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Christophe Cassou, climatologue et auteur du GIEC dans le groupe 1, est invité sur le plateau de franceinfo suite à une étude qu'il a sorti et pour parler des vagues de chaleur actuelles. Il y explique l'évolution des températures globales et leurs conséquences. Ça fout les boules, mais qu'est-ce que ça motive.

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Sources
Cassou https://www.youtube.com/watch?v=i1t9WdoVHcU
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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Quelle est la différence entre être alarmiste et alarmant ?
Alarmiste est le fait de ne parler que des pires trajectoires, alarmant c'est simplement le fait de tirer la sonnette d'alarme.

Quelles sont les deux mamelles de la lutte contre le réchauffement climatique ?
Atténuation et adaptation.

Comment s'adapter à une France à 4 degrés ?
On ne s'adapte pas à une France à 4 degrés.

#cassou #écologie #climat #adaptation #CO2 #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Donc la communauté des climatologues n'est pas du tout surpris par la vague de chaleur qui arrive.
00:03Elle est effrayée. Elle est effrayée et...
00:08Dommage, on ne s'est pas trompé.
00:10Écoutez-nous. Écoutez-nous pour les 20 prochaines années.
00:13L'été 2022, avec un coût absolument incroyable,
00:18il se chiffre en termes de PIB, un coût économique, un coût sanitaire, un coût agricole.
00:23Cet été 2022, il avait une chance sur 10 d'arriver en 2022.
00:26En 2050, c'est une chance sur 2.
00:27En 2070, dans une France à 4 degrés, l'été 2022, ça sera un été froid.
00:33Ça veut dire que les canicules dans une France à 4 degrés, elles atteindront 50 degrés.
00:38Et 50 degrés, la forêt ne survit pas.
00:41Les rendements agricoles ne diminuent pas de 5%.
00:44Ils s'effondrent.
00:46Sécurité alimentaire, insécurité alimentaire ici.
00:54Pendant longtemps, les climatologues, d'ailleurs, ont dit, mais n'allons pas sur l'atténuation,
00:58ça va nous dissuader d'agir, n'allons pas sur l'adaptation,
01:02plutôt, ça va nous dissuader d'agir pour atténuer le phénomène.
01:05Aujourd'hui, vous considérez qu'il faut les deux ?
01:09Il faut les deux.
01:10On marche sur deux jambes, l'adaptation et l'atténuation.
01:13L'atténuation, c'est la réduction des émissions de gaz à effet de serre,
01:16c'est mettre en place tous les leviers pour réduire ces émissions de gaz à effet de serre,
01:19se passer des énergies fossiles,
01:20puisque 90% des émissions de carbone viennent de ces énergies fossiles.
01:28Il faut également s'engager dans des stratégies d'adaptation,
01:34parce que ce climat change vite et les risques climatiques augmentent.
01:37On le voit tous les jours, les crues dont vous venez de parler,
01:40les crues qui étaient 100 tonales avant deviennent 20 tonales aujourd'hui.
01:44Ce qui est important de préciser, c'est que sans la réussite de l'adaptation,
01:50elle est conditionnelle à l'atténuation.
01:52Dit autrement, on ne s'adaptera pas à des niveaux de réchauffement élevés.
01:56Donc il faut absolument réduire les émissions de gaz à effet de serre
01:59pour avoir cette fenêtre d'opportunité pour s'adapter.
02:03On ne s'adaptera pas parce que la planète n'y arrivera pas,
02:06ou parce que financièrement ce sera un puits sans fond ?
02:10Alors je ne parle même pas d'argent.
02:11C'est le scientifique là qui parle ?
02:12Je ne parle pas de ressources.
02:15Il pourrait y avoir des milliards et des milliards d'euros,
02:17on ne s'adaptera pas à une France à 4 degrés.
02:20Pourquoi ? Parce qu'il y a des limites dans l'adaptation.
02:224, c'est quoi le moment où ça devient totalement ingérable ?
02:25Je dis 4.
02:26Parce que le plus 2, par exemple, autre objectif des accords de Paris,
02:30plus 2 en 2050, il reste atteignable, c'est ce que vous dites dans le rapport.
02:34Alors il faut différencier les niveaux de réchauffement en France
02:36et les niveaux de réchauffement mondiaux qui sont dans l'accord de Paris.
02:39Donc le plus 2 reste atteignable,
02:42mais il faut dès maintenant s'engager dans des mesures d'atténuation
02:45qui sont extrêmement importantes, extrêmement rapides.
02:48Et il ne faut absolument pas revenir sur le cadre actuel qui a été fixé.
02:52Il faut avoir plus d'ambition.
02:55Quand je parle de 4 degrés, c'est 4 degrés sur la France
02:57parce que le gouvernement s'est doté d'un plan d'adaptation au changement climatique
03:01dans une France à 4 degrés.
03:03On a évalué les risques pour cette France à 4 degrés.
03:06Et les risques sont extrêmement importants.
03:08Extrêmement importants.
03:09Et quand je dis qu'on ne s'adaptera pas dans cette France à 4 degrés,
03:13on ne s'adaptera pas sans casse parce qu'il y a des limites à l'adaptation
