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  • il y a 2 semaines
Benoît Coquart, directeur général de Legrand, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 12 février. Il s'est félicité de la croissance nette du chiffre d'affaires de son groupe, tirée essentiellement par les acquisitions et les centres de données, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h44 sur BFM Business et sur MC Live. Le grand entretien aujourd'hui c'est avec Benoît Coquart.
00:04Bonjour, vous êtes le directeur général de Legrand. Vous venez de publier vos résultats avec un bénéfice net en hausse
00:10de 6,7%
00:11et un chiffre d'affaires, on le disait avec Étienne Braque il y a quelques instants, au-dessus des 10%.
00:16Vous êtes un spécialiste des infrastructures électriques et c'est assez rare quand même désormais de voir dans le CAC
00:2140
00:21des boîtes qui publient un chiffre d'affaires au-dessus des 10%. C'est tiré notamment par les data centers.
00:26Oui, alors c'est effectivement 13% de croissance en 2025, hors change, avec deux moteurs.
00:31Le premier, c'est les acquisitions, on en parlera peut-être, avec Legrand fait régulièrement des acquisitions de sociétés complémentaires.
00:38Le deuxième moteur qui tire beaucoup la croissance organique, c'est les centres de données.
00:41Pour vous donner un chiffre, sur les 13% de croissance, on fait quasiment 8% de croissance organique
00:46et ça vient essentiellement des centres de données.
00:48Avec un développement partout dans le monde, en France notamment, mais aussi aux Etats-Unis.
00:52Le gros du marché, pour les centres de données, reste aux Etats-Unis.
00:55On fait deux tiers de notre chiffre d'affaires dans les centres de données aux Etats-Unis.
00:58C'est le marché qui croit le plus vite.
01:00Mais on a aujourd'hui une présence mondiale dans ce domaine-là.
01:03Donc je ne crois pas qu'il y a un pays le grand, la France comprise,
01:06dans lequel on n'est pas un dispositif commercial et technique
01:09en support de nos clients sur ce marché-là,
01:11qui est un marché qui est amené à enregistrer des croissances encore très importantes.
01:15Aux Etats-Unis, pas d'inquiétude sur la question des droits de douane,
01:18pas d'inquiétude sur le niveau du marché américain, toujours dynamique ?
01:22Le marché, encore une fois, pour la partie data center, est très dynamique.
01:26Pour la partie bâtiment, elle est un peu plus mou.
01:29Les droits de douane, c'est derrière nous.
01:30C'était plutôt un sujet 2025 que 2026.
01:33On a eu à payer 140 millions de dollars de droits de douane supplémentaires
01:38et qu'on a intégralement compensé dans nos comptes.
01:41Alors soit par des mesures de relocalisation de notre chaîne de production,
01:46soit en faisant un petit peu de prix aux Etats-Unis.
01:49Donc ça a eu un impact nul sur nos comptes.
01:52Et vous dites que c'est derrière nous.
01:53Pourtant, vous allez repayer la facture, elle continue d'être toujours là.
01:57Les droits de douane, ça court.
01:58Elle est toujours là, mais les droits de douane additionnels
02:00qui vont peser sur nos comptes 2026, c'est une vingtaine de millions de dollars.
02:04Donc le gros du sujet, il est déjà passé.
02:06Alors d'autres pourraient venir.
02:07Ensuite, ce qui est, je crois, important, c'est que Legrand a démontré en 25
02:10que quelle que soit la situation douanière, on a la faculté de s'adapter.
02:14Et vous avez vu les résultats qui sont sortis ce matin.
02:16On a une marge de très bon niveau, complètement en ligne avec nos attentes.
02:20Donc on a complètement absorbé cet impact-là.
02:22Sur le développement des data centers, notamment aux Etats-Unis,
02:25il y a des inquiétudes sur les infrastructures énergétiques
02:28avec une sorte de concurrence entre la consommation des individus,
02:33puis les data centers et les entreprises.
02:35On parle même de certains data centers qui ne sont pas reliés à de l'énergie,
02:39qui attendent en fait.
02:40Est-ce que là, vous avez une inquiétude sur le fait que les infrastructures énergétiques
02:43suivent le développement de l'intelligence artificielle ?
02:45Alors ça suivra, je pense.
02:47Ensuite, il y a aujourd'hui des réponses technologiques
02:49pour rendre les data centers plus économes en énergie.
02:52Et Legrand, quasiment la moitié de le cheat-affaire fait dans les data centers
02:55est fait avec des solutions qui permettent de faire de l'économie d'énergie.
02:58Donc je crois que la solution, c'est plus de capacités énergétiques,
03:02aux Etats-Unis et ailleurs.
