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  • il y a 14 heures
Ce lundi 4 mai, la perspective de croissance à 0,9% pour l'année 2026, avec un démarrage à l'arrêt, a été analysée par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00C'était la prévision pour l'année, 0,9% de croissance en 2026, on sait déjà que pour le
00:06premier trimestre, c'est zéro, Emmanuel Lechypre,
00:08vous faites face aujourd'hui avec Raphaël Legendre qui revient de vacances optimiste, et qui y croit, c'est 0
00:13,9% en 2026, est-ce que c'est une mission impossible ?
00:17Alors moi aussi je reviens de vacances, il n'y a pas de raison que je sois sur-pessimiste, la
00:24réalité c'est que le volontarisme c'est bien joli,
00:27mais ça ne marche pas, et que ce qu'on voit là, c'est que cet objectif aujourd'hui, il
00:32paraît véritablement inatteignable.
00:36Vous l'avez dit, 0% de croissance au premier trimestre, il faut rappeler que les prévisions, alors Banque de
00:41France, INSEE, etc.,
00:42on était quand même entre 0,2 et 0,3. Or, il faut rappeler que pour des raisons statistiques, le
00:48premier trimestre pèse beaucoup plus que les autres
00:52dans le calcul de la moyenne annuelle, pour faire simple, mais je vous expliquerai, je vous donnerai les détails statistiques,
00:59mais là je vais y passer toute la rubrique, mais grosso modo, retenez que le PIB, pour le premier trimestre,
01:06compte dans la moyenne annuelle, 4 fois plus que le dernier trimestre de l'année.
01:10Voilà, donc on part avec un élan qui est presque faible, alors on va me dire, oui, c'est les
01:14ventes d'Airbus, etc.,
01:15et ça va se corriger, mais malheureusement, il n'y a pas de dynamique non plus, quand vous regardez finalement
01:21tous les indicateurs avancés, là ce que nous disent tous les baromètres de l'activité, regardez ce que disent
01:26les industriels, regardez ce que disent le secteur des services sur les carnets de commandes, bon,
01:31il n'y a pas véritablement de dynamique, c'est bien pire encore du côté des ménages, l'enquête d
01:37'avril auprès des ménages,
01:38elle est catastrophique, je veux dire, le moral s'effondre, l'envie de dépenser, certainement pas,
01:43l'envie d'épargner, oui, on sait que 2026 sera l'année la pire pour le pouvoir d'achat depuis
01:492013,
01:50alors, est-ce qu'on peut se tourner vers l'environnement international, l'environnement européen, il n'est pas bon,
01:55et quand vous avez votre premier partenaire, qui est l'Allemagne, qui est dans une situation extrêmement difficile,
02:00on ne voit pas bien d'où pourrait venir l'effet d'entraînement européen.
02:04La politique budgétaire, et ça, c'est la malédiction des pays qui gèrent mal leurs finances publiques,
02:09vous avez une politique budgétaire qui est trop rigoureuse aujourd'hui par rapport à ce dont aurait besoin l'économie
02:16française,
02:17ce n'est pas pour rien que l'Institut Bruegel nous dit, bah oui, la France, c'est le pays
02:20qui a fait le moins
02:21en matière d'aide au carburant avec le Royaume-Uni, donc la politique budgétaire n'aidera pas,
02:27et vous avez la perspective de la présidentielle qui, traditionnellement, gèle l'activité,
02:32notamment dans des secteurs fondamentaux, comme la construction, le logement, etc.
02:36Donc je ne vois pas d'où pourrait venir ce sursaut volontariste dont va nous parler, Raphaël.
02:43Oui, oui, moi je pense qu'il faut qu'on le renvoie en vacances.
02:46Mais comment vous allez arriver à 0,9 ?
02:47Je ne me trouve vraiment pas en forme.
02:49Bon d'abord, évidemment que le blocage du détroit d'Hormuz, qui dure, ne va pas aider à la croissance.
02:55On est bien d'accord.
02:57Mais alors, le biais catastrophiste des médias qui cherchent à vendre leur sauce.
03:02C'est les médias maintenant.
03:02Mais bien sûr, pourquoi ? Parce que la peur fait vendre.
03:05C'est l'heuristique de la peur.
03:07C'est vieux comme Antionas dans les années 70.
03:10C'est le pouvoir des cauchemars.
03:11On saute comme ça, d'angoisse en angoisse.
03:13On va faire peur aux Français.
03:15Regardez d'où on vient l'année dernière.
03:16L'année dernière, la dissolution aurait dû nous coûter 15 à 20 milliards d'euros de PIB.
03:2415 à 20 milliards de PIB, c'est la moitié de la croissance annuelle.
03:27Donc on aurait dû diviser la croissance par deux.
03:30On a eu la guerre commerciale de Donald Trump qui devait nous enlever encore quelques points de PIB de croissance
03:34supplémentaires.
03:36On avait l'investissement qui devait s'effondrer, les embauches qui devaient être gelées, etc.
03:40Qu'est-ce qu'on a eu ?
03:40On a eu une croissance meilleure que prévue en 2025.
03:43On n'a pas fait 0,8, on a fait 0,9.
03:46Toute l'année, on a raconté que ça allait être catastrophique.
03:49On a fait meilleur que prévu.
03:51Là, qu'est-ce qu'on voit au premier trimestre ?
03:53Vous l'avez dit, qu'est-ce qui a plombé la croissance au premier trimestre ?
03:55Un, c'est la conso.
03:57La conso, c'est quoi ?
