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  • il y a 7 heures
Jeudi 2 juillet 2026, retrouvez Régis Yancovici (Dirigeant et fondateur, Luxavie) et Fabrice Cousté (Journaliste, B SMART) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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00:08Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue dans Smart Patrimoine, je suis ravi de vous retrouver pour
00:12cette nouvelle édition. Au sommaire, on s'intéresse tout d'abord au crédit immobilier et séparation
00:18de biens, une interview menée par Nicolas Pagnès. C'est dans un instant. AFO, c'est l'association
00:23française des familiers office qui va nous dire avec son baromètre sur quoi investissent les
00:28grandes familles. Et puis enfin, la macroéconomie sert-elle encore à quelque chose ? La réponse
00:33dans quelques instants, Smart Patrimoine, c'est parti. Dans Smart Patrimoine, on s'intéresse au patrimoine
00:43des grandes familles. Qu'est-ce qu'elles disent justement ces familles ? Par quoi elles sont
00:46intéressées ? Il y a un baromètre qui sort chaque année et ça tombe bien, on le commente avec nos
00:50deux invités. Pierre Depelgard, bonjour. Bonjour. Pierre, vous êtes porte-parole de l'AFO, l'association
00:55française de family office. Bienvenue à vous. Merci. Et vous êtes venu en compagnie d'Amandine
00:59Alix-Siotat. Bonjour, Amandine. Bonjour. Amandine, vous êtes avocat associate partner
01:04chez EY et c'est à vous qu'on doit ce baromètre, c'est ça ? Ce baromètre qui va
01:10nous donner
01:10des indications justement sur ces familles, ce qu'elles attendent. Tout d'abord, je démarre
01:15avec vous, Pierre. Un petit mot sur l'AFO et ce que vous proposez. Alors l'AFO, c'est une
01:19association des family office en France. C'est une association de représentation, c'est une
01:25association professionnelle de family office qui a pour but en fait de fédérer les
01:30families office, d'apporter de la formation, de l'information et puis aussi d'être un
01:34vecteur de connaissance de ce métier qui est parfois très méconnu. Oui, c'est vrai
01:39que déjà on voit dans le paysage, on commence à connaître de plus en plus, bien sûr, le
01:45banquier, ensuite le conseiller en gestion de patrimoine et là c'est pour les grandes
01:47familles. Donc fortunés, on est par des patrimoines dépassant les 10, 20, 30 et plus, millions
01:54d'euros. Et là, on a besoin d'un conseiller dédié. En fait, c'est un souhait, le
01:59family office, c'est un souhait d'une famille d'avoir un conseiller qui vient les accompagner
02:05dans leur gestion patrimoniale. Alors soit à travers ce qu'on appelle un multi-family
02:09office, c'est-à-dire une personne qui va suivre plusieurs familles, soit d'un single
02:14family office, c'est-à-dire une personne qui va suivre qu'une seule famille. Oui, tout à fait.
02:18Amandine, je le disais, il sort un baromètre. Expliquez-nous de quoi s'agit-il et depuis
02:25combien de temps vous le faites, ce baromètre ?
02:27Alors, à l'origine, le baromètre, il a été créé par la FAU, donc rendons à César ce
02:31qui appartient à César. Là, on est à la 11e édition, c'est la deuxième fois qu'on
02:35participe. Il est axé, on va dire, sur les aspects allocation d'actifs, comment les
02:41familles investissent, avec aussi une dimension, quelles sont leurs préoccupations et comment
02:47on peut continuer à les aider, d'être des acteurs majeurs de l'investissement dans
02:50l'économie réelle. Très bien. Est-ce qu'il y a des grands enseignements pour cette
02:55année 2026 ? À quoi ils vont s'intéresser ? Alors, ça reste des investisseurs long
03:00terme. Donc, contrairement à ce qu'on peut penser, il n'y a pas d'effet de repli.
03:06Au contraire, ils maintiennent leurs investissements en grande majorité. Il y a même un tiers qui
03:11vont augmenter leurs investissements. Ça, c'est intéressant parce qu'on sort d'un semestre
03:16particulièrement chargé au niveau géopolitique, au niveau financier, avec beaucoup de volatilité,
03:20des actifs qui ont bougé dans tous les sens. Et pourtant, dans les familles, on augmente
03:24ou on maintient sa capacité d'investissement.
