00:00– Écoutez, c'est simple, j'ai regardé le programme de Jean-Luc Mélenchon,
00:09c'est intéressant, puisqu'il prétend, lui, là où d'autres ne pourraient pas faire.
00:15J'ai vu 230 milliards de dépenses nouvelles, 105 milliards d'impôts nouveaux,
00:20dont 80 sur les entreprises.
00:22Donc on passe en gros à 7,5 de déficit, 9 points de PIB,
00:26enfin bon, on est dans une situation irresponsable et irréalisable,
00:31parce que de toute façon, là, on aura des conséquences extrêmes.
00:35Le jour où il est, M. Mélenchon est sur le commande-c, la France est sous tutelle.
00:40Voilà, la Commission européenne, ce qu'ils ont fait à la Grèce, la Troïka, vous connaissez.
00:43Donc ça n'a aucun sens.
00:45Donc se présenter avec des problèmes de cette nature.
00:47Alors le Parti socialiste, j'ai regardé, c'est mon ancien parti,
00:50100 milliards de dépenses nouvelles, 25 milliards de recettes d'impôts nouveaux
00:54et 88 milliards de déficits en plus.
00:57Alors ils disent qu'ils ne l'ont pas chiffré, mais moi je l'ai chiffré.
00:59Je l'ai fait tourner les mathématiques.
01:02Et on arrive à ça.
01:03Donc on va voir comment ça sort tout ça.
01:05Mais c'est pour vous dire que la gauche, c'est quoi ?
01:07C'est toujours la même chose, plus de dépenses et donc beaucoup d'impôts.
01:11Donc comment voulez-vous convaincre ?
01:13Un problème, une allocation, un impôt.
01:15Comment voulez-vous convaincre avec ça ?
01:16Je me souviens, j'ai vécu ça à tout instant.
01:18On ne travaille pas sur les questions économiques,
01:21on travaille sur les questions de redistribution d'une richesse
01:23qui est en train de disparaître.
01:25Expliquez-moi comment, vous, vous voyez les choses.
01:28Sincèrement.
01:29Monsieur le sénateur.
01:30Je ne suis pas connu pour ne pas être sincère.
01:32Ça c'est vrai.
01:33Donc, mon premier sujet avec vous,
01:37et ça fait un moment que je vous suis,
01:40l'ambition politique pour notre pays,
01:43elle ne peut pas être seulement comptable.
01:45Pardon de vous le dire.
01:46Et je ne crois pas que vous croyez que c'est seulement
01:49avec un programme politique extrêmement chiffré
01:52que nous allons diriger la France.
01:54Pardon, moi je ne me suis pas engagé en politique
01:56pour faire de la comptabilité.
01:58Je me suis engagé en politique
01:59parce que je suis un révolté des injustices
02:01que j'ai vues en bas de ma rue
02:02comme de l'autre côté du monde
02:04et que je veux changer les choses.
02:05Et à partir du moment où nous avons une ambition commune,
02:09nous mettons en adéquation notre ambition
02:11avec les moyens financiers.
02:12Mais ce n'est pas d'abord les moyens financiers
02:14qui nous disent ce que nous allons faire.
02:16Parce que si nous suivons ce raisonnement,
02:19alors nous faisons ce qui est fait depuis une quinzaine d'années,
02:22c'est-à-dire la politique de l'offre,
02:24c'est-à-dire d'étrangler les gens,
02:26c'est-à-dire dire c'est impossible
02:27d'augmenter les salaires dans ce pays
02:29et on laisse les gens qui travaillent
02:32plus pouvoir payer leurs factures
02:34à partir du 15 mois.
02:35Je ne me résigne pas à ça.
02:36Donc, il y a une immensité de richesses dans ce pays.
02:41On en produit beaucoup.
02:42On en produit d'ailleurs comme on n'en a jamais produit.
02:45Il existe beaucoup en réalité aujourd'hui
02:48de forces disponibles pour industrialiser notre pays.
