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  • il y a 1 heure
Vendredi 3 juillet 2026, retrouvez Anne Gaignard (Directrice Générale, Place des Investisseurs), François-Xavier Soeur (Président Fondateur, Terrae Patrimoine) et Claire Bourgeois (Fondatrice, Alpha Conseils Co) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Patrimoine Cash,
00:10l'émission qui revient de manière cash sur les grands enjeux structurants du secteur de la gestion de patrimoine.
00:17Nous avons une quarantaine de minutes ensemble autour d'une thématique.
00:21Peut-on tout réutiliser en matière d'investissement alors que l'épargne des Français continue de grandir ?
00:27On parle de 6600 milliards d'euros en 2025, massivement investis sur des assurances-vie ou des livrets A.
00:34De nombreux produits d'investissement s'ouvrent progressivement au grand public.
00:38Des investissements qui étaient jusque-là réservés aux professionnels ou aux grandes fortunes.
00:42Immobilier non coté, dette privée, produits structurés, private equity.
00:45Ils arrivent aujourd'hui massivement dans les portefeuilles des particuliers.
00:49Et ce phénomène porte un nom.
00:51On parle de démocratisation des investissements ou de retailisation.
00:55Cette idée de rendre accessible au grand public des produits autrefois réservés à une clientèle avertie
01:01avec une promesse simple, bénéficier des mêmes opportunités d'investissement que les professionnels.
01:08Mais derrière cette promesse de démocratisation se pose tout de même une question.
01:11Est-ce toujours dans l'intérêt de l'épargnant ?
01:14Car ce sont des produits souvent complexes, souvent illiquides, qui rémunèrent toute une chaîne de distribution.
01:20On a notamment vu des crises de liquidité sur les SCPI, sur la dette privée également,
01:25qui pose également la question du comportement des investisseurs attirés par le marketing de la liquidité,
01:31mais qui peuvent prendre peur face aux secousses des marchés.
01:36Alors peut-on réellement tout proposer aux particuliers ?
01:39Et où placer la frontière entre innovation patrimoniale et mauvais alignement des intérêts ?
01:44Nous en parlons tout de suite dans Patrimoine Cash.
01:50Peut-on tout retailiser en matière d'investissement ?
01:53Voilà le sujet qui va nous animer aujourd'hui dans Patrimoine Cash.
01:55Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir trois experts du sujet.
01:58Nous avons le plaisir d'accueillir tout d'abord Anne Guéniard.
02:00Bonjour Anne.
02:01Bonjour Nicolas.
02:02Merci d'être avec nous.
02:03Vous êtes directrice générale de Place des investisseurs.
02:05Vous échangez régulièrement avec les investisseurs particuliers.
02:08Vous communiquez avec eux sur le sujet.
02:10Vous allez nous expliquer effectivement quel est le point de vue que vous avez
02:13sur cette stratégie de retailisation d'un certain nombre de professionnels de l'investissement
02:17et si c'est toujours dans l'intérêt des investisseurs particuliers.
02:20On a le plaisir d'accueillir François-Xavier Seur également, fondateur de Terrae Patrimoine.
02:24Bonjour François-Xavier.
02:25Bonjour Nicolas.
02:26Bonjour à tous.
02:27Merci d'être avec nous.
02:27Vous êtes conseil en gestion de patrimoine également.
02:29Et vous avez un avis assez arrêté sur un nombre de produits
02:33qui sont parfois proposés à des particuliers
02:35qui ne connaissent pas forcément tous les tenants et aboutissants des produits.
02:38Et on a le plaisir d'accueillir également Claire Bourgeois.
02:41Bonjour Claire.
02:41Bonjour.
02:42Bonjour à tous.
02:42Fondatrice de Alpha Conseil Co.
02:44Vous allez nous expliquer un petit peu comment vous voyez la démocratisation
02:48d'un certain nombre de produits financiers
02:51et si c'est toujours dans l'intérêt de tous les membres de la chaîne de valeur
02:55jusqu'au client final.
02:58Peut-être pour commencer, Anne Gagnard, directrice générale de Place des investisseurs.
03:02Vous discutez avec les investisseurs particuliers.
03:05Vous constatez ce phénomène de réutilisation d'un certain nombre de produits financiers.
03:10Comment est-ce que vous analysez cette dynamique ?
03:14On comprend qu'il y a effectivement beaucoup d'épargne sur les assurances-vie,
03:18les livrets, les comptes courants des ménages français.
03:20On comprend qu'on ait envie de leur proposer parfois des solutions d'investissement un peu plus dynamiques.
03:26Comment est-ce que vous analysez cette tendance aujourd'hui ?
03:29Alors d'abord, je la confirme parce qu'effectivement, les investisseurs individuels,
03:34ils sont sollicités par toute une chaîne d'intervenants financiers sur différents types de produits.
03:43Donc vous avez bien raison de dire que ce n'est pas uniquement la réutilisation d'un seul produit.
03:49Donc ça, c'est plutôt une bonne chose parce que nous, en tant que représentants des investisseurs individuels,
03:54on se dit qu'effectivement, avoir une offre qui se diversifie, c'est bien,
03:58mais qui se diversifie pour quel objectif ?
04:01Donc c'est là-dessus qu'on va revenir.
04:06Donc on le voit sur tout.
04:09Est-ce qu'il y a une demande des particuliers d'aller sur des produits financiers plus complexes,
04:14plus dynamiques, donc potentiellement avec plus de gains, mais plus de risques aussi ?
04:18Alors pas forcément plus complexes.
04:19Il y a une appétence certainement, parce qu'il y a aussi une culture financière qui augmente,
04:27même si on en est encore loin de certains pays comme la Suède par exemple,
04:32et qu'on a envie, puisqu'on parle de fléchage, de l'épargne,
04:36d'aller vers ce type de culture qui a une plus grande connaissance sur les marchés financiers.
04:46Mais donc, ça ne veut pas dire « retailisation », ça ne veut pas forcément dire « complexification ».
04:52Exactement.
04:53Malheureusement, aujourd'hui, ce qu'on voit, d'abord, moi je n'aime pas le mot « démocratisation ».
04:58D'accord.
04:59Parce que, et là, si on parle par exemple du « private equity »,
05:03quand on rentre, effectivement, aujourd'hui, on passe de part de 1 million, 2 millions d'euros,
05:10à peut-être 100 000, mais 100 000 euros pour rentrer sur un « private equity »,
05:15ce n'est pas encore de la « démocratisation ».
05:17D'accord.
05:18Après, on a vu les fonds qui proposaient des…
05:20Il y a des offres comme ça, absolument.
05:22Des parts plus restreintes encore.
05:24Il y a des parts plus restreintes, mais ce n'est pas la grande majorité.
05:26La grande majorité reste encore.
05:28Et après ça, vraiment, le problème crucial, c'est la compréhension des mécanismes pour atteindre quel objectif.
05:39Donc, moi, je rappelle souvent dans l'association que, quand on commence à vouloir investir,
05:45au-delà de l'épargne de précaution, ça commence d'abord par de l'introspection.
05:48Qu'est-ce que je veux faire pour quel objectif ?
05:51D'accord.
05:52C'est exprimer son besoin.
05:53On en parlait tout à l'heure avec mes deux collègues de plateau.
05:57Avant l'émission, oui.
05:58Voilà, exactement.
05:59Et pour pouvoir exprimer son besoin, il faut avoir compris les concepts de base.
06:07Et voilà, on sait bien que, par exemple, les conseillers de gestion en patrimoine,
06:12vous passez beaucoup de temps à faire accoucher les gens et comprendre déjà qu'est-ce que c'est que
06:16leurs besoins.
06:17Et c'est votre responsabilité.
06:19Parce que si vous vous proposez des produits qui ne sont pas adaptés à leurs besoins,
06:23c'est votre responsabilité qui va être mise en cause.
06:25Mais alors, justement, Claire Bourgeois, on peut continuer avec vous.
06:27D'un côté, il y a cette démocratisation, même si vous n'aimez pas le terme,
06:32ou cette rétélisation d'un certain nombre d'investissements,
06:34qui, en fait, élargit l'offre que vous pouvez proposer quand même à vos clients.
06:38Mais d'un autre côté, il y a cet alignement d'objectifs,
06:42le tout quand même avec un petit peu de pédagogie financière.
06:43C'est-à-dire qu'il faut quand même savoir dans quoi on peut investir.
06:46Mais ça va dans les deux sens.
06:47Ça veut dire que parfois, on n'est peut-être pas conscient de toute l'offre qui peut exister.
06:50Comment est-ce que vous voyez, vous, ce phénomène de rétélisation ?
06:53Est-ce que vous voyez ça avec méfiance ou, au contraire, avec opportunité, peut-être,
06:59pour les clients que vous accompagnez ?
