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  • il y a 2 jours
Stanislas de Gramont, directeur général du Groupe SEB, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce jeudi 5 mars. Ils sont notamment revenus sur l'impact du conflit au Moyen-Orient sur le groupe, sur les points clés du bilan 2025 ainsi que sur le "Plan Rebond" de l'entreprise, qui vise à réaliser 200 millions d'euros d'économies annuelles récurrentes d'ici la fin de l'année 2027, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien ce matin, c'est Stanislas de Gramont qui est assis sur cette chaise,
00:04directeur général du groupe Seb, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Merci d'être dans la matinale de l'économie.
00:09Seb, c'est 150 pays, c'est 45 sites industriels à travers le monde,
00:14c'est plus de 40 marques.
00:15Tefal, Seb évidemment, Roventa, Moulinex, Krups,
00:18bref c'est un fleuron dans l'industrie française.
00:21On va revenir sur les résultats que vous avez présentés il y a quelques jours,
00:24mais avant tout je voulais vous demander votre avis sur la situation au Moyen-Orient,
00:28de quelle façon vous, le groupe, vous êtes impacté, qu'est-ce que vous surveillez en ce moment ?
00:32Alors cette situation est très volatile ou très chaotique.
00:36L'exposition directe du groupe est de l'ordre de 2% de notre chiffre d'affaires,
00:40moins de 2% du chiffre d'affaires, donc c'est finalement très contenu.
00:43Les effets indirects sont potentiellement multiples.
00:47Le coût de l'énergie, le coût du transport maritime, le coût des matières premières,
00:51bon je pense qu'aujourd'hui c'est très prématuré de conclure.
00:54Nous surveillons la situation avec beaucoup d'attention,
00:56et bien entendu nous nous sommes assurés que nos salariés et les familles soient en sécurité.
01:02C'est effectivement ce que nous disent les entreprises en ce moment,
01:05pour le moment c'est ça qu'on regarde.
01:06Vous avez publié vos résultats il y a quelques jours,
01:09Seb a enregistré des ventes de 8,17 milliards d'euros l'an dernier,
01:12en progression organique de 0,3%, en recul de 1,2% en données publiées.
01:17Vous avez aussi détaillé votre plan rebond,
01:20qui va nécessiter plusieurs centaines de suppressions de postes.
01:25Comment ça va s'organiser tout ça ?
01:27Alors je commence par un commentaire sur les résultats,
01:29et je commence peut-être par notre industrie.
01:31On est dans une industrie magique, où les consommateurs adorent nos produits.
01:35Et c'est l'innovation qui tire la consommation et le développement du marché.
01:39Donc notre hypothèse de départ, c'est que le marché va grandir,
01:43et va grandir grâce à l'innovation.
01:45En ce qui concerne Seb et l'innovation, nous sommes dans un marché concurrentiel,
01:50et nous nous rendons compte que nous devons accélérer notre innovation,
01:54intensifier notre innovation, et accélérer notre déploiement sur les réseaux sociaux.
01:58Par exemple, nous prévoyons d'avoir trois fois plus de visibilité sur les réseaux sociaux
02:02dans les deux ans qui viennent.
02:03Cela passe par des ajustements ou des adaptations organisationnelles,
02:07qui effectivement vont faire l'objet de suppressions de postes.
02:11Toutes ces suppressions de postes en France seront sur la base de départs volontaires.
02:14Pas de départs contrats ?
02:15Pas de départs contrats en France.
02:16Des services particulièrement touchés ?
02:18C'est à peu près toute l'entreprise.
02:19C'est-à-dire que dans le monde d'aujourd'hui,
02:22les entreprises doivent gagner en vitesse, en agilité, en réactivité.
02:27Et donc être plus resserré, être plus compact, être plus centralisé,
02:31aide à faire tout ça.
02:33Il y a évidemment dans cette situation le spectre de la concurrence chinoise.
02:37On va revenir évidemment sur les produits innovants dont vous parliez tout à l'heure,
02:40mais on parlait en début de journal de cette préférence européenne de l'Europe
02:45qui s'organise finalement et qui met en place une sorte de protectionnisme
02:48pour protéger une partie de son industrie.
02:50Vous, votre sentiment, c'est quoi ?
02:52C'est une première marche intéressante ou finalement on ne va pas dans le bon chemin ?
02:56Alors nous sommes un industriel très présent en Europe.
02:59On a plus de 20 usines en Europe, plus de 15 en France.
