Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Ce mercredi 18 février, Raphaël Legendre a reçu Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE, et Guillaume Poitrinal, fondateur de WO2, promoteur immobilier bas carbone, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:06BFM Business et la Tribune présente
00:08Les experts, Raphaël Legendre
00:11Bonjour à tous, bienvenue, il est 10h sur BFM Business, on est en direct pour les experts.
00:16La surprise du jour, c'est Christine Lagarde qui pourrait partir plus tôt que prévu de la BCE.
00:21C'est le FT qui l'affirme ce matin.
00:23La française de 70 ans devrait quitter son mandat avant juin 2027.
00:29Alors sans date précise pour l'instant, mais explication pour le quotidien britannique des affaires,
00:34ce serait pour qu'Emmanuel Macron puisse avoir son mot à dire avant son départ en mai 2027.
00:42Alors après les recrasages à la Banque de France, à la Cour des comptes, au Conseil constitutionnel, bientôt au Conseil
00:48d'Etat,
00:49le président français est-il légitime à verrouiller des postes au niveau européen ?
00:54Et puis qui pourrait remplacer Christine Lagarde à la BCE ?
00:56Quels impacts sur les marchés ou la politique monétaire ?
01:00Ce sera le premier thème des experts ce matin.
01:02Et puis en seconde partie d'émission, on se penchera sur le marché du travail français
01:08et sur sa dépendance aux subventions publiques.
01:12Apprentissage, assurance chômage, plusieurs coups budgétaires sont attendus.
01:17Alors va-t-on vers une désintoxication des aides publiques sur les marchés du travail ?
01:23Une désocialisation de l'économie ?
01:25Ce sera le deuxième thème des experts ce matin avec en toile de fond,
01:30malheureusement l'augmentation inquiétante du surendettement chez les plus jeunes.
01:36Ça, ce sont les derniers chiffres de la Banque de France communiqués ce matin.
01:39On y reviendra en fin d'émission.
01:41Voilà pour le programme.
01:42Il est 10h, passez de 2 minutes.
01:44Vous êtes en direct sur BFM Business.
01:46C'est les experts.
01:47Allez, c'est parti.
01:58Avec, pour discuter de tout ça, sur le plateau, Guillaume Patrinal.
02:02Bonjour Guillaume.
02:02Bonjour.
02:03Fondateur de WO2, promoteur immobilier bas carbone.
02:07Face à vous, Jean-Pierre Petit.
02:08Bonjour.
02:09Bonjour Jean-Pierre.
02:11Président des Cahiers Verts de l'économie.
02:12Et Éric Ayéa.
02:13Bonjour Éric.
02:14Bonjour Raphaël.
02:14Directeur du département analyse et prévision de l'OFCE.
02:19L'annonce du jour, je le disais, c'est...
02:22Enfin, l'annonce, ce n'est pas une annonce.
02:23L'information du jour qui est en home du FT, du Financial Times ce matin.
02:28C'est Christine Lagarde qui pourrait quitter plus tôt que prévu son mandat
02:32à la tête de la Banque Centrale Européenne.
02:35Mandat qui court jusqu'en juin 2027.
02:37Normalement, Jean-Pierre Petit, ça fait une double annonce en France après le départ anticipé
02:44de François Villoroy de Gallo à la Banque de France.
02:48C'est une surprise pour vous ou pas ?
02:49On en avait parlé un peu.
02:50Il y a eu des rumeurs quand même.
02:52Oui, il y avait des rumeurs pour aller à Davos.
02:58J'avoue que je ne sais pas ça, véritablement.
03:02En revanche, c'est vrai qu'il y a une dimension politique là-dedans.
03:06Ça, c'est évident.
03:07Le FT, en tout cas, c'est qu'Emmanuel Macron veut avoir son mot à dire avec Frédéric Schmerz.
03:12Bon, Schmerz, il est là après, en 2027.
03:14Une nouvelle fois, on va nommer quelqu'un d'extrême, enfin, un poste extrêmement important.
03:20Parce que je rappelle quand même que la BCE, c'est le seul organisme opérationnel,
03:24véritablement, de la zone euro, des 21 pays de la zone euro.
03:27Et on se pose la question de la personne, sans se poser la question de la doctrine.
03:34On se pose la question de la personne ou de la nationalité.
03:36Je trouve que l'un peut être parfois lié à l'autre, sur les sensibilités.
03:38Moi, je trouve que quand on avait nommé Christine Lagarde,
03:41il n'y avait pas une vraie réflexion sur ce qu'elle pensait vraiment en matière de politique monétaire.
03:45Oui, parce qu'elle n'était pas banquée sans pas.
03:46Elle ne pensait probablement rien.
03:48En fait, on nomme les gens parce que France, c'est ce qui reste...
03:52C'est une médiatrice, Christine Lagarde.
03:54Oui, médiatrice, le problème, c'est qu'il faut prendre des décisions de temps en temps.
03:57Et on a besoin de temps en temps de décideurs.
03:59C'est collégial à la Banque Centrale Européenne.
04:00Pardon ?
04:00C'est collégial à la Banque Centrale Européenne.
04:02Oui, mais moi, je crois à la personnalité des leaders.
04:05Mario Draghi a réussi à combattre les Allemands qui étaient présents dans le directoire
04:10et évidemment à la tête de la Deutsche Bundesbank.
04:14Et il a réussi à faire des choses qui se sont révélées tout à fait pertinentes
04:18dans les années 2010 face à la crise de la dette souveraine et même au-delà.
04:23Et on ne se pose pas la question de la doctrine.
04:24Donc, on nomme les gens pour les nommer parce que...
04:27Et c'est ça le très mauvais côté de la politique.
04:30On les nomme pour les nommer, quoi, en quelque sorte.
04:32Et c'est-à-dire qu'il faut recaser la classe politique ou administrative.
04:34La classe politique, évidemment.
04:36Ben oui, évidemment, mais je veux dire, c'est pas un poste...
04:39C'est pas l'UNESCO, c'est pas l'OCDE, c'est un poste opérationnel extrêmement important.
04:45Je rappelle qu'on a le plus haut niveau de dette de l'histoire du temps de paix,
04:48qu'on a la croissance potentielle la plus faible depuis 1945,
04:53qu'on a... C'est ce que je répétais dans les...
04:54Je sens que tout cela appelle à une baisse des taux.
04:56Mais on va y revenir, on va y revenir tout à l'heure.
04:58Elle a été interrogée, Christine Lagarde, à Munich.
05:00C'était dimanche à la conférence pour la sécurité, le grand raout international.
05:06Voici ce qu'elle a répondu sur son avenir.
05:08On l'écoute.
05:12La garde, votre mandat prend fin officiellement en octobre 2027.
05:16Je voudrais savoir si vous envisagez de vous installer à Paris, à Genève ou à Bruxelles.
05:21Autrement dit, allez-vous vous présenter à l'élection présidentielle en France ?
05:25Allez-vous diriger le Forum économique mondial ?
05:27Ou allez-vous devenir présidente du Conseil de l'Union européenne ?
05:37Je vais d'abord vérifier où se trouvent mes petits-enfants.
05:41Ensuite, je prendrai une décision.
05:44C'est beau.
05:45Voilà, elle a le sens de la formule, Christine Lagarde, bien sûr.
05:48En même temps, elle a eu 70 ans au 1er janvier.
05:50Peut-être qu'elle en a un peu marre aussi.
05:53Est-ce que c'est véritablement une volonté d'Emmanuel Macron
05:56de pouvoir apposer son seau sur une nomination européenne absolument majeure pour la suite ?
06:01Ou est-ce que, finalement, elle a toujours dit qu'elle voulait partir plus tôt que prévu ?
06:04Elle voulait faire 5 ans, Christine Lagarde.
06:06Oui, je crois qu'il ne faut pas mettre en parallèle ce qui se passe à la Cour des comptes
06:10ou à la Banque de France et la nomination potentielle à la Banque centrale européenne.
06:16Vous voyez, autant le président français va nommer par décret le gouverneur de la Banque de France
06:21et effectivement a décidé aussi pour Amélie de Montchala,
06:25autant sur la Banque centrale européenne,
06:27on a certes son mot à dire, mais ça va être collégial.
06:29Donc, je ne pense pas que ça soit...
06:31Alors, que lui adore décider et qu'il soit là-dedans,
06:35je pense que oui, ça doit lui faire plaisir,
06:36mais je pense que ce n'est pas lui qui va nommer quelqu'un
06:39et un de ses proches forcément à la Banque centrale européenne.
06:42Après, ce qu'a dit Jean-Pierre, moi je suis assez d'accord,
06:45c'est la personne, mais aujourd'hui on voit bien,
06:47les candidats sont quand même affublés d'un mot d'oiseau.
06:51Bien sûr.
06:51Entre le faucon et le colombe, on les a.
06:53Et Christine Lagarde, effectivement,
06:56lorsqu'elle est arrivée, on se demandait si c'était une colombe ou un faucon,
06:59souvenez-vous, et elle a dit « je suis une chouette ».
07:01C'était quand même assez intéressant.
07:03C'est pas mal.
07:04Effectivement, elle a le sens de la formule, on l'a dit,
07:06et c'était son rôle, c'était de dire « attention, aujourd'hui,
07:09enfin en tout cas, moi c'est comme ça que je l'ai interprété,
07:10mais ça commence à être un peu vieux dans mon esprit,
07:13mais aujourd'hui on ne peut plus être faucon. »
07:16Plus d'idéologie et pragmatisme.
07:20Et donc ça, je pense que ça serait important que le prochain ne soit pas faucon.
07:24Et donc il y a des noms…
07:24Il y a un problème sur Schnabel.
07:26Exactement.
07:26Donc il y a des noms…
07:28Ça y est, les noms d'oiseaux commencent à sortir.
07:30Oui, c'est intéressant.
07:31Schnabel, c'est encore pire que ça.
07:32Oui, d'accord, donc c'est intéressant de regarder les noms
07:34parce qu'il y a des noms d'oiseaux.
07:36Et donc, effectivement, il faut que le banquier central,
07:37aujourd'hui, soit un peu plus que, même que colombe, d'accord ?
07:42Il faut qu'il s'intéresse à exactement tout l'environnement.
07:45Y compris l'environnement politique.
07:47Oui, et donc c'est peut-être bien,
07:48mais même si je ne prends pas, moi, l'information d'aujourd'hui
07:52comme argent comptant,
07:53mais c'est bien qu'on s'y intéresse avant.
07:55C'est-à-dire qui sont les potentiels
07:57et effectivement qu'on ne sort pas du chapeau
07:59une Christine Lagarde qu'on ne connaissait pas, d'accord ?
08:01Moi, je pense qu'on a eu quand même de la chance,
08:03même si Mario Draghi était meilleur.
08:04Christine Lagarde, finalement, a fait le job, d'accord ?
08:06Mais qu'on soit bien au courant,
08:08qu'est-ce que l'on veut pour notre banque centrale,
08:09même si cette dernière, on doit le rappeler,
08:10doit rester indépendante.
08:12Bon, pour l'instant, l'ABCE a réagi au papier du Financial Times
08:15indiquant que la présidente Lagarde
08:17était totalement concentrée sur sa mission
08:20et n'avait pas pris de décision encore
08:22sur la forme de son terminé au patrimoine.
08:25Ce qui est amusant, c'est quand même de penser
08:27qu'Emmanuel Macron peut virer Madame Lagarde.
08:31C'est quand même absurde, quoi.
08:33Donc, ce n'est pas Emmanuel Macron qui vire Madame Lagarde.
08:36C'est un peu la lecture qu'on a eue de la démission anticipée
08:38de François Villeroy de Gallo à la tête de la banque de France.
08:41Ça, c'est un peu différent.
08:43Mais là, on est dans une institution européenne,
08:45évidemment, que ça va concerner énormément de gens.
08:48Et je ne pense pas...
