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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 20 mars, la croissance européenne et les estimations de la BCE pour l'année, ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Raphaël Legendre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à l'année de le chiffre, c'est Raphaël Lejean.
00:02On va donc parler de cette croissance européenne.
00:04La BCE revoit ses estimations pour l'année.
00:07Alors il y a un scénario central désormais à 0,9 de croissance, 2,6 d'inflation.
00:11Est-ce que ça sent quand même la récession, Emmanuel ?
00:14Alors ça ne sent peut-être pas la récession brutale, violente, on n'est pas en 2008.
00:19Mais la récession rampante, oui, il y a des risques incontestablement.
00:23D'abord parce qu'on est sur une dynamique d'activité qui est déjà faible.
00:29Donc il n'y a pas d'élan.
00:30Donc la capacité à absorber les chocs, elle est faible.
00:34Si on compare avec 2022, en 2022, je vous rappelle qu'on était dans une reprise post-Covid
00:39où on avait une dynamique d'activité qui était quand même bien plus forte.
00:42Là déjà, si vous prenez la production industrielle au niveau européen,
00:45on est quasiment autour de zéro en termes de progression.
00:48Donc on était déjà faible, donc ce ne sera pas brutal.
00:51Et voilà, et quand vous avez un choc énergétique qui frappe une économie faible,
00:55évidemment ça a plus d'impact que quand cette économie croît.
00:58On a une réactivité des prix qui est plus forte qu'en 2022.
01:01C'est-à-dire que la façon dont les prix se transmettent aujourd'hui
01:04le long de la chaîne de production est plus rapide.
01:07Regardez les annonces qui ont été faites par les chimistes hier.
01:10Plus 30% pour BASF.
01:11Exactement, plus 30% pour BASF.
01:14Pour les plus européens.
01:15Et puis surtout, ce qu'on voit, c'est que l'effet inflationniste,
01:18il n'est pas lié seulement à la répercussion mécanique de la hausse des coûts énergétiques.
01:24C'est que vous avez tout un tas de secteurs aujourd'hui qui réduisent la voilure.
01:27Quand vous voyez par exemple les pêcheurs, les routiers qui vous disent
01:30« Les routiers, c'est la semaine prochaine des entreprises entières qui vont s'arrêter de rouler. »
01:35Vous aurez un effet inflationniste.
01:36Bien sûr que si.
01:37Il suffit de les écouter.
01:38Ils répercutent aussi.
01:41Ils répercutent pas seulement.
01:42Soit ils répercutent, soit ils arrêtent de rouler.
01:45Et à ce moment-là, vous avez des problèmes de pénurie.
01:47Donc vous aurez un effet inflationniste.
01:50Ensuite, on frappe quand même, là encore, comparons à 2022,
01:54on frappe des ménages qui ont des marges de manœuvre plus faibles sur leur budget.
01:59On l'a déjà évoqué sur les dépenses contraintes plus fortes que jamais.
02:01Mais vous frappez aussi des PME aux trésoreries
02:05qui sont dans un état bien moins confortable que ce qu'elles étaient en 2002.
02:09Vous avez des politiques économiques qui sont nettement plus restrictives qu'en 2022.
02:13En 2022, je vous rappelle qu'au moment du choc énergétique,
02:16les taux étaient beaucoup plus bas, que ce soit les taux longs que les taux courts.
02:19Et puis je vous rappelle qu'on avait fait des boucliers énergétiques,
02:21qu'on n'a plus les moyens de se payer aujourd'hui.
02:24Bref, il y a quand même des craintes de ce que moi j'appellerais une récession rentrante.
02:30Vous êtes plutôt optimiste.
02:31Oui, on est typiquement dans le biais cognitif des journalistes
02:35qui veulent dramatiser absolument toute la situation.
02:37Ça donne l'air intelligent de dramatiser.
02:39On avait une économie qui était quasiment à zéro.
02:43Elle restera quasiment à zéro.
02:44On ne va certainement pas rentrer en récession.
02:46La définition technique d'une récession,
02:48c'est deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut.
02:53Les prévisions de croissance de la zone euro
02:55étaient jusqu'à la révision de la BCE hier de 1,2 à 1,3% pour 2026.
03:01On corrige à 0,9%.
03:02Ça veut dire qu'on prend déjà un impact de 30, 40, 50% de hausse du prix du baril.
03:08Je rappelle qu'une hausse de 10% du baril, ça a un impact à peu près d'un petit
03:120,1 point de croissance en moins.
03:16Ça veut dire que pour atteindre, pour revenir à zéro,
03:18il faudrait qu'on ait un baril à 200 dollars.
