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Lundi 15 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Doris Birkhofer, président de Siemens France, présidente de la Chambre franco-allemande de Commerce ; Hugo Babay, journaliste BFM Business ; Nathalie Janson, professeur à Neoma et présidente du think tank Génération libre et Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19, évidemment au sommet de ce 18-19, le G7, le G7 à
00:17Evien.
00:17On en parlera avec Pascal Hamé qui est l'ancien directeur général de l'OMC, ex-commissaire européen, avec Nathalie
00:23Jansson.
00:23Ça sera, est-ce que c'est un nouvel ordre mondial qu'il faut déterminer, nouvelle gouvernance mondiale ?
00:28Un G7, c'est le dernier, un G7 crucial, mais aussi le dernier d'Emmanuel Macron.
00:33Et puis surtout, est-ce que cet accord, ça veut dire, annonce peut-être la sortie de crise économique ?
00:38Et puis dans un instant, mon premier invité, ma première invitée, Sarah Doris-Bierkoffer,
00:42elle est présidence de Siemens pour la France, et puis elle est présidente de la Chambre franco-allemande,
00:48l'Allemagne qui est l'invité d'honneur de Vivatech qui ouvre ses portes, ça sera mercredi évidemment.
00:53Et puis on parlera du coup de froid quand même entre les relations franco-allemandes à l'occasion de l
00:58'échec du SCAF.
00:59Mais tout de suite, c'est le journal avec Stéphanie Collot, on part au G7.
01:06Il est pile 18h, bonsoir Stéphanie.
01:08Bonsoir Edwige.
01:09Et on commence par Donald Trump qui va s'entretenir, un petit peu de retard effectivement, avec Emmanuel Macron à
01:14Evian.
01:14Un tête-à-tête qui devrait durer une heure.
01:17Ce soir, les dirigeants des sept plus grandes puissances mondiales vont dîner ensemble,
01:22en présence aussi des dirigeants de l'Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar.
01:26Il sera question de l'accord de paix conclu hier entre les États-Unis et l'Iran,
01:30avec encore beaucoup de points en suspens, notamment la question du nucléaire iranien
01:34et la sécurisation du détroit d'Hormuz.
01:36Sur le terrain, quelques rares navires franchissent à ce stade le détroit.
01:40500 sont toujours en attente.
01:42Également au cœur des discussions, la guerre en Ukraine, mais aussi la tech et le commerce.
01:46Car Donald Trump continue de brandir la menace d'instaurer 100% de droits de douane sur les alcools français.
01:52Si Paris maintient sa taxe sur les géants de la tech,
01:55Emmanuel Macron dit vouloir une discussion respectueuse mais ferme avec Donald Trump.
02:00C'est une conséquence de l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran.
02:03Le gazole est repassé aujourd'hui sous la barre des 2 euros le litre en France.
02:07Une première depuis le début de la guerre.
02:09Sébastien Lecornu affirme aujourd'hui que les aides au carburant seront versées comme convenu.
02:15Top départ pour Eurosatori.
02:17Le salon mondial de l'armement et de la sécurité se tient jusqu'à la fin de la semaine à
02:21Villepinte, près de Paris.
02:23Parmi les annonces du jour, le ministère français des Armées choisit MBDA et Safran
02:27pour développer une roquette d'artillerie de longue portée.
02:30Le consortium est entré en négociation exclusive avec l'armée.
02:33De son côté, Renault s'associe avec Thales pour développer un nouveau véhicule militaire.
02:39La production devrait commencer l'année prochaine.
02:41Du nouveau dans le Next 40, la nouvelle promotion a été dévoilée avec une poussée de la Deep Tech
02:46qui représente désormais 38% des entreprises de l'indice contre 8% un an plus tôt.
02:52Parmi les nouveaux L'Oréal, notamment Ami Labs, H Company, Pascal ou encore Akemia.
02:57Et puis, Viva Tech, le salon français des nouvelles technologies, commence ce mercredi.
03:02Et l'invité d'honneur, ce sera le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos.
03:06Notez que BFM Business se mobilise et sera en direct de l'événement dès mercredi
03:11pour une matinale spéciale sur place.
03:1418h02 sur BFM Business, les marchés.
03:18Les marchés avec Guillaume Saint-Laurère.
03:20Bonsoir Guillaume.
03:20Bonsoir.
03:21Bonsoir Guillaume.
03:22Et le CAC termine en hausse ce soir ?
03:23Oui, en hausse de seulement 0,4%.
03:25Malgré ce pré-accord, on va dire, qui doit être signé vendredi entre Américains et Iraniens,
03:29ont gagné ce matin près de 2%.
03:31À un moment, on termine à seulement plus 0,4%.
03:33On a divisé nos gains par quasiment 5 par rapport au plus haut du jour
03:36parce qu'il y a malgré tout encore des doutes.
03:38D'abord, il faudra que d'ici vendredi, les conditions soient réunies
03:40pour que la signature ait bel et bien lieu.
03:42Il y a des questions aussi sur le fait qu'Israël ne participe pas de cet accord,
03:46ne soit pas mentionné.
03:47Du coup, le marché se dit, attention, il risque d'y avoir des brèches dans cet accord,
03:49des fragilités.
03:50Le Détroit d'Ormousse qui peut-être rouvrira, mais la présence ou pas de mines.
03:54Et combien de temps il faudra pour que la production de pétrole
03:57et l'exportation de pétrole reviennent à ce que c'était avant la guerre ?