07:01Alors, ce n'est pas parce que vous décimalisez une part,
07:03c'est-à-dire que vous minimisez le ticket d'entrée,
07:06que vous avez minimisé la difficulté du produit.
07:10D'accord, oui.
07:11C'est simple de diviser le montant de la part,
07:14c'est beaucoup plus simple de partager l'expérience.
07:17L'intérêt des produits illiquides, de manière générale,
07:20c'est quand même que ça offre une prime d'illiquidité à un certain nombre d'acteurs
07:24qui n'y avaient pas accès auparavant.
07:26Ça leur permet de contribuer au financement de l'économie réelle.
07:29Pour certains chefs d'entreprise qui ont créé leur patrimoine comme ça,
07:34ils sont contents de pouvoir financer leur paire.
07:37Bien sûr, là, on parle de clavette équitable,
07:39voire peut-être immobilier non-côté.
07:40Voilà, donc là, ça a un intérêt quand même assez important.
07:43Le bémol, c'est qu'il faut qu'effectivement, cette rétélisation,
07:47elle ne laisse pas l'épargnant au bord de la route
07:50quand il veut sortir son produit en difficulté
07:54parce qu'il a mal appréhendé les risques et mal appréhendé la liquidité.
07:57C'est tout l'enjeu.
07:58Le sujet, il est là.
07:58Par exemple, c'est quand il y a ce qu'on pourrait appeler un marketing de la liquidité
08:02en disant que cette liquidité, elle existe, mais elle n'est pas complète.
08:07L'épargnant qui comprend qu'elle existe
08:09et qui peut-être oublie un peu la deuxième partie
08:11en disant qu'elle n'est pas complète,
08:12le jour où on veut sortir, c'est là où ça commence à poser problème.
08:15C'est humain.
08:16Oui, c'est sûr.
08:17C'est humain d'oublier le dent de ça.
08:19En fait, quand on veut rétéliser, il y a trois enjeux à adresser
08:22et il ne faut pas se rater.
08:23Le premier, c'est la simplicité.
08:25Il y a un exemple magnifique de rétélisation, c'est les ETF.
08:28Les ETF, ça a permis au plus grand nombre d'accéder à des actifs
08:34qui n'étaient pas si faciles à répliquer.
08:35Un indice monde, c'est quand même pas facile à répliquer.
08:38à des frais limités et en étant assez fair sur la réplication.
08:43Ça ressemble à ce qu'on achète, c'est déjà pas mal.
08:46Donc là, c'est un exemple de simplification,
08:49de rétélisation qui a bien fonctionné.
08:51Et le contre-exemple, c'est la rétélisation, par exemple,
08:54des produits structurés,
08:55où là, on a tout rétélisé sauf la simplicité.
08:59D'accord.
09:00Deuxième enjeu, à mon avis, qu'il ne faut pas...
09:02On va y revenir sur les produits structurés.
09:03Même sur les ETF, parce qu'on veut se dire
09:05que les ETF font aussi un chemin vers la complexification.
09:09On est parti de quelque chose de simple.
09:11Et maintenant, effectivement, on en voit beaucoup différents
09:14et effectivement, beaucoup d'innovation.
09:15C'est vrai, on pourra en reparler.
09:16Il y a quelque chose qui est pur et qui commence à être dénaturé.
09:19Deuxième truc à par attrait, c'est la capacité du marché.
09:23Si vous êtes gérant micro-cap,
09:26vous allez dire, ma capacité, à un moment, elle est limitée.
09:29Ne m'envoyez plus d'argent, je ne saurais pas comment l'employer.
09:33Bien sûr.
09:33Et donc là, on a un afflux massif de capitaux
09:36dans des marchés qui ont une capacité limitée.
09:38Et les gérants, du coup, refusent les capitaux ?
09:40Non, malheureusement, pas toujours.
09:41Et donc, les gérants, qu'est-ce qu'ils font ?
09:43Les bons gérants le font.
09:44Oui, oui.
09:44On le voit sur différentes classes d'actifs.
09:45Oui, oui.
09:46Mais pas toujours.
09:47Et donc, qu'est-ce qu'ils font ?
09:49Ils commencent à acheter un peu plus cher.
09:51Ils commencent à prendre un peu plus de risques.
09:52Ils sortent de leur univers de base.
09:54D'accord.
09:55Bon, là, je fais un peu allusion au SCPI.
09:57On l'aura compris.
09:58C'est ce que j'allais dire.
10:00En tout cas, c'est ce qu'on a vu il y a quelques années.
10:02Oui, bien sûr.
10:02Mais ce n'est pas parce que vous envoyez
10:05beaucoup d'argent retail
10:07que vous avez retailisé la liquidité.
10:10Ce n'est pas vrai.
10:13Et dernier truc, c'est justement la liquidité.
10:16Vous pouvez essayer de faire rentrer un rond dans un carré.
10:20Ce n'est quand même pas si simple de faire croire
10:21que vous allez rendre liquide un actif illiquide.
10:25Donc, en Europe, il y a les LTIF 2.0
10:28qui essayent quand même un peu d'encadrer la chose
10:31avec des mécanismes de liquidité qui sont un peu prévus.
10:35On ne laisse pas l'épargnant tout seul dans son véhicule.
10:39Mais quand même, on a un sujet.
10:41Ce n'est pas si facile de retailiser la liquidité.
10:45Et en réalité, il faut arriver à expliquer ça correctement au client
10:50et que le client l'entende et l'entende dans la durée.
10:53On va parler de produits structurés et de liquidités.
10:57Juste avant, François-Xavier Serre, je rebondis sur les ETF.
11:00Est-ce que les ETF, et notamment la création d'ETF MSCI World,
11:06qui se sont développés quand même sur des marchés haussiers,
11:09ont pu faire croire que c'était facile d'aller vers des produits
11:13un tout petit peu plus sophistiqués
11:15que la détention d'une assurance vie à 60-40, par exemple ?
11:22Le 60-40, ça a été longtemps un modèle qu'on a développé, qu'on a exposé,
11:26en disant qu'il faut effectivement ce 60-40 qui a été développé aux Etats-Unis,
11:29importé en Europe, qui permettait normalement d'avoir cette allocation équilibrée,
11:33performante dans le temps.
11:33Et puis forcément, comme toute martingale, elle n'existe pas.
11:37D'accord.
11:38C'est même pas qu'elle n'existe plus, c'est qu'elle n'existe pas.
11:40C'est qu'elle n'existe pas.
11:40Mais la martingale n'existe pas en finance, il faut dire ce qui est...
11:43Ça n'existe pas dans le temps.
11:44Ça n'existe pas dans le temps.
11:45Voilà, c'est exactement ce que j'allais dire.
11:46C'est-à-dire que ça fonctionne à un moment,
11:48et à un moment, c'est le moteur obligataire qui est en panne,
11:50à un moment, c'est le moteur action qui va être en panne.
11:52Donc dire, il faut 60-40, ça n'existe pas.
11:55L'ETF, dire, il faut le MSCI World,
11:57le MSCI World, on peut le critiquer, on peut dire...
12:00Il y a beaucoup de choses à critiquer sur ce qui est simple,
12:03qui s'appelle World, mais qui quand même pose problème.
12:06C'est-à-dire que c'est fait par des Américains,
12:08et puis ça va, il y a le côté financier, il y a le côté sociétal.
12:12C'est-à-dire que c'est des indices faits par des Américains,
12:14par des sociétés américaines,
12:16qui représentent à 70% des actions américaines en sous-jacent.
12:19Et on a quand même les Américains qui sont en train d'aspirer l'épargne,
12:22entre autres des Européens, pour financer des sociétés américaines.
12:25Et finalement, derrière, nous revendent des produits,
12:28sous la forme de services,
12:29qu'en plus, maintenant, ils nous surtaxent.
12:32Donc, on est quand même aussi...
12:33Nous, on a quand même une responsabilité en tant qu'investisseurs,
12:36qui n'est pas rien que conseillers,
12:37de dire, oui, l'ETF, c'est un super produit,
12:40c'est très bien,
12:41ça a permis de démocratiser l'accès au marché actions
12:45à partir de petites sommes,
12:46ça permet d'éduquer les investisseurs,
12:48et ça, c'est extrêmement important.
12:49C'est-à-dire que, je pense que vous le voyez aussi
12:51en tant que conseiller en gestion de patrimoine,
12:52c'est que les gens, aujourd'hui, arrivent plus informés qu'avant.
12:55Ils arrivent déjà avec des ETF ?
12:56Ils arrivent avec des ETF, et c'est très bien.
12:58C'est-à-dire qu'ils sont tous les jeunes,
13:00ils rentrent sur l'investissement par des ETF,
13:02c'est vraiment...