08:49C'est amusant, d'ailleurs, dans cette fin de règne,
08:53en fait, d'Emmanuel Macron,
08:53comme on lui prête des pouvoirs qu'il n'a pas
08:55ou qu'il ne veut pas exercer.
08:57Mais ça fait partie, un tout petit peu.
08:58Évidemment, ça fait lire les journaux,
09:01ça fait écouter la radio.
09:03Et qu'est-ce qui reste comme pouvoir aux politiques français ?
09:06À part nommer les copains...
09:07Il y a quand même eu beaucoup de nominations en France.
09:10Ah oui, les nominations, les médailles.
09:12Qu'est-ce qui reste ?
09:14Parler pour ne rien dire.
09:16Voilà ce qu'il leur reste.
09:18Le pouvoir du président de la République,
09:20il tient énormément aux nominations.
09:22Énormément, énormément.
09:23C'est très amusant à voir de l'intérieur.
09:27On a essayé de désintoxiquer un tout petit peu
09:29ce pays à la complexité administrative.
09:30En fait, le véritable chef de l'administration,
09:34ce n'est pas le ministre.
09:35Le ministre, il n'est pas sage.
09:37Le véritable chef de l'administration,
09:39c'est le président de la République.
09:40C'était votre message avec Thierry Mandon à l'époque,
09:42c'est que la simplification devait être portée au sommet de l'État.
09:45Et il peut se séparer des directeurs d'administration centrale.
09:49C'est lui qui propose les jobs les plus enviés de l'administration,
09:53qui sont les présidents d'établissements publics.
09:55Donc, vous allez diriger en fin de carrière un très grand musée,
09:58un très grand château, etc.
10:00C'est l'Institut du monde arabe.
10:02Et tout ça est entre les mains du président.
10:05Et en fait, curieusement, dans la Constitution,
10:07c'est un tout petit passage,
10:09mais en fait, il tient le pays avec le pouvoir de nomination.
10:12Il nomme aux emplois civils et militaires.
10:14C'est le Conseil des ministres, en fait.
10:16Comme il préside le Conseil des ministres.
10:17C'est vrai qu'il me semble-t-il,
10:19le chiffre de plus de 450 nominations,
10:21c'est extraordinaire, effectivement.
10:23Ensuite, la question qu'on doit se poser,
10:24c'est est-ce que ces nominations décrédibilisent l'institution ?
10:29Et donc là, c'est vrai qu'on a beaucoup parlé d'Amélie de Montchalin.
10:33Est-ce qu'effectivement, la nomination d'Amélie de Montchalin,
10:35il ne faudrait pas la regarder comme
10:36est-ce que c'est une copine ou un copain de...
10:39Non, c'est parce qu'elle est qualifiée pour le job.
10:41Elle est qualifiée pour le job.
10:42Et est-ce que la Cour des Comptes, du coup,
10:45est décrédibilisée avec cette nomination-là ?
10:47Vous voyez, c'est ça les vraies questions qu'on doit se poser.
10:48Ce qu'on n'a jamais vu,
10:49mais c'est un premier président de la Cour des Comptes
10:52qui va devoir...
10:53Mais exactement, c'est sa jeunesse.
10:54...jauger son propre travail.
10:55Mais oui, mais alors, c'est plutôt le fait
10:56que ce soit un mandat à vie qu'il faudrait remettre en compte.
10:58Oui, c'est l'inamovibilité des magistrats.
11:01C'est l'indépendance de la traduction financière.
11:02Oui, mais là, c'est un magistrat ordinaire.
11:04Tout le monde est indépendant.
11:05Je veux dire, au bout d'un moment, il faut bien diriger.
11:07Tous les mandats devraient avoir un terme.
11:08Guillaume Potrénal.
11:09C'est évident.
11:10On peut avoir un mandat long,
11:11mais le mandat éternel n'a pas de sens.
11:14Elle peut rester 27 ans aujourd'hui.
11:17C'est juste pas possible.
11:20Et c'est malsain.
11:20Que ce soit d'ailleurs pour un patron du privé,
11:22ou que ce soit pour n'importe qui.
11:24C'est pas bien.
11:25Et alors ensuite, pour la Banque de France,
11:26il faut attendre.
11:27Vous voyez que Villerois de Gallo
11:30désire partir un peu plus tôt.
11:32On va voir s'il a eu des pressions.
11:33Et où est-ce qu'il va retomber ?
11:35Aux apprentis d'Auteuil.
11:36Aux apprentis, oui.
11:37Mais peut-être que ça, c'est juste transitoire.
11:39T'as pas parlé, Eric, de l'Institut du Monde Arabe ?
11:41Ça, c'est intéressant.
11:42Ça, c'est les vieux offices du monarchique.
11:45On nommait les copains.
11:47C'est un peu la monarchie républicaine.
11:49D'accord, mais il y a peut-être moins d'importance.
11:50La Banque de France, ça sera sans doute plus important.
11:53Et moi, j'attends le nom.
11:54Effectivement, si c'est Benoît Coré...
11:56Est-ce que vous seriez choqué de voir un Benoît Coré
11:58aujourd'hui président de l'autorité de la concurrence ?
12:00On préfère voir Emmanuel Moulin,
12:01qui est un général de l'Élysée, nommé.
12:04Exactement.
12:04Entre Moulin et Benoît Coré,
12:06là, par contre, on pourra rediscuter.
12:08C'est vrai.
12:09Donc, Benoît Coré, aucun problème.
12:10Bon, donc pas choqué par cette série de nominations.
12:13Mais non, mais attention, c'est ce qui se fait dans la cinquième,
12:15finalement, on est d'accord.
12:17Non.
12:17Bon, personne autour de la table.
12:19Très bien.
12:20Qui, potentiellement, Jean-Pierre Petit,
12:23pourrait remplacer Christine Lagarde à la Banque Centrale Européenne ?
12:26Il y a des noms qui sont sortis.
12:28J'exclus les Allemands.
12:29Isabelle Stabel, je vois que membre du Nord de l'Ontario.
12:32Les Pays-Bas, je vais donc...
12:33En orientation générale, mais il faut vérifier précisément.
12:37Précisément, c'est plutôt les candidats plutôt d'Europe du Sud.
12:41Oui.
12:42Donc, Pablo Hernandez de Cosse, par exemple,
12:44ancien gouverneur de la Banque d'Espagne.
12:45Mais il faut vérifier aussi ces déclarations, etc.
12:46Parce que là, je n'ai pas tout suivi précisément.
12:48Il va falloir bien étudier la question.
12:50On parle de Nagel.
12:51Alors, est-ce qu'il faut lire les déclarations du président de la Bundesbank,
12:55de la Bundesbank, pardon, Nagel, la semaine dernière,
12:58qui se dit favorable aux Eurobonds ?
13:01Le président de la Bundesbank.
13:03C'est quand même un changement de pied absolument majeur.
13:06Est-ce qu'il faut lire cette déclaration de fin de semaine dernière
13:09comme éventuellement un moyen d'amadouer les Français
13:12dans la course à la BCE ?
13:16Comme président de la Bouba, on m'a connu déjà plus dur, c'est vrai.
13:19Mais pour moi, ça ne suffit pas quand même.
13:22Ça ne suffit pas.
13:23Non, mais il faut un projet.
13:25Il faut un projet.
13:26Il faut quelqu'un qui soit vraiment conscient,
13:28qui soit techniquement bon, mais politiquement bon,
13:30qui analyse bien le monde dans lequel nous sommes.
13:33C'est un monde de conflictualité.
13:34C'est ce que je disais dans l'émission précédente.
13:36Donc, dans politique monétaire, il y a politique.
13:38Il faut agir.
13:39Il ne faut pas se contenter, comme le fait Stable,
13:40de regarder comme si de rien n'était.
13:42Ah, mes petits chiffres d'inflation, ils sont à 2,1, 2,2.
13:45Donc, on ne peut pas baisser les dents.
13:45Donc, une BCE plus politique.
13:47Mais oui.
13:48De toute façon, c'est une décision politique.
13:50Il y a politique dans politique monétaire.
13:52En fait, la politique monétaire,
13:54elle est indépendante depuis peu.
13:57Quand on a créé les premières banques centrales,
13:59alors la première banque centrale, c'est la Banque de Suède,
14:01puis la Banque d'Angleterre,
14:02puis Napoléon, premier consul,
14:04a créé la Banque de France en 1800.
14:06C'était un acte politique.
14:07Enfin, ils n'étaient pas indépendants.
14:08Ils étaient là pour racheter la dette
14:10qui avait explosé durant la Révolution française.
14:12Enfin, je la fais courte.
14:13Mais en gros, c'était ça.
14:15Elles sont devenues indépendantes progressivement.
14:17D'ailleurs, la Fed n'a pas toujours été indépendante
14:20depuis sa création en 1911.
14:21Et même quand elle avait un statut formel d'indépendance,
14:25il y a eu des pressions très fortes
14:26durant la guerre du Vietnam,
14:28de Lyndon Johnson.
14:28Et il y en a encore aujourd'hui.
14:29Bien sûr, de Nixon dans les années 70.
14:31Donc, il ne faut pas croire que c'est des tours d'ivoire.
14:34Ça n'existe pas, des tours d'ivoire.
14:35Voilà.
14:36Je pense que ce qui est important,
14:37c'est que le banquier central européen
14:40déclare, comme l'a fait Mario Draghi à son époque,
14:43que l'euro existera encore demain.
14:45Il va garantir l'euro.
14:46Et que l'euro est à peu près la même valeur
14:48pour tous les États.
14:49Et là, ça veut dire quoi ?
14:50C'est-à-dire que les taux d'intérêt, quelque part,
14:52soient à peu près identiques pour tous les États.
14:53Et vous voyez, aujourd'hui,
14:54moi, je ne fais pas partie de ceux qui s'inquiètent
14:56que les taux soient plus élevés en France aujourd'hui
14:58qu'à l'époque.
14:59Non.
14:59Parce que moi, ce que je regarde,
15:00c'est un peu les spreads.
15:01Aujourd'hui, les écarts de taux,
15:03les écarts de taux à 10 ans
15:06entre l'italien, l'espagnol, le grec,
15:08même l'allemand,
15:09ils sont ridiculement faibles.
15:11On est à des taux identiques
15:12entre l'Italie, la France, la Grèce.
15:14En gros, globalement, la faillite de l'État,
15:16si on peut le résumer comme ça,
15:19la probabilité de faillite de l'État italien,
15:21français, grec, allemand, est zéro.
15:23Donc, on a le même taux.
15:24Et donc, ça garantit, quelque part,
15:26que la Banque centrale est là.
15:28Vous voyez, ce qui était inquiétant,
15:29c'était en 2012,
15:30quand on avait des taux italiens
15:32par rapport aux taux allemands
15:33ou aux taux français,
15:34qui étaient de 6 à 7 points.
15:36Et ça, effectivement,
15:37il y avait la possibilité
15:38de faillite de l'État italien,
15:40de la faillite de l'État espagnol.
15:41Et s'il n'y a plus d'Italie, plus d'Espagne,
15:43il n'y a plus de zone euro.
15:44Et s'il n'y a plus de zone euro,
15:46vous voyez, là, on tombe dans un nouveau monde.
15:47Donc, oui.
15:48Ce risque est écarté aujourd'hui ?
15:49Aujourd'hui, entre nous,
15:51moi, je pense que le banquier central
15:52doit encore garantir
15:54que l'euro existera encore
15:55et que ce soit à peu près
15:56la même valeur pour tous les États.
15:58Il y a ça.
15:58Éric est bien audacieux
16:00en pensant que la probabilité n'existe pas.
16:02Les marchés pensent
16:05que la probabilité d'une faillite,
16:07en effet, de ces pays,
16:09est faible.
16:10Et la même.
16:10C'est nous.
16:11C'est la même.
16:12Mais maintenant,
16:12quand on regarde juste
16:13la capacité de remboursement de la dette,
16:15quand on regarde la couverture
16:17des taux d'intérêt de cette dette
16:20par la possibilité
16:21d'aller extraire davantage
16:23de ressources fiscales,
16:24très franchement,
16:25on est dans une position inquiétante.