03:27Exactement. Parce que ce sont encore une fois des investisseurs de long terme. Donc,
03:30ils accompagnent les entreprises dans lesquelles ils investissent, notamment dans la durée.
03:35Donc, leur schéma n'est pas une sortie à court terme. Donc, c'est pour ça qu'ils
03:39maintiennent leurs investissements. Au-delà de ça, on peut remarquer qu'ils sont peut-être
03:43un peu plus sélectifs et qu'on en revient. C'est-à-dire que l'attention portée aux
03:49fondamentaux économiques, solidité du modèle, prévisibilité des revenus, est peut-être
03:53un peu plus importante que les années précédentes.
03:56Est-ce qu'on rentre dans le détail des investissements ? Est-ce que vous l'avez dit ? Bien
04:01sûr, ils soutiennent souvent leurs propres sociétés. Ça fait partie de leurs actifs.
04:05Également d'autres sociétés, le tissu local. Mais est-ce qu'on sait dans les classes
04:09d'actifs ? Est-ce qu'ils font des actions, des obligations, du private equity ? Est-ce
04:14qu'on a une vision sur cette particularité ?
04:17Alors, c'est beaucoup de private equity, parce qu'ils participent de l'économie
04:21réelle. Dans le private equity, vous avez effectivement, évidemment, les investissements
04:24PME et ETI. Mais vous avez aussi un retour de l'immobilier, des actions cotées. Alors,
04:30ce n'est pas un changement de cap. Je pense que c'est plus un rééquilibrage des portefeuilles
04:36avec peut-être un besoin de diversifier, de minimiser les risques et d'être peut-être
04:42plus flexibles dans le contexte actuel.
04:45Oui, effectivement. On en a parlé dans cette édition de Smart Patrimoine. Alors, on a
04:50l'impression vraiment que la tech US prend le devant de la scène, aspire tous les capitaux
04:54du côté de la Silicon Valley. C'est vrai que c'est important, très important de diversifier,
04:58même quand on a, et surtout peut-être quand on a beaucoup d'actifs.
05:01Tout à fait. Et voilà, ce que disait Amandine, c'est que la classe d'actifs qui arrive sur
05:07le podium, c'est le private equity. C'est vraiment l'investissement dans l'économie
05:11réelle.
05:12Un tiers des allocations, un 30%.
05:14Oui, exactement. Et ça correspond à ce que veulent les familles, c'est-à-dire un
05:20investissement dans le long terme, voire même un investissement local, parce qu'une
05:24grande partie, 70%, à peu près, investissent plutôt dans des entreprises de leur écosystème
05:29local, géographique. Voilà. Donc ça, c'est vraiment très important. Puis il y a un
05:33sujet aussi de souveraineté. Les familles sont très attachées à la souveraineté, mais
05:37la souveraineté, c'est la santé. Et donc, ils nous disent, eh bien, on va plutôt
05:41investir dans le domaine de la santé. On va plutôt investir, vous parliez de la
05:45tech US, mais plutôt dans la technologie française. Voilà. Donc, ils sont très attachés
05:49au local, à leur environnement local.
05:51Oui, c'est tant mieux. Ce barombat montre que les investissements, effectivement, se concentrent
05:54très largement sur les PME, sur les ETI. Est-ce que ça veut dire que ces familles
05:59office sont devenues une brique incontournable de l'investissement en France et dans l'économie
06:03réelle, notamment ?
06:04Alors, ils le sont. Enfin, ils l'étaient déjà auparavant et ils l'ont toujours été,
06:09encore une fois, parce que leur force, c'est le temps long. Donc, il n'y a pas de pression
06:12pour une sortie à court terme. Donc, ils accompagnent vraiment sur la durée. Et même
06:16au-delà du financement, ce qu'on observe, c'est qu'ils ont cette capacité à s'impliquer
06:20dans la gouvernance, dans les orientations stratégiques. Et donc, ils peuvent être
06:24des véritables partenaires, en fait, des dirigeants et des entreprises dans lesquelles
06:28ils vont investir. Voilà. Donc, on a une combinaison entre temps long et alignement
06:32des intérêts qui fait leur différence en tant qu'investisseurs.