04:00Bon, toutes ces questions restent en suspens.
04:02Et donc, au fur et à mesure de la séance, les marchés se sont mis à s'interroger.
04:05On ne gagne que 0,4% en clôture.
04:07Les valeurs qui ont le plus souffert depuis le début de cette guerre ont progressé ce soir.
04:11Mais là encore, ce n'est pas la folie.
04:13Air France-Kellen gagne 3,5%.
04:14Ce n'est pas mal, mais le titre avait déjà récupéré 20%.
04:17Depuis un mois, on l'avait anticipé cet accord de paix.
04:19Il y a accord qui gagne 2% aussi.
04:21Le Lux, qui souffre beaucoup de cette guerre au Moyen-Orient,
04:23a récupéré un peu de terrain.
04:24Mais là encore, ce n'est pas énorme, plus 1%.
04:26Vous citiez Renault qui va fabriquer des véhicules de défense,
04:30des véhicules militaires avec Thalès.
04:31Eh bien, Renault termine plus forte hausse du CAC ce soir à plus 4% quasiment.
04:35Merci Guillaume Sommerer.
04:37Merci Stéphanie.
04:37Rendez-vous avec vous à 19h, 19h30.
04:40Tout de suite, la patronne de Siemens France, Doris Birkhofer.
04:43Elle est aussi la présidence de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie.
04:48A tout de suite.
04:49BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
04:58Top départ du 18-19 avec ma première invitée, Doris Birkhofer,
05:02qui est présidence de Siemens pour la France.
05:05Et puis, en plus, la présidente de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie.
05:10Bonsoir, Doris Birkhofer.
05:12Bonsoir.
05:12Merci d'être avec nous.
05:13Vous parlez parfaitement français.
05:15Vous êtes en France depuis 2021.
05:19Vous avez fait des études en France.
05:21Donc, vous connaissez très bien notre langue.
05:23Beaucoup de questions à voir avec vous.
05:24Parce qu'il y a évidemment Vivatec qui ouvre ses portes mercredi.
05:28Avec comme invité d'honneur.
05:30Bon, il y a Jeff Bezos, OK.
05:31Mais surtout l'Allemagne qui est l'invité d'honneur.
05:33Donc, c'est important.
05:34Vous débarquez en force à Vivatec.
05:37Votre président, je crois, sera aussi présent.
05:41Vous allez développer des nouvelles technologies pour l'industrie.
05:45Ça, c'est un point important.
05:47Et puis, vous êtes donc présidente de la Chambre franco-allemande
05:49à un moment quand même un peu délicat entre les relations entre nos deux beaux pays.
05:54Peut-être juste un point.
05:56On va rappeler Siemens.
05:57Je crois que c'est sans doute une des, pour ne pas dire la plus grosse société en Allemagne,
06:01la plus grosse employeure privée.
06:03Mais en France, vous existez depuis 175 ans.
06:08Vous êtes presque une entreprise française, en fait.
06:10Exactement.
06:10Nous sommes une entreprise française.
06:12Donc, Siemens, comme vous l'avez dit, est un grand acteur de technologie allemande.
06:16Actuellement, la troisième capitalisation en Europe, derrière ASML et LVMH.
06:22Nous sommes actifs dans trois grands domaines.
06:24La mobilité des infrastructures ferroviaires,
06:27les infrastructures des réseaux électriques et des bâtiments intelligents et l'industrie.
06:32Et pour vous donner quelques exemples, parce qu'on n'est pas forcément visible partout,
06:36si vous avez pris le métro parisien ce matin,
06:38il y a une forte probabilité que le métro ait été automatisé par les technologies de Siemens.
06:43Si vous êtes allé dans un stade de foot ou dans un stade de tennis,
06:49probablement, il a été protégé et climatisé par les technologies de Siemens.
06:53Et enfin, dans l'industrie, une usine sur deux était équipée avec nos technologies.
06:57Donc, si vous avez mangé un yaourt ce matin,
06:59il a probablement été fabriqué avec nos technologies.
07:03Oui, c'est-à-dire que vous êtes vraiment très très présent en France.
07:07J'ai envie de dire que ce n'est pas évident,
07:08parce que quand on voit les tensions qui existent
07:10entre l'industrie française et l'industrie allemande,
07:13on sent que c'est une période un peu particulière en tous les cas.
07:17Vous avez combien d'usines en France déjà ?
07:19Trois ?
07:19Nous avons trois usines.
07:20Une très grande usine à la frontière allemande
07:22qui produit des instruments pour l'industrie des process
07:29et qui exporte 90% de sa production.
07:33Et les deux autres ?
07:35Ils sont dans le domaine de la détection incendie.
07:37Nous avons des centres de compétences pour la détection incendie pour l'aviation.
07:40Donc, plein d'exemples de présence de Siemens,
07:43tant des technologies critiques pour le monde entier.
07:49Et vous avez combien ? 6 000 salariés ?
07:516 000 collaborateurs.
07:52Et quand vous arrivez avec votre feuille de route française à Munich,
07:57là où il y a le siège de Siemens,
07:59on vous dit quoi ?
08:01C'est quoi le regard que votre président Monde a sur la France ?
08:07Alors, la France est considérée comme un pays très dynamique,
08:10notamment les dernières années.
08:12Ah ben, comme quoi ?
