- il y a 5 heures
Mercredi 24 juin 2026, retrouvez Jean-Christophe Villette (directeur général, vice-président, cabinet EKILIBRE, FIRPS) et Manuela Zagba (Expert-comptable et CAC, Dyese) dans SMART CAPITAL, une émission présentée par Fabrice Cousté et Arnaud Dumourier.
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00:08Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue dans Smart Capital, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition.
00:14Au sommaire, on va tout d'abord s'intéresser à la santé des entreprises franciliennes avec l'URSSAF qui est
00:19bien sûr aux avant-postes de ce qui se passe dans ces entreprises.
00:23Santé toujours, mais santé mentale, comment vont les dirigeants, quels sont les signes avant-cours, peut-être d'un burn
00:28-out,
00:28comment prendre soin de sa santé, on voit ça dans un instant.
00:31Et puis enfin, IA, on en parle contre Experts-Comptables, qui va gagner le match ?
00:37Comment sont armés les Experts-Comptables pour se servir justement de cette intelligence artificielle ?
00:42C'est tout de suite dans Smart Capital.
00:48Dans Smart Capital, on s'intéresse à la santé des entreprises en Ile-de-France.
00:53On est en compagnie d'un spécialiste, Laurent Antalmy, bonjour.
00:56Bonjour.
00:56Vous êtes adjoint direction chargée des opérations et surtout directeur du réseau des directions territorielles à l'URSSAF Ile-de
01:04-France.
01:04En quelques mots, puisque l'URSSAF, c'est vrai que ça fait un petit peu peur à certains, on va
01:09voir qu'il n'y a pas forcément de raison.
01:11Est-ce que vous pouvez présenter votre activité et surtout le nombre d'entreprises que vous couvrez en Ile-de
01:16-France, la région phare de la France, bien évidemment ?
01:19Alors, tout à fait. La mission principale de l'URSSAF, c'est de financer le modèle social français.
01:24En URSAF Ile-de-France, en 2025, on a collecté 154 milliards d'euros de cotisations et de contributions.
01:31154 milliards d'euros collectés qui sont, en moyenne, 5 heures après, reversés sur le compte des organismes prestataires,
01:39avec pour objectif de payer les frais de santé, de payer les pensions de retraite et les prestations, par exemple,
01:45de la CAF.
01:47Combien d'usagers ? On a à l'URSSAF Ile-de-France 1,8 million d'usagers.
01:53Alors, dans ces usagers, vous avez les auto-entrepreneurs, les travailleurs indépendants, puis vous avez de la TPE à la
01:59très grande entreprise.
02:00D'accord. Ça part, finalement, d'entreprise unipersonnelle, d'une personne, jusqu'à les grands groupes ?
02:05Une personne jusqu'aux grands groupes.
02:07Alors, c'est vrai qu'avec, de par votre activité et surtout la masse de données que vous avez,
02:12vous avez finalement une bonne vision de ce qui se passe, de l'été des entreprises, de leur évolution.
02:17Une question, Laurent, comment vont les entreprises francilaines en ce moment ?
02:21On parle beaucoup du coût de frein au début d'année. Est-ce que c'est quelque chose que vous
02:24voyez dans les chiffres ?
02:25Alors, ce qu'on peut constater, nous, avec les données dont on dispose, c'est que l'économie francilienne, on
02:31peut la qualifier de résiliente.
02:33Résiliente parce que les indicateurs, on a une progression de la masse salariale, à peu près de plus de 1
02:37,5% sur un an.
02:39Ce qui est important aussi, c'est le taux d'impayé, de cotisation impayée, qui reste très faible, inférieur à
02:431%.
02:44En revanche, on constate effectivement, sur le début de l'année, avec la conjoncture économique, le contexte géopolitique international,
02:54on constate un nombre de défaillances d'entreprises un peu plus important.
03:00On est sur le premier trimestre, par rapport au premier trimestre 2025, à plus de 6%.
03:04Et des entreprises qui ont des difficultés conjoncturelles et des besoins de trésorerie.
03:09Et c'est là aussi tout le rôle de l'URSSAF, c'est d'accompagner justement les entreprises en difficulté
03:14pour passer ces moments conjoncturels.
03:16Alors justement, c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais l'URSSAF peut accompagner les entreprises et les
03:20accompagne dans les moments critiques.
03:22De quelle façon ? Comment ça se matérialise ?
03:24Alors, comment ça se matérialise ?
03:25Ça se matérialise déjà par un contact de l'entreprise.
03:28Et ça, c'est très important.
03:29Anticiper pour venir nous voir et nous présenter les difficultés et pour qu'on trouve une solution.
03:34Parmi les solutions, on a notamment des échéanciers de paiement, des délais de paiement.
03:39Et sur l'année 2025, l'URSSAF de France, c'est 1,3 milliard de délais de paiement octroyés.
03:45Et plus de 400 000 entreprises et travailleurs indépendants qui ont été accompagnés.
03:49D'accord. En échéancier, les délais de paiement, ça se fait avec intérêt, sans intérêt ? Comment ça se passe
03:53?
03:53C'est totalement sans intérêt.
03:54C'est juste en renégociant.
03:56C'est juste en renégociant.
03:57Alors, il y a des délais qui peuvent aller jusqu'à 24 mois.
03:59Ça dépend de la situation.
04:01Moi, ce que j'aurais envie de dire aux entreprises, si vous avez des difficultés, anticipez, contactez-nous.
04:07Alors, via votre espace en ligne, vous pouvez contacter.
04:10Ou alors, par téléphone, vous avez deux lignes de téléphone.
04:14Pour les employeurs, le 3957.
04:16Et pour les travailleurs indépendants, le 3698.
