- il y a 22 heures
- #giraud
- #dette
- #economie
- #crise
- #austerite
Le cours complet de Gaël GIraud disponible ici: https://www.sator.fr/cours/leconomie-de-demain
Dans cet extrait issu d'un cours sur la chaîne partenaire sator.fr, l'économiste et chercheur Gaël Giraud, ancien chef économiste de l'AFD, démonte point par point les mythes qui entourent la dette publique française.
Il décrypte les mécanismes de la création monétaire ex nihilo par les banques privées et explique pourquoi le ratio dette sur PIB est un indicateur obsolète pour piloter notre économie.
Un éclairage technique indispensable pour comprendre l'échec programmé des politiques d'austérité actuelles en France.
#Giraud #Dette #Economie #crise #Austerite
00:00 Intro
00:24 Gaël Giraud
07:55 Outro
Pensez à réduire la qualité de la vidéo.
Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\
/!\
/!\
/!\
Quel est le taux actuel de déficit public par rapport au PIB en France ?
➡ 6 %.
À qui les banques revendent-elles immédiatement les titres de créance ?
➡ À la BCE.
Quel pays du Sud a fait défaut il y a deux ans à cause de son ratio trop élevé ?
➡ Le Sri Lanka.
Dans cet extrait issu d'un cours sur la chaîne partenaire sator.fr, l'économiste et chercheur Gaël Giraud, ancien chef économiste de l'AFD, démonte point par point les mythes qui entourent la dette publique française.
Il décrypte les mécanismes de la création monétaire ex nihilo par les banques privées et explique pourquoi le ratio dette sur PIB est un indicateur obsolète pour piloter notre économie.
Un éclairage technique indispensable pour comprendre l'échec programmé des politiques d'austérité actuelles en France.
#Giraud #Dette #Economie #crise #Austerite
00:00 Intro
00:24 Gaël Giraud
07:55 Outro
Pensez à réduire la qualité de la vidéo.
Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\
/!\
/!\
/!\
Quel est le taux actuel de déficit public par rapport au PIB en France ?
➡ 6 %.
À qui les banques revendent-elles immédiatement les titres de créance ?
➡ À la BCE.
Quel pays du Sud a fait défaut il y a deux ans à cause de son ratio trop élevé ?
➡ Le Sri Lanka.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00En fait, ça va peut-être vous surprendre, mais aucun pays ne repaie jamais sa dette publique.
00:05Ça c'est un mythe.
00:07En vérité, ce que fait un pays lorsqu'il doit commencer à rembourser sa dette,
00:11il rembourse de la main gauche ce qu'il réemprunte de la main droite.
00:14Ça s'appelle rouler sa dette.
00:16Tous les pays font ça. Absolument tous les pays font ça.
00:26La politique austéritaire, c'est qu'elle est inutile et nuisible.
00:31Et donc elle va provoquer exactement le contraire de ce qu'elle prétend.
00:34C'est-à-dire qu'elle prétend résoudre un problème qui en fait n'est pas majeur,
00:39qui est l'augmentation du déficit public, rapporté en tout cas au PIB.
00:44On est à 6% par rapport au PIB.
00:47Comme vous le savez, les traités européens nous obligent à rester en dessous des 3%.
00:52Donc je vais essayer de vous convaincre dans les 20 minutes que j'ai, un quart d'heure,
00:56que ce n'est pas du tout nécessaire et ça va produire exactement le contraire de ce que ça prétend
01:00produire.
01:01Et puis après on regardera d'où ça vient et ce qu'on pourrait faire d'autre à part cette
01:05politique austéritaire.
01:07Ça n'est pas du tout nécessaire.
01:10Donc la dette publique rapportée au PIB aujourd'hui en France, c'est en gros 112%, 112-113.
01:17On pourrait dire que c'est énorme, vous savez, 112%, comment est-ce qu'on va faire pour rembourser ça
01:21?
01:22Le Japon est à 250 et les Japonais ne sont pas morts.
01:25Donc j'explique ça dans le cours.
01:27Le ratio en fait d'aide publique sur PIB ne veut rien dire.
01:30C'est un très mauvais ratio.
01:31La dette publique c'est un stock, le PIB, le dénominateur c'est un flux.
01:36Donc on compare des carottes avec des tomates et après on se fait peur avec ces carottes et ces tomates.
01:41Donc le Japon est à 250% du PIB et bon, il ne va pas bien.