08:12Malgré quelques difficultés que nous rencontrons actuellement,
08:16mais avec tout ce qui s'est fait autour de la French Tech,
08:20les actions autour de Choose France,
08:22la France a gagné en attractivité.
08:25Et en fait, il y a plusieurs exemples qui démontrent
08:28que Siemens valorise beaucoup la France,
08:31parce qu'on parle de VivaTech,
08:32et c'est quand même le salon autour de la technologie,
08:35des technologies digitales.
08:36La France a un rôle très important dans la stratégie de Siemens dans ce domaine.
08:40Nous avons plus de 600 développeurs de software,
08:44donc vraiment des technologies de pointe,
08:45comme la simulation, le jumeau numérique ou l'intelligence artificielle.
08:50Et nous venons de faire l'acquisition de deux pépites françaises
08:54dans la simulation et de production de semi-conducteurs et de puces,
08:59donc quelque chose qui est très important
09:01pour pouvoir développer l'intelligence artificielle en Europe.
09:03Oui, d'accord, donc c'est très très présent.
09:06Alors, on va faire le lien, on reviendra sur les difficiles,
09:09le coup de froid entre les relations franco-allemandes dans un instant.
09:13Parlons de VivaTech, là où vous avez été l'Allemagne invitée d'honneur,
09:17je le disais.
09:19Pour vous, pourquoi c'est si important ?
09:22Parce qu'encore une fois, vous débarquez en force à VivaTech.
09:26Pourquoi c'est si important pour Siemens ?
09:28Et l'Allemagne, qu'est-ce que vous diriez ?
09:30Est-ce que c'est un pays qui est plus en avance que nous sur le plan digital ou pas
09:34?
09:34Est-ce que c'est une tech country ou un tech pays, contrairement à nous ?
09:39Alors, VivaTech, vous l'avez dit, c'est l'Allemagne le pays d'honneur.
09:43Il y aura un grand pavillon allemand avec plus de 200 startups allemandes
09:48qui sont présentes, 150 partenaires.
09:51Et l'idée, c'est de montrer justement les innovations technologiques de l'Allemagne
09:56qui se marient très bien avec aussi la dynamique de l'écosystème des startups
10:02et des entreprises technologiques françaises.
10:05Donc, je pense que c'est justement parce que nous avons aussi des difficultés.
10:09Ça montre quand même que côté économique, il y a beaucoup de possibilités de collaboration
10:14entre nos deux pays.
10:15Et si je peux vous donner un exemple très concret, en fait, le ministère allemand
10:20a sélectionné dix projets de coopération franco-allemande.
10:24Siemens en a remporté un projet qui serait exposé à VivaTech.
10:27C'est la collaboration entre Siemens et Arien Group.
10:30Arien Group, vous le savez, va industrialiser la nouvelle génération
10:37des lanceurs spatiaux européens.
10:40Un peu malgré l'Allemagne.
10:43Et en utilisant quand même des technologies allemandes comme celle du Siemens
10:47parce que toute la fabrication et l'ingénierie est basée sur, en fait, un socle digital commun.
10:55Donc, toutes les usines allemandes et françaises sont équipées avec nos technologies
10:58qui vont aider Arien Group à industrialiser ces lanceurs.
11:02Donc là, est-ce que le développement, parce qu'on a vu, c'est Elon Musk qui finalement
11:13a dit qu'il n'allait pas développer autant sa grande usine qu'il voulait faire en Allemagne.
11:20Quel est un peu le... Est-ce que le gouvernement est très pushing sur la tech comme l'est Emmanuel
11:28Macron en France ?
11:30Alors, je pense que l'Allemagne rencontre maintenant des difficultés économiques comme la France.
11:35Et je crois, le gouvernement a très bien reconnu qu'il faut un agenda pro-business, pro-technologie très fort.
11:43Et donc, l'Allemagne met de l'argent sur la table pour revitaliser son économie, son industrie.
11:48La France fait la même chose.
11:50Et maintenant, je parle aussi avec ma casquette de présidente de Chambre de commerce et d'industrie,
11:55Franco-Emande.
11:56Si nous avançons ensemble, on est plus fort.
11:59Oui, si !
12:00Et la Chambre a 2500 membres des deux côtés du Rhin.
12:03Il y a énormément de projets de collaboration qui sont peut-être moins visibles que certains projets qui échouent,
12:09mais qui sont quand même un contributeur important à cette dynamique.
12:13qui font quand même, dans le domaine de la défense, si vous prenez la collaboration entre Time, Latrax et Arcus,
12:18qui produisent des véhicules lourds militaires, ça, c'est une collaboration qui marche très bien.
12:26Là, vous allez, donc, vous serez à VivaTech.
12:30Est-ce que, quels sont les, c'est qui les figures de la tech allemande ?
12:35Donc, nous, on a Arthur Mensch, qui est un peu à toutes les sauces, et il y en a quand
12:40même quelques-uns aussi.
12:41C'est qui les grandes figures de la tech allemande ?
12:43J'ose dire que Roland-Busch, notre CEO de Siemens, qui va faire...
12:48Enfin, lui, c'est un masonante, si vous me permettez cette expression.
12:51...qui est un acteur de la technologie.
12:52Après, il y a d'autres grands groupes qui seront présents.
12:55SAP va être présents.
12:57T-Systems va être présents aussi sur le stand, sur le pavillon allemand.
13:01Et c'est l'ONIS.
13:02Donc, vous trouverez plusieurs entreprises allemandes, les grands groupes, à côté des startups que je viens de mentionner.
