00:00Quand le Rassemblement National dit « on est chez nous », c'est pour exclure une partie de la population
00:04et pour considérer que cette partie de la population n'est pas chez elle.
00:07Quand le peuple d'hiver qui a été rassemblé hier à Saint-Denis dit « on est chez nous »,
00:12c'est pour dire « non, on est tous chez nous »,
00:14et y compris ceux que les autres considèrent qu'ils ne sont pas chez eux.
00:24– Hier soir, enfin hier après-midi précisément, grand meeting en plein air à Saint-Denis.
00:30Vous avez annoncé avoir réussi à rassembler 26 000 personnes.
00:34Alors le chiffre, personne n'avait vraiment compté, mais en tout cas il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde.
00:38Vous avez compté les 26 000, un par un ?
00:40– Un par un, mais vous savez, non mais juste pour que les choses se disent rapidement.
00:43– Oui, pour qu'on comprenne comment vous arrivez là-dessus.
00:44– En fait, il y a un travail sur plan qui permet d'y déduquer une superficie,
00:47et sur cette superficie, il y a une densité qui est estimée,
00:50là il y avait à peu près entre 7 000 et 8 000 m².
00:52Si vous faites 3 à 4 personnes par m², vous arrivez à ce chiffre, voilà, pour que les choses soient
00:56claires.
00:56– Grand meeting, grand rassemblement, en effet, coup d'envoi de la campagne LFI,
01:03avec un certain nombre de points sur lesquels on vous a toujours entendu.
01:06La retraite à 60 ans, vous maintenez, le SMIC à 1 700 euros.
01:10Un peu plus surprenant peut-être l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie,
01:13L'autonomie davantage pour la Corse. Comment vous en êtes venu à ça ?
01:16D'abord en partant des demandes qui sont exprimées.
01:20En Corse, vous avez depuis plusieurs élections, les élections qui sont remportées par les autonomistes.
01:27Et à un moment, quand vous êtes démocrate, vous entendez la parole de la population.
01:30Mais cet argument pour la Corse, il ne vaut pas pour la Nouvelle-Calédonie.
01:33Puisque pour la Nouvelle-Calédonie, ils ont voté à 4 pays contre.
01:35Non, mais la Nouvelle-Calédonie, Jean-Luc Mélenchon a dit, nous accompagnerons la Nouvelle-Calédonie vers l'indépendance.
01:39C'est ce qui est fait en France depuis les années 80.
01:41Les accords de Nouméa, puis les accords de Matignon.
01:43Non, mais ça veut dire que vous, vous souhaitez l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?
01:45Un processus de décolonisation tel qu'il a été engagé, son aboutissement, c'est la fin des soumissions.
01:52Et donc, un processus d'indépendance avec les référendums.
01:54Mais me semble-t-il que votre argument sur la Corse, qui est un argument électoral, pourrait donner exactement l
02:01'inverse du côté de la Nouvelle-Calédonie ?
02:02Parce qu'il y a eu des votes et que les votes n'ont pas non plus à la volonté
02:05d'une...
02:05Non, non, c'est un peu plus compliqué que ça, si je peux me permettre, madame la Mala.
02:06En effet, c'est plus compliqué, on est d'accord, mais...
02:08Deux référendums...
02:09En tout cas, il n'y a pas eu de référendum pour la...
02:10A chaque fois, l'indépendance a progressé.
02:12Et le troisième référendum, qui peut-être aurait pu conduire, a finalement été boycotté par les indépendantistes,
02:19puisqu'il a été organisé par M. Édouard Philippe, contre la volonté des indépendantistes dans la période du Covid.
02:24Ce n'est pas une forme d'abandon ?
02:26Non, c'est une forme de reconnaissance d'un processus de décolonisation qui est engagé en Nouvelle-Calédonie,
02:31et qui est reconnu, y compris par les Nations Unies, et que son aboutissement, c'est celui-là.
02:35Et quand vous avez cette attente, cette volonté qui s'exprime, je crois que vous devez la prendre en compte.
02:42La République, ça ne peut pas être une camisole de force.
02:45Vous ne pouvez pas imposer à des populations qui demandent une indépendance,
02:49ou dans d'autres territoires, une autonomie, de ne pas y avoir droit.
02:52Et donc, il vaut mieux le réfléchir en intelligence et en discussion,
02:56plutôt que le faire malheureusement par des situations climatiques.
02:58Votre adversaire, c'est le RN. Nous ferons rempart au RN.
03:02Voilà ce qu'a redit Jean-Luc Mélenchon hier.
03:05Dans la foule, on a entendu ça.
03:16Ce « On est chez nous », « On est chez nous », crié par la foule face à vous,
03:20j'ai quand même dû le réécouter plusieurs fois,
03:22parce que c'est un cri que l'on entend habituellement dans les meetings du Front National,
03:26ou aujourd'hui du Rassemblement National.
03:28Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, en fait, vous voulez être le miroir du RN ?
03:32Non, pas du tout. Ça veut dire qu'il y a eu une tentative depuis des dizaines d'années,
03:37par l'extrême droite, de capter un certain nombre de symboles,
03:41un certain nombre d'idées, un certain nombre de slogans.
03:44Et que vous disiez, Jean-Luc Mélenchon a dit « On est le rempart contre le RN ».
03:48Sa candidature, ce n'est pas seulement une candidature d'opposition au RN,
03:51c'est d'abord une candidature qui propose un programme alternatif.
03:54Mais oui, il y a aussi dans cette campagne des élections présidentielles
03:57la nécessité de combattre, de battre le RN.
