si vous essayez d'industrialiser en France quelque chose qui est déjà fait en Asie, pour être compétitif,
17:04ça ne marche pas.
17:05Donc, il faut concevoir quelque chose de différent qui va être industrialisé en France et qui ne l'est pas
17:11encore en Asie.
17:13Et ça existe, ça ?
17:14Oui, parce que, typiquement, le cadre du J et maintenant du X3FS, au lieu d'être des tubes qui sont
17:22assemblés, en fait, c'est des pièces qui sont injectées sur un moule en aluminium.
17:27Et ça ne se faisait pas dans le vélo.
17:28C'est des technologies qui existent dans l'aéronautique ou dans la voiture.
17:32Et nous, on a constitué deux pièces qui viennent s'assembler avec un pivot et qu'on peut, comme ça,
17:39injecter en aluminium.
17:40Et donc, on a retourné le sujet. Mais même sur un sujet comme ça, l'Asie réagit très vite.
17:46Et l'exigence de prix du consommateur pousse aussi à ce qu'on regarde toutes les possibilités.
17:55Donc, ce n'est pas du tout une bataille gagnée. Il faut constamment avoir un temps d'avance.
17:59Vous vous dites jusqu'où on pourrait aller dans la relocalisation de la production, on va dire en Europe ?
18:10Honnêtement, je ne sais pas.
18:12Parce que c'est un combat work in progress. C'est un combat qui n'arrête jamais.
18:15Oui, qui n'arrête jamais. Et puis, je pense qu'il y a d'autres enjeux.
18:20Typiquement, chez Moustache, on ne va pas réduire nos ventes pour acheter plus de composants en France.
18:26Moi, ma mission première, c'est que j'ai 200 personnes dans la boîte, dans les Vosges, qui sont contents
18:31de venir bosser tous les matins.
18:32Et s'ils pouvaient être 400, ça serait une excellente nouvelle.
18:36Même en vendant des vélos dont les pièces sont majoritairement à la vie.
18:40Et on sait que dans les magasins, on aimerait pouvoir en vendre plus.
18:44Et je pense qu'il y a une grosse partie de l'économie qui est dans l'entretien, qui est
18:48dans la conception, qui est dans les vélos d'occasion.
18:52Enfin, il y a plein d'autres métiers dans la formation, parce que les gens ne savent plus faire de
18:56vélo dans les écoles.
18:58Enfin, il y a un écosystème qui est beaucoup plus large que juste de se dire, est-ce qu'on
19:01est capable de faire une chaîne en France mieux que ce que fait Shimano depuis 30 ans au Japon ?
19:07Oui, effectivement. Quel rôle vous jouez, vous, avec vos entreprises, vos centres de formation dans le développement de la filière
19:15française aujourd'hui ?
19:16On essaie d'être un acteur à un autre niveau, déjà d'apporter des professionnels au travers de sub de
19:24vélo, d'essayer d'assembler, parce que la Vélo Factory, c'est cet assemblage avec les startups françaises, qui veulent
19:30aussi assembler en France.
19:32On parle d'assemblage, parce que beaucoup de choses viennent d'Europe ou d'Asie, mais il y a quand
19:39même cette volonté.
19:40Et donc, si chaque acteur met un petit peu d'énergie, en tout cas, c'est la volonté même de
19:45l'État.
19:45Je pense que sur le fabriqué français, il y a aussi un élément qui est déterminant que vous évoquez là.
19:51C'est qu'en fait, la fabrication en France, elle a aussi un avantage, c'est qu'on est beaucoup
19:55plus réactif pour produire.
19:58En fait, moi, je produis quasiment à 80% dans le mois les vélos qui sont livrés et reçus dans
20:04le mois.
20:05Alors, j'ai des composants que je stocke, donc c'est vraiment le montage final qui est fait à ce
20:09moment-là.
20:10Et je pense que le fabriquer en France ne marche que si on a une proximité avec les détaillants et
20:15une réactivité extrêmement forte.
20:17Si c'est fabriqué en France sur les mêmes délais que ce qu'on a en Asie, ce n'est
20:21pas la peine.
20:22Et c'est vrai qu'on a aussi, nous, en magasin, des gens qui sont fans de moustache, qui sont
20:27venus dans les Vosges,
20:28qui connaissent l'entreprise, qui connaissent parfois des gens qui bossent dans la boîte,
20:31qui ont été sur les chaînes de montage en disant « Ah, vous le faites comme ça ! »
20:34« Ah ben, nous, quand on doit le réparer, on comprend mieux ! »
20:36Et donc, c'est cette alchimie-là, cette proximité du marché, qui peut faire qu'entre les marques et les
20:42magasins,
20:43on tienne le choc et on valorise le Made in France.
20:47Il y a un super exemple sur ça l'année dernière, sur les Pro Days, la marque Look.
20:51Je ne sais pas si vous vous souvenez, pour X raisons, je pense que juste avant le Tour de France,
20:556 vélos disparaissent.
20:57Ah oui, c'est vrai, ils se sont volés les vélos.
20:58On est lors du montage du magasin, donc nous, l'équipe Look est sur place,
21:02c'est un peu, qu'est-ce qui va se passer ?