16:28Ça ne se voit pas sur les marchés, Guillaume.
16:29Pardon, mais on est...
16:31Pourquoi est-ce que ça se voit sur les marchés ?
16:32Tout simplement parce que les marchés
16:33font un autre scénario
16:34qui est, en effet,
16:35le scénario qui est décrit par Eric,
16:36c'est-à-dire tout ça est un tout.
16:37Et en fait, on ne laissera jamais tomber
16:39le budget français,
16:40on ne laissera jamais tomber la France
16:42parce que, malgré ses excès, etc.,
16:44la France,
16:44c'est la mort qui est allée faire.
16:45C'est l'Italie ou l'Espagne ?
16:46Too big, too big, too fair.
16:47L'Italie, pareil.
16:48Ça, moi, j'ai connu des entreprises
16:51où le spread était à 100, 150 points de base
16:55et puis la semaine d'après,
16:56elles ont déposé le bilan.
16:58Donc, en fait,
16:59tout le sujet des marchés,
17:00c'est qu'ils ne préviennent pas.
17:01C'est comme ça que ça fonctionne.
17:04Donc, un lundi matin,
17:05peut-être qu'on connaîtra, nous,
17:06de notre carrière,
17:07un coup de téléphone
17:08du directeur du Trésor
17:09qui appellera directement
17:11le président de la République cette fois-ci.
17:12Peut-être qu'il mettra en conférence
17:14le ministre de l'Économie
17:15et il dira, monsieur le Président,
17:17je n'ai pas pu placer
17:19mes 15 milliards d'obligations
17:21d'EAT, c'est-à-dire
17:23le marché est en train de s'emballer,
17:25il y a une spéculation contre mon truc,
17:26mon spread est en train d'augmenter,
17:28qu'est-ce que je fais ?
17:29Et là, qu'est-ce qu'il fera ?
17:30Eh bien, il appellera la BCE.
17:32Et peut-être même le FMI
17:33sur un call commun.
17:35Alors, le FMI, pour l'instant,
17:37tant qu'il n'y a pas de déficit
17:38de la balance courante, ça va.
17:40Jean-Pierre Petit.
17:40Mais indépendamment de ce que tu as dit, Eric,
17:42il y a un problème
17:42au niveau agrégé.
17:44C'est-à-dire qu'on a
17:46les niveaux de dette
17:47les plus élevés de l'histoire
17:48du temps de paix, on est d'accord ?
17:49Dette publique et privée
17:50qu'il va falloir renforcer.
17:50On n'a jamais eu autant d'épargne non plus.
17:51On a la croissance potentielle
17:53la plus faible depuis 1945,
17:55très probablement.
17:57Et on a des besoins nets
17:59de financement tendanciels
18:01qui vont exploser.
18:01Augmenter.
18:02Pour des raisons démographiques,
18:03pour des raisons technologiques,
18:04on est très en retard,
18:05pour des raisons,
18:06vous le savez bien, énergétiques,
18:08pour des raisons géopolitiques,
18:09parce que je vous signale
18:11qu'on emprunte actuellement en Europe
18:13pour financer l'Ukraine
18:14et que ce n'est pas fini.
18:15La reconstruction de l'Ukraine,
18:16ce sera pour nous,
18:17bien évidemment.
18:19Donc on a des challenges
18:20qu'on a rarement vus dans l'histoire.
18:22Et donc comment on va le faire
18:23avec les niveaux de taux réels ?
18:24Parce que tu parlais des taux nominaux,
18:25mais ce qui compte dans le long terme,
18:27c'est les taux réels
18:28par rapport à la croissance potentielle.
18:29On n'y arrivera probablement pas.
18:31Aujourd'hui,
18:32si on maintient des taux réels
18:33à peu près au niveau de la...
18:35Je parle du taux agrégé.
18:36Des taux réels à peu près
18:37au niveau de la croissance potentielle.
18:38Il faut un taux réel plus bas.
18:40Toutes choses égales par ailleurs
18:41pour faire du soutien monétaire.
18:42Ce n'est pas ça qui va nous...
18:43Ce n'est pas uniquement
18:44la politique monétaire
18:45qui va nous sortir
18:46de tous nos problèmes
18:47et de tous nos défis.
18:49Mais il faut
18:49un soutien monétaire.
18:52Surtout quand tu as
18:52des pressions déflationnistes
18:53qui commencent à se manifester
18:54dans certains pays dans la France.
18:55Mais Jean-Pierre est une chouette.
18:57Mais c'est exactement cela
18:58que voulait dire...
18:59Il est même chouette, Jean-Pierre.
19:00C'est quelqu'un de chic
19:01et de chouette en plus.
19:03Mais oui, mais c'est ça la chouette.
19:04Il faut effectivement
19:06ne pas regarder que l'inflation,
19:10voire il faut regarder
19:11tous les enjeux de demain
19:12et comment, dans le policy mix,
19:14la Banque Centrale peut participer
19:16à régler l'intégralité
19:17de ces problèmes
19:18qui sont à venir.
19:19Et donc c'est en cela
19:20où il ne faut pas être faucon.
19:21Il ne faut même pas être colombe.
19:23Il faut maintenant
19:24être une chouette.
19:25Mais attention,
19:25ne pas déborder.
19:26D'accord ?
19:27Et souvenez-vous,
19:27on avait traité Christine Lagarde
19:29de Christine Lagaffe
19:30au bout d'un moment
19:31parce qu'effectivement,
19:31elle est allée un peu plus loin
19:33en disant,
19:34c'est moi qui vais régler
19:35le problème du réchauffement climatique.
19:37C'est moi qui vais régler.
19:38Et donc non,
19:39il ne faut pas qu'elle sorte.
19:39Il faut qu'elle mette
19:40dans les conditions optimales
19:42pour que les États
19:43s'en emparent.
19:44C'est aux États
19:44de façon démocratique
19:45de dire comment je règle
19:46le problème de la transition écologique.
19:48On aura une baisse des taux
19:49de toute façon.
19:49Et donc oui,
19:51il faut qu'elle soit
19:51chouette, je suis d'accord,
19:52mais il faut qu'elle soit
19:53moins technocratique,
19:54moins court-termiste
19:55et plus politique.
19:57Voilà.
19:57Si elle est ça,
19:58je suis d'accord pour chouette.
19:59Mais actuellement,
20:00compte tenu de l'ambiance générale
20:01à la BCE,
20:02il faut quand même plutôt
20:02être un peu
20:03un tantinet-colombe.
20:04Non mais Jean-Pierre,
20:05on dirige vers une baisse des taux.
20:06On est d'accord
20:06avec ce que dit Guillaume ?
20:07Moi je pense que oui,
20:08mais Stabel a quand même
20:09dans son interview à Bloomberg
20:10célèbre de décembre,
20:11il a dit que le risque
20:12c'était plutôt
20:12qu'on relève les taux.
20:14C'est vrai.
20:14C'est hallucinant
20:15quand on voit
20:16la situation actuelle de l'Europe.
20:17En réalité.
20:17C'est de la folie
20:18de dire ça.
20:19Elle devrait être disqualifiée
20:21d'ailleurs.
20:21Elle devrait être disqualifiée
20:22parce que c'est une technocrate
20:23allemande court-termiste.
20:25On a les chiffres
20:25de l'inflation là
20:26qui montrent quand même
20:27qu'on a des manœuvres
20:28qui arrivent
20:29et une croissance potentielle
20:30pas faible.
20:31Tu as l'euro
20:31qui s'apprécie
20:32en termes effectifs
20:33par rapport au point bas
20:34de l'été 2022
20:36de 15%.
20:38Tu as les importations chinoises
20:40en zone euro
20:40qui progressent
20:41à deux chiffres
20:42pour une demande intérieure
20:43à 1%.
20:44Tu as une décélération.
20:45On crée quasiment plus d'emplois
20:46en zone euro.
20:47Tu as un tout petit zéro plus.
20:48Tu as quasiment plus rien.
20:50Décélération des salaires.
20:51Et par quel miracle
20:52l'inflation se démarrait ?
20:54La construction.
20:55La construction de logements.
20:56La vente de logements.
20:57Tout ça,
20:57c'est immobilier.
20:58On est en déflation.
20:59Je sais qu'on en a besoin
20:59sur le marché immobilier.
21:01Oui, ça effectivement.
21:01C'est très simple
21:02pour la construction.
21:03Si vous voulez relancer
21:04la construction
21:04et que les jeunes arrivent
21:05à trouver des appartements
21:07et puissent se loger,
21:08il faut des taux d'intérêt bas,
21:09bien sûr.
21:10Il faut des taux d'intérêt bas.
21:11Ensuite,
21:12vous voyez,
21:12la difficulté,
21:13c'est que,
21:14effectivement,
21:14si on regarde,
21:15on raisonne trop,
21:16me semble-t-il,
21:17au niveau de sa nationalité.
21:19Effectivement,
21:20quand je suis allemand
21:21et que j'ai un vieillissement
21:22aussi important
21:23de ma population,
21:24avoir une monnaie forte,
21:25ça peut être un peu intéressant.
21:27D'accord ?
21:27Et de l'autre côté,
21:28quand on est français
21:29et qu'on voit...
21:30Et qu'on a une population
21:31vieillissante aussi.
21:32Oui, mais beaucoup moins.
21:33Les plus jeunes.
21:34On a des taux de fécondité,
21:36même s'ils baissent
21:37nettement au-dessus
21:38de tout le monde.
21:39Je crois qu'il n'y a que
21:39la Bulgarie en Europe
21:40qui a des taux de fécondité
21:41au-dessus.
21:42Donc, certes,
21:42c'est un problème,
21:43mais à un degré moindre.
21:44Et on a moins d'inflation aussi.
21:46Vous voyez ?
21:47Donc, effectivement,
21:47les taux d'intérêt réels,
21:48on peut les regarder
21:49au niveau agrégé.
21:50Mais en France,
21:51effectivement,
21:51aujourd'hui,
21:52le polysémique,
21:52on se dit,
21:53il n'est pas très bien orienté.
21:54Les conditions financières,
21:55ça dégrave.
21:55Oui, parce qu'on a
21:56des taux d'intérêt réels,
21:57nous,
21:58on a des taux d'intérêt trop
21:59par rapport à notre inflation.
22:00Quand je suis espagnol,
22:01ce n'est pas la même histoire.
22:02Mais quand je suis français,
22:03en tout cas,
22:03c'est négatif.
22:04Et en plus,
22:05nous,
22:05on doit,
22:06normalement,
22:07faire une politique budgétaire
22:10qui est moins expansionniste
22:10parce qu'on doit trouver
22:11120 milliards.
22:12Et donc,
22:13on a une politique budgétaire
22:14qui, contrairement aux Allemands,
22:15va être plutôt restrictive
22:17par rapport aux Allemands
22:18qui va être plutôt expansionniste.
22:19Et on a une politique monétaire
22:21qui est un peu plus désavantagée.
22:23Donc, effectivement,
22:24on n'a pas les mêmes enjeux
22:25quand on est français.
22:26Et donc,
22:26c'est en cela
22:27où c'est quand même compliqué,
22:28encore une fois,
22:28dans cette incomplitude
22:29de la construction européenne,
22:31où on a une monnaie
22:32mais on n'a pas d'État
22:33et on a 20 États,
22:3520 et 21 États
22:36sans monnaie
22:37et ça ne peut pas trop fonctionner.
22:39Heureusement qu'on a une Banque centrale
22:40aujourd'hui
22:40qui essaie de réfléchir.
22:42Mais globalement,
22:42il va falloir
22:43qu'on aille un peu plus loin
22:44dans une sorte de fédéralisme
22:47même si ce mot
22:47fait peur à tout le monde.
22:49Fédéralisme pragmatique
22:50dit Mario Draghi.
22:51Qu'on ait des projets communs
22:52et que la Banque centrale
22:53participe.
