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  • il y a 13 heures
Ce lundi 22 juin, les avantages et inconvénients de la proposition des Écologistes pour mettre en place 5 jours de congé climatique sur l'économie et l'emploi en France ont été abordés par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00C'est Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02La patronne des écologistes, Marine Tondelier, propose la création d'un congé climatique de 5 jours par an.
00:07Ça permettrait aux travailleurs de ne pas aller travailler, mais d'être prise en charge financièrement.
00:12Une mesure qui s'inspire du modèle espagnol.
00:14Qu'est-ce que vous en pensez, Emmanuel Lechypre ?
00:16Alors, vu comment vous présentez les choses, vous devez vous dire que je vais avoir du mal à défendre cette
00:22mesure.
00:22Allez hop, 5 jours de congés supplémentaires, etc.
00:30C'est ce que j'allais vous dire.
00:32Non mais ce qui est fou, c'est que dans un pays où, bon, il est vrai, la protection sociale
00:35est déjà très étoffée,
00:37c'est devenu impossible d'évoquer une nouvelle mesure de protection sociale originale
00:42sans que ça suscite tout de suite une levée de boucliers de la part des syndicats de patrons,
00:46voire de certains chefs d'entreprise, etc.
00:49Ben non, justement, moi aussi, honnêtement...
00:52Mais c'est quand vous êtes arrivé à 4h ce matin, vous m'avez dit c'est idiot, donc vous
00:55avez changé d'avis.
00:56On peut dire la vérité, quand on s'est dit c'est un des sujets du jour pour discuter,
00:59on s'est dit mais comment on va... c'est compliqué d'être d'accord.
01:01Mais en fait, quand on regarde bien, il y a quand même des choses qui sont assez intéressantes dans cette
01:06proposition.
01:07La première, c'est que je suis désolé, mais les accidents climatiques, les canicules, les intempéries, etc.
01:14ça devient quand même la norme.
01:15Donc il s'agit quand même de prendre en compte l'adaptation à une situation climatique
01:21qui est ce qu'elle est aujourd'hui.
01:24Cette nouvelle réalité, c'est celle des aléas climatiques et c'est celle des canicules.
01:29Donc, comme on a créé les congés maladies pour faire face aux risques sanitaires,
01:34c'est pas absurde qu'on ait ce risque-là.
01:36Après, le coût humain de toutes ces canicules, il est réel.
01:40Il est réel parce qu'effectivement, vous avez les écoles qui ferment.
01:44C'est profondément inégalitaire.
01:46Qui doit s'occuper des enfants quand les écoles ferment ?
01:49Ça tombe toujours sur les mêmes.
01:50C'est particulièrement pénalisant pour les femmes.
01:53C'est particulièrement pénalisant pour les familles les plus modestes.
01:56Et donc, c'est pas délirant de demander à ce que ce soit pas elles
02:00qui subissent la totalité de cet inconvénient climatique.
02:04Bon, sur la sécurité au travail, oui, il y a quelques arguments qui valent le coup.
02:08Alors, c'est vrai que le code du travail prévoit quand même déjà certaines possibilités.
02:12Donc, ça, c'est possible.
02:13L'Espagne l'a fait, effectivement.
02:15L'Espagne l'a fait en novembre 2024.
02:18Ça n'avait rien à voir.
02:19Donc, c'est pas une exception.
02:21C'est vrai que c'était dans des conditions différentes.
02:22C'est pas du tout.
02:23Mais il y a l'inspiration.
02:24Et puis, il faut rappeler quand même, parce que quand vous avez présenté la mesure en 10 ans,
02:295 jours de congés pour tout le monde.
02:32J'ai lu, c'est ultra factuel ce que je vous ai dit quand même.
02:34Oui, mais tout à qui ?
02:35La réalité, c'est qu'en fait, il faudra quand même qu'il y ait une décision officielle,
02:39un peu comme l'état de catastrophe naturelle,
02:41qu'il y ait le gouvernement qui déclare qu'on est dans une situation.
02:45Donc, ce ne sera pas un truc inextricable.
02:47Ce ne sera pas un débat.
02:48C'est pas Gécho, je me mets en congé.
02:49C'est pas Gécho, je me mets en congé.
02:50Oui, enfin, c'est quand même l'idée qui sort politiquement.
02:52Et c'est ce qu'elle souhaite faire, Marine Tondelier.
02:54C'est quand même à chaque fois un problème.
02:55Hop, une RTT, quoi.
02:57C'est comme Sophie Binet, pardon, la patronne de la CGT,
03:00qui voulait rajouter un jour de congé supplémentaire
03:02parce qu'on en aurait moins que la moyenne européenne.
03:05C'est n'importe quoi.
03:06On ne travaille pas assez en France.
03:09Donc, la solution, et d'autant plus, vous avez raison,
03:11c'est bien parce que ça devient la norme,
03:12ces crises climatiques à succession,
03:14que la réponse ne peut pas être on arrête de bosser.
03:18Il faut s'adapter.
03:20Ce qu'on n'a jamais fait depuis 20 ans.
03:22On le sait depuis 20 ans que ça nous pend au nez.
03:25On ne s'est jamais adapté.
03:27D'abord, on mélange trois problèmes avec ce congé canicule.
03:32Parce que que vous ayez une canicule sur un chantier,
03:34des routes coupées pour une inondation ou des écoles fermées,
03:36ce n'est pas du tout la même chose.
