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  • il y a 5 heures
Ce mardi 16 juin, Anthony Morlet-Lavidalie, économiste au sein de BSI Economics, a abordé la baisse du chiffre des ventes au détail depuis 2022 en Chine, ainsi que la poursuite du repli des cours du pétrole suite à l'annonce de la signature d'un accord entre l'Iran et les États-Unis prévue pour ce vendredi, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Alors même si on a un bémol aujourd'hui quand même à l'échelle mondiale, c'est la Chine.
00:08C'est Anthony Morlet de Lavidali qui va nous alerter là-dessus.
00:10La Chine où la demande est très mauvaise, elle recule la demande, figurez-vous.
00:14Les consommateurs n'ont pas l'air en pleine forme.
00:15Bonjour Anthony, on est ravis de vous retrouver.
00:17Vous êtes économiste au sein de BSI Economics et c'est vrai que vous, votre focus là,
00:20ce qui attire votre attention particulière au-delà de la grande géopolitique,
00:24c'est le consommateur chinois.
00:26On a le chiffre des ventes au détail du mois de mai.
00:27C'est un chiffre des ventes au détail en baisse.
00:29Première fois que le chiffre des ventes au détail baisse depuis 2022, Anthony.
00:33Oui, complètement. Bonjour Guillaume.
00:35Alors effectivement, on voit bien qu'il y a un gros suivi en Chine qui est la demande intérieure.
00:39C'est à la fois la consommation des ménages mais également l'investissement.
00:42Et les deux composantes sont en recul assez significatifs.
00:46Et donc là, on ne voit pas bien comment la Chine en réalité pourrait croître de 5% l'an
00:50comme elle a l'habitude de l'afficher et comme la cible est toujours fixée pour cette année.
00:54Alors certes, les exports contribuent toujours absolument massivement à sa croissance
00:58dans des proportions d'ailleurs inquiétantes.
01:00Ça alimente les déséquilibres mondiaux.
01:03C'est d'ailleurs une des thématiques du G7 qui est traite actuellement.
01:06Mais on a quand même un vrai sujet.
01:08C'est la dynamique intérieure du deuxième plus grand marché mondial.
01:12Et là, ça peut impacter un grand nombre d'acteurs,
01:14dont certains acteurs européens qui sont très présents en Asie.
01:17Donc je crois que là, il va falloir être vigilant.
01:19Surtout que le gouvernement n'a pas l'air de véritablement prendre des mesures
01:23pour soutenir cette demande intérieure.
01:24Il y a beaucoup de déclarations mais assez peu d'actes au fond pour soutenir concrètement la demande.
01:29Le signal chinois donc à ne pas perdre de vue.
01:31Et pendant ce temps, on attend toujours la signature de cet accord de paix entre Américains et Iraniens.
01:35Ce sera vendredi près de Lucerne en Suisse.
01:38C'est ce que fait savoir le gouvernement suisse cet après-midi.
01:41Donc ce ne sera pas à Genève mais près de Lucerne.
01:44Tout cela fait baisser les cours du pétrole, c'est vrai.
01:46On est passé sous les 80 dollars tout à l'heure pour le baril de Brent.
01:49Est-ce que vous imaginez si le détroit d'Ormouz roue vraiment de façon pérenne
01:53un pétrole beaucoup plus bas que les 80 dollars actuels ?
01:57En toute sincérité, c'est très difficile de faire une prévision.
01:59La plupart des prévisionnistes, il faut être honnête,
02:01ne pensaient pas que le Brent pourrait redescendre aussi rapidement,
02:05ne serait-ce que pour reconstituer les stocks qui ont été consommés
02:08pendant la période où le détroit était fermé.
02:10Donc on se disait que la baisse serait progressive.
02:13Finalement, le marché a vraiment réagi très précocement
02:16puisque, comme vous l'avez dit, l'accord n'est même pas encore signé.
02:19Donc c'est très difficile.
02:20On se dit probablement qu'il y a un plancher
02:22où c'est difficile d'aller sous les 75, sous les 70.
02:25Mais on pourrait être surpris.
02:27Ce qui est certain, c'est qu'il y a toujours quand même un déséquilibre
02:29entre l'offre et la demande à l'heure où on se parle
02:31et qu'à la fin, il va bien falloir quand même
02:33qu'un certain nombre de pays réimportent davantage de barils.
02:36Et ça, ça devrait quand même soutenir les cours.
02:38Sans forcément qu'ils remontent massivement,
02:40mais en tout cas les empêcher de descendre à un niveau trop bas.
02:43Anthony, au milieu de tout ça, de toute cette actualité macro
02:46quand même très urgente, il y a la Fed aussi.
02:50La réunion du comité de politique monétaire vient de commencer.
02:53Elle s'achèvera demain soir par le rendu de décisions de politique monétaire.
02:58L'échiquier est un petit peu encombré de pions, là, si on peut dire.
03:03Oui, complètement.
03:04Alors la partie est très difficile pour la Fed,
03:07surtout qu'il y a une spécificité américaine
03:09que les autres grands pays de l'OCDE ne connaissent pas pour l'instant.
03:12C'est une inflation par l'IA, et notamment via les importations.
03:16Et on voit bien que les prix montent énormément sur les semi-conducteurs,
03:19les puces, mais pas que.
03:20Et la Fed doit gérer ça en plus.
03:22C'est-à-dire, au fond, il y a de l'activité aux États-Unis
03:25qui est tirée par ces gains de productivité liés à l'intervention artificielle,
03:28mais ça génère des tensions qui sont probablement provisoires,
03:31qui sont non pérennes, mais sur les prix.
03:33Et ça ajoute à cela, évidemment, le choc dont on vient de parler,
03:36qui ont été les tensions géopolitiques.
03:39Donc il est vrai que si la Fed est capable de voir à travers,
03:41en quelque sorte, cette vague,
03:42elle n'a pas de forte velléité d'augmenter les taux,
03:45et en même temps, on est quand même à des niveaux d'inflation
03:47où ne pas bouger poserait probablement un problème dans la durée.
03:51Donc ça va vraiment être une ligne de crête pour la Fed,
03:54probablement un statu quo à court terme,
03:55mais si véritablement l'inflation ne baisse pas rapidement,
03:58il faudra quand même montrer au marché
04:00que la Fed n'y est pas insensible.
04:02Anthony Morley-Lavidali et le comité de politique monétaire de la Fed
04:05commencent à se réunir donc aujourd'hui autour de Kevin Warch
04:08en tant que président de la Fed désormais.
04:10Merci beaucoup Anthony de nous avoir accompagné pour BSI Economics.
04:12C'est parti.
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