13:03J'ai en plus une clientèle qui est plutôt jeune
13:05par rapport à l'univers de la gestion de patrimoine.
13:06Moi, j'ai des clients qui ont beaucoup 40, 45 ans,
13:08qui cèdent leur première boîte,
13:09c'est quelque chose qui est assez French Tech, ma clientèle,
13:12qui, très souvent, ils ont un premier compte
13:13d'une banque en ligne,
13:14pas forcément française,
13:16parfois, il y a un peu de crypto,
13:17il y a un peu d'or,
13:19il y a un peu d'ETF...
13:20Il y a des tests.
13:22Est-ce qu'ils arrivent après à rapatrier ?
13:23Ça, c'est un autre sujet.
13:24Mais on peut parler des cryptos.
13:25Est-ce que nous-mêmes, on arrive derrière ?
13:27Il y a des fois, on met trois mois, quatre mois
13:29à récupérer des comptes titres,
13:31des PEA, à récupérer ça,
13:32parce que c'est sur des plateformes
13:33qui ne nous répondent pas,
13:34c'est très long.
13:36On a aussi le service à pré-vente derrière.
13:38Par contre, c'est sûr que quand il y a
13:38un événement majeur,
13:39on vient voir un conseiller,
13:40parce qu'on se dit,
13:41là, j'ai besoin d'une structuration.
13:42Par contre, on arrive sur des personnes
13:44qui savent ce que c'est qu'une action,
13:45qui savent ce que c'est que la volatilité,
13:47mais qui, effectivement,
13:48sont habitués à une liquidité parfaite.
13:51Et ça, c'est quelque chose
13:52qui peut être problématique.
13:53Donc, l'ETF a eu l'avantage
13:54de démocratiser,
13:56peut-être critiquer,
13:58à cette liquidité
13:59qui est la liquidité du marché d'action,
14:01qui est par moment bonne,
14:03par moment pas bonne.
14:03Bien sûr.
14:04Et qui a eu surtout cet avantage fabuleux
14:05qui est celui de faire baisser
14:06les frais du marché d'une façon générale.
14:08Parce qu'il ne faut pas oublier
14:08que la rétabilisation
14:09de l'ensemble des produits,
14:10avoir accès à énormément
14:11de produits différents,
14:12permet la concurrence,
14:14permet de faire baisser
14:15les frais.
14:15Nous, en tant que conseillers,
14:16nous diminuons nos marges.
14:17Ce n'est pas plus mal.
14:18Mais surtout,
14:19permet in fine pour le client
14:20d'avoir quand même
14:20des produits un petit peu moins chargés.
14:22Donc ça, c'est quand même un avantage
14:22de voir qu'il y a beaucoup d'acteurs
14:24sur le marché qui proposent...
14:25Les bénéfices de la démocratisation,
14:27même si on n'aime pas
14:28le terme de démocratisation.
14:28C'est le bénéfice
14:30d'avoir accès à plus d'acteurs
14:32et de la concurrence,
14:33tout simplement.
14:33Un marché plus concurrent,
14:34c'est un marché qui est plus déficient.
14:35Et que penser de la sortie
14:38de nouveaux produits en ETF
14:40qui viennent proposer
14:41donc parfois du capital garanti,
14:44parfois répliquer des fonctionnements
14:45de produits structurés ou autres.
14:47Est-ce que là,
14:48c'est toujours dans une dynamique
14:50vertueuse de démocratisation ?
14:52Non.
14:52Je trouve que c'est l'afflux...
14:53Pour moi, c'est clair.
14:54Pour moi, c'est l'excès de liquidité
14:58et c'est l'excès d'attention aussi.
14:59On le sait,
15:00les marchés financiers,
15:01les investisseurs passent rapidement
15:02d'une classe d'actifs à une autre.
15:04Et les marchés se racontent une histoire.
15:06À un moment,
15:06on est focus sur le pétrole.
15:08À un moment,
15:08on est focus sur l'or.
15:09À un moment,
15:09on est focus sur l'IA.
15:10Il y a deux ans,
15:11on ne pouvait pas lever
15:122 millions ou 3 millions d'euros
15:14sans dire,
15:14je monte ma boîte SASS.
15:15Trois ans après,
15:16si on a une SASS,
15:17c'est moins 80%.
15:18C'est cette idée-là d'attention.
15:21On peut faire un parallèle
15:22avec la gestion de patrimoine.
15:23Le nombre de prospects
15:24qui arrivent aujourd'hui,
15:25parce qu'ils ont écouté YouTube
15:27et d'autres choses,
15:28en nous demandant une holding,
15:30en nous demandant un contrat
15:31d'assurance-vie luxembourgeois,
15:32alors qu'ils n'en ont factuellement
15:34pas besoin,
15:35c'est dingue.
15:36En fait,
15:36notre rôle de conseiller,
15:37c'est parfois,
15:38c'est souvent de dire non.
15:39D'accord.
15:40Non, ça, c'est pas pour vous.
15:41Alors, c'est d'autant plus vrai
15:43pour les produits retail.
15:44Et nos clients nous aiment
15:45quand on leur dit non.
15:46Mais ils viennent
15:47pour qu'on leur dise non.
15:48Non, vous n'avez pas la possibilité.
15:49C'est vrai qu'il y a un vrai sujet.
15:52Il y a cette volonté
15:53de flécher l'épargne
15:54et d'une partie,
15:56effectivement,
15:56des professionnels
15:57de l'investissement
15:57d'aller proposer
15:59leurs investissements
16:00à des clients finaux.
16:01Mais il y a aussi
16:02une montée en puissance
16:03de la pédagogie financière
16:04avec,
16:05et notamment,
16:05des influenceurs financiers
16:07ou autres,
16:07avec des gens
16:08qui ont des discours
16:10très qualitatifs
16:11et d'expertise,
16:12d'autres un petit peu moins.
16:13Et peut-être, du coup,
16:14cette idée
16:15qu'il me faut absolument
16:17le dernier produit
16:18qui est proposé
16:19aux plus grandes fortunes
16:20avec cette idée
16:21que c'est forcément
16:21un produit meilleur,
16:22même si ça ne correspond pas
16:24à mon profil.
16:25Alors,
16:25on peut décrypter
16:26un petit peu les choses.
16:27Premièrement,
16:28moi,
16:28je serais toujours
16:29très positive.
16:30Et là,
16:30j'accepte le mot
16:32démocratisation
16:33quand on ne parle pas
16:37particulièrement
16:37d'un produit.
16:38Bien sûr.
16:38Mais oui,
16:39c'est très très bien.
16:40Moi,
16:40ça fait plus de 40 ans
16:41que je suis dans cette industrie
16:43de voir aujourd'hui
16:44le mouvement,
16:46notamment des jeunes,
16:47plus jeunes que les vôtres,
16:4925 ans et tout ça,
16:50vraiment qui rentrent
16:51dans la vie active,
16:52qui sont arrivés
16:53depuis le Covid.
16:55Oui,
16:55ils sont arrivés
16:56avec des cryptos,
16:57ils sont arrivés
16:58à des ETF.
16:59C'est notre responsabilité
17:01de pouvoir maintenant
17:03tirer le fil
17:03et de les éduquer
17:04à d'autres choses.
17:05Donc moi,
17:06je vois ça
17:06de façon assez positive.
17:08Les réseaux sociaux
17:09sur la démocratisation,
17:11c'est comme les réseaux sociaux.
17:12Il y a des choses
17:13très très bien,
17:14très qualitatives
17:15et puis,
17:16il y a des choses
17:17moins bien.
17:17Le marketing
17:18qui se fait
17:19uniquement sur
17:21vous allez avoir
17:23accès
17:23à quelque chose
17:24que des happy few
17:27institutionnels
17:27avaient le droit.
17:27que seuls les riches connaissent.
17:29On envoie tous les jours
17:29sur les réseaux sociaux.
17:31C'est du mauvais marketing
17:31et même des institutionnels.
17:33On le sait,
17:34les produits
17:35de private equity
17:36pour les institutionnels,
17:38ils n'ont pas
17:39la même rentabilité
17:40que ceux
17:40pour le retail
17:41et on sait pourquoi
17:42la question de liquidité,
17:43elle est majeure.
17:45Voilà.
17:45Donc,
17:45il faut juste
17:46avoir un discours
17:49fiable
17:50et honnête
17:51et deuxièmement,
17:52oui,
17:52l'autre vecteur
17:53vraiment qui fonctionne
17:54beaucoup avec les jeunes
17:55et sur lesquels
17:56on attire l'attention,
17:57c'est que quand vous faites
17:58un investissement,
17:59et je reviens toujours
18:00à l'introspection,
18:01ce n'est pas anodin
18:03de se dire
18:03on se pose des questions,
18:04il n'y a pas de précipitation,
18:06on ne va pas rater
18:07une opportunité.