03:39Dans un cas, vous devez protéger le salarié sur son lieu de travail.
03:43Bon, devinez quoi ?
03:44Le droit du travail impose évidemment à toutes les entreprises
03:47de donner un cadre safe à tous les salariés.
03:50C'est déjà le cas aujourd'hui.
03:52Et donc, en plus, vous avez des mesures qui ont été mises l'année dernière
03:55ou en 2024, je ne sais plus,
03:56pour protéger tous les travailleurs, notamment dans le bâtiment,
03:59qui sont sur les toits, etc.,
04:00à partir d'une certaine température.
04:02Vous arrêtez de bosser, quoi.
04:04Non, soit vous décalez les horaires,
04:06vous commencez beaucoup plus tôt,
04:08vous commencez beaucoup plus tôt,
04:09une heure, deux heures plus tôt,
04:10et vous arrêtez de travailler plus tôt.
04:11Mais quand il fait 40 degrés,
04:13vous n'allez pas envoyer un couvreur,
04:15un toit d'ardoise.
04:16Tu les déposes évidemment deux heures plus tôt à la crête,
04:19bien évidemment, ou à l'école, bien sûr.
04:21On a le droit de s'arranger.
04:22Il y a du télétravail aujourd'hui,
04:23puis il y a plein de métiers, pardon,
04:27dont on a besoin quand vous avez de la canicule.
04:29On ne va pas demander aux infirmiers
04:33de se mettre en congé climatique un jour de canicule
04:36quand il faut aller s'occuper des personnes âgées.
04:39Évidemment que l'adaptation, c'est la clean.
04:41Là, ça devient un peu ce congé climatique,
04:43le couteau social,
04:44on va tout régler par on ne bosse pas,
04:47on reste à la maison.
04:48Ça ne règle qu'un problème.
04:50Et la comparaison avec le modèle espagnol,
04:53c'est complètement fallacieux.
04:54Ce n'est pas ce qui s'est passé en Espagne.
04:56En Espagne, ils avaient retenu les salariés
04:57au moment de grande inondation.
04:59Donc c'est ce qu'avait voulu régler le problème espagnol.
05:04Les entreprises sont tenues de protéger leurs salariés
05:08depuis le 1er juillet 2025.
05:09Donc les employeurs doivent adapter l'organisation aux horaires.
05:14Bon, enfin, tout ça existe déjà.
05:16Oui, mais en même temps,
05:19enfin, encore une fois, je continue.
05:20Ce n'est pas le moins de travail qui fait que
05:22on va régler le problème du réchauffement climatique.
05:25Mais parce que c'est le réflexe de la gauche dans ce pays.
05:30C'est catastrophique.
05:31Oui, il faut adapter le travail.
05:33C'est le fouet pour travailler plus.
05:35Justement, pardon, c'est pour la prospérité commune.
05:38On va vers plus de chaleur.
05:39La réalité, c'est qu'il faut qu'on s'adapte
05:41et qu'on puisse travailler dans de bonnes conditions.
05:43La réalité, c'est que les canicules, elles ont un coût.
05:46On le connaît.
05:47Il a été estimé.
05:47Allianz est devenu le spécialiste, notamment,
05:50et il nous dit quoi ?
05:51Il nous dit que, finalement, une journée de canicule,
05:55c'est l'équivalent d'une demi-journée de grève en termes de coût.
05:59Et la réalité, c'est que cette mesure, qui aurait un coût...
06:02Admettons, par exemple, que cette mesure,
06:05on la limite aux parents qui sont coincés
06:09par les fermetures d'écoles, etc.
06:11Ça fait à peu près un milliard et demi
06:14de coût de la mesure sur l'année.
06:16Si on considère que la mesure,
06:17c'est ces cinq jours qui sont pris uniquement
06:19par les parents qui ont besoin d'aller chercher leurs enfants à l'école.
06:22Mais la réalité, c'est que le coût,
06:23c'est que ces 1,5 milliard,
06:25ils viennent en déduction du coût de la canicule.
06:28Ils ne viennent pas s'ajouter au coût de la canicule.
06:31Parce qu'évidemment, c'est tout un tas de dépenses
06:33et d'inefficacité que vous avez.
06:35En moins, les baisses de productivité,
06:37les difficultés de transport, etc.,
06:39vous les avez moins.
06:40Donc, je comprends qu'on tire sur chaque mesure
06:43de progrès social, comme ça,
06:45à chaque fois qu'il y en a une qui se présente.
06:47Celle-là, elle n'est peut-être pas bien formulée.
06:49Mais ce n'est pas un progrès social, là.
06:50C'est juste une mesure d'urgence.
06:52Mais oui, on confond justement
06:54adaptation, réchauffement climatique
06:55et mesures sociales.
06:57Ça n'a rien à voir.
06:57Ça n'a rien à voir.
06:58Ce n'est pas ça dont on a besoin.
06:59C'est des investissements colossaux
07:00qui réservent absolument pas les mêmes à ce sujet.
07:02Et voilà la transition.
07:04Vous allez voir que c'est mieux
07:04comme de vous faire un pavé dans la marre.
07:07Vous allez voir, ça va être la révolution,
07:08ce que je vais vous dire.
07:09La prévention, ça coûte moins cher
07:11que de s'adapter.
07:12Ça fait mille ans qu'on le dit.
07:13On est bien d'accord.
07:15Mais le problème, c'est qu'il y a
07:16un moment de transition
07:16qu'il faut bien gérer.
07:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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