00:00C'était la prévision pour l'année, 0,9% de croissance en 2026, on sait déjà que pour le
00:06premier trimestre, c'est zéro, Emmanuel Lechypre,
00:08vous faites face aujourd'hui avec Raphaël Legendre qui revient de vacances optimiste, et qui y croit, c'est 0
00:13,9% en 2026, est-ce que c'est une mission impossible ?
00:17Alors moi aussi je reviens de vacances, il n'y a pas de raison que je sois sur-pessimiste, la
00:24réalité c'est que le volontarisme c'est bien joli,
00:27mais ça ne marche pas, et que ce qu'on voit là, c'est que cet objectif aujourd'hui, il
00:32paraît véritablement inatteignable.
00:36Vous l'avez dit, 0% de croissance au premier trimestre, il faut rappeler que les prévisions, alors Banque de
00:41France, INSEE, etc.,
00:42on était quand même entre 0,2 et 0,3. Or, il faut rappeler que pour des raisons statistiques, le
00:48premier trimestre pèse beaucoup plus que les autres
00:52dans le calcul de la moyenne annuelle, pour faire simple, mais je vous expliquerai, je vous donnerai les détails statistiques,
00:59mais là je vais y passer toute la rubrique, mais grosso modo, retenez que le PIB, pour le premier trimestre,
01:06compte dans la moyenne annuelle, 4 fois plus que le dernier trimestre de l'année.
01:10Voilà, donc on part avec un élan qui est presque faible, alors on va me dire, oui, c'est les
01:14ventes d'Airbus, etc.,
01:15et ça va se corriger, mais malheureusement, il n'y a pas de dynamique non plus, quand vous regardez finalement
01:21tous les indicateurs avancés, là ce que nous disent tous les baromètres de l'activité, regardez ce que disent
01:26les industriels, regardez ce que disent le secteur des services sur les carnets de commandes, bon,
01:31il n'y a pas véritablement de dynamique, c'est bien pire encore du côté des ménages, l'enquête d
01:37'avril auprès des ménages,
01:38elle est catastrophique, je veux dire, le moral s'effondre, l'envie de dépenser, certainement pas,
01:43l'envie d'épargner, oui, on sait que 2026 sera l'année la pire pour le pouvoir d'achat depuis
01:492013,
01:50alors, est-ce qu'on peut se tourner vers l'environnement international, l'environnement européen, il n'est pas bon,
01:55et quand vous avez votre premier partenaire, qui est l'Allemagne, qui est dans une situation extrêmement difficile,
02:00on ne voit pas bien d'où pourrait venir l'effet d'entraînement européen.
02:04La politique budgétaire, et ça, c'est la malédiction des pays qui gèrent mal leurs finances publiques,
02:09vous avez une politique budgétaire qui est trop rigoureuse aujourd'hui par rapport à ce dont aurait besoin l'économie
02:16française,
02:17ce n'est pas pour rien que l'Institut Bruegel nous dit, bah oui, la France, c'est le pays
02:20qui a fait le moins
02:21en matière d'aide au carburant avec le Royaume-Uni, donc la politique budgétaire n'aidera pas,
02:27et vous avez la perspective de la présidentielle qui, traditionnellement, gèle l'activité,
02:32notamment dans des secteurs fondamentaux, comme la construction, le logement, etc.
02:36Donc je ne vois pas d'où pourrait venir ce sursaut volontariste dont va nous parler, Raphaël.
02:43Oui, oui, moi je pense qu'il faut qu'on le renvoie en vacances.
02:46Mais comment vous allez arriver à 0,9 ?
02:47Je ne me trouve vraiment pas en forme.
02:49Bon d'abord, évidemment que le blocage du détroit d'Hormuz, qui dure, ne va pas aider à la croissance.
02:55On est bien d'accord.
02:57Mais alors, le biais catastrophiste des médias qui cherchent à vendre leur sauce.
03:02C'est les médias maintenant.
03:02Mais bien sûr, pourquoi ? Parce que la peur fait vendre.
03:05C'est l'heuristique de la peur.
03:07C'est vieux comme Antionas dans les années 70.
03:10C'est le pouvoir des cauchemars.
03:11On saute comme ça, d'angoisse en angoisse.
03:13On va faire peur aux Français.
03:15Regardez d'où on vient l'année dernière.
03:16L'année dernière, la dissolution aurait dû nous coûter 15 à 20 milliards d'euros de PIB.
03:2415 à 20 milliards de PIB, c'est la moitié de la croissance annuelle.
03:27Donc on aurait dû diviser la croissance par deux.
03:30On a eu la guerre commerciale de Donald Trump qui devait nous enlever encore quelques points de PIB de croissance
03:34supplémentaires.
03:36On avait l'investissement qui devait s'effondrer, les embauches qui devaient être gelées, etc.
03:40Qu'est-ce qu'on a eu ?
03:40On a eu une croissance meilleure que prévue en 2025.
03:43On n'a pas fait 0,8, on a fait 0,9.
03:46Toute l'année, on a raconté que ça allait être catastrophique.
03:49On a fait meilleur que prévu.
03:51Là, qu'est-ce qu'on voit au premier trimestre ?
03:53Vous l'avez dit, qu'est-ce qui a plombé la croissance au premier trimestre ?
03:55Un, c'est la conso.
03:57La conso, c'est quoi ?
03:58C'est de la confiance, c'est pas en expliquant que ça va être catastrophique qu'on va aider les
04:02Français à consommer.
