- il y a 4 mois
Ce samedi 4 juillet, Hedwige Chevrillon a reçu Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, Augustin de Romanet, président d'Europlace, Patrick Martin, président du Medef, Marie-Ange Debon, PDG du groupe La Poste, et Renaud Muselier, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans l'émission Les Grandes Interviews sur BFM Business, depuis les Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00:00BFM Business et la Tribune présentent les grandes interviews. Edwige Chevriand.
00:00:13Bonjour à tous, bienvenue ici à Aix pour les rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
00:00:19Vous le savez, il y a de nombreuses interviews, de nombreuses personnalités.
00:00:22On va être ensemble pendant une heure et demie avec notamment Patrick Martin, président du MEDEF.
00:00:26Renaud Muselier qui finalement nous accueille quelque part puisqu'il est le président de la région PACA.
00:00:31Je recevrai aussi la nouvelle patronne de La Poste, Marie-Ange Debon, sa première interview parce qu'elle vient de
00:00:35présenter son nouveau plan stratégique.
00:00:37Je recevrai aussi Augustin Dromanet qui est le président d'Europlace.
00:00:40Et puis déjà en studio avec nous, Patrick Pouyannet, le président de TotalEnergie.
00:00:45Bonjour Patrick Pouyannet.
00:00:46Bonjour Edwige.
00:00:47Merci d'être avec nous.
00:00:49Beaucoup de questions à vous poser comme on peut imaginer.
00:00:51On sort d'une table ronde que nous avons animée qui était sur le...
00:00:56Est-ce qu'on va vers une hausse des coûts inexorable ?
00:00:59Hausse des coûts de l'énergie évidemment puisque vous êtes avec nous.
00:01:02Mais j'ai une première question.
00:01:03Est-ce qu'on peut faire un point sur où est-ce qu'on en est dans le détroit d
00:01:07'Hormuz, le fameux détroit d'Hormuz ?
00:01:08Est-ce que vous croyez dans cet accord américain-iranien ?
00:01:12Quelle analyse vous faites d'où vous êtes de la situation actuelle ?
00:01:17Moi je crois à l'accord, c'est-à-dire que je crois profondément que le président des Etats-Unis
00:01:22ne veut plus refaire la guerre avec l'Iran.
00:01:24Il en est sorti.
00:01:25Je pense que les Iraniens se rendent compte qu'eux aussi, pour diverses raisons, ils ont intérêt à restabiliser.
00:01:30Surtout que la carotte qu'on leur a donnée dans l'accord, c'est quand même lever les sanctions, ce
00:01:33qui change beaucoup l'économie d'Iran.
00:01:36Bien sûr il y a des détails à gérer, mais moi je pense que je crois à la dynamique de
00:01:39l'accord.
00:01:39Le détroit d'Hormuz, il se ré-ouvre, ce n'est pas encore complètement fait.
00:01:43Le plus dur en fait, c'est qu'on a pu sortir tous les tankers qui étaient bloqués, on en
00:01:49commence à en ramener.
00:01:50En fait il faut qu'on convainque des armateurs d'avoir confiance, parce que ce que les armateurs nous disent,
00:01:54oui mais est-ce que vous êtes certains qu'on ne peut pas se retrouver bloqués une nouvelle fois ?
00:01:57Moi je pense que la dynamique est positive.
00:01:59Qu'est-ce qui se passe du coup sur les marchés ?
00:02:01En fait c'est que les pays du Golfe avaient continué à produire et ont stocké autant qu'ils pouvaient
00:02:06du pétrole.
00:02:07Et du coup ce pétrole, il faut l'évacuer, ils inondent le marché, ils font des discountes importants, le prix
00:02:13du pétrole baisse.
00:02:14Mais ce qu'on voit aussi en même temps, au même moment, c'est que l'essence, le diesel reste
00:02:19encore élevé.
00:02:20Parce que le pétrole, il va falloir 30-40 jours pour aller dans les raffineries, pour le transformer.
00:02:25Et en fait les stocks d'essence, les stocks de diesel sont très faibles, sont bas.
00:02:29Donc aujourd'hui, on a en fait un produit pétrolier, quand on prend le brut plus le raffinage, ça se
00:02:35vend 95-100 dollars du baril encore.
00:02:37Vous avez dit on est en train d'en ramener, ça veut dire quoi ? Vous êtes en train de
00:02:40refaire venir les tankers ?
00:02:42Aujourd'hui, mes équipes de trailing, les fameuses équipes, c'est elles qui gèrent nos flottes de pétroliers.
00:02:48Elles sont en train de signer des contrats et trouver des armateurs pour ramener des tankers dans le Golfe,
00:02:53pour aller charger du brut en Arabie, au Qatar, en Irak, et de façon à leur ramener vers les raffineries
00:03:00du monde entier,
00:03:01pour que le cycle se réinstalle.
00:03:03Mais il faut juste avoir en tête que les pétroliers, les tankers, ils n'étaient plus autour du Golfe,
00:03:08ils étaient partis en Atlantique, en Brésil, en Afrique, il faut les ramener, donc ça prend du temps.
00:03:14Et puis après, ils sont chargés, et après il y a à peu près 30 à 40 jours pour atteindre
00:03:18la Corée et l'Asie.
00:03:20Donc ça prend un peu de temps tout ça.
00:03:20Pour être sûr d'avoir bien compris, vous voulez dire qu'il va y avoir des tankers qui vont refranchir
00:03:25dans l'autre sens le détroit d'Ormose ?
00:03:26Ah oui, ça a commencé.
00:03:27Ça a commencé ?
00:03:28Ça a commencé.
00:03:28Les tankers reviennent.
00:03:30Écoutez, alors il faut trouver simplement, alors c'est un coût.
00:03:32Est-ce que vous payez ?
00:03:33On ne paye pas l'Iran, on ne paye pas qui que ce soit, ce qu'on paye ce sont
00:03:36les armateurs.
00:03:37Parce que c'est l'offre et la demande.
00:03:38Comme pour aujourd'hui, il n'y a pas assez de tankers qui sont prêts à y aller, et bien
00:03:43ceux qui l'acceptent, les armateurs grecs ou d'autres, ils nous demandent de payer plus cher pour le bateau.
00:03:48Donc c'est le bateau qui coûte plus cher, donc il y a un partage.
00:03:52Mais en même temps, le partage se fait parce que comme de l'autre côté, les pays producteurs, eux, ont
00:03:57des stocks pleins et veulent évacuer leur pétrole, ils font des discounts qui permettent d'absorber, je dirais, le surcoût
00:04:03des tankers pétroliers.
00:04:04Donc vous avez un partage de la marge pétrolière qui est différent, mais qui nous permet, oui, on reprend le
00:04:10chemin.
00:04:11Il faut que le système se réinstalle.
00:04:14Et donc nos équipes font partie, on est la plus grande compagnie internationale au Moyen-Orient.
00:04:19Et donc moi j'ai besoin qu'ils aillent chercher le pétrole qu'on a produit et qu'on a
00:04:23stocké.
00:04:24Il faut qu'ils sortent pour qu'on aille l'envoyer sur les marchés maintenant.
00:04:26Est-ce que ça veut dire, vous avez dit, ce qui est important pour les Iraniens, c'est la levée
00:04:29des sanctions.
00:04:30Ça veut dire que vous pourriez retravailler avec l'Iran, vous, Total Energy ?
00:04:36Aujourd'hui, les sanctions américaines sont levées, les sanctions européennes ne seront pas levées.
00:04:41Donc tant que les sanctions européennes ne seront pas levées, Total Energy doit respecter les sanctions,
00:04:47ce qui veut dire qu'il ne faudrait pas qu'il y ait d'employés européens impliqués, ce qui est
00:04:51un peu compliqué dans notre société.
00:04:54Donc on n'en est pas encore là, mais la volonté, la dynamique de l'accord, si on veut la
00:04:58paix, il va falloir instaurer cette dynamique de l'accord.
00:05:01Alors après, tous les Américains ont mis un système où ils lèvent les sanctions par étapes, qui dépendent du progrès
00:05:08concret des négociations en cours.
00:05:10Mais aujourd'hui, en fait, les Américains ont libéré les sanctions sur le pétrole iranien, donc des pétroliers malais, indonésiens,
00:05:19indiens peuvent aller prendre,
00:05:20et peuvent même payer en dollars, dorénavant, ils n'ont pas le temps d'utiliser les cryptocurrencies ou je ne
00:05:24sais pas quoi.
00:05:25Aujourd'hui, les Américains ont autorisé cela.
00:05:27Est-ce qu'on va faire une évolution à la baisse du prix du pétrole et du brut ?
00:05:32On l'a vu baisser.
00:05:34Oui, on l'a vu remonter.
00:05:35Non, il est autour de 70 dollars.
00:05:38Honnêtement, je l'ai dit, il a baissé très vite parce que justement, on veut évacuer ses stocks.
00:05:44Les pays producteurs sont prêts à faire des discounts, mais d'un autre côté, la marge de raffinage est très
00:05:48élevée.
00:05:49Moi, je pense que le couple qui aujourd'hui est à 95, 90, 100 dollars, qu'on fait la somme
00:05:53des deux, devrait être retombé vers 80 dollars,
00:05:56mais je ne le vois pas tomber plus bas, parce qu'il faut quand même remettre tout ça en ordre
00:05:59et ça va prendre du temps.
00:06:00C'était ça, en fait, la question.
00:06:02Donc, pour les Français, prix de l'essence, prix du diesel, aujourd'hui, ça s'est établi entre 1,80
00:06:07et 1,90.
00:06:08On n'a pas encore tout à fait les prix d'avant la crise.
00:06:11À mon avis, on en a encore jusqu'à la fin de l'année pour voir ce prix à 1
00:06:14,80.
00:06:151,80, c'est mieux que 2,30.
00:06:17Bon, sachant que Total Énergie, c'était 1,99.
00:06:20Donc, on a fait notre travail, nous.
00:06:21Vous avez fait votre travail.
00:06:22Ça vous a coûté combien ?
00:06:23Vous avez dit que ça vous coûtait 200 millions d'euros.
00:06:26J'ai dit 200 millions d'euros au Parlement.
00:06:28Je n'ai pas changé d'envie de vendre des FM.
00:06:30Et d'autant plus que dans l'intervalle...
00:06:31Depuis, vous étiez le 15 juin, votre audition au Parlement.
00:06:34Donc, aujourd'hui, nous sommes un peu plus tard.
00:06:36Nous sommes début juillet.
00:06:37J'ai évalué pour le trimestre.
00:06:39Par ailleurs, depuis, il y a eu l'accord qui est intervenu le 17 juin, si je vous rappelle bien.
00:06:44Au soir, j'étais présent à Versailles.
00:06:46Donc, je l'ai vu, cet accord.
00:06:48Donc, il existe.
00:06:49Et donc, depuis, on a vu le pétrole baisser.
00:06:52Et donc, du coup, le plafond, aujourd'hui, en fait, on le maintient.
00:06:55Là où il est utile, c'est dans toutes les stations rurales de France.
00:06:58Il y a 1 200 stations.
00:07:00Parce que c'est des stations qui consomment peu d'essence.
00:07:03Donc, ils ont des stocks qui ont été achetés à prix cher.
00:07:06Donc, aujourd'hui, on pourrait avoir des stations dans les villes ou aux périphéries à 1,80, 1,90.
00:07:11Et des stations ruelles à 2,20, 2,30.
00:07:13Nous, on a décidé que toutes les stations rurales seraient à 1,99.
00:07:16Et en plus, sur les autoroutes, pour les grands week-ends des vacances, les congés, ça sera aussi à 1
00:07:21,99.
00:07:22Mais du coup, ça me coûte moins.
00:07:23Parce qu'en fait, dans la plupart des stations, dans les 2 000 autres stations non rurales, je dirais,
00:07:28le prix est naturellement, aujourd'hui, en dessous du 1,99.
00:07:31Donc, je n'ai pas de coût en ce moment.
00:07:32Qu'est-ce que vous en avez retiré comme enseignement de cette crise que vous avez vécue, qu'on a
00:07:36tous vécu, évidemment ?
00:07:38Est-ce que ça va changer votre stratégie vis-à-vis du Moyen-Orient ?
00:07:41Est-ce que vous êtes la première compagnie, je crois, pétrolière au Moyen-Orient ?
00:07:47Est-ce que vous allez peut-être vous concentrer sur d'autres, sur le Brésil ?
00:07:52Est-ce que vous allez changer de stratégie ?
00:07:54Non, on ne va pas changer de stratégie.
00:07:55La stratégie, c'est fait pour durer.
00:07:57On a un point fort au Moyen-Orient.
00:07:59On va maintenir notre point fort.
00:08:01Simplement, maintenant, on étudie avec les pays, et on ne va pas qu'étudier,
00:08:04il va falloir investir dans des tuyaux qui permettent de contourner le détroit d'Hormuz.
00:08:08Enfin, le détroit d'Hormuz va se réouvert, mais il nous faut absolument une alternative.
00:08:12D'ailleurs, c'est ce qui fera baisser l'idée de toute tentation d'aller prélever,
00:08:16je ne sais pas quelle fille au détroit d'Hormuz.
00:08:19Il suffit qu'on ait des tuyaux qui contournent pour que le problème soit réglé.
00:08:22Ça fait combien de kilomètres ?
00:08:25Ça dépend, mais à Abu Dhabi, redoubler le tuyau de Fougera, c'est 400 kilomètres.
00:08:30Aller d'Irak en Syrie, c'est 2000 kilomètres.
00:08:33Vous savez, je vais vous raconter une petite histoire, juste un mot.
00:08:36Quand Total Energy a été créé en 1924,
00:08:39on a fait une découverte de pétrole, nos ancêtres, en 1928, en Irak, à Kirkouk.
00:08:43Et nos ancêtres, à l'époque, ils ont construit un tuyau de Kirkouk à Bagnas en Syrie,
00:08:49les fameux 2000 kilomètres, pour que ce pétrole arrive en France à la Mede, à côté de chez nous.
00:08:54À la Mede, c'est sur fosse.
00:08:55Donc, si on a fait ça en 1928 à 1934, on devrait être capable de le faire en 1926.
00:09:02Donc, je pense que cette affaire, on n'en avait pas besoin, on en a besoin, on va le faire.
00:09:05Après, la deuxième leçon stratégique, comme on l'a toujours fait chez nous,
00:09:09oui, il faut diversifier nos sources.
00:09:11C'est fondamental.
00:09:13Nous n'avons pas, même si le Moyen-Orient représentait 15% de mes productions, 15 à 20%,
00:09:17j'ai d'autres productions.
00:09:19Et donc, on a pu assurer l'approvisionnement de la France,
00:09:21parce que maintenant, nous sommes le premier pays producteur de pétrole chez Total Energy,
00:09:25dans notre portefeuille, c'est le Brésil.
00:09:27Et puis, l'Angola, le Nigeria, la Namibie.
00:09:29Et c'est pour ça qu'on continue à investir dans des nouveaux pays.
00:09:31Est-ce que vous voulez investir dans d'autres affineries en France ?
00:09:35Ah non, ça n'a pas des affineries en France.
00:09:36Non, mais ça, ça serait surprenant quand même.
00:09:39Non, mais je ne sais pas, ça pourrait être un des enseignements.
00:09:40Non, parce que...
00:09:41Parce que Total Energy est venue à la station préférée des Français.
00:09:42Non, la question, elle est face à cette là.
00:09:44L'Europe a décidé qu'à partir de 2035, on devait sortir du moteur thermique.
00:09:50Une raffinerie, c'est quand même fait largement pour produire des carburants.
00:09:53Donc, nous, on était plutôt sur le thème,
00:09:54à quel rythme devons-nous faire décroître nos capacités de raffinerie ?
00:09:57On a fait des bioraffineries, puisque l'Europe nous dit utiliser les biocarburants.
00:10:02Les biocarburants, d'ailleurs, sont les grands vainqueurs, à mon avis, de cette crise.