04:21On insiste, c'est vrai qu'on entend souvent ça.
04:23Il faut anticiper.
04:24Il faut contacter l'URSSAF et même d'autres organismes, si c'est possible, dès, finalement, les premières difficultés.
04:30C'est ce que vous conseillez.
04:31C'est bien sûr, c'est ce qu'on conseille.
04:33Plus on peut prendre la situation tôt, plus on peut mettre en place un échéancier de paiement, une solution pour
04:39passer un peu ces capes, on va dire, conjoncturelles.
04:41Ça peut arriver, notamment là, on est en ce moment avec la hausse du carburant pour certaines entreprises.
04:46Il faut nous contacter le plus tôt possible parce que plus les débits s'accumulent, plus la situation devient compliquée.
04:53Et là, après, ça devient très difficile de trouver une solution.
04:56Bien évidemment.
04:56Est-ce qu'il existe d'autres dispositifs, justement, pour les très petites entreprises, notamment ?
05:01Oui, il existe d'autres dispositifs.
05:03Il existe des dispositifs, bien sûr, pour les TPE, mais l'URSSAF n'est pas là aussi que pour accompagner
05:08les entreprises en difficulté.
05:09On est là aussi pour accompagner les entreprises dès la création.
05:12Et ça, c'est très important.
05:13On a des dispositifs, des offres première embauche aux offres créateurs d'entreprises.
05:19Près de 170 000 créateurs d'entreprises accompagnés en 2025.
05:24L'idée, c'est vraiment de leur proposer une interlocution dédiée pour les aider dans toutes leurs démarches dès le
05:31début.
05:31Parce que plus la pratique avec l'URSSAF est comprise dès le début, plus c'est simple après.
05:37Et puis surtout pour éviter certaines erreurs qui peuvent coûter cher ou se mettre en dehors de la légalité.
05:42Alors, à ce sujet-là, justement, on a un dispositif de prévention qui s'appelle la visite conseil,
05:47qui permet à une entreprise qui le demande d'avoir le conseil, un diagnostic d'un expert de l'URSSAF
05:54qui vient dans l'entreprise et qui vient analyser les pratiques.
05:57C'est totalement gratuit, je le précise.
05:59Et ça ne donne pas lieu à un redressement.
06:01Et l'idée, c'est justement de regarder les pratiques.
06:03J'ai l'exemple de certaines entreprises qui l'ont demandé, par exemple,
06:07pour comment soumettre les avantages en nature, les véhicules de fonction,
06:11pour éviter un redressement par la suite.
06:13Donc, ne pas confondre visite conseil, effectivement, avec le fameux redressement URSSAF
06:18que craint beaucoup de gens.
06:21Concernant, justement, ces travailleurs indépendants,
06:22on sait qu'ils sont nombreux, surtout en Ile-de-France,
06:24venez de sortir une étude.
06:25Quels en sont les principaux enseignements, Laurent Thalmy ?
06:28Alors, effectivement, on a sorti une étude sur les travailleurs indépendants.
06:31Je pense que s'il y avait deux enseignements à attirer de cette étude.
06:36Le premier, c'est que les travailleurs indépendants,
06:38c'est un pilier de l'économie francilienne.
06:40C'est plus de un million de travailleurs indépendants,
06:43à l'URSSAFIL de France.
06:45Et il y a une hausse importante, plus de 6,5% en 2025.
06:50Donc ça, c'est déjà un premier point, évolution importante.
06:55Grosse masse de nos usagers.
06:57Et en même temps, une forte diversité des profils.
07:01Ça, je pense que c'est intéressant.
07:03Vous avez dans les travailleurs indépendants,
07:04vous pouvez avoir des professions libérales,
07:07des artistes en commerçant et des auto-entrepreneurs.
07:10Les auto-entrepreneurs, c'est 7 travailleurs indépendants sur 10
07:14qui font des auto-entrepreneurs avec des profils très variés,
07:19un revenu moyen annuel inférieur à 9 000 euros
07:22pour les auto-entrepreneurs avec, il faut le savoir,
07:26il y a un tiers des auto-entrepreneurs qui sont en polyactivité,
07:29soit retraités, soit ils ont une autre activité.
07:32Donc c'est un autre public.
07:33Et l'URSSAFIL de France est là aussi pour accompagner
07:36ces publics qui ne sont pas pareils qu'une grande entreprise.
07:39Oui, c'est vrai.
07:40En tout cas, il y a de plus en plus d'activités
07:41et un foisonnement justement à travers ce statut
07:46de l'auto-entrepreneur qui cartonne, il faut bien le dire.
07:48Voilà, on en sait un petit peu plus sur la santé
07:49des entreprises franciliennes, donc il faut confirmer un petit ralentissement.
07:53On espère qu'évidemment, ça va se redresser.
07:55Merci Laurent Thalmy.
07:56Eh bien, merci beaucoup.
07:57Vous êtes directeur du réseau des directions territoriales
07:58à l'URSSAFIL de France et à très bientôt dans Smart Capital.
08:02Merci.
08:06Dans Smart Capital, on va s'intéresser à la santé mentale des dirigeants,
08:11un sujet d'actualité, un sujet peut-être tabou au sujet des dirigeants.
08:15On va en parler avec nos deux invités, deux experts.
08:18On est ravis d'accueillir Jean-Christophe Villette.
08:20Bonjour Jean-Christophe.
08:21Bonjour.
08:21Vous êtes directeur général du cabinet Équilibre,
08:24vice-président de la FIRPS, consultant expert des risques psychosociaux
08:28et des conditions de travail.
08:29Puis je continue puisque vous êtes également psychologue du travail
08:31et des organisations, ingénieur en maîtrise des risques.
08:34Bienvenue à vous.
08:35Bienvenue.