06:36Oui. C'est la croissance rentable qui devient vraiment la priorité. Tandis qu'on voit
06:41peut-être que les investissements dits durables reculent sensiblement. Alors, c'est vrai
06:45qu'il y a un peu moins de hype sur ces investissements durables. On t'en a beaucoup
06:47parlé. C'est peut-être la faute à M. Trump également. Est-ce qu'il faut y voir un
06:51désengagement de la transition environnementale ou simplement un retour à des critères
06:55économiques ? Non, je ne crois pas qu'il n'y a pas du tout un retrait de la cause
07:00environnementale dans leurs investissements. Mais, voilà, il y a quand même un contexte,
07:04on ne peut pas le nier, un contexte à la fois géopolitique et économique qui n'est
07:08pas toujours très stable. Et donc, ils vont plutôt choisir, vont être plutôt
07:14vigilants, plutôt prudents sur certains investissements dans le long terme. Et ils
07:20vont plutôt aller chercher une croissance rentable sur le long terme.
07:23Oui. Effectivement, l'investissement dit durable peut-être. Alors, c'est durable parce
07:27que quand on investit local, comme vous l'avez dit, ou sur des PME-ETI, et qu'on sent que
07:31dans le tissu local, c'est forcément durable. Mais peut-être moins sur ces thématiques
07:35qui étaient très en vogue encore il y a quelques temps.
07:37Oui, je dirais qu'en fait, le durable, il ne disparaît pas. C'est simplement que
07:41maintenant, il doit s'inscrire dans une logique économique. Donc, peut-être que certains
07:45projets qui étaient moins viables, les familles-offices y vont moins. Mais, voilà, le durable
07:51doit s'inscrire dans cette logique économique viable. Et je pense que les familles-offices
07:56continuent à investir tant qu'ils comprennent le projet et le modèle, en fait.
08:00Vous l'avez dit, effectivement, 7 familles-offices sur 10 souhaitent contribuer davantage à l'économie
08:05locale et à la souveraineté économique. On en entend beaucoup parler. Ça veut dire
08:09que ces familles, ces grandes familles, finalement, elles sont assez patriotes à défendre le...
08:12En tout cas, elles ont... Elles sont pour la souveraineté... Enfin, le sujet de la souveraineté
08:17en française les intéresse, les passionne. Et c'est vraiment la santé qui vient en premier
08:24dans leurs investissements sur ce sujet-là.
08:26On pense, dans l'actualité, c'est vrai, à la fin du Doliprane, qu'on ne trouvait plus,
08:29ou les principes actifs qui sont partis. Là, l'idée, c'est quoi ? C'est d'encourager peut-être
08:33les PME, les USA, qui relocalisent de la santé chez nous ?
08:36Qui relocalisent, ou même qui développent de nouvelles technologies. Enfin, en France,
08:39on voit aussi, et on le voit sur d'autres sujets, on a quand même une capacité à créer,
08:43à avoir beaucoup d'innovation. Mais il faut le faire vivre en France. Et donc, les familles
08:48permettent à ces sociétés, eh bien, de se développer en France, sur notre territoire.
08:53Oui, en France. En Europe, également, ça, on a peut-être moins d'informations ?
08:57On a moins d'informations sur la partie européenne. C'est vraiment la France qui est mise en avant.
09:02Amandine, qu'est-ce qui vous a particulièrement frappé, justement,
09:05par rapport aux éditions précédentes ?
09:08Alors, je pense qu'il y a un besoin de stabilité pour les familles-offices,
09:14de stabilité, encore une fois, parce que ce sont des investisseurs de long terme.
09:18Donc, ils bâtissent des stratégies sur le long terme, qui sont construites sur plusieurs années.
09:24Et on a besoin d'une stabilité de la norme, alors pas seulement fiscale,
09:27mais également de la norme réglementaire. Et une stabilité, et surtout aussi,
09:31une lisibilité de cette norme. Voilà. Pour leur permettre de continuer à se projeter,
09:36à investir dans l'économie réelle.
09:38D'accord. C'est ce qui manque. Il vous en parle, parce que c'est vrai que ça revient souvent
09:43sur le devant de la scène, le fait d'être parfois, sinon, empêché, que ça soit compliqué,
09:47que ça soit administrativement lourd, etc. C'est dans les préoccupations ?
09:51Est-ce que vous les avez testés également ?