00:10:04On va y penser de plus en plus.
00:10:06J'ai beaucoup de clients que je rencontre même ici.
00:10:08Au passage, la raffinerie de la Mede en Provence est une bioraffinerie et fait du biocarburant.
00:10:13La question qu'on doit se poser maintenant,
00:10:15c'est comment on fait pour assurer la sécurité d'approvisionnement du pays,
00:10:19votre question, et de l'Europe,
00:10:21tout en ayant décidé que le marché va décroître ?
00:10:25Ce n'est pas évident pour moi de maintenir des raffineries en circulation,
00:10:29en fonctionnement, si elles doivent être moins utilisées.
00:10:32Il va falloir qu'on ait un débat,
00:10:33et ça, ça renvoie profondément à quel est le prix de cette souveraineté.
00:10:37Combien les pouvoirs publics, combien la société,
00:10:40est-elle prête à payer pour qu'on maintienne des raffineries qui seront moins utilisées,
00:10:44donc qui seront économiquement moins rentables,
00:10:48alors qu'on va vers l'électrique ?
00:10:50Il va falloir qu'on ouvre le débat,
00:10:51mais c'est le même débat dans toute la transition énergétique,
00:10:54sur payer les capacités disponibles.
00:10:57C'est vrai pour l'électricité aujourd'hui.
00:10:59L'électricité, regardez ce qui s'est passé là,
00:11:02pendant les derniers jours.
00:11:03La canicule, quand il fait très chaud, il n'y a plus de vent.
00:11:07Le soleil, bizarrement, les cellules photofoldaïques fonctionnent moins bien.
00:11:11Bernard Fontana nous a expliqué qu'il a dû réduire 3 ou 4 centrales nucléaires
00:11:14parce que les rivières, on ne peut pas rejeter de l'eau trop chaude.
00:11:19Résultat, il fallait faire fonctionner les centrales à gaz.
00:11:21Heureusement qu'elles sont là, les fameuses centrales à gaz,
00:11:23dont on nous dit qu'elles ne servent à rien.
00:11:24Mais pourquoi elles sont là ?
00:11:25Parce qu'on nous paye une rémunération de capacité.
00:11:29On nous paye pour maintenir ces centrales en fonctionnement.
00:11:32En fait, elles fonctionnent 30% du temps dans l'année.
00:11:35Mais moi, j'ai des équipes qui sont là 100% du temps.
00:11:38Donc, c'est ça qu'il va falloir imaginer.
00:11:39La transition énergétique...
00:11:40Pour les raffineries, c'est ça que vous dites.
00:11:41Hein ?
00:11:42Il faudra la même chose pour les raffineries.
00:11:43Il faudra la même chose pour les raffineries, demain.
00:11:45Oui, d'accord.
00:11:46Donc là, c'est un message envoyé au gouvernement.
00:11:47À tout le monde.
00:11:48La transition énergétique, ça suppose, c'est transition, de construire le système nouveau.
00:11:53Mais comme le système ancien en a encore besoin pendant des années, il va falloir rémunérer le système ancien.
00:11:59Sinon, moi, je ne suis pas payé pour faire tourner les raffineries 30% du temps.
00:12:03Ça, ça ne marche pas, je ne vais pas vous dire.
00:12:04D'accord.
00:12:06Est-ce que, quand je vous disais changement de stratégique, vous n'avez pas complètement répondu à ma question sur
00:12:11le coût pour vous de recréer cette autre voie de passage du Détroit-Dormand ?
00:12:16Non, mais d'abord, ce n'est pas que pour nous.
00:12:19Ça se ferait en partenariat.
00:12:20Les pays prennent ça en main.
00:12:21Un tuyau, je pense, un tuyau comme Kirkouk-Syris, si on parle de 5 à 6 milliards de dollars.
00:12:26C'est énormément d'argent aux gens qui m'écoutent.
00:12:29Dans le monde du pétrole, vu les investissements qu'on y fait chaque année, on peut les trouver.
00:12:33Ça ne sera pas le sujet.
00:12:34Il y aura beaucoup de fonds d'infrastructure qui vont être très heureux de financer ces projets.
00:12:39Et il y a la question aussi du gaz.
00:12:41Parce que du gaz, en fait, on entend un petit peu tout et son contraire.
00:12:43Lorsque j'avais posé la question il y a quelques jours à la patronne d'ENGIE, elle disait non, il
00:12:47n'y a pas d'inquiétude sur le gaz.
00:12:49Et puis en même temps, on nous a dit que les stocks étaient extrêmement bas.
00:12:53Ils n'avaient jamais été aussi bas.
00:12:55Où est-ce qu'on en est, quelle est la situation sur l'approvisionnement en gaz ?
00:12:59Les stocks européens sont effectivement bas, commencent à remonter.
00:13:02Par rapport aux saisons précédentes, on est plutôt bas.
00:13:04Ça peut se comprendre parce que pendant la crise, les prix du gaz sont montés haut.
00:13:10Et il y a une inconnue qui est, en fait, l'inconnue du marché du gaz, c'est à quel
00:13:13rythme le Qatar fournit 20% du gaz naturel des capsules mondiales.
00:13:20Il n'a pas encore redémarré complètement.
00:13:22Donc à quel rythme on va pouvoir produire au Qatar pour réalimenter le marché ?
00:13:25Le pari qu'on fait pas mal d'acteurs, je pense, c'est de se dire si cette crise ne
00:13:29dure pas longtemps, les prix vont être plus bas.
00:13:32Donc on va stocker avec des prix plus bas.
00:13:35On verra.
00:13:39Je pense pas qu'il sera bon marché.
00:13:40Je pense pas qu'il ira très haut non plus.
00:13:42Voilà ce que je peux dire aujourd'hui.
00:13:43Donc juste pour conclure ce chapitre-là, Patrick Poyané, ça veut dire que vous êtes plutôt confiant sur le choc
00:13:48économique qu'on a connu.
00:13:49Vous dites qu'il est derrière nous, en fait, ou pas ?
00:13:52Je pense que oui, je pense qu'honnêtement, je pense que profondément, la Maison-Blanche ne veut pas revenir dans
00:13:59ce conflit et fera tout ce qu'il faut.
00:14:01Je pense qu'il y a un autre acteur qui veut pas de la crise économique, c'est la Chine.
00:14:05La Chine a eu un comportement tout à fait étonnant pendant cette crise.
00:14:08Si le prix du pétrole, vous trouvez qu'il est monté très haut, mais 120 dollars, on aurait pu le
00:14:12voir à 200 dollars, ce que disaient les experts, on l'a pas vu à 200 dollars.
00:14:16Pourquoi ? Parce qu'on a découvert que la Chine a fortement réduit ses importations pour peser sur le prix
00:14:22du pétrole.
00:14:22En fait, le pays qui, en ce moment, fixe le prix du pétrole, c'est largement la Chine, qui importe
00:14:27beaucoup moins.
00:14:28Quand je dis qu'ils importent moins, ils ont importé 35% de moins que l'importation normale.
00:14:33Alors, à quel rythme vont-ils revenir pour leurs importations normales ? Je ne sais pas.
00:14:37Et si on essaye de comprendre la motivation de la Chine, je suis convaincu que c'est parce qu'ils
00:14:41n'ont pas envie d'une économie qui ralentit.
00:14:43C'est un pays exportateur.
00:14:45Et donc, oui, pour l'instant, moi, je pense que la grande crise économique mondiale, moi, je pense qu'on
00:14:49l'a évité.
00:14:50Elle est plutôt derrière nous.
00:14:51Si on regarde, on focus un instant sur l'Europe et sur la France.
00:14:54Il y a un grand plan d'électrification qui a été mené, annoncé en tous les cas par le président
00:14:59de la République et par le Premier ministre.
00:15:01Est-ce que vous vous dites que c'est une bonne chose, même si quelque part s'assit la branche
00:15:05sur laquelle vous êtes assis ?
00:15:08Et puis surtout, c'est que c'est suffisamment compétitif pour faire face aux Américains qui ont un coût de
00:15:17Genel qui est trois fois moins élevé que le nôtre et qui ont des avantages compétitifs énergétiques qui sont très
00:15:23importants.
00:15:23Le grand plan d'électrification, c'est une excellente idée et pour TotalEnergie aussi.
00:15:27Parce que, Edwige, comme vous le savez, ma stratégie, ce n'est pas que du pétrole et du gaz, c
00:15:31'est aussi de l'électricité.
00:15:32On a maintenant un segment électrique qui fait 10% de nos énergies, qui fera 20% dans cinq ans.
00:15:37Donc moi, tout ce qu'on peut faire pour électrifier la demande me convient, y compris en France.
00:15:41En France, on investit dans des énergies renouvelables et des centrales à gaz.
00:15:45Donc électricité égale TotalEnergie, alors moins que pour EDF, moins que pour d'autres, mais on aime bien.
00:15:51Je pense que c'est une bonne idée, c'est une énergie locale.
00:15:53La France a la chance parce qu'il y a eu des gens visionnaires dans les années 70.
00:15:58On a des ancêtres visionnaires qui ont construit un système électrique efficace.
00:16:02C'est un atout de la France.
00:16:03D'ailleurs, vous l'avez vu, pendant la crise, les Français ont bénéficié du prix de l'électricité le plus
00:16:08bas en Europe.
00:16:09Le plus bas.
00:16:10Pourquoi ? Parce qu'en fait, on a un trop-plein.
00:16:12On a une abondance d'électricité.
00:16:14Les centrales nucléaires fonctionnent, mais également beaucoup de renouvelables.
00:16:16Il faut les deux.
00:16:17Il ne faut pas opposer, c'était mon message, gardons tout, continuons.
00:16:21Quand il y a un trop-plein, on maintient le prix bas pour les Français.
00:16:25Et par ailleurs, on exporte sur les pays européens.
00:16:29Les voisins européens payent leur électricité en moyenne 30 euros du mégawatt plus cher.
00:16:34C'est très bien.
00:16:35La France en produit plus.
00:16:37EDF, je pense, a battu des records d'exportation.
00:16:39Très bien pour la balance commerciale française.
00:16:42Donc moi, l'électrification, je souscris.
00:16:44Et ce n'est pas tiré contre toute l'énergie.
00:16:46C'est pour les Français.
00:16:48C'est pour ça que je recommandais au Parlement que dans les milieux ruraux, dans les campagnes,
00:16:53il faut s'équiper de véhicules électriques.
00:16:55Ils ont la capacité de charger chez eux à domicile.
00:16:58Donc, il faut aller vers l'électrification.
00:17:00Il faut aller vers ça à condition de pouvoir financer.
00:17:06Financer sur le véhicule électrique.
00:17:07Il faut créer un marché de l'occasion de l'électrique.
00:17:09Et ça va prendre du temps.
00:17:10Ça, je suis d'accord.
00:17:11Vous avez dit dans ces tables rondes où vous étiez qu'il fallait en quelque sorte que le CO2,
00:17:18tout ce que rapportait en fait le CO2, serve à financer l'industrie.
00:17:23Donc, il fallait que la boucle ne soit pas bouclée.
00:17:25Expliquez-nous.
00:17:26L'Europe s'est caractérisée et différente du reste du monde parce qu'on a l'essenté de mettre un
00:17:30prix sur le CO2.
00:17:32Un industriel qui est émé paye 100 euros, 80 euros la tonne du CO2.
00:17:36Ce qui en soi, je le comprends, c'est un polluant.
00:17:38Et la meilleure façon de lutter contre la pollution, c'est de mettre un prix dessus.
00:17:42Simplement, aujourd'hui, on paye ses taxes et elles partent financer les déficits d'autres natures.
00:17:48Ce que je dis, c'est qu'on me pose la question CO2 et compétitivité de l'industrie industrielle,
00:17:52parce qu'aujourd'hui, on veut opposer les deux.
00:17:54On veut dire, pour que les industries européennes soient compétitives, il faut arrêter de taxer le CO2.
00:17:58Je dis non, il ne faut pas arrêter de taxer le CO2, parce que sinon, les énergies renouvelables et tout
00:18:02ça, vous oubliez.
00:18:03Il faut organiser le circuit pour que l'émetteur paye.
00:18:08Mais lorsqu'il fait des projets pour décarboner, pour baisser ses émissions, ce sont ses taxes qui lui financent ses
00:18:13projets.
00:18:14C'est ça qui manque aujourd'hui.
00:18:15C'est totalement, c'est très important et c'est le moyen de réconcilier compétitivité de nos industries en Europe
00:18:20et taxation du CO2.
00:18:22Alors, à propos de CO2, il y a une semaine totale, elle a été condamnée pour avoir enfreint ses devoirs
00:18:27de vigilance vis-à-vis des émissions de CO2.
00:18:29Première question, est-ce que vous allez faire appel de cette décision ?
00:18:32On n'a pas été condamnés pour avoir enfreint de vigilance.
00:18:35Pardon.
00:18:37Un petit godo.
00:18:38C'était donc il y a quelques jours.
00:18:41On a été condamnés parce que le rapport qu'on a publié, il lui manque un chapitre.
00:18:46Oui, on va faire appel.
00:18:48Vous allez faire appel de cette décision ?
00:18:49Bien sûr.
00:18:49Et pourquoi ?
00:18:50On va faire appel pour deux raisons.
00:18:52Qu'est-ce que vous contestez dans cette décision qui a été prise ?
00:18:53Qui est spécifique à la loi sur le devoir de vigilance.
00:18:56La première, c'est qu'il se trouve que le ministère public avait pris une position très forte.
00:19:01Pas notre instigation, on a découvert cela pendant le procès, a remis un mémoire au début du procès pour dire
00:19:06que le climat n'était pas couvert par cette loi.
00:19:09Pourquoi ? Le juge décide que oui, je pense que ça mérite un jugement par la cour d'appel que
00:19:14de savoir si oui ou non la loi sur le devoir de vigilance couvre le climat.
00:19:20Et le deuxième argument, excusez-moi.
00:19:22C'est la chaleur d'Aix-en-Provence.
00:19:25Le deuxième argument qui est plus important, tout aussi important, c'est que la loi sur le devoir de vigilance
00:19:31avait été rédigée, quand vous prenez les motivations, pour nous obliger à contrôler nos fournisseurs.
00:19:37La fournisseur amont. Or là, le juge dit que ça concerne aussi nos clients.
00:19:42Ce n'est pas seulement pour Total Energy que c'est un problème, c'est pour toutes les entreprises.
00:19:46Quand une entreprise produit des armes, est-ce qu'elle est responsable du fait que ses clients vont utiliser leurs
00:19:53armes pour tuer quelqu'un ?
00:19:54Quand une entreprise produit des barres chocolatées, est-ce qu'elle est responsable du fait que ses clients vont devenir,
00:20:01entre guillemets, obèses ou je ne sais pas quoi ?
00:20:04C'est un vrai sujet. Or, là, le juge répond sur les duchés climat et clients.
00:20:10Nous, on pense, et pas seulement pour Total Energy, que nous devons faire appel, parce que c'est un sujet
00:20:15très important,
00:20:16de savoir dans quel cadre juridique nous opérons en France et les sociétés françaises opèrent.
00:20:21J'espère que le bon sens s'emportera dans cette affaire.
00:20:23– Toute dernière question, Patrick Pouyanné. Vous avez dit, c'est simple, moi, c'est le quoi qu'il en
00:20:29coûte,
00:20:29ou alors je l'arrête si jamais on nous taxe sur les super profits.
00:20:34Est-ce que, si jamais, on a entendu le Premier ministre à Aix-en-Provence dire attention aux entreprises,
00:20:40ne vous inquiétez pas quelque part, il faut défendre l'outil de production.
00:20:43Si c'est quand même le cas, est-ce que ça veut dire que vous quittez la France ?
00:20:47– Non, moi, je ne quitte pas la France, et la France, je l'ai dit, a la chance d
00:20:50'avoir des patrons patriotes,
00:20:51on ne regarde pas cela. Et parce que je suis patriote, je conteste l'idée qu'il faut augmenter les
00:20:55taxes.