08:35À vos côtés, Abderrahman Megdad.
08:37Bonjour Abderrahman.
08:37Bonjour.
08:38Vous êtes expert comptable et commissaire au compte,
08:41associé du cabinet AFIGEC.
08:43Bienvenue.
08:43Vous êtes également le président national du club des jeunes experts comptables.
08:47Jeunes, c'est en ancienneté, c'est bien ça ?
08:50Oui, c'est ça.
08:50C'est moins de 5 ans d'inscription à l'ordre de la compagnie.
08:53Voilà.
08:54Bon, bienvenue à vous.
08:55Alors, on a besoin effectivement de vos lumières, messieurs.
08:58Je le disais, c'est peut-être sujet tabou.
08:59Alors, pas la santé mentale qui est un sujet d'actualité
09:02puisque c'est une cause nationale depuis deux ans en France.
09:05Mais en tout cas, en ce qui concerne les dirigeants,
09:08c'est vrai qu'on a tendance à moins exprimer les doutes,
09:11les failles qu'on peut avoir quand on est un dirigeant.
09:15Quel est votre regard sur cette question, Jean-Christophe Villette,
09:18si on prend du général au particulier ?
09:21Le général, c'est d'abord la santé mentale, grand enjeu 2025 et 2026.
09:25Oui, la santé mentale qui va concerner toutes les travailleuses
09:29et les travailleurs des organisations,
09:31c'est, comme vous le rappelez justement, un enjeu national,
09:36institué en tant qu'enjeu national,
09:38mais c'est déjà un enjeu national depuis de nombreuses années
09:41à travers le besoin de mieux comprendre
09:44et mieux prévenir l'ensemble des risques professionnels
09:47et particulièrement les risques psychosociaux.
09:50Ça, c'est un point important.
09:52Et peut-être une première question que l'on peut poser
09:54avant de faire le bilan,
09:56c'est combien de dirigeants et de dirigeantes qui nous écoutent
10:00ont été formés à la prévention des risques psychosociaux
10:04et à la capacité de pouvoir,
10:06déjà, on en discutera après sur le diagnostic
10:08de leur propre situation et des solutions,
10:10mais à pouvoir faire un bilan et un premier état
10:13de leur propre situation et de leur propre rapport au travail
10:15et à la fatigue chronique.
10:16Et d'un point de vue global,
10:18on a aujourd'hui,
10:20dans les résultats de la dégradation de la santé dans les organisations,
10:23un bilan en déséquilibre,
10:26avec des incitations à la prévention,
10:28mais globalement, une prévention qui fonctionne peu.
10:31Oui, c'est vrai.
10:31On est plutôt dans les réactions.
10:34Malheureusement, après des cas d'épuisement, de burn-out,
10:36on en entend de plus en plus parler.
10:39Est-ce qu'on a justement des chiffres sur cette formation des dirigeants ?
10:42Ils se forment peu ? Pas assez ?
10:44Comment ça se passe ?
10:45Ou finalement, cette formation, je précise ma question,
10:48est-ce qu'elle est dirigée plutôt vers, finalement, le personnel,
10:50les collaborateurs, mais pas vers soi ?
10:52Alors, dans le dernier sondage, équilibre au pied non-way,
10:55on avait comme résultat une personne sur deux,
10:59c'est un résultat de juin 2025,
11:01une personne sur deux qui a déclaré avoir été formée
11:04aux risques psychosociaux,
11:05tout secteur d'activité confondu.
11:07Une personne sur deux.
11:09On rappelle que l'information et la formation
11:11font partie des éléments obligatoires de la prévention.
11:13Et ce que l'on avait,
11:15c'est une mobilisation inversement proportionnelle
11:18au niveau de responsabilité dans l'organisation.
11:20Donc, plus on remonte vers les instances de gouvernance de l'entreprise,
11:24plus le score de sensibilisation et de formation diminue
11:28et plus la durée de formation et d'accompagnement diminue.
11:31Et quand on regarde les dirigeants,
11:33ça dépend des organisations auxquelles on appartient.
11:36Il y a des éléments de différence.
11:38Plus on est dans une TPE ou une PME,
11:41plus les scores sont bas.
11:42Et plus les dirigeants ont un pourcentage important
11:44du capital de leur entreprise,
11:46plus les scores sont bas aussi,
11:47en termes de sensibilisation et d'information sur ce sujet-là.
11:50Et pour autant,
11:51ce n'est pas pour autant qu'on n'a pas les mêmes soucis
11:54que tout le monde,
11:54notamment quand on pilote son activité.
11:57Abderrahman Megdad, justement,
11:59vous, vous êtes au contact de ces chefs d'entreprise,
12:01de ces créateurs qui ont des difficultés,
12:04qui pilotent avec vous l'entreprise.
12:06Quel est votre regard, justement,
12:07sur cette question de la santé mentale ?
12:10Pour moi, la santé mentale, en fait,
12:12je trouve qu'il ne faut pas faire de dichotomie
12:13entre la santé mentale et la santé physique.
12:15On peut parler de santé tout court,
12:17de façon globale.
12:19Effectivement, les chefs d'entreprise,
12:20ils sont confrontés totalement,
12:22notamment sur les risques psychosociaux.
12:24On s'intéresse beaucoup sur les risques psychosociaux
12:26des employés, donc des salariés,
12:27où on essaye, en fait,
12:29d'avoir des indicateurs pour améliorer leur bien-être,
12:32puisque quand on améliore le bien-être,
12:34il y a des statistiques et des enquêtes
12:35qui ont été faites,
12:37qui démontrent, en fait,
12:38l'impact du bien-être sur la performance.