09:53C'est une vraie préoccupation. Voilà. Ce qu'ils veulent, c'est une vraie stabilité.
09:57Une stabilité fiscale, normative, géopolitique.
10:01Ils ne maîtrisent pas toujours le sujet, mais voilà. C'est la stabilité.
10:07Les familles sont des investisseurs sur le temps long.
10:09C'est ça, vraiment, qu'il faut retenir le message.
10:11Ils investissent, ils croient en l'investissement, et notamment en l'investissement réel.
10:17Et il leur faut du temps long. Donc, le temps long, automatiquement, le sous-jacent, c'est la stabilité.
10:23Vous n'avez pas échappé qu'on est à la veille d'une année de présidentielle,
10:28où les choses vont peut-être être bouleversées.
10:30On a vu un mouvement, au moment de la dissolution, un petit peu d'aversion au risque,
10:34avec beaucoup de capitaux qui sont partis vers les assurances-vie luxembourgeoises.
10:37Est-ce que vous avez pu tester, aussi, peut-être, certaines craintes, certains fantasmes ?
10:44Effectivement, il y a des gens qui se disent, voilà, si tel ou tel camp politique va passer,
10:48moi, je serai obligé de partir, de changer de pays ?
10:51Non, alors, on ne vous cache pas qu'il y a toujours une réflexion sur le sujet.
10:55Il y a toujours... C'est une vraie préoccupation.
10:57Maintenant, chacun décidera ce qu'il voudra.
11:00Mais c'est ce qu'on disait avec Amandine, c'est une vraie préoccupation, ce sujet.
11:05Et 2027, comme vous le dites, va accentuer cette préoccupation.
11:09Quels effets ça pourrait avoir, par exemple, sur l'économie ?
11:12On le voit, par exemple, dans les municipales, à chaque fois, les projets sont bloqués.
11:16On attend, évidemment, la nouvelle mandature pour pouvoir décider, pour pouvoir relancer des choses.
11:20Est-ce que vous pensez que ça aurait aussi un effet ?
11:22Peut-être que vous regardez ça chez EY.
11:25Un effet sur l'économie, un effet peut-être un peu où on attend que les choses se décantent avant
11:29de relancer ?
11:30Ça pourrait avoir un impact ?
11:32C'est vrai que chaque fois qu'on a, suite à la dissolution, par exemple,
11:37on peut avoir certains projets qui sont mis en arrêt.
11:40Parce qu'en fait, la problématique, c'est que comme il n'y a pas de stabilité,
11:43vous engagez sur un projet où vous n'allez pas pouvoir sortir avant 6 ans, c'est un vrai problème.
11:47Et donc, tous ces projets qui demandent un investissement long terme, qui ne sont pas flexibles,
11:53souvent sont un peu mis à l'arrêt au moment où il y a une dissolution, un événement politique,
11:59avant de savoir ce qui va se passer.
12:01En fait, c'est ça le problème.
12:02Que va-t-il se passer ?
12:03Est-ce qu'on va encore remodifier les dispositifs qui sont en place ?
12:07Et donc, on a besoin, on a peut-être un peu peur de s'investir sur 4 ans,
12:11alors que si ça se trouve, on sera dans un contexte totalement différent.
12:15Bien sûr. Je le disais tout à l'heure, on sort d'une période chargée,
12:19mais elles le sont toutes finalement, ces 6 premiers mois de l'année 2026.
12:23On a vu que du côté des grandes familles, il y avait une certaine stabilité dans les investissements.
12:28Finalement, on investit sur du temps long.
12:30Est-ce que ce ne serait pas ça, finalement, la solution pour les investisseurs qui se posent la question,
12:35d'agir comme ces familles, de se dire, finalement, on garde le cap dans la tempête
12:38et on essaye de voir à plus long terme ?
12:40Vous avez complètement raison, je pense que c'est vraiment ça.
12:42C'est-à-dire, on garde le cap, on continue d'investir, on reste vigilant, on reste prudent,
12:49on est préoccupé par ce qui pourrait éventuellement arriver,
12:52parce qu'il ne faut pas se cacher derrière d'éventuels changements,
12:56mais le cap, c'est quand même de continuer à investir dans l'économie réelle.
13:00C'est vraiment ça.
13:02Oui, on va rester là-dessus.