00:20:56Je pense que le sujet de la France, c'est la souveraineté.
00:20:58Lorsqu'on parle de souveraineté en France, ce n'est pas en faisant de l'inquisition fiscale.
00:21:02La souveraineté, ça consiste au contraire à être fier des entreprises françaises, à les renforcer,
00:21:07pour renforcer nos entreprises, pour investir, et je ne parle pas que pour les grandes entreprises,
00:21:10je parle pour les PME également.
00:21:12Ce n'est pas en pensant, en piquant dans leur poche, en augmentant les impôts qu'on règle le problème.
00:21:16La France doit développer, on doit plus investir, on doit développer des emplois,
00:21:20donc la réponse fiscale n'est pas la bonne réponse.
00:21:24Et au passage, d'ailleurs, dans le débat, de remarques, les Français ont répondu
00:21:28« On préfère le 1,99 de TotalEnergie que les taxes », et d'ailleurs le gouvernement a dit
00:21:33« Finalement, TotalEnergie est un bon acteur ».
00:21:36Et je pense qu'on parle beaucoup de RSE, je pense profondément que ce que nous avons fait
00:21:40dans cette crise, c'est la mettre en œuvre, la RSE, la responsabilité sociale.
00:21:44Nous avons été responsables vis-à-vis de nos clients, et j'en suis fier comme en suffirent
00:21:48les 35 000 employés de TotalEnergie.
00:21:51Merci beaucoup d'avoir été ici sur BFM Business.
00:21:53Merci beaucoup Patrick Pouyennet, le patron de TotalEnergie.
00:21:56Donc répondez à nos questions, et puis évidemment, je rebondirai là-dessus
00:21:59avec Patrick Martin, le président du MEDEF.
00:22:02On se retrouve tout de suite.
00:22:15On va parler maintenant de la phase financière de Paris, on va parler de l'Europe aussi,
00:22:19comment l'Europe peut s'organiser pour essayer de créer un grand marché de l'épargne.
00:22:23On en parle avec Augustin Dromanet, le président d'Europlace.
00:22:26Bonsoir, c'est l'habitude, pardon.
00:22:29Bonjour, Augustin Dromanet.
00:22:30Bonjour, Edithi.
00:22:30Merci d'être avec nous.
00:22:32Des questions, parce que vous, vous avez circulé ici à Aix-en-Posanf, il y a beaucoup
00:22:36de questions, on a parlé beaucoup d'intelligence artificielle.
00:22:39Vous-même, vous avez écrit une tribune justement sur comment l'Europe peut financer
00:22:44l'investissement dans l'IA.
00:22:47Peut-être une question, est-ce qu'il faut, est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a
00:22:51une prise de conscience ici, que l'Europe doit se bouger ?
00:22:56Oui, il me semble que...
00:22:57Il y a beaucoup de tables rondes autour.
00:22:59Oui, il me semble qu'on est dans un moment particulier où on réalise deux choses.
00:23:04D'abord, je pense qu'on prend totalement conscience du fait que la guerre désormais
00:23:07sera autant économique que militaire.
00:23:10Songez que les Etats-Unis ont échoué militairement en Irak, ils ont échoué militairement
00:23:15en Afghanistan, ils viennent d'échouer militairement en Irak, et en revanche, ils
00:23:20utilisent l'arme du dollar depuis les années 70, ils utilisent l'arme du droit depuis
00:23:25les années 2000, et ils vont utiliser l'arme de l'intelligence artificielle pour essayer
00:23:29de renforcer leur impérialisme.
00:23:32Qu'est-ce que l'Europe réalise aujourd'hui ?
00:23:34Elle réalise que dans le capital investissement pour développer l'intelligence artificielle,
00:23:39les Etats-Unis ont la part du lion.
00:23:41Les trois quarts des investissements sont faits par les Américains.
00:23:44Ils réalisent que la capitalisation boursière de Nvidia, c'est 4 600 milliards de dollars,
00:23:50ce qui est 50% de plus que les trois principales entreprises européennes du domaine, ASML, SAP,
00:23:56Schneider.
00:23:57Donc, on a aujourd'hui une prise de conscience que si nous ne faisons pas l'union de l'épargne
00:24:01et de l'investissement, ce qui, en langage vulgaire, signifie si on n'est pas capable
00:24:05d'introduire en bourse un géant de l'intelligence artificielle comme Anthropik
00:24:09ou OpenAI en Europe, si on n'est pas capable d'avoir un marché boursier européen capable
00:24:15de financer de tels projets industriels, nous allons être relégués en deuxième division
00:24:21de la puissance.
00:24:22Oui, mais la question qui est derrière, vous avez tout à fait raison sur cette analyse,
00:24:26la question c'est comment on finance tout ça ?
00:24:28Comment l'Europe arrive, je ne sais pas, à faire un grand emprunt comme on l'a fait
00:24:31sur la santé pour financer l'IA ?
00:24:33Pour l'instant, on met des, pardonnez-moi cette expression, mais un peu des miettes
00:24:37ici ou là.
00:24:38Alors, l'Europe est en train de réaliser qu'elle a un réservoir d'épargne exceptionnel.
00:24:42Un produit naturel du rapport de Draghi est intéressant, c'est que maintenant, il
00:24:46n'y a plus un économiste qui ignore que chaque année, vous avez 300 milliards de dollars
00:24:50d'épargne qui partent aux Etats-Unis d'épargne des Européens.
00:24:54Je rappelle que les actifs financiers détenus par les Européens, c'est 40 000 milliards
00:24:58d'euros.
00:24:58Et sur ces 40 000 milliards, chaque année, vous avez 1 700 milliards d'épargne.
00:25:02Et sur ces 1 700 milliards d'épargne, vous en avez 300 qui partent ailleurs.
00:25:06Donc, l'Europe est en train de réaliser, avec le double choc démographique qui lui fait
00:25:11réaliser que ces systèmes par répartition ont été utiles parce qu'ils correspondent
00:25:15à un modèle social avec une démographie prospère des années 50, ce système est menacé,
00:25:23voire condamné.
00:25:24Donc, il va falloir faire de la capitalisation.
00:25:26Et ça tombe bien puisqu'on va avoir besoin pour les investissements dans l'intelligence
00:25:31artificielle et assurer notre souveraineté économique d'investir dans des titres d'action,
00:25:36d'entreprise.
00:25:37Et ces titres d'action vont progressivement prendre une valeur qui va financer les retraites
00:25:42de dans 30 ans.
00:25:44– Oui, la capitalisation, c'est un sujet, on en a déjà parlé ici, on en parlera
00:25:49dans un instant avec Patrick Martin, le président du MEDEF. Mais en même temps, on voit bien
00:25:53que les Français sont toujours rétifs. Mais ça bouge et ça a bougé en Allemagne.
00:25:57Pas plus tard qu'il y a quelques jours, le chancelier maire s'a dit qu'il faut mettre
00:26:00des doses de capitalisation. Donc, peut-être que ça va traverser le Rhin.
00:26:03– Oui, sûrement. D'ailleurs, je crois qu'en réalité, le mot capitalisation, lorsqu'il
00:26:07s'applique aux retraites, est bien accepté par l'ensemble des partenaires sociaux.
00:26:11Et d'ailleurs, ils l'ont bien accepté pour la fonction publique, puisque vous avez
00:26:14deux régimes de capitalisation dans la fonction publique. Vous le savez que les primes
00:26:18des fonctionnaires donnent lieu à des cotisations qui sont affectées dans un fonds
00:26:22qui capitalisent. Donc, chacun, contrairement à la répartition, où quand vous payez des
00:26:28cotisations, vous les payez non pas pour vous-même, mais pour les retraités existants,
00:26:31lorsque vous payez des primes sur vos cotisations de primes de fonctionnaires, vous aurez
00:26:35un compte personnel qui vous reviendra lorsque vous liquiderez votre retrait.
00:26:40– Oui. Ça, on voit que c'est le président d'Europlace qui parle. Espérons que vous avez
00:26:43raison, que ça va finir par évoluer. Une question, vous parliez du rapport Draghi.
00:26:48Ça fait quand même deux ans qu'il est... Alors, hier, je faisais un petit peu d'humour
00:26:51en disant d'humour noir, en disant que ça fait deux ans qu'il est dans un placard.
00:26:54Pour l'instant, ça ne débouche sur rien. Idem un tout petit peu pour le rapport
00:26:58d'Enrico Letta sur l'union des marchés des capitaux et de l'épargne.
00:27:01Est-ce que vous, qui travaillez là-dessus, vous avez le sentiment quand même
00:27:04qu'on va y arriver, mais non pas dans trois ans, dans cinq ans, mais relativement court terme ?
00:27:10– On progresse. Le groupe des six de l'Union européenne, qui s'est réuni récemment en Pologne
00:27:16avec les ministres des Finances de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne,
00:27:22d'Espagne et d'Italie, est sur le point de réaliser des coopérations renforcées
00:27:27pour que cette union d'épargne et de l'investissement aille plus vite
00:27:30avec un groupe éventuellement plus réduit.
00:27:32Et moi, à titre personnel, je milite pour qu'on fasse des coopérations très renforcées,
00:27:38voire une consolidation entre le groupe Euronext et la bourse de Francfort.
00:27:43Et nous avons un obstacle qui est que le Land S, qui assure la supervision de la bourse de Francfort,
00:27:50voit cette supervision comme une espèce de droit immémorial dont la remise en cause
00:27:58attendrait à sa dignité.
00:27:59Moi, je pense qu'il faut que la bourse de Francfort accepte, comme toutes les bourses européennes,
00:28:03d'être régulée par l'organisme qu'on appelle l'ESMA, l'organisme de contrôle des marchés européens,
00:28:08et non pas uniquement par l'organisme allemand qui s'appelle la Bafine.
00:28:12Donc, il va falloir pousser pour qu'à terme, un géant européen des nouvelles technologies
00:28:19puisse s'introduire sur un marché boursier européen
00:28:22et puisse aussi rencontrer des fonds d'investissement pan-européens
00:28:26qui seront financés par cette épargne de retraite.
00:28:30Vous l'avez dit, le chancelier MERS vient d'annoncer
00:28:32qu'il prenait exemple sur le fonds suédois qui s'appelle AP7
00:28:36et qui sera un fonds qui sera alimenté par une capitalisation obligatoire
00:28:41de 2% des cotisations salariales à parité entre salariés et employeurs.
00:28:47Le problème, vous le savez même mieux que moi, Augustin Dromanet,
00:28:52c'est qu'il suffit d'en parler à Stéphane Bougenard, le président de Renex,
00:28:56qui a continué à fédérer justement toutes les bourses européennes,
00:29:00enfin la quasi-totalité des bourses européennes,
00:29:02mais ça n'a jamais, ils n'ont jamais pu approcher la Deutsche Bourse,
00:29:06la Bourse à demande.
00:29:07Donc là, on a un vrai blocage, mais qu'est-ce que vous souhaitez ?
00:29:12Un rapprochement d'égo entre les deux ?
00:29:15C'est quoi les schémas envisageables ?
00:29:18Je crois que le schéma envisageable, c'est surtout un schéma qui réfute l'impérialisme.
00:29:23J'ai beau défendre l'attractivité de la place financière de Paris,
00:29:26et Paris est une place très attractive dont on doit défendre le rôle et le rayonnement dans le monde entier,
00:29:32s'agissant de l'Europe, Paris doit être une place d'entraînement,
00:29:34mais pas revendiquer le monopole.
00:29:36Donc moi, je ne suis pas du tout contre le fait que la bourse de Francfort soit prospère.
00:29:39Ce que je dis, c'est qu'il faut que ces bourses se réunissent
00:29:42pour avoir des modalités de prospectus, des modalités d'introduction en bourse,
00:29:47des modalités de cotation,
00:29:48qui fassent que lorsqu'une licorne européenne veut s'introduire en bourse,
00:29:52elle n'aille pas nécessairement aux Etats-Unis.
00:29:54Est-ce qu'on peut avoir des produits d'épargne européens ?
00:29:57Alors, les produits d'épargne européens,
00:29:58le ministre Eric Lombard avait lancé les prodromes d'une espèce de PEA européen il y a un an.
00:30:04Je ne suis pas sûr que les textes d'harmonisation avancent aussi vite que prévu,
00:30:08mais d'ores et déjà, il faut le savoir,
00:30:10dans un PEA français, vous pouvez mettre des titres européens.
00:30:14Est-ce que vous pensez que...
00:30:16Est-ce que vous êtes quand même en confiance sur le fait
00:30:19qu'il y a une prise de conscience au niveau européen
00:30:22qu'il faut aller plus vite ?
00:30:23Alors, au moins dans votre matière, dans la finance.
00:30:25Oui, je pense que cette prise de conscience,
00:30:27elle va nous être apportée par des jeunes générations
00:30:30qui songent au financement de leur retraite.
00:30:33Et ces jeunes générations,
00:30:34elles savent que ce qu'on appelait,
00:30:37de façon un peu triviale,
00:30:38l'ascenseur social, a changé de nature,
00:30:41que désormais, il leur appartient
00:30:42beaucoup plus d'être entrepreneurs
00:30:44que c'était le cas auparavant.
00:30:45La carrière de salarié traditionnel
00:30:47qui vous permettait un cursus honorum
00:30:49dans les années 60 ou 70
00:30:51est d'une manière ou d'une autre remise en cause.
00:30:53Les jeunes sont beaucoup plus entrepreneurs.
00:30:55Ils sont beaucoup plus conscients
00:30:56que le financement de leur retraite sera difficile.
00:30:59Ils investissent beaucoup plus
00:31:00dans les actifs financiers,
00:31:02y compris d'ailleurs des actifs peut-être trop risqués
00:31:04comme les crypto-actifs.
00:31:05Mais je pense que la jeune génération
00:31:07va créer les conditions
00:31:08d'une prise en compte
00:31:11de cette nécessité, d'une part,
00:31:13d'avoir des actifs dynamiques
00:31:16pour financer les retraites,
00:31:17et d'autre part,
00:31:18de localiser en Europe
00:31:20l'épargne pour la transition énergétique
00:31:23et l'innovation technologique en Europe.
00:31:26Merci, Augustin Dromanet.
00:31:27Juste quand même un dernier point.
00:31:29Vous avez écouté Sébastien Lecornu,
00:31:31le Premier ministre,
00:31:32qui a été très applaudi ici.
00:31:33Est-ce que vous trouvez
00:31:34que c'était un discours de président stable ?
00:31:36Alors, écoutez, en ce qui me concerne,
00:31:38je n'étais pas dans la salle,
00:31:39mais j'étais en visio.
00:31:41Mais ce que je peux vous dire,
00:31:42c'est que la lecture qui a été faite
00:31:44par les auditeurs in situ
00:31:45était exactement celle que vous dites.
00:31:47Oui.
00:31:48Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
00:31:50Merci, monsieur Ruyant.
00:31:50C'est donc le président d'Europlace
00:31:52qui, une fois de plus, appelle un vœu.
00:31:54Cette fois-ci, c'est une proposition intéressante
00:31:56du rapprochement entre Deutsche Bourse
00:31:58en tous les cas et Euronex.
00:32:00Merci beaucoup.
00:32:00Dans un instant, c'est donc Patrick Martin,
00:32:02le président du MEDEF,
00:32:03qui est notre invité.
00:32:05Retour ici à Aix-en-Provence
00:32:07où nous sommes en direct
00:32:09avec mon invité Patrick Martin
00:32:10qui est le président du MEDEF.
00:32:12Bonjour Patrick Martin.
00:32:13Bonjour Edwige.
00:32:14Merci d'être là.
00:32:15Vous sortez, tiens,
00:32:16tête à tête avec Sophie Binet,
00:32:18la patronne de la CGT.