12:41Mais effectivement,
12:41les chefs d'entreprise,
12:42ça reste encore un sujet tabou,
12:44parce que c'est aussi lié de manière ou d'une autre
12:47à une certaine vulnérabilité,
12:49une vulnérabilité qu'on ne veut pas démontrer,
12:51en fait,
12:52quand on est plus faible,
12:53entre guillemets,
12:54sur cette santé-là,
12:56sur la partie des chefs d'entreprise.
12:58Donc, effectivement,
12:59nous,
13:00ce qu'on pousse,
13:01en fait,
13:01c'est que ces chefs d'entreprise
13:03doivent être suivis,
13:04accompagnés.
13:05Il existe des professionnels,
13:07comme Jean-Christophe,
13:08ici,
13:10pour améliorer,
13:11mais aussi des tips et des indicateurs,
13:13en fait,
13:13qui nous permettent
13:16de baisser,
13:17en fait,
13:18ces risques psychosociaux,
13:19d'améliorer notre santé mentale
13:21de façon ou d'une autre.
13:23D'accord,
13:23on va peut-être voir,
13:24on a compris le sport,
13:25effectivement,
13:25ça peut être une solution,
13:27mais il y a peut-être d'autres choses.
13:28Jean-Christophe,
13:29justement,
13:29une question,
13:30comment on distingue
13:30ce qu'on connaît tous,
13:32le coup de bourre,
13:32le simple passage de,
13:34suite à un coup de bourre,
13:35pour le simple passage de fatigue,
13:36on a beaucoup travaillé,
13:37période intense,
13:38peut-être à la période de fin des comptes,
13:40effectivement,
13:40à un risque d'épuisement professionnel,
13:42de burn-out,
13:43est-ce qu'il y a des signaux d'alerte,
13:44justement,
13:45à surveiller,
13:45ou en tout cas,
13:45à ne pas négliger ?
13:47Il y en a un certain nombre,
13:48mais peut-être qu'on peut poser ensemble
13:50que l'auto-diagnostique,
13:51quand on est un dirigeant ou une dirigeante,
13:54est soumis à un certain nombre de biais,
13:56c'est-à-dire la volonté
13:59de pouvoir dépasser les obstacles
14:01que l'on rencontre,
14:02d'être dans le cas,
14:02et c'est la raison pour laquelle,
14:03chez les dirigeants et chez les dirigeantes,
14:05on a souvent des situations
14:10extrêmement compliquées à gérer,
14:11parce que c'est des personnes
14:12qui ont été jusqu'au bout
14:14de l'investissement
14:16et qui ont largement dépassé les limites.
14:18On a des situations de fatigue chronique
14:21qui augmentent
14:22dans les principales statistiques
14:24dont on dispose,
14:25mais on peut se poser quelques questions.
14:27La première question,
14:28c'est quel est l'état de mon sommeil ?
14:30Est-ce que je dors déjà ?
14:31Est-ce que je dors suffisamment
14:33en lien avec mes besoins ?
14:34Les vôtres, les miens,
14:36les nôtres sont potentiellement différents.
14:38Est-ce que j'ai connaissance
14:39de mes besoins de sommeil ?
14:40Est-ce que je dors suffisamment ?
14:42Deuxièmement,
14:42est-ce que je récupère ?
14:45La récupération peut prendre
14:47des formes différentes
14:47pour chacun d'entre nous,
14:48mais est-ce que je récupère ?
14:49Est-ce que je suis en dette,
14:51en dette de sommeil,
14:53en dette psychologique,
14:54en dette émotionnelle
14:55vis-à-vis de mon activité ?
14:57Est-ce que j'ai du plaisir ?
14:59Est-ce que je m'épanouis
15:00dans mon activité ?
15:01Et est-ce que j'ai du temps
15:02pour pouvoir prendre de la hauteur
15:04et prendre du recul ?
15:05Est-ce que j'ai dans mon emploi
15:06du temps à l'échelle de la semaine
15:08des plages de temps
15:08où je peux penser mon entreprise ?
15:10Où est-ce que j'enchaîne
15:11les réunions ?
15:12Est-ce que je subis
15:13un emploi du temps ?
15:15Quelques questions
15:16pratico-pratiques.
15:17Mais je recommande fortement
15:19que...
15:19Donc, si on prend
15:20non à toutes ces questions,
15:21c'est qu'on n'est pas
15:23peut-être tout à fait au point.
15:25Parce que vous avez dit,
15:26effectivement,
15:26il y a peut-être
15:26un certain déni,
15:28un moment de se dire
15:28je suis capitaine d'entreprise,
15:30on en parlait,
15:30j'ai peut-être des gens
15:31qui comptent sur moi,
15:33j'ai peut-être ma propre famille,
15:34effectivement.
15:34Donc, on a envie
15:36d'aller plus loin,
15:37de se pousser.
15:37Puis, il y a l'angoisse
15:39peut-être de l'échec
15:40aussi pour certains.
15:41Vous avez raison,
15:41mais déjà,
15:42le fait de se poser
15:43ces questions
15:44et d'y répondre,
15:45je n'ai pas un niveau
15:46de confiance
15:46dans la capacité
15:47pleine et entière
15:48d'y répondre.
15:49Ça veut dire qu'il faut
15:50se faire aider par un...
15:50Il faut avoir quelqu'un d'autre
15:51qui vous dit à un moment
15:52attention, vous êtes pas mal.
15:52Un tiers de confiance.
15:53C'est qui ?
15:53C'est un médecin, un traitant ?
15:55C'est un...
15:56Alors déjà, un,
15:57et puis après,
15:58je pense qu'on peut
15:58se partager la parole.
15:59Je pense que vous avez aussi
15:59des bonnes idées sur le sujet.