03:04Elles sont en train d'être construites.
03:07Mais également, avoir des data centers qui soient équipés de solutions
03:09qui les rendent beaucoup moins gourmands.
03:11Mais est-ce qu'on peut avoir un décalage ?
03:12C'est-à-dire qu'à un moment donné, des data centers
03:13qui attendent une centrale nucléaire ?
03:14Bien sûr, mais aujourd'hui, ça dépend des pays.
03:17Mais dans la plupart des pays, vous avez plusieurs mois,
03:19voire plus d'une année d'attente pour pouvoir vous raccorder au réseau.
03:23Mais les capacités, elles vont venir.
03:25Et d'ailleurs, je souligne que ce n'est pas un problème tellement qu'on connaît en France,
03:29puisqu'on exporte un tiers de notre électricité.
03:34Donc aujourd'hui, on a en France une électricité abondante, décarbonée, pas chère,
03:40disponible pour permettre aux data centers de s'implanter.
03:43Mais puisque vous, vous êtes le bout de la chaîne, en fait,
03:44parce que vous arrivez une fois que le data center doit être relié électriquement,
03:48vous n'avez pas d'inquiétude aujourd'hui sur le développement de l'intelligence artificielle
03:52où on a des craintes parfois sur le fait que ça ne déroule pas en termes de ROI ?
03:55Vu que vous, vous êtes la fin de la chaîne, comment vous regardez ça ?
03:57Alors, on n'a pas d'inquiétude du tout sur le marché des data centers.
04:00On a fait quasiment 40% de croissance sur ce marché-là en 2025.
04:03Il va continuer à être galopé très fort en 2026, 2027, 2028.
04:09En ce qui concerne ensuite le sujet de
04:11est-ce qu'on croit fondamentalement à l'intelligence artificielle ?
04:14La réponse est oui.
04:15La réalité, c'est qu'aujourd'hui, les entreprises et les particuliers
04:18utilisent encore très peu l'intelligence artificielle.
04:20Et quand on voit les gains de productivité qu'on peut faire
04:22en codage de software, en fabrication, en services appréhentes, etc.,
04:27et qu'on utilise encore l'intelligence artificielle à peut-être 1% de ses possibilités,
04:31je crois que le plus beau est encore devant nous.
04:32Donc, il y a beaucoup de choses qui vont arriver
04:34et qui demanderont d'avoir des infrastructures digitales pour les supporter.
04:37En France, vous voyez sortir de terre les projets.
04:41On attend 5 data centers.
04:42Ça avait été annoncé l'année dernière.
04:43Je crois qu'on en attend plus que ça.
04:45Mais il y a effectivement des gigaprojets qui arrivent.
04:47Alors nous, vous l'avez dit, on est en bout de cycle.
04:50Nos produits sont installés quelques mois avant l'ouverture des data centers.
04:53Donc, on le verra dans nos comptes en 27, 28, mais pas tout de suite.
04:59Il faut d'abord que les data centers soient construits,
05:01que les permis soient obtenus, que le raccordement au réseau se fasse, etc.
05:03Mais ça va venir et moi, je suis très excité par le potentiel
05:08que je vois en France et en Europe d'ailleurs sur les data centers.
05:11Aujourd'hui, c'est peut-être 20, 25% du marché mondial.
05:14Mais il n'y a aucune raison pour que ce marché-là
05:16ne croise pas à des rythmes très soutenus en Europe.
05:18– Et on est dans une grosse séquence compétitivité entre Anvers
05:21et le sommet qui aura lieu aujourd'hui entre les chefs d'État européens.
05:25Quand je vous entends, je n'ai pas l'impression que vous êtes concerné.
05:28C'est-à-dire que vous, tout se passe bien, vous n'avez pas de…
05:31– Bien sûr, on aimerait plus de simplification.
05:33Il y a eu un grand débat en ce moment sur le MACF,
05:35la taxe cabale aux frontières.
05:36On fait partie de ceux qui disent attention
05:38parce que ça renchérit le coût d'un certain nombre de matières.
05:42Donc, ça renchérit le coût de production.
05:43Donc, ça nous rend moins compétitifs à l'export.
05:45C'est un vrai sujet.
05:45Bon, mais je crois aussi qu'on n'assiste peut-être pas suffisamment
05:50sur les atouts de l'Europe.
05:52Voilà, l'électricité abondante et décarbonée qu'on a en France,
05:56le staff formé et compétent qu'on a en France,
05:59les marchés de destination qui sont importants et significatifs.
06:01Donc, on a aussi des atouts.
06:03Et je comprends parfaitement les industriels qui se sont exprimés hier.