22:54Et que la Banque centrale
22:55soit plus flexible,
22:56qu'elle arrête
22:57avec ses règles passéistes.
22:58Par exemple,
22:59moi,
22:59j'ai travaillé dans une Banque centrale
23:01parce qu'il se faut bien des règles
23:02Jean-Pierre Petit quand même.
23:03Non, non, non.
23:04Il y a un vieux débat
23:04de la théorie économique
23:05entre rules versus discretion.
23:07Moi, j'ai toujours été favorable
23:09à la flexibilité
23:10d'une manière générale.
23:11Je n'ai pas dit
23:11qu'il ne fallait pas
23:11zéro règle tout le temps.
23:13Mais moi, là, actuellement,
23:14la règle des 2%,
23:15par exemple, d'inflation,
23:16moi, j'ai travaillé
23:17sur cette question.
23:18Je peux vous dire
23:18qu'elle ne correspond pas
23:19nécessairement
23:20à une optimalité
23:23valable en toutes circonstances
23:24selon tous les pays.
23:25Je rappelle toujours
23:26que durant les 30 glorieuses
23:27qui sont la plus forte
23:29période d'expansion
23:31l'inflation était supérieure à 4%.
23:33Je n'ai pas dit
23:33qu'il fallait qu'elle aille à 4%
23:34aujourd'hui, là,
23:35parce que la croissance réelle
23:36était plus forte.
23:37Il y avait une reconstruction.
23:38Il y avait des restructurations
23:39dans tous les sens.
23:40Donc, il fallait un peu
23:41de flexibilité
23:41parce que l'inflation
23:42donne un peu de flexibilité aussi.
23:44Flexibilité nominale.
23:45Et donc, c'est pour ça
23:46que cette norme de 2%,
23:47l'obsession allemande
23:49de forcément passer
23:50nettement sous les deux,
23:51c'est-à-dire
23:51comportement complètement asymétrique,
23:53notamment le discours
23:54sur les prix de l'énergie.
23:55Ah bah oui,
23:56l'inflation est sous les deux,
23:57mais ce n'est pas à cause
23:57de l'énergie.
23:58Donc, ce n'est pas valable.
23:59Mais par contre,
24:00quand c'est au-dessus,
24:01c'est...
24:01Ah oui, oui,
24:01quand le pétrole
24:02est à 80 dollars,
24:0390 dollars,
24:04on va dire
24:04ah oui, oui,
24:05non, là, il y a un problème.
24:05Regardez l'énergie.
24:06Comportement complètement asymétrique.
24:08Voilà.
24:08Donc ça, c'est un truc
24:09qu'il faut prohiber.
24:10Je voulais qu'on revienne juste...
24:12Il nous reste à aller
24:133-4 minutes
24:14sur l'OAT
24:15qui est tombé à 3-3,
24:17qui est à un niveau
24:18extrêmement faible.
24:18Et le spread,
24:19on parlait des spreads
24:20tout à l'heure,
24:20l'écart de taux
24:21avec l'Allemagne
24:22est à 58.
24:23Qu'est-ce qui fait
24:23qu'on est si proche de l'Allemagne ?
24:24C'est un problème de Bunt.
24:25Alors là, il y a un vrai...
24:27Enfin, c'est aussi
24:28un problème de Bunt,
24:28mais c'est un problème
24:29principalement de Bunt.
24:30Il y a une défiance
24:31à l'égard du Bunt.
24:33Il y a une Allemagne
24:34qui serait en dette, oui.
24:35Ah bah, pas qu'un peu.
24:36Ça faisait longtemps
24:36que ça ne lui avait pas arrivé.
24:37La défiance, c'est juste
24:37du pricing juste
24:39d'un niveau d'endettement.
24:40Le déficit public va augmenter
24:41et la dette publique,
24:43si tu regardes les projections,
24:43elle peut augmenter
24:45en l'espace de 5 ans
24:47de 10 points.
24:48Alors, il part de plus bas,
24:48oui, mais au niveau
24:49des émissions brutes, etc.
24:51Sachant que la croissance potentielle
24:52aussi, parce qu'elle n'a pas
24:53pour l'instant
24:54beaucoup augmenté.
24:55Enfin, même la croissance
24:55effective, d'ailleurs.
24:56Elle n'a pas beaucoup augmenté.
24:57Donc, ça rappelle un peu
24:58les années 90,
24:59les années de la réunification.
25:01C'est-à-dire,
25:01tu avais une explosion de la dette
25:03pour financer l'ancienne RDA
25:05et la croissance potentielle
25:06ne redémarre pas.
25:07Pourquoi ?
25:08Elle baissait même.
25:09Pourquoi ?
25:09Parce que tu avais
25:10un vrai problème de compétitivité
25:11à cause du coût
25:13et donc, il ne faut jamais l'oublier,
25:15en 1996-1997,
25:16le taux français est passé,
25:17alors qu'on n'avait même pas
25:18encore l'euro définitivement,
25:20eh bien, le taux français
25:21est passé sous le taux Bund.
25:22Ça arrive dans l'histoire.
25:23Ceci étant...
25:24Sous Jean-Pierre Raffarin,
25:25Premier ministre.
25:27Oui.
25:2980...
25:29Ah non, si c'est 97,
25:31c'était pas...
25:31Non, c'était...
25:32Comment il s'appelait ?
25:3416-97.
25:35Après Alain Juppé.
25:36Juppé, et puis...
25:38On a eu...
25:39Non, mais même si c'était
25:40la gauche, Jospin.
25:41C'était...
25:42Après la dissolution de 97,
25:43c'était absolument...
25:44Après la dissolution...
25:44C'était plus une question...
25:45Elle aussi ratée.
25:46Éric Aya.
25:47Non, mais vous voyez,
25:48quand les taux d'intérêt à 10 ans
25:50étaient en taux négatif
25:52en Allemagne ou en France,
25:53c'était pas l'après-histoire.
25:54C'était en 2021.
25:55Vous voyez, c'était pas non plus
25:56à très longtemps.
25:57On disait, c'est n'importe quoi.
25:58OK.
25:59Là, aujourd'hui,
25:59qu'ils sont à 2,75, 3 ans,
26:02on dit, un peu, c'est n'importe quoi.
26:04On n'est jamais contents.
26:05Ça peut pas toujours être n'importe quoi.
26:07Vous voyez, quel est le juste prix ?
26:08C'est toujours compliqué
26:08de savoir quel est le juste prix des choses.
26:10Mais tout de même,
26:11sur les taux à 10 ans,
26:12donc à taux fixe,
26:14allez, la règle, c'est à peu près
26:15quelle est l'anticipation d'inflation
26:16au cours des 10 prochaines années.
26:18OK.
26:19Et après, quelle est la croissance...
26:20Plus, quelle est la croissance potentielle
26:22au cours des 10 prochaines années.
26:23Je dis pas que c'est facile,
26:24mais allez, globalement,
26:25on peut dire une inflation à 2%,
26:27en zone euro, OK,
26:28plus la croissance potentielle
26:30autour de 1,
26:31ça fait 2 plus 1 égale 3.
26:33Donc, on voit que le juste prix
26:34des taux à 10 ans,
26:35c'est plutôt 3.
26:36On n'est pas loin de cela.
26:37Donc, je veux dire,
26:38aujourd'hui,
26:39on est plus proche du juste prix
26:40qu'on était.
26:42Moi, je vois ça
26:42plutôt comme une bonne chose.
26:43Il faut payer à son juste prix.
26:45C'est normal,
26:45quand on s'endette,
26:46d'accord,
26:47qu'à 10 ans,
26:48à taux fixe,
26:49on paye des intérêts
26:49à peu près à ce niveau-là.
26:51Donc, moi,
26:52je ne vois pas aujourd'hui.
26:53Au contraire,
26:53je vois tout ça comme,
26:54allez,
26:55on a finalement réajusté
26:57à son juste prix.
26:58Ça veut dire qu'on a vécu,
26:59nous, Français,
27:00avec des taux négatifs,
27:01c'était n'importe quoi.
27:02On n'a peut-être pas
27:03bien utilisé ce moment-là
27:04pour justement préparer l'avenir.
27:06On aurait dû,
27:07puisqu'on s'est endetté
27:09pendant cette période-là,
27:10on aurait dû le faire
27:11pour s'endetter
27:12dans des investissements
27:13et pas soutenir
27:14le pouvoir d'achat
27:15pendant le bouclier énergétique,
27:18pendant le quoi qu'il en coûte.
27:19Donc, ça,
27:19c'était la mauvaise façon
27:21de l'utiliser.
27:22Donc là,
27:22c'est normal que l'on rembourse.
27:23C'est normal qu'il y ait
27:24120 milliards à rembourser.
27:26D'accord ?
27:26On aurait dû dire,
27:27ça ne va pas durer,
27:28donc, allez,
27:29prenons cet argent-là
27:30et investissons-le
27:31dans la construction,
27:32dans la transition écologique,
27:34dans des grands projets d'avenir
27:35et nos enfants,
27:36petits-enfants
27:37pourront profiter de cela.
27:38D'accord ?
27:39On l'a mal fait.
27:40C'est ça que je...
27:40Aujourd'hui,
27:41que je critique,
27:42mais pas le fait
27:43qu'aujourd'hui,
27:44on soit à des niveaux normaux.
27:46Et donc, aujourd'hui,
27:46moi, je pense qu'on est
27:47au niveau normal,
27:48qu'on devrait...
27:49Et que la Banque Centrale
27:50nous aide à rester
27:51dans ce niveau normal.
27:52Et donc,
27:53il va falloir utiliser
27:54l'argent public
27:55avec un peu plus de soins
27:56que l'on l'a fait à l'époque.
27:58Moi, je pense que,
27:58contrairement à ce que
27:59vient de dire Eric,
28:00je pense que la croissance
28:01potentielle sera plus faible
28:03et je pense que l'inflation
28:04sera plus faible aussi.
28:05On a des pressions déflationnistes
28:07qui reviennent, d'ailleurs,
28:08qui étaient présentes
28:09dans les années 2010.
28:10Je vous rappelle
28:10que Mario Draghi,
28:11malgré sa politique
28:12ultra-accommodante,
28:14ne parvenait pas
28:14à faire dépasser
28:15l'inflation de 1%.
28:16Alors après,
28:16il y a eu le double choc d'offre.
28:18Non, mais c'est une possibilité,
28:19ce que tu dis.
28:19C'est pas ce qu'il y a
28:20dans les anticipations
28:21d'inflation et d'implication
28:22de la stagnation circulaire
28:24et c'est ce qu'on a eu
28:24du mal à expliquer.
28:25Mais qu'est-ce qui s'est amélioré ?
28:27La croissance potentielle,
28:28si tu regardes la démographie,
28:30la productivité,
28:30qu'est-ce qui s'est amélioré ?
28:31Je suis un peu d'accord avec toi,
28:33mais on reste quand même
28:35sur le court terme.
28:36Après,
28:37vous avez toujours l'IA
28:38qui pourrait faire...
28:39Et avec toutes les révolutions
28:40qui arrivent,
28:40effectivement,
28:41difficile de dire
28:41dans quel monde
28:42nous serons d'ici 10 ans.
28:44Allez, il est 10h29,
28:45vous êtes en direct
28:45sur BFM Business.
28:46On se retrouve après
28:47une très courte pause publicitaire.
28:49On va parler emploi
28:50vers une désintoxication
28:52des aides publiques.
28:53Est-ce que c'est possible
28:54en France ?
28:55On va voir ça avec les experts
28:56et puis on va parler
28:57sur endettement des jeunes.
28:58Ne quittez pas en bien tout de suite.
29:11On est de retour
29:12pour la seconde partie
29:13de l'émission
29:13avec toujours autour de la table
29:15Guillaume Poitrinal,
29:16Jean-Pierre Petit
29:17et Éric Heyer
29:18pour parler marché de l'emploi.
29:20Il se passe beaucoup de choses.