16:00Mais la première question
16:01que j'ai posée en introduction,
16:03c'est est-ce que je suis formé
16:04sur ces sujets ?
16:04Oui.
16:05Ce n'est pas une option.
16:06Ce n'est pas une option.
16:07Est-ce que je suis formé ?
16:08Et quand, à un moment donné,
16:09on pilote cette thématique
16:10dans son organisation
16:11en lien avec les obligations
16:12santé-sécurité,
16:13mettre en place une information,
16:15une sensibilisation,
16:16une formation,
16:16ce n'est pas juste faire
16:17une croix dans une case
16:18pour être en conformité.
16:20C'est prendre conscience
16:21que la santé mentale,
16:24celle du dirigeant,
16:24de la dirigeante,
16:25celle de l'ensemble
16:26des ressources de l'entreprise,
16:27c'est un actif,
16:29alors immatériel peut-être,
16:30mais un actif de l'entreprise
16:31et le développer doit faire partie
16:33des orientations stratégiques.
16:35Deuxièmement,
16:36avoir la capacité
16:37de faire cet autodiagnostic,
16:38mais de le confronter régulièrement,
16:40ça peut être avec un médecin
16:41ou un professionnel
16:43de psychologie du travail,
16:45en tout cas,
16:45des risques psychosociaux,
16:46mais faire partie aussi
16:47de cercles de dirigeants
16:49au sein desquels
16:50la parole peut être libre,
16:51et je pense que vous pouvez en parler,
16:53est une formidable ressource
16:54pour pouvoir échanger
16:55avec les pairs.
16:55Et je vois une différence,
16:56et je m'arrête là,
16:57pardonnez-moi,
16:57je vois une différence
16:58pour participer
16:59à un certain nombre
17:00d'échanges informels
17:01entre dirigeants
17:02où la parole est assez libérée
17:05sur la fatigue chronique,
17:06sur la difficulté
17:07à faire face aux crises,
17:08sur l'incertitude,
17:09sur la solitude,
17:11et en réalité,
17:12le diagnostic de la situation
17:13de ces dirigeantes
17:14et de ces dirigeants
17:14qui sont dans des secteurs
17:15d'activité pourtant très différents
17:17et assez communs,
17:18mais le reconnaître publiquement
17:19et mettre en œuvre
17:20les mesures dans leur organisation
17:21qui va permettre
17:22de réguler cette situation,
17:23c'est là où il y a un écart
17:24et on doit continuer
17:25et d'œuvrer.
17:26Un effet miroir,
17:26en quelque sorte.
17:27Eh bien,
17:28Anne McNett,
17:30comment ça se passe
17:30pour ces dirigeants
17:31que vous côtoyez ?
17:33À quel moment
17:34on peut les aider en amont
17:35comme disait Jean-Christophe
17:36à l'instant ?
17:37Oui, tout à fait.
17:38Pour répondre sur les propos
17:39de Jean-Christophe,
17:40il y a un point qui est essentiel
17:41et que partagent pas mal
17:42de chefs d'entreprise,
17:43surtout sur les travailleurs
17:44indépendants,
17:44c'est qu'ils soient indépendants
17:45par nature.
17:46Et le phénomène de solitude
17:48peut s'installer.
17:49Et c'est ça,
17:49le premier fléau,
17:50c'est sortir de l'isolement.
17:52Donc effectivement,
17:53il existe des réseaux,
17:54des associations
17:54où ils permettent d'échanger.
17:56Et juste le simple fait
17:57de parler de sa situation,
17:59d'échanger avec d'autres professionnels,
18:00ça réconforte en fait
18:02et ça nous enlève
18:03une charge mentale
18:04puisqu'on n'est pas la seule
18:05à la subir
18:06et on la partage
18:08avec d'autres chefs d'entreprise.
18:09Pour revenir sur le chef d'entreprise,
18:11la différence avec un salarié,
18:13un salarié aujourd'hui
18:14en moyenne en France,
18:15il bosse un peu plus de 35 heures.
18:17Le chef d'entreprise
18:18par nature,
18:18entrepreneur,
18:19il bosse un peu plus,
18:21donc à 42 heures
18:22sur les moyennes nationales.
18:23Et quand on est
18:24travailleur indépendant,
18:25donc travailleur non salarié,
18:26on est à peu près
18:27à plus de 52 heures par semaine.
18:29Donc il y a eu un impact
18:30déjà de productivité,
18:32de volume de travail
18:33qui est très conséquent.
18:35Donc dans les...
18:37Comment on peut se prémunir ?
18:38Jean-Christophe a parlé
18:39effectivement de la partie
18:41sommeil
18:42qui est une denrée indispensable
18:44et je pense
18:45que la première aussi
18:47à prendre en compte.
18:49Donc on a le sommeil,
18:50on a aussi l'alimentation
18:51et peut-être aussi
18:51l'activité physique
18:53qui viennent en fait
18:53aider ces entrepreneurs.
18:55Donc les basiques finalement.
18:55Les basiques.
18:56Bien manger,
18:56bien dormir,
18:57bien récupérer.
18:58Tout à fait.
18:59Et souvent qu'on délaisse.
19:01Pourquoi alors
19:01les chefs d'entreprise
19:02délaissent ces basiques ?
19:05Puisqu'en fait,
19:06on est...
19:06Il y a plusieurs phénomènes
19:08qui expliquent ça.
19:09Il y a des phénomènes exogènes
19:11en fait,
19:12tout à fait,
19:13dans le monde,
19:14dans le contexte
19:14aujourd'hui géopolitique,
19:16il y a des incertitudes
19:17et des facteurs de stress
19:18qui viennent imputer tout ça.
