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  • il y a 15 heures
Ce mercredi 22 avril, François Cabau, économiste senior chez GROUPE AXA, a abordé le temps compté pour l'Iran pour le stockage de ses pétroles, et la fermeture des vannes du pétrole kazakh pour l'Allemagne par Moscou, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03François Cabot nous rejoint pour Group AXA. Bonjour François.
00:06Le blocus se poursuit au Moyen-Orient, il coûte très cher ce blocus à l'économie iranienne.
00:10Est-ce qu'on sait combien de temps l'Iran peut tenir ?
00:14Non, je crois que c'est effectivement compliqué de dire, d'être conclusif aujourd'hui.
00:18Ce qui est sûr par contre, c'est que plus ce blocus et ses trêves à répétition dure,
00:22plus effectivement le choc va être persistant et donc du coup va être plus important,
00:26tout à la fois pour l'économie iranienne et pour l'ensemble de l'économie mondiale.
00:28Et je pense qu'il faut avoir en tête l'idée qu'on a pour l'instant un choc quasiment
00:33uniquement sur les prix.
00:35Et plus ce choc va durer, plus on peut avoir des risques de disruption, d'offres tout simplement,
00:38de produits qui ne sont plus disponibles du tout.
00:41Et donc dès lors, effectivement, impliquer des chocs non linéaires et qui peuvent démultiplier les effets prix
00:45et donc du coup avoir des répercussions à tout à la fois pour l'Iran et pour l'ensemble de
00:49l'économie mondiale.
00:49Oui, il semble que les capacités de stockage de pétrole de l'Iran soient saturées dans 2-3 semaines,
00:55dans 12 à 16 jours.
00:57Les capacités de stockage, donc trop de pétrole, l'Iran du coup au bout de 12 à 16 jours de
01:01blocus supplémentaires
01:02devra probablement réduire sa production, voire fermer certains champs,
01:06ce qui sera assez catastrophique parce que derrière c'est très compliqué à rouvrir,
01:09ça crée des dégâts quand on ferme des lignes de production de pétrole.
01:12Donc voilà, sans doute 12 à 16 jours devant l'Iran pour tenir dans ce blocus.
01:16Au bout des 12 à 16 jours, ça risque d'être beaucoup plus difficile, nous disent un certain nombre d
01:19'experts.
01:20Les impacts qui sont économiques à l'échelle mondiale également, on voit ici en Europe d'ailleurs des révisions à
01:24la baisse des prévisions de croissance.
01:25En Allemagne, l'Allemagne aujourd'hui divise par deux sa prévision de croissance pour cette année.
01:31Oui, c'est ce qu'on a fait nous-mêmes il y a quelques semaines déjà, on était à 0
01:34,8 de croissance,
01:35donc un peu en dessous du gouvernement qui était à 1%, on est descendu à 0,4, donc eux eux
01:39-mêmes seront à 0,5.
01:41Donc effectivement, une croissance qui est sensiblement la même, a priori, que celle qu'ils ont eue l'année dernière
01:46déjà.
01:46Et il faut se dire que là-dessus, on a quand même une vague positive avec le plan de relance
01:52budgétaire qui est en marche,
01:54qui va doucement, mais qui ne va pas être suffisant malheureusement pour effectivement rebousser la croissance alimentaire.
02:00Dès cette année, avec une croissance qui va être en fait finalement proche, assez proche d'une stagnation.
02:04Mais ce qui est important derrière, c'est que c'est un pont, il faut se le rappeler, à 12
02:07ans au moins.
02:08Et dès lors, et donc du coup, si la croissance n'arrive pas cette année, il y a quand même
02:11de bonnes chances que, in fine,
02:12le choc inflationniste n'étant pour l'an a priori que, pour le court terme, on puisse retrouver une croissance
02:16allemande en 2027.
02:18Oui, oui, peut-être des bonnes surprises pour l'an prochain.
02:20Les Russes voient bien que l'économie allemande est très pressurée, très exposée à ce qui se passe dans le
02:25conflit au Moyen-Orient,
02:25parce que l'Allemagne dépend beaucoup du gaz.
02:27Et en matière pétrolière, du coup, Moscou en profite et renforce la pression sur l'approvisionnement énergétique de l'Allemagne,
02:33qui souffre en pleine crise énergétique mondiale, l'Allemagne.
02:35Mais alors, Moscou en rajoute une couche, puisque désormais, la Russie va cesser de fournir l'Allemagne en pétrole kazakh.
02:43En fait, le pétrole kazakh passe par le territoire russe.
02:45Eh bien, la Russie a décidé de couper ce robinet vers l'Allemagne.
02:49Alors oui, effectivement. Alors là, en l'occurrence, c'est une contrainte, on va dire, plus locale.
02:53C'est vraiment une raffinerie qui est nord-est de Berlin et qui, effectivement, approvisionne 90% du kérosène, du
03:01pétrole et autres dérivés,
03:03mais qui reste globalement locale pour l'Allemagne.
03:05Mais effectivement, ça renvoie et ça corrobore ce qu'on évoquait à l'instant sur non seulement l'effet prix,
03:10qui est déjà bien dans les cours et qui impacte les prix de la consommation tels qu'on les a
03:15vus pour le mois de mars déjà,
03:16mais également les questions de rationnement.
03:18Est-ce qu'on ne pourrait pas avoir des disruptions sur l'offre tout simplement de ce nombre de produits
03:22?
03:22Et pas que l'énergie d'ailleurs, tous ces dérivés plastiques et autres, et métaux,
03:26qui pour l'instant, ça reste de l'hypothétique, mais qui, plus ce conflit dure,
03:31plus effectivement, ça risque d'être prégnant et disrupter l'économie à la fois allemande, européenne et mondiale.
03:37François Cabot avec nous, économiste senior groupe AXA. Merci beaucoup François.
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