03:58C'est de la confiance, c'est pas en expliquant que ça va être catastrophique qu'on va aider les
04:02Français à consommer.
04:03Et je rappelle simplement qu'on a le taux d'épargne le plus élevé d'Europe, 18 points de PIB
04:08de taux d'épargne.
04:09Mais allons-y, consommons, et notamment les seniors.
04:12C'est les seniors qui ont l'épargne principalement.
04:15Donc allez-y, consommez, ça aidera, ça sera un effort de guerre économique, si je puis dire.
04:21Par ailleurs, vous l'avez dit, c'est le commerce extérieur qui plombe les résultats.
04:25Et le commerce extérieur, on le sait, c'est Airbus.
04:27Airbus, bon, très souvent, ça va très très très très bien.
04:31Une fois de temps en temps, il y a un petit problème de commande, ça va repartir à la hausse.
04:34Et donc le commerce extérieur va rebondir derrière.
04:36C'est de livraison, parce que les commandes...
04:37C'est des questions de livraison, voilà.
04:39Oui, les commandes sont là, effectivement.
04:40Donc tout ça, c'est temporaire, c'est du conjoncturel, ça n'est pas structurel.
04:44Moi, je réponds à ça que, un, alors si on revient dans le détail sur la prévision 2025,
04:50il faut rappeler qu'à la différence de 2026, on avait eu une bonne fin d'année 2024
04:54et un bon premier trimestre 2025 qui avait donné cet élan à l'année qui va nous manquer
05:00précisément pour 2026.
05:02qu'on n'avait pas autant serré la vie sur le plan budgétaire qu'en 2026
05:06et que, je suis désolé, mais que pour le pouvoir d'achat des Français,
05:10l'année 2025 n'avait pas été aussi catastrophique que sera l'année 2026.
05:15Donc toute cette épargne dont nous parle Raphaël, si elle a été accumulée,
05:18c'est bien parce que les Français ont des craintes, ont des peurs.
05:21Et là, quand vous voyez la dégradation du marché du travail,
05:23est-ce que vous croyez que ça va pousser les Français à se précipiter dans les magasins,
05:27les retraités, que dans sa vibrante appel, Raphaël appelle à reprendre le chemin des magasins.
05:33Mais ça fait très longtemps que s'ils voulaient, ils pourraient dépenser.
05:35Efforts de guerre économique.
05:36Et donc, vous croyez que vos retraités, qui représentent la moitié des voyages organisés,
05:42la moitié des dépenses de loisirs, etc.,
05:44ils vont se précipiter pour des vacances à l'étranger, etc.
05:46C'est marrant votre concept d'efforts de guerre économique de dépenser, en fait.
05:50Mais évidemment.
05:51Mais non, mais non.
05:51Dépenser, c'est résister, Emmanuel.
05:53C'est pas comme ça que ça se passe.
05:54Et puis alors, pardon, mais pour avoir fait des prévisions pendant des années,
05:58je peux vous dire que vous pouvez faire toutes les prévisions que vous voulez.
06:01Elles n'ont aucun caractère autoréalisateur.
06:03C'est-à-dire, quand on nous disait, ah là là, la presse,
06:05vous vous rendez pas compte, vous êtes trop pessimiste, etc.
06:08C'est ça.
06:08On dit que c'est catastrophique tout au long de l'année,
06:10la croissance fait mieux prévue au final.
06:12Les prévisionnistes ne se tromperaient jamais.
06:14Or, ils se trompent tout le temps.
06:15Non, non, un dernier point.
06:16Pardon.
06:17L'investissement tient bon.
06:18C'est excellent pour l'avenir.
06:19La consommation en service se tient très bien aussi.
06:23En mars, la consommation de biens a rebondi de 0,7 points.
06:26C'est très bon.
06:26On a des tendances de fonds qui sont favorables,
06:29évidemment, comme l'investissement dans la défense.
06:32Malheureusement, la guerre, c'est plutôt bon.
06:34Alors, pour trancher notre débat, Raphaël.
06:36Alors, arrêtons de paniquer un peu, monsieur Le Chiffre.
06:38Je vous donne rendez-vous.
06:39Et ça, vous serez au rendez-vous dans quelques minutes.
06:42Puisque ce matin, on aura des enquêtes conjoncture de l'INSEE pour le début du mois de mai.
06:49Et on verra s'il y a la tendance d'avril ou pas, si les tendances inquiétantes d'avril
06:54sont confortées ou pas.
06:54Et juste quand vous dites que 2026 sera la pire année sur le pouvoir d'achat depuis...
06:59Depuis 2013, avec quelle chute prévue sur 2026 ?
07:02Bah, 2026, on est...
07:04Si vous regardez sur ce qui est prévu par ménage,
07:08on est sur quelques 0,4, 0,5 points de baisse du pouvoir d'achat par ménage.
07:14C'est la faute au prélèvement obligatoire.
07:16Il faut quand même le préciser.
07:18Comme en 2013.
07:19C'est pour ça que je disais que dans les pays...
07:21Il y a les médias qui racontent vraiment n'importe quoi.
07:22Écoutez BFM Business, il n'y a que sur cette radio qu'on dit des choses intelligentes.
07:26Et dans les pays mal gérés, c'est la malédiction.
07:28C'est-à-dire que quand la vie se vient,
07:30vous vous retrouvez fort dépourvus
07:32puisque vous n'avez plus les moyens de mener une politique
07:34qui accompagne le cycle.
07:36Vous êtes rentrés tous les deux poètes.
07:37Ça, c'est vraiment une plus-value qu'on a dans ce débat.
07:41On reviendra.
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