03:16et elles viennent du vivant.
03:17Elles viennent des écosystèmes.
03:19Des écosystèmes terrestres et des écosystèmes marins.
03:22Les rendements agricoles seront effondrés.
03:24Il y aura des tensions d'usage sur l'eau en particulier.
03:28Et en fait, s'adapter la France à 4 degrés,
03:32ça veut dire quoi ?
03:33Ça veut dire dès maintenant, discuter avec les territoires
03:35sur ce qu'on protège, ce qu'on garde,
03:38et ce qu'on abandonne et ce qu'on sacrifie.
03:41Par exemple, autour de la Méditerranée,
03:43il va falloir choisir dans une France à 4 degrés,
03:45si on ne change pas nos modes de vie
03:48et les différents secteurs d'activité,
03:50il va falloir choisir entre agriculture et tourisme.
03:52On ne pourra pas avoir les deux
03:53parce que la ressource en eau sera trop faible.
03:55Je pense qu'aujourd'hui, on a besoin de plusieurs choses.
03:57On a besoin de lucidité.
03:59Le déni de gravité du changement climatique n'est plus une option.
04:01Le déni de vulnérabilité, on le prend en pleine figure,
04:04n'est plus une option.
04:05On a besoin d'honnêteté.
04:07On ne négocie pas avec le climat.
04:08Tout objectif raté se traduit par des risques supplémentaires.
04:12On a besoin de courage aussi.
04:13Certains élus en ont, d'autres n'en ont pas.
04:15On a besoin de courage parce qu'en fait,
04:17il faut faire autrement.
04:18Il faut renoncer à des projets
04:20qu'on avait imaginés il y a 30 ans.
04:22Il faut imaginer faire autrement.
04:24Il y a des privilèges, vous l'avez dit aussi.
04:26Pardon ?
04:26Il y a des privilèges aussi, vous l'avez dit.
04:28Il y a des privilèges.
04:28Donc, il faut en fait aussi de l'équité.
04:32Il faut de la justice, de l'équité
04:34et il faut de la solidarité.
04:35On n'est pas tous en capacité d'agir de la même manière.
04:38Il y a des capacités d'agir qui sont différenciées.
04:40On n'a pas tous le même niveau de responsabilité
04:42dans le changement climatique non plus.
04:44Et donc, il y a un enjeu de communication sur cette équité.
04:47Ça veut dire quoi, juste pardon, ça ?
04:48Ce niveau de responsabilité ?
04:49Le niveau de responsabilité,
04:51c'est quand on regarde les émissions de gaz à effet de serre,
04:53en fait, le français moyen n'existe pas.
04:56Si on classe en revenu, en fait,
05:01les 10% les plus riches en France
05:03émettent trois fois plus de gaz à effet de serre
05:05que les 10% les plus forts.
05:07Les 10% les plus forts
05:09n'ont pas cette capacité d'action.
05:11Alors que le discours aujourd'hui,
05:13il est trop général.
05:14Et on utilise cette généralité pour cliver
05:16les différentes catégories en France.
05:19Et le clivage conduit à une inaction.
05:21Et ça, c'est une stratégie.
05:22C'est une stratégie politique qui est suicidaire.
05:25On voit aujourd'hui, le mot est fort.
05:27Elle est suicidaire.
05:28Pourquoi ?
05:29Parce que ces chaleurs extrêmes,
05:30ces puits diluviennes,
05:31elles vont arriver.
05:32Elles vont avoir des impacts très importants.
05:34Elles vont conduire à des morts.
05:35Elles vont conduire à une insécurité.
05:37Une insécurité sanitaire,
05:38une insécurité alimentaire,
05:40une insécurité sociale.
05:42Donc, lutter contre le changement climatique,
05:44c'est plus de sécurité.
05:46C'est plus de bien-être.
05:47Et c'est pour la protection des personnes et des biens.
05:51C'est un discours qu'on entend de plus en plus chez les scientifiques.
05:54Certains reconnaissent que parfois,
05:55ils ont été peut-être un peu trop alarmistes,
05:57qu'on a un peu trop culpabilisé aussi les gens au début,
05:59quand on a commencé à parler de ça.
06:01Alors, les scientifiques apportent les faits.
06:03Ensuite, c'est comment ces faits sont rapportés dans l'espace public
06:06qui les rends alarmistes.
06:08On n'est pas alarmistes,
06:10on est alarmants.
06:12Il faut bien différencier les deux.
06:13Si on avait été alarmistes,
06:14ça veut dire qu'on aurait pris,
06:16dans le domaine des possibles évolutions climatiques,
06:18les trajectoires les plus dures,
06:20les plus fortes.
06:21On n'a jamais fait ça.
06:22Et ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui,
06:23c'est les trajectoires qu'on avait imaginées il y a 20 ans.
06:26Et juste un dernier point sur la biodiversité
06:28et sur le ZAD aussi.
06:30On ne s'adapte pas à un effondrement de la biodiversité.
06:34Climat, biodiversité, c'est deux phases d'une même pièce.
06:36On ne s'adapte pas...
06:37C'est pas une question de budget, effectivement.
06:37Voilà, c'est pas une question de budget.
06:39On ne s'adapte pas à cet effondrement,
06:40on meurt avec.
06:41Parce qu'on est lié à cette biodiversité.
07:12Sous-titrage Société Radio-Canada
07:13C'est une question de budget.
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