13:08D'accord.
13:11Est-ce qu'on peut dire, puisque c'est un groupe industriel très fort, Siemens, vous parliez du ferroviaire,
13:16peut-on dire que, comme c'est ce qu'on dit un peu en France, c'est que, pour sauver
13:21l'industrie française,
13:23l'innovation est une opportunité qu'il faut absolument saisir ?
13:27Est-ce qu'il y a une telle urgence aussi pour l'industrie allemande ?
13:32À mon sens, c'est exactement la même situation.
13:34Bon, si on prend le point de départ, parce qu'un indice aussi de, je dirais,
13:38d'avance dans l'industrie de futur, c'est le taux de robotisation.
13:43L'Allemagne est plus avancée que la France en termes de nombre de robots par 10 000 collaborateurs.
13:47La France est à peu près à la moitié de l'Allemagne.
13:49La Chine est plus avancée que l'Allemagne.
13:51Mais néanmoins, on a tous le besoin d'avancer.
13:54Et ça, c'est aussi la raison pour laquelle Siemens a décidé d'avoir une forte présence sur Vivatech avec
14:01un stand.
14:01Parce qu'il faut savoir que Vivatech, le passé, s'était beaucoup orienté vers le consommateur.
14:07Maintenant, l'IA est aussi arrivé dans le monde industriel.
14:11Et Siemens a la position unique de couvrir toute la chaîne de valeur dans l'innovation pour l'industrie, pour
14:19l'IA.
14:20Ça commence...
14:21En fait, l'IA, c'est rien d'autre que de transformer de l'énergie en intelligence, de transformer des
14:26électrons en tokens.
14:27Et nous, on couvre des technologies clés tout au long de la chaîne de valeur.
14:31On a des technologies pour les réseaux électriques qui sont nécessaires pour alimenter les data centers.
14:37Nous avons les technologies pour les data centers à la fois protection, réseaux électriques et autres.
14:43Et après, ces data centers stockent des données ou ils les transforment en intelligence.
14:49Et Siemens va utiliser ces data centers pour après créer des solutions IA qui vont aider à l'industrie de
14:58s'optimiser.
14:59De la conception d'un produit, de la fabrication jusqu'à la maintenance.
15:03Et nous allons par exemple à Vivatech présenter une solution qui s'appelle Eigen Engineering Agent.
15:09Donc, c'est un agent qui n'est pas seulement capable d'analyser, mais qui va aussi agir et qui
15:15va aider les développeurs à raccourcir énormément le temps de développement tout en augmentant la qualité des produits.
15:22Est-ce que les compétences sont au rendez-vous, j'ai envie de dire, chez Siemens au niveau groupe ?
15:30Et puis aussi en France, puisque vous dirigez la filiale française.
15:34Alors, Siemens a plus de 1500 spécialistes en intelligence artificielle et l'entreprise qui a le plus grand nombre de
15:41brevets en IA en Europe.
15:43Donc, nous avons ces compétences.
15:45Comme je l'ai dit, nous avons 600 personnes qui développent du logiciel, vraiment deux pointes aussi en France, dont
15:52beaucoup de personnes qui ont aussi des compétences en IA.
15:55Ceci dit, nous avons un gros programme chez Siemens au niveau mondial, mais aussi en France, pour former nos collaborateurs.
16:01Et c'est à la fois la formation de ceux qui vont travailler sur les logiciels et développer l'IA,
16:07mais c'est surtout aussi les autres collaborateurs que l'on veut emmener vers l'utilisation de l'IA
16:14pour qu'ils l'utilisent comme tout un autre outil de productivité dans leur quotidien.
16:21Donc, ça, vous avez un programme de formation de compétences en France.
16:24Je crois que vous allez signer un accord avec les arts et métiers, non ?
16:27Voilà. Et donc, maintenant, parce qu'une chose, vous avez dit, nous sommes en France depuis 515 ans et notre
16:33mission est aussi de contribuer à la compétitivité de l'industrie française.
16:37Donc, nous allons signer un partenariat avec Arts et métiers, qui a un campus au milieu de Paris, avec un
16:45atelier de production pédagogique.
16:47Et donc, les étudiants peuvent y aller se former en IA, mais il sera aussi auvé à toute entreprise qui
16:52souhaite découvrir les dernières technologies en digitalisation, en intelligence artificielle.
16:57Il va aussi servir à des startups, parce que Arts et métiers ont un incubateur.
17:01Ils peuvent prototyper leurs solutions là-bas.
17:04Et en tant que Siemens, on a un programme qui s'appelle Siemens for Startups,
17:07qui va leur permettre d'avoir accès à des logiciels et des prix préférentiels et plein d'autres actions.
17:13Donc, on va annoncer ça.
17:14Et pendant que nous parlons, Doris Birkoffer, il y a votre chancelier allemand qui est en train d'arriver à
17:19Evian,
17:20parce que c'est un G7 crucial, évidemment, avec cet accord, cet accord, peut-être, sur l'Iran,
17:28qui nous évitera peut-être d'avoir un choc économique trop, trop violent.
17:34Vous êtes présidente de la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie.
17:39On voit bien qu'il y a un coup de froid sur les relations, je le disais tout à l
17:43'heure, entre votre pays et le mien.
17:47On a plusieurs illustrations.
17:49C'est aussi mon pays.
17:50Oui, c'est ça.