18:08Donc,
18:08on réfléchit,
18:09on ne comprend pas,
18:11tant que je ne comprends pas,
18:13je n'investis pas.
18:13Moi,
18:14j'ai une anecdote
18:15d'un grand responsable
18:18d'une salle de marché
18:19d'une très grande banque française
18:20qui m'a dit
18:21plus je vais,
18:22plus je dis
18:23qu'il faut investir
18:24dans des choses
18:25que je comprends
18:26et qui ne m'empêchent pas
18:27de dormir la nuit.
18:28Donc,
18:29alors bon,
18:29là on sort de la canicule,
18:31on était un petit peu
18:31empêchés de dormir,
18:33mais pour d'autres raisons.
18:34Donc ça,
18:35c'est fondamental.
18:36Donc oui,
18:36on peut aller vers
18:37la réutilisation,
18:38oui,
18:38il le faut,
18:39oui,
18:39je pense qu'il faut que les Français
18:40soient plus éduqués
18:41et prennent,
18:42et on pourra même faire
18:43une digression
18:44sur les femmes
18:46particulièrement,
18:48mais il faut y aller
18:50dans de bonnes conditions.
18:52Donc il faut accompagner
18:52ce mouvement.
18:53Les bonnes conditions,
18:54ça veut dire quoi ?
18:55Ça veut dire démocratiser
18:56la compétence,
18:57parce qu'en réalité,
18:59on réutilise le produit,
19:00mais si on réutilise pas
19:01la compétence qui va avec,
19:02on n'a rien gagné.
19:03Ritaliser la compétence,
19:04ça veut dire quoi ?
19:05Transmettre plus ?
19:06Voilà,
19:06transmettre plus,
19:07faire en sorte que chacun
19:08qui souscrit dans un produit
19:09le fasse en connaissance
19:11de cause,
19:12qui vérifie que ça correspond
19:13à son profil,
19:13à ses objectifs,
19:14qu'il est capable de supporter
19:16le risque,
19:17qu'il a une bonne appréciation
19:18de l'instrument.
19:19Donc ça,
19:20c'est extrêmement important.
19:21Mais ça veut dire
19:22qu'on ne fait plus
19:22de produits complexes dans ce cas ?
19:24Ou alors seulement
19:25pour des clients très avertis ?
19:26On adapte le produit
19:28au client.
19:29Mais donc par exemple,
19:29si je prends l'exemple
19:30des produits structurés,
19:31ça veut dire qu'il y a
19:32beaucoup de gens aujourd'hui
19:33qui ont été équipés
19:33de produits structurés
19:34qu'ils ne comprenaient pas trop ?
19:35Mais c'est terrible.
19:36Oui, c'est ça ?
19:36C'est terrible,
19:37vous ne voyez pas ce qu'on voit ?
19:38Ah bah non,
19:39mais c'est pour ça
19:41et ce qu'on récupère
19:42comme portefeuille.
19:43Parce qu'en transfert,
19:45on en récupère.
19:45Parce qu'on peut faire
19:46les ordres de remplacement,
19:47donc récupérer des contrats
19:48qui étaient parfois
19:48chez des confrères
19:49et qu'on récupère.
19:51On va prendre l'exemple
19:52le plus connu en ce moment,
19:53c'est le Stellantis
19:53où il y a 2,4 milliards de pertes
19:55pour les investisseurs.
19:56L'attente, mais oui.
19:57L'attente, mais la probabilité
19:59que ça soit revue
20:00est quand même assez peu probable
20:02par les investisseurs.
20:03Moi, j'ai encore des portefeuilles
20:04que j'ai récupérés
20:05avec du Renault dedans.
20:06Mais les produits structurés,
20:07ils ont été faits il y a 8 ans.
20:08La ligne, elle est à moins 70,
20:10moins 75.
20:10Ils ne reverront pas
20:12leur capital.
20:13Ils vont récupérer
20:1310, 15% peut-être
20:15de ce qu'ils ont investi
20:16il y a 8 ans.
20:17Mais alors, moi, là-dessus,
20:18il y a quelque chose
20:18que j'aimerais comprendre
20:19parce que j'en ai fait beaucoup
20:20des émissions sur les produits structurés
20:21et souvent, on me parle
20:22de produits structurés
20:22à capital garanti
20:23qui va avec cet argument
20:25de rétélisation,
20:26justement, de démocratisation.
20:28Bon, là, sur Stellantis,
20:28je comprends que c'était
20:29il y a 8 ans,
20:30ce n'était peut-être pas le cas.
20:31Non, Stellantis,
20:32ça a été fait il y a moins d'un an.
20:33C'est des choses qui ont été faites
20:34il y a un an, un an et demi.
20:35Renault, ça a été fait.
20:36Oui, d'accord.
20:37Mais de toute façon,
20:38la single stock,
20:39enfin, moi, ce que j'ai pu voir passer
20:40au cours des...
20:40Moi, qui suis un vieux
20:41conseiller en vieux son patrimoine,
20:42bien sûr,
20:42ça fait quand même plus
20:45d'une dizaine d'années
20:45que je fais ce métier.
20:46J'ai quand même vu passer
20:46un type de produit structuré,
20:48particulièrement,
20:48qui fait défaut.
20:50C'est le produit single stock,
20:51donc sur une action.
20:53Quand vous vous exposez
20:54à une action
20:56à un moment précis,
20:57moi, j'en ai vu passer
20:58du structuré la semaine dernière
20:59sur SpaceX.
21:02SpaceX, si vous voulez...
21:04Ah, c'est le plus exotique, moi.
21:05J'ai un...
21:06Personne dans le monde artistique,
21:09sans revenu,
21:10ou à peu près, on va dire,
21:115 enfants à charge
21:12dont quelques besoins,
21:14qui s'est retrouvé
21:15en la totalité de son patrimoine,
21:18investi à hauteur de 30%
21:19sur un produit structuré,
21:21maturité 12 ans,
21:22indexé sur un corridor,
21:23CMS 10 ans.
21:24Ça fait 30 ans
21:25que je travaille en finance,
21:26le CMS 10 ans,
21:26pour l'expliquer,
21:27je me concentre.
21:29C'est pas...
21:29C'est pas...
21:29Le corridor, tout de suite,
21:31on met une couche,
21:32maturité 12 ans,
21:33coupon zéro
21:34si jamais la barrière
21:35a été activée.
21:36Donc, on a 30% du patrimoine
21:38qui est à zéro
21:38pendant 12 ans.
21:39Et boumins qui ont été faits
21:40en plus il y a quelques années
21:41sont sortis de ce corridor
21:42et ne rapportent rien.
21:43Mais qu'est-ce qui se passe ?
21:44Alors, là,
21:44j'aimerais comprendre,
21:45parce que peut-on tout
21:46réutiliser, effectivement ?
21:47Là, on voit des produits
21:48complexes qu'on a du mal
21:49à expliquer,
21:50et des particuliers
21:51qui ne comprennent pas
21:52les produits dans lesquels
21:53ils ont bien signé
21:54à un moment pour les avoir.
21:55Mais il y a une règle
21:56qu'il faut partager,
21:57c'est si je ne comprends pas,
21:58je ne fais pas.
21:59Règle universelle.
22:00En finance, règle universelle.
22:01Donc, faites répéter
22:0210 fois s'il faut.
22:03Et j'ai du temps
22:04pour comprendre.
22:05Oui, oui, exactement.
22:06Mais faites répéter
22:0710 fois s'il faut
22:08jusqu'à ce que vous ayez
22:09l'impression de comprendre.
22:09Et au bout de la 10e fois,
22:10si vous n'avez pas compris,
22:12dites je n'ai pas compris.
22:13C'est pas interdit.
22:14Il y a une sophistication,
22:16une complexité
22:17qui est plaisante
22:18intellectuellement dans la finance.
22:19Moi, elle m'a ravie
22:20pendant 30 ans.
22:21Sauf que pour les particuliers,
22:23je pense que ce n'est pas ça l'enjeu.
22:25Il y a une bonne question aussi
22:26pour challenger ce genre.
22:27Donc déjà, il faut comprendre.
22:29Et puis après,
22:30il y a aussi une question de bon sens.
22:31Est-ce que je pourrais arriver
22:32au même objectif
22:33avec quelque chose
22:34de peut-être plus simple ?
22:36Moins cher.
22:37Moins cher.
22:39Oui, mais il y a un sujet frais aussi
22:40sur les produits structurés.
22:41Il y a un sujet frais.
22:42Et rémunération
22:42de ceux qui vous les proposent.
22:44Absolument, il y a un sujet frais.
22:45Et puis je reviendrai
22:46sur quelque chose
22:47que disait François-Xavier.