03:02Et donc nous croyons, dur comme fer, à la production en Europe et à l'industrie en Europe.
03:09Néanmoins, et tout le monde en parle, nous sommes confrontés à des contraintes réglementaires,
03:13à des contraintes normatives, à des contraintes fiscales.
03:16Tout ce qui va dans le sens de réduction de ces contraintes est bienvenu.
03:20Est-ce que ce qui a été annoncé hier est un pas décisif ?
03:23Je pense qu'il faut mettre en place une série de mesures
03:26qui aideront et qui soutiendront les industries européennes
03:30par rapport à la concurrence chinoise, asiatique, mondiale.
03:32Donc tout ce qui permet de lutter contre cette concurrence est bon à prendre ?
03:36Tout ce qui permet de donner à l'industrie européenne une égalité de chance
03:42par rapport aux industries asiatiques ou américaines est bienvenue, bien entendu.
03:46Je lisais dans votre plan que vous vouliez notamment réduire de 30% la mise sur le marché.
03:50C'est quoi ? C'est de la complexité administrative ?
03:52Et comment on s'y prend pour justement baisser ce temps-là ?
03:55Alors on veut accélérer d'un tiers l'arrivée des innovations.
04:00Accélérer d'un tiers l'arrivée des innovations,
04:02c'est être au plus près des équipes de développement
04:05là où les compétences et les technologies sont.
04:08Et nous avons une très forte base en Chine.
04:10Et donc nous voulons nous rapprocher de ça.
04:12C'est se rapprocher des usines,
04:14c'est se rapprocher de l'ensemble des intervenants dans le flux d'innovation.
04:19Ça c'est un premier point.
04:20Et le deuxième point c'est la vitesse de déploiement.
04:22Nous sommes présents dans 5 continents
04:24et déployer un nouveau produit dans 5 continents, 80 marchés,
04:29c'est plus compliqué et plus long que de le faire dans un marché seulement.
04:32On parlait de la concurrence chinoise,
04:33il y a aussi la concurrence américaine, Shark Ninja par exemple,
04:37qui fait des produits, vous avez prononcé le terme tout à l'heure, très désirables.
04:41Comment on s'aligne sur ces produits-là ?
04:44Vous parliez d'innovation, est-ce qu'on fait des produits plus compliqués
04:47ou au contraire des produits plus simples d'utilisation
04:49pour une nouvelle génération qui demande beaucoup ce genre de produits ?
04:53La mission du groupe SEB, c'est simplifier et embellir la vie des gens au quotidien.
04:57Nous on fait ça depuis, j'allais dire, 170 ans.
04:59Et d'ailleurs, nous avons de très gros succès.
05:01Le produit le plus en vogue en ce moment en France,
05:04c'est les aspirateurs laveurs,
05:06sur lesquels nous sommes numéro en France, numéro 2 en Europe.
05:08Et c'est une catégorie de produits sur laquelle nous sommes arrivés
05:12avant certains de nos concurrents.
05:13Maintenant, si vous prenez un peu de recul,
05:15cette industrie a toujours été nourrie par des industriels qui innovaient.
05:20Et chaque fois que nous avons eu des industriels qui innovent,
05:22que ce soit nous ou des concurrents,
05:24cela a stimulé l'industrie.
05:25Donc nous accueillons favorablement
05:27et nous sommes stimulés par une concurrence
05:30qui monte la barre,
05:31qui monte la barre en termes de qualité de vibration,
05:34en termes de vitesse d'innovation.
05:35Et nous sommes bien décidés à tenir notre rang
05:38et à montrer que nous sommes un gros innovateur.
05:43Et nous le sommes.
05:43Vous avez parlé d'aspirateurs lavent.
05:45Est-ce qu'il y a d'autres produits
05:46sur lesquels vous allez porter votre attention
05:49et qui vont pouvoir tirer justement le groupe
05:51dans les années à venir ?
05:52Peut-être dans l'alimentaire ?
05:53Non, alors je vais vous faire un petit conseil de consommatrice.
05:57Vous avez deux produits qui sont formidables en ce moment.
06:00Vous avez un produit qui s'appelle Koukeo Infinity,
06:02qui mélange les fonctions d'un multi-cuiseur,
06:05pression et d'un air fryer.
06:07Et vous avez un produit qui s'appelle Aerosteam,
06:09qui est un défroisseur vapeur
06:10dont la semelle aspire le tissu
06:13de manière à ce que vous ayez la qualité
06:15d'un repassage lorsque vous l'utilisez.
