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  • il y a 2 jours
Vendredi 3 juillet 2026, retrouvez Nikolay Marinov (Gérant et analyste financier, Clartan) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00...
00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Et chaque mois, nous avons rendez-vous avec les équipes de Clartan associées pour le décryptage d'un cas d
00:18'investissement.
00:19C'est Nicolas Marinoff qui est à mes côtés ce mois-ci en plateau, gérant chez Clartan bien sûr.
00:24Bonsoir Nicolas.
00:25Bonsoir Grégoire.
00:25Et nous parlons avec vous Nicolas du cas de Bank of Ireland qui est une banque privée, commerciale, irlandaise comme
00:33son nom l'indique.
00:34Vous allez nous expliquer ce qui caractérise Bank of Ireland mais si on fait un peu l'histoire récente de
00:39ces dernières années,
00:41il faut rappeler que Bank of Ireland comme d'autres banques irlandaises par exemple,
00:46fait partie des rescapés de ce qu'on a appelé la grande crise financière, donc la crise des subprimes aux
00:51Etats-Unis, la faillite de Lehman.
00:53Ce moment compliqué évidemment pour le système financier mondial, Bank of Ireland s'en est sorti grâce au sauvetage de
01:00l'Europe.
01:01En effet, nous sommes plutôt sur une valeur qui est capitalisation moyenne.
01:08Il capitalise 17 milliards d'euros avec un peu plus de 4 milliards d'euros de revenus bancaires en 2025.
01:16Donc aujourd'hui, c'est essentiellement une banque domestique présente uniquement sur les îles britanniques,
01:23avec la majorité dans la République d'Irlande, avec une partie de l'activité qui est au Royaume-Uni.
01:31Et en effet, c'est une banque assez ancienne, puisque c'est la plus vieille banque irlandaise en existence,
01:39créée à la fin du 18e siècle.
01:42Puis au cours du 20e siècle, c'était la banque du gouvernement irlandais au tout début de la création de
01:50l'État,
01:50jusqu'à la création de la Banque centrale pendant la Seconde Guerre mondiale.
01:56Et ensuite, ils ont suivi les eaux et les bas de l'économie de l'île,
02:04avec bien sûr les années folles des années 90 et 2000,
02:07et puis l'effondrement de 2008, grave crise économique,
02:12chute du prix de l'immobilier, explosion du chômage.
02:16Et en 2009, comme d'autres banques irlandaises,
02:20ils ont reçu une injection de 7 milliards d'euros de la part de l'État.
02:26De recapitalisation.
02:27Exactement.
02:28Donc le retour à la profitabilité a été lent.
02:32Ils ont retourné au profit, ils ont renoué avec les profits en 2014.
02:39Et l'État s'est désengagé complètement en 2022,
02:43puisqu'ils ont pu obtenir un dividende, un remboursement de leur récapitalisation.
02:50Oui, c'est ça.
02:50Non, mais il a fallu, oui, c'est ça, plus de 10 ans, 13 ans,
02:53pour solder complètement cette crise,
02:55avec la sortie du gouvernement irlandais,
02:59du capital de la Banque of Ireland.
03:02Qu'est-ce qu'on retrouve aujourd'hui,
03:04quasiment 20 ans après cette grande crise financière ?
03:07Vous disiez, c'est une banque domestique, de taille moyenne.
03:10Donc c'est une banque qui est, j'imagine, dont la croissance est guidée avant tout
03:15par les performances de l'économie irlandaise.
03:18C'est ça, Nicolas ?
03:19Oui, tout à fait.
03:21Donc les revenus, si on regarde la répartition,
03:24la moitié, c'est la banque au détail en Irlande,
03:30donc service au particulier.
03:32Vous avez 10% qui sont à la gestion de fortune,
03:3614% générés dans le détail au Royaume-Uni,
03:40et un quart près aux entreprises.
03:44Donc aujourd'hui, c'est une banque qui est plutôt bien capitalisée,
03:48avec une solidité bilancielle,
03:51avec du capital excédentaire,
03:53et une profitabilité assez confortable.