01:45Mais je veux dire, il n'a plus du double rapporté à son propre PIB de ce que nous avons
01:49nous et ça n'empêche pas les Japonais de vivre.
01:52Le vrai ratio le plus intéressant, celui qui permet vraiment de mesurer, disons, la dangerosité ou la gravité de la
01:59dette publique,
02:00c'est un autre ratio dont on ne parle jamais, qui est le ratio entre le service de la dette,
02:07c'est-à-dire les intérêts que paye l'État sur sa dette publique, divisé par les recettes fiscales.
02:13Tout ça pour une année.
02:14Alors ça c'est un ratio entre deux flux et c'est le vrai ratio le plus intéressant.
02:20Pourquoi ? Parce qu'en fait, ça va peut-être vous surprendre, mais aucun pays ne repaye jamais sa dette
02:25publique.
02:27Ça c'est un mythe.
02:28D'abord il y a des tas de pays qui font défaut sur leur dette, en moyenne tous les deux
02:32ans, depuis 40 ans.
02:34Vous en avez au moins donc une vingtaine qui ont fait défaut, même davantage en vérité, sur les 40 dernières
02:41années.
02:41Et ensuite, en vérité, ce que fait un pays lorsqu'il doit commencer à rembourser sa dette,
02:46il rembourse de la main gauche ce qu'il réemprunte de la main droite.
02:49Ça s'appelle rouler sa dette.
02:51Tous les pays font ça.
02:52Absolument tous les pays font ça.
02:55Et tout le monde est d'accord avec ça.
02:57Ce n'est pas une espèce d'entourloupe qu'on ferait sous le boisseau, à l'insuit des marchés financiers.
03:02Au contraire.
03:03Les marchés financiers sont ravis de cette mesure.
03:06Pourquoi ?
03:06Parce que ce qui permet à une banque fondamentalement de faire des profits, ça n'est pas le remboursement du
03:12capital.
03:13Donc j'explique ça aussi dans le cours.
03:16Lorsqu'une banque accorde un profit, donc vous avez un État, comme l'État français, qui fait ce qu'on
03:20appelle une adjudication du trésor.
03:22Donc il émet un bon du trésor, une obligation d'État, qui est une reconnaissance de dette sur l'État.
03:28Et puis vous avez quelqu'un qui achète ce bon du trésor et donc qui prête à l'État.
03:32Ce quelqu'un, majoritairement, pour la France en tout cas, ce sont des banques.
03:36Et en plus, ces banques, je vous expliquerai tout à l'heure pourquoi, vont revendre immédiatement ce titre de créance
03:42à la BCE.
03:43Moyennant une petite marge, ce qui fait que pour elles, c'est Noël tous les jours, puisqu'elles ne courent
03:46aucun risque.
03:47Elles prêtent à l'État, elles revendent aussitôt, elles gagnent la différence et elles peuvent s'acheter des cacahuètes avec
03:52ça.
03:54Et donc, en fond, dans cette opération, qu'est-ce que fait la banque ?
03:58Elle crée de la monnaie pour prêter à l'État.
04:00Donc ce qu'elle prête à l'État, ce n'est pas votre épargne que vous avez accumulée en suivant
04:04sang et eau pendant toute votre vie.
04:06Non.
04:07C'est de l'argent qui n'existait pas cinq minutes avant, que la banque crée ex nihilo.
04:12J'insiste là-dessus parce qu'il y a énormément de mythologie sur cette question.
04:15Les banques, leur boulot, c'est de créer de la monnaie.
04:18Et ça n'est pas quelque chose d'extraordinaire.
04:20Elles ont reçu ça, en fait, du roi au Moyen-Âge, qui leur a délégué le pouvoir royal, souverain, de
04:26frapper les monnaies.
04:27C'est pour ça que ce sont des banques.
04:29C'est pour ça que vous ne pouvez pas ouvrir une banque demain matin au coin de la rue,
04:32parce qu'il vous faut la licence bancaire qui, maintenant, est accordée à la fois par l'État français et
04:37la Commission européenne.
04:38Ce n'est pas comme, disons, un autre type de travail que vous pourriez improviser.
04:44Vous pourriez vous dire, voilà, moi, je suis très bon dans cette activité.
04:46J'ouvre un bureau pour donner des conseils.
04:48Je deviens coach dans cette activité.
04:49Pour la banque, ce n'est pas possible.
04:51Pourquoi ? Parce que le pouvoir de création monétaire est trop important pour que l'État laisse faire.