19:20Mais l'entrepreneur,
19:21il se retrouve souvent
19:21face à des situations
19:23où il a une responsabilité,
19:25où il se surcharge
19:26mentalement en fait
19:27par rapport au personnel,
19:29au capital humain
19:29qu'il détient dans l'entreprise.
19:31Il délègue pas assez,
19:31par exemple ?
19:32Alors,
19:33il délègue pas assez.
19:34Il y a aussi
19:35la pression économique
19:36qui fait que,
19:37comment est-ce que
19:38je vais pouvoir payer
19:38les salariés en fin de mois ?
19:41Est-ce que l'ambiance de travail
19:42est-elle juste ?
19:44Est-ce qu'on a
19:44un véritable bien-être
19:45au sein de l'entreprise
19:46de façon globale ?
19:47Etc.
19:48Et puis,
19:49en fait,
19:49on a aussi,
19:50je prends par exemple
19:51l'exemple de l'expert comptable
19:52ou du commissaire au compte,
19:53qui a des pressions
19:55et des échéances
19:57fiscales,
19:57sociales,
19:58juridiques,
19:58comptables,
19:59qui viennent en fait
20:00imputer encore
20:01d'un degré supplémentaire
20:03le stress.
20:04Et le stress,
20:05en fait,
20:05c'est un phénomène pathogène,
20:07donc d'un risque psychosociale,
20:08qui est,
20:09je pense,
20:10le plus important aujourd'hui
20:11au regard des chefs d'entreprise
20:13auxquels il faut faire face
20:14pour améliorer
20:16notre santé mentale.
20:17Après,
20:17les formes de stress,
20:18il y en a un certain nombre,
20:20mais le stress aigu,
20:22qui est quelque chose
20:23de très ponctuel,
20:24du stress chronique
20:25qui malheureusement arrive
20:26à des épuisements professionnels.
20:28Épuisement,
20:29et puis ça peut aussi
20:29malheureusement développer
20:30des pathologies plus graves,
20:31donc il faut bien
20:32en être conscient.
20:33On parle beaucoup
20:34de qualité du travail
20:35pour les salariés,
20:36la fameuse QVT,
20:37Or,
20:37les dirigeants,
20:38ils donnent parfois
20:38le mauvais exemple
20:39en valorisant l'hyperconnexion,
20:43en étant disponible tout le temps,
20:44en finalement se surinvestissant.
20:47Est-ce qu'ils ne sont pas
20:47responsables parfois,
20:49les premiers responsables,
20:49de leur propre épuisement ?
20:52En partie,
20:53en partie par rapport
20:54aux éléments
20:55dont vous parlez,
20:56mais peut-être que
20:57le premier point,
20:58c'est de pouvoir
21:00s'inscrire dans un management,
21:01dans un leadership
21:02ou dans une direction
21:03d'entreprise
21:04lucide et éclairée.
21:06C'est pour ça
21:06que je reviens,
21:07alors vous pourriez me dire
21:08que c'est la troisième fois,
21:09mais je reviens vraiment
21:10sur la nécessité
21:11d'information
21:12et de formation
21:13des dirigeants.
21:14Je pense qu'on devrait avoir
21:15dans son passeport
21:17de dirigeants,
21:18qu'on soit solopreneurs
21:20ou qu'on dirige
21:21une petite,
21:22une moyenne entreprise,
21:23des modules obligatoires
21:25pour être informés
21:27et formés
21:27sur ces sujets-là.
21:28Pourquoi ?
21:29Un, à titre personnel,
21:31parce que je peux avoir
21:33un surengagement,
21:35être dans l'escalade
21:36justement de l'engagement
21:37face aux difficultés
21:38que je rencontre
21:39et choisir un certain nombre
21:40de mauvaises pistes
21:42qui vont amener
21:42une dégradation
21:43de ma santé mentale
21:44et qui vont avoir un impact
21:45sur le fonctionnement
21:45de mon entreprise.
21:46Une fois que je suis
21:47en lucidité
21:48et éclairé sur le sujet,
21:50j'aurai devant moi
21:52une meilleure capacité
21:53de pouvoir comprendre
21:54pour agir
21:55à la fois à titre personnel
21:56mais aussi vis-à-vis
21:58de l'ensemble
21:58de mes collaborateurs
21:59et collaboratrices.
21:59Et quand on parlait
22:00de l'isolement
22:01des dirigeants
22:02et des dirigeantes,
22:03eh bien,
22:04être formé sur ces sujets
22:05permet aussi
22:05de mieux comprendre
22:06les risques
22:07auxquels peuvent être confrontés
22:09les managers
22:10de son organisation
22:11qui,
22:12dans toutes les statistiques
22:13en 2026,
22:14ont une santé mentale
22:15plus dégradée
22:16que l'ensemble
22:17des autres fonctions
22:17occupées dans l'organisation.
22:18C'est un point très important.
22:19Voilà,
22:20vaste sujet en tout cas
22:20avec cette santé mentale
22:22qui, voilà,
22:22tout le monde,
22:23évidemment,
22:24en est responsable.
22:25On a compris
22:26prévention,
22:26évidemment,
22:27et puis,
22:27bien sûr,
22:28formation
22:28et rompre aussi
22:30l'isolement
22:30grâce au groupe
22:31de parlementation
22:32avec la délégation.
22:33Voilà,
22:34merci en tout cas
22:34à nos deux experts,
22:35Jean-Christophe Villette
22:36du cabinet équilibre,
22:37Abderrahmane Megdan
22:38du groupe Afigec.
22:39Messieurs,
22:40merci et à très bientôt
22:41sur Smart Capital.
22:46Il y a fait beaucoup parler
22:49dans les métiers du chiffre.
22:50Certains y voient
22:51une révolution totale,
22:53tandis que d'autres
22:54y voient une menace.