29:21Pas tant marché de l'emploi
29:22d'ailleurs que politique
29:24de l'emploi.
29:25Il y a eu plusieurs annonces
29:27à la fois gouvernementales
29:28et paritaires
29:29puisque les dernières
29:29viennent du patronat
29:31gouvernementales
29:32sur les aides
29:33à l'apprentissage
29:34notamment.
29:35Et je voudrais
29:35qu'on commence par là.
29:37L'apprentissage
29:38qui est peut-être
29:39l'un des plus grands
29:40succès
29:40de la décennie Macron.
29:42On est passé
29:43de 300 000
29:44à 1 million
29:44d'apprentis en France
29:45entre 2017
29:46et aujourd'hui.
29:48Seulement, voilà,
29:48on a payé
29:49très très cher
29:50pour ça.
29:51Le coût de l'apprentissage,
29:52du soutien public
29:53et à l'apprentissage
29:54est passé
29:55de 6 à 16 milliards
29:57d'euros
29:58entre les deux
29:59notamment
30:00pour financer
30:02des Bac plus 3
30:03à Bac plus 5.
30:04Alors là,
30:05on a eu des annonces,
30:06le décret arrive.
30:08200 millions
30:09d'économies
30:09en 2026,
30:10700 millions
30:11d'économies
30:11en 2027
30:13pour limiter
30:14les subsides
30:15publics
30:15aux grandes entreprises
30:17aux plus de 250
30:18et notamment
30:19pour les Bac plus 3
30:20à Bac plus 5.
30:21Est-ce que c'est
30:22une bonne idée
30:22alors que le chômage
30:24des jeunes
30:24repart à la hausse ?
30:26Éric Ayer.
30:26Oui, vous avez parlé
30:27de chômage.
30:28Moi, je pense que
30:28l'apprentissage,
30:29ça n'avait aucune incidence
30:30sur le chômage.
30:32Ça n'a pas fait baisser
30:33le chômage
30:33puisque c'était
30:33des jeunes
30:34qui étaient
30:35en dehors du marché
30:36du travail.
30:37On n'est pas allés chercher
30:37des chômeurs
30:38de longue durée,
30:39etc.,
30:39qu'on a mis
30:40dans un emploi
30:41d'apprentis.
30:41Non, c'est des étudiants
30:43qui n'étaient pas au chômage
30:44et ils sont en apprenti.
30:45Donc, ça n'a pas fait
30:46baisser le chômage
30:46des jeunes.
30:47Et là, maintenant,
30:48ça le fait augmenter
30:49parce que ces jeunes
30:49qui ont cotisé
30:51maintenant ont des droits
30:52et donc, du coup,
30:53ils font des études
30:54et ils s'inscrivent
30:55au chômage
30:56pour avoir les droits.
30:56Donc, en termes de chômage,
30:59c'était pas...
30:59Donc, c'est ça qui explique
31:00une partie de la hausse du chômage
31:01la quatrième trimestre 2020 ?
31:02C'est ça qui explique
31:02une partie de la hausse du chômage
31:03effectivement
31:03qui n'est pas
31:04une si mauvaise hausse du chômage.
31:06Donc, c'est plutôt une bonne nouvelle.
31:06Non, en tout cas,
31:07ce n'est pas une mauvaise nouvelle
31:09dans le sens que c'est une hausse
31:11qui est liée au fait
31:12que c'était des gens
31:13qui maintenant
31:14se considèrent comme actifs
31:15alors qu'ils ne se considèrent
31:16pas comme actifs.
31:16Non, l'apprentissage,
31:19l'efficacité,
31:19c'est est-ce qu'après l'apprentissage,
31:21ton insertion est plus rapide ?
31:24Et là, il faut toujours
31:25se méfier des études
31:26parce que les études,
31:27on n'a pas beaucoup de recul
31:29mais la première étude
31:29de la DAREZ,
31:30du ministère du Travail,
31:31nous dit,
31:32au niveau du CAP,
31:35le fait de passer...
31:36Avant,
31:36si tu n'as pas l'apprentissage,
31:38ton insertion,
31:3918 mois après,
31:40elle est de 38%,
31:41donc faible.
31:42Après apprentissage,
31:43elle passe quasiment à 70%.
31:45Ah oui, on double.
31:46Ça a un intérêt,
31:47effectivement,
31:47pour les BTS,
31:50ça augmente aussi
31:52d'une dizaine de points.
31:53Pour les masters,
31:54on passe de 89%
31:56à 93% d'insertion.
31:58Donc, en gros,
31:59c'est un effet marginal,
32:00ils étaient déjà insérés.
32:01Donc, là, maintenant,
32:02vous allez comprendre
32:03où je veux en venir,
32:04c'est qu'effectivement,
32:05quand on regarde
32:06la forte augmentation
32:07de l'apprentissage,
32:08malheureusement,
32:09ça ne s'est pas fait
32:09au niveau infrabac,
32:10ça s'est fait au niveau
32:12bac plus 3,
32:134, 5, master,
32:14là où l'insertion
32:15n'était pas
32:16le plus problématique.
32:18Je ne dis pas
32:18qu'il n'y en avait pas,
32:19je ne dis pas que ce n'est pas.
32:19Mais donc, du coup,
32:20le coût,
32:21d'accord,
32:21était extrêmement important
32:22pour des jeunes
32:23qui, finalement,
32:25s'inséraient plus ou moins bien,
32:26même assez bien.
32:27Est-ce qu'ils s'insèrent
32:28plus rapidement ?
32:28Oui, on aurait passé
32:29de 89%
32:31à 93%.
32:32Oui, il y a une amélioration,
32:34mais on voit bien
32:34qu'elle est marginale
32:35par rapport à l'infrabac
32:37où là, oui,
32:37il y a un énorme écart.
32:38Donc là, je pense
32:39que quand on n'a plus
32:40les moyens,
32:41parce qu'il va falloir
32:41faire des économies,
32:42il faut bien cibler.
32:43Et donc, effectivement,
32:44que ça soit mieux ciblé
32:47sur les infrabacs,
32:49moi, je pense que c'est ça
32:50qu'il faut faire.
32:52Ensuite, on continue
32:53à le faire pour les masters.
32:55Et pourquoi pas ?
32:56Mais ça ne doit pas être financé
32:57par les salariés
32:59et par les contribuables.
33:01Ça doit être les entreprises
33:03qui voient un intérêt
33:05à prendre des masters
33:06et qui se rendent compte
33:08que finalement,
33:08c'est une sorte de stage.
33:11Avant, il n'y avait pas stage.
33:12Maintenant, c'est de l'apprentissage.
33:14Donc, c'est normal
33:15qu'ils soient moins aidés
33:16à ce moment-là.
33:17Guillaume Poitrinal,
33:19est-ce que vous allez arrêter
33:20de prendre des apprentis
33:22à WO2
33:23avec s'il y a moins
33:24de subventions publiques ?
33:26Non, non, mais on n'en a pas.
33:29On n'en a pas.
33:29Donc, voilà,
33:30tout le monde ne fait pas appel
33:32à l'apprentissage.
33:33Mais enfin, je note comme Eric
33:34que quand même,
33:35pour tous ces métiers
33:36un peu techniques,
33:37c'est quand même bien mieux
33:38que de mettre les gamins
33:40dans des lycées professionnels
33:41ou dans des filières techniques
33:42à l'université
33:43où ils sont très, très, très éloignés
33:46de ce dont les entreprises ont besoin.
33:48Ils sont très éloignés
33:49de la réalité
33:49et puis très souvent,
33:51en fait, on a des formations,
33:52là, je parle de façon globale,
33:53des formations
33:54qui ne dirigent pas vers l'emploi.
33:56C'est la grande faiblesse
33:56de ce pays.
33:57On a encensé
33:59les formations universitaires,
34:01généralistes
34:01et donc on a créé
34:03toute une génération de gens
34:04qui sont,
34:05en sortant de Bac plus 4,
34:06Bac plus 5,
34:07Bac plus 6,
34:08quasiment inaptes à l'emploi
34:09et qui,
34:10toute leur vie,
34:10seront frustrées
34:11parce qu'en fait,
34:12on va les marginaliser.
34:13Je me souviens du maire de Rennes
34:16à un moment donné
34:16qui, quand je m'occupais
34:17de centres commerciaux,
34:18était venu en disant
34:18« Monsieur Poitrinal,
34:19vous êtes le complice
34:20de la grande distribution
34:22qui, derrière les caisses
34:24de Bricomarché,
34:27met des Bac plus 5,
34:28etc. »
34:29J'ai dit « Monsieur,
34:30vous habitez dans une autre planète. »
34:32Tout le problème,
34:32c'est qu'en fait,
34:33nous n'avons pas formé
34:35des jeunes à l'emploi.
34:37Alors, l'apprentissage,
34:38je suis d'accord sur les modalités,
34:39je pense que l'apprentissage
34:40sur les masters,
34:42Eric a parfaitement raison.
34:44D'ailleurs,
34:45on est les seuls
34:45à pousser jusque-là,
34:47en Allemagne,
34:48l'apprentissage,
34:48ça se joue entre 15 et 22 ans.
34:53Mais l'idée générale,
34:55elle doit être protégée,
34:57elle doit être encouragée.
34:58Il faut absolument,
34:59s'il y a des économies à faire,
35:00il faut qu'on ferme,
35:02honnêtement,
35:02des filières
35:03qui sont des usines à chômeurs
35:04dans une université.
35:05Il faut qu'on prévienne les parents,
35:07qu'on prévienne les gamins
35:08que des licences,
35:10des maîtrises
35:11de sociaux,
35:15de philo,
35:15etc.
35:16Ça ne mène pas nécessairement
35:18à un job.
35:19Il faut savoir qu'aujourd'hui,
35:20même dans mon métier,
35:21on fabrique beaucoup trop
35:22d'architectes en France,
35:24et donc les architectes
35:25ensuite deviennent des géomètres,
35:26et donc en fait,
35:27ce sont des géomètres frustrés
35:27toute leur vie.
35:28Donc, il faut qu'on ramène
35:31un peu de bon sens,
35:32de bon sens
35:33dans tout ce système éducatif.
35:35La France,
35:35elle pêche
35:36par un système éducatif
35:37qui n'est pas adapté
35:38aux besoins des entreprises.
35:40C'est un vieux thème d'ailleurs.
35:44Cette thématique-là,
35:44je l'avais quand j'étais étudiant
35:46à la fin des années 70
35:47au début des années 80.
35:49Et ça ne s'est pas rangé,
35:50parce qu'on avait déjà...
35:51C'est quoi ?
35:52C'est de la réticence culturelle
35:53du milieu universitaire
35:54d'accepter...
35:55Oui, c'est vrai que les parents,
35:56ça j'ai pu l'observer,
35:58les parents sont quand même attachés
35:59à ce que leurs enfants
36:00fassent des études,
36:01même si c'est des études
36:02qui ne débouchent pas
36:04sur une qualification professionnelle
36:05leur permettant...
36:06Ils sont même plutôt vus
36:06comme une voix de garage.
36:07Voilà, d'entrer valablement
36:09dans le monde du travail.
36:11Alors après, quand même,
36:11il me semble,
36:12moi je n'ai pas étudié
36:13ça de façon très précise,
36:14mais que l'apprentissage
36:15a fait quand même monter
36:15un peu les taux d'emploi
36:16quand même sur les jeunes,
36:19notamment les jeunes
36:19non diplômés.
36:22C'est bien là-dessus
36:23qu'il faut concentrer l'effort.
36:24Donc ça, il ne faut surtout pas
36:25le remettre en cause.
36:27Parce que là, sinon...
36:27Ce n'est pas le propos,
36:28c'est comment on concentre
36:29l'argent public
36:31là où il y en a le plus besoin.
36:32Oui, les messages,
36:32c'est que les taux d'emploi
36:33étaient faibles chez les jeunes
36:34et faibles chez les seniors.
36:36Donc si on suspend
36:37la réforme des retraites
36:38et qu'on remet en cause
36:39la...