13:04En tout cas, si vous voulez en savoir plus sur ce baromètre, il est disponible.
13:08On peut le trouver très facilement, je pense, sur votre site et sur le site de Lafaux également.
13:14Un grand merci à nos invités.
13:16Merci à Vandina Xiotta, je rappelle qu'on est avocat à Chouchaït,
13:19partenaire chez EY.
13:21Et merci également à Pierre Depelgar, vous êtes porte-parole de Lafaux,
13:25membre éminent du Conseil d'administration également.
13:27Merci à vous et à très bientôt dans Smart Patrimoine.
13:35Dans Smart Patrimoine, on se pose cette question essentielle.
13:38La macroéconomie sert-elle à quelque chose ?
13:41Alors, on n'a pas 4 heures, mais on a quelques minutes en compagnie de notre invité,
13:46Régis Jancovici.
13:46Bonjour.
13:47Bonjour Fabrice.
13:48Vous êtes le dirigeant de Luxavis.
13:49Et c'est vrai qu'on entend beaucoup d'économistes commenter les marchés toute l'année.
13:54Alors, ces économistes, est-ce qu'ils sont vraiment utiles ?
13:58Alors, déjà, ils sont intéressants, parce qu'ils nous donnent un cadre de pensée
14:02sur les taux, l'inflation, la croissance.
14:06Mais j'ai commencé à me poser la question, ça ne date pas d'hier, ça date à peu près
14:09d'il y a 20 ans,
14:10où je discutais avec un trader qui était très successful,
14:13et qui me disait finalement, Régis, tu sais, on peut gagner à peu près sur tout ou n'importe quoi,
14:17pourvu qu'on ait un contrôle des risques.
14:19Et que c'est vrai, cette réflexion, je l'ai poursuivie, petit à petit.
14:25Et aujourd'hui, on peut en douter, on peut s'interroger,
14:31ne serait-ce que voir, par exemple, très concrètement,
14:34quand on regarde les meilleurs gérants, ce ne sont pas forcément des économistes.
14:39Ils ont toujours une cellule macro, quand même, avec un économiste en chef,
14:44qui vient sur les plateaux, qui nous explique que ceci, que cela, les implications, etc.
14:47Ça leur donne un cadre, justement, après, in fine, dans la salle des marchés, aux traders, ou pas du tout
14:51?
14:51Alors, la façon dont est utilisée parfois la macroéconomie me dérange.
14:58Parce qu'elle constitue un récit qui paraît très objectif, très vérifiable, presque indiscutable,
15:07pour vendre des fonds.
15:09Et souvent, les personnes qui achètent des fonds, que ce soit des particuliers,
15:13et même des conseillers financiers, ne sont pas intellectuellement outillées,
15:18ce n'est pas leur formation, ce sont les généralistes du patrimoine, on ne peut pas tout leur demander,
15:22pour apporter la contradiction.
15:24Et lorsqu'ils savent, quand la macroéconomie ne sert qu'au récit,
15:29alors je trouve ça très regrettable, parce qu'on sait bien qu'entre la macro et les marchés,
15:35c'est presque deux mondes différents.
15:37Parce qu'on imagine que les deux se suivent.
15:39En réalité, ils ne se suivent pas du tout.
15:40Pas tellement, non, effectivement.
15:41Alors, si les marchés ne suivent pas l'économie,
15:44pourquoi on en parle autant, d'économie en finance,
15:48et même sur ce même plateau, à longueur de journée ?
15:51C'est vrai, mais parce que c'est intéressant.
15:54C'est intéressant, ça donne un sentiment de contrôle,
15:58et de compréhension de ce qui se passe.
16:02Ça donne du sens.
16:03Mais en réalité, c'est de mon différent.
16:05C'est bien qu'entre une prévision de PIB et une prévision de marché,
16:09il y a quand même un certain nombre de choses qui s'immiscent entre les deux.
16:13D'abord, le PIB intègre des éléments non cotés, bien évidemment.
16:18Et puis, il y a un tas de choses, évidemment, là.
16:21Les taux d'intérêt...
16:23C'est même contradictif, des fois, comme on dit sur le marché,
16:26good news égale bad news, ou inversement.
16:29On peut avoir une décision de la Banque Centrale, etc.,
16:32qui fait qu'on attend une réaction du marché,
16:34et c'est complètement autre chose qui se produit.