22:56Pour comprendre vraiment
22:58ce qu'elle change
22:59dans les métiers
23:00de l'audit,
23:01on va faire le point
23:02avec mon invité,
23:03Manuela Zagba,
23:05expert comptable
23:06et commissaire au compte
23:08au sein de Dièse.
23:09Manuela,
23:10bonjour.
23:10Bonjour Arnaud.
23:12L'IA est souvent décrite
23:14comme un outil
23:14qui va bouleverser
23:16l'audit,
23:17mais les discours aussi
23:18entre catastrophisme
23:20et triomphalisme.
23:23Alors,
23:23la première question
23:23que j'ai envie
23:24de vous poser,
23:25où se situe réellement
23:26l'IA dans le domaine
23:28de l'audit ?
23:29Alors,
23:30c'est vrai qu'on entend
23:30beaucoup de choses
23:31actuellement,
23:33mais à mon avis,
23:34la réalité est un peu
23:35plus utile
23:37que ce qu'on entend
23:38un petit peu partout.
23:39L'IA,
23:40ce n'est pas un gadget
23:41technologique,
23:42ça c'est clair,
23:43et ce n'est pas non plus
23:44une révolution.
23:46L'IA aujourd'hui
23:47est un accélérateur
23:49de l'audit,
23:50notamment dans les phases
23:51de préparation.
23:52L'IA est capable
23:53de lire,
23:55d'analyser,
23:55de traiter
23:57en quelques heures
23:58ce que des équipes
23:59entières d'audit
24:00faisaient en plusieurs semaines.
24:01Et ça,
24:02c'est la réalité.
24:03en revanche,
24:05l'IA ne produit pas
24:06de vérité absolue.
24:08Une chose est sûre,
24:09c'est qu'on a toujours
24:10besoin de ce regard humain
24:12pour comprendre
24:14un petit peu
24:14le contexte.
24:15Et cette distinction,
24:16elle est fondamentale
24:17parce que si la donnée
24:19d'entrée n'est pas bonne
24:20ou si le cadre
24:21dans lequel
24:22les questions sont posées
24:23est totalement flou,
24:25l'IA peut produire
24:26une réponse convaincante,
24:27mais fausse.
24:28Donc,
24:29c'est hyper important
24:30d'avoir ça en tête
24:31quand on utilise
24:32l'IA notamment,
24:33l'audit pardon,
24:34notamment pour prendre
24:35des décisions.
24:36Donc,
24:36c'est pour ça
24:36qu'il faut avoir
24:37l'expertise
24:38d'un commissaire aux comptes
24:39pour poser
24:40les bonnes questions
24:41à l'IA.
24:42Tout à fait.
24:43Un autre point
24:44qui est important
24:45parce qu'on entend
24:46beaucoup parler
24:47d'automatisation,
24:48d'analyse intelligente.
24:51Que fait vraiment
24:52l'intelligence artificielle
24:54aujourd'hui
24:54dans les missions d'audit ?
24:56Alors,
24:56je vais vous prendre
24:57un exemple
24:58d'une belle PME industrielle
25:00française
25:01dans laquelle
25:02un fonds de private equity
25:04envisage d'investir.
25:06La due diligence
25:07est en cours.
25:08L'IA va principalement
25:09aider sur quatre axes.
25:11Le premier,
25:12c'est l'analyse
25:13et la préparation
25:14de la donnée.
25:15Donc,
25:16on sait que
25:17avant même
25:18de commencer
25:18à analyser
25:19quoi que ce soit,
25:20on a besoin
25:20d'une donnée
25:21qui soit propre,
25:23cohérente
25:23et exploitable.
25:25Dans la vraie vie,
25:26ça n'arrive jamais.
25:27pour ne pas dire
25:28que c'est quand même
25:29extrêmement rare.
25:30Les données,
25:31elles viennent
25:31de trois systèmes différents,
25:33des systèmes comptables,
25:35des systèmes de gestion commerciale,
25:37des systèmes RH.
25:38Ces données,
25:38forcément,
25:39elles ont des formats différents,
25:41elles ont des référentiels
25:42qui sont totalement hétérogènes.
25:44Donc,
25:44l'IA,
25:45dans ce cadre,
25:45va aider
25:46à normaliser,
25:48structurer
25:48pour avoir des formats
25:50qui sont totalement
25:50cohérents et exploitables.
25:51C'est-à-dire qu'elle va
25:52hiérarchiser
25:53certaines informations,
25:54les structurer ?
25:55Exactement,
25:56et les harmoniser,
25:57en fait.
25:58Le deuxième acte,
26:00ça va être
26:00la revue documentaire.
26:01On a trois ans de contrat,
26:03des conventions réglementées,
26:05des factures,
26:07des procès-verbaux
26:07d'Assemblée générale.
26:08L'IA lit
26:09très rapidement
26:10ces données,
26:11elle les synthétise,
26:13elle les rapproche
26:15et elle est capable
26:16de nous fournir
26:17une documentation,
26:19une analyse
26:20qui est assez cohérente.
26:21Le troisième point,
26:23et à mon avis,
26:24c'est là où le changement
26:24est vraiment
26:25le plus profond,
26:26c'est ce que j'appelle
26:28le ciblage
26:28des zones de risque.
26:29De quoi s'agit-il ?
26:31Alors,
26:31le ciblage
26:32des zones de risque,
26:33c'est que,
26:34historiquement,
26:34on audite,
26:35on était plutôt
26:36sur des tests,
26:38des sondages,
26:40des échantillonnages.
26:41Aujourd'hui,
26:42avec l'IA,
26:42on est capable
26:43d'analyser
26:44des populations
26:45entières de données.
26:46De quelle manière ?