36:39Je parle en termes d'affichage.
36:41Fait tout à l'inverse.
36:42C'est un peu...
36:43C'est quand même
36:43très très négatif.
36:44Mais moi je pense
36:45que le problème des jeunes
36:46ne doit pas se régler
36:47avec la borne d'âge.
36:49Enfin, un jeune
36:50qui sort d'une école d'ingénieurs
36:51ou un jeune
36:52qui sort sans l'industrie
36:53du système scolaire,
36:53certes c'est un jeune,
36:55d'accord ?
36:55Mais il ne se ressemble pas,
36:56d'accord ?
36:57Et donc, effectivement,
36:58au lieu de faire des politiques
36:59sur les jeunes,
37:00et donc on entend parler
37:01d'un SMIC jeune,
37:03ça ne marche pas.
37:03Il faut faire en fonction
37:05quelque part de ta qualification.
37:06Oui, si tu es inapte au travail,
37:08bien sûr...
37:08C'est ce que propose le MEDEF,
37:09c'est-à-dire c'est pour les enfants
37:10sans emploi,
37:11les jeunes sans emploi,
37:13sans formation,
37:13des diplômes.
37:14Je vais mettre un peu provocateur,
37:14mais c'est un peu
37:15toute la politique de l'emploi
37:17qu'on a essayé de mettre en oeuvre
37:19depuis Jospin,
37:20c'est-à-dire des emplois spécifiques
37:22et donc du coup,
37:23on te dit,
37:23tiens,
37:24si tu sors de la scolarité
37:27sans rien,
37:28t'es nid,
37:28alors tu vas aller
37:29dans un contrat aidé
37:30où on va essayer
37:31de te mettre une formation,
37:32donc d'apprendre un métier,
37:33plus, etc.,
37:34et qu'on aille progressivement.
37:36Bon, voilà,
37:36on a quand même du recul.
37:38On a du recul.
37:38Alors ça marche ou ça marche pas ?
37:39Eh bien, ça marche,
37:40ça marche pas,
37:41c'est un peu plus compliqué.
37:43Le contrat qui marche le mieux,
37:44d'accord ?
37:45Donc ça,
37:45je renvoie à des études
37:47de Cahuc,
37:48Pierre Cahuc
37:49et Carcillo,
37:50Céphane Carcillo,
37:51c'est en gros,
37:52il faut des contrats
37:52qui soient très bien ciblés,
37:54donc c'est pas jeunes,
37:55c'est ciblés
37:56sur des populations
37:57qui sont en difficulté.
37:58Un,
37:58donc il faut que ça soit
37:59très bien ciblé.
38:00Deux,
38:00il faut que ça soit
38:01suffisamment long,
38:02c'est-à-dire que c'est pas en six mois
38:03qu'on apprend un métier,
38:05etc.
38:06Trois,
38:06il faut,
38:07d'accord,
38:07qu'il y ait une formation associée,
38:09donc généralement,
38:10ils nous disent
38:11c'est au moins trois ans
38:12avec une formation
38:13et petit à petit,
38:15une intégration
38:15sur le marché du travail.
38:16Dit autrement,
38:17la première année,
38:18tu fais 75%
38:19dans formation,
38:2025% dans l'entreprise,
38:22la deuxième année,
38:2350-50,
38:24la troisième année,
38:2575% dans l'entreprise,
38:2625% dans la formation.
38:29Et ensuite,
38:31il ne faut,
38:31pour que ça marche
38:32vraiment complètement,
38:32qu'il n'y ait pas
38:33les effets d'aubaine,
38:34nous disent ces deux économistes,
38:35il vaut mieux que ça soit
38:36dans le secteur
38:37non marchand
38:38dans un premier temps.
38:38Parce que si c'est
38:39dans le secteur marchand,
38:40le problème,
38:40c'est qu'il y a des entreprises
38:42qui peuvent dire
38:42tiens,
38:42c'est une façon d'avoir
38:43et je n'embauche pas
38:45à la place.
38:45Et donc,
38:46c'est petit à petit,
38:47il faut leur apprendre
38:47un métier petit à petit.
38:48Et au bout de trois ans,
38:49ils peuvent aller
38:50sur le marché du travail
38:51privé,
38:54mais oui,
38:55mais c'est long,
38:56il ne faut pas penser
38:56qu'on va les former encore.
38:58Il faut que ça soit
38:58très bien cibé.
38:59Dit comme ça,
38:59Éric Ayer,
39:00vous venez de citer
39:01exactement ce qu'a proposé
39:02Patrick Martin
39:03avec le CDI Jeunes,
39:05c'est-à-dire des droits
39:06renouvelables de trois ans
39:07concentrés sur les NITS,
39:10les jeunes sans emploi,
39:11sans formation
39:12et sans diplôme,
39:14avec une obligation
39:15en contrepartie
39:16de formation des employeurs.
39:18Et estampillée
39:18par l'État aussi,
39:20il ne faut pas que ce soit
39:20une formation
39:21que j'invente moi,
39:23entreprise.
39:23Et il ne faut pas oublier
39:24aussi que dans le coût
39:25qui est très important
39:27qui a été cité
39:27les 16 milliards,
39:29je crois,
39:30là-dedans,
39:31il doit y avoir,
39:32je ne connais pas le montant,
39:33mais une part importante
39:34d'exonération
39:34de charges sociales
39:36de mémoire.
39:37Et là,
39:38il ne faut pas oublier
39:38que si le gamin
39:39n'est pas en apprentissage,
39:41de toute façon,
39:43là,
39:43quelque part,
39:43il va bénéficier
39:44du welfare state français.
39:46Donc,
39:48c'est toujours pareil
39:49quand on dit
39:49que ça coûte,
39:51mais en fait,
39:51ce n'est pas,
39:52c'est un impôt en moins,
39:53et en fait,
39:54ça coûte
39:54de ne pas percevoir
39:56cet impôt.
39:57Oui et non,
39:58mais on n'est pas
39:58dans le coût direct
39:59quand même.
40:00La subvention
40:01qui est offerte
40:02aux entreprises
40:02pour prendre des apprentis,
40:03oui,
40:03ça c'est un coût.
40:05Le CFA,
40:06il faut le financer,
40:07oui,
40:07c'est un coût.
40:08Donc là-dedans,
40:08il y a quand même
40:09les coûts de formation aussi
40:10sur les centres de formation
40:11des apprentis,
40:12c'est là-dedans aussi.
40:13Donc,
40:13ce n'est pas idiot non plus
40:14parce que ça vient en moins
40:15normalement de l'université
40:16ou d'autres formations,
40:17donc il y a un peu
40:18de compensation.
40:19Mais là-dedans,
40:19il y a des charges sociales
40:21et ce qui est vrai,
40:22c'est que nos charges sociales
40:23sont trop élevées,
40:24on le sait,
40:25on le sait tous,
40:26plutôt que de baisser
40:27les charges sociales,
40:27on a demandé à l'État
40:28de faire la différence
40:30et du coup,
40:31ça se retrouve
40:31dans le déficit public
40:32et dans l'endettement.
40:33Donc,
40:34tout ça est un jeu
40:35assez compliqué,
40:36en fait,
40:36une espèce de pyramide
40:37de Pondy,
40:38on pourrait dire.
40:39Non,
40:40enfin,
40:40une puyauterie
40:40assez complexe.
40:41Je te repasse,
40:42on aurait peut-être
40:43mieux fait de se poser
40:44la question du niveau
40:45de charges sociales
40:45dans ce pays,
40:46de le comparer
40:46au pays qui nous entourent
40:48et de se dire,
40:49j'accepte de baisser
40:50le niveau de charges sociales
40:52pour de bon.
40:53D'où la thématique
40:53de désintoxication
40:54des aides publiques
40:55puisqu'on prend d'un côté
40:56pour redistribuer.
40:57Je veux revenir
40:57juste une petite parenthèse,
40:58vous avez dit
40:59le coût 16 milliards
41:00et vous avez dit aussi
41:02que c'était l'une
41:02des plus grandes politiques,
41:03enfin en tout cas,
41:04une réussite.
41:05Vous savez quoi ?
41:06Le 16 milliards,
41:06on n'en est pas sûr,
41:07c'est ça qui est incroyable.
41:08Entre l'évaluation
41:09de la Cour des comptes,
41:10l'évaluation de la DG Trésor
41:12ou l'évaluation
41:13que l'on fait nous
41:13à l'OFCE
41:14avec l'excellent Bono Coquet,
41:15d'accord ?
41:16On trouve trois chiffres différents.
41:17C'est quand même
41:17assez incroyable
41:18qu'on soit un foutu
41:19de dire exactement
41:20combien ça coûte.
41:21Et avec des écarts importants,
41:22on est entre 15 000
41:24et 22 000 euros
41:25par apprenti
41:26entre la Cour des comptes
41:27et le Trésor.
41:27Ça pose quand même
41:28un petit souci.
41:29C'est la grande politique,
41:31d'accord ?
41:31Enfin,
41:31une des grosses politiques
41:32qui est qu'on devrait
41:34nous savoir précisément
41:36combien ça coûte
41:37et qu'on soit tous d'accord
41:38sur le coût
41:38et qu'il n'y ait pas
41:39des écarts.
41:40C'est juste une parole.
41:40Peut-être commençons par là.
41:42Effectivement.
41:42L'autre coup de rabot,
41:45si je puis dire,
41:46c'est sur les ruptures
41:47collectives.
41:50Une aubaine
41:51pour les diplômés
41:52trentenaires,
41:53c'est un peu comme ça
41:53que c'est vendu
41:54depuis quelque temps.
41:55Alors,
41:55les ruptures conventionnelles,
41:56pardon,
41:57les ruptures conventionnelles,
41:59c'est 9,4 milliards d'euros.
42:00C'est aujourd'hui
42:01un quart des dépenses
42:03de l'assurance chômage
42:05et ce que dit le gouvernement
42:07depuis un an maintenant,
42:08c'est que ça profite
42:09aux jeunes diplômés
42:11trentenaires
42:11qui en profitent
42:12pour faire une année
42:12de césure
42:13et parfois
42:14faire le tour du monde
42:15sur le dos
42:16de l'assurance chômage.
42:17C'est une vision caricaturale
42:19ou pas,
42:19Eric Heia ?
42:20Un tout petit peu.
42:21Enfin,
42:22moi je sais,
42:22il faut repartir.
42:23La rupture conventionnelle,
42:24ça a été mis en place
42:25pour flexibiliser
42:27le marché du travail
42:28et pour dire
42:28on arrête les contentieux
42:30ou on essaie
42:30de limiter les contentieux
42:32parce que ça nous coûte
42:33très cher,
42:33nous,
42:34entreprise,
42:34d'un point de vue
42:35de l'insécurité,
42:36on ne sait pas
42:36combien ça va nous coûter
42:37demain
42:38si on licencie.
42:39Donc,
42:39si vous voulez qu'on embauche...
42:40Ça a bien marché ?
42:41Ben oui,
42:41ça a plutôt bien marché,
42:42me semble-t-il.
42:43En tout cas,
42:43ça réduit les contentieux.
42:46Donc,
42:46vous voyez,
42:46il faut reprendre.
42:47Est-ce que,
42:48d'abord,
42:49le but principal
42:50a été atteint ?
42:52Me semble que oui.
42:53Est-ce qu'il y a
42:54des effets de bord ?
42:54Toujours,
42:55il y a toujours
42:56des effets de bord.
42:57Est-ce qu'au nom
42:57des effets de bord,
42:58on doit tuer la mesure ?
43:00C'est ça la grande question
43:01et on le fait
43:02pour toutes les mesures.
43:03Il y aura toujours
43:03des effets de bord.
43:04Il y aura toujours
43:05celui qui va
43:06effectivement
43:07prendre le système
43:08pour aller justement
43:09un peu...
43:10Au lieu de démissionner
43:11aujourd'hui,
43:11on profite
43:12d'une rupture conventionnelle.