22:48Il y a aussi
22:49comprendre combien d'intermédiaires
22:52interviennent dans le produit.
22:54Parce que les produits structurés,
22:55on peut aussi avoir un défaut
22:57de l'émetteur du produit structuré.
22:59C'est souvent mis en avant ça pour le coup.
23:01Voilà.
23:01Mais ça, oui, mais bon.
23:02En tout cas sur mon plateau.
23:03Savoir que l'investisseur individuel
23:05le comprend,
23:06c'est une autre chose.
23:08A qui profite le cri ?
23:09Et à qui profite effectivement.
23:11C'est-à-dire,
23:12quel est l'intérêt de la banque
23:13à émettre ce produit-là ?
23:14Quel risque elle couvre, vraiment ?
23:16Sur les indices à décrément,
23:18oui, oui, bien sûr.
23:20Sur les indices à décrément,
23:21c'est évident,
23:22la banque ne sait pas anticiper
23:23le dividende d'une action
23:25de manière précise.
23:26Et c'est un risque
23:26qu'elle veut couvrir.
23:27Donc elle transfère ce risque
23:29au particulier
23:29dans des produits structurés
23:31sur des actions
23:32dont l'indice est à décrément.
23:34Et c'est ça la mécanique
23:36du produit structuré.
23:37À l'origine,
23:38c'est la banque
23:38qui passe le risque
23:40à quelqu'un d'autre.
23:41D'accord.
23:45Sur les agréments
23:46et aussi la fiabilité
23:49des différents types d'acteurs,
23:51parce que je reviens
23:51sur ce que vous disiez,
23:52c'est quand même important
23:53aussi de savoir
23:54est-ce qu'on travaille
23:55avec des acteurs,
23:56est-ce que toute la chaîne
23:57est en réglementation française
23:59ou pas ?
24:00Enfin, moi, je le répète
24:01beaucoup, souvent,
24:03pour Duritel,
24:06voilà, sachez aussi
24:07sous quelles réglementations
24:08vous travaillez
24:10parce que le jour
24:11où vous aurez besoin,
24:12enfin, on ne l'espère pas,
24:13mais ça peut arriver,
24:14où il y a un problème,
24:16eh bien, savoir qu'on est
24:18dans une législation française,
24:20ça coûte quand même
24:20beaucoup moins cher
24:21que d'aller prendre des avocats
24:23à Londres aux Etats-Unis.
24:24On a des contraires
24:25qui ont été condamnés
24:26pour avoir commercialisé
24:27des produits
24:28qui étaient sous une législation
24:29non pas française
24:30en tant que conseillers
24:31en investissement financier
24:32et qui ont pris des multiples
24:34de chiffres d'affaires
24:34en amende derrière,
24:35parfois même jusqu'à
24:36des interdictions d'exercer.
24:37Là, sur les produits structurés,
24:38l'AMF a alerté d'ailleurs.
24:40L'AMF a alerté.
24:41Moi, les décriments,
24:42tu dois avouer que
24:42dès que je vois passer décriments,
24:43ça me fait à peu près fuir
24:46parce que le décriments,
24:47c'est quand même complexe
24:47selon le niveau de l'indice,
24:49selon etc.
24:49Enfin, c'est très complexe
24:50le produit structuré.
24:52Voilà, d'abord,
24:52on a attaqué en pourcents,
24:53puis on a attaqué en points,
24:55puis on n'a pas attaqué
24:56avec un indice à 1 000,
24:57mais avec un indice à 750.
24:58Donc, 50 points sur 750,
25:00ce n'est pas la même chose
25:00que 50 points sur 1 000.
25:02Vous voyez le niveau de...
25:02Là, les trois phrases
25:04que je viens de dire,
25:04je pense qu'il n'y a pas
25:05grand monde qui les a comprises.
25:06Contrairement au corridor
25:07CMS 10 ans.
25:07Voilà, qui est une évidence absolue.
25:09Mais c'est ça la réalisation,
25:13c'est-à-dire se dire
25:13que ce sont des produits complexes,
25:15il faut bien dissocier l'accès,
25:17c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
25:17on peut investir dans ces produits,
25:19mais est-ce qu'on doit y investir
25:21parce qu'on les comprend ?
25:22Et c'est deux notions
25:23qui sont extrêmement différentes.
25:24En fait, on vous ouvre la porte,
25:25mais on ne vous donne pas les clés.
25:27D'accord.
25:27Et c'est vache, en fait.
25:29Ce n'est pas un joli cadeau.
25:31Mais il faut se constater
25:31que beaucoup de particuliers
25:32y sont allés aujourd'hui.
25:33Oui, bien sûr.
25:34Donc...
25:34Mais conseillers.
25:36Conseillers.
25:36Ils y sont allés soit
25:37parce qu'ils ont été influencés
25:38sur les réseaux sociaux,
25:39possibilité une,
25:40possibilité deux,
25:41il y a eu un conseiller
25:42qui a poussé vers ce produit.
25:44En fait, ce qui est difficile
25:45dans cette réalisation,
25:47c'est de ne pas dénaturer
25:48le produit à la fin.
25:49Donc, c'est bien ce qui s'est passé
25:50sur les SCPI, quand même.
25:53On a rentré une masse de pognon,
25:56quand même.
25:56Oui, bien sûr.
25:57Il y a eu un effet de mode
25:59sur les SCPI.
26:00Et il n'y avait pas assez
26:01de sous-jacents investissables.
26:03Donc, tous les gens,
26:05même s'ils avaient un processus
26:06très carré, etc.,
26:07ont été obligés
26:08de l'aménager un petit peu
26:10pour investir vite
26:12parce que le client
26:13est naturel, impatient, etc.
26:16Et c'est comme ça
26:17que ça ne se termine pas bien.
26:18Mais sur les produits structurés,
26:20pardon, parce que sur les SCPI,
26:22on en a beaucoup parlé
26:22sur ce plateau,
26:23il y a effectivement eu des excès,
26:24mais ce n'était pas tout le marché.
26:26Est-ce que sur les produits structurés,
26:27on est là sur un produit
26:30qui ne devrait pas être
26:31dans le portefeuille
26:32des particuliers ?
26:33Ou est-ce que c'est juste
26:35que là, la démocratisation
26:37est allée trop fort
26:37sur les produits structurés,
26:38mais c'est quand même,
26:39ça peut correspondre
26:40à des profils de particuliers ?
26:41La SCPI est un produit
26:43qui est né retail.
26:45Parce que ça a toujours été
26:46un produit accessible,
26:48accessible,
26:49ça a toujours été un produit
26:50qui finalement n'est pas
26:50si complexe que ça
26:51à comprendre
26:53et qui a toujours été
26:54largement distribué.
26:55Par contre,
26:55il a été surinvesti.
26:57Surtarifé.
26:59Surtarifé.
27:00Il y en a qui ont bien mangé.
27:02Il y en a qui ont bien mangé.
27:03De toute façon,
27:03quand il y a de l'argent
27:04à investir,
27:05très souvent,
27:05ça crée des opportunismes,
27:07que ce soit pour capter
27:09de l'argent
27:10ou pour avoir
27:11des rémunérations.
27:12Le produit structuré
27:12est un produit
27:13qui est né complexe
27:14et qui a été démocratisé.
27:15C'est la grande différence.
27:17Et on peut rajouter
27:18la complexité
27:19à la complexité.
27:20On ne démocratise pas
27:21la complexité.
27:22Après,
27:22il ne faut pas tout jeter.
27:24Il y a certains profils,
27:26des profils
27:27qui sont expérimentés,
27:29qui ont déjà eu
27:30l'expérience
27:31des marchés financiers
27:32dans certains cycles différents,
27:34qui ont la capacité
27:35à ce qu'on leur explique
27:36en détail
27:36certains produits structurés.
27:38Après,
27:38je suis d'accord,
27:39il y a des trucs
27:40qu'on ne fait pas.
27:41Le single name,
27:42on ne va pas faire.
27:43Le produit structuré
27:43avec une échéance 12 ans,
27:45on ne fait pas.
27:46Il y a des choses...
27:47Quand vous dites
27:47qu'on ne fait pas,
27:47c'est qu'il ne faut pas faire.
27:48Il ne faut pas faire.
27:49Il y a des règles minimum.
27:50Il faut qu'ils le comprennent
27:51et pourquoi on le fait ?
27:52Ça doit correspondre
27:53à un objectif
27:55dans leur gestion de patrimoine.
27:57C'est une brique.
27:57C'est pas unique.
27:58C'est une brique
27:59qui doit correspondre
28:00à cet objectif-là.
28:00S'ils n'ont pas
28:01un objectif
28:02qui est aligné avec ça,
28:03on ne le fait pas,
28:04on fait autre chose.
