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  • il y a 16 heures
Ce vendredi 26 juin, la réalité du sous-investissement public, au-delà de la question du manque de moyens financiers, a été abordée par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Les politiques semblent paralysées face à la canicule, face aux murs de dettes, face aux investissements dans la sécurité, dans
00:06l'intelligence artificielle.
00:07Le ministre de la Transition écologique, la ministre, qui nous dit ce matin dans Le Parisien que personne, personne n
00:12'aurait pu anticiper que des trains allaient rouler sous 42 degrés.
00:15On a le ministre de l'Éducation qui dit qu'il ne met pas la climatisation dans son bureau en
00:19solidarité avec les élèves.
00:21Ça fait dire n'importe quoi cette canicule.
00:23Et donc cette question ce matin, sous investissement public, est-ce que c'est uniquement une question de moyens financiers,
00:29Emmanuel ?
00:30– C'est très bien, vous avez été parfaite.
00:33– Merci, ça me touche.
00:34– C'est un métier, ça me touche.
00:36– Je suis admiratif, je suis admiratif.
00:38Non mais vous avez totalement raison, c'est-à-dire qu'il y a un moment où on voit bien
00:42que, c'est assez marrant ce parallélisme d'ailleurs qu'on peut faire entre les experts climatiques qui nous disent
00:49depuis 40 ans le réchauffement climatique, attention ça va avoir des conséquences terribles,
00:55et les experts économiques qui nous disent depuis 40 ans, attention les finances publiques sont dans le rouge,
01:00que fait la Cour des comptes ?
01:00Elle nous dit ça, elle nous dit les finances publiques c'est comme la canicule,
01:04elles sont dans le rouge et la situation devient incontrôlable.
01:06Et pourtant ça fait 40 ans qu'ils tirent la sonnette d'alarme.
01:09Mais il y a 40 ans les finances publiques n'étaient pas dans l'état d'aujourd'hui.
01:11Donc la réalité c'est quoi ? La réalité c'est que derrière cet argument permanent que brandissent les politiques,
01:19regardez les finances publiques, on n'a plus les moyens etc.
01:22Vous avez raison, ces politiques en fait ça montre quoi ?
01:26Qu'ils sont lâches et paresseux.
01:28Et que finalement maintenant à chaque problème, il n'y a pas de moyens, non c'est pas le problème,
01:33ça fait 40 ans que la France n'investit plus dans son avenir, sur tous les sujets.
01:38les infrastructures, la santé, la justice, la défense etc.
01:43Mais ça ne fait pas 40 ans que les finances publiques sont dans un état aussi désastreux qu'aujourd'hui.
01:47Donc c'est bien qu'il y a d'autres facteurs.
01:49Mais qu'est-ce qu'on a fait de l'argent ?
01:50Et donc, qu'est-ce qu'on a fait de l'argent ?
01:53L'argent, on l'a dépensé dans tout un tas de dysfonctionnements en fait.
01:59Alors bon, on l'a dépensé évidemment dans le financement d'un train de vie
02:05qui nous a permis de vivre au-dessus de nos moyens pour les Français d'aujourd'hui et d'hier
02:10mais certainement pas pour ceux de demain.
02:12Et puis il y a tout ce qu'on ne veut pas voir
02:13et qui coûte finalement beaucoup, beaucoup en matière d'inaction,
02:17bien plus que le manque d'argent public.
02:19Alors je ne reviens pas sur ce temps administratif devenu délirant.
02:23Une ligne électrique c'est 10 à 15 ans, un barrage c'est 20 ans,
02:26les lignes ferroviaires c'est plus de 15 ans.
02:28Sachant que là-dedans, le temps de construction c'est quoi ?
02:30C'est 2 ans, 3 ans et que le temps d'obtention des permis c'est beaucoup plus.
02:33La judiciarisation permanente, alors ça va peut-être s'améliorer un peu
02:37mais chaque projet est attaqué, les recours en tout genre.
02:42On saupoudre, alors ça on sait faire en France,
02:43déjà qu'on n'a pas beaucoup d'argent mais en plus on le saupoudre.
02:47Et puis il y a aussi le rôle des politiques,
02:49il y a quand même un point c'est qu'on ne fait pas des dépenses d'avenir
02:53parce que nos politiques ne veulent pas prendre des décisions
02:56qui pourraient fâcher leurs électeurs actuels
02:58et c'est quand même en France que vous avez les carrières politiques
03:00qui sont les plus longues.
03:01Regardez les premiers ministres à l'étranger, regardez en Angleterre,
03:06ils sortent de la vie politique.
03:07Non, nous ça fait des carrières politiques.
03:09Bref, il y a plein de raisons
03:11qui masquent en fait cet argument permanent du manque de moyens
03:15qui moi m'exaspère au final.
03:17Moi je suis en opposition radicale avec ce qu'explique Emmanuel.
03:20On n'est pas du tout dans un monde, Emmanuel,
03:22où les politiques nous expliquent
03:24que non c'est pas possible, désolé il n'y a pas d'argent.