17:51Je suis franco-allemande.
17:52Ah, vous êtes franco-allemande.
17:53Vous êtes des deux côtés, vous êtes en dilemme avec vous-même.
17:57Comment vous expliquez ça ?
17:58Est-ce que, justement, on l'a vu sur le SCAF, on le voit là encore sur un projet sur
18:03le KNDS,
18:03on le voit aussi un peu sur le spatial.
18:06On voit que l'industrie allemande d'armement s'appuie plutôt sur des technologies américaines
18:12que sur des technologies françaises.
18:15Qu'est-ce qui se passe ?
18:16Est-ce que c'est simplement la crise profonde que connaît l'industrie allemande, à cause
18:20de l'automobile, la machine outil, qui du coup se dit, tiens, il y a un secteur porteur,
18:26le secteur de la défense, et qu'à ce moment-là, il se dit, on se met en compétition avec
18:31les Français.
18:32Comment vous analysez cette situation ?
18:34Je pense que la relation franco-aimente est une relation qui n'était jamais facile,
18:38qui a toujours vécu des hauts et des bas.
18:40Alors là, on est dans un grand bas.
18:42Alors, comme je l'ai dit tout à l'heure, l'exemple du SCAF est quelque chose qui ne
18:46plaît à personne.
18:47Ça ne me plaît pas, et je pense que ça ne plaît aussi pas à la majorité des acteurs
18:53des deux côtés du Rhin.
18:54Et comme je l'ai dit avant, il y a beaucoup d'autres coopérations qui marchent, qui fonctionnent.
18:59Je vous ai donné quelques exemples, et je pense que c'est notre rôle, justement, dans
19:02les temps qui sont difficiles, de ne pas abandonner, de focaliser sur la coopération entre les
19:07industrielles.
19:08Recollez-vous que c'est très important, vous voyez, c'est très…
19:10C'est un sujet important, mais il y a d'autres domaines de collaboration, et il faut qu'on
19:14continue à pousser ça.
19:15Je ne peux pas dire que c'est…
19:17Mais comment vous expliquez ça ? Est-ce que nos mentalités sont très différentes ?
19:22On est un pays d'ingénieurs qui aiment prendre des risques de développeurs.
19:27Les Allemands, ce sont des gens qui sont plus rigoureux, peut-être, que les Français,
19:31qui regardent un peu quels sont les débouchés.
19:34Vous voyez, il y a un côté plus rationnel.
19:36Et que, par exemple, un projet comme le SCAF, où on aurait pu illustrer aux yeux du monde
19:41entier qu'on était… que l'Europe, ça avait un sens.
19:44Et là, tout d'un coup, ça ne se fait pas.
19:46Je partage votre analyse.
19:48Moi, je pense qu'on a des approches très différentes à des questions économiques
19:54et politiques.
19:56Néanmoins, comme je le dis avant, il faut qu'on continue à se dire…
20:00Je pense que les intérêts individuels doivent, je dirais, être mis à côté afin que l'Europe
20:07puisse en ressortir de façon renforcée.
20:10Parce qu'il ne faut pas se tromper.
20:11L'ennemi n'est pas au sein de l'Union européenne.
20:14Il faut plutôt regarder à gauche, à droite et faire en sorte qu'on trouve des coopérations.
20:18Donc, c'est un pas, mais je pense que l'option n'est pas d'abandonner et de miser justement
20:24sur d'autres exemples où les collaborations, notamment entre industrielles et entreprises,
20:29sont plutôt prometteurs.
20:30Et ça, c'est le rôle que la Chambre de commerce a de favoriser les échanges entre les entreprises,
20:36même si ce sont des exemples moins visibles.
20:38Ce que moi aussi, en tant que représentante de Siemens, j'essaie de faire tous les jours
20:41en renforçant la collaboration avec des entreprises françaises.
20:45Oui, parce que surtout, c'est qu'on sait qu'il y a un point important quand même,
20:50c'est qu'il y a énormément d'argent qui sont en train de déverser.
20:57Il y a 500 milliards d'investissements, en tous les cas, qui ont été promis.
21:00Pour l'instant, je crois qu'on n'en voit pas la couleur.
21:03Mais en tous les cas, ils ont été premiers par le chancelier qui dit quand même
21:08la situation, elle est complexe, elle est complexe notamment sur le plan politique.
21:13Mais est-ce qu'il y a beaucoup d'entreprises françaises qui partent en Allemagne regarder
21:17et investir ?
21:18Je sais absolument parce qu'il y a beaucoup d'investissements dans les infrastructures
21:22en Allemagne et on a en France quand même des champions en termes des entreprises
21:29de construction, d'intégration et ces entreprises sont très intéressées par le marché allemand.
21:35Et aussi côté Siemens, nous travaillons avec ces entreprises en France pour les aider
21:40à accéder le marché allemand.
21:41Donc absolument, c'est un débouché très intéressant pour les entreprises françaises.
21:45Est-ce que vous avez en conclusion, est-ce que vous avez des projets d'acquisition en France
21:49et de développement en France pour Siemens en France ?
21:52Je viens de vous expliquer, on vient de faire des acquisitions de deux entreprises françaises
21:57dans le domaine du software, donc on va intégrer ces entreprises.
22:01Mais c'est ce que je veux dire, c'est ensuite.