04:03Et je rappelle simplement qu'on a le taux d'épargne le plus élevé d'Europe, 18 points de PIB
04:08de taux d'épargne.
04:09Mais allons-y, consommons, et notamment les seniors.
04:12C'est les seniors qui ont l'épargne principalement.
04:15Donc allez-y, consommez, ça aidera, ça sera un effort de guerre économique, si je puis dire.
04:21Par ailleurs, vous l'avez dit, c'est le commerce extérieur qui plombe les résultats.
04:25Et le commerce extérieur, on le sait, c'est Airbus.
04:27Airbus, bon, très souvent, ça va très très très très bien.
04:31Une fois de temps en temps, il y a un petit problème de commande, ça va repartir à la hausse.
04:34Et donc le commerce extérieur va rebondir derrière.
04:36C'est de livraison, parce que les commandes...
04:37C'est des questions de livraison, voilà.
04:39Oui, les commandes sont là, effectivement.
04:40Donc tout ça, c'est temporaire, c'est du conjoncturel, ça n'est pas structurel.
04:44Moi, je réponds à ça que, un, alors si on revient dans le détail sur la prévision 2025,
04:50il faut rappeler qu'à la différence de 2026, on avait eu une bonne fin d'année 2024
04:54et un bon premier trimestre 2025 qui avait donné cet élan à l'année qui va nous manquer
05:00précisément pour 2026.
05:02qu'on n'avait pas autant serré la vie sur le plan budgétaire qu'en 2026
05:06et que, je suis désolé, mais que pour le pouvoir d'achat des Français,
05:10l'année 2025 n'avait pas été aussi catastrophique que sera l'année 2026.
05:15Donc toute cette épargne dont nous parle Raphaël, si elle a été accumulée,
05:18c'est bien parce que les Français ont des craintes, ont des peurs.
05:21Et là, quand vous voyez la dégradation du marché du travail,
05:23est-ce que vous croyez que ça va pousser les Français à se précipiter dans les magasins,
05:27les retraités, que dans sa vibrante appel, Raphaël appelle à reprendre le chemin des magasins.
05:33Mais ça fait très longtemps que s'ils voulaient, ils pourraient dépenser.
05:35Efforts de guerre économique.
05:36Et donc, vous croyez que vos retraités, qui représentent la moitié des voyages organisés,
05:42la moitié des dépenses de loisirs, etc.,
05:44ils vont se précipiter pour des vacances à l'étranger, etc.
05:46C'est marrant votre concept d'efforts de guerre économique de dépenser, en fait.
05:50Mais évidemment.
05:51Mais non, mais non.
05:51Dépenser, c'est résister, Emmanuel.
05:53C'est pas comme ça que ça se passe.
05:54Et puis alors, pardon, mais pour avoir fait des prévisions pendant des années,
05:58je peux vous dire que vous pouvez faire toutes les prévisions que vous voulez.
06:01Elles n'ont aucun caractère autoréalisateur.
06:03C'est-à-dire, quand on nous disait, ah là là, la presse,
06:05vous vous rendez pas compte, vous êtes trop pessimiste, etc.
06:08C'est ça.
06:08On dit que c'est catastrophique tout au long de l'année,
06:10la croissance fait mieux prévue au final.
06:12Les prévisionnistes ne se tromperaient jamais.
06:14Or, ils se trompent tout le temps.
06:15Non, non, un dernier point.
06:16Pardon.
06:17L'investissement tient bon.
06:18C'est excellent pour l'avenir.
06:19La consommation en service se tient très bien aussi.
06:23En mars, la consommation de biens a rebondi de 0,7 points.
06:26C'est très bon.
06:26On a des tendances de fonds qui sont favorables,
06:29évidemment, comme l'investissement dans la défense.
06:32Malheureusement, la guerre, c'est plutôt bon.
06:34Alors, pour trancher notre débat, Raphaël.
06:36Alors, arrêtons de paniquer un peu, monsieur Le Chiffre.
06:38Je vous donne rendez-vous.
06:39Et ça, vous serez au rendez-vous dans quelques minutes.
06:42Puisque ce matin, on aura des enquêtes conjoncture de l'INSEE pour le début du mois de mai.
06:49Et on verra s'il y a la tendance d'avril ou pas, si les tendances inquiétantes d'avril
06:54sont confortées ou pas.
06:54Et juste quand vous dites que 2026 sera la pire année sur le pouvoir d'achat depuis...
06:59Depuis 2013, avec quelle chute prévue sur 2026 ?
07:02Bah, 2026, on est...
07:04Si vous regardez sur ce qui est prévu par ménage,
07:08on est sur quelques 0,4, 0,5 points de baisse du pouvoir d'achat par ménage.
07:14C'est la faute au prélèvement obligatoire.
07:16Il faut quand même le préciser.
07:18Comme en 2013.
07:19C'est pour ça que je disais que dans les pays...
07:21Il y a les médias qui racontent vraiment n'importe quoi.
07:22Écoutez BFM Business, il n'y a que sur cette radio qu'on dit des choses intelligentes.
07:26Et dans les pays mal gérés, c'est la malédiction.
07:28C'est-à-dire que quand la vie se vient,
07:30vous vous retrouvez fort dépourvus
07:32puisque vous n'avez plus les moyens de mener une politique
07:34qui accompagne le cycle.
07:36Vous êtes rentrés tous les deux poètes.
07:37Ça, c'est vraiment une plus-value qu'on a dans ce débat.
07:41On reviendra.
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