16:36Exactement.
16:36Et d'ailleurs, un exemple, alors qu'il est lointain dans le temps et dans l'espace,
16:40mais qui est très parlant,
16:41c'est que sur 20 ans, on prend une économie comme la Corée,
16:44vous savez, les tigres de l'époque,
16:48qui a vu son économie décroître d'une croissance annuelle de 13%
16:52à à peu près 3 à 5% entre les années 85 et 2005.
16:56Bon, si on passe une forte croissance et une forte croissance,
16:59logiquement, on ne touche pas au marché.
17:00Et le marché, il a multiplié par 13 sur ces 20 ans-là.
17:03Donc, il n'y a pas de lien direct.
17:05Plus proche de nous, en 2022,
17:09l'économie américaine se comportait très bien.
17:12Le taux de chômage est passé de 4 à 3,5.
17:14Le marché a perdu 20%.
17:16Donc, finalement, on peut être tenté de croire.
17:19J'avais un de mes mentors qui me disait ça,
17:21et j'adorais cette expression.
17:23C'est qu'en fait, en bourse, on ne cote que deux choses.
17:26C'est l'avidité et la trouille.
17:28Fear and greed.
17:30Exactement.
17:32Et là, c'est vrai qu'on ouvre un autre sujet
17:34qui n'est pas du tout la macroéconomie.
17:36C'est la finance comportementale,
17:37qui est aussi un sujet qui est passionnant.
17:39Et qu'est-ce que vous pensez, justement,
17:41de ces économistes qui, à l'inverse,
17:43ont une position où, par exemple,
17:44ils vont être des permabers.
17:45C'est-à-dire, ils annoncent toujours des crises.
17:47On est toujours en crise.
17:48Ça va toujours être la catastrophe.
17:49Alors, de temps en temps, ils ont raison.
17:51Voilà.
17:51Qu'est-ce que vous en pensez ?
17:52Il y a une autre expression que j'adore,
17:54c'est qu'une pendule arrêtée
17:55a quand même raison deux fois par jour.
17:57Et donc, finalement, comme vous le dites,
18:00à un moment, ils ont raison.
18:01Ce qui est intéressant, ce qui peut être intéressant,
18:03c'est le raisonnement qui est sous-tendu
18:05derrière ce résultat de dire,
18:08bon, ça va baisser, ça va baisser, ça va baisser.
18:10Puis, à un moment, on ne les écoute plus.
18:11Parce que je crois qu'une des valeurs ajoutées,
18:14par exemple, d'un conseiller financier
18:15ou même d'un gérant,
18:16c'est de savoir filtrer l'information
18:18dont il va tenir compte
18:19pour alimenter son raisonnement.
18:20C'est ce que vous faites chez Luc Savy ?
18:22Comment vous utilisez cette information économique ?
18:24Alors, on écoute, contrairement à ce qu'on pourrait croire,
18:27on écoute l'économie,
18:28mais pas pour le message qu'elle va porter,
18:29c'est pour comprendre le consensus.
18:32Que nous dit le marché ?
18:33Comment réagit le marché,
18:35ce que vous disiez tout à l'heure,
18:36par rapport à une annonce macroéconomique ?
18:39Est-ce qu'une bonne annonce macroéconomique
18:41fait baisser le marché, par exemple ?
18:42Et à partir de ce consensus,
18:44on va pouvoir se positionner,
18:47et c'est ça, je crois,
18:47qui est intéressant dans le message macroéconomique.
18:49Oui, c'est passionnant, effectivement.
18:51En tout cas, ça renvoie aux études
18:52sur la finance comportementale,
18:53qui est peut-être plus utile
18:54que la macro,
18:55même si, vous l'avez dit,
18:56c'est également très intéressant,
18:58et on en parle sur cette antenne tous les jours.
18:59Merci, Régis.
19:00Merci, Fabrice.
19:01Jean-Covici,
19:01Jean-Covici,
19:02je rappelle que vous êtes dirigeant de Luxavie.
19:05Cette édition de Smart Patrimoine
19:07se termine.
19:08Merci de l'avoir suivie.
19:09Vous retrouverez très bientôt,
19:10Nicolas Pagnès,
19:11à ce même fauteuil.
19:13A très bientôt.
19:14Excellente journée à tous.
19:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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