22:03On regarde toujours le marché, ce sont dans le domaine notamment du software, souvent
22:08des acquisitions de petites entreprises, c'est vraiment une stratégie de chaîne de perles
22:15presque et on regarde où il y a vraiment les pipites et la France est un pays qui est
22:20certainement sur la carte, je dirais, des pays où on peut trouver ces pépites.
22:26Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Boris Birchhofer, qui est donc présidente de la Chambre
22:32franco-allemande, on a compris, et président surtout de Siemens France.
22:35Et puis bon, VivaTech, puisque vous avez les démonstrations de force de Siemens, ça sera
22:41à VivaTech.
22:42Dans un instant, on prend la direction d'Eviant justement, où nous attend Hugo Babet, notre
22:47journaliste envoyé spécial à Evian, avec cette rencontre qui dure toujours entre le
22:53président français et le président américain.
22:56– Le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business.
23:03– Bonsoir Hugo Babet, merci d'être avec nous, je vois que les présidents, le président
23:09Trump vous a libéré. Est-ce que déjà vous avez, est-ce que la réunion est finie ? Est-ce
23:15qu'on sait, qu'est-ce qu'ils se disent, qu'est-ce que se sont dits nos deux présidents,
23:20Emmanuel Macron et Donald Trump ?
23:22– La réunion n'a commencé qu'il y a dix minutes, mais il y a eu un propos introductif
23:31devant la presse. Emmanuel Macron a d'abord rappelé la conclusion de cet accord entre
23:38les Etats-Unis et l'Iran, a salué cet accord et a voulu montrer que les Européens étaient
23:44prêts à aider à la sécurisation du détroit d'Hormuz. Donald Trump a lui dit que le détroit
23:51était déjà partiellement ouvert, mais qu'il fallait déminer une partie du détroit,
23:56que les chasseurs de mines sont en travail en ce moment dans le détroit d'Hormuz pour
24:02qu'il soit, je cite, complètement ouvert d'ici vendredi avec la signature de ce protocole
24:08d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis attendu à Genève. Enfin, Donald Trump a réagi
24:13sur cette proposition des Européens, notamment de Paris et Londres, sur une aide des bateaux
24:20envoyés pour la sécurisation du détroit d'Hormuz. Il a dit qu'il n'y en aurait pas besoin
24:24de beaucoup, mais qu'un ou deux bateaux pourraient aider à la sécurisation du détroit d'Hormuz.
24:30Merci beaucoup, surtout suivez ça, on vous retrouve bien sûr à 19h et nous on continue
24:34d'en parler du G7. Le G7, est-ce que ça a encore un sens ? Mais celui-là, visiblement,
24:39s'annonce assez crucial. On en parle avec Pascal Lamy, l'ex-directeur général de l'OMC
24:42et Nathalie Jansson, économiste, présidente du Think Tank Génération Livre.
24:47BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwige Chevrillon.
24:57Suite du 18-19 avec cette question sur le G7, est-ce que c'est le dernier d'Emmanuel Macron
25:03?
25:03Est-ce que ce sera le dernier tout court ? En tous les cas, ce qu'on peut dire, c
25:06'est que
25:06ce sommet du G7 à Evian est assez crucial avec cet accord qui est demi-accord. En tous
25:13les cas, on en attend la confirmation signée entre le président américain et les Iraniens.
25:18On en parle avec autour de la table Pascal Lamy, ex-directeur général de l'OMC. Bonsoir
25:22Pascal Lamy. Merci d'être là, ex-commissaire européen, coordinateur des instituts Jacques
25:26Delors. Je m'arrête là, sinon ça fera un peu trop long. Nathalie Jansson, face à
25:30vous, économiste, présidente de Génération Libre, du Think Tank Génération Libre, professeur
25:34associé à Neoma Business School. Bonsoir Nathalie Jansson.
25:37Bonsoir. Merci d'être avec vous. Beaucoup de questions, parce que d'abord, c'est
25:40pas un G7, puisque c'est un quasi G20, puisqu'il y a Zelensky, il y a aussi Modi, le
25:46premier
25:46ministre indien, qui en tous les cas a rencontré Emmanuel Macron. Et puis là, pendant que
25:51nous parlons, il y a une rencontre entre le président américain Donald Trump et le
25:55président français. Pour l'instant, ça a l'air, si on regarde, ça a l'air de bien
25:59se passer. Qu'est-ce que vous attendez de ce G7 ? Et Pascal Lamy, est-ce que pour
26:06vous, c'est un vraiment, un G7 très important ?
26:10Non. Bon, merci.
26:12Le G7 n'est plus aussi important qu'il l'a été, quand c'était une affaire de coordination
26:21sérieuse, préparée, avec un communiqué qui montrait où on était d'accord. C'est
26:26maintenant devenu, un peu comme le G20 d'ailleurs, un peu la foire à tout. Ça n'est pas inutile,
26:34parce que du coup, les participants doivent se mettre en tête qu'ils ont ensemble un
26:38certain nombre de problèmes de coopération internationale à régler. Mais disons surtout
26:43avec Trump, il y a forcément un côté cirque. Donc à quoi ça peut servir ? Je me mets
26:55dans la République française. Quels sont mes objectifs ? Un, ne pas fâcher Trump. Parce
27:02qu'il est capable de faire un esclandre à tout moment et de prendre la porte.
27:06Il a un beau dîner qu'il attend le mercredi soir.