28:05Cette brique,
28:06elle n'est pas de 20%
28:07pour tous les clients.
28:08Ah ben non,
28:09ça c'est sûr.
28:09Un mot peut-être
28:10avec vous,
28:11Anne Guéniard,
28:12de ce qu'on a vu
28:13aux Etats-Unis,
28:14ce qui s'est passé
28:15sur la dette privée
28:15aux Etats-Unis,
28:17inquiétude sur les valorisations
28:18des entreprises SaaS,
28:20détenues,
28:20dans lesquelles
28:21un certain nombre
28:22de fonds de dette privée,
28:23de grands fonds américains
28:24de dette privée
28:25avaient investi,
28:27inquiétude sur les valorisations
28:28et beaucoup d'investisseurs particuliers
28:30qui ont voulu sortir
28:31en même temps.
28:32Alors,
28:32ils étaient sur des véhicules
28:33d'investissement
28:33qui étaient cotés en bourse,
28:35qui avaient parfois
28:36des leviers,
28:36donc ce n'est pas du tout
28:37la même mécanique
28:37qu'en Europe,
28:38mais quand même,
28:39ça montre quelque chose,
28:40ça montre qu'il faut aussi
28:42prendre en compte
28:42quand on démocratise
28:44ou retailise l'investissement
28:45qu'il peut y avoir
28:46un comportement moutonnier,
28:47c'est ce qu'on a vu
28:48sur les SCPI aussi,
28:49où on veut tous sortir
28:50en même temps,
28:50puisqu'on a cru
28:52à cette liquidité,
28:53même si elle était partielle,
28:54mais on s'est arrêté
28:55au mot liquidité,
28:56et le jour où il y a
28:57le moindre problème,
28:58en fait,
28:59tout le monde veut sortir
29:00au même moment
29:00comme on sortirait
29:01d'une action en bourse.
29:02Est-ce que là,
29:02il n'y a pas aussi
29:03quelque chose à intégrer
29:04du point de vue
29:04des professionnels
29:05de se dire
29:06que le particulier
29:07n'aura jamais
29:08le même comportement
29:09que l'investisseur institutionnel
29:10qu'a le temps devant lui ?
29:11Exactement.
29:12Alors,
29:12il y a des choses aussi
29:13qui sont paradoxales,
29:14je vais y revenir
29:15sur la bourse,
29:16mais oui,
29:17là,
29:18vous avez complètement raison,
29:19et peut-être
29:22que c'est bien expliqué
29:23quand même
29:24et les conseillers
29:25insistent dessus
29:26et que les particuliers
29:27ne veulent pas entendre
29:28les conditions de sortie
29:29parce que ce cas
29:32existe aussi,
29:33mais c'est vrai
29:33que l'AMF
29:34a bien communiqué
29:36par exemple
29:36sur les SCPI,
29:38les rentes sorties,
29:39comment les mécanismes
29:41de rentes sorties,
29:42on a des appels là-dessus.
29:43Oui,
29:45la société me dit
29:46que je peux sortir
29:47à tel prix,
29:48mais ils ne peuvent pas
29:48me dire quand,
29:49il y a un classement
29:50et tout,
29:50et donc ça,
29:51ce n'est pas bien expliqué.
29:53Donc,
29:54c'est important.
29:55La liquidité,
29:56elle est vraiment
29:57un concept de base
29:58qu'il faut que les investisseurs
29:59comprennent.
30:00Alors,
30:00ce qui est paradoxal
30:01par rapport à la bourse,
30:03et moi,
30:04je viens de là,
30:05donc c'est ce que je connais mieux,
30:06mais le retail
30:07qui est investi
30:08sur des sociétés cotées,
30:09quand les choses bougent,
30:12alors ça,
30:12c'était avant le Covid
30:13et avant les nouveaux entrants,
30:15eh bien,
30:15en fait,
30:16il est assez
30:18il ne panique pas.
30:19Il reste
30:19et à la limite,
30:20il va racheter
30:21pour moyenner
30:23à la baisse.
30:23C'est un peu ce qu'on a vu
30:24au moment
30:25des tarifs douaniers
30:26avec Trump
30:27et tout.
30:28Il y a eu quelques jours
30:28de flottement
30:29puis après,
30:30le retail,
30:32il a racheté.
30:33Donc,
30:33le bémol que je mets,
30:35c'est des investisseurs particuliers
30:36qui sont déjà habitués
30:38à la bourse
30:38depuis de nouvelles années.
30:40Maintenant,
30:41qu'est-ce qui va se passer
30:42dans les années à venir
30:43avec ces nouveaux entrants,
30:44donc ces jeunes investisseurs
30:46qui n'ont pas
30:47inconnu de grande crise,
30:49comment va être
30:50leur comportement
30:52face à ça ?
30:53Est-ce qu'ils vont avoir
30:54un comportement moutonnier
30:55ou pas ?
30:56Voilà.
30:56Mais ce qui est paradoxal,
30:58c'est que sur la bourse,
30:58les investisseurs avertis,
31:00ils restent.
31:01Alors qu'ils pourraient sortir.
31:04Ils pourraient sortir.
31:06Alors qu'on a l'impression,
31:07par exemple,
31:08sur des fonds de private equity
31:09de se sentir coincés.
31:11Et pourtant,
31:11je pense quand même
31:12qu'il y a beaucoup de conseillers,
31:13beaucoup de sociétés
31:14qui le font bien
31:15et qui ont expliqué des choses.
31:17Eh bien là,
31:18il y a une envie de sortir.
31:20Je ne sais pas comment
31:21vous l'expliquez.
31:21Je pense que j'ai une explication
31:23partielle,
31:24qui n'est pas forcément la bonne,
31:25mais il y a l'accès
31:26à l'information.
31:27C'est-à-dire que
31:28quand vous êtes investisseur,
31:30je vous dis n'importe quoi,
31:31chez LVMH,
31:32vous voyez ce que fait LVMH.
31:34Vous voyez des boutiques,
31:35vous avez accès aux rapports.
31:36Quand on est en bourse,
31:37forcément,
31:38il y a une transparence.
31:38Il y a les trimestriels.
31:40Dès que le chiffre d'affaires
31:42est au-dessus,
31:43en dessous,
31:44il y a les profit warnings,
31:45il y a des règles
31:45extrêmement précises
31:46de communication, etc.
31:48Le private equity
31:49a cette difficulté
31:50d'accès à l'information.
31:51D'autant plus
31:52quand on est
31:53sur des marchés
31:54qui sont peut-être
31:54des marchés,
31:55par exemple,
31:56américains
31:56pour un français.
31:58Autant,
31:59nous,
31:59en tant que conseillers,
32:00quand on a,
32:00par exemple,
32:00de la dette privée européenne,
32:01moi, typiquement,
32:02j'en ai un portefeuille,
32:03je sais qu'est-ce qu'il y a
32:04exactement,
32:05je sais quelles sont
32:05les sociétés
32:06qui sont sur la watchlist,
32:07je sais à combien
32:08elles sont valorisées
32:09et j'échange très régulièrement
32:11avec le gérant.
32:12Moi, un fonds aux US,
32:13je vais être très clair,
32:14je n'y mets pas les pieds
32:14parce que je n'ai pas d'infos.
32:15D'accord.
32:16Et il y a aussi
32:17cette espèce de boîte noire
32:18où, du coup,
32:18on ne se fie qu'au bruit
32:20parce qu'on dit
32:21« Ouh là là,
32:21ça va casser aux Etats-Unis
32:23sur la dette »
32:24parce qu'il y a
32:24tous ces mécanismes
32:25qu'on a entendues
32:26sur la dette US
32:26et qui sont réelles
32:27avec des fonds
32:28qui ont été spécialisés
32:29sur certaines thématiques
32:31avec des investisseurs
32:32où on n'a fait
32:33qu'une partie dette
32:34où, à côté,
32:35on ne met pas l'équity,
32:35on ne met pas une partie
32:37plus traditionnelle bancaire
32:38où, en plus,
32:39il y a un effet de levier derrière
32:40où, parfois,
32:40il y a de la titrisation
32:41encore derrière.
32:43On peut peut-être revenir
32:44sur la jeunesse
32:45de tous ces actifs illiquides,
32:47les actifs réels.
32:49À l'origine,
32:50il y a une débancarisation.
32:52C'est-à-dire,
32:52suite à la crise de 2008,
32:53les banques se retirent,
32:54il n'y a plus personne
32:55pour prêter,
32:56il faut trouver
32:56de nouveaux acteurs.
32:57Voilà, on va taper,
32:59en gros,
32:59les institutionnels.
33:01Les institutionnels,
33:03le pouvoir public
33:04va avoir tendance
33:05à les aider
33:06à aller dans cette voie-là.
33:07On peut citer
33:08Solvabilité 2.
