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  • il y a 2 jours
Isabelle Van Rycke, présidente d'UPSA, et Béatrice Kosowski, présidente d'IBM France, étaient les invitées de Laure Closier dans Good Morning Business, ce lundi 1er juin. Elles sont revenues sur le suivi des projets sélectionnés pour de l'événement Choose France ainsi que le niveau de l’intégration de l'IA dans les entreprises, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h46 sur BFM Business et sur AMC Live, ce sont deux femmes qu'on reçoit ce matin sur
00:05l'antenne avec nous pour parler de Tchouz France et du suivi des projets.
00:09On est avec Béatrice Kozovski, bonjour, présidente d'IBM France.
00:12On va revenir sur les investissements qui avaient été annoncés en 2024, notamment avec ses 45 millions d'euros autour
00:18du plateau de Saclay.
00:20On va voir où ça en est dans un instant.
00:21Isabelle Vendrick, bonjour, vous êtes la présidente d'UPSA.
00:24UPSA c'est l'effet ralgan, c'est le dafalgan, c'est le fervex.
00:26Je disais en lancement que vous êtes un groupe américain, pas du tout, le capital est japonais, j'avais raté
00:30une opération.
00:32Ce que les gens ne savent peut-être pas, c'est que vous êtes le premier employeur du Lot et
00:36Garonne.
00:362000 salariés chez UPSA, 1900 en France, vous êtes quasiment un groupe français en fait.
00:40Absolument, on a fait le choix de la production en France, donc on emploie en France, on produit en France
00:45100% de nos médicaments.
00:4798% de nos salariés sont en France et on paye également nos impôts en France.
00:52Donc on a fait véritablement le choix de l'ancrage dans le Lot et Garonne depuis 90 ans.
00:58Alors on entend quand même souvent sur le marché du médicament que la France justement c'est compliqué parce que
01:02les prix ne sont pas assez élevés,
01:04qu'il y a des difficultés évidemment sur les impôts de production, sur le coût du travail.
01:08Quand on entend que ce groupe est quasiment français, qu'est-ce que vous répondez, qu'il y a une
01:12mauvaise compréhension du marché ?
01:14C'est un choix, c'est une responsabilité qu'on a prise vraiment d'investir en France parce qu'on
01:20pense qu'on a besoin d'une entreprise, d'une industrie qui soit forte en France
01:23et l'industrie française c'est l'emploi en France et donc on a fait ce choix.
01:28Mais on demande aussi à l'État de prendre ses responsabilités et de reconnaître que produire en France, ce n
01:34'est pas le même prix que produire en Asie.
01:36Donc il faut augmenter le prix du médicament.
01:38Donc on demande effectivement une augmentation du prix du médicament, il faut savoir qu'une boîte de paracétamol aujourd'hui
01:44en France c'est 76 centimes,
01:46on la vend 76 centimes, moins qu'une baguette de pain, donc on demande 10 centimes d'augmentation, de revalorisation
01:53de la boîte de paracétamol en France,
01:55sachant que dès le 1er janvier 2027, 100% de la production du principe actif jusqu'à la distribution sera
02:03faite en France.
02:04Et c'était fait en Chine auparavant, c'est rapatrié de là-bas ou pas ?
02:07Alors le principe actif aujourd'hui provient de la Chine, des Etats-Unis, de l'Inde, mais l'ensemble du
02:14reste du processus de fabrication est fabriqué aujourd'hui dans nos usines à Agin, dans le Lot-et-Garonne.
02:20Béatrice Kozowski, quand je fais des posts sur les réseaux sociaux sur Choose France et que j'annonce les montants
02:25de nos investissements,
02:26tout le monde me répond mais combien d'investissements annulés ?
02:28En fait très peu, il y en a 12 sur l'ensemble des projets qui ont été annulés depuis le
02:32lancement de Choose France il y a 8 ans.