04:01Rassemblement National. Et une des manières de le faire, c'est de lui reprendre aussi
04:05les symboles qu'il a essayé de nous confisquer.
04:08Quand le RN dit « On est chez nous », c'est pour exclure une partie de la population
04:13et pour considérer que cette partie de la population n'est pas chez elle.
04:16Quand le peuple d'hiver qui était rassemblé hier à Saint-Denis dit « On est chez nous »,
04:20c'est pour dire « Non, on est tous chez nous ».
04:22Et y compris ceux que les autres considèrent qu'ils ne sont pas chez eux.
04:26Voilà, la réponse, c'est celle-là.
04:28C'est une réponse politique, pas du tout un miroir.
04:30Il y avait d'ailleurs beaucoup de drapeaux français hier,
04:33de drapeaux tricolores, quelques drapeaux palestiniens,
04:35mais les drapeaux tricolores en masse.
04:37C'est nouveau, ils ont été distribués par LFI, ces drapeaux ?
04:41Comme d'habitude dans nos meetings, on a toujours,
04:43d'ailleurs contrairement à ce que disent souvent l'extrême droite pour parler de la France.
04:47Il n'y a pas de drapeaux bleu-blancs aussi, il y a toujours des drapeaux bleu-blancs.
04:50Mais oui, il y en a, évidemment il y en a.
04:52Mais ça veut dire quand vous dites « On veut se réapproprier ».
04:55Je recevais la semaine dernière Raphaël Luxman ici même,
04:58qui disait à peu près en réalité la même chose.
05:00Alors vous ne serez évidemment sûrement pas d'accord sur la suite de ce qu'ils en font.
05:05Mais lui, il dit qu'il faut qu'on fasse en sorte de ne pas laisser ces symboles à l
05:10'extrême droite.
05:10Il parle de la Marseillaise, il parle du drapeau tricolore.
05:14Raphaël Luxman qui dit « Moi, je plierai la France insoumise ».
05:18Alors il a raison, il faut faire une chose très simple.
05:21Vous prenez le bulletin de vote de Jean-Luc Mélenchon, vous le pliez avant de le mettre dans l'urne.
05:25C'est ça qu'il faut faire.
05:27C'est comme ça que vous l'entendez ?
05:27Oui, il faut plier le bulletin avant de le mettre dans l'enveloppe, sinon il ne rentre pas.
05:31Vous êtes surpris ?
05:32De ?
05:32Qui dit ça ?
05:34Non, il fait ce qu'il veut.
05:35Écoutez, il y a une élection présidentielle qui arrive.
05:37Mais vous avez dit la primaire c'est fini.
05:38Hier Jean-Luc Mélenchon a dit « Ça y est, la primaire est finie, c'est nous ».
05:40Comme s'il y avait déjà eu une primaire de la gauche.
05:42Il n'a jamais trop commencé, ça ne vous a pas échappé, Madame de Malabre.
05:45Écoutez, ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon hier, c'est dans cette grande bataille qui vient
05:48et qui est une bataille décisive, il y a une force politique, une candidature, une campagne
05:53qui est carrée, qui est engagée avec une équipe, avec un programme qui est en cours de discussion
05:57et avec une démonstration de force populaire qu'on a vue hier.
06:00Et donc ceux qui veulent une alternative au macronisme, et ceux qui veulent battre l'extrême droite,
06:04ceux qui veulent réouvrir une nouvelle page de l'histoire des Frances,
06:06qui veulent partager les richesses, qui veulent faire la planification écologique,
06:09qui veulent passer à la VIème République, qui veulent redonner à la France une voix sur la scène internationale.
06:14Eh bien, ils ont une équipe, ils ont une candidature, c'est celle de Jean-Luc Mélenchon.
06:17Alors je leur dis « Venez, venez participer de cette bataille ».
06:19Fabien Roussel hier, qui dit « Pour nous, ce ne serait ni l'un ni l'autre »
06:23en parlant de Jean-Luc Mélenchon ou de Raphaël Guzman.
06:25Fabien Roussel dit ce qu'il veut, mais je crois que si à la fin, c'est pour conduire à
06:30des candidatures
06:32qui n'ont finalement que pour seul résultat d'empêcher la candidature de Jean-Luc Mélenchon
06:37d'être qualifié au second tour et de l'emporter, je ne crois pas qu'on aura beaucoup fait avancer
06:41la gauche.
06:42Et c'est ce qui s'est passé en 2022.
06:44Et moi, vous savez, j'ai croisé beaucoup de militants communistes qui s'en sont mordus les doigts en 2022
06:49d'avoir maintenu jusqu'au bout une candidature qui a fait autour de 2% des voix.
06:53Et ces 2% des voix, c'est ceux qui ont manqué à Jean-Luc Mélenchon pour se qualifier au
06:56second tour.
06:56Donc chacun prendra ses décisions, mais ce que je dis, c'est que tout le monde a une responsabilité devant
07:01l'histoire.
07:02Personne ne pourra dire « je n'étais pas au courant ».
07:04Tout le monde a une responsabilité devant l'histoire.
07:06Et moi, je veux juste dire ça.
07:07Je veux dire, la proposition qu'on fait, c'est une proposition qui est ouverte.
07:10Toutes celles et ceux qui veulent participer de cette dynamique sont les bienvenus.
07:13Tout le monde sera à respecter.
07:14Il y a une discussion sur le programme, il y a la volonté de faire un accord présidentiel, législatif.
07:18Ceux qui le refusent, après, ils assumeront leur propre responsabilité.
07:41Sous-titrage Société Radio-Canada
07:58C'est parti !
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