02:51Mais la question qui nous est posée,
02:53pardon de le dire,
02:54c'est la question fondamentale
02:56qui devrait animer le débat public,
02:58c'est la question de la répartition de richesses
03:00dans le pays.
03:01Alors, je vous ai entendu.
03:02Et elle n'a jamais été aussi inégalitaire
03:05que depuis une quarantaine d'années
03:07et elle continue à peser très fortement.
03:10Pardon de le dire,
03:11mais vous ne pouvez pas.
03:12C'est vrai,
03:13mais j'ai un message,
03:14tout le monde a compris,
03:15c'est bon,
03:16vous êtes très bon.
03:17Et merci de parler comme ça
03:18avec beaucoup de faconde et de liberté.
03:20Une majorité de nos concitoyens et concitoyennes
03:22qui sont obligés de prendre leur voiture
03:24pour aller travailler pour un SMIC à 1483 euros
03:26et qui doivent mettre chaque semaine
03:28100 euros à la pompe,
03:29ils sont étranglés.
03:30Donc, il faut faire redescendre la pression.
03:32Et je ne crois pas,
03:33pardon,
03:34on a eu une crise sanitaire,
03:35on a déjà fait des choses sectorisées,
03:38à chaque fois,
03:38bon, il y a des trous dans la raquette.
03:40Je ne crois pas,
03:41mais peut-être que je me trompe,
03:43que les gens vont aller remplir
03:44quelque chose sur Internet,
03:45c'est extrêmement compliqué.
03:47Bon, on était à déjà 400 millions,
03:49on repropose 710 millions,
03:51on sera donc à 1 milliard d'aides.
03:52Donc, vous êtes contre les aides ciblées.
03:54Des aides ciblées,
03:55mais parce que...
03:55Sauf pour les rouleurs,
03:56les rouleurs,
03:57les rouleurs,
03:58vous êtes d'accord avec ça ?
03:59Rouleurs, pêcheurs,
04:00évidemment.
04:01Mais après,
04:02pour la majorité des gens,
04:03très compliqué.
04:04Donc, il y a deux solutions,
04:05et je suis pour les combiner.
04:07Un, le blocage des prix,
04:09et la deuxième,
04:10c'est la baisse de la TVA.
04:11Pourquoi ?
04:11Je l'ai déjà proposé en 2018,
04:13nous sommes le seul pays
04:14où il y a des taxes sur les taxes.
04:16Il y a la TVA sur les questions énergétiques,
04:18TVA sur l'assise,
04:20sur l'électricité,
04:21TVA sur la TCIPE.
04:23Donc, c'est insupportable,
04:24et donc,
04:25vous faites redescendre la pression,
04:27et si vous faites les deux combinés,
04:29c'est 30 à 40 centimes
04:30de suite.
04:31Alors, on a fait les comptes,
04:33monsieur le fénateur,
04:34270 millions de gains,
04:36ce n'est pas la fête,
04:38ça ne suffira pas pour...
04:40Oui, mais ça,
04:41pardon,
04:42la baisse de la TVA
04:43combinée au blocage des prix
04:44ne coûtera pas l'État.
04:46Pourquoi ?
04:46Parce que quand les prix à la pompe
04:47sont passés de 1,60 à 2,
04:49la part de la TVA
04:51reçue par l'État
04:52a augmenté.
04:53C'est ça,
04:53c'est les 270 millions
04:55de surplus
04:55que vous voulez enlever.
04:56Donc, il faut faire redescendre
04:58parce que ça va faire redescendre
05:00et faire la pompe.
05:00Alors, ça, c'est un petit acquis,
05:01mais Mme Mélanie l'a fait.
05:03Elle l'a affectée,
05:04elle a mis un milliard.
05:05Elle a mis un milliard
05:06pour baisser la TVA.
05:07D'ailleurs, beaucoup de pays européens
05:07l'ont fait,
05:08sur la baisse de la TVA.
05:09C'est vrai, c'est vrai.
05:09Après, il y a la deuxième question
05:11de moyen terme.
05:11Peut-être que nous ne serons pas d'accord.