21:04Le Tour de France démarrait deux jours après.
21:06Je crois que deux jours après, début du salon, le dimanche matin,
21:11ils annoncent que les vélos avaient été refaits, à Nevers, chez Look.
21:15Et en effet, cette rapidité-là, impossible de la faire si le vélo venait de l'autre bout de la
21:20planète.
21:20Je voudrais qu'on parle du lien avec les consommateurs,
21:25et à quel point un salon comme le vôtre peut être une vigie des tendances.
21:30Par exemple, les vélos cargos, on les a vus débarquer, il y en a de plus en plus dans nos
21:33villes.
21:34Est-ce que vous l'avez anticipé sur un salon comme le vôtre, ou pas d'ailleurs ?
21:39En fait, ce qui est magnifique dans les salons, c'est qu'il y a tellement de discussions.
21:44Et c'est là où les professionnels se passent le mot de le magasin,
21:49ils disent « moi j'ai beaucoup de demandes sur cette tendance-là ».
21:51Et c'est un peu ces moments-là où les marques viennent aussi capter ce qui se passe en magasin,
21:55que les magasins partagent aussi les difficultés qu'ils ont vis-à-vis des marques sur le service après-vente
22:00et autres.
22:01Donc l'urbain anticipé, je pense que petit à petit, les marques l'ont vu venir quand même, on ne
22:07va pas se mentir.
22:08Nous, on le voit depuis 5-6 ans maintenant, où le salon se transforme.
22:11Il y avait normalement beaucoup plus de VTT, de vélos de route, de vélos gravel.
22:18Enfin le gravel encore, c'est quand même naissant, mais il y avait ce qu'on appelait des cyclosportifs avant.
22:22Donc ce n'est pas tout nouveau non plus.
22:24Mais oui, je pense qu'on arrive à l'anticiper.
22:27C'est aussi le consommateur qui crée la tendance, mais ça peut être aussi les marques.
22:31On a vu des marques qui ont bougé le système, qui ont proposé des vélos,
22:35où le consommateur se dit « ah, ça c'est ce qu'il me faut ».
22:38Donc je pense que ça va dans les deux sens.
22:39Votre avis sur cette question-là ?
22:41Qui innove le plus ?
22:42C'est le consommateur qui dit « tiens, j'ai besoin de ça »,
22:45qui fait remonter l'info à une marque comme la vôtre ?
22:48Ou c'est vous qui anticipez la demande ?
22:51Alors nous, on anticipe et les salons sont justement le moment
22:55où on confronte tous les possibles avec toi qui es au contact du consommateur, de l'acheteur.
23:01T'en penses quoi ? C'est une bonne idée, pas une bonne idée ?
23:03Donc il y a besoin aussi de cette confrontation en chambre
23:07avec les détaillants.
23:08Les salons servent beaucoup à ça, parce que des idées, on en a plein.
23:11Parce que des choses à inventer, on en a plein, on en a plein les tiroirs.
23:15Oui, mais alors il y a quelques cimetières des bonnes idées aussi.
23:17Parfois on a des superbes et c'est comme ça, il faut tester et on ne peut pas toujours réussir.
23:22Oui, je reviens vers vous juste après.
23:24Allez-y, Aurore.
23:25Nous justement, on fait deux événements, nous exactement.
23:27On fait le Festival Vélo in Paris, qui est un événement B2C qui a lieu fin avril.
23:32Il y a des marques, des magasins qui viennent justement capter le public.
23:36Et deux mois après, on se retrouve au Pro Days, qui a lieu là ce dimanche.
23:39Et il y a ces discussions-là.
23:40Et en fait, c'est justement d'avoir ces deux événements
23:44qui sont complémentaires vachement sur le retour d'expérience et les échanges
23:48qui font la richesse aussi des salons et l'innovation chez les marques.
23:53Mathias, Coss ?
23:54Il y a l'association Mets à vélo aussi, qui pendant le mois de mai en France,
23:59partout, dans tous les territoires, essaye de confronter le consommateur aux différentes pratiques.
24:05Et on parle de communauté.
24:06C'est vrai que les communautés cyclistes sont très importantes,
24:09entre le cycliste sur route, le cycliste VTT, VTTiste.
24:13Et puis après, aujourd'hui, on a le commuting, le voyage,
24:15où là, c'est une grosse part aujourd'hui de l'économie,
24:18où les gens vont au travail en vélo.
24:20Et ça demande aussi une adaptation du matériel, des accessoires qui sont demandés,
24:24des casques connectés aujourd'hui, comme en moto.
24:27On peut parler aussi, quand on a les enfants derrière, c'est assez fou.
24:31Et c'est une société française qui fait ça, où on a un petit micro.
24:36C'est vraiment top.
24:37Et alors, donc, ma question suivante, elle est logique et naturelle.
24:41Qu'est-ce qui va tirer le marché dans les prochaines années ?
24:44Est-ce que c'est le vélo d'entreprise dont on parlait tout à l'heure ?
24:47Quelle tendance vous voyez, Olivier Canté ?
24:49Alors, nous, il y a deux, trois petites choses.
24:52Parce que souvent, quand on voit l'innovation, on se dit,
24:53waouh, il y a un nouveau moteur de batterie.
24:55En fait, il y a, par exemple, tout ce qui est ne plus avoir de vitesse à changer.
25:02Les gens savent, sur un vélo, ils ne savent pas quand est-ce qu'il faut changer les vitesses.
25:07J'ai toujours l'impression de prendre de la mauvaise vitesse.
25:08Il faut le faire avant.
25:09Quand j'ai fait mon changement de vitesse.
25:11Donc, les gens, ils veulent monter sur un vélo et puis pédaler.
25:14Et quand ça monte fort, ils pédalent comme avant,
25:17parce qu'ils ont l'assistance électrique.
25:18Quand ça descend, ils vont plus vite.
25:20Voilà, donc le changement automatique de vitesse
25:21ou la gestion du changement de vitesse, c'est un truc essentiel.
25:25La sécurisation.
25:26Aujourd'hui, on a des moteurs Bosch qu'on peut neutraliser
25:29et donc empêcher la revente ultérieure.
25:34Donc, ça aussi, c'est des choses qui sont parfois invisibles sur le vélo,
25:37mais qui font une différence absolue.
25:40On pense que la tendance, elle est là, elle est partie.
25:44Moi, ce qui m'enchante le plus, c'est que quand je vois dans toutes ces villes de France
25:50où vous avez des parcs de vélos qui sont disponibles,
25:54pour pas cher et notamment pour les jeunes,
25:56c'est qu'aujourd'hui, pour un jeune dans, je ne sais pas si c'est 100 ou 200 villes
26:00de France,
26:00c'est plus cool d'avoir un vélo que d'avoir un scooter.
26:04Et honnêtement, je n'étais pas persuadé de ça il y a 4-5 ans.
26:07Ça va vite quand même.
26:08Ça va super vite.
26:09Aujourd'hui, pour les jeunes qui ont entre 15 et 25 ans la liberté,
26:13ce n'est plus le scooter, c'est l'accès à ces vélos.
26:15Et ils font tout.
26:16Et c'est des gens, ils sont piquousés au vélo.
26:19Et ils sont forcément des clients pour nous demain.
26:22Qu'est-ce qui tire le secteur ?
26:23Allez-y, on vient d'intervenir.
26:24Je vois ce que disait Olivier.
26:25Par exemple, en région Occitanie, la région a mis depuis deux ans
26:28des vélos à disposition de lycéens pour aller au travail.
26:32En fait, dans les lycées en Occitanie, quand vous rentrez en seconde,
26:35on vous donne un ordinateur rouge depuis des années
26:37qui vous permet d'arriver jusqu'en terminal avec un ordinateur
26:40et tout le monde a la même chance.
26:42Et c'est un peu la même chose qui est mise en place depuis deux ans
26:44en se disant, maintenant, on va vous donner un vélo.
26:47C'est gratuit.
26:48Toute une année.
26:50Pour pouvoir faire les déplacements maison-lycée.
26:52Et si jamais ça revient après, on crée des futurs consommateurs,
26:56des futurs pratiquants.
26:58Et là, on commence à mettre le pied à l'étrier.
27:00Mais c'est depuis le Covid, avec le SRAV aussi,
27:02le vélo est revenu à l'école en se disant,
27:05on va réapprendre aujourd'hui aux enfants à faire du vélo.
27:08Parce que la natation, c'est très bien.
27:10Ça a été le point culminant pendant quelques années.
27:12Et le vélo a été complètement oublié.
27:14Et nos grands-parents ont appris à faire du vélo, je pense, en avant.
27:17Parce qu'il fallait arriver à l'école en vélo.
27:19Merci.
27:19Et aujourd'hui, on a ça.
27:21Les associations se battent avec le SRAV.
27:22Allez, 40 secondes pour conclure sur le moteur, le tracteur du marché.
27:27La note positive, les vélos d'enfants.
27:30Cette dernière année, on a eu plus de 4% je pense sur les vélos enfants.
27:33Et en fait, les enfants qui sont actuellement dans les vélos cargo le matin
27:36pour conduire par papa ou maman,
27:39je pense qu'ils prennent l'habitude.
27:40Et ce sera les prochains qui diront,
27:41bon, c'est bon, moi je peux pédaler par moi-même, j'y vais par moi-même.
27:44Je pense que là, c'est là où il faut que les villes suivent.
27:46Parce que les infrastructures, les parents donneront la dépendance
27:49d'aller à l'école, pardon, à vélo comme ça.
27:52Que s'il y a cette sécurité-là.
27:54Mais oui, le vélo d'enfant, c'est le futur.
27:56Et bien voilà.
27:57Merci beaucoup à tous les trois d'avoir participé à ce Smart Trends.
28:00Bon, salaud, Vélo Pro Days.
28:01Donc 5 au 7 juillet, porte de Versailles à Paris.
28:05A bientôt, merci à toutes et à tous de votre fidélité
28:07à la chaîne des audacieuses et des audacieux.
28:09Allez, c'est promis, je vais m'y remettre.
28:11Merci.
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