00:32:20Malheureusement, je n'ai pas pu écouter,
00:32:21mais en même temps,
00:32:22j'imagine que ça a été
00:32:24et ça a rajouté de la chaleur
00:32:26à la chaleur ambiante, non ?
00:32:28Non, pas un tête-à-tête,
00:32:29une controverse publique.
00:32:32Oui, oui, on a pris acte
00:32:34d'un certain nombre de désaccords,
00:32:36mais également quelques convergences,
00:32:37aussi curieux que ça puisse paraître.
00:32:39On va y revenir,
00:32:40mais je voudrais savoir un peu,
00:32:41vous avez écouté le Premier ministre ici,
00:32:45Sébastien Lecornu,
00:32:46qui a quand même essayé
00:32:46de rassurer les entreprises,
00:32:48les chefs d'entreprise
00:32:49que vous représentez
00:32:50en tant que président du MEDEF.
00:32:52Il a promis
00:32:53qu'il ne fallait pas toucher
00:32:55à l'outil de production.
00:32:56Et vous-même,
00:32:57vous avez sorti
00:32:58votre propre rapport
00:33:00où vous disiez,
00:33:00tiens, nous, on a un projet
00:33:02pour redresser la France.
00:33:04J'ai envie de dire,
00:33:05est-ce que vous avez été convaincu
00:33:06par celui de Sébastien Lecornu,
00:33:08sachant qu'il y a un comité d'alerte,
00:33:10évidemment,
00:33:10sur les finances publiques ?
00:33:11Est-ce que vous l'avez convaincu
00:33:13de votre projet
00:33:15qui prend en compte
00:33:17une partie de capitalisation ?
00:33:19Je vais commencer
00:33:20d'abord par vous remettre
00:33:21un document fondateur
00:33:22et dis-je...
00:33:24Carte sur table, merci.
00:33:25Carte sur table,
00:33:26pourquoi ?
00:33:26Pas pour faire le malin,
00:33:27mais simplement
00:33:28pour vous confirmer
00:33:29que le MEDEF travaille
00:33:30et prend appui
00:33:31sur sa connaissance fine
00:33:33de la situation économique
00:33:35française et internationale.
00:33:37Donc, effectivement,
00:33:38on a produit des propositions
00:33:39pour les budgets 2027,
00:33:41mais au-delà,
00:33:42parce qu'on est convaincu
00:33:43que notre pays
00:33:44a encore les moyens
00:33:44de se redresser.
00:33:46Encore faut-il
00:33:46qu'il le fasse
00:33:47sans porter atteinte plus encore
00:33:49à sa capacité productive.
00:33:50Donc, on entend
00:33:51ce que dit le Premier ministre.
00:33:53On mesure,
00:33:54je mesure parfaitement
00:33:55l'étroitesse
00:33:56de ces marges de manœuvre,
00:33:57que ce soit sur le plan budgétaire
00:33:58ou sur le plan parlementaire,
00:34:00mais on craint toujours,
00:34:02comme ça a été le cas,
00:34:02et malheureusement,
00:34:03ça s'est confirmé l'an passé,
00:34:04on craint que,
00:34:05de nouveau,
00:34:06des mesures soient prises
00:34:07au détriment de l'activité,
00:34:08au détriment de l'investissement
00:34:09et au détriment de l'emploi.
00:34:11Il ne vous a pas rassuré
00:34:12sur ce point-là.
00:34:14Vous êtes comme Patrick Pouyanné,
00:34:15vous attendez de voir
00:34:17le projet de loi de finances ?
00:34:18Absolument,
00:34:19parce que ce n'est pas irrespectueux
00:34:22à l'égard du Premier ministre.
00:34:23Je respecte évidemment
00:34:24l'homme et la fonction.
00:34:26Mais quand Bercy nous dit,
00:34:27quand lui-même dit
00:34:27qu'il n'y aura pas
00:34:28de hausse d'impôt,
00:34:30on a un peu de bouteille.
00:34:31On sait très bien
00:34:32que la remise en cause
00:34:33d'un crédit,
00:34:34le crédit d'impôt recherche,
00:34:35par exemple,
00:34:36ou les aides à l'apprentissage,
00:34:38ce ne sont pas,
00:34:39à proprement parler,
00:34:39des hausses d'impôt,
00:34:40mais à la fin des fins,
00:34:41ça se traduit quand même
00:34:42par une augmentation
00:34:43des prélèvements obligatoires
00:34:44pour nos entreprises
00:34:45au même moment
00:34:46où la bataille économique internationale
00:34:48s'intensifie
00:34:49d'une manière invraisemblable.
00:34:50Je rappelle
00:34:51un milliard de déficit quotidien,
00:34:53un milliard d'euros
00:34:54de déficit quotidien
00:34:55de l'Europe
00:34:56à l'égard de la Chine.
00:34:57Si on a le moindre doute
00:34:58sur la brutalité
00:34:59de cette compétition
00:35:00et on regarde
00:35:01la nécessité
00:35:01de soutenir les entreprises,
00:35:03moi je ne sais plus quoi dire.
00:35:04Est-ce que le chancelier allemand
00:35:05Frédéric Maers
00:35:06qui a annoncé
00:35:07justement des réformes structurelles,
00:35:09qui a annoncé aussi
00:35:10des réformes
00:35:11sur les retraites,
00:35:12sur la capitalisation,
00:35:14est-ce que ça vous fait rêver ?
00:35:16Rêver, non,
00:35:17parce que
00:35:17le chancelier Maers
00:35:19et sa coalition,
00:35:20incluant les socialistes allemands,
00:35:22prennent acte
00:35:23d'une situation économique
00:35:25de l'Allemagne
00:35:26qui est très fragile
00:35:27et dont on ne doit pas
00:35:28se réjouir,
00:35:28nous Français,
00:35:29parce que ça reste
00:35:30notre premier client,
00:35:31l'Allemagne.
00:35:31mais de fait,
00:35:32on voit une forme
00:35:33de lucidité,
00:35:35de courage
00:35:35et de responsabilité
00:35:37dans les annonces
00:35:38de la coalition
00:35:39gouvernementale allemande.
00:35:40C'est ce qu'on appelle
00:35:40de nos voeux en France.
00:35:41Un des grands enjeux,
00:35:42ce sera évidemment
00:35:43autour des cotisations sociales,
00:35:45parce que derrière,
00:35:45c'est les cotisations sociales
00:35:47patronales,
00:35:48des salariés
00:35:49qui financent les retraites.
00:35:50Il faut une baisse
00:35:51du coût du travail.
00:35:52Je ne sais pas si vous avez vu
00:35:53ce rapport de Rexécode
00:35:54qui montre
00:35:55que le coût du travail
00:35:57de la France en Europe
00:35:59reste quand même
00:35:59parmi les plus élevés,
00:36:01même si l'Allemagne
00:36:02est devant nous.
00:36:03est-ce que l'enjeu
00:36:05il est uniquement
00:36:06sur les cotisations sociales
00:36:08pour vous,
00:36:08à vos yeux,
00:36:09en tant que patron du MEDEF ?
00:36:10Cotisations sociales patronales,
00:36:11j'entends.
00:36:12Alors il y a deux sujets,
00:36:13bien évidemment.
00:36:13Il y a le niveau
00:36:14de la protection sociale,
00:36:15les retraites,
00:36:17le chômage,
00:36:18la santé,
00:36:19et puis il y a le financement
00:36:20de la protection sociale.
00:36:21Effectivement,
00:36:21nous on a fait des propositions
00:36:22qui à la fois redistribueraient
00:36:24du pouvoir d'achat
00:36:25aux salariés
00:36:25en salaire net,
00:36:27permettraient à l'État
00:36:27d'économiser
00:36:28rien de moins que
00:36:295 milliards d'euros par an.
00:36:31Là où on nous accable
00:36:32de manière très injuste
00:36:35du fait qu'on recevrait
00:36:36des aides et des cadeaux
00:36:37à tir l'arigot,
00:36:38on rendrait 35 milliards d'euros
00:36:39à l'État
00:36:40et puis malgré tout,
00:36:41à hauteur de 16 milliards d'euros,
00:36:43on redonnerait des marges
00:36:44de compétitivité
00:36:45à nos entreprises.
00:36:46Nous, on met ça
00:36:46dans le panorama
00:36:48sans faire de politique
00:36:49mais parce qu'on est
00:36:50un acteur déterminant
00:36:51de la réussite du pays
00:36:53et on veut remettre
00:36:54les choses en ordre
00:36:54pour que le pays
00:36:55se projette
00:36:56et assure à sa jeunesse
00:36:58un avenir.
00:36:58Le Premier ministre,
00:36:59il a appelé
00:37:00lors de ce discours ici,
00:37:02il a appelé
00:37:02en disant
00:37:03qu'il fallait vraiment
00:37:04que les partenaires sociaux
00:37:06discutent ensemble,
00:37:07qu'il fallait qu'on essaye
00:37:07de franchir
00:37:08cette guerre larvée
00:37:09entre les partenaires sociaux.
00:37:11Est-ce que vous êtes d'accord ?
00:37:12Vous êtes prêt à ça ?
00:37:13Il n'y a pas de guerre larvée.
00:37:15Pour autant, moi, je m'inquiète.
00:37:16Je le dis ainsi,
00:37:17que certaines organisations syndicales
00:37:19fassent dorénavant
00:37:20beaucoup plus de politique
00:37:21que de démocratie sociale.
00:37:23Je donne un exemple.
00:37:24Il y a plus de deux ans
00:37:25dorénavant
00:37:25que j'ai mis sur la table
00:37:26un certain nombre de thèmes
00:37:27pour discussion
00:37:28avec les partenaires sociaux.
00:37:30La jeunesse,
00:37:31le modèle productif,
00:37:32ça veut dire quoi ?
00:37:32Les effets de l'IA,
00:37:34les effets de la démographie,
00:37:35les effets du changement climatique
00:37:37et enfin,
00:37:37le financement
00:37:39de la protection sociale.
00:37:40J'ai lu que Mme Léon
00:37:42était prête dorénavant
00:37:44à traiter de ces sujets
00:37:45avec nous.
00:37:46Si la démocratie sociale
00:37:47n'occupe pas son champ
00:37:49de légitimité,
00:37:50d'autres le feront à sa place.
00:37:51Je ne suis pas sûr
00:37:52que ce soit une bonne option.
00:37:53Mais en même temps,
00:37:54on a le sentiment parfois,
00:37:55enfin, eux ont le sentiment
00:37:57que le MEDEF
00:37:58dit non à tout.
00:37:59Sur l'assurance chômage,
00:38:00sur tout.
00:38:01Mais je viens de vous administrer
00:38:03la preuve contraire.
00:38:03Il y a dorénavant
00:38:04plus de deux ans
00:38:05que j'ai posé ces sujets
00:38:06qui me paraissent
00:38:06qui devraient à tous
00:38:07nous paraître extrêmement fondateurs.
00:38:11Après, je conviens
00:38:12qu'il y a un certain nombre
00:38:13de sujets
00:38:13sur lesquels
00:38:14on est nous
00:38:15en accord
00:38:16avec nos convictions.
00:38:17Ce n'est pas mal
00:38:17d'être en accord
00:38:18avec ces convictions.
00:38:19Mais est-ce que c'est suffisant ?
00:38:20Là où nous avons décidé,
00:38:23non pas pour faire
00:38:24un geste politique,
00:38:25mais parce que ça nous paraît
00:38:26être une nécessité
00:38:27pour garantir
00:38:28les retraites complémentaires
00:38:29dans la durée
00:38:29et de ne pas les revaloriser
00:38:30pour 2026,
00:38:32l'État,
00:38:32un certain nombre
00:38:33de décideurs politiques
00:38:34qui en offent nous disent
00:38:35qu'il faudra traiter
00:38:36le sujet des retraites,
00:38:37non pas désindexer
00:38:38ou même sous-indexer
00:38:40les retraites.
00:38:40On assume nos responsabilités,
00:38:42mais comme je l'ai dit
00:38:42dans un excellent quotidien hier,
00:38:45ce n'est quand même pas à nous
00:38:46de faire le sale boulot
00:38:47systématiquement.
00:38:48Moi, je veux pouvoir discuter...
00:38:50Vous avez le sentiment
00:38:50de faire le sale boulot ?
00:38:53En tout cas,
00:38:53on a le sentiment
00:38:54d'être cohérent
00:38:55et d'être courageux.
00:38:57Mais ce n'est quand même
00:38:58pas aux partenaires sociaux
00:38:59d'être systématiquement
00:39:00cohérents et courageux
00:39:01et singulièrement au MEDEF
00:39:02parce que c'est trop facile
00:39:04après de coller au MEDEF
00:39:05l'étiquette du père la rigueur.
00:39:06Nous, notre objectif,
00:39:07c'est de recréer
00:39:09de la dynamique économique,
00:39:10de créer des emplois,
00:39:11d'innover
00:39:11et de se remettre à niveau
00:39:13dans la compétition mondiale.
00:39:14Patrick Martin,
00:39:15on a le sentiment
00:39:16qu'il y a un peu de tension
00:39:18du côté du camp patronal.
00:39:20Lorsqu'on regarde,
00:39:20il y a le MEDEF,
00:39:22il y a l'UDP
00:39:22et puis les artisans
00:39:24et puis maintenant,
00:39:25il y a les entrepreneurs.
00:39:26C'est comme ça
00:39:26que ça s'appelle la CPME
00:39:28avec son dynamique dirigeant
00:39:30qui a donc décidé
00:39:31de...
00:39:32qui a fait un grand show
00:39:33au Parc des Princes
00:39:33et qui a décidé
00:39:35de lancer à nouveau
00:39:36au mouvement
00:39:37les entrepreneurs.
00:39:37Il prend un peu votre place
00:39:38en fait ?
00:39:39C'est un peu
00:39:40la guerre du patronat ?
00:39:41Écoutez,
00:39:42je ne sais pas
00:39:43si c'est son intention
00:39:43mais en tout cas,
00:39:44ce n'est pas mon sujet.
00:39:45Précisément
00:39:46toutes les circonstances lourdes
00:39:47qu'on vient d'évoquer ensemble
00:39:49imposent au contraire
00:39:50une unité patronale.
00:39:51Moi, mon objectif,
00:39:52ce n'est pas une petite guerre...
00:39:53Quand même,
00:39:53vous n'avez pas l'impression
00:39:54que c'est une petite pierre
00:39:55dans votre jardin ?
00:39:58Je n'y suis pas indifférent
00:40:00mais alors,
00:40:00ce n'est franchement
00:40:01pas ma priorité.
00:40:02D'ailleurs,
00:40:02je dis à mes homologues
00:40:04de l'UDP
00:40:05et de la CPME
00:40:06parce qu'elle s'appelle
00:40:07toujours la CPME
00:40:08statutairement.
00:40:09Je leur dis,
00:40:09écoutez,
00:40:10on a d'autres chats
00:40:11à fouetter en ce moment
00:40:11que de se livrer
00:40:13à des petites querelles
00:40:14intestines.
00:40:15Avez-vous le sentiment ?
00:40:16Comment se portent
00:40:16les entreprises ?
00:40:17Parce qu'il y a deux phénomènes
00:40:19qui sont très forts.
00:40:20D'abord,
00:40:20la canicule.
00:40:21On voit qu'il y a
00:40:21une enquête très intéressante
00:40:24du cabinet CIA
00:40:25qui montre qu'en fait,
00:40:27il y a notamment
00:40:27l'industrie lourde,
00:40:29l'industrie lourde aussi européenne,
00:40:31souffre beaucoup
00:40:32de la canicule
00:40:33et que donc,
00:40:34ça met à l'arrêt,
00:40:35ça détruit les infrastructures.
00:40:36Est-ce que pour vous,
00:40:37c'est un sujet de préoccupation ?
00:40:39C'est un sujet de préoccupation
00:40:40et ce n'est pas d'aujourd'hui.