03:56qui génère 11% de retours sur fonds propres en 2025,
04:00ce qui est assez élevé pour Lyon Bank.
04:03Et donc nous considérons qu'il est avantageux pour un investisseur
04:07d'action d'être exposé à l'économie de l'île et Merode,
04:11puisque le taux de croissance est beaucoup plus élevé qu'en zone euro.
04:16Dans les années à venir, l'économie devrait croître de 3% par an,
04:22donc bien au-delà de 1% en Europe.
04:25La dynamique démographique est bien sûr beaucoup plus favorable également.
04:33Donc oui, c'est un titre qui est assez exposé à cette économie.
04:43Oui, c'est ça.
04:43C'est un plaid, comme on dit,
04:45une action qui permet de jouer l'économie irlandaise.
04:48Nicolas, qu'est-ce qu'il faut savoir quand même,
04:51aussi, de l'équilibre et de la composition de cette croissance en Irlande ?
04:56Quand on regarde, ceux qui ont l'habitude de regarder
04:58les chiffres de croissance trimestrielle
05:00publiés par les différents pays de la zone euro,
05:02on a toujours une énorme volatilité de la croissance irlandaise,
05:06parce que c'est une économie qui est aussi très dépendante,
05:09des multinationales qui sont installées,
05:11et du système fiscal qui crée aussi cette volatilité des revenus
05:16pour le gouvernement irlandais.
05:18Est-ce que ça peut impacter ?
05:19Est-ce que ce phénomène de volatilité impacte, par exemple,
05:22l'activité de Bank of Ireland,
05:24ou est-ce qu'ils sont décorrélés de cette volatilité
05:27de la croissance irlandaise ?
05:28Oui, il y a une volatilité en ce qui concerne notamment
05:31les données de produits intérêts bruts,
05:34mais c'est un agrégat macroéconomique qui, pour l'Ilande,
05:39est très volatil,
05:40et on a plutôt tendance à regarder le produit national brut
05:45qui mesure plutôt la richesse créée par les résidents du pays,
05:49et lui qui est beaucoup plus stable dans le temps
05:52et qui est aujourd'hui un tiers inférieur au PIB.
05:56Donc lui, il est beaucoup moins volatil.
06:02Et ensuite, la force de la Banque d'Irlande,
06:07c'est d'être le numéro un, le leader dans les prêts hypothécaires,
06:13puisqu'ils ont 40% de part de marché sur ce produit-là.
06:18Il représente un tiers des dépôts.
06:23En revanche, le risque, c'est évidemment l'immobilier.
06:28Nous considérons que tant que l'économie continue de croître,
06:33les prix ne devraient pas connaître une correction.
06:37Nous sommes dans une situation en Irlande
06:39avec une forte pénurie de logements,
06:43et le rythme n'est pas du tout de la croissance,
06:47ce n'est pas du tout celui des années folles.
06:50Oui, des années folles.
06:50Puisque dans les années 30 et 2000, c'était 7 à 9%.
06:55Aujourd'hui, on est plutôt à 3.
06:58Quelque chose qui reste assez sain du point de vue de la croissance
07:01et notamment avec cette dimension immobilière.
07:03On ne retrouve pas les exagérations, les exubérations,
07:05les exubérances qu'on a pu avoir effectivement
07:07dans les années d'avant la grande crise financière.
07:10Quelle est la stratégie de la banque
07:12pour maintenir son rythme de croissance, de développement ?
07:16Est-ce que c'est une banque qui se développe,
07:19j'allais dire, de manière interne ?
07:22Est-ce qu'il y a de la croissance externe à faire également
07:24dans un marché européen bancaire
07:26qui est plutôt en consolidation aujourd'hui, Nicolas ?
07:30Oui, il se concentre sur le marché domestique
07:35puisqu'il affiche beaucoup de potentiel.
07:38En 2022, ils ont racheté la première boutique indépendante
07:43de gestion de fortune en Irlande qui s'appelle Davy
07:46et qui fait qu'aujourd'hui, la banque d'Irlande
07:50a 60 milliards d'encours sur gestion sur ce métier-là
07:55et c'est un métier qui devrait grossir beaucoup plus
07:59que le reste de l'activité.