03:20On n'y est pas.
03:20Les Saoudiens disent 180 en avril.
03:23Bon, on va voir.
03:24Ça va évidemment dépendre de la durée du conflit.
03:27Les dernières nouvelles qu'on a sur le front, notamment côté israélien,
03:30mais aussi côté américain, indiquent que quand même,
03:32on serait plutôt sur fin avril pour une fin de conflit.
03:36Ça serait assez rapide.
03:37On n'en sait rien.
03:38La vérité, c'est qu'on n'en sait rien.
03:39On n'arrête pas de le dire tous les jours.
03:40Donc, si ça dure pendant un an comme ça, c'est sûr que ça sera beaucoup plus compliqué.
03:46Voilà un économiste encore aussi inutile que Jean-Marc Daniel qui a dit « je ne sais pas, je ne
03:52sais pas. »
03:52Non, mais il faut être lucide.
03:53On donne des pistes, mais la réalité, c'est que personne n'en sait rien.
03:56Tout dépendra de la durée de ce conflit.
03:58Il y a des choses qu'on sait, Raphaël.
03:59Il y a des choses qu'on sait.
04:00On sait par exemple, et là encore, c'est une grosse différence avec 2022,
04:04ce qui compte, c'est aussi le contexte dans lequel vient frapper un choc énergétique.
04:09Là, vous avez par exemple un gros changement,
04:12deux gros changements par rapport à en 2022, parce que les choses vont vite.
04:15Vous avez la situation, par exemple, de notre voisin allemand.
04:18Je rappelle qu'il y a cinq ans, l'Allemagne considérait encore que la Chine était un de ses gros
04:22clients,
04:23alors qu'aujourd'hui, elle est devenue un de ses principaux concurrents.
04:27On a aussi un moment d'incertitude technologique,
04:31et là où votre choc énergétique peut avoir un impact,
04:35sauf que quand vous voyez les chiffres qui sont sortis encore récemment
04:38et qui s'affinent de plus en plus au fil des semaines
04:40sur l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi, par exemple,
04:43et bien ça, c'est un effet multiplicateur de ce qui peut se passer avec le choc énergétique.
04:49Vous voyez l'instrumentalisation des peurs, le pouvoir des cauchemars.
04:52Il fait de la politique, Emmanuel Lechypre.
04:54On prend compte tous les éléments qui font que, quand on veut comparer par rapport à une situation intérieure,
04:59le contexte est différent et donc on peut avoir des impacts objectivement différents.
05:04Ça ne veut pas dire que ça va se passer, mais ça veut dire que la situation est moins confortable
05:07qu'en 2022.
05:08Je reviens sur mon histoire de Toulon, parce que ça aussi, ça a quand même beaucoup changé.
05:11Oui, je suis très surlupinée par le boune au-dessus des 3% parce que je trouve que c'est
05:15un signal assez négatif.
05:17Non, mais non, c'est simplement l'Allemagne qui va devoir lever 300 milliards sur les marchés l'année prochaine,
05:21qui va se réendetter, qui va creuser ses déficits parce qu'il y a un bazooka de 1000 milliards d
05:26'euros d'investissement
05:26qui doit arriver dans les 10 prochaines années.
05:28Ça, c'est plutôt une bonne nouvelle et ça va soutenir la croissance.
05:32La seule réponse énergétique qu'a l'Europe, c'est de dire qu'il faut lâcher les finances publiques
05:36pour que les gens puissent avoir une essence moins chère.
05:39C'est sûr que ça, c'est une perspective de croissance du super pour l'Europe.
05:43Ça devait être pour financer les infrastructures.
05:44On est l'économie la plus décarbonée au monde.
05:47On est franchement ceux qui seront les moins impactés.
05:48La seule boussole, regardez la vraie boussole, c'est les marchés financiers.
05:52Qu'est-ce qu'ils font les marchés depuis le début de l'année ?
05:54On est à moins 3, moins 4, moins 5 sur l'euro stock 50.
05:57On est à moins 3% depuis le mois de janvier.
05:59Les camions, ils roulent à l'essence.
06:00Ou au diesel, pas encore à l'électrique.
06:03C'est quand même là où il y a un sujet.
06:04Alors Emmanuel dit carrément qu'ils vont s'arrêter.
06:06Temporalement, mais il y aura des aides de l'État.
06:07Et les pêcheurs et les transporteurs vont avoir des aides ciblées dans le temps et temporaires.
06:13Et tout ira bien.
06:14Merci à tous les deux.
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