Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 54 minutes
Grégory Rabuel, directeur général du Groupe Barrière, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 7 juillet. Ils sont revenus sur le chiffre d'affaires 2025 du Groupe Barrière, marqué par la répartition de son activité entre les casinos, l'hôtellerie et la restauration, tout en dévoilant la stratégie d'internationalisation et de montée en gamme fixée pour les dix prochaines années, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business, notre invité ce matin c'est Grégory Rabuel.
00:03Bonjour, vous êtes le directeur général du groupe Barrière, Hôtellerie, Restauration, Casino.
00:081,5 milliard de chiffre d'affaires en 2025.
00:11Il y a trois activités différentes.
00:13C'est quoi aujourd'hui la répartition avant qu'on parle de la stratégie pour les dix prochaines années ?
00:17Vous voulez doubler l'activité, donc on va détailler ça.
00:20Quand on regarde les trois cœurs d'activité, c'est quoi la répartition ?
00:22La répartition c'est environ 1 milliard sur le business des casinos
00:26et 500 millions sur l'hôtellerie et la restauration.
00:31Cette répartition-là est un peu historique et là on est en train de croître drastiquement sur l'hôtellerie,
00:36notamment l'hôtellerie de luxe mais aussi la restauration.
00:39Et puis on parlera sans doute du business des casinos,
00:41qui est un business qui est un peu déclinant depuis une vingtaine d'années.
00:45On n'a jamais vraiment été capable même de suivre l'inflation.
00:48Le poids de la taxation en France est beaucoup trop important.
00:51Les pouvoirs publics le savent mais ils ne font rien.
00:53Ils continuent à nous ponctionner ainsi.
00:55Donc l'avenir pour Barrière dans les casinos c'est à l'international.
00:57Donc c'est plutôt le Phuket, c'est ce type de marque, marque emblématique connue dans le monde entier par
01:03la clientèle internationale.
01:05C'est vraiment une marque sur laquelle vous voulez vous appuyer pour développer des hôtels et des restaurants ?
01:09Oui on a plusieurs marques mais dans l'hôtellerie très grand luxe chez Barrière,
01:12c'est la marque Phuket qu'on a décidé de mettre en avant, qu'on développe dans le monde entier.
01:16On a signé à Miami un hôtel de très grand luxe, des résidences brandées.
01:20On vient d'ouvrir la semaine dernière un Phuket à Mykonos sur l'eau en Grèce, un hôtel absolument sublime.
01:26Et on va faire de cette marque, dont on va doubler, tripler, quadrupler le chiffre d'affaires dans les années
01:30qui arrivent,
01:32une des plus grandes marques de luxe au monde dans l'hôtellerie.
01:35Le modèle c'est les résidences, vous n'êtes pas propriétaire des murs,
01:39c'est-à-dire que vous vous installez sur idée parfois d'hôteliers qui sont là, ça marche comment ?
01:44En réalité, l'histoire du groupe Barrière, la famille Barrière qui détient cette entreprise familiale merveilleuse,
01:51détient les murs de 90% de ses hôtels depuis toujours.
01:55C'est un modèle qui est très consommateur de CapEx, on voulait faire des travaux, les entretenir,
01:58soit pour les casinos ou pour les hôtels.
02:01Et donc là, pour se développer à l'international, on le fait soit comme opérateur,
02:04c'est-à-dire qu'on a des investisseurs qui investissent dans les murs de l'hôtel
02:07et qui nous confient la gestion de leur hôtel.
02:10Ils pouvaient le faire avant avec d'autres marques prestigieuses
02:13et certaines fois, ils décident de le faire avec Fouquets.
02:15Alors justement, vous parlez des travaux, c'est très important quand même dans des hôtels comme les vôtres.
02:21Le Barrière Normandie, il y a eu toutes ces réflexions,
02:23il y a eu le Fouquets qui a été refait sans fermeture,
02:25ce qui est quand même compliqué, qui vient d'avoir le label Palace.
02:29Ça change quoi aujourd'hui d'avoir ça ou de ne pas avoir ça ?
02:31Écoutez, nous on est très heureux d'avoir ça.
02:33D'abord, c'est important pour les équipes, pour le travail qui est fait,
02:36ça donne quand même un niveau de qualité de service qui est produit pour nos clients.
02:39C'est le deuxième Palace de la collection Fouquets,
02:41parce que le premier est à Courchevel, donc on est très heureux.
02:44Et c'est toujours bien d'avoir un label.
02:46Vous savez, souvent les gens disent que ce n'est pas important,
02:48c'est ceux qui le perdent ou qui ne l'ont pas qui disent ça.
02:49Quand vous l'avez, vous êtes content.
02:51Donc ça, c'est une chose positive.
02:52Mais vous voyez, par exemple, on va programmer des travaux très importants de rénovation
02:56dans un de nos trophées à 7, le Majestic à Cannes.
02:59On va faire deux ans et demi de travaux.
03:01Avec fermeture là où ?