08:01La stratégie, c'est le digital, évidemment,
08:04avec les néobanques qui sont toujours pas loin derrière.
08:10Revolut a déjà plus de 3 millions de clients en Irlande.
08:14Cela n'a pas empêché la banque d'Irlande
08:16de croître ses dépôts de 3% par an ces dernières années.
08:20Après, il est tout à fait envisageable
08:22que Revolut lance des prêts hypothécaires
08:25dans les années à venir, ce qu'ils ont toujours reporté.
08:28Et donc, la stratégie, c'est d'investir dans le numérique
08:32et de fluidifier le parcours client.
08:37Se préparer à l'arrivée prochaine de cette concurrence
08:40qui finira par arriver, j'imagine,
08:42sur les prêts immobiliers accordés,
08:44notamment par une banque comme Revolut.
08:47Vous le disiez, aujourd'hui, c'est une banque
08:49qui est bien capitalisée, c'est une banque de taille moyenne.
08:53En termes de valorisation, il y a différentes manières
08:56de mesurer la valorisation d'une banque.
08:58Je ne sais pas quels sont les critères pour vous les plus pertinents.
09:01Qu'est-ce que l'indicateur de valorisation nous dit de la banque ?
09:04Et comment est-ce que chez Clartan,
09:07vous gérez la position ?
09:09Qu'est-ce qui vous intéresse encore
09:10comme moteur de performance pour le titre
09:12Bank of Ireland aujourd'hui ?
09:14Oui, c'est une position que nous avons initiée en début d'année
09:18et que nous avons pu renforcer par la suite.
09:22C'est une société qui est une valeur de fonds de portefeuille
09:29avec une croissance bénéficiaire régulière.
09:32Dans les années à venir, nous considérons que
09:34le premier moteur pour la performance du titre
09:38sera ce qu'on appelle le levier opérationnel,
09:41c'est-à-dire que les revenus vont progresser
09:43beaucoup plus vite que les coûts,
09:45notamment les revenus avec les prêts hypothécaires
09:48qui progressent de 5% par an,
09:51la gestion de fortune qui devrait voir ses encours
09:55progresser de 10% par an à 100 milliards d'euros
09:59puisque non seulement le patrimoine croît
10:01mais également les plans de retraite se développent
10:03puisqu'en Irlande, deux tiers des employés du secteur privé
10:09ne bénéficient pas de plans de retraite avec leurs entreprises.
10:13Par conséquent, il y a une forte demande de solutions particulières.
10:20Les PME également, c'est un vecteur de croissance majeure
10:24puisque le gouvernement a mis en place un plan d'investissement
10:28de 300 milliards d'euros qui devrait soutenir
10:31notamment le secteur du bâtiment et la construction en général.
10:36Mais c'est vraiment la croissance des résultats
10:39qui guide aujourd'hui la performance du titre ?
10:41Oui, on est sur 4% de la croissance des revenus
10:44et les coûts devraient progresser de manière beaucoup plus lente
10:49avec l'effet à météo des agences,
10:52le développement de l'intelligence artificielle,
10:57la réduction des coûts qu'on voit d'ailleurs
10:59dans toutes les banques européennes.
11:02Donc nous sommes plutôt sur une croissance
11:06des bénéfices proches de 10% par an
11:10et nous considérons que la banque devrait générer
11:13un retour sur fonds propres au moins 15% d'ici 3 ans
11:17et la distribution de dividendes est également intéressante
11:21puisqu'ils distribuent autour de 8 à 10% de leur capitalisation
11:28sous forme de dividendes ou rachats d'actions.
11:30Beaucoup d'intérêt effectivement autour du secteur bancaire
11:33et autour de ce cas particulier de Bank of Ireland,
11:36une banque de taille moyenne, domestique, nationale
11:40sur le territoire irlandais et un peu plus largement britannique.
11:43Merci beaucoup Nicolai.
11:44Nicolai Marinov, gérant chez Clartin Associé
11:46qui décryptait pour nous ce cas d'investissement ce soir.
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