00:00Les politiques semblent paralysées face à la canicule, face aux murs de dettes, face aux investissements dans la sécurité, dans
00:06l'intelligence artificielle.
00:07Le ministre de la Transition écologique, la ministre, qui nous dit ce matin dans Le Parisien que personne, personne n
00:12'aurait pu anticiper que des trains allaient rouler sous 42 degrés.
00:15On a le ministre de l'Éducation qui dit qu'il ne met pas la climatisation dans son bureau en
00:19solidarité avec les élèves.
00:21Ça fait dire n'importe quoi cette canicule.
00:23Et donc cette question ce matin, sous investissement public, est-ce que c'est uniquement une question de moyens financiers,
00:29Emmanuel ?
00:30– C'est très bien, vous avez été parfaite.
00:33– Merci, ça me touche.
00:34– C'est un métier, ça me touche.
00:36– Je suis admiratif, je suis admiratif.
00:38Non mais vous avez totalement raison, c'est-à-dire qu'il y a un moment où on voit bien
00:42que, c'est assez marrant ce parallélisme d'ailleurs qu'on peut faire entre les experts climatiques qui nous disent
00:49depuis 40 ans le réchauffement climatique, attention ça va avoir des conséquences terribles,
00:55et les experts économiques qui nous disent depuis 40 ans, attention les finances publiques sont dans le rouge,
01:00que fait la Cour des comptes ?
01:00Elle nous dit ça, elle nous dit les finances publiques c'est comme la canicule,
01:04elles sont dans le rouge et la situation devient incontrôlable.
01:06Et pourtant ça fait 40 ans qu'ils tirent la sonnette d'alarme.
01:09Mais il y a 40 ans les finances publiques n'étaient pas dans l'état d'aujourd'hui.
01:11Donc la réalité c'est quoi ? La réalité c'est que derrière cet argument permanent que brandissent les politiques,
01:19regardez les finances publiques, on n'a plus les moyens etc.
01:22Vous avez raison, ces politiques en fait ça montre quoi ?
01:26Qu'ils sont lâches et paresseux.
01:28Et que finalement maintenant à chaque problème, il n'y a pas de moyens, non c'est pas le problème,
01:33ça fait 40 ans que la France n'investit plus dans son avenir, sur tous les sujets.
01:38les infrastructures, la santé, la justice, la défense etc.
01:43Mais ça ne fait pas 40 ans que les finances publiques sont dans un état aussi désastreux qu'aujourd'hui.
01:47Donc c'est bien qu'il y a d'autres facteurs.
01:49Mais qu'est-ce qu'on a fait de l'argent ?
01:50Et donc, qu'est-ce qu'on a fait de l'argent ?
01:53L'argent, on l'a dépensé dans tout un tas de dysfonctionnements en fait.
01:59Alors bon, on l'a dépensé évidemment dans le financement d'un train de vie
02:05qui nous a permis de vivre au-dessus de nos moyens pour les Français d'aujourd'hui et d'hier
02:10mais certainement pas pour ceux de demain.
02:12Et puis il y a tout ce qu'on ne veut pas voir
02:13et qui coûte finalement beaucoup, beaucoup en matière d'inaction,
02:17bien plus que le manque d'argent public.
02:19Alors je ne reviens pas sur ce temps administratif devenu délirant.
02:23Une ligne électrique c'est 10 à 15 ans, un barrage c'est 20 ans,
02:26les lignes ferroviaires c'est plus de 15 ans.
02:28Sachant que là-dedans, le temps de construction c'est quoi ?
02:30C'est 2 ans, 3 ans et que le temps d'obtention des permis c'est beaucoup plus.
02:33La judiciarisation permanente, alors ça va peut-être s'améliorer un peu
02:37mais chaque projet est attaqué, les recours en tout genre.
02:42On saupoudre, alors ça on sait faire en France,
02:43déjà qu'on n'a pas beaucoup d'argent mais en plus on le saupoudre.
02:47Et puis il y a aussi le rôle des politiques,
02:49il y a quand même un point c'est qu'on ne fait pas des dépenses d'avenir
02:53parce que nos politiques ne veulent pas prendre des décisions
02:56qui pourraient fâcher leurs électeurs actuels
02:58et c'est quand même en France que vous avez les carrières politiques
03:00qui sont les plus longues.
03:01Regardez les premiers ministres à l'étranger, regardez en Angleterre,
03:06ils sortent de la vie politique.
03:07Non, nous ça fait des carrières politiques.
03:09Bref, il y a plein de raisons
03:11qui masquent en fait cet argument permanent du manque de moyens
03:15qui moi m'exaspère au final.
03:17Moi je suis en opposition radicale avec ce qu'explique Emmanuel.
03:20On n'est pas du tout dans un monde, Emmanuel,
03:22où les politiques nous expliquent
03:24que non c'est pas possible, désolé il n'y a pas d'argent.
03:27On est dans un monde où les politiques n'arrêtent pas de dire
03:29je suis au centre et l'état nounou, ne vous inquiétez pas mes chers enfants,
03:34va régler la facture pour absolument tout le monde
03:37avec une distribution de chèques comme on en a jamais vu auparavant.