02:34Vous vous aviez annoncé en 2024 donc 45 millions d'euros, c'en est où en termes de déploiement deux
02:39ans plus tard ?
02:40Alors merci pour la question parce que ce n'est vraiment pas notre style d'annuler des investissements que l
02:46'on annonce.
02:47On tient toujours nos promesses.
02:49Si vous vous souvenez, il y a quelques années on avait annoncé l'installation à Saclay pour notre lab qui
02:55a ouvert en 2021.
02:56C'était essentiel parce que l'idée c'était vraiment de se concentrer sur l'IA.
03:01Et puis effectivement en 2024, on a dit on va étendre les missions pour piloter pour la France,
03:08pour la France donc vraiment le cœur du réacteur autour du quantique.
03:12Donc effectivement ces investissements ont eu lieu, principalement je dirais à travers des recrutements.
03:17Là aussi un focus très fort sur les jeunes, de jeunes ingénieurs que l'on a formés nous-mêmes
03:24et qu'on continue de former parce que ça va très très vite.
03:27Je pense que vous avez suivi aussi les dernières annonces qu'on a faites sur le quantique.
03:31On passe maintenant à l'échelle industrielle.
03:34La première fonderie de puces quantiques a été annoncée la semaine dernière.
03:39Donc c'est vraiment une étape clé et notre premier ordinateur quantique
03:44qui va être entre guillemets commercialisable à toutes les entreprises, 2029.
03:48Donc en fait c'est très important.
03:50On a repruté aussi quelques expérimentés.
03:54On n'a pas de problème d'attractivité.
03:56Juste pour vous dire on est le deuxième employeur préféré des jeunes,
03:59des jeunes diplômés, des jeunes étudiants.
04:01Donc ça, ça fait vraiment plaisir de voir cet engouement.
04:05Samedi, on avait notre matinée portes ouvertes dans le cadre de Choose France.
04:10Et vous avez reçu du monde ?
04:11Non mais on a eu vraiment beaucoup de monde.
04:13Et on a eu une diversité de populations.
04:16Ça nous a fait un plaisir incroyable.
04:18Qui se sont intéressés à tous les sujets et en particulier le quantique.
04:23Je peux juste vous dire par exemple, il y a une jeune fille.
04:25Elle est arrivée à 9h.
04:27Elle est partie à midi et demi.
04:28Elle a écouté six fois le topo sur le quantique sans bouger.
04:32Juste, voilà, c'est un exemple.
04:33Et après, elle fait quoi ?
04:34Elle s'inscrit dans une école d'ingénieurs ?
04:36Alors, on va suivre parce qu'en fait, l'an dernier,
04:40on a touché 25 000 étudiants en termes de cours,
04:43d'accompagnement, de projets, etc.
04:45On a beaucoup, beaucoup de demandes des universités
04:48et d'écoles d'ingénieurs, mais pas uniquement sur le sujet.
04:51Donc on essaye d'être très mobilisés
04:52pour accompagner le développement des talents.
04:54Vous avez fait pareil chez Upsa ?
04:55Vous avez ouvert vos portes ce week-end.
04:56Il y a une sorte de tourisme industriel.
04:59Absolument.
04:59On voulait montrer ce qu'était un site pharmaceutique,
05:02un site industriel.
05:04Et on a eu aussi beaucoup de visiteurs
05:06qui sont venus, des gens qui, effectivement,
05:09se demandaient ce qu'il y avait derrière les portes d'une usine.
05:13Et donc, c'est aussi une vraie fierté
05:16de pouvoir justement montrer qu'on peut produire en France.
05:19Parce que ce n'est pas facile de montrer le quantique.
05:20Non, mais il y a...
05:21Mais là, vous, vous avez fait de la démonstration
05:23de fabrication de médicaments.
05:24On a fait de la démonstration, exactement,
05:25de fabrication et de conditionnement de médicaments aussi.
05:28Donc ça, c'est sympa.