43:13Dans la rupture conventionnelle,
43:15il faut être deux.
43:16Peut-être que c'est ça,
43:17un des avancées,
43:18une des avancées peut-être
43:19qu'on pourrait demander,
43:20c'est de dire
43:20qui l'a demandé.
43:21Il faudrait qu'il y ait
43:22un papier qui dise
43:22qui l'a demandé.
43:23Je ne connais pas
43:24une entreprise,
43:25la mienne en fait partie,
43:26dans laquelle
43:27il n'y a pas
43:27à un moment donné
43:28un jeune qui est venu
43:29nous voir en disant
43:30écoute,
43:30j'ai envie de changer
43:31de métier
43:32parce que tu vois,
43:33ma femme part
43:33à tel endroit
43:34où j'ai machin truc,
43:35où j'ai une opportunité.
43:36Ils te le disent directement.
43:38Est-ce que tu pourrais
43:39me faire une rupture conventionnelle ?
43:41Et je lui dis,
43:42attends,
43:42si tu veux partir,
43:43tu pars.
43:43Il dit,
43:44non, non,
43:44mais la rupture conventionnelle,
43:45tu vois,
43:46je vais prendre
43:47trois mois de chômage,
43:48je ne te demande pas grand-chose,
43:49juste un petit truc.
43:50Et sinon,
43:51si je ne te la file pas
43:52à la rupture conventionnelle,
43:53je me mets en arrêt maladie.
43:55C'est ça,
43:55c'est ça la réalité
43:56de la France,
43:57les amis.
43:57Et ça,
43:58je vais te dire,
43:58je ne connais pas
43:59un patron,
43:59Eric,
44:00qui n'ait pas été confronté.
44:02C'est un témoignage
44:02qu'on entend.
44:02Statistiquement,
44:03c'est pas zéro.
44:06C'est quand même
44:06le patronat,
44:07il me semble-t-il,
44:07qui l'a demandé.
44:08La rupture conventionnelle,
44:09pourquoi en fait ?
44:10Quelle est la particularité ?
44:11Prenons un tout petit peu
44:11de hauteur.
44:12Quelle est la particularité
44:12du régime français ?
44:13C'est qu'il est généreux
44:14à la fois pour l'indemnité
44:15de licenciement
44:16et à la fois pour le chômage.
44:17Il est deux fois généreux.
44:19Ce qu'on n'a pas
44:20dans les autres pays,
44:21au Danemark,
44:22il y a des indemnités
44:30le chômage est plus faible,
44:31il est plus court,
44:32il est moins bien rémunéré,
44:33il y a moins
44:34d'indemnité de licenciement.
44:35En France,
44:36on est généreux
44:37sur les deux côtés.
44:37Or, l'indemnité
44:38de licenciement,
44:39normalement,
44:39elle doit réparer
44:40un préjudice.
44:42Et c'est sûr
44:42qu'un surdiplômé,
44:44un centralien,
44:45un HEC,
44:46qui est quand même,
44:46je veux dire,
44:47on ne peut pas dire
44:48qu'il y a beaucoup de chômage
44:49dans ces métiers-là,
44:50qui a juste envie
44:51de prendre un peu l'air
44:52et de se relaxer un peu,
44:53d'aller courir un marathon,
44:55etc.
44:55Ce n'est pas normal
44:59parce qu'il a envie
44:59de prendre l'air.
45:00Voilà, moi,
45:01c'est tout ce que je dis.
45:01Je vais les cliquer dans le plat.
45:02Il y a un sujet là-dessus.
45:04Je comprends
45:05qu'on s'interroge
45:05sur ce sujet.
45:07Je pense qu'il y a
45:08un sujet pour nous
45:09de double générosité,
45:11de l'indemnité
45:11de licenciement
45:12et des indemnités
45:13de chômage
45:14qui fait que
45:15c'est une bonne affaire.
45:16Mais chez les diplômés,
45:19il y avait déjà
45:19des abus avant.
45:21Moi, je l'ai pu
45:21l'observer.
45:23Les diplômés...
45:24Quel type d'abus ?
45:25Tu ralentis le boulot.
45:30Tu peux menacer
45:31de façon indirecte
45:32à l'oral,
45:32évidemment,
45:33seulement l'employeur
45:35ou le N plus 1.
45:35Ce n'est pas forcément
45:36le DRH
45:37ou quoi que ce soit
45:39que tu n'as pas vraiment
45:40tout respecté
45:41le contrat de travail.
45:42Tu peux fausser
45:43un petit peu
45:44les cartes
45:45dans le dialogue
45:46que tu as.
45:47Et donc, après,
45:47si j'avais été licencié,
45:48tu feras un recours.
45:50Il y a des avocats
45:51spécialisés...
45:51Donc, ça a toujours existé
45:52ce que vous nous dites,
45:53avec la complexité
45:54du contentieux.
45:55Et puis,
45:56l'indemnisation chômage
45:57qui a toujours été favorable,
45:58qui est un peu moins
45:59depuis une dizaine d'années.
46:00Sauf qu'elle a une dynamique
46:01de l'indemnisation
46:02des ruptures conventionnelles
46:04qui a explosé en 10 ans.
46:06Oui, mais je suis d'accord.
46:06Mais même avant,
46:07moi, je m'en rappelle très bien
46:08qu'il y avait des quadras,
46:10des quinquas
46:10qui avaient déjà gagné
46:12pas mal d'argent,
46:13qui avaient un petit patrimoine,
46:14qui avaient des trucs
46:14et qui se faisaient
46:16en négociant,
46:18en quelque sorte,
46:20un licenciement
46:21avec une indemnité
46:23transactionnelle conventionnelle
46:24et qui partaient
46:26dans de très bonnes conditions
46:27et qui retrouvaient
46:28un job après.
46:28Parce qu'en fait,
46:29le marché est relativement fluide
46:30pour eux.
46:31Et donc,
46:31tant qu'il y avait un peu
46:32de croissance, etc.
46:33Donc, il y avait des abus
46:35déjà avant.
46:35C'est ça que je veux dire.
46:36Mais effectivement,
46:37le réflexe,
46:37et moi, je le vois
46:38en tant que patron de TPE,
46:39le réflexe,
46:40c'est dès qu'il y a
46:42une velléité de partir
46:43pour des raisons personnelles
46:44ou professionnelles,
46:45on va voir le patron,
46:46on va voir le N plus 1
46:47et on lui dit,
46:48je voudrais partir.
46:49Moi, je pense qu'on devrait
46:51forfaitiser l'indemnité
46:52de licenciement.
46:52Je le pense depuis très longtemps
46:53de dire, écoutez,
46:55l'indemnité de licenciement,
46:56c'est un l'homme-somme,
46:58c'est temps,
46:58c'est un mois,
46:59c'est deux mois,
47:00etc.
47:00dans le truc.
47:01Et puis, vous partez,
47:02sauf s'il y a une grande faute,
47:03évidemment,
47:03un grand préjudice.
47:05Je suis d'accord.
47:05Éric Ayer n'est pas d'accord.
47:07Non, non, je ne suis pas d'accord.
47:08Non, mais bien sûr
47:08que ça ne peut pas être un forfait.
47:10Normalement,
47:10quand vous tombez au chômage,
47:11c'est une assurance chômage,
47:12donc vous avez cotisé,
47:13etc.
47:14Quand vous tombez au chômage,
47:15votre seule préoccupation,
47:16normalement,
47:17c'est de retrouver un emploi
47:18pour avoir que cette seule préoccupation,
47:20ça ne peut pas être un forfait.
47:21Bien entendu,
47:22que si j'ai...
47:23Je parle de l'indemnité
47:24de licenciement.
47:25Ah, de licenciement.
47:26Ah, pardon.
47:26Non, non, non, non.
47:27Non, non, non.
47:28Non, non, non.
47:29Ok, bien sûr que...
47:30Donc ensuite,
47:31ce qu'il faut,
47:32normalement,
47:32c'est aller vers la flexi-sécurité.
47:34C'est un peu le modèle.
47:35C'est-à-dire,
47:36permettre à l'employeur
47:37de ne pas avoir
47:39trop d'insécurité juridique,
47:41etc.
47:42Très bien.
47:43Sécuriser,
47:43c'est-à-dire la personne
47:44qui tombe au chômage
47:45pendant 12, 18 mois,
47:47on lui permet
47:48de continuer à vivre
47:49et de rechercher un emploi.
47:51Mais dans la flexi-sécurité
47:52à la Scandinave,
47:54il y a un troisième point
47:55qu'on ne regarde jamais,
47:56d'accord ?
47:56Et pourtant,
47:57c'est le contrôle.
47:58Il y a bien sûr
47:58un contrôle,
47:59c'est ça le triangle modèle.
48:00Oui, c'est flexible,
48:02l'employeur,
48:02il ne paye pas grand-chose
48:03et il peut...
48:04De oui,
48:05on te sécurise,
48:06mais on te contrôle.
48:07C'est le contrôle qui manque,
48:08c'est simplement ce contrôle.
48:09Mais d'accord,
48:10mais le contrôle.
48:11Donc, c'est-à-dire,
48:11il ne faut pas remettre en cause
48:13les effets de bord,
48:13c'est-à-dire ceux qui ne jouent pas le jeu,
48:15bien entendu,
48:15on les contrôle.
48:16Parce qu'entre nous,
48:17là, aujourd'hui,
48:18la petite musique,
48:19on entend,
48:19parce que ce sont quand même
48:20plutôt des jeunes diplômés
48:21qui le font.
48:22On essaie de mettre
48:23de la dégressivité
48:28si vous regardez bien les chiffres,
48:30ce sont des contributeurs nets.
48:32Ils payent plus de cotisations,
48:34d'accord ?
48:35Qui n'ont eu...
48:35Tout au long de la vie,
48:36bien sûr.
48:37Et qui n'ont eu.
48:37Et donc, on dit,
48:39c'est eux qui bénéficient du système.
48:40Non, ils sont contributeurs nets.
48:42C'est bien de le rappeler aussi.
48:43Donc, on ne peut pas complètement
48:44leur dire...
48:44Ensemble.
48:45Mais oui, ensemble.
48:46En population.
48:47Et en même temps,
48:47est-ce qu'on peut dire
48:48que vous pouvez payer
48:49un compte du monde
48:50puisque vous êtes contributeur net.
48:51C'est le petit bonus.
48:52Allez.
48:53Si on continue toujours
48:54à les montrer du doigt
48:55en disant,
48:56toi, cadre,
48:56tu es un contributeur net,
48:58mais on va te pénaliser.
48:59On va continuer à te pénaliser
49:00parce que toi,
49:01tu n'as...
49:01Eh bien, vous savez quoi ?
49:02Au bout d'un moment,
49:03il y aura sécession.
49:04Ces personnes-là vont dire
49:05je vais prendre
49:06ma propre assurance.
49:08Et alors là,
49:09le système d'assurance chômage
49:10qui fonctionne tout de même
49:11aujourd'hui,
49:11c'est-à-dire que globalement...
49:12Le sujet,
49:12ce n'est pas l'assurance chômage.
49:14Le sujet,
49:14c'est l'indemnité.
49:15En plus,
49:15elle est défiscalisée,
49:16comme tu le sais.
49:17C'est quand même
49:17le stress de bonus.
49:19Largement défiscalisé,
49:20il faut quand même le faire.
49:20Je ne comprends pas
49:21ton histoire d'indemnité
49:22puisque tu dis
49:23que c'est plutôt
49:23le salarié qu'il demande
49:24donc l'employeur
49:25n'a pas trop le choix.
49:26Donc en fait,
49:27ce n'est pas trop ça
49:28qui va faire en sorte
49:29que l'employeur
49:29va continuer à dire
49:30ok, je t'autorise.
49:32Et puis,
49:33entre nous,
49:33il y a les démissionnaires
49:34pour raison...
49:36Il y a un autre truc...
49:37C'est ici le cas
49:38que tu as pris en disant
49:40si ma femme s'en va...