03:27On est dans un monde où les politiques n'arrêtent pas de dire
03:29je suis au centre et l'état nounou, ne vous inquiétez pas mes chers enfants,
03:34va régler la facture pour absolument tout le monde
03:37avec une distribution de chèques comme on en a jamais vu auparavant.
03:42Emmanuel Macron c'est un keynésien sous stéroïde
03:44et c'est ça qui a mis la France dans le décor.
03:47On n'arrête pas de dire le libéral, le libéral, mais absolument pas.
03:50Il a fait un peu de job pour l'attractivité du pays,
03:53on n'a pas travaillé à la compétitivité et la trajectoire est catastrophique.
03:58Il a cramé la caisse, il n'y a plus un rond.
04:01On n'en est pas à réfléchir à est-ce qu'on peut investir ou pas,
04:05est-ce qu'on a un problème de financement,
04:07on en est à chercher de l'argent pour faire la fin de mois.
04:09Mais il n'y a plus un rond public, mais il y a des ronds privés.
04:12Mais il y a de l'argent privé, mais qui est pompé par qui cet argent privé ?
04:15Où est-ce qu'on oriente l'épargne des Français ?
04:17Vers la dette, la dette française.
04:19On a mis 40 ans après-guerre pour passer de 0 à 1000 milliards de dettes.
04:22Il a fallu 10 ans après pour passer à 2000.
04:25Et là, dans 4 ans, on va arriver à 4000.
04:28Cet argent des Français, il part dans cette dette.
04:31Il ne parle pas dans des dettes qui permettent d'investir,
04:35de préparer l'avenir, d'améliorer l'école de nos enfants,
04:38de mettre de la clim dans les écoles,
04:40de mettre dans la clim dans nos hôpitaux,
04:42qui sont quand même les deux populations les plus fragiles de ce pays.
04:44On le met pour financer un train de vie social.
04:48Car c'est d'abord et avant tout un train de vie social
04:51qu'on ne peut plus se payer.
04:54C'est-à-dire qu'à un moment, si on veut un système social
04:56qui soit first class,
04:58il faut travailler comme des gens qui sont capables
05:00d'avoir des revenus first class.
05:01Ça n'est absolument pas le cas aujourd'hui.
05:02Je veux bien qu'on colle beaucoup de choses sur le dos d'Emmanuel Macron,
05:05Raphaël, mais Emmanuel Macron,
05:07c'est 10 ans.
05:09– Oui, c'est 1 000 milliards de dettes en 10 ans.
05:12– Le sous-investissement.
05:13– Il n'y a plus de 50 milliards de dérives, ça je suis d'accord.
05:15– L'impréparation face à l'avenir.
05:17Encore une fois, regardez toutes les infrastructures aujourd'hui,
05:20c'est des infrastructures qui ont 30-40 ans.
05:22Et le résultat, c'est qu'on nous dit quoi ?
05:24Aujourd'hui, on nous dit la modernisation du réseau électrique basse tension,
05:27c'est 100 milliards.
05:28La rénovation du réseau électrique haute tension, c'est 100 milliards.
05:31Tout est à 100 milliards.
05:32– Bah oui, y compris la charge de la dette.
05:34– Y compris la charge de la dette en 2019, dit la Cour des comptes.
05:37Mais prenez par exemple tout ce dont on va avoir besoin sur la transition écologique.
05:43Là, c'est plus 100 milliards au total, c'est quasiment 80 milliards par an à peu près.
05:48Le grand âge, ça va être 10 milliards par an.
05:50– Mais attendez.
05:51– Les infrastructures, les ponts, les roues, la FNTP nous dit c'est 100 milliards par an.
05:55– Est-ce qu'il faut privatiser les bâtiments, les écoles, etc. pour laisser le privé faire à un moment
05:59donné ?
06:00Je ne sais pas, on va recevoir Alain à 7h45, il vient de lever 500 millions d'euros.
06:03Je ne sais pas, est-ce que c'est Alain qui doit rénover les bâtiments des écoles ?
06:07– Laure, quelle a été la plus grande innovation en matière de santé et en matière sociale depuis 20 ans
06:14pour les Français ?
06:14– Doctolib.
06:15– Exactement.
06:16– Et demain, Alain.
06:17C'est absolument formidable ce qu'ils font, donc évidemment que ça passera par le privé.
06:20– Vous dites oui, il faut vendre les bâtiments comme un corps a rendu ces murs d'hôtel.
06:25– L'inaction du public a fait ses preuves.
06:25– Vendons les murs des écoles, je pose la question.
06:27– Il faut constater que la puissance publique est beaucoup plus forte pour financer du train de vie
06:32que pour avoir une vision en matière d'investissement.
06:35Et effectivement, si elle n'est pas capable, un, mobilisons plus d'argent privé dans ces grands projets
06:39et rendons-les rentables.
06:41Et pour les rendre rentables, c'est peut-être mieux de confier ces missions d'investissement aux entreprises.
06:45– Là, on est d'accord.
06:46– En attendant, vous dites que c'est les enfants qui sont à la population fragile.
06:49J'ai quand même l'impression qu'ils supportent mieux la chaleur que nous, parce que comme nous, on est
06:53cuit.
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