05:29Béatrice, juste, sur les 45 millions,
05:31vous avez un planning où vous dites
05:32que c'est 3 millions d'ici temps ?
05:34Il y a un planning de déploiement ou c'est une enveloppe ?
05:36En fait, on avait dit que c'était sur plusieurs années.
05:39Et en fait, on a fait les recrutements.
05:41Après, vous savez qu'il y a une dynamique du marché.
05:43Bon, je vous avoue que nous,
05:44on n'a pas d'attrition quasiment,
05:46enfin, sauf dans le conseil, ce qui est normal.
05:48Donc on a une très bonne fidélité de nos talents
05:51et ça, tant mieux.
05:52Mais non, non, on avait dit que c'était sur plusieurs années,
05:54mais on est allé quand même assez vite.
05:56Alors, ce qui est important,
05:57c'est le lien entre le quantique et l'IA.
05:59Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai,
06:01et à part vous, merci pour ça,
06:03tout le monde ne parle que de l'IA.
06:04Mais il faut imaginer que le quantique
06:07va relever l'IA d'au moins 30% des attentes
06:11que tout le monde a.
06:12Et oui, on va repartir des cas d'usage.
06:14Et ça, c'est vraiment depuis des années
06:16notre vision de l'informatique.
06:18Vous repartez d'un cas d'usage,
06:19la gestion de la fraude,
06:20l'optimisation d'un plan de transport,
06:22le last mile en logistique, par exemple.
06:24Et vous allez regarder
06:25quelles sont les technologies
06:28combinées entre elles
06:29qui vont être les plus pertinentes.
06:30Donc vous avez l'informatique traditionnelle,
06:32mais qui est ultra innovante quand même.
06:34Vous avez l'IA
06:35et vous avez le quantique
06:36qui va résoudre des équations
06:37qu'on ne peut pas résoudre aujourd'hui.
06:39Donc le vrai game changer pour vous,
06:41c'est l'IA ?
06:42Le quantique, dans l'IA en fait.
06:44Et qui en plus va aider
06:45par rapport aux problèmes énergétiques,
06:48aux problèmes économiques.
06:50On voit tous les...
06:51J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt
06:52le débat tout à l'heure
06:53sur les data centers.
06:54Mais il faut bien comprendre
06:55que l'intérêt du quantique,
06:56c'est qu'il est très, très vertueux
06:58sur le plan green.
06:59Il est totalement exponentiel
07:01sur la capacité de calcul,
07:03mais pas du tout
07:03sur le plan de la consommation énergétique.
07:06Donc en fait, c'est un game changer.
07:07Et il faut imaginer
07:09que 30% de toutes les tâches
07:11que l'on attend de l'IA...
07:12On n'a pas encore vu la révolution
07:13qui va venir.
07:14C'est vraiment le tout début.
07:15On parle de cas d'usage justement.
07:17Isabelle Vendrick,
07:18vous travaillez avec
07:19l'intelligence artificielle
07:20dans la recherche.
07:21On voit aussi des espoirs énormes
07:23dans les recherches de médicaments,
07:25dans la manière dont on travaille
07:27dans les laboratoires aujourd'hui.
07:28Absolument.
07:29Je pense que dans toutes les industries,
07:31c'est une véritable opportunité
07:33d'accélérer,
07:35de faire des économies.
07:36Nous, on les utilise même
07:37dans nos usines,
07:39même dans la maintenance.
07:40On utilise aujourd'hui
07:41l'intelligence artificielle.
07:42Je pense que dans tous les métiers,
07:44on a des cas d'usage
07:45d'intelligence artificielle.
07:47Le vrai sujet,
07:48c'est le passage à l'échelle,
07:50l'adoption à l'échelle.
07:50Mais ça arrive, vous nous dites.
07:52Ça arrive.
07:52Vous dites 2029.
07:53Oui, ça c'est pour le quantique,
07:55mais je veux dire pour l'IA.
07:56On travaille beaucoup là-dessus.