33:09Dans le cadre
33:09de Solvabilité 2,
33:10c'était jackpot
33:11de mettre des actifs réels
33:13puisque, comme ça,
33:13comme ils n'étaient pas
33:14valorisés tous les jours,
33:16c'est là où c'est
33:16un peu pousse au crime.
33:17Il n'y a donc pas
33:18de volatilité.
33:19Donc, la volatilité
33:22de votre marge
33:23de solvabilité
33:23est réduite,
33:24ce qui est très très bien
33:25pour un assureur.
33:25Une fois qu'on a rempli
33:26les poches des assureurs,
33:28parce qu'au bout d'un moment,
33:29ils ont leur allocation cible
33:30qui est atteinte,
33:31on ne peut plus en remettre.
33:31Qu'est-ce qu'on fait ?
33:32On cherche des relais.
33:33Et les relais,
33:34on va les chercher
33:34auprès du particulier.
33:36Et pour les particuliers,
33:37ça a une vertu quand même.
33:38C'est un actif
33:39qui ne bouge pas autant
33:40que les marchés actions.
33:41Et donc,
33:42qui empêche parfois
33:43de réagir émotionnellement.
33:45Bien sûr.
33:46de sortir en bas,
33:47de racheter en haut,
33:48etc.
33:49Donc,
33:49pour une portion
33:50du patrimoine,
33:51ça fait du sens.
33:52On capte une prime
33:53des liquidités
33:54et on ajoute un peu
33:55de sécurité
33:56sur sa façon
33:57de gérer les événements.
33:59Le problème...
34:00C'est que là,
34:00on voit qu'il y a
34:00de la réaction émotionnelle
34:01quand même.
34:02Le problème,
34:02c'est que quand tout le monde
34:03rentre sur la même classe
34:04d'actifs,
34:05on arrive à dénaturer
34:07le produit sous-jacent.
34:08La dette privée
34:09que les institutionnels
34:11achetaient il y a 10 ans
34:13dans le cadre
34:13de Solvabilité 2,
34:14ce n'est pas la dette privée
34:15que les particuliers
34:16achètent aujourd'hui.
34:16Ce n'est pas vrai.
34:17Mais est-ce que ça veut dire
34:18que cette réaction émotionnelle
34:20qu'on voit maintenant
34:20sur certains investissements
34:22démocratisés
34:23où il y a beaucoup
34:23d'acteurs qui sont entrés,
34:25est-ce que ça veut dire
34:25qu'il y a un nouveau risque
34:26à prendre en compte
34:26qui est de sortie
34:28tous en même temps
34:29d'une partie
34:29des investisseurs particuliers
34:31assurés par la liquidité ?
34:32On peut résumer
34:32le truc assez simplement.
34:33Sur les fonds overgreen,
34:35sur tout ce type de fonds,
34:36vous avez de la liquidité
34:37tant que vous n'en avez pas besoin.
34:39Parce que le jour
34:39où vous en aurez besoin,
34:40vous ne serez pas tout seul
34:42et il n'y en aura plus.
34:43Donc si vous êtes le seul
34:44pour une raison
34:45totalement anecdotique
34:46d'avoir besoin de liquidité,
34:47vous avez une chance.
34:48Si vous êtes plus d'un,
34:48c'est fini.
34:50Si on veut mettre
34:51un petit pavé dans la mare
34:52en plus sur le plan
34:53du private equity,
34:54si on a ouvert
34:55aux particuliers aussi,
34:56c'est parce que ça permet aussi
34:58de préserver les marges
34:58d'un certain nombre d'acteurs.
34:59C'est-à-dire que
35:00quand vous êtes
35:01un gros fonds de private equity
35:02et que vous avez
35:03comme investisseur
35:04uniquement
35:05des investisseurs
35:06type fonds de pension
35:09que de l'investisseur institutionnel,
35:11il y a un pouvoir
35:11de négociation en face
35:12sur les marges
35:13qui est quand même
35:13assez fort.
35:14Quand vous avez face à vous
35:15du retail,
35:17il n'y a pas du tout
35:18le même pouvoir de négociation.
35:19Donc ça a été aussi
35:19une façon
35:20de préserver
35:21un certain nombre de marges.
35:22Ça amène une question.
35:24Souvent l'argument,
35:25c'est de dire
35:26vous avez accès,
35:27alors pour le private equity
35:28mais pas que,
35:28partout,
35:29vous avez accès
35:30aux mêmes investissements
35:31exactement
35:32que les professionnels,
35:33que les fonds de pension,
35:35que les fonds institutionnels,
35:36bref,
35:36que ceux qui s'y connaissent.
35:37Donc ça pousse un peu
35:39à se dire
35:39j'ai même pas besoin
35:40de regarder dans quoi
35:40j'investis
35:41puisque les professionnels
35:42y vont.
35:42Est-ce qu'il faut
35:44adhérer à ça ?
35:44Ça dépend lesquels.
35:45Il y en a qui sont
35:47quand même
35:47assez transparents
35:48et qui effectivement
35:49vont co-investir
35:50avec des fonds
35:50et qui vont investir
35:51à la fois
35:51leur capitaux propre
35:53parce que généralement
35:53il y a quand même
35:54des capitaux propres
35:54à placer au niveau
35:55d'une société,
35:56vont avoir
35:57un fonds institutionnel
35:58qui va co-investir
35:58aux côtés du fonds particulier.
36:00Ça c'est un gage
36:01de confiance,
36:02de qualité ?
36:03C'est un gage,
36:03en tout cas un minimum
36:04d'alignement d'intérêt.
36:05D'accord.
36:05Quand tout le monde
36:06investit dans le même sens,
36:08c'est quand même
36:08toujours rassurant.
36:10Mais il y a quand même
36:11des mécanismes
36:12notamment pour assurer
36:13la liquidité,
36:14d'être en fonds everging
36:15qui fait que...
36:16Et ça se paye.
36:17Et ça se paye.
36:17Et ça dilue
36:18la rentabilité.
36:20La performance.
36:20Et c'est pas seulement du cash.
36:22Et ce qui est normal.
36:23Ce qui rapporte 12
36:24ou je dis n'importe quoi,
36:26ce qui est rapporté
36:2610 ou 12 pour un instit
36:27va rapporter 6
36:28pour un particulier.
36:29Exactement.
36:29D'accord.
36:29A cause de la liquidité proposée.
36:31Exactement.
36:31D'accord.
36:32Même si les partiels.
36:34Exactement.
36:35Il y a un certain nombre
36:36d'acteurs qui le disent
36:38ouvertement.
36:39Et donc nous,
36:39on n'a pas de problème
36:40avec ça.
36:41Le problème,
36:42c'est quand on vous dit
36:43ah, vous allez avoir
36:44la même performance
36:45que pour des institutionnels.
36:47Donc ça...
36:47Avant frais.
36:48Voilà.
36:49Avant frais.
36:50Donc ça,
36:50c'est pas effectivement
36:53très sain.
36:54Ça fait partie
36:55de ce que je mets en gras
36:56moi comme notion
36:57la liquidité dans les propositions
36:59lorsqu'on fait une stratégie
37:00patrimoniale
37:01et qu'on arrive
37:01à la partie allocation.
37:02La partie liquidité,
37:03moi je la mets en gras.
37:04Ça fait quelques années.
37:04on disait que c'était
37:05extrêmement difficile
37:06de faire accoucher
37:07un client
37:07de ses objectifs réels,
37:10de ses besoins.
37:11Alors le faire accoucher
37:12d'un planning de liquidité,
37:13c'est encore autre chose.
37:14Ah bah oui, bien sûr.
37:15En théorie,
37:16personne n'a besoin
37:16de liquidité.
37:17En pratique,
37:18on a beaucoup plus souvent
37:20qu'on croit
37:20besoin de liquidité.
37:21Donc en fait,
37:22nous,
37:22notre métier,
37:23c'est de calibrer
37:24cette classe d'actifs illiquides
37:25sur le planning
37:26des besoins de liquidité
37:28du client.
37:28D'accord.
37:29Et c'est ça qui doit être
37:30le plus solide possible
37:31pour qu'on ne fasse pas
37:32de bêtises.
37:32Et c'est hyper dur.
37:33Et dans les années à venir,
37:34le private equity
37:35va quand même être compliqué
37:36à gérer
37:36parce qu'on a un stock
37:38qui va sortir là,
37:39qui a été financé
37:40un peu comme la SCPI.
37:41C'est peut-être arrivé
37:42plus rapidement sur la SCPI
37:43que sur le private equity
37:44parce que la SCPI,
37:45ça s'est tendu
37:46plus rapidement
37:47avec en fait
37:48un législateur
37:49aussi en France
37:50qui a été...
37:51qui a...