04:55Donc, il contrôle.
04:56Et il vous accorde ou non la licence bancaire.
04:59Donc, la banque, quand elle achète le bon du trésor, elle crée de la monnaie.
05:03Qu'est-ce que ça lui a coûté ?
05:05Un peu d'huile de coude.
05:06Il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui écrive sur un écran d'ordinateur.
05:08Je crée 10 millions pour acheter les bons du trésor de l'État français ce mardi, je ne sais pas
05:14quoi.
05:15Et puis, un peu d'électricité, il faut faire marcher l'ordinateur.
05:18Et c'est à peu près tout.
05:20Zéro.
05:22Si il y a des spécialistes dans la salle, vous pourrez entrer dans le détail de comment se fait cette
05:26opération d'écriture, apparemment magique, mais qui n'a rien de magique, de création monétaire.
05:30Cette monnaie, elle va circuler.
05:33L'État va l'utiliser, la dépenser, par exemple, pour payer des instituteurs ou des infirmières dans les hôpitaux publics.
05:38Et puis, un jour, vous vous demandez qu'on rembourse la dette.
05:42Quand on rembourse la dette, on détruit cette monnaie.
05:45Vous voyez que le secteur bancaire fonctionne comme le cœur dans le corps humain.
05:48Le sens, c'est la monnaie.
05:50Donc, diastole-systole, le cœur injecte du sang dans le corps humain.
05:53Le sang circule, c'est la monnaie.
05:55Puis, le cœur rapatrie une partie de ce sang, pas tout, heureusement, dans ses oreillettes.
06:01Et ça, c'est la destruction monétaire au moment du remboursement de la dette.
06:05Donc, ne pas rembourser la dette, en fait, c'est juste laisser la monnaie continuer de circuler.
06:09L'État, en vérité, ne rembourse jamais la dette.
06:12C'est-à-dire qu'au moment où il doit rembourser, il réemprunte la même quantité.
06:16Et alors, pourquoi est-ce que c'est intéressant pour le secteur bancaire ?
06:18Parce que ce qui permet au secteur bancaire de vivre, ce n'est pas le remboursement de la dette.
06:22Ça, ça ne lui sert strictement à rien.
06:24Ça, c'est vous détruisez la monnaie qu'il a créée.
06:26En fait, ça remet ses comptes à zéro.
06:29Ce qui lui permet de vivre, c'est le taux d'intérêt que vous payez tant que vous avez de
06:34la dette.
06:35Donc, le fait de rouler la dette, ça permet potentiellement, en tout cas, de maintenir ad libitum le service de
06:41la dette, c'est-à-dire le paiement des intérêts.
06:43Donc, c'est ça, en fait, qui fait vivre le secteur bancaire, rien d'autre.
06:46Le secteur bancaire ne vit pas du remboursement de la dette.
06:49Il vit le taux d'intérêt.
06:50Donc, c'est une très bonne opération pour lui.
06:52Et, en fait, il n'y a pas que les États qui roulent leur dette, il y a plein d
06:55'entreprises qui roulent leur dette également, pas avec la même maturité.
06:58La maturité, c'est l'horizon auquel on rembourse la dette.
07:00Pour l'État, les États industrialisés, en général, c'est 20-30 ans.
07:04Pour la majorité des entreprises, en moyenne, c'est 6 ans, 7 ans, 8 ans.
07:08Vous avez même quelques ménages fortunés qui arrivent aussi à rouler leur dette.
07:11Alors, vous et moi, c'est un peu difficile, mais un ménage qui a beaucoup d'argent, il peut aller
07:14voir son banquier, lui dire,
07:15« Bon, écoutez, je dois vous rembourser ça, vous allez me le prêter, parce que je n'ai pas envie
07:19de le débourser de mon patrimoine. »
07:21Et si le patrimoine est important, le banquier va dire, « Mais bien sûr. »
07:25Pourquoi ? Parce que le banquier, il gagne. Lui, ce qu'il gagne, c'est les taux d'intérêt.
07:28Donc, en fait, dans ces histoires de remboursement de dette publique, la seule chose qui compte vraiment, c'est ce
07:33qu'on appelle le service de la dette,
07:35c'est-à-dire les taux d'intérêt que paye l'État.
07:38Ça, par contre, il doit vraiment les payer chaque année, en principe.
07:42Et là, il peut y avoir une difficulté.
07:43C'est-à-dire que, pour payer ces intérêts-là, l'État, de fait, doit puiser dans ses recettes fiscales,
07:48dans son budget.