27:08Ça va vous mal. Mais donc, mon premier objectif est donc, je ne vais pas l'embêter. On ne va
27:13pas prendre des sujets qui l'embêtent, comme l'environnement. C'est un peu curieux que les
27:19plus grandes puissances de la planète se réunissent pour parler d'économie internationale
27:23sans parler d'environnement. Mais non, on ne va pas parler d'environnement parce
27:26que ça l'embête. On va parler des équilibres macroéconomiques chinois, mais on ne va pas
27:33parler des équilibres macroéconomiques américains. Ça, ça l'embête. Donc on ne va pas parler
27:38de ça. Ça, c'est le deuxième objectif. Donc bien faire le tri dans les sujets pour
27:44ne pas l'embêter. Et puis troisièmement, une des très bonnes raisons qu'on a de ne pas
27:50répéter, c'est qu'on a encore besoin des Américains sur l'Ukraine. Il faut garder
27:57les Américains en soutien de l'Europe pour la défense de l'Ukraine. Et comment c'est,
28:03Trump lui-même n'est pas d'une opinion extrêmement constante sur ces sujets. Donc finalement,
28:10je crois que l'objectif principal, c'est de ne pas le fâcher pour qu'il ne nous lâche
28:14pas sur l'Ukraine. – Ah, d'accord, ok. Il y a un sujet que vous n'avez pas mentionné,
28:20pardon, c'est l'intelligence artificielle. Lorsqu'on voit ce qui s'est passé autour
28:23l'anthropique, c'est quand même ahurissant. – Oui, c'est vrai, vous avez tout à fait
28:27raison. – On va en parler ensuite. – Oui, on en parle. – Nathalie Jansson, pour vous,
28:30est-ce que le G7-1, c'est un format qui fait ses preuves ? Et qu'est-ce que
28:34vous
28:34attendez surtout de ce G7-là ? – Alors, je dirais, comme Pascal Lamy vient de le dire,
28:40je pense que le G7, effectivement, a beaucoup moins d'importance, en tout cas, en termes
28:43de coordination macroéconomique qu'il en a eu dans le passé, parce qu'aussi,
28:47maintenant, les chaînes de valeur sont profondément globalisées, c'est-à-dire
28:50que, fort heureusement, on a ouvert le monde, et en fait, on s'est ancré dans un monde
28:57beaucoup plus lié, et même s'il y a eu le Covid, même s'il y a eu des suspensions,
29:02néanmoins, il y a aujourd'hui, quelqu'un qui a une entreprise réfléchit plus, enfin réfléchit
29:09planétairement parlant, parce que tout l'incite à le faire, malgré les
29:13obstacles. Donc ça, c'est la bonne nouvelle, en fait, de la mondialisation, c'est qu'en
29:17fait, elle n'est pas remise en cause, quoi qu'il arrive, elle peut se rediriger au
29:23niveau des flots, mais elle est bien là, elle est bien ancrée, parce que plein de
29:26pays en ont aussi intérêt. Et les pays, sans doute les moins développés, sont
29:31ceux qui ont le plus intérêt à ce que ça dure. Donc ça, c'est la bonne nouvelle.
29:34Qu'est-ce qu'il faut attendre ? Effectivement, moi, je n'attends pas grand-chose de ces
29:37grands meetings, pour être très honnête, parce que je pense que, voilà, comme il a été
29:40dit aussi, les possibilités, en fait, là, on marche, enfin, tout le monde marche sur
29:45des oeufs, je veux dire, tant que Trump sera là, je pense qu'il n'y aura pas de vrai
29:49sujet de débat. On va essayer de ne pas trop arriver à une mésentente, parce que ce qu'on
29:55veut, c'est quand même, voilà, avoir une rencontre où on va quand même un peu se
29:58parler. Et donc, on va essayer de préserver la face pour faire en sorte que on n'est pas,
30:05voilà, que ça ne se finisse pas en eau de boudin. Mais je ne pense pas qu'il y ait
30:08grand-chose à attendre de ce sujet-là.
30:10En même temps, on est à un moment, comme je le disais, un peu crucial, parce que vous
30:13avez cet accord qui a été annoncé, enfin, l'annonce d'un accord. Donc ça, c'est
30:17un point important, parce que si jamais il y a la réouverture du détroit d'Hormuz,
30:22on va peut-être échapper à une grave crise économique. Là, il y a quand même eu un
30:26choc économique, mais on n'est pas encore dans une crise économique. Mais surtout, on
30:30peut parler aussi, de cette manière peut-être pour les Français, enfin, les Européens,
30:36de trouver leur place au sein de cet accord et au Moyen-Orient. Et puis, comme vous
30:41l'avez dit, en Ukraine. Donc il y a quand même des enjeux géopolitiques qui sont très
30:45forts.
30:45– Oui, absolument. Et sur ces enjeux politiques, l'essentiel pour nous, c'est l'Ukraine.
30:52Et on a besoin des Américains. Le reste, la guerre est en Irak. On n'y est absolument
30:57pour rien. C'est lui qui a déclenché tout ça, avec des catastrophes à la clé.
31:02– C'est Donald Trump qui vous appelle, oui.
31:04– Dont il est très content de se débarrasser maintenant. Et au fond, il n'a vraiment pas
31:10besoin de nous. Il nous a critiqués quand on ne mobilisait pas les forces de l'OTAN.
31:15– Vous pensez qu'il n'y a aucun rôle pour les Européens et notamment les Français
31:20pour réouvrir le plus rapidement possible les étroits d'Hormuz ?