03:02Et là, on va devoir fermer l'hôtel,
03:03parce qu'on va refaire cet hôtel de 350 chambres.
03:06On va faire un des plus beaux palaces de la Côte d'Azur.
03:08Et donc, bien sûr, parfois on doit fermer,
03:10et parfois on arrive à rester ouvert.
03:12Mais le Fouquets, parce qu'il y a du monde en termes de concurrence
03:15sur le fait de vendre la France à la clientèle internationale.
03:19Qu'est-ce que ça a de plus, justement, cette marque Fouquets ?
03:22Je crois qu'il y a des...
03:23D'abord, c'est un groupe familial.
03:25Ça se ressent aussi dans le service qui est donné aux clients,
03:28dans l'expérience qui est vécue par nos clients.
03:30C'est un petit morceau de France à l'international, c'est vrai,
03:32mais qui s'adapte dans les villes où nous sommes.
03:34Le Fouquets à New York n'a rien à voir avec le Fouquets à Saint-Barthes
03:37ou encore celui qu'on vient d'ouvrir à Mykonos.
03:39Il y a à la fois une touche de glamour,
03:40à la fois une touche de grande qualité de service,
03:44et un service à la française très personnalisé.
03:46Vous savez, les clients qui fréquentent nos hôtels
03:48peuvent aller où ils veulent dans le monde entier.
03:49Donc, ils veulent être reconnus,
03:51ils veulent vivre une expérience particulière.
03:53Ils veulent se sentir à la fois chez eux,
03:56mais en même temps dans quelque chose
03:57qu'ils n'ont pas exactement chez eux.
03:59Et c'est ça qu'on essaie de créer.
04:00C'est pour ça qu'on va se développer dans le monde entier,
04:02dans les destinations les plus luxueuses.
04:04Sur l'activité casino,
04:05vous l'avez dit en introduction,
04:07c'est compliqué, évidemment, avec les règles,
04:10la question de la taxation.
04:11On a Banigé qui va racheter Joa,
04:14qui a 33 casinos, c'est le deuxième acteur.
04:16C'est un acteur des paris en ligne
04:18qui va sur le casino physique.
04:20Ça vous a étonné ?
04:22Vous avez regardé ça comment ?
04:23Juste pour expliquer,
04:25c'est le deuxième acteur en nombre de casinos.
04:27Oui, pas en chaîne d'affaires, c'est ça.
04:28C'est un peu bizarre que sur une chaîne économique,
04:29vous considériez qu'un acteur,
04:30c'est la taille du nombre d'établissements qui comptent.
04:32On le précise.
04:33Donc, le premier acteur de casino en France,
04:35c'est Barrière,
04:36et qui est plus de deux fois plus gros
04:38que celui dont vous parlez, par exemple.
04:40Je vois que la compétition est rude.
04:42En revanche, je suis ravi que Stéphane Courby
04:44arrive dans l'industrie des casinos physiques.
04:46C'est un entrepreneur extrêmement talentueux.
04:49Ça veut dire qu'il a parfaitement intégré le fait
04:52qu'il y a une notion figitale.
04:54Probablement, le business digital
04:56et le business physique comptent.
04:58On a souvent dit que le retail et le casino physique
05:00étaient un business en fin de vie.
05:01Pour que des gens aussi talentueux s'y intéressent,
05:03c'est que ce n'est pas le cas.
05:04On est très heureux.
05:05Nous, voilà, on croit dans ce business-là,
05:07même si on a un problème de fiscalité
05:09qui est croissant en France.
05:1157% du chiffre d'affaires
05:13des groupes de casinos
05:15sont pris en taxe.
05:16Donc, allez demander à Bernard Arnault
05:17s'il donnait 57% du chiffre d'affaires
05:19à l'élevage.
05:19C'est un secteur qui ne fonctionne pas
05:21comme les autres.
05:21C'est une folie.
05:23Donc, l'avenir de ce business,
05:24il est évidemment, pour nous,
05:26toujours en France,
05:27dans la rénovation de nos casinos,
05:29dans l'expérience que l'on vit,
05:30dans les spectacles.
05:30Mais pas dans le déploiement.
05:31Mais dans le déploiement, non.
05:33D'abord, on a tous les plus gros casinos de France,
05:34pour ne pas dire l'immense majorité.
05:36Même le plus gros d'Europe,
05:38qui est à Anguin, à côté de Paris.
05:40Et aujourd'hui, nous,
05:41on se développe à l'international.
05:42On vient de racheter un casino au Portugal.
05:44On va ouvrir en Albanie.
05:45On va ouvrir un nouveau casino au Caire.
05:47On a des projets au Japon.
05:48Des projets en Angleterre.
05:49Parce que ce groupe Barrière
05:50s'internationalise, se transforme.
05:53J'étais venu vous voir il y a quelques temps
05:54pour vous dire qu'on allait
05:55transformer cette entreprise.
05:57Souvent, on qualifiait le groupe Barrière
05:58de belle endormie.
05:59Donc, elle est très réveillée.