37:52C'est pas eux
37:53qui ont mis la bombe
37:53parce qu'on a accusé
37:54à un moment la SCPI
37:55mais autre
37:55de calculer la valorisation
37:57et comme c'est retail,
37:59les prix baissent,
38:01les parts baissent
38:01donc on demande
38:02à retirer,
38:03les particuliers se retirent,
38:05ça matérialise
38:06des nouvelles moins-values
38:06et en fait
38:07c'est très compliqué
38:07sur un fonds immobilier
38:08d'inverser cette tendance
38:09parce que la moins-value
38:10appelle la décollecte,
38:11la décollecte appelle
38:11la matérialisation
38:12de nouvelles moins-values
38:13quand on est en période
38:13de crise.
38:14Il y a aussi un stock
38:15qui existe de private equity
38:16qui a été financé
38:17entre 2019 et 2021
38:20qui maintenant
38:21a 6-7 ans
38:22qui va devoir être refinancé
38:25et ça,
38:25ça va être très compliqué.
38:26Il y a ce stock-là
38:27qui va sortir
38:28sur de la dette
38:28et sur du private buyout
38:31et des choses comme ça
38:32qui ont été financées
38:33plus à côté
38:34toute une série de choses
38:35plus offensives
38:37qui ont été faites
38:37et où on commence
38:38à parler
38:38de licornes zombies
38:40aux Etats-Unis
38:41où il y a quand même eu
38:42des millions
38:43pour ne pas dire des milliards
38:43qui ont été levés
38:44sur certaines boîtes
38:45qui aujourd'hui
38:45ne valent plus rien.
38:47Rapidement,
38:47tous les trois,
38:49très rapidement,
38:49on va commencer avec vous
38:50François-Xavier Serre.
38:52La démocratisation
38:52est-elle une opportunité
38:53pour l'épargnant
38:54et est-ce que ça change
38:55votre métier ?
38:55C'est une opportunité
38:57pour l'épargnant,
38:58c'est une obligation
38:59pour le conseiller
39:00de s'en servir
39:01pour diversifier,
39:02pour avoir plusieurs moteurs
39:03de performance.
39:04Ça change le métier,
39:04ça oblige à être
39:06beaucoup plus complet
39:06parce que ça oblige
39:07à faire appel
39:07à plus de compétences.
39:10Par contre,
39:10ça appelle à faire attention
39:12aux margoulins
39:13qui se développent
39:14par opportunité
39:15parce que dès qu'il y a
39:15de l'argent à prendre,
39:17il y a des personnes
39:17qui vont mal le faire.
39:19Donc, il faut se fier
39:20souvent à l'ADN
39:21des sociétés
39:23avant d'aller chercher
39:25des nouveaux acteurs,
39:26peut-être nouveaux entrants
39:27parfois qui veulent
39:27tout disrupter,
39:28qu'ils ne disruptent pas
39:29forcément très bien.
39:30Claire Bourgeois,
39:31même question.
39:31Bien sûr que c'est une opportunité.
39:34Tout à l'heure,
39:34on disait qu'il faut faire
39:35attention sur la rétélisation,
39:37la démocratisation
39:38à ne pas dénaturer le produit.
39:40On ne peut pas rétéliser
39:41la simplicité,
39:43on ne peut pas rétéliser
39:44la liquidité,
39:45on ne peut pas rétéliser
39:46la capacité,
39:47la profondeur de marché.
39:47Tout ça, ce n'est pas vrai.
39:49Moi, j'appelle de mes vœux
39:50un truc,
39:51c'est la rétélisation
39:53du conseil
39:54en investissement de qualité.
39:55Parce qu'en fait,
39:56cette rétélisation,
39:57elle ne doit aller de pair
39:58qu'avec un conseil de qualité.
40:00Et celui-là,
40:00il n'est pas encore
40:02aussi accessible
40:03qu'on croit.
40:04Comment on fait ?
40:05Parce que tout le monde
40:06peut aller voir
40:07un conseiller en gestion
40:07de patrimoine aujourd'hui.
40:09Justement,
40:09c'est un des...
40:10Alors, on n'a plus le temps
40:11d'ouvrir le sujet.
40:12Non, c'est pas si facile.
40:13D'accord.
40:14Voilà, c'est pas si facile.
40:16C'est assez opaque
40:17comme métier.
40:18La tarification du métier
40:19est particulièrement opaque.
40:23Les gestionnaires de patrimoine,
40:24ils peuvent se parer
40:25de mots un peu techniques.
40:26Donc, ça fait peur.
40:27C'est pas si facile
40:29d'aller voir un conseiller
40:30en gestion de patrimoine.
40:30Et quand on est conseillé,
40:31c'est pas si facile
40:32de dire à un client,
40:33vous êtes trop petit pour moi,
40:35je ne peux pas vous prendre
40:36pour telle et telle raison.
40:37D'accord.
40:38Mais il faut savoir le dire.
40:39Il faut savoir l'expliquer.
40:41Anne Guénard ?
40:42Moi, je vais être
40:42comme mes collègues.
40:43C'est-à-dire que c'est une opportunité,
40:46certainement.
40:47Il ne faut pas la louper.
40:49On a besoin que tous les acteurs,
40:52je dirais, de bonne volonté,
40:54se mettent ensemble
40:55pour se dire,
40:57effectivement,
40:57on crée un marché sain
41:00des investisseurs individuels
41:02en France,
41:03mais en Europe.
41:04On a besoin.
41:05Investir, c'est agir.
41:07Je n'arrête pas de le répéter.
41:08Donc, savoir dans quoi
41:09les particuliers investissent,
41:11est-ce qu'ils vont effectivement
41:13investir sur des boîtes
41:14aux Etats-Unis
41:15ou sur des boîtes européennes
41:17ou sur des infrastructures européennes,
41:19c'est important
41:19qu'ils le comprennent aussi,
41:21même s'ils sont dans une optique
41:24de se construire quelque chose
41:25pour eux.
41:26Ça ne veut pas dire
41:27qu'ils excluent quand même
41:28qu'ils ne vivent pas
41:29dans un monde global.
41:30Donc, on y arrivera.
41:32On va y arriver.
41:34Parce que dans toute cette rétabilisation,
41:37il y a quand même aussi
41:38beaucoup ce discours ambiant
41:39de regarder cette épargne
41:41qui ne sert à rien,
41:41il faut qu'elle soit productive.
41:43Donc, je veux dire,
41:44ça surfe beaucoup là-dessus.
41:45Et ce n'est pas forcément faux,
41:47mais ça vient en augmentant
41:51le niveau d'éducation financière
41:53des Français et des Européens.
41:56Il n'y a pas que la France.
41:56Il ne faut pas que taper sur la France.
41:58Le patrimoine de la plupart des Français,
41:59c'est quand même
42:00une résidence principale,
42:01un livret A,
42:02et pour les plus fous,
42:03une assurance vie
42:03avec du fonds euro.
42:04Donc, on est quand même loin
42:06d'avoir des investisseurs
42:07qui savent ce dans quoi ils investissent.
42:09Il y a énormément de progrès.
42:10Et en fonds euro,
42:11pour pouvoir témoigner
42:13de soirées où je suis allée,
42:14même,
42:15ils ne savent pas ce que c'est.
42:17Et pourtant,
42:17ils ont des produits structurés,
42:18des SCPI.
42:19Donc, il faut...
42:21Non, mais voilà,
42:21il y a beaucoup de gens aussi.
42:23Et il y a quelque chose d'important,
42:24parce que nous,
42:25on fait aussi beaucoup de formations
42:26sur les femmes.
42:27Alors, je suis désolée,
42:27parce que j'en parle toujours,
42:29mais c'est bien.
42:30Il va aussi y avoir
42:31beaucoup de transmissions.
42:32Les femmes,
42:32elles reçoivent aussi
42:33des produits de transmission,
42:35par exemple des actions,
42:36et elles ne s'en sont jamais occupées.
42:39Donc là aussi,
42:39on a des gens
42:40qui vont avoir des produits,
42:41je pense que vous les retrouvez
42:42dans vos cabinets,
42:44et qui disent,
42:45mais attendez,
42:45moi j'ai eu ça par transmission,
42:48qu'est-ce que j'en fais ?
42:49On va malheureusement
42:50devoir s'arrêter là.
42:51Merci à tous les trois.
42:52Merci Anne Guéniard,
42:53directrice générale
42:53de Place des investisseurs.
42:55Merci Claire Bourgeois,
42:56fondatrice de Alpha Conseil Co.
42:57Et merci François-Xavier Seur,
42:59fondateur de Terrae Patrimoine.
43:01Merci à tous les trois.
43:02Merci de nous avoir suivis
43:03dans Patrimoine Cash.
43:05Et je vous dis à très vite
43:06sur Be Smart for Change.
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