05:12Oui, en temps de guerre,
05:14il y a toujours des profiteurs de guerre.
05:15Et pardon de le dire,
05:16ils ont des noms.
05:17Vous voyez ?
05:18On sait qui,
05:19pas elle est l'ennemi,
05:20mais on sait qui est le profiteur de guerre.
05:21En France, il n'y en a pas qu'un.
05:23Mais il y en a un
05:24qui s'appelle Total Energy,
05:25qui prend un milliard sur un mois,
05:27évidemment pas qu'en France,
05:29et qui organise par des prix de transfert
05:32en disant,
05:32ah, ici, en France,
05:33je ne gagne pas d'argent,
05:35mais en Suisse.
05:35Total profiteur de guerre,
05:37Fabien Gué,
05:37qui bloque les prix, là.
05:39Mais il le fait pourquoi ?
05:40Pourquoi il a bloqué les prix
05:41alors qu'on nous dit c'est impossible ?
05:42Par patriotisme, peut-être.
05:43Oui, évidemment.
05:44Évidemment, Patrick Pouyanné
05:45est un grand patriote.
05:46Mais surtout, il le fait
05:47parce que c'est un grand commercial.
05:49Et sur ces 3 300 stations de service,
05:52lorsqu'il annonce lui-même
05:53bloquer les prix
05:54alors que l'État nous dit
05:55que c'est impossible,
05:56lui-même,
05:57il a un afflux de clients supplémentaires
05:59qui fait que même en bloquant les prix,
06:01il continue à engager les prix.
06:02Monsieur le sénateur,
06:03attendez, je finis sur ça.
06:04Donc, je suis pour la transparence totale
06:07sur les profits.
06:08On regarde sur la distribution,
06:10sur le raffinage.
06:11Et à un moment donné, oui,
06:13il faudra taxer
06:14et le rendre, évidemment,
06:15aux Français.
06:16Alors, Total ne gagne presque pas d'argent en France.
06:18Non, vous ne faites pas
06:19le paroles de Patrick Pouyanné.
06:21Vous êtes plus intelligent que ça.
06:23Non, mais il fait de la consolidation.
06:25C'est-à-dire qu'il fait de la consolidation
06:27de profits venus d'ailleurs.
06:28Donc, il fait les profits venus d'ailleurs
06:31et il fait de la consolidation.
06:33Donc, il fait le profit en France,
06:34mais il fait beaucoup de profits en Suisse
06:36et en Irlande.
06:37Exactement.
06:37Allez, bon, allez, ne me racontez pas l'histoire.
06:40Simplement, simplement,
06:42est-ce que c'est seulement Total
06:43ou toutes les majors pétrolières ?
06:45Mais toutes !
06:45Bien, merci beaucoup.
06:47Toutes !
06:47C'est pour ça que j'ai dit,
06:49ils portent des noms.
06:49Il y en a un, mais tous les autres.
06:51Monsieur le sénateur,
06:52comment se fait-il que l'Allemagne,
06:53l'Italie, l'Espagne, l'Autriche,
06:55le Portugal ont écrit
06:56à la Commission européenne,
06:57disant
06:58« Ceux qui tirent profit
06:59des conséquences de la guerre
07:00doivent faire leur part
07:02pour alléger la charge pesante
07:03sur le grand public ? »
07:04Il y a quand même là-dedans
07:05deux gouvernements socialistes,
07:06un gouvernement d'extrême droite,
07:07un gouvernement conservateur,
07:09tous d'accord
07:10pour taxer l'ensemble
07:12des compagnies
07:13opérant sur le sol européen.
07:15Pourquoi la France n'a pas joint
07:17sa force à cette affaire ?
07:19La semaine prochaine,
07:20vous inviterez ici à ma place
07:23Sébastien Lecornu,
07:24puisque je ne suis pour l'instant
07:25pas porte-parole du gouvernement.
07:26On a invité Mme Thévenot,
07:27elle n'a pas su nous répondre.
