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Dans cette extrait de la chaîne l'Académie du Climat, la journaliste du Monde Raphaëlle Aubert et l'ONG Générations Futures révèlent le plus grand scandale sanitaire du siècle. À travers l'analyse de 10 000 documents administratifs, découvrez comment les lobbies de l'industrie chimique bloquent l'interdiction des PFAS pour protéger leurs profits.
De Lyon à la Normandie, notre eau potable est massivement contaminée par le TFA, un polluant éternel ultra-toxique. Face à cette fraude de grande ampleur et à la complicité de l'État, la science alerte sur un empoisonnement généralisé de la population.

#Aubert #PFAS #Scandale #Polluants #eau

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00:46 Raphaëlle Aubert
10:51 Outro

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Citez un groupement de lobbying de l'industrie chimique européenne.
➡ Le CEFIC.

Quelle est la règle de qualité pour la somme des PFAS dans l'eau ?
➡ 100 nanogrammes par litre.

Quelle quantité de TFA a été mesurée dans l'eau à Paris ?
➡ Plus de 6000 nanogrammes.

Catégorie

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Éducation
Transcription
00:00Pour le TFA qui n'est pas réglementé à ce jour, on a vu des mesures à plus de 6
00:05000 nanogrammes par litre d'eau et même plus.
00:08Donc vous voyez en fait l'ordre de grandeur est incroyable et par exemple il y a débat sur ce
00:15que c'est une bonne norme pour le TFA
00:16parce qu'on peut effectivement dire qu'il serait a priori un peu moins toxique que d'autres PFAS comme
00:21le PFOS, le PFOA.
00:23Mais par exemple aux Pays-Bas, le RIVM qui est donc l'institut sanitaire a recommandé de ne pas dépasser
00:302200 nanogrammes par litre d'eau.
00:32Donc déjà à Paris par exemple, on a eu des prélèvements à 6 000 qui montrent qu'on est trois
00:36fois au-dessus de la norme recommandée sur des critères sanitaires par le RIVM.
00:46Il y avait donc ce projet d'interdiction des PFAS comme famille, ce qui est vraiment très intéressant
00:51puisque ça prend des années d'interdire molécule par molécule des polluants chimiques.
00:56Donc pourquoi pas effectivement interdire la famille en entier des PFAS pour éviter de prendre des années et des années
01:02dans la vue.
01:03Et on s'est rendu compte qu'il y avait quand même une entreprise de lobbying très forte de représentants
01:09d'intérêt de l'industrie chimique
01:10qui était contre cette interdiction, qui cherchait d'une certaine manière à trouver plein d'arguments
01:16qui permettrait de peut-être faire des exceptions, trouver plein de dérogations.
01:22Certains arguments qui peuvent tout à fait être entendus mais la plupart en fait qui sont en général fallacieux
01:27et on a démontré qu'il y avait un gros problème soit d'études scientifiques biaisées, financées par l'industrie
01:35chimique elle-même
01:36et aussi une grosse coordination avec un accès important à nos décideurs publics
01:42qui était fait par ces entreprises de lobbying.
01:45Je pense par exemple au Cefic ou à Plastics Europe qui sont donc des groupements de représentants d'intérêt.
01:51Donc pour le deuxième volet, qu'est-ce qu'on a fait ?
01:53On a continué avec nos demandes d'accès aux documents administratifs, on a continué à investiguer
02:00et on a analysé plus de 10 000 documents.
02:03Alors ce n'était pas évident mais on a décidé de choisir une sélection d'arguments dans ces 10 000
02:08documents
02:09et on les a classifiés selon différents types de... on a fait une taxonomie.
02:15Donc les arguments santé, science, économie, tout ce que vous pouvez entendre,
02:20on va perdre des emplois, on ne peut pas les remplacer.
02:23Bon il y a plein plein d'arguments qui reviennent régulièrement.
02:25On s'est rendu compte clairement qu'il y avait un aspect coordonné
02:29puisque ce sont les mêmes arguments qui sont employés encore et encore et encore
02:33et qui finissent par être réutilisés et réemployés parfois tels quels par les décideurs publics
02:38dans les parlements et dans les débats publics.
02:41Donc voilà, nous ce qu'on s'est attelé à faire c'est finalement de faire ce qu'on appelle
02:44un stress test,
02:45de regarder ces arguments et de voir s'ils étaient démontrés, valables.
02:51Et donc pour la plupart, même l'écrasante majorité, on a soit une absence de preuves suffisantes
02:56pour pouvoir les utiliser, voire potentiellement des arguments malhonnêtes et trompeurs.
03:02Et enfin on s'est dit bon l'autre matérialisation de ce problème c'est que le temps passe, le
03:08temps passe, le temps passe.
03:09Les pollutions on les découvre de plus en plus.
03:12On parlait de Lyon qui a été le précurseur malheureusement malgré lui en France
03:18mais on en trouve également en Normandie aujourd'hui vers Saint-Aubin-les-Elbeufs, du TFA, une pollution extrêmement massive.
03:25Là récemment on a révélé qu'il y avait aussi un gros problème vers Mourinx, donc dans les Pyrénées-Atlantiques.
03:31Et on a aussi Salindre dans le Gard qui est une plateforme chimique extrêmement polluée.
03:37On retrouve des PFAS comme vous le disiez partout, du TFA dans un ordre de grandeur encore plus élevé absolument
03:45partout,
03:46même dans l'eau potable. On l'a aussi démontré par des analyses dans l'eau du robinet.
03:51Donc qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on dépollue ? Et comment est-ce qu'on
03:55dépollue ?
03:55Combien ça va coûter ? Ça, ça a été donc vraiment un énorme travail qu'on a fait avec des
04:00scientifiques.
04:00On a analysé toutes les technologies de décontamination et leurs coûts.
04:06Bon, ça va coûter cher. Clairement, il y a des choix qui sont à faire aussi politiques.
04:11Il y a des réponses qui vont devoir être amenées par la science sur les taux de PFAS qu'on
04:19peut accepter dans ce qu'on consomme.
04:21Aujourd'hui, il y a seulement une vingtaine de PFAS qui sont réglementées au niveau de l'eau potable.
04:28Mais on sait qu'il va y avoir vraiment une nécessité de se pencher sur les autres et notamment sur
04:34le TFA qui est présent de manière extrêmement élevée.
04:37Donc pour donner un titre, un exemple, en général, les PFAS, la somme des PFAS ou les PFAS en général,
04:44on dit qu'ils ne doivent pas dépasser 100 nanogrammes par litre d'eau potable.
04:48C'est en tout cas une norme, une règle, alors pas forcément sanitaire, mais une règle de qualité.
04:56Donc c'est un premier appel. Si on dépasse cette règle, en général, c'est que l'eau n'est
05:00pas conforme.
05:01Pour le TFA qui n'est pas réglementé à ce jour, on a vu des mesures à plus de 6000
05:06nanogrammes par litre d'eau et même plus.
05:09Donc vous voyez, en fait, l'ordre de grandeur est incroyable.
05:13Et par exemple, il y a débat sur ce que c'est une bonne norme pour le TFA parce qu
05:18'on peut effectivement dire qu'il serait a priori un peu moins toxique que d'autres PFAS comme le PFOS,
05:23le PFOA.
05:24Mais par exemple, aux Pays-Bas, le RIVM, qui est donc l'institut sanitaire, a recommandé de ne pas dépasser
05:312200 nanogrammes par litre d'eau.
05:32Donc déjà, à Paris, par exemple, on a eu des prélèvements à 6000 qui montrent qu'on est trois fois
05:37au-dessus de la norme recommandée sur des critères sanitaires par le RIVM.
05:40Raphaël, dans votre enquête au Monde, l'un des volets portait justement sur la partie sanitaire.
05:45Est-ce qu'on a des maladies aujourd'hui qui sont spécifiques au PFAS ou c'est un peu quand
05:50même comme des autres molécules chimiques ?
05:51C'est-à-dire qu'on ne sait pas trop. On sait que c'est cancérigène, on sait que ça
05:55produit une maladie, mais on ne sait pas trop.
05:57Alors, il y a un nombre croissant de maladies qui est associé à une exposition au PFAS.
06:04Après, c'est la même chose que pour l'interdiction, molécule par molécule.
06:08L'évaluation de la toxicité de ces molécules PFAS, ça prend du temps.
06:13Souvent, c'est fait molécule par molécule, une par une, alors qu'on n'a pas forcément connaissance de l
06:18'effet cocktail,
06:18puisqu'on est nous aussi exposés à un cocktail de composés chimiques.
06:23Mais ce qu'on peut dire, c'est qu'en tout cas, il y a un nombre croissant de maladies
06:27qui sont associées à l'exposition,
06:29notamment au PFOS, au PFOA, mais aussi à d'autres PFAS, qui vont être donc effectivement des cancers,
06:35une réponse moins forte, la réponse immunitaire en gros moins forte au vaccin, notamment chez les enfants.
06:43Problème de thyroïde, problème de fertilité, il y a vraiment un problème de foie.
06:50Voilà, un cocktail de maladies aussi assez important, malheureusement.
06:56Quelque chose aussi d'important à dire, c'est que, bon, il y a la question de la dose qui
07:00fait le poison.
07:01Donc, potentiellement, certains PFAS sont ultra toxiques, d'autres sont un petit peu moins toxiques que les PFAS qu'on
07:07va dire à chaîne longue.
07:08Peut-être qu'il faut déjà parler de cette distinction, enfin que ce soit dit.
07:11Il y a des PFAS qui sont dits à chaîne longue et d'autres PFAS qui sont dits à chaîne
07:14courte.
07:15Le PFOS, le PFOA, par exemple, sont des PFAS à chaîne longue.
07:18Donc, on va en gros compter plus de 8 atomes de carbone.
07:24En fait, ce qui s'est passé, c'est ce qu'on appelle la substitution regrettable.
07:27C'est-à-dire, au début, on a commencé, les industriels ont travaillé avec ces PFAS à chaîne longue, PFOS,
07:33PFOA.
07:34On a eu de premières études qui ont pointé des effets délétères sur la santé liés à cette exposition aux
07:40PFAS.
07:41Les industriels ont anticipé des réglementations, qui ont fini d'ailleurs par arriver,
07:46et ils ont substitué les PFAS à chaîne longue par d'autres PFAS à chaîne courte,
07:51en assumant, en se disant qu'on n'aurait pas de problème de santé et que ceci était sain.
07:57Sauf que des études prouvent de plus en plus qu'on a également des problèmes de santé
08:04quand on est exposé aux PFAS, à certains PFAS, en tout cas à chaîne courte.
08:08Et de plus en plus, on le voit, ça a l'air d'être quelque chose d'assez généralisé.
08:12Donc, il y a un sujet sur cette substitution regrettable qui a été mise en place aussi par les industriels.
08:16Et ça a eu un effet de bord, c'est que ces PFAS à chaîne courte sont encore plus difficiles
08:22à décontaminer.
08:23Mais les PFAS à chaîne longue peuvent être retenus par certains systèmes de décontamination
08:28un petit peu moins onéreux, un petit peu plus classiques,
08:30comme les filtres à charbon actif, l'absorption par charbon actif.
08:35On s'est rendu compte, en évaluant les systèmes de décontamination,
08:38que les PFAS à chaîne courte et ultra-courte échappaient à la plupart de ces systèmes,
08:43comme le charbon actif, et qu'il y avait donc pour seul recours,
08:47en tout cas ultime recours et solution qui fonctionne aujourd'hui,
08:51et qui peut être mise à l'échelle aujourd'hui, parce qu'il y a une vraie ruée vers l
08:54'or
08:54sur cette recherche de la décontamination miracle.
08:58C'est un système qui s'appelle l'osmose inverse basse pression.
09:01Mais qui ne fonctionne que pour l'eau, c'est-à-dire que là, on ne parle pas de l
09:03'air,
09:04on ne parle pas de l'alimentation et du reste.
09:05Exactement, ça ne fonctionne que pour l'eau.
09:07Alors, l'eau est quand même un indicateur intéressant,
09:09parce que c'est un endroit où on peut agir.
09:10Il y a une forte concentration de ces PFAS,
09:13et on peut se dire, ok, c'est là où on peut mettre des filtres.
09:15On ne pourra pas, de toute façon, il n'y a pas assez d'argent sur Terre
09:18pour décontaminer les PFAS de tout l'environnement.
09:21Donc malheureusement, il faut faire des choix.
09:24Les nœuds de notre système de traitement de l'eau,
09:27que ce soit la production d'eau potable,
09:29les stations d'épuration,
09:31et les traitements des bouts des stations d'épuration également,
09:34mais aussi les décharges qui rejettent des espèces de liquides chargés en PFAS,
09:38les traiter dans ces espèces de nœuds-là,
09:40ça peut être intéressant pour avoir une grosse efficacité.
09:44Mais ça reste quand même extrêmement onéreux,
09:46et ce sont des choix aussi à faire pour le climat,
09:49puisque l'osmose inverse basse pression est très énergivore,
09:53donc on a aussi finalement ce système du serpent qui se mord la queue,
09:57puisqu'on va devoir utiliser beaucoup d'énergie
09:59pour pousser l'eau à travers ses membranes.
10:01Donc osmose inverse basse pression,
10:03vous pensez à un gros filtre à café,
10:04avec des tout petits pores, plus fins que des cheveux.
10:07Et là, ça permet de retenir tous les micropolluants jusqu'au TF1.
10:11Mais il y a plusieurs problèmes associés à cette décontamination-là.
10:15Donc comme je vous disais, il y a l'énergie assez colossale qui est nécessaire à ça.
10:20Le coût, puisqu'il faut équiper nos systèmes,
10:22et il y a un vrai problème de justice sociale,
10:25tous les systèmes ne pourront pas être équipés.
10:27Peut-être que des grosses métropoles pourront le mettre en place.
10:30Par exemple, on a le syndicat des autres îles de France
10:31qui est en train de s'équiper d'une partie d'osmose inverse basse pression,
10:34et on pourra peut-être répartir les coûts par tête
10:37de manière un petit peu plus homogène.
10:39Mais malgré tout, s'il y a un problème de contamination au PIFAS
10:43et au PIFAS à chaîne courte et ultra courte,
10:45comme ça a l'air d'être le cas un peu partout,
10:47il est possible que les communes rurales
10:48aient beaucoup moins accès à ces systèmes de décontamination.
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