49:41Oui, ça c'est raison personnelle.
49:42Eh bien,
49:43tu peux démissionner
49:44pour raison,
49:44je ne sais plus,
49:45j'ai oublié le terme.
49:46Et là,
49:47tu as le droit également
49:48à des indemnités.
49:49Donc entre nous,
49:49je pense qu'aujourd'hui,
49:50il y a des effets de bord.
49:52C'est le contrôle.
49:52Aujourd'hui,
49:53le contrôle,
49:54il n'y en a pas beaucoup
49:54parce qu'il n'y a pas
49:55beaucoup de personnes
49:56qui peuvent contrôler.
49:57D'accord ?
49:57Mais regardons plus le contrôle.
49:59Et puis,
49:59le modèle allemand
50:00où quand tu as refusé
50:01une ou deux
50:02ou troisième proposition
50:03en droit,
50:04c'est un contrôle.
50:05Ça s'appelle le contrôle.
50:06Et bah,
50:07ta durée d'indemnisation diminue
50:08et ton montant d'indemnisation diminue.
50:10Aujourd'hui,
50:10si tu vas à France Travail,
50:11tu dois contrôler...
50:12C'est à tous les bénéficiaires
50:13du RSA qui arrivent.
50:15C'est à tous les...
50:16Ils refusent de faire la police
50:17à France Travail.
50:18Très clairement,
50:18ils disent qu'on est là
50:19pour donner du travail aux gens,
50:20pas pour les contrôler.
50:21Vous pensez très sincèrement
50:21qu'ils peuvent proposer
50:23des offres d'emploi
50:24à toutes ces personnes-là,
50:25les recevoir.
50:25Il y a la fameuse catégorie G,
50:27vous voyez,
50:28sur France Travail.
50:29Il y a plus de 800 000 personnes
50:31qui attendent,
50:32qui attendent un rendez-vous.
50:34D'accord ?
50:35Et là,
50:35vous pensez qu'on va contrôler les autres.
50:36Non,
50:37il manque des effectifs.
50:38Et dans le même temps,
50:42français,
50:43donc on a des Polonais,
50:45on a des Bulgares.
50:46C'est quand même
50:46un truc de dingue, quoi.
50:48Tu vois ?
50:48Et dans les cuisines
50:49des restaurants parisiens,
50:50je peux vous dire aussi
50:52qu'il y a très peu
50:52de la main-d'œuvre française.
50:54Et dans la plomberie ?
50:54Ça t'a pas dit dans la plomberie ?
50:55Alors là,
50:55une pénurie totale ?
50:56Essaye de faire réparer
50:58ta salle de bain.
50:59Non, mais c'est...
51:00Non, mais c'est des métiers.
51:01Et dans le contrôle,
51:02il y a aussi le contrôle,
51:03ça amène quand même
51:04le contrôle des arrêts maladie,
51:05que vous soulignez tout à l'heure
51:07des salariés
51:07qui peuvent se mettre en arrêt.
51:107000 médecins
51:11sur souscripteurs
51:12en arrêt maladie,
51:12on les connaît.
51:13Je me mets en congé maladie.
51:15Laurence Cé,
51:17fidèle, auditrice.
51:18Sur le compte Twitter,
51:19vous pouvez réagir.
51:20Arrobase le genre.
51:21Combien coûtent à la sécu
51:22les arrêts maladie
51:24abusifs de salariés
51:25qui ne supportent plus
51:25leur travail ?
51:27Oui, mais parce qu'on ne peut pas
51:28répondre à cette question.
51:29Est-ce que réellement,
51:31ces personnes-là
51:32ne sont pas en burn-out ?
51:33Est-ce que réellement,
51:34on est sûr...
51:34Il y a quand même des médecins,
51:35c'est leur métier,
51:36d'accord ?
51:37Après, il faudrait contrôler
51:38peut-être les médecins,
51:39mais qui sentent
51:39un arrêt maladie
51:40en disant
51:41oui, effectivement,
51:42cette personne,
51:42elle n'a pas un rhume,
51:43elle n'a pas quelque chose
51:44de physique,
51:45mais elle est en burn-out.
51:47Vous voyez,
51:47ces maladies-là
51:48qui continuent à augmenter,
51:49c'est très compliqué
51:50pour dire,
51:51vous voyez,
51:51ces personnes-là,
51:52c'est de l'absentéisme.
51:53Est-ce que ce n'est pas
51:54un taux d'absence ?
51:54Et en même temps,
51:54j'ai connu des membres
51:56de cabinet ministériel
51:56qui expliquaient
51:57qu'il y avait 7000 médecins
51:58sur souscripteurs,
52:00qu'ils étaient connus
52:00et qu'on ne faisait rien
52:01par peur des syndicats
52:03de médecins.
52:03Il y a même eu
52:03quelques journalistes
52:04qui se sont amusés
52:05à demander,
52:05ils les ont obtenus
52:06leurs arrêts maladie.
52:07Ils allaient très bien,
52:08ils savaient très bien
52:09qu'ils allaient très bien.
52:10Faites le test,
52:11parlez à des étudiants
52:12en médecine à l'hôpital
52:13pour savoir si quand vous allez
52:14à l'hôpital aujourd'hui,
52:15si vous demandez un arrêt maladie,
52:16vous ressortiez avec un arrêt maladie.
52:17C'est 9 fois sur 10.
52:21Le burn-out,
52:21c'est une maladie
52:22un peu moderne,
52:23entre guillemets.
52:24Il y a 50 ans,
52:25on ne parlait pas.
52:27Et même avant-guerre,
52:28les dépressions.
52:29Moi je vous propose
52:30qu'on fasse le test.
52:31Il me semble que
52:32dans tous les pays européens,
52:34le taux d'absence a augmenté
52:35dans tous les pays européens.
52:37Donc oui,
52:37on va chez le psy.
52:39On va à Georges Pompidou
52:40et on va dire
52:41j'ai un gros rume,
52:42j'ai mal à la tête.
52:43Donc il faut contrôler
52:44tout le monde,
52:44y compris les médecins.
52:46Également.
52:48La confiance n'évite pas le contrôle.
52:50Un dernier point,
52:51Eric, avec vous.
52:52Faut-il augmenter
52:52la prime d'activité ?
52:53C'est la promesse
52:54qui a été faite
52:55dans le cadre du budget
52:56notamment dans un accord
52:57avec le Parti Socialiste.
52:5850 euros par mois
52:59entre 1 et 1,4 SMIC.
53:02Est-ce que c'est une bonne idée ?
53:04Je pense qu'il faut sortir
53:05du système
53:06où aujourd'hui
53:06le pouvoir d'achat
53:07du salarié
53:08est financé par l'État.
53:09C'est que cela maintenant.
53:10Donc on y va
53:11avec la prime d'activité,
53:12on a fait des exonérations
53:14de cotisations sociales
53:14pour que les salaires
53:15augmentent, etc.
53:17Ça coûte trop cher,
53:18d'accord ?
53:18Et ça déresponsabilise
53:20finalement le rapport
53:21au sein de l'entreprise.
53:22Normalement,
53:22le salaire,
53:23c'est un rapport
53:24entre l'employeur
53:25et l'employé.
53:26Et l'État
53:26ne doit pas
53:27normalement
53:27trop s'en mêler.
53:28Aujourd'hui,
53:29ça déresponsabilise
53:30un peu
53:30ce dialogue social
53:31qui est de dire
53:32on va attendre
53:32la prime d'activité,
53:34on va attendre
53:34les exonérations
53:35de cotisations,
53:36la défiscalisation
53:37des heures supplémentaires.
53:38C'est comme ça
53:38qu'on finance
53:39le pouvoir d'achat.
53:40Non, le pouvoir d'achat,
53:41ça doit du salarié,
53:42je parle.
53:43Ensuite,
53:43qu'on limite la pauvreté
53:44par des éléments
53:45de redistribution.
53:46Ça, c'est le rôle
53:46de l'État.
53:47Mais aujourd'hui,
53:48il faut vraiment
53:48sortir de ce système-là.
53:50Ça va être compliqué
53:50parce qu'on est drogué
53:51à cela.
53:52Il va falloir y sortir
53:53progressivement
53:53et dire
53:54le salaire progresse
53:55avec la productivité
53:56et avec le rapport
53:57de force,
53:58le dialogue social.
53:59Et donc,
54:00il faut re-responsabiliser
54:01ce dialogue social
54:01et donc arrêtons
54:02avec ces primes d'activité
54:04qui sont un peu
54:04des caches misères.
54:05Et moi,
54:05je suis pour le revenu
54:06universel,
54:07c'est-à-dire mettre
54:07ensemble les APL,
54:08la prime d'activité,
54:10le RSA
54:11dans un seul revenu
54:12à l'allemande.
54:12Ça s'appelle
54:13le Burgergeld.
54:14Ça fonctionne,
54:15ça fonctionne bien.
54:16Les gens,
54:17ils ont un minimum.
54:19il y a une intelligence
54:20dans ce système
54:21qui fait qu'en effet,
54:22quand vous commencez
54:24à rentrer dans les revenus,
54:25etc.,
54:25on ne vous diminue pas
54:26autant les allocations.
54:27Donc,
54:28en fait,
54:28vous avez intérêt à travailler.
54:29C'est un truc assez intelligent,
54:31mais c'est quand même
54:31beaucoup plus simple
54:32et je suis tout à fait
54:33d'accord avec Eric.
54:34Il faut moins d'interférences
54:36dans ce rapport
54:36entre le salarié
54:38et l'employeur
54:40parce qu'en fait,
54:40plus on s'aperçoit
54:41quand même avec le temps
54:42que plus on interfère,
54:43plus c'est compliqué.
54:43Plus c'est compliqué,
54:44plus on dérègle
54:45les mécanismes d'ajustement
54:46et plus ça coûte cher.
54:48Qu'est-ce qui permet
54:48au pouvoir d'achat
54:49du revenu disponible
54:50des Américains aujourd'hui ?
54:52Si ce n'est la productivité.
54:54Parce qu'avec,
54:55je vais juste vous demander
54:56un chiffre.
54:57Quelle est l'augmentation ?
54:58Les salaires augmentent
54:59d'un peu plus de 3,5%
55:01l'an aux Etats-Unis
55:02actuellement.
55:02Quelle est l'augmentation
55:03sur un an
55:04du coût salarial unitaire
55:05si je prends
55:06les derniers mois
55:06de l'année 2025 ?
55:081%.
55:09Grâce à quoi ?
55:10Au gain de productivité.
55:12La productivité,
55:13c'est la clé.
55:14C'est la clé.
55:14C'est le truc
55:15le plus complexe
55:15à calculer à Estibé
55:16et à prévoir
55:17et tout ça.
55:18Mais c'est la clé
55:19de la profitabilité
55:21du revenu
55:22bien évidemment
55:23et de la désinflation
55:25enfin de la maîtrise
55:26des prix.
55:27Voilà.
55:27Évidemment.
55:27Ce sera le mot de la fin.
55:29Vive la productivité.
55:29La productivité est en berne
55:30en Europe.
55:31Et ce n'est pas l'Etat
55:32qui pourra garantir
55:33l'augmentation
55:33de votre pouvoir d'achat.
55:34Voilà le mot de la fin.
55:35Merci à tous les trois.
55:36Éric Ayer,
55:37Jean-Pierre Petit
55:37et Guillaume Patrinal
55:38pour cette émission
55:39passionnante et disponible
55:41en replay et podcast
55:42sur l'application
55:43BFM Business
55:44et sur le site.
55:45Tout de suite,
55:45c'est Antoine Harigaudry
55:46pour Tout Pant Investir.
55:48Quant à moi,
55:48je vous retrouve demain
55:49même heure,
55:49même endroit en direct
55:5010h sur BFM Business.
55:52Très bonne journée à tous.
55:57Les experts,
55:58débat et controverse
55:59sur BFM Business.
Commentaires

Recommandations