00:40:42Bien sûr qu'il faut
00:40:43qu'on accélère
00:40:44vers la décarbonation
00:40:46mais il y a tout un volet
00:40:47qui n'a pas été suffisamment
00:40:48pris en compte
00:40:49et qui est celui
00:40:49de la protection en quelque sorte
00:40:51et des ménages
00:40:51et des entreprises.
00:40:52Pourquoi en est-on là ?
00:40:54Moi, je vois bien
00:40:54qu'on vide d'une partie
00:40:56de sa substance
00:40:57le programme France 2030,
00:40:59on vide d'une partie
00:41:00de sa substance financière,
00:41:01le fonds vert,
00:41:03parce qu'on est incapable
00:41:04de gérer nos finances publiques
00:41:06et d'enrayer la dérive
00:41:08invraisemblable
00:41:08des dépenses de fonctionnement.
00:41:10Ça se fait au détriment
00:41:11des investissements d'avenir,
00:41:13singulièrement,
00:41:14contre les aléas climatiques
00:41:16qui deviennent extrêmement lourds.
00:41:17Les assureurs ont chiffré
00:41:18ce que ça pourrait coûter
00:41:19de ne pas se protéger
00:41:21de ces aléas climatiques,
00:41:22c'est par centaines de milliards.
00:41:24Donc économiquement,
00:41:24ça se reboucle.
00:41:25Mais il faut qu'on ait
00:41:26des politiques publiques
00:41:27qui soient cohérentes
00:41:28et qui s'inscrivent
00:41:29dans la durée.
00:41:31Avez-vous le sentiment
00:41:32qu'il y a une nouvelle vague
00:41:34de désindustrialisation
00:41:35qui nous menace
00:41:36au niveau européen,
00:41:38notamment beaucoup l'Allemagne,
00:41:40mais aussi beaucoup la France,
00:41:42parce qu'ils ont fait
00:41:44une révolution technologique
00:41:45que nous n'avons pas encore conduite,
00:41:46notamment dans l'intelligence artificielle,
00:41:48mais pas que,
00:41:49tout le monde le dit,
00:41:50y compris le patron d'EDF,
00:41:52Bernard Fontana,
00:41:53qui dit que c'est sûr
00:41:54qu'ils ont une avance technologique
00:41:56qui est supérieure à la nôtre.
00:41:58Du coup, qu'est-ce qui se passe ?
00:41:59C'est que soit vous avez
00:42:00des transferts technologiques chinois
00:42:01dans nos industries,
00:42:03soit vous avez des rachats,
00:42:05soit il n'y a plus d'industrie,
00:42:06il y a des PME
00:42:07qui mettent la clé sous la porte.
00:42:09Non, je partage évidemment cette analyse.
00:42:11C'est la raison pour laquelle
00:42:12le MEDEF, en tant que tel,
00:42:14et par son organisation
00:42:16européenne Business Europe,
00:42:17est très en flèche
00:42:18sur les enjeux de préférence européenne
00:42:20auprès de la Commission,
00:42:21auprès du Parlement.
00:42:22Mais de manière raisonnée,
00:42:23de manière raisonnée,
00:42:25j'ai rappelé à Sophie Binet tout à l'heure
00:42:26que 20% des emplois français
00:42:28étaient tournés vers l'exportation.
00:42:30Donc, ce n'est pas tout ou rien.
00:42:31Il faut, le temps qu'il faudra,
00:42:33des mesures de protection.
00:42:35Ça vient d'entrer en vigueur
00:42:36pour notre sidérurgie, par exemple.
00:42:38Mais l'essentiel,
00:42:39et c'est le rapport Draghi,
00:42:40auquel le MEDEF a largement contribué,
00:42:42il faut remettre
00:42:43l'économie européenne à niveau.
00:42:45Il faut réorganiser
00:42:46le marché de l'épargne
00:42:47pour flécher l'épargne européenne
00:42:49et française
00:42:50très abondante
00:42:51vers l'investissement productif,
00:42:53l'innovation.
00:42:54Et puis, la mère de toutes les batailles,
00:42:55et vous savez que j'en fais mon leitmotiv,
00:42:58c'est la jeunesse.
00:42:59Il faut qu'on investisse en France
00:43:01beaucoup plus sur les compétences,
00:43:03sur l'orientation,
00:43:04et que, singulièrement,
00:43:05on règle ce scandale français
00:43:07auquel beaucoup sont indifférents,
00:43:09c'est-à-dire un taux de chômage
00:43:10à plus de 20%,
00:43:11il est à 3% en Suisse
00:43:13pour les jeunes,
00:43:13un taux d'emploi à 35%,
00:43:15c'est 51% en Allemagne,
00:43:1675% aux Pays-Bas,
00:43:18et tout le monde s'en fout.
00:43:19Le MEDEF ne s'en fout pas
00:43:20parce que ça règle les problèmes
00:43:21de financement de la protection sociale,
00:43:23de tensions de recrutement,
00:43:25ça règle des problèmes de logement,
00:43:26ça règle tous les problèmes,
00:43:27c'est ça la priorité.
00:43:28De ce point de vue-là,
00:43:29c'est sûr que raboter,
00:43:31sérieusement raboter l'apprentissage
00:43:33a été une grosse erreur, non ?
00:43:34Mais c'est une énorme manerie.
00:43:36C'est une énorme manerie.
00:43:37Moi, je suis très clair,
00:43:38et depuis l'origine,
00:43:39il faut sanctionner durement
00:43:40les fraudes quand elles existent.
00:43:42Il faut faire quelques ajustements
00:43:43quand il y a des effets d'aubaine.
00:43:45Mais ne jetons pas le bébé
00:43:46avec l'eau du bain.
00:43:47La Suisse, j'évoquais le taux de chômage
00:43:49des jeunes en Suisse, 3,2%.
00:43:5170% de chaque classe d'âge
00:43:52passe par l'apprentissage.
00:43:54Des dirigeants de très grandes entreprises
00:43:56suisses, dans la banque,
00:43:57mais dans l'industrie également,
00:43:59sont passés par l'apprentissage.
00:44:00Il faut faire de la jeunesse
00:44:01d'une manière générale,
00:44:02de l'apprentissage,
00:44:04de la réforme des lycées professionnels,
00:44:05une grande cause nationale.
00:44:07Ça réglerait l'essentiel de nos problèmes.
00:44:10Je reviens un instant
00:44:11sur cette vague de désindustrialisation.
00:44:13Qu'est-ce que peut faire l'Europe ?
00:44:14Il y a effectivement
00:44:15la préférence européenne.
00:44:17Encore qu'on en connaît.
00:44:18Les modalités,
00:44:19on ne veut pas dire
00:44:20que ça convienne à tout le monde
00:44:21dans tous les cas,
00:44:22parce que c'est vrai
00:44:22qu'il y a une notion extrêmement large
00:44:24de ce qu'on appelle l'Europe.
00:44:25On va même très très loin.
00:44:27Mais Patrick Martin,
00:44:28est-ce que pour vous,
00:44:29il faut mettre des barrières,
00:44:31un droit de douane,
00:44:32il faut mettre une taxe sur le CO2 ?
00:44:34Qu'est-ce qu'il faut faire, concrètement ?
00:44:36Il faut rétablir des conditions d'équité.
00:44:38Oui, mais c'est quoi ?
00:44:40D'équité concurrentielle,
00:44:40d'équité environnementale,
00:44:41et donc, au cas par cas,
00:44:43mettre des mesures réglementaires,
00:44:44dont douanières,
00:44:45pour, le temps qu'il faudra,
00:44:47rétablir le fameux
00:44:48« level paying field ».
00:44:49Ça n'est pas par hasard
00:44:50que, président le B7,
00:44:52le miroir patronal du G7,
00:44:54je suis arrivé à faire signer
00:44:55une déclaration commune,
00:44:57y compris de la part
00:44:58de nos homologues américains,
00:44:59pour dire,
00:45:00il faut rétablir
00:45:01des règles du jeu
00:45:02loyales,
00:45:03stables,
00:45:04transparentes
00:45:04dans le commerce international.
00:45:06Et ça peut passer,
00:45:07effectivement,
00:45:08temporairement
00:45:08par des mesures de protection,
00:45:09mais ça n'a aucun sens,
00:45:11les mesures de protection,
00:45:12si, en parallèle,
00:45:13on ne réaccélère pas
00:45:14pour se remuscler
00:45:16économiquement
00:45:16et technologiquement.
00:45:17Et quels sont les secteurs
00:45:18qui ont été le plus touchés ?
00:45:19La chimie européenne,
00:45:21on sait que la chimie,
00:45:22aux françaises,
00:45:23elle est laminée.
00:45:24Quels sont les secteurs
00:45:24qui ont été le plus touchés ?
00:45:25Je confirme la chimie
00:45:26en précisant que la chimie,
00:45:27on pense au majeur de la chimie,
00:45:29qui sont affectées.
00:45:30Mais il y a beaucoup de PMI
00:45:31dans la chimie.
00:45:32Énormément.
00:45:32Il y a bien sûr l'automobile.
00:45:34Il y a les énergies renouvelables.
00:45:37Et puis,
00:45:37du côté américain,
00:45:38cette fois-ci,
00:45:39évidemment,
00:45:39tout le secteur du digital,
00:45:41de l'intelligence artificielle.
00:45:42Donc,
00:45:43on est pris en sandwich,
00:45:44pour ne pas dire en étau,
00:45:45entre les Etats-Unis
00:45:46et la Chine,
00:45:47alors que l'Europe,
00:45:48la France ont encore
00:45:49des moyens extraordinaires.
00:45:50Encore faut-il les mobiliser.
00:45:53Allez,
00:45:53pour conclure,
00:45:54quand même,
00:45:55là,
00:45:55vis-à-vis de Sébastien Lecornu,
00:45:57vous allez avoir le Premier ministre,
00:45:58vous allez avoir quoi
00:45:58comme attitude ?
00:45:59D'abord,
00:45:59est-ce qu'il a été intéressé ?
00:46:02Est-ce qu'il a lu ?
00:46:03Est-ce qu'il a fait des commentaires
00:46:05sur votre carte sur table
00:46:06et sur votre plan choc ?
00:46:09Alors,
00:46:10moi,
00:46:10je ne fais pas partie
00:46:10de ceux,
00:46:11de mon point de vue,
00:46:12trop nombreux,
00:46:12qui révèlent la teneur
00:46:14d'échanges confidentiels.
00:46:15Je peux vous dire
00:46:15qu'on a des échanges privés,
00:46:17en tout cas.
00:46:17Je peux vous dire
00:46:18qu'on a une qualité de dialogue
00:46:19tout à fait normale.
00:46:21Est-ce qu'il a lu
00:46:22nos dernières propositions ?
00:46:23Il ne me l'a pas dit,
00:46:24mais je sais que d'autres
00:46:25les ont lues.
00:46:26D'ailleurs,
00:46:26il y a eu,
00:46:26y compris de la part
00:46:27du ministre de l'Économie
00:46:28et des Finances,
00:46:30un commentaire
00:46:30plutôt positif.
00:46:31Ici même,
00:46:32ici même,
00:46:32sur le bateau.
00:46:34Absolument,
00:46:34retraite par capitalisation,
00:46:36il vous a dit oui,
00:46:36le Premier ministre ?
00:46:38Non,
00:46:38mais retraite par capitalisation,
00:46:39moi,
00:46:39mon premier enjeu,
00:46:40c'est de crever les baudruches.
00:46:41Parce que les mêmes
00:46:42qui vocifèrent en disant
00:46:43« moins vivant,
00:46:43il n'y aura pas de retraite
00:46:44par capitalisation »,
00:46:45je pense à certains syndicats,
00:46:47gèrent eux-mêmes
00:46:48les retraites par capitalisation
00:46:49du public.
00:46:50Donc,
00:46:50ne faisons pas
00:46:50une affaire de principe.
00:46:52Ensuite,
00:46:52on voit très bien,
00:46:53notamment pour financer
00:46:55le rebond productif
00:46:56et technologique de l'Europe,
00:46:57qu'on va devoir drainer
00:46:58des capitaux très importants.
00:47:00C'est un moyen de le faire.
00:47:01Ça n'est pas qu'un enjeu
00:47:02de financement des retraites.
00:47:04Ok.
00:47:04Confiant,
00:47:05inquiet pour 2027 ?
00:47:07À ce jour,
00:47:08encore confiant,
00:47:08mais il nous tarde quand même
00:47:09que les candidats
00:47:10sortent du bois
00:47:11il y a encore dix mois,
00:47:12on est peut-être
00:47:12dans la cadence,
00:47:13et prennent ce parti
00:47:14du courage,
00:47:15de la responsabilité.
00:47:17Moi,
00:47:17je pense que nos concitoyens,
00:47:19quoiqu'en disent
00:47:19un certain nombre
00:47:20d'enquêtes d'opinion,
00:47:21mais d'autres disent
00:47:21le contraire,
00:47:22savent que nos régimes sociaux
00:47:23vont voler en éclats,
00:47:25savent que la priorité,
00:47:26c'est le pouvoir d'achat
00:47:27et que pour générer
00:47:28du pouvoir d'achat,
00:47:29il faut de la croissance,
00:47:30il faut de l'investissement,
00:47:31il faut investir
00:47:32sur les compétences.
00:47:33Donc,
00:47:33je crois beaucoup
00:47:34au bon sens des Français.
00:47:35Le bon sens des Français,
00:47:37ça sera votre mot de conclusion.
00:47:38Merci beaucoup,
00:47:38Patrick Martin,
00:47:39président du MEDEF.
00:47:41Dans un instant,
00:47:42c'est la mariage de Bon,
00:47:43la présidente de La Poste
00:47:44qui sera notre invitée.
00:47:46BFM Business et la Tribune
00:47:48présentent
00:47:50Les Grandes Interviews
00:47:52Edwige Chevriand
00:47:59Mon invitée maintenant,
00:48:00je crois que c'est la première fois
00:48:01qu'elle s'exprime
00:48:02en tous les cas
00:48:02en tant que présidente
00:48:04de La Poste.
00:48:05Bonsoir,
00:48:05bonjour,
00:48:06Marie-Ange de Bon.
00:48:06Bonjour Edwige Chevriand.
00:48:07Merci d'être avec nous ici
00:48:09avec cette chaleur.
00:48:12C'était,
00:48:12c'est votre première interview
00:48:13depuis que vous êtes
00:48:15présidente de La Poste.
00:48:16C'est un moment important.
00:48:17Vous étiez venu
00:48:18évidemment auparavant
00:48:19à BFM Business.
00:48:20Une première question
00:48:21parce que là,
00:48:22vous avez une actualité
00:48:22très chargée.
00:48:23Vous venez de présenter
00:48:25votre stratégie.
00:48:27Vous avez mis
00:48:29votre patte
00:48:29sur l'avenir
00:48:30de La Poste
00:48:31puisque vous succédez
00:48:32à Philippe Valle
00:48:32qui avait son propre plan.
00:48:33Vous avez fait un deuxième.
00:48:35Et puis,
00:48:35il y a eu un rapport
00:48:37qui a été
00:48:38parlementaire
00:48:38qui a été fait
00:48:39sur la notion
00:48:40de service public.
00:48:41C'est quoi La Poste
00:48:42aujourd'hui ?
00:48:43Je vous repose la question.
00:48:44C'est quoi La Poste
00:48:45aujourd'hui,
00:48:45Marie-Ange de Bon ?
00:48:46La Poste est une entreprise
00:48:48qui est très aimée
00:48:49des Français,
00:48:50qui est très aimée
00:48:51de ses clients.
00:48:52Ça,
00:48:53c'est les éléments
00:48:53de langage,
00:48:54d'accord.
00:48:54c'est vrai.
00:48:55Je crois que c'est
00:48:56vraiment un capital
00:48:57de confiance
00:48:57que La Poste a.