07:57Alors d'abord,
07:57on utilise notre laboratoire vivant
07:59parce qu'on a réussi pour nous
08:01à augmenter l'employee engagement
08:04des collaborateurs d'IBM,
08:05la satisfaction client
08:06de 20 points,
08:07tout en utilisant l'IA
08:09vraiment de façon
08:10très très intensive.
08:12Et on a généré
08:134,5 milliards de gains
08:14de productivité.
08:15Ça, c'est intéressant
08:16parce que ça montre
08:17à nos clients
08:18que c'est possible
08:19de passer à l'échelle.
08:20Le plus important,
08:22au-delà d'être technologie,
08:23c'est évidemment
08:23de travailler sur toute
08:24l'adoption,
08:25le changement,
08:25mais c'est aussi
08:26la gouvernance de l'IA.
08:27Et nous, on a beaucoup investi
08:28aussi sur la gouvernance,
08:29c'est-à-dire prévenir des risques,
08:31les sujets de conformité,
08:32les sujets d'éthique.
08:33Et là, par exemple,
08:35l'investissement
08:36qu'on vient d'annoncer
08:36avec Red Hat
08:37de 5 milliards,
08:39c'est pour sécuriser,
08:41dérisquer
08:41tous les risques
08:43de vulnérabilité logicielle,
08:44par exemple,
08:45de l'open source.
08:46Toutes les entreprises
08:47utilisent énormément
08:48l'open source.
08:49Et le fait de faire
08:50ça avec 20 000 ingénieurs
08:51qui vont fournir
08:52à tous les clients
08:53qui utilisent
08:54de l'open source,
08:55en fait,
08:56la façon de dérisquer
08:57et de régler
08:58les problèmes de vulnérabilité.
08:59Il nous reste quelques secondes,
09:00mais vous avez aussi annoncé
09:01un plan de départ
09:02avec des salariés
09:03qui vont devoir partir.
09:05Vous dites,
09:06il ne faut pas se focus
09:07sur ce genre de sujet,
09:08il faut regarder le sujet
09:09de l'emploi
09:10de manière plus générale.
09:11C'est quoi votre vision ?
09:12Oui.
09:12Alors, en fait,
09:13quand on fait des plans de départ,
09:14ce sont toujours
09:15des plans de départ volontaires
09:16qui sont en fait
09:17un accompagnement.
09:18Mais en fait,
09:19très clairement,
09:20je l'ai annulé.
09:21Ah bon ?
09:22Je l'ai annulé
09:22il y a un mois.
09:23Et la raison est très,
09:24très simple.
09:25c'est qu'avec un environnement
09:27qui est incertain
09:28par rapport à certains aspects,
09:30moi, je préfère
09:30prendre le temps
09:31de regarder
09:32par rapport à toutes
09:32les compétences
09:33dont on a besoin,
09:34tout l'investissement
09:35qu'on fait en formation,
09:36l'impact sur les métiers.
09:37Vous vous êtes dit
09:37c'est une connerie, quoi.
09:39Il y a des moments
09:39où je pense qu'il faut
09:41prendre un peu de distance,
09:42respirer.
09:43Je suis ravie
09:43parce que la France
09:44a eu les meilleurs résultats
09:45du monde pour IBM
09:46l'an dernier, quand même.
09:47Donc ça, c'est positif.
09:48Mais il faut accompagner
09:49le mouvement.
09:49Il y a des moments
09:49où je pense qu'il faut
09:50savoir aussi dire
09:51je prends une respiration
09:53et on va retravailler
09:54sur des modélisations
09:55parce que le sujet
09:57est un petit peu mouvant aussi.
09:58Merci beaucoup
09:59à toutes les deux
09:59de vous venir ce matin
09:59dans la matinale
10:00de l'économie.
10:01Béatrice Kozovski
10:02pour IBM France,
10:03Isabelle Von Riech
10:04pour UPSA.
10:04Merci beaucoup.
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