07:28Et je ne serai jamais
07:29le porte-parole
07:31d'un gouvernement,
07:31évidemment, macroniste.
07:33Donc, pourquoi ils ne l'ont pas fait ?
07:35Parce qu'il y a une volonté aujourd'hui
07:36de ne pas toucher le capital.
07:38C'est ça le réel.
07:39Et depuis neuf ans,
07:40toute la politique macroniste
07:42consiste à faire peser
07:43sur l'ensemble des travailleurs
07:44et des travailleuses
07:45la fiscalité
07:46et d'épargner le grand capital.
07:47Enfin, je finis
07:49parce qu'il y a toujours
07:50ce que j'ai dit,
07:51deux mesures d'urgence,
07:53une mesure de court terme
07:53et une vision à long terme.
07:55Ma vision à long terme,
07:56là aussi,
07:56c'est que la question énergétique
07:58doit être sortie
07:59du secteur marchand.
08:01Je pense que le marché européen
08:03favoriser l'industrie allemande,
08:04c'est une grave erreur
08:05et nous en avons payé
08:06les prix cassés.
08:07Donc, j'ai fait une proposition
08:08là aussi il y a trois ans,
08:09c'est qu'au côté
08:10de l'étatisation d'EDF,
08:13la renationalisation
08:14de tout le secteur énergétique,
08:16d'ENGIE et de Total Energy
08:17et de fusionner,
08:18j'ai appelé ça GEDF,
08:20Groupe Énergie de France,
08:21qui aurait donc trois épiques,
08:23un sur l'électricité,
08:24un sur le gaz
08:25et un évidemment
08:26sur l'essence
08:27et les énergies fossiles
08:28avec deux piliers,
08:29sortir 13 millions de personnes
08:31dans la situation
08:31de précarité énergétique
08:33et continuer évidemment
08:34à décarboner
08:35notre économie
08:37et permettre évidemment
08:38la réindustrialisation.
08:38– Alors, selon la jurisprudence
08:40du Conseil constitutionnel,
08:41monsieur le sénateur,
08:43si vous nationalisez Total,
08:45il en coûtera aux finances publiques
08:46170 milliards d'euros
08:47d'indemnisation aux actionnaires.
08:49– C'est vrai, même 177,
08:51selon mon propre calcul,
08:52et 29 pour ENGIE.
08:54– Voilà, alors que l'on fait ?
08:55– Et combien nous a coûté
08:57les amortisseurs,
08:59tout ce que nous avons donné
09:00pendant la crise
09:01aux finances publiques
09:02en termes de profit ?
09:04Combien ?
09:05Combien ?
09:05La moitié de la note.
09:06C'est-à-dire qu'en trois ans,
09:08nous avons payé
09:09plus de 100 milliards
09:10que nous avons donnés
09:11à ces majors.
09:12Avec ça, en 20 ans,
09:14je crée un grand groupe
09:15qui sera un groupe mondial
09:16qui permettra évidemment
09:18de réindustrialiser le pays.
09:19– Le problème, c'est qu'avec ça,
09:20on l'a plus,
09:21on l'a distribué.
09:22Il faut le retrouver.
09:23– On va le retrouver.
09:24– Je ne suis pas sûr
09:24que nos créanciers ne prennent pas.
09:25– Avec un emprunt sur 20 ans,
09:26on l'a déjà fait
09:28et on sait le faire
09:29avec évidemment
09:31la Banque de France.
09:32Je le dis,
09:32il faudra un emprunt, etc.
09:35mais ce n'est pas à vous
09:36que je vais apprendre ça.
09:37La politique,
09:38c'est une vision d'avenir
09:40et donc la vision d'avenir,
09:41elle ne s'inscrit pas
09:42sur un exercice financier.
09:44Elle doit s'inscrire
09:44au bas mot
09:45sur 20 ou 30 ans.
10:15– Sous-titrage Société Radio-Canada
10:16– Sous-titrage Société Radio-Canada
10:20– Sous-titrage Société Radio-Canada
10:25Merci.
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