06:16Qu'est-ce que je suis en train de vous dire ?
06:18Je suis en train de vous dire que ce marché
06:20est plein d'opportunités
06:21parce que les consommateurs
06:22ont plein de petits problèmes à régler au quotidien.
06:26Et simplifier, embellir la vie des gens,
06:28c'est tout simplement faire ça
06:29et faire des produits qui font ça.
06:31Et ça passe.
06:31Je vois très très bien effectivement
06:33ce lisseur passer sur les comptes TikTok.
06:36C'est ce que vous allez faire,
06:37répondre aux besoins aussi d'une génération
06:40finalement qui a d'autres besoins.
06:41Et peut-être des besoins plus simples et plus rapides.
06:43C'est exactement ça.
06:44C'est une des transformations de notre industrie.
06:46C'est-à-dire que notre industrie est passée
06:49dans sa relation avec les consommateurs,
06:50une relation très tirée par les réseaux sociaux,
06:53très tirée par les influenceurs.
06:55Et donc nous devons nous adapter,
06:56transformer.
06:57Nous devons même anticiper.
06:58C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:59ce sont les réseaux sociaux,
07:00demain ce seront les moteurs de recherche
07:02d'intelligence artificielle
07:04et après bien je ne sais quoi.
07:06Donc je pense que l'objectif
07:07et l'enjeu d'une entreprise comme Seb,
07:09c'est d'être en permanence en adaptation
07:11par rapport aux tendances produits,
07:14mais aussi aux tendances de relations
07:16entre les marques et les consommateurs
07:18qui évoluent à toute vitesse.
07:19Par rapport aux réseaux sociaux,
07:20on parle ici de social commerce.
07:22Quelle part ça va prendre dans votre chiffre ?
07:25C'est quoi les objectifs d'ici par exemple 2030 ?
07:28Bien malin qu'il peut le dire
07:29puisque les réseaux sociaux,
07:31ça répond favorablement jusqu'ici.
07:33Oui, mais l'univers du commerce en ligne,
07:36il est très multiple.
07:37Vous avez un grand Américain
07:38qui travaille en pure player,
07:41vous avez des places de marché,
07:42vous avez des réseaux sociaux.
07:44Le réseau social auquel tout le monde fait référence
07:48et qui ouvre des boutiques partout dans le monde,
07:50nous sommes numéro un sur ce réseau social en Chine.
07:53Nous avons ouvert 13 boutiques dans le monde,
07:56nous allons en ouvrir 13 autres dans le reste du monde.
07:58L'enjeu pour nous,
07:59ce n'est pas de parier ou présager
08:02de quel va être le succès.
08:03L'enjeu pour nous,
08:04c'est d'être présent,
08:06d'être visible
08:07et d'être désirable sur ces réseaux.
08:09Une dernière question.
08:11Les droits de douane de 15%,
08:13les derniers annoncés,
08:14parce qu'évidemment des annonces,
08:15il y en a eu de multiples,
08:16pourraient entrer en vigueur d'ici peu de temps ?
08:19Vous, au niveau du groupe SEB,
08:21de façon générale,
08:22ces droits de douane décidés par Trump
08:24de façon comme ça,
08:26en fonction de ses humeurs,
08:27ça vous impacte de quelle façon
08:29et ça décide comment de votre stratégie ?
08:31Alors c'est de la volatilité,
08:33c'est de la volatilité.
08:34Il y a une semaine,
08:34on aurait beaucoup parlé de droits de douane
08:36et un peu moins de la situation en Iran.
08:38La réalité, c'est qu'aujourd'hui,
08:40la situation est très instable.
08:42Nous développons nos parts de marché aux Etats-Unis
08:45sur les principales catégories
08:46sur lesquelles nous opérons.
08:48Donc pour le moment,
08:49l'impact est matériel,
08:51puisque ça implique des hausses de prix,
08:52ça implique des modifications,
08:55des perturbations sur la chaîne logistique.
08:57Mais pour le moment,
08:57nous tirons bien notre épingle du jeu.
08:59Quant à ce qui va se passer
09:00dans les trois mois qui viennent
09:01ou dans les trois jours qui viennent
09:02sur les taxes aux Etats-Unis,
09:05nous n'en savons rien.
09:06Il est possible que ça ait changé plusieurs fois.
09:07Voilà.
09:08Merci beaucoup,
09:09Spanislas de Grammont,
09:09directeur général du groupe SEB,
09:11d'avoir été ce matin
09:11dans la matinale de l'économie.
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