03:42Emmanuel Macron c'est un keynésien sous stéroïde
03:44et c'est ça qui a mis la France dans le décor.
03:47On n'arrête pas de dire le libéral, le libéral, mais absolument pas.
03:50Il a fait un peu de job pour l'attractivité du pays,
03:53on n'a pas travaillé à la compétitivité et la trajectoire est catastrophique.
03:58Il a cramé la caisse, il n'y a plus un rond.
04:01On n'en est pas à réfléchir à est-ce qu'on peut investir ou pas,
04:05est-ce qu'on a un problème de financement,
04:07on en est à chercher de l'argent pour faire la fin de mois.
04:09Mais il n'y a plus un rond public, mais il y a des ronds privés.
04:12Mais il y a de l'argent privé, mais qui est pompé par qui cet argent privé ?
04:15Où est-ce qu'on oriente l'épargne des Français ?
04:17Vers la dette, la dette française.
04:19On a mis 40 ans après-guerre pour passer de 0 à 1000 milliards de dettes.
04:22Il a fallu 10 ans après pour passer à 2000.
04:25Et là, dans 4 ans, on va arriver à 4000.
04:28Cet argent des Français, il part dans cette dette.
04:31Il ne parle pas dans des dettes qui permettent d'investir,
04:35de préparer l'avenir, d'améliorer l'école de nos enfants,
04:38de mettre de la clim dans les écoles,
04:40de mettre dans la clim dans nos hôpitaux,
04:42qui sont quand même les deux populations les plus fragiles de ce pays.
04:44On le met pour financer un train de vie social.
04:48Car c'est d'abord et avant tout un train de vie social
04:51qu'on ne peut plus se payer.
04:54C'est-à-dire qu'à un moment, si on veut un système social
04:56qui soit first class,
04:58il faut travailler comme des gens qui sont capables
05:00d'avoir des revenus first class.
05:01Ça n'est absolument pas le cas aujourd'hui.
05:02Je veux bien qu'on colle beaucoup de choses sur le dos d'Emmanuel Macron,
05:05Raphaël, mais Emmanuel Macron,
05:07c'est 10 ans.
05:09– Oui, c'est 1 000 milliards de dettes en 10 ans.
05:12– Le sous-investissement.
05:13– Il n'y a plus de 50 milliards de dérives, ça je suis d'accord.
05:15– L'impréparation face à l'avenir.
05:17Encore une fois, regardez toutes les infrastructures aujourd'hui,
05:20c'est des infrastructures qui ont 30-40 ans.
05:22Et le résultat, c'est qu'on nous dit quoi ?
05:24Aujourd'hui, on nous dit la modernisation du réseau électrique basse tension,
05:27c'est 100 milliards.
05:28La rénovation du réseau électrique haute tension, c'est 100 milliards.
05:31Tout est à 100 milliards.
05:32– Bah oui, y compris la charge de la dette.
05:34– Y compris la charge de la dette en 2019, dit la Cour des comptes.
05:37Mais prenez par exemple tout ce dont on va avoir besoin sur la transition écologique.
05:43Là, c'est plus 100 milliards au total, c'est quasiment 80 milliards par an à peu près.
05:48Le grand âge, ça va être 10 milliards par an.
05:50– Mais attendez.
05:51– Les infrastructures, les ponts, les roues, la FNTP nous dit c'est 100 milliards par an.
05:55– Est-ce qu'il faut privatiser les bâtiments, les écoles, etc. pour laisser le privé faire à un moment
05:59donné ?
06:00Je ne sais pas, on va recevoir Alain à 7h45, il vient de lever 500 millions d'euros.
06:03Je ne sais pas, est-ce que c'est Alain qui doit rénover les bâtiments des écoles ?
06:07– Laure, quelle a été la plus grande innovation en matière de santé et en matière sociale depuis 20 ans
06:14pour les Français ?
06:14– Doctolib.
06:15– Exactement.
06:16– Et demain, Alain.
06:17C'est absolument formidable ce qu'ils font, donc évidemment que ça passera par le privé.
06:20– Vous dites oui, il faut vendre les bâtiments comme un corps a rendu ces murs d'hôtel.
06:25– L'inaction du public a fait ses preuves.
06:25– Vendons les murs des écoles, je pose la question.
06:27– Il faut constater que la puissance publique est beaucoup plus forte pour financer du train de vie
06:32que pour avoir une vision en matière d'investissement.
06:35Et effectivement, si elle n'est pas capable, un, mobilisons plus d'argent privé dans ces grands projets
06:39et rendons-les rentables.
06:41Et pour les rendre rentables, c'est peut-être mieux de confier ces missions d'investissement aux entreprises.
06:45– Là, on est d'accord.
06:46– En attendant, vous dites que c'est les enfants qui sont à la population fragile.
06:49J'ai quand même l'impression qu'ils supportent mieux la chaleur que nous, parce que comme nous, on est
06:53cuit.
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