26:47Alors,
26:48on injecte,
26:49par exemple,
26:50plusieurs
26:51factures,
26:52un volume d'écriture
26:53comptable,
26:53voilà,
26:54sur trois ans.
26:54On injecte un volume
26:55d'écriture comptable
26:56à l'IA
26:57sur trois ans,
26:58donc ça fait quand même
26:59un volume assez massif
27:00d'écriture,
27:00et l'IA va analyser,
27:02identifier des doublons,
27:04identifier des montants
27:06un petit peu atypiques
27:07pour pouvoir ressortir
27:09des informations,
27:10en fait,
27:11qui peuvent être
27:12très importantes,
27:14en tout cas,
27:14des points sur lesquels
27:16l'auditeur,
27:16lui,
27:16il va aller creuser.
27:17Et à la fin,
27:18l'auditeur,
27:19il se retrouve
27:20avec une carte
27:21précise
27:22des analyses
27:23qu'il va devoir faire
27:24et pas,
27:24voilà,
27:25juste une simple boussole
27:26comme historiquement
27:27où, voilà,
27:28il devait aller chercher
27:29un petit peu partout.
27:30Alors,
27:30on vient de voir
27:30les apports concrets
27:32de l'IA.
27:33Est-ce qu'il y a,
27:33malgré tout,
27:34des pièges à éviter
27:35avec l'intelligence artificielle ?
27:38Oui,
27:39et c'est une question
27:40très importante
27:41parce que,
27:42pour moi,
27:43le piège principal,
27:45c'est ce que j'appelle
27:46le faux sentiment
27:47de sécurité.
27:48De quoi s'agit-il ?
27:49Donc,
27:50ce n'est pas seulement
27:51que l'IA se trompe,
27:52parce que ça,
27:52on le sait,
27:53c'est écrit partout,
27:54l'IA,
27:54les erreurs,
27:56Exactement.
27:57Mais,
27:58ce faux sentiment
27:59de sécurité,
28:00c'est surtout
28:00que l'IA va donner
28:01l'impression
28:02d'une fiabilité,
28:05d'une,
28:06comment dire ça,
28:07d'une...
28:08Une certitude,
28:09presque.
28:09Voilà,
28:09d'une certitude,
28:11d'une réalité,
28:12d'une rapidité
28:13et d'une intelligence
28:14supérieure,
28:15alors même
28:16que c'est un programme
28:17informatique
28:17qui a besoin
28:18de données d'entrée,
28:20de paramétrage
28:21et du regard humain.
28:22Et pour ça,
28:23en fait,
28:24c'est totalement
28:26de la programmation
28:28et du paramétrage
28:29humain.
28:29Quand je parle
28:30de données d'entrée,
28:31je le disais tout à l'heure,
28:33la mauvaise qualité
28:33de données d'entrée
28:34va produire
28:35un mauvais résultat
28:36dans l'IA.
28:38J'ai un autre exemple
28:39sur ce que j'appelle
28:40les définitions
28:41qui ne sont pas partagées.
28:43Des notions
28:44comme le chiffre d'affaires,
28:46la marge,
28:46l'EBIDA,
28:48le respect exceptionnel,
28:49en plus avec la nouvelle
28:51réglementation,
28:52c'est totalement
28:52d'actualité.
28:53Ce sont des notions
28:54qui n'ont pas
28:55la même définition
28:56en fonction des organisations.
28:57Donc selon les modèles
28:58qui ont servi
28:59pour entraîner l'IA,
29:00on peut avoir des biais
29:02dans les résultats
29:02de nos analyses.
29:03Donc ça,
29:03il faut l'avoir en tête.
29:05Après,
29:06on a l'intelligence
29:07du contexte.
29:09l'IA ne sait pas identifier
29:13s'il y a un contexte spécifique
29:15à prendre en compte
29:16pendant une opération.
29:18Je vais reprendre
29:19mon exemple
29:20de la due diligence.
29:21On a chargé les données,
29:23on a trois ans de résultats,
29:25on lui demande
29:25un calcul de marge.
29:26La marge est stable
29:27sur 12 ans,
29:28très convaincant.
29:29Alors,
29:30il y a juste une petite subtilité
29:31qu'on n'a pas dit à l'IA.
29:32Rapidement,
29:32parce qu'on arrive
29:33à la fin de cet entretien.
29:34Donc,
29:34il y a une toute petite subtilité
29:36qu'on n'a pas dit à l'IA,
29:37c'est que cette marge,
29:39elle a changé de définition
29:40en cours d'année
29:41parce qu'il y a
29:42des charges courantes
29:43qui ont été déplacées
29:45et qui ont été capitalisées.
29:46Ça,
29:47l'IA ne le voit pas
29:47si on ne lui dit pas.
29:48Et le dernier piège
29:49qui est très important
29:50auquel on ne pense pas souvent,
29:52c'est l'opacité du traitement
29:54de l'intelligence artificielle.
29:56Donc,
29:56aujourd'hui,
29:57il y a un rapport
29:58KPMG en 2024
30:00qui a énoncé
30:02que 99%
30:04des entreprises
30:04allaient utiliser l'IA
30:05pour la production
30:07de leur information financière.
30:09Et ça,
30:10comment est-ce qu'on le dit aujourd'hui ?
30:12C'est une vraie question
30:12que se pose
30:13en ce moment
30:14de notre profession
30:14et à laquelle
30:15on commence à répondre.
30:16On va conclure là-dessus.
30:18Merci Manuela Zagda.
30:19Je rappelle que vous êtes
30:21commissaire au compte
30:22chez Dièse.
30:23Merci beaucoup.
30:23On termine
30:25cette première séquence
30:26et place tout de suite
30:27au débat.
30:28On va parler RSE.
30:29Merci.
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