07:50Et donc, le seul ratio qui compte vraiment, c'est le ratio service de la dette divisé par recettes fiscales.
07:56S'il est très élevé, alors là, on peut dire, « Ah oui, il commence à y avoir un problème.
08:02»
08:03C'est à payer et financer le service de la dette avec ses recettes fiscales.
08:07Par exemple, parce qu'il a une administration déplorable qui n'arrive pas, en fait, à prélever l'impôt.
08:11Donc, il n'a pas de recettes fiscales, ou très peu.
08:14Alors, pour la France, on est à 112% de dette publique sur le PIB, ce qui n'est absolument
08:20rien d'extraordinaire.
08:21Et en plus, en service de la dette divisé par les recettes fiscales, on est à 8,8%.
08:26Alors, est-ce que c'est beaucoup ? Non, pas du tout.
08:28C'est la moyenne de tous les pays industrialisés.
08:30Et la sagesse, disons, populaire sur les marchés financiers estime qu'en dessous de 15%, vous êtes bien.
08:37À partir de 15%, ça commence à devenir sérieux.
08:39Ça commence à devenir beaucoup.
08:41Le Japon est à 11-12%, avec 250% du PIB de dette publique.
08:46Et un certain nombre de pays des Sud, qui, eux, sont à 20-30-40%.
08:51Alors là, ça chauffe beaucoup.
08:53Le Sri Lanka, par exemple, est à plus de 30%, même si, en fait, le Sri Lanka, vous avez suivi,
08:58a fait défaut sur sa dette déjà il y a deux ans,
09:01mais n'est de nouveau plus capable de rembourser sa dette.
09:03Pourquoi ? Parce que, justement, le service de la dette est à plus de 30% de ses recettes fiscales.
09:08Donc là, vous avez peut-être vu que le nouveau gouvernement, tout de gauche qu'il soit, vient de se
09:14mettre à genoux devant l'FMI,
09:15parce que l'FMI le tient.
09:16Pas du tout à cause du ratio dette publique sur PIB, mais à cause du ratio service de la dette
09:21sur recette fiscale.
09:22Et donc, en France, on n'a pas de problème de dette publique.
09:26Ça vous paraît peut-être étonnant, puisqu'on n'arrête pas de dire depuis des années que c'est un
09:29problème majeur,
09:30mais en fait, on n'en a pas.
09:30On est à 8,8%, ce qui est très raisonnable.
09:34Alors, évidemment, il se peut que les marchés financiers jouent avec nous et augmentent le taux d'intérêt.
09:39Alors, si le taux d'intérêt augmente, évidemment, le ratio va augmenter.
09:43Mais à l'heure où nous parlons, il n'y a pas de problème de dette publique.
09:47Alors, après, il y a un deuxième argument qu'on a invoqué souvent.
09:50Par exemple, notre ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire,
09:53qui a le record de longévité du ministre de l'Économie et des Finances de la Ve République,
09:57puisqu'il est resté 5 ans, non, pardon, il est resté 7 ans, 7 ans, premier quinquennat plus 2 ans,
10:04Bruno Le Maire a souvent dit, voilà, on est à 56% de dépenses publiques du PIB, c'est beaucoup
10:11trop, quoi.
10:12Sous-entendu, Paris va ressembler à Pyongyang, si on continue.
10:15On n'est pas loin de la Corée du Nord.
10:18Alors, en fait, quand vous entendez ça, la première fois, vous vous dites,
10:20bon, ça doit signifier que, en fait, en dépenses privées, on est à 44.
10:26Si on est à 56 en dépenses publiques, le PIB, donc on est à 44 en dépenses privées.
10:30C'est logique.
10:32Donc vous vous dites, oulala, vraiment, les Détats, ça dépense beaucoup.
10:36Pour faire quoi ? Pour payer, en fait, des instituteurs qui ne savent pas à grand-chose.
10:39Donc ça fait 56%, c'est énorme, non ?
10:43Sauf que la vérité, c'est que le secteur privé, lui, il est à 200%.
10:46Du PIB, de dépenses.
10:48Tout simplement parce que le PIB, ce n'est pas la somme des dépenses d'une économie.
10:52Et donc là, il y a une espèce de...
10:54Là, pour le coup, il y a une vraie entourloupe.
10:56Quand on calcule le ratio dépenses publiques sur PIB,
11:00de nouveau, on mélange des tomates avec des carottes.