06:01Extrêmement réveillée.
06:02Et maintenant, on se diffuse
06:04à travers le monde.
06:04Et c'est une fierté pour nos propriétaires
06:07de pouvoir vivre cette expérience
06:08à nos côtés.
06:09Mais justement, vous allez très vite.
06:10Il y a eu plus d'acquisitions
06:11en quelques mois,
06:12plus de développement
06:13qu'il y en a eu en des années.
06:15C'est-à-dire que c'est très rapide quand même.
06:17Oui, c'est-à-dire qu'à la faveur
06:19de la reprise de cette entreprise
06:20par Alexandre Barrière et sa sœur Joy,
06:23ils ont décidé de donner
06:24un coup d'accélérateur.
06:25C'est pour ça qu'on a décidé
06:26de travailler ensemble.
06:28Et en trois ans,
06:29on a fait plus que dans les 15 dernières années
06:31en projet de développement.
06:32Donc, l'accélération est là.
06:34Non pas au détriment de la qualité,
06:36mais avec une hausse de la qualité,
06:37avec des équipes autour de moi formidables,
06:39un comité exécutif de grande qualité.
06:41Tout le monde va dans le bon sens.
06:42Tout le monde est aligné.
06:43C'est la preuve qu'une entreprise
06:44100% française,
06:46parce que c'est le cas
06:47avec nos actionnaires
06:47qui ont 100% de cette entreprise,
06:49peut se développer à l'international
06:51et peut réussir.
06:51Il n'y a pas beaucoup
06:52d'entreprises françaises
06:53dans notre secteur d'activité,
06:54notamment dans l'hôtellerie.
06:56Il y a beaucoup de groupes
06:56qui se disent français,
06:57mais qui ont des actionnaires
06:58qu'Atari ou chinois.
06:59Nous, nous sommes 100% français.
07:01Et ça joue un peu à l'international
07:02aussi dans le développement.
07:03Mais j'ai l'impression,
07:04Grégory Abel,
07:04que vous êtes fâché.
07:05C'est-à-dire que j'ai l'impression
07:06que vous avez des choses à dire
07:07sur l'économie française,
07:08sur le fait d'être cadenassé,
07:10sur le fait d'être français.
07:11Il y a un message politique derrière ?
07:14Je crois que d'abord,
07:15tous les chefs d'entreprise
07:16comme moi sont très inquiets
07:17de l'échéance présidentielle
07:18dans un an.
07:19On voit bien que le mouvement
07:21qui s'opère,
07:22soit tout à gauche,
07:23soit tout à droite,
07:24est un peu anxiogène.
07:25Il n'y a aucune visibilité
07:26pour les entrepreneurs,
07:28pour les entreprises.
07:29La politique de taxation
07:30est absurde.
07:31Alors nous, on le subit de plein fouet
07:32dans le secteur des casinos,
07:34mais pas que.
07:35Donc oui, on voudrait
07:35de la perspective,
07:36on voudrait de la visibilité,
07:37on voudrait une situation
07:38qui soit la plus claire possible.
07:41Tout le monde dit
07:42que les entreprises sont importantes.
07:44Vous allez recevoir
07:45sur vos plateaux
07:46tous les candidats
07:47à la présidentielle
07:48qui vont dire ça.
07:49Il faudrait qu'ils arrêtent
07:50de parler
07:51et qu'ils prennent des décisions
07:52qui soient claires
07:53et notamment en faveur
07:54de l'emploi,
07:54du recrutement,
07:55de la formation
07:56et de la profitabilité
07:58des entreprises.
07:59Donc je crois que ça,
08:00c'est quelque chose
08:00que l'on ressent
08:01dans l'économie française.
08:02Mais j'entends un sujet
08:02de reconnaissance
08:03sur le fait d'être français,
08:04100% français,
08:05d'avoir un actionnariat français,
08:06d'être une entreprise familiale
08:08et peut-être d'avoir
08:09des bâtons.
08:09Oui, parce que je crois
08:10qu'aujourd'hui,
08:10on devrait mieux valoriser
08:12le fait d'avoir
08:13des actionnaires
08:13100% français.
08:14Vous savez,
08:15nous, nous sommes propriétaires
08:16du Majestic à Cannes,
08:17c'est un très gros hôtel.
08:18Nos voisins,
08:19c'est le Carlton
08:20et le Martinez
08:21qui appartiennent
08:21à des États étrangers
08:23et nous sommes
08:24une famille française.
08:25Mais finalement,
08:25la compétition est la même
08:26mais elle est un peu injuste
08:27au départ finalement
08:28avec les moyens
08:29qui sont les nôtres.
08:30Donc il faut...
08:31Vous voudriez une préférence française ?
08:32Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
08:34On souhaiterait avoir
08:34des avantages
08:35d'être français
08:37et d'investir en France,
08:38évidemment.
08:39Merci beaucoup Grégory Abuel
08:40d'être venu ce matin
08:40dans la matinale de l'économie.
Commentaires

Recommandations