00:48:58Mais La Poste,
00:48:59c'est ce que je voulais
00:49:00aussi souligner,
00:49:01c'est que La Poste
00:49:01est aussi très mal connue
00:49:02de ses clients
00:49:03puisque peu de gens
00:49:04savent qu'elle est
00:49:0545% internationale,
00:49:08qu'elle est à 75%
00:49:10une entreprise
00:49:10qui travaille
00:49:11avec des clients
00:49:12professionnels
00:49:13alors qu'on est
00:49:14en même temps
00:49:14aussi une marque
00:49:15très grand public.
00:49:17Donc,
00:49:17moi,
00:49:18La Poste d'aujourd'hui,
00:49:19c'est des actifs,
00:49:21ses positions commerciales,
00:49:23le colis,
00:49:24c'est 54%,
00:49:25le courrier,
00:49:26c'est 15%.
00:49:26J'aimerais bien
00:49:26qu'on refasse un peu
00:49:27si vous permettez
00:49:28les chiffres
00:49:29de ce qu'est La Poste
00:49:31aujourd'hui.
00:49:31Là,
00:49:31vous en avez décliné
00:49:32un ou deux
00:49:33parce que c'est vrai
00:49:34qu'il y a une évolution
00:49:35absolument colossale
00:49:36dont on n'a pas forcément
00:49:39mesuré l'ampleur,
00:49:40notamment sur la chute
00:49:41du courrier,
00:49:42l'évolution du colis.
00:49:43Vous pouvez nous faire
00:49:44une petite fiche
00:49:45signalétique sur La Poste ?
00:49:47La Poste,
00:49:47c'est trois grands métiers
00:49:48aujourd'hui.
00:49:49Un grand métier
00:49:51autour de la logistique
00:49:52qui est le courrier
00:49:53et le colis.
00:49:54Le colis,
00:49:54aujourd'hui,
00:49:55c'est 54%
00:49:56avec une grande présence
00:49:57en Europe
00:49:57puisque nous sommes
00:49:58le numéro 2 du colis
00:49:59en Europe,
00:50:00ce qui n'est pas toujours
00:50:01très connu.
00:50:02Numéro 1 en France
00:50:03avec nos trois marques
00:50:04Colissimo,
00:50:05Chronopost,
00:50:05DPD.
00:50:07Ça,
00:50:07c'est un des grands métiers.
00:50:08Le deuxième grand métier,
00:50:10c'est le pôle financier.
00:50:12Là aussi,
00:50:13pas forcément toujours connu.
00:50:14La Banque Postale,
00:50:15bien sûr,
00:50:15mais la CNP
00:50:16qui est dans le périmètre
00:50:17du groupe depuis 2022.
00:50:20Donc,
00:50:20un des très gros assureurs français.
00:50:22L'assureur,
00:50:23par exemple,
00:50:24si vous empruntez
00:50:25un crédit immobilier,
00:50:26l'assurance emprunteur,
00:50:28il y a des grandes chances
00:50:29que ce soit de la CNP.
00:50:30La CNP,
00:50:31c'est un peu
00:50:31vos petits joyaux.
00:50:32C'est ce qui gagne
00:50:33vraiment de l'argent.
00:50:34Oui,
00:50:35parce qu'on a aussi
00:50:36un pôle numérique
00:50:37qui est en croissance
00:50:39avec parfois
00:50:40un outil
00:50:41que beaucoup,
00:50:42beaucoup de Français
00:50:43connaissent,
00:50:43tous ceux qui ont des enfants
00:50:44en collège,
00:50:45Pronote.
00:50:4518 millions
00:50:46d'utilisateurs de Pronote.
00:50:48C'est toutes les notes
00:50:49des collégiens.
00:50:50Voilà,
00:50:50donc La Poste
00:50:51est en effet
00:50:52une entreprise
00:50:53qui s'est beaucoup transformée.
00:50:56Dimension internationale,
00:50:5745%.
00:50:58Donc,
00:50:58le deuxième pays,
00:50:59c'est le Royaume-Uni.
00:51:00On est aussi présent
00:51:01au Brésil,
00:51:02un grand pays pour nous,
00:51:03pour la CNP,
00:51:04mais aussi pour le colis.
00:51:05Donc,
00:51:05une transformation
00:51:06assez significative.
00:51:08Soin d'or,
00:51:09marque grand public,
00:51:10entreprise bien connue
00:51:11des Français.
00:51:12Oui,
00:51:12mais en même temps,
00:51:13on a l'impression
00:51:14que vous,
00:51:15vous venez quand même
00:51:16du privé,
00:51:17mais que votre souhait,
00:51:18c'est que La Poste
00:51:18devienne une entreprise
00:51:19à part entière
00:51:20et non plus un service public.
00:51:21C'est ça,
00:51:22c'est ça l'évolution naturelle
00:51:24de La Poste désormais ?
00:51:25Alors,
00:51:26en fait,
00:51:27les métiers dits concurrentiels
00:51:28de La Poste,
00:51:29ils se sont construits
00:51:29sur ces missions
00:51:30de service public.
00:51:31Donc,
00:51:31ces missions de service public,
00:51:32c'est notre culture,
00:51:34c'est nos gènes,
00:51:35c'est aussi ce qui,
00:51:36en France,
00:51:37fait notre différence.
00:51:38Mais aujourd'hui,
00:51:39c'est vrai que ce sont
00:51:40les activités concurrentielles
00:51:41qui financent
00:51:42les missions
00:51:42de service public.
00:51:43Donc,
00:51:43moi,
00:51:44j'essaye de compter
00:51:45sur nous-mêmes,
00:51:45il faut que les postiers
00:51:47comptent sur eux-mêmes
00:51:47et donc,
00:51:48on développe
00:51:48nos activités concurrentielles
00:51:50pour aussi continuer
00:51:50de financer nos missions
00:51:51de service public
00:51:52qui sont,
00:51:53on le sait,
00:51:53sous-financées par l'État.
00:51:54Oui,
00:51:55sous-financées,
00:51:55on va y revenir
00:51:56parce que justement,
00:51:57c'était une des conclusions
00:51:58de ce rapport rédigé
00:52:00notamment par Jean-René Cazeneuve
00:52:02qui a été publié
00:52:04il y a quelques jours
00:52:05et qui dit
00:52:06qu'il y a un problème
00:52:06de financement
00:52:07parce que l'État
00:52:07ne finance plus justement
00:52:09ces missions
00:52:09de service public.
00:52:10Juste,
00:52:11la chute du courrier,
00:52:11vous pouvez nous rappeler
00:52:12la chute abyssale du courrier.
00:52:15C'est vrai.
00:52:15On était,
00:52:16on faisait 15 milliards
00:52:17de lettres
00:52:18il y a une dizaine d'années,
00:52:20on en fait 5 aujourd'hui
00:52:22donc divisé par 3,
00:52:23c'est très significatif
00:52:24et nous,
00:52:25à l'horizon du plan
00:52:26que vous avez indiqué
00:52:27que j'ai présenté
00:52:28cette semaine
00:52:29qui s'appelle
00:52:29Réussir ensemble,
00:52:31Ambition 2031,
00:52:32on l'envisage à 3 milliards
00:52:33donc encore une baisse.
00:52:35Tous les ans,
00:52:35on perd 10%
00:52:36à peu près de volume
00:52:37ce qui ramenait
00:52:39au chiffre d'affaires
00:52:39est colossal
00:52:40parce que
00:52:41quelle entreprise
00:52:42perd 500 millions
00:52:42de chiffres d'affaires
00:52:43par an ?
00:52:44C'est pour ça
00:52:44que la poste
00:52:45a des grands défis
00:52:46et qu'elle s'est déjà
00:52:47très bien transformée,
00:52:48qu'elle a déjà assumé
00:52:49cette baisse
00:52:50mais qu'on en a encore
00:52:51devant nous.
00:52:52Oui,
00:52:52il y en a encore devant vous,
00:52:53c'est clair.
00:52:53Et puis derrière,
00:52:54la question à la clé,
00:52:55c'est évidemment
00:52:56quel avenir
00:52:56pour le réseau
00:52:58des postes françaises.
00:52:59Il y en a partout,
00:53:00il y en a dans
00:53:00moins de petits villages,
00:53:02il y a ces boîtes jaunes,
00:53:03il y a les bureaux de postes
00:53:05aussi dans des petits bourgs
00:53:08on va dire
00:53:09et en même temps,
00:53:10il y a une logique budgétaire
00:53:12mais il y a aussi
00:53:12une logique politique
00:53:14territoriale,
00:53:15c'est-à-dire que
00:53:15tout le monde est attaché
00:53:16à son bureau de poste.
00:53:1917 000 bureaux de poste.
00:53:20On a 17 000 points de contact
00:53:22mais en fait,
00:53:23qui sont en partie aussi
00:53:23des points en partenariat,
00:53:26en partenariat avec des communes
00:53:28ou en partenariat avec des commerçants.
00:53:30Et c'est un de nos axes de transformation,
00:53:33c'est qu'aujourd'hui,
00:53:35on a commencé à travailler
00:53:36avec 3 500 commerçants
00:53:38avec lesquels nous travaillons
00:53:40et où vous pouvez trouver
00:53:41tous les services postaux
00:53:42chez ces commerçants.
00:53:44Ce qui fait qu'à la fois,
00:53:46vous avez des horaires d'ouverture
00:53:47qui souvent sont plus étendus
00:53:48pour les gens.
00:53:49Une boulangerie qui ouvre
00:53:50à 7 heures du matin,
00:53:51vous pouvez aller chercher
00:53:52votre lettre commandée
00:53:52si elle est partenaire de la poste.
00:53:55C'est aussi un flux additionnel.
00:53:57Vous faisiez référence
00:53:58à des zones plus isolées
00:54:00ou des zones rurales
00:54:01qui perdent des services publics.
00:54:02Nous, nous maintenons le service
00:54:04en faisant des partenariats
00:54:06gagnants-gagnants
00:54:07avec des relais commerçants.
00:54:08Et on tout type,
00:54:09on peut faire une épicerie,
00:54:11on peut faire une boulangerie,
00:54:12on peut faire un pressing,
00:54:13une grande surface.
00:54:14Donc, on a vraiment
00:54:16ce développement de services
00:54:17qui est très tourné vers le client.
00:54:19Mais est-ce que ça permet
00:54:20d'équilibrer votre réseau
00:54:21ou non ?
00:54:22De toute manière,
00:54:22il faudra s'attendre
00:54:23à une restructuration du réseau
00:54:25et une restructuration
00:54:26du nombre de postés.
00:54:28En tous les cas,
00:54:29voilà,
00:54:30est-ce que vous avez
00:54:30votre plan stratégique ?
00:54:32Vous l'avez dit.
00:54:33Alors, on travaille évidemment
00:54:34sur cette transformation.
00:54:35D'abord, on a des départs naturels,
00:54:37bien sûr,
00:54:37des gens qui partent à la retraite.
00:54:39Non remplacés.
00:54:40Non remplacés potentiellement.
00:54:41Mais nous avons aussi,
00:54:42c'est la force de la poste,
00:54:44une grande capacité.
00:54:45Je dis souvent,
00:54:46la poste,
00:54:46c'est le plus grand ascenseur social
00:54:48de France
00:54:48parce qu'on est capable
00:54:50d'organiser des parcours
00:54:51de mobilité.
00:54:52Vous avez des gens
00:54:53qui commencent apprentis.
00:54:54Je faisais une tournée
00:54:57de facteurs hier à Aix.
00:54:59Et je salue
00:55:00la jeune directrice
00:55:01d'établissement
00:55:01qui se marie aujourd'hui.
00:55:03Elle a commencé apprenti.
00:55:04Dix ans après,
00:55:05elle est encadrante
00:55:06avec beaucoup de personnel
00:55:08sous ses ordres.
00:55:09Donc,
00:55:09voilà,
00:55:10cette capacité
00:55:11à faire bouger
00:55:13les personnels,
00:55:14à leur offrir
00:55:14des perspectives de carrière,
00:55:16c'est une grande déforce
00:55:16de la poste.
00:55:17Oui,
00:55:18mais Marie-Ange de Bon,
00:55:18quand même,
00:55:19dans ce plan
00:55:20de restructuration,
00:55:21pardon,
00:55:23j'ai un lapsus,
00:55:23dans ce plan stratégique
00:55:25que vous avez présenté
00:55:26de transformation,
00:55:27vous avez envisagé
00:55:30le nombre
00:55:31de relais de poste,
00:55:32de points de poste
00:55:33de combien
00:55:34à horizon
00:55:34de 2031 ?
00:55:35La loi de 1990
00:55:37dit 17 000 points.
00:55:39On va rester
00:55:40à 17 000 points.
00:55:41Mais par contre,
00:55:42on fera sans doute
00:55:43bouger les catégories.
00:55:44J'essaye aussi
00:55:45d'avoir des partenariats
00:55:46avec d'autres services publics.
00:55:48Nous accueillons
00:55:49dans nos bureaux de poste
00:55:51500 maisons France Service.
00:55:52L'idée,
00:55:53c'est probablement
00:55:54qu'il y en a 2800 en France.
00:55:55Juste 500 sont
00:55:56dans des bureaux de poste.
00:55:58On peut aller plus loin
00:55:59dans ce partenariat
00:56:00entre les France Service
00:56:01et la poste.
00:56:03de faire du partenariat
00:56:05avec les collectivités locales
00:56:06et du partenariat
00:56:07avec les commerçants.
00:56:08Et pour le nombre
00:56:09de postiers ?
00:56:10Le nombre de postiers
00:56:12partent à la retraite
00:56:135 à 6 000 par an.
00:56:15Il y a combien
00:56:16de postiers aujourd'hui ?
00:56:1755 000 facteurs.
00:56:19Oui, facteurs.
00:56:20150 000 personnels
00:56:21du groupe de poste
00:56:22en France,
00:56:23220 000 au total.
00:56:24Oui,
00:56:24et sur ces 55 000 facteurs,
00:56:27il en restera combien
00:56:29en 2031 ?
00:56:30Aujourd'hui,
00:56:31on a 39 000 tournées
00:56:34faites par ces facteurs.
00:56:36Il y a quelques années,
00:56:38on en avait 54 000.
00:56:40Donc vous voyez,
00:56:41la poste s'est déjà
00:56:41beaucoup transformée
00:56:42par le passé.
00:56:43Probablement,
00:56:44on aura encore
00:56:46une baisse de nos tournées.
00:56:48L'objectif,
00:56:48évidemment,
00:56:49c'est aussi de ralentir
00:56:50la baisse du courrier
00:56:50et de l'écrit.
00:56:53On pousse aussi
00:56:54parce que si tout le monde
00:56:55accélère la mutation
00:56:58de l'écrit
00:56:59vers le digital,
00:57:00y compris nos ministères
00:57:01parce que notre premier client,
00:57:02c'est le ministère
00:57:02de l'économie et des finances
00:57:04en France
00:57:05dans les services publics.
00:57:09Si tout est digitalisé
00:57:11et qu'on ne préserve pas
00:57:12l'écrit,
00:57:13l'accélération de la baisse
00:57:14sera plus vite.
00:57:14Mais pour l'instant,
00:57:15nous,
00:57:15on est confiants
00:57:16d'avoir un réseau
00:57:17encore mutualisable
00:57:18à 3 milliards de courriers
00:57:20en 2031.
00:57:21C'est un premier client
00:57:21là.
00:57:22Merci.
00:57:23D'accord.
00:57:23Oui,
00:57:25encore les déclarations
00:57:26des papiers.
00:57:26Ministère de la justice aussi.
00:57:29C'est pour ça que maintenant
00:57:30quand on ouvre sa boîte aux lettres,
00:57:31il n'y a que des mauvaises nouvelles.
00:57:32Non,
00:57:33vous avez aussi
00:57:33des courriers d'entreprise
00:57:34parce que l'entreprise,
00:57:36c'est 95% du courrier,
00:57:38c'est un courrier d'entreprise
00:57:39aujourd'hui.
00:57:40Entreprise
00:57:41ou administration.