11:03Là, ce sont bien deux flux.
11:05Mais au numérateur, vous mettez des dépenses,
11:07et au dénominateur, vous mettez de la plus-value, la valeur ajoutée.
11:10La valeur ajoutée, ce n'est pas la dépense.
11:12La dépense, en France, c'est 250% du PIB.
11:16Donc c'est 2,5 fois le PIB.
11:19Et là-dedans, vous avez, en gros, 200% de dépenses privées
11:22et 50% de dépenses publiques.
11:25Et donc, en réalité, en termes de plus-value,
11:29la dépense publique, c'est en gros 20%, 21%.
11:32Les mauvaises années, 22% du PIB.
11:35L'Allemagne est à combien ? 19%.
11:37Et pour une raison simple, c'est que l'Allemagne n'a pas les dépenses militaires
11:41que nous avons, nous, à cause notamment d'arsenal nucléaire français.
11:44Donc, ce n'est pas du tout nettement mieux en Allemagne,
11:47et ce n'est pas du tout nettement pire en France.
11:50Donc, on n'est pas du tout en train de se rapprocher de Pyongyang.
11:52On est autour de 20%, ce qui est la moyenne de tout le monde.
11:55Et c'est un ratio qui est extrêmement stable depuis 30 ans.
11:59Il a augmenté légèrement sous le premier septennat de François Mitterrand dans les années 80.
12:04Donc, il n'y en a pas beaucoup qui étaient là pour s'en souvenir, dans cette salle.
12:09Et donc, là aussi, c'est un deuxième mythe qu'il faut déboulonner,
12:13qui est, c'est faux qu'il y a une explosion des dépenses publiques en France rapportées au PIB.
12:18Ça va ? Donc, première partie de ma réponse, en fait, il n'y a pas de sujet, en vérité.
12:24Deuxième partie, en plus, la politique austéritaire va aggraver le mal.
12:29Donc, c'est vraiment la cure du médecin de Molière qui va tuer le malade, en fait, plutôt que de
12:34le guérir.
12:35Et pour la même raison que la politique d'austérité que nous avons infligée à la Grèce entre 2010 et
12:412020
12:41a abouti exactement au contraire de ce qui était visé.
12:45Donc, en 2010, au moment de l'explosion, de la dite explosion de la dette publique grecque,
12:50le ratio de dette publique sur PIB, dont j'ai déjà dit que c'est un mauvais ratio,
12:55mais celui qui est utilisé par tout le monde, son ratio était de 160% pour la Grèce.
13:00Donc, vous savez qu'on a imposé une cure d'austérité drastique à la Grèce.
13:03On a baissé les salaires de tous les fonctionnaires de 25%.
13:07On a privatisé tout ce qui pouvait être privatisé, tous les aéroports, toutes les entreprises publiques.
13:11On a même privatisé une île du territoire souverain de la Grèce, qui a été vendue en fait à un
13:16armateur allemand.
13:18On a privatisé un bout du Pyrée, qui a été vendu à un armateur chinois.
13:22Donc, vraiment, ça a été la braderie totale.
13:24Et je me rappelle, début des années 2010, 2011, 2012, mes anciens camarades,
13:29puisque vous savez peut-être que dans une autre vie, j'ai travaillé sur les marchés financiers,
13:32mes anciens camarades qui étaient sur les dérivés sur la dette publique grecque,
13:36rigolaient entre eux en disant « mais bientôt, ils vont nous vendre le Parthénon ».
13:39Alors, à ton avis, ça vaut combien le Parthénon ?
13:41Ce genre de blague qu'on raconte devant la machine à café.
13:45On a fait subir tout ça à la Grèce.
13:47Est-ce que ça a fait diminuer le ratio d'aide publique sur PIB ?
13:50Non, ça l'a fait augmenter.
13:52Donc, aujourd'hui, en 2020, on était à 180%.
13:56Après 2020, je vous accorde que ça n'a plus tellement de sens de comparer avec 2010,
13:59puisqu'entre-temps, il y a la pandémie et tout ça.
14:01Mais au moins en 2020, après dix années d'austérité sanglante,
14:06le ratio est à 180 en lieu de 160.
14:08Donc, on peut dire que c'est l'échec total de ce type de politique.
14:39Sous-titrage Société Radio-Canada
14:42Sous-titrage Société Radio-Canada
14:45Sous-titrage Société Radio-Canada
14:48Sous-titrage Société Radio-Canada
14:50Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires