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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et diplomate chevronné, analyse sans concession l'accord surprise américano-iranien annoncé par Donald Trump au G7 d'Évian.
Face à l'impasse stratégique et à la pression des élections de mi-mandat, le président américain semble avoir signé un texte invisible aux clauses floues, favorisant largement l'Iran. Une capitulation politique majeure décryptée point par point sur le plan géopolitique, économique et militaire, mettant en lumière l'amateurisme de la diplomatie de la Maison-Blanche face à des négociateurs iraniens redoutables.

#Villepin #Trump #Iran #Geopolitique #G7

00:00 Intro
00:48 Dominique de Villepin
07:15 Outro

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Réponses au quiz de fin :
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Selon de Villepin, à l'avantage de quel pays sont les conditions énumérées dans l'accord ?
➡ À l'avantage de l'Iran.

À quelles échéances électorales Donald Trump se prépare-t-il ?
➡ Les mid-terms.

Quels pays européens forment un gage de sérieux dans la négociation ?
➡ Allemagne, France, Royaume-Uni.

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Transcription
00:00La guerre s'arrête, Hormuz va rouvrir. C'est un succès ou un fiasco pour lui ?
00:05Alors c'est, du point de vue du récit, plutôt un succès de communication.
00:10Il a réussi tout au long du week-end à entretenir le suspense en marquant sa conviction qu'il parviendrait
00:16à signer cet accord.
00:17Donc de ce point de vue-là, il a un joli paquet d'anniversaires avec beaucoup de papiers et beaucoup
00:23de rubans.
00:24Évidemment, quand on ouvre le paquet, force est de constater, au vu de ce que l'on sait aujourd'hui,
00:30qu'on a du mal à identifier très très clairement ce qu'il y a dans ce paquet, mais surtout
00:36ce que l'Amérique gagne.
00:38Les conditions qui sont énumérées sont plutôt à l'avantage de l'Iran.
00:48On ne sait pas concrètement ce qu'il y a dans cet accord et les points sur lesquels ils se
00:51sont mis d'accord.
00:52Alors, pour vous, Trump a signé à l'aveugle d'une certaine manière ?
00:54Il a signé, alors on sait qu'il a signé électroniquement à distance avec les Iraniens.
00:58Pour vous, il a signé à l'aveugle parce qu'il fallait un accord coûte que coûte ?
01:01Il a fini par constater depuis maintenant plusieurs semaines l'impasse stratégique dans laquelle il était.
01:08Cet impasse stratégique, elle a un coût très important pour l'économie mondiale et pour les États-Unis même.
01:13Et donc, pour quelqu'un qui va se préparer à des échéances électorales pour les midterms, c'est un risque
01:21majeur qu'il courait.
01:22Et donc, la signature s'est imposée à lui et à partir de là, il n'attache pas une importance
01:28considérable aux conditions qui sont posées.
01:33Et on voit bien que sur les objectifs de guerre qui étaient ceux des États-Unis, qu'il s'agisse
01:38de la chute du régime, qu'il s'agisse du nucléaire iranien,
01:42qui était quand même la grosse affaire qui nous a tous entretenus et angoissés pendant des années,
01:49eh bien, il y a un acquis qui est extrêmement faible.
01:51Il y a même des sujets qui ne sont plus du tout sur la table.
01:53La question des missiles iraniens, la question du soutien à des milices régionales, tout cela a disparu.
02:01Donc, on voit bien que la volonté de signer l'emporte sur le souci du contenu de l'accord.
02:07On va écouter Trump qui, d'une certaine manière, vous répond à distance.
02:10Ce soir, il est à Evian pour le G7 avec Emmanuel Macron, entretien tout à l'heure entre les deux
02:14présidents.
02:15Et voici ce que dit Donald Trump.
02:18C'est un texte important, puissant, contrairement au texte d'Obama qui était terrible.
02:26Celui-ci est puissant. J'aimerais le faire paraître bientôt, peu de temps après vendredi.
02:34Parce que le détroit va être ouvert.
02:36On le sera complètement vendredi quand les mines seront neutralisées.
02:41Alors, on reparlera d'Ormuz dans un instant.
02:43Un texte puissant, dit Trump, largement meilleur que ce qu'avait pu signer Obama en 2015.
02:50Je rappelle qu'au début des négociations avec les Iraniens, vous y étiez, Dominique de Villepin.
02:54En 2003, j'ai initié avec mon collègue britannique et allemand ces négociations qui ont abouti en 2015.
03:00Et je peux vous dire que la somme de travail, la somme de détails techniques que contenait cet accord
03:05n'a absolument rien à voir avec ce qui est aujourd'hui sur la table.
03:09Trump vous dit, j'ai fait mieux que vous.
03:09Oui, bien sûr, mais c'est facile à dire.
03:12Mais cela reste à prouver.
03:14Ce qui me paraît important, c'est qu'on voit que l'Iran obtient aujourd'hui la reconnaissance de sa
03:21puissance dans le Golfe.
03:23Même si, il ne faut pas sous-estimer le fait que l'Iran est considérablement affaibli sur le plan militaire.
03:30L'Iran obtient l'inclusion du Liban, ce qui est très important pour l'Iran parce que ça marque son
03:35soutien à certaines de ses milices
03:37et en particulier le Hezbollah.
03:38Et il obtient bien sûr la consécration de son droit sur Hormuz.
03:43Même si, pour les prochaines semaines, il n'y a pas de droit de péage, on croit comprendre que dans
03:48l'accord,
03:49il y a l'acceptation de paiement, de droit de passage qui serait dû néanmoins par les bateaux.
03:56On retrouverait une situation que l'on connaît déjà, par exemple, dans le Bosphore.
03:59Mais qui peut s'élever jusqu'à plusieurs centaines de millions d'euros.
04:02Elsa ?
04:03Est-ce qu'il y a la moindre possibilité réaliste en 60 jours d'atteindre un accord nucléaire qui ait
04:10du sens,
04:11qui puisse empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire ?
04:14Alors, il y a une option.
04:16Et cette option consiste justement à reprendre le document que rejette aujourd'hui Donald Trump.
04:22C'est de reprendre les travaux et de les adapter à l'évolution des dernières années.
04:28Et là, il y a un travail sérieux.
04:30Il y a même des verrous qui permettent de vérifier que l'Iran n'échappe pas aux contraintes qui sont
04:37posées.
04:37Il y a un rôle donné à l'Agence internationale de l'énergie atomique qui peut vérifier sur place.
04:42Il y a la concrétisation des obligations liées au traité de non-prolifération.
04:49Donc, oui, on a une mémoire sur ce dossier très sérieuse.
04:53Il y a une deuxième condition, à mon sens.
04:54Ce serait que Donald Trump accepte que l'Union européenne, que les pays comme l'Allemagne ou comme la France,
05:00ou l'Angleterre, le Royaume-Uni, qui ont été partie prenante, fassent partie de la négociation,
05:06parce que c'est un gage de sérieux.
05:07Je ne crois pas que M. Witkoff et que M. Jared Kouchner, qui ont, si j'ai bien compris récemment,
05:12subi un stage accéléré de formation aux questions nucléaires de quelques jours ou d'un week-end,
05:17soit en mesure de négocier face à des personnalités comme Arichi.
05:22Nous connaissons bien les négociateurs iraniens.
05:24Ce sont des personnages tout à fait chevronnés.
05:27Et donc, la vérité, c'est est-ce que Donald Trump acceptera à un moment ou à un autre
05:34d'empocher ses pertes et de reconnaître l'échec qui est le sien ?
05:37Mais ça, ça n'arrivera jamais, Dominique de Villeneuve.
05:39Alors, ça n'arrivera jamais, sauf que nous savons d'expérience, c'est une leçon de l'histoire,
05:44que dans une guerre asymétrique, le plus fort ne gagne jamais quand il n'a pas des objectifs précis.
05:52C'est la loi de tous les empires qui ont chuté, c'est l'Empire romain, c'est l'Empire
05:56napoléonien,
05:57c'est l'Empire du Japon face à la Chine, c'est une loi absolue.
06:01Et le plus faible, quand il est déterminé, n'a pas besoin de vaincre pour l'emporter.
06:07Il a simplement besoin de résister et de survivre.
06:10C'est exactement ce que fait l'Iran.
06:12L'Iran survit, mais rien qu'en faisant cela, vis-à-vis des États du Golfe, vis-à-vis des
06:18grandes puissances,
06:19il affirme sa victoire.
06:21Et donc, aujourd'hui, je pense que l'inconnu, c'est d'abord la capacité des Américains
06:26d'avoir une diplomatie suffisamment sérieuse pour mener une négociation.
06:29J'ai personnellement quelques petits doutes sur le professionnalisme de la diplomatie américaine
06:34pour mener quelque chose d'aussi compliqué face aux Iraniens.
06:37C'est un premier élément.
06:38Deuxièmement, Israël, dont on ne parle pas, ils ne sont pas partis à l'accord.
06:43On n'imagine pas Benjamin Netanyahou, d'ici le mois d'octobre,
06:46rester sur son aventin et attendre que le temps passe,
06:49sans chercher à peser sur l'évolution de cette négociation.
06:53Et là, il y a effectivement un certain nombre d'éléments qui peuvent peser,
06:57ne serait-ce qu'à travers la question libanaise,
07:00parce que dans les grandes questions qui vont être activées,
07:02il y a bien sûr la question du Liban.
07:04Je pense que la question de Gaza, à un moment ou à un autre, devra s'inviter.
07:08Et il y a donc un certain nombre d'obstacles qui sont devant les Américains
07:13et qui sont difficiles à approcher.
07:43Oh, oh.
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