00:57:41Marie-Ange de Bon,
00:57:42vous avez présenté,
00:57:43vous en avez dit un mot,
00:57:43mais peut-être
00:57:44que vous pouvez nous dire un peu
00:57:45quelles sont les grandes options
00:57:46stratégiques de votre plan
00:57:48que vous avez présenté
00:57:49il y a quelques jours.
00:57:50C'est vraiment de capitaliser
00:57:52sur tous les atouts
00:57:53de la pause.
00:57:54Vous m'avez donné
00:57:54l'opportunité de les rappeler.
00:57:56Donc nous,
00:57:56on travaille sur un plan
00:57:58où on repart
00:57:58à la conquête client.
00:58:00C'est le premier axe du plan.
00:58:02On a un patrimoine
00:58:03incroyable de clients.
00:58:05Je vous prends
00:58:06la banque par exemple.
00:58:07La banque,
00:58:08nous avons 18 millions
00:58:09de comptes.
00:58:11Sur ces 18 millions
00:58:12de comptes,
00:58:13probablement autour
00:58:14de 8-9 millions
00:58:14sont actifs.
00:58:15Donc on a la possibilité
00:58:18d'être beaucoup plus
00:58:18à la conquête
00:58:19sur ces clients.
00:58:20Donc c'est le premier axe,
00:58:21la satisfaction client.
00:58:22la qualité de service.
00:58:24Évidemment,
00:58:24on travaille sur la performance.
00:58:27Encore une fois,
00:58:28je vous le disais,
00:58:28nos missions de service public,
00:58:29elles sont aujourd'hui
00:58:30financées par les activités
00:58:31concurrentielles.
00:58:32Donc il faut à la fois
00:58:33qu'on soit plus performant
00:58:34sur nos activités concurrentielles
00:58:35et aussi sur nos missions
00:58:36de service public.
00:58:38Et puis,
00:58:38tous les programmes classiques
00:58:40d'une entreprise
00:58:41qui travaille
00:58:42à l'amélioration
00:58:43de sa performance
00:58:44autour des achats,
00:58:45de la réduction
00:58:46de ses foyers de perte,
00:58:47ces processus.
00:58:48et on a 10 milliards
00:58:49d'investissements prévus
00:58:51sur la durée du plan,
00:58:52donc industriel
00:58:53et numérique,
00:58:54nos infrastructures numériques.
00:58:55Donc c'est avec
00:58:56tous ces briques,
00:58:57normalement,
00:58:58qu'on arrivera
00:58:59à notre équation
00:58:59qui est 40 milliards
00:59:00de chiffre d'affaires
00:59:01à l'horizon 2031
00:59:03avec une dette
00:59:05qui sera en réduction.
00:59:06C'est un programme
00:59:07qui est ambitieux
00:59:08mais atteignable.
00:59:09Juste,
00:59:10on va revenir
00:59:10sur la question
00:59:11de la dette
00:59:11et puis aussi
00:59:12de ce que l'État
00:59:12devrait vous financer
00:59:14justement pour ses missions
00:59:14de service public
00:59:15et ne finance pas,
00:59:17enfin finance que partiellement.
00:59:19Sur l'international,
00:59:21vous avez commencé
00:59:21cette interview
00:59:22Marie-Ange de Beau
00:59:23en disant
00:59:23la poste aujourd'hui
00:59:24c'est 45%
00:59:25à l'international.
00:59:26Est-ce que votre ambition
00:59:27c'est de franchir
00:59:28la barre des 50% ?
00:59:30Et où ?
00:59:33Vous avez dit l'Allemagne,
00:59:34vous avez dit l'Angleterre,
00:59:35la Grande-Bretagne ?
00:59:36Alors comme on a de l'ambition
00:59:37en France et internationale,
00:59:38je pense que ça ne se déformera
00:59:40pas de manière
00:59:42très très forte
00:59:43à l'horizon 2031
00:59:44et que la part
00:59:45de l'international
00:59:46aura...
00:59:46Je vais faire croître
00:59:47les deux,
00:59:47c'est ça l'objectif.
00:59:49Mais c'est vrai
00:59:49que dans notre croissance,
00:59:51le colis est un élément
00:59:52de croissance fort
00:59:53notamment parce que
00:59:54se développe beaucoup
00:59:55le hors-domicile
00:59:56que le e-commerce
00:59:58va continuer
00:59:59de se développer.
01:00:00Il est très très développé
01:00:01au Royaume-Uni
01:00:02qui est un très grand pays
01:00:03pour nous.
01:00:03On est un très gros opérateur
01:00:05de colis au Royaume-Uni
01:00:08positif,
01:00:09très rentable.
01:00:11On va continuer
01:00:11de développer
01:00:12le hors-domicile
01:00:13avec les consignes
01:00:14qui donnent pour les clients
01:00:15une souplesse additionnelle
01:00:17d'horaire.
01:00:18Dans plusieurs pays,
01:00:19la Pologne,
01:00:20c'est un grand pays pour nous.
01:00:20On fait un milliard
01:00:21de chiffres d'affaires
01:00:21en Pologne.
01:00:22Donc on va essayer
01:00:23de travailler
01:00:23à la fois notre pilier français,
01:00:25notre pilier colis
01:00:27à l'international
01:00:28et banque finance
01:00:29puisque la CNP
01:00:31est très présente
01:00:31au Brésil par exemple.
01:00:32Acquisition vue ?
01:00:34Aujourd'hui,
01:00:35on est très concentré
01:00:35sur la croissance organique.
01:00:37D'accord.
01:00:37Donc pas tellement d'inquisition.
01:00:39Juste ce rapport
01:00:40dont je parlais
01:00:41des parlementaires,
01:00:42dernière question,
01:00:43en fait c'est pour préparer
01:00:44une nouvelle loi postale
01:00:45qui peut justement
01:00:45remettre en cause
01:00:46ce fameux chiffre
01:00:47des 17 000 points de poste,
01:00:52boîte aux lettres,
01:00:52j'allais dire,
01:00:53au bureau de poste.
01:00:54Est-ce que pour vous,
01:00:56c'est quelle échéance ?
01:00:58Alors une prochaine loi postale,
01:01:00nous on essaye
01:01:01de fonctionner
01:01:02sans trop prendre en compte
01:01:05les calendriers électoraux.
01:01:07Vous avez raison,
01:01:08c'est la prudence.
01:01:09On compte sur nous-mêmes.
01:01:10Donc on n'a pas épuisé
01:01:12la capacité à nous transformer
01:01:13dans le cadre législatif actuel.
01:01:16Donc dans les 2-3 ans qui viennent,
01:01:18je pense qu'on a encore
01:01:18beaucoup de transformations possibles
01:01:20sans avoir besoin
01:01:21d'une loi postale.
01:01:22Et est-ce que l'État
01:01:23peut un jour...
01:01:25Donc il finance en fait
01:01:26une partie justement
01:01:28de ce service public
01:01:30que rend la poste.
01:01:31Oui, alors il faut que je le dise
01:01:33quand même.
01:01:34La première mission
01:01:35qui est sous-financée,
01:01:37c'est la mission
01:01:37en support de la presse écrite
01:01:39puisque nous avons
01:01:41600 millions d'euros
01:01:42de déficit
01:01:44liés à la distribution
01:01:45de la presse écrite.
01:01:47Puis après c'est le service...
01:01:48Et ça, ça va être remis en cause
01:01:49parce que pour la presse,
01:01:50ça sera catastrophique.
01:01:51En tout cas, nous,
01:01:53c'est une charge forte
01:01:54qui pèse...
01:01:55600 millions d'euros,
01:01:56c'est beaucoup, oui.
01:01:56Qui pèse sur la poste
01:01:57et qu'il faut aussi rappeler.
01:01:59Puis on a la mission
01:02:00d'accessibilité bancaire
01:02:01et puis le courrier.
01:02:03Donc notre objectif
01:02:05et notre plan,
01:02:05il est construit
01:02:06sur cette base-là,
01:02:07c'est-à-dire que l'État
01:02:08ne baisse plus ses subventions
01:02:10parce que depuis 3 ans,
01:02:11l'État a baissé ses subventions
01:02:12et qu'on les stabilise.
01:02:13C'est ma ligne rouge
01:02:15absolument clé
01:02:16pour l'équilibre économique
01:02:18de la poste
01:02:19pour les années qui viennent.
01:02:19Oui, ligne rouge,
01:02:20ça veut dire quand même
01:02:21que si les services à la presse,
01:02:22vous pourriez les arrêter ?
01:02:24Non, je pense que...
01:02:24Les arrêter, non,
01:02:25mais en tous les cas...
01:02:26Le rapport transpartisan
01:02:29de Jean-René Cazeneuve
01:02:30et Jacques Berti
01:02:32propose
01:02:32que ça soit financé
01:02:35par d'autres mécanismes
01:02:36que par celui de la poste
01:02:38pour la presse.
01:02:39Nous, on est toujours
01:02:40très motivés
01:02:41à distribuer la presse,
01:02:43mais c'est le déficit
01:02:44qui pèse sur nous.
01:02:46Oui, un peu comme tout le monde.
01:02:47Merci beaucoup
01:02:48d'avoir été avec nous.
01:02:49Merci beaucoup.
01:02:51Debon, pardon,
01:02:51qui est présidente de la poste
01:02:52et qui vient de présenter
01:02:54son point stratégique.
01:02:55Merci beaucoup,
01:02:55Marie-Ange Debon.
01:02:56Merci beaucoup.
01:02:57Tout de suite,
01:02:58mon invité,
01:02:58il s'est déjà installé,
01:03:00c'est Renaud Muselier,
01:03:01le président de la région.
01:03:03PACA,
01:03:03c'est un peu lui
01:03:04qui nous reçoit finalement
01:03:04ici à Aix-en-Provence.
01:03:07Les grandes interviews
01:03:08sur BFM Business.
01:03:13Attention, attention,
01:03:14on y va.
01:03:18Retour ici à Aix-en-Provence
01:03:20où nous avons Renaud Muselier
01:03:21qui est le président
01:03:22de la région Sud
01:03:23qui est avec nous.
01:03:24Bonjour, Renaud Muselier.
01:03:25Bonjour.
01:03:26Merci d'être là.
01:03:27Là, on disait,
01:03:27on est un peu chez vous là quand même.
01:03:29C'est pour ça que vous n'arrêtez pas
01:03:30de faire des médias,
01:03:31de la presse,
01:03:32vous êtes là.
01:03:32Mais en tous les cas,
01:03:34il y a beaucoup de questions.
01:03:35On va prendre un petit coup de froid
01:03:36si vous voulez bien
01:03:38pour commencer.
01:03:39Avec cette canicule,
01:03:40ça nous fera des biens.
01:03:41On en est...
01:03:42C'est un pitaire quand même.
01:03:42Je ne fais pas que des médias.
01:03:44J'ai fait surtout
01:03:45beaucoup de rendez-vous
01:03:47économiques,
01:03:47aussi un peu politiques,
01:03:49mais beaucoup de rendez-vous économiques
01:03:50parce que la région est
01:03:51au-delà des cigales
01:03:52que vous entendez
01:03:53et une certaine chaleur.
01:03:54On se retrouve dans un territoire
01:03:55qui est très industrialisé,
01:03:57très puissant
01:03:58et je travaillais beaucoup
01:03:59et même de bon.
01:03:59On a fait des projets aussi
01:04:01pour la poste
01:04:02dans ce département
01:04:02et dans cette région.
01:04:03Et puis je sais que vous avez rencontré
01:04:05mon premier invité,
01:04:06Patrick Pouyanné,
01:04:06le président de Total Energy
01:04:08qui était avec vous
01:04:09et avec le patron d'EDF.
01:04:11Mais quand je vais prendre
01:04:11un petit coup de froid,
01:04:12ça va nous faire du bien.
01:04:13On peut parler des Jeux olympiques
01:04:15quand même 2030
01:04:16parce que là,
01:04:16c'est compliqué.
01:04:18Est-ce que vous vous y retrouvez ?
01:04:19Est-ce que vous pouvez nous clarifier ?
01:04:20Est-ce qu'au moins,
01:04:21la gouvernance,
01:04:22elle est stable ?
01:04:23Ça va très bien,
01:04:24les Jeux ?
01:04:25Non, ça ne va pas très bien,
01:04:26vous n'allez pas nous raconter ça.
01:04:27Non, mais si, regardez.
01:04:28C'est bien que vous n'êtes pas
01:04:29Éric Sauti.
01:04:30Non, mais que ça soit compliqué
01:04:33et qu'il y ait des problèmes politiques
01:04:34et qui vous font perdre Nice,
01:04:36oui, c'est un désastre.
01:04:37Ça, c'est un désastre.
01:04:38Mais les Jeux olympiques,
01:04:39c'est une dimension internationale majeure
01:04:42pour les Alpes françaises.
01:04:43On a un budget olympique
01:04:46qui a été voté par le Parlement français
01:04:47et qui a été voté
01:04:48par les régions françaises.
01:04:49On a une gouvernance
01:04:50à l'intérieur du Dijop,
01:04:53c'est-à-dire l'interministériel
01:04:55pour avoir les budgets,
01:04:57les jeux les moins chers
01:04:58de l'histoire des Jeux.
01:04:58C'est fait.
01:04:59Une Solideo
01:05:00qui fabrique avec un budget
01:05:02les outils pour être livrés.
01:05:04C'est fait.
01:05:05On a un conjot
01:05:06où il y a eu des turbulences.
01:05:07Oui.
01:05:08Mais tout le reste a fonctionné.
01:05:09Et nous avions dit
01:05:10que nous présentions fin juin.
01:05:12Il y avait le choix des sites.
01:05:14Ça a été compliqué.
01:05:15Oui, mais ça a été compliqué
01:05:17parce que,
01:05:18on avait dit
01:05:19que fin juin
01:05:20on donnerait la carte des sites.
01:05:22On a donné la carte des sites
01:05:23fin juin.
01:05:23C'est vrai qu'on a eu
01:05:24une difficulté dans le Nord
01:05:25parce que dans le Nord
01:05:26Val d'Isère,
01:05:27pas Val d'Isère
01:05:28et là il y a eu
01:05:28un débat très important.
01:05:30Méribel, Val d'Isère,
01:05:30Val d'Isère, Méribel.
01:05:31Et on a un énorme problème
01:05:33dans le Sud,
01:05:33c'est-à-dire dans ma région
01:05:34où Nice
01:05:37qui récupérait le pôle glace,
01:05:38le pôle média,
01:05:40la cérémonie de clôture.
01:05:42Le maire ne veut pas.
01:05:44Et donc on se retrouve
01:05:44dans une situation
01:05:45le nouveau maire ne veut pas.
01:05:48pour des raisons
01:05:49qui lui appartiennent.
01:05:51Il a voulu imposer
01:05:52une modalité de fonctionnement
01:05:53au comité international
01:05:54et l'Olympique.
01:05:55Et donc,
01:05:55ça ne marche pas.
01:05:56Et donc,
01:05:57on a perdu le pôle glace.
01:05:58Ça a des conséquences
01:05:59économiques majeures quand même.
01:06:01Ça n'a pas de conséquences
01:06:02sur les Jeux Olympiques
01:06:03parce que les Jeux Olympiques,
01:06:05finalement,
01:06:05le pôle glace,
01:06:06il ne sera pas à Nice,
01:06:07il sera sur la métropole
01:06:08de Lyon.
01:06:10et on perd.
01:06:11Et la cérémonie de clôture ?
01:06:13J'essaie de la récupérer.
01:06:16À Marseille ?
01:06:18Il y a un problème,
01:06:19il y a beaucoup de problèmes.
01:06:20Donc, je ne suis pas...
01:06:21Au vélodrome ?
01:06:23De toute façon,
01:06:23il y a un problème très simple.
01:06:24Comment on déplace
01:06:25la famille olympique
01:06:26comme on l'a fait
01:06:27entre Milan et Véronne ?
01:06:30C'est ça, l'expérience.
01:06:31Et donc,
01:06:32Véronne,
01:06:32il n'y avait pas beaucoup de place.
01:06:33Et donc,
01:06:33le seul endroit
01:06:34où on peut le faire,
01:06:35si je veux le garder
01:06:36dans le sud,
01:06:36à Nice,
01:06:36c'était parfait,
01:06:37c'est comment je fais
01:06:38pour amener
01:06:39les athlètes
01:06:40et la famille olympique
01:06:41soit sur le lac d'Ambrun,
01:06:44sur le lac de Serponson
01:06:45ou sur Ambrun,
01:06:46mais c'est compliqué,
01:06:47soit sur Marseille
01:06:47où il y a un énorme stade.
01:06:49Voilà,
01:06:49le débat est par là en ce moment
01:06:50et on travaille là-dessus.
01:06:53Je perds d'une chance
01:06:54à 0%
01:06:55et petit à petit,
01:06:56je gratte
01:06:57pour essayer de remonter.
01:06:58On a tout perdu
01:06:58et j'essaie de reprendre la main.
01:07:00Mais en tout cas,
01:07:01en ce qui concerne...
01:07:01Pourquoi vous avez tout perdu ?
01:07:03Parce que je perds globalement
01:07:05sur Nice
01:07:05entre 800 millions d'euros
01:07:08et 1 milliard.
01:07:08Je perds la totalité
01:07:11des marchés
01:07:11qui étaient engagés
01:07:12pour le cool,
01:07:14c'est le complexe
01:07:15au municipal olympique,
01:07:16sur le village olympique,
01:07:17sur les transports.
01:07:18Pendant cette période
01:07:19jusqu'à 2030,
01:07:20les cadets de commandes
01:07:21de la totalité
01:07:21de nos entreprises
01:07:22étaient pleines quand même.
01:07:23Et pendant la période
01:07:24des Jeux,
01:07:24on aurait eu bien sûr
01:07:25tous les hôtels pleins
01:07:27pendant la période
01:07:28du mois de février.
01:07:29Donc c'est quand même
01:07:29un désastre économique.
01:07:30Là-dessus,
01:07:31sans compter l'image
01:07:32et la perte d'images
01:07:32parce qu'on nous confiait
01:07:33les anneaux.
01:07:35On les aurait gardés
01:07:35à vie quand même.
01:07:37On les a plus.
01:07:38Et donc ça,
01:07:38c'est quand même
01:07:39une très grande zone
01:07:40de souffrance
01:07:41pour moi
01:07:41et de tristesse.
01:07:42Une chance
01:07:43que ça soit à Marseille ?
01:07:46Les épreuves,
01:07:47non.
01:07:47Non.
01:07:48Les épreuves,
01:07:49on avait 4 sites,
01:07:52il y avait une répartition,
01:07:532 milliards pour le nord
01:07:54à peu près,
01:07:542 milliards pour le sud
01:07:55à peu près.
01:07:55On perd un site,
01:07:56on perd un milliard.
01:07:58Mais on perd gros
01:07:59parce que c'est 60%
01:08:01de la billetique,
01:08:02c'est à peu près
01:08:053 milliards
01:08:05de téléspectateurs.
01:08:06C'est colossal
01:08:07comme perte.
01:08:08Colossal.
01:08:09Donc ça,
01:08:09je l'ai vraiment traversé.
01:08:11Après,
01:08:11j'essaie d'apporter
01:08:15les réponses
01:08:16au comité international
01:08:17olympique
01:08:18pour récupérer
01:08:18des trucs
01:08:19qui étaient dans mon escarcelle
01:08:20que j'avais gagné,
01:08:21que j'ai perdu,
01:08:22que je vais essayer
01:08:22de récupérer.
01:08:23Oui,
01:08:23mais Renaud Miseulier,
01:08:24si je me trompe,
01:08:24ça ne sera pas
01:08:25a priori
01:08:26pas dans votre escarcelle
01:08:27puisque vous vous présentez
01:08:28au sénatorial,
01:08:29même si vous avez laissé
01:08:30la place de numéro 1
01:08:31et maintenant,
01:08:32vous êtes numéro 2.
01:08:33mais je ne parle pas.
01:08:34Oui,
01:08:34mais vous ne serez plus
01:08:35président de région.
01:08:36Oui,
01:08:37mais ça ne fait rien,
01:08:37je reste conseil régional.
01:08:38Oui.
01:08:38Conseil régional
01:08:39et en charge.
01:08:41C'est ma majorité,
01:08:43mon équipe,
01:08:44mes amis.
01:08:44T'attendais la réponse.
01:08:45on travaille ensemble.
01:08:46Voilà,
01:08:47donc je ne quitte pas
01:08:48la région,
01:08:49je vais rester conseil régional
01:08:51et en charge
01:08:51les affaires européennes
01:08:53parce que quand même,
01:08:53on est ici,
01:08:54nous les premiers,
01:08:55pratiquement en France.
01:08:56On est les dix premiers
01:08:57européens
01:08:57en ce qui concerne
01:08:58la captation des fonds européens.
01:08:59On est à près
01:08:59de 10 milliards d'euros
01:09:00dans la mandature.
01:09:01Je vais m'occuper
01:09:02des Jeux olympiques
01:09:03et le département
01:09:03des bouges du Rhône.
01:09:04Excusez-moi,
01:09:05ça fait du travail quand même.
01:09:07Mais,
01:09:08effectivement,
01:09:10je pars du principe
01:09:11que la mer des batailles
01:09:12sont les présidentielles
01:09:14et qu'il faut être à Paris
01:09:15pour s'occuper de ça
01:09:16et puis parallèlement
01:09:17à ça quand même,
01:09:18depuis qu'on n'a plus
01:09:19le cumul des mandats,
01:09:20on se retrouve dans une histoire
01:09:21à braque à la bronte.
01:09:22C'est n'importe quoi l'histoire.
01:09:24Et donc,
01:09:24d'avoir du poids à Paris
01:09:25au Sénat
01:09:26dans le cadre
01:09:27de l'application
01:09:27des votes des lois
01:09:28pour les entreprises,
01:09:29pour le respect des entreprises,
01:09:31pour le respect
01:09:31de la belle de la France,
01:09:32pour le respect des industries,
01:09:33je ne peux pas le faire
01:09:34dans ma région.
01:09:35Dans ma région,
01:09:35comme vous l'avez dit,
01:09:36j'ai travaillé avec M. Pouyanné,
01:09:37je travaille avec EDF,
01:09:38je travaille avec tout cela.
01:09:39Ici, ça marche.
01:09:40Et au niveau national,
01:09:41je demande le même respect.
01:09:43Comment se présente,
01:09:44là, c'est la canicule ?
01:09:46Il y a eu des feux,
01:09:48même s'ils ont l'impression
01:09:49qu'ils sont contenus
01:09:50à l'heure où nous parlons.
01:09:52Comment ça,
01:09:53c'est les conséquences
01:09:54de la canicule
01:09:54sur votre région ?
01:09:56Et puis,
01:09:56surtout,
01:09:56comment se présente l'été ?
01:09:58Parce que certains disent
01:09:58où il fait tellement chaud
01:09:59que du coup,
01:10:00je vais aller à la montagne.
01:10:02Nous, dans la région,
01:10:03on a trois départements alpins.
01:10:04Donc, vous venez dans le sud.
01:10:05Oui, vous venez dans le sud.
01:10:07Vous n'êtes pas obligés
01:10:07d'aller sur le bord de mer.
01:10:08Moi, j'ai trois départements alpins.
01:10:10Hautes-Alpes,
01:10:10Alpes-Provence,
01:10:11Alpes-Maritimes.
01:10:12Et mes Alpes,
01:10:13dans la région
01:10:14Provence-Alpes-Côte d'Azur,
01:10:15ça représente 60% du territoire.
01:10:17Donc, vous avez...
01:10:18Pas en termes
01:10:20d'activité touristique ?
01:10:22Non, mais c'est plein.
01:10:23Tous mes hôtels,
01:10:24tous mes campings,
01:10:25toutes mes maisons,
01:10:27mes chambres d'eau,
01:10:28tout est plein.
01:10:29Donc, ça prouve
01:10:29qu'on sait accueillir.
01:10:31Donc, ça,
01:10:31c'est plutôt très bien.
01:10:32Par rapport à la canicule,
01:10:34par rapport à l'eau,
01:10:35en réalité,
01:10:36on est peut-être mieux équipé
01:10:37que les autres
01:10:37parce que nous,
01:10:38on a toujours eu chaud
01:10:39et on n'a jamais eu d'eau.
01:10:41Et donc,
01:10:41on s'est toujours adapté
01:10:42au fil du temps
01:10:43pour être à l'ombre,
01:10:44pour être dans les courants d'air.
01:10:45Pour l'eau,
01:10:46on a fait d'énormes travaux
01:10:48comme le lac de Serponçon,
01:10:50le lac de Sainte-Croix
01:10:51pour canaliser l'eau,
01:10:52pour faire en sorte
01:10:53qu'on en manque le moins possible.
01:10:54Mais vous savez,
01:10:54il n'y a pas si longtemps,
01:10:56quand même,
01:10:56Manon des Sources,
01:10:58Pagnole,
01:10:58c'est à Aubagne,
01:10:59où nous avions pas d'eau,
01:11:01à Aubagne,
01:11:01à côté de Marseille.
01:11:02Et donc,
01:11:03aujourd'hui,
01:11:03nous,
01:11:03nous avons plutôt
01:11:04l'habitude de la chaleur,
01:11:06plutôt l'habitude
01:11:07du manque d'eau.
01:11:10Et donc,
01:11:12sur les feux de forêt,
01:11:12par exemple,
01:11:13c'est nous qui avons toujours
01:11:14beaucoup plus brûlé
01:11:15que tout le monde.
01:11:16Donc,
01:11:16on a plutôt
01:11:16plus de Canadair,
01:11:18plus de FCI,
01:11:19c'est-à-dire
01:11:19les chemins d'accès,
01:11:21plutôt des SDIS,
01:11:22c'est des sapeurs-pompiers
01:11:23équipés.
01:11:24Et donc,
01:11:24globalement,
01:11:25quand même,
01:11:25ces catastrophes-là,
01:11:27nous,
01:11:27on les a déjà
01:11:28beaucoup vécues.
01:11:29Mais est-ce que
01:11:29vous voyez un petit impact,
01:11:30quand même,
01:11:31en termes touristiques,
01:11:33et après,
01:11:34un impact économique
01:11:36en termes d'entreprises
01:11:37qui ont envie
01:11:37de s'implanter,
01:11:38qui viennent s'implanter,
01:11:39mais qui se disent
01:11:40avec la canicule,
01:11:41on va peut-être aller
01:11:41un peu plus au nord ?
01:11:43Non,
01:11:43je crois qu'ils sont plutôt...
01:11:45Non,
01:11:45je ne vois pas d'impact.
01:11:46Pour le tourisme,
01:11:47je n'ai aucun impact.
01:11:48Aucun impact,
01:11:48d'accord.
01:11:48J'ai un impact
01:11:50sur le panier moyen par jour.
01:11:52Ce qui n'est pas tout à fait pareil.
01:11:54C'est du 5 étoiles au camping.
01:11:56J'ai tout.
01:11:57J'ai toutes les gammes.
01:11:58Sauf que dans le panier moyen à midi,
01:12:01au repas à midi,
01:12:01ils mangent moins.
01:12:02Enfin,
01:12:03ils dépensent moins.
01:12:04Et donc,
01:12:04on se retrouve dans cette situation
01:12:05où le niveau moyen baisse
01:12:07alors que tout est plein.
01:12:09Donc,
01:12:09ça touche plutôt à la restauration,
01:12:11les sorties de la nuit.
01:12:13Voilà,
01:12:13c'est plutôt ça.
01:12:14Sur le volet entreprise,
01:12:18l'entreprise,
01:12:18elle va...
01:12:19Ce n'est pas tellement la canicule.
01:12:20L'entreprise,
01:12:20c'est...
01:12:21Est-ce qu'il y a un lycée international
01:12:22si c'est une grande entreprise ?
01:12:23Est-ce qu'il y a des transports adaptés
01:12:25si c'est une entreprise taille moyenne ?
01:12:26Est-ce qu'il y a de la formation
01:12:28avec des crèches et des écoles ?
01:12:29Et ici,
01:12:30on a plutôt des écosystèmes
01:12:31qui sont globalement plutôt bien faits.
01:12:33L'écosystème militaire,
01:12:35on a le tiers d'armée française.
01:12:36L'écosystème décarboné
01:12:37que l'on essaie de faire avancer
01:12:39sur les fossés temps de berre.
01:12:41L'écosystème plutôt sur Antibes
01:12:44avec Sofie Antipolis.
01:12:46On a des écosystèmes
01:12:47qui fonctionnent un peu partout
01:12:48et eux-mêmes s'organisent entre eux,
01:12:51un peu à l'initiative de la région d'ailleurs,
01:12:53parce qu'on a une dizaine
01:12:54d'opérations d'intérêt régionales
01:12:56où ensemble,
01:12:57la réparation navale travaille
01:12:59avec le tourisme.
01:13:01Voilà, en gros,
01:13:01comment c'est...
01:13:02Comment ça fonctionne ?
01:13:03Ça se boucle.
01:13:05Renaud Muselier, tout derrière.
01:13:06Oui, ça se boucle.
01:13:06Et puis surtout,
01:13:07celui qui veut venir,
01:13:08on ne le met pas, non pas,
01:13:09dans un propos d'un politique
01:13:11qui lui dit,
01:13:11viens, je te réponds,
01:13:13je te dis,
01:13:13ou quand, combien,
01:13:14ou tu peux venir,
01:13:15quand ça coûte,
01:13:16quand tu pourras y arriver
01:13:17et combien ça coûte.
01:13:18Et parallèlement à ça,
01:13:19on le met en contact
01:13:19avec l'écosystème,
01:13:20donc ses partenaires de jeu
01:13:22qui lui disent,
01:13:22mais moi j'ai ça comme avantage,
01:13:24j'ai ça comme inconvénient
01:13:24et là, ils se connaissent bien.
01:13:25Toute dernière question
01:13:26un peu plus précise,
01:13:27est-ce que vous avez...
01:13:28Vous êtes favorable
01:13:30au fait qu'il y ait des EPR
01:13:31qui soient construits
01:13:33près de Tricastin,
01:13:34près de la centrale d'Iglaire ?
01:13:36Oui, oui, oui.
01:13:37Ça avance ?
01:13:37Vous avez rencontré
01:13:38M. Fontana,
01:13:39ça bouge, ça avance ?
01:13:41Dans ce pays,
01:13:41c'est toujours un peu long.
01:13:43Donc, il y a un problème
01:13:44de normes permanentes
01:13:45dans ce pays,
01:13:45donc pour l'accélération
01:13:46des dispositifs,
01:13:47mais en tout cas,
01:13:48sur la démarche,
01:13:49la mienne,
01:13:50j'y suis très favorable.
01:13:51Merci beaucoup
01:13:52d'avoir été avec nous.
01:13:53Renaud Muselier
01:13:53qui nous a tout expliqué
01:13:54où est-ce que ça en est
01:13:55sur les Jeux Olympiques,
01:13:56important,
01:13:57et puis aussi sur ses ambitions
01:13:59sénatoriennes notamment.
01:14:00Merci.
01:14:00Renaud Muselier,
01:14:01le patron de la région Sud,
01:14:03était notre invité.
01:14:04Voilà, c'est la fin
01:14:04de ce direct ici
01:14:06à Aix-en-Provence.
01:14:07Évidemment,
01:14:07on se retrouve lundi
01:14:08avec notamment
01:14:08les personnalités
01:14:10que j'ai reçues ici
01:14:11à Aix-en-Provence.
01:14:12Bon week-end.
01:14:13Merci.
01:14:17Les grandes interviews
01:14:19sur BFM Business.