06:06Il faut aussi qu'on fasse, nous, industriels,
06:09parfois aussi preuve d'un peu d'optimisme
06:11et d'un discours parfois aussi positif.
06:13Mais vous avez l'impression qu'on ne regarde pas assez notre compétitivité
06:16en termes d'entreprise et de la manière dont on travaille ?
06:18On en demande trop à l'Europe ?
06:20Non, je pense qu'on a un vrai choc de compétitivité à avoir en Europe.
06:24C'est incontestable.
06:25On est un peu pris en étau entre les pays low cost
06:28et puis nos amis et alliés américains.
06:30Il faut qu'on prenne conscience de ça.
06:33Maintenant, moi, je ne suis pas un pessimiste par nature.
06:35Donc, j'ai l'impression que ce sujet-là, il est de plus en plus pris en compte.
06:38Il faut encore qu'il se déploie dans les politiques publiques.
06:40Prenons l'Europe.
06:41Il y a un certain nombre de choses qui bougent en Europe, de simplification.
06:44Voilà, donc ça va venir.
06:46L'Eurofort commence à être un sujet même à la Banque Centrale Européenne.
06:49Est-ce que pour vous, c'est un problème dans vos comptes ?
06:51Ce n'est pas un problème en ce sens qu'en règle générale, on fabrique là où on vend.
06:55Donc, voilà, on n'a pas de problème de compétitivité.
06:59On exporte de France en Europe, donc au sein de la zone euro.
07:05On fabrique beaucoup aux États-Unis pour les États-Unis.
07:07Donc, on a juste un sujet de conversion.
07:09C'est-à-dire que quand on rapatrie dans nos comptes américains,
07:12qui sont les bays en dollars, ça fait un petit peu moins d'argent.
07:13Mais on n'a pas de problème de compétitivité.
07:15Il y a quelques mois, BFM Business avait révélé que vous aviez été la cible de votre rival suisse ABB,
07:19une approche que le gouvernement français avait bloquée.
07:21Est-ce que c'est une bonne chose d'être considéré par le gouvernement français
07:24comme une entreprise stratégique ?
07:26Ou est-ce que c'est un problème pour de futurs rapprochements ?
07:30C'est un peu du passé, ça c'est un, comme on dit, c'est un cold case.
07:34Le cadavre est un peu dans le placard, là.
07:36Donc, écoutez, nous, si vous voulez, on a un projet extraordinaire
07:40qui est de transformer le petit poussé de Limoges
07:43en un géant mondial de la transition énergétique et digitale.
07:47On est au milieu de ce projet.
07:48Quand on l'a commencé, on faisait 5 milliards d'euros.
07:51Cette année, on va faire 10.
07:52En 2030, on va faire 15.
07:54Et c'est sur ça qu'on se concentre.
07:55C'est comment faire que ce projet,
07:57il soit enthousiasmant pour nos salariés,
07:59il soit enthousiasmant pour nos clients,
08:00il soit enthousiasmant pour nos actionnaires.
08:02Et c'est sur ça qu'on se concentre,
08:03et pas sur les rumeurs d'intérêt des envoies.
08:06Ma question, c'était, est-ce que c'est un problème
08:09d'être considéré comme une entreprise stratégique
08:12et de voir des opérations capitalistiques bloquées ?
08:15Je ne me sens pas complètement concerné par le sujet.
08:18Donc, est-ce que Legrand est stratégique ou pas ?
08:20Ce n'est pas à moi d'en décider.
08:22Est-ce que Legrand est une cible attractive ou pas ?
08:23Ce n'est pas à moi d'en décider.
08:24Moi, mon rôle en tant que directeur général de Legrand,
08:26c'est tracer dans la plaine
08:28et mettre en œuvre mon projet.
08:29Deux acquisitions annoncées aujourd'hui.
08:31Green Fortis, c'est un brésilien,
08:32et Kratos Industries, c'est un américain.
08:34Des cibles, là, à très court terme, ont vu d'autres ?
08:37On en a d'autres.
08:38Vous savez, on a 400 sociétés qu'on regarde régulièrement.
08:42On a fait 7 acquisitions l'année dernière.
08:44On en a déjà annoncé 2 cette année.
08:46Je ne peux pas vous dire s'il y en aura 2 de plus
08:47ou 5 de plus cette année,
08:48parce que quand on discute d'acquisition,
08:51il faut être 2 et tomber d'accord.
08:53Mais il y en aura d'autres,
08:54parce qu'on a beaucoup de discussions en cours.
08:56Merci beaucoup, Benoq Ocard est venu ce matin
08:58dans la matinale de l'économie.
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