31:24– Si on a besoin d'une armada de démineurs pour déminer le détroit d'Hormuz, plus il
31:31y aura, je parle ancien officier de marine, plus il y aura de drailleurs de mines et mieux
31:37ce sera, évidemment. Mais pour nous, ce n'est pas un enjeu sécuritaire. Trump a décidé
31:44de cette guerre. Elle a fait des dégâts considérables. Le temps que les infrastructures
31:50qui ont été démolies se remettent à fonctionner, ce n'est pas demain que tout va aller mieux.
31:55Il va y avoir des cicatrices importantes. Les Européens là-dedans peuvent jouer un rôle
32:01d'appoint, un rôle diplomatique. Quand on voit l'état des relations entre Israël et
32:06les Etats-Unis, ce n'est pas les Européens qui vont aller ramasser les parçois.
32:11– C'est sûr. Même si nous, on a un lien particulier avec le Liban, mais on voit
32:14bien qu'Emmanuel Macron, il n'est pas très entendu sur le Liban. Tiens, un point important
32:18quand même, Nathalie Jansson, je me tourne vers vous en tant qu'économiste, c'est
32:21que là, le fait qu'il y a… Alors il faut voir les termes de l'accord, il y aurait
32:2514 points, mais on donnerait des sens considérables qui seraient versés pour la reconstitution
32:30de l'Iran. Il y a quand même beaucoup de flou. Mais est-ce que c'est une bonne, très
32:37bonne nouvelle par rapport à ce choc économique que je mentionnais tout à l'heure ? Est-ce
32:42que là, on évite la crise économique ?
32:44– Bien évidemment, le choc qu'on est en train de subir, c'est un choc, il faut toujours
32:49s'adapter. Ce n'est pas une bonne situation. Le fait de savoir qu'on ne va effectivement
32:53pas continuer à avoir cette hausse des prix de l'énergie est évidemment une bonne
32:58nouvelle pour tout le monde.
33:00– Oui, mais sur le plan économique, est-ce que vous estimez que du coup, ça va repartir ?
33:06– Dans une certaine mesure, oui. Et d'autant plus que malheureusement, comme dans toute
33:10guerre, il y a des destructions et que là, il va y avoir des reconstructions. Donc oui,
33:13on va avoir plutôt une phase d'embellie. Si on se stabilise, ça veut dire qu'on va
33:18pouvoir à nouveau se projeter un petit peu plus loin, puisque là, on voyait bien
33:21que depuis quelques mois, voyant bien que la guerre ne finissait pas tout de suite,
33:26il y avait une suspension de beaucoup de décisions. C'est-à-dire que, comme on dit souvent,
33:30les entreprises ont l'habitude de l'incertitude. Elles ont l'habitude d'incertitude encore
33:34plus aujourd'hui que peut-être qu'hier et encore. Aujourd'hui, elles sont face à
33:39un tout petit peu moins. Enfin, si jamais tout est signé, elles vont se dire, voilà,
33:43on va quand même rétablir l'approvisionnement au niveau du pétrole. On va avoir des bateaux
33:48qui vont circuler, même si ça va mettre plusieurs mois, ça ne va pas être immédiat.
33:52Et en effet, le fait qu'on reconstruise aussi ce qui a été détruit en Iran, c'est plutôt
33:58des bonnes nouvelles pour l'ensemble du monde, bien sûr.
34:00Mais c'est l'histoire du fou qui se tape la tête contre les murs et qui trouve que ça
34:05fait du bien quand on arrête.
34:07Oui, d'accord. Et alors, qui est le fou ?
34:10Ce n'est pas très difficile à deviner qui est le fou dans l'affaire, quand même.
34:15Et si justement, tiens, je fais une petite incise, Pascal Lamin, qui est…
34:21S'il fallait que vous décriviez un peu les différents acteurs au regard de ce qui s'est
34:27passé là, des quelques semaines ou mois qu'on a traversé depuis le 28 février,
34:33qu'est-ce que vous diriez même du côté des Européens ? Parce que là aussi, on voit
34:37que c'est compliqué. Je parlais tout à l'heure de la difficulté des relations franco-allemandes.
34:42Il y a l'Angleterre où on a découvert que finalement, la marine anglaise était britannique
34:51et était une catastrophe. Vous voyez, tout évolue. Moi, je veux votre cartographie.
34:59Vous avez raison. L'Europe est toujours moins unie qu'on ne le souhaiterait, en tout
35:04cas un certain nombre d'entre eux. L'important, c'est qu'elles soient
35:07unies sur l'essentiel. Or, l'essentiel, je le répète aujourd'hui pour l'Europe,
35:14c'est l'Ukraine. Sur l'Ukraine, les Européens sont unis.
35:19Oui, c'est exact.
35:20Et ils le sont d'ailleurs même un peu plus, depuis que M. Orban a disparu de la scène
35:24politique hongroise.
35:26Pour vous, c'est le point clé ? Parce que quand vous voyez le SCAF, enfin, vous voyez
35:32ce dont je parlais tout à l'heure avec la présidente de la chambre franco-allemande.
35:35Il faut préparer une réponse à des agressions russes qui semblent de moins en moins improbables
35:41dans les 10 ou 15 ans qui viennent. Il faut fabriquer une dépense européenne. C'est très
35:45compliqué, parce qu'au fond, c'est une industrie et un marché dans lequel les ministères
35:53de la Défense et les producteurs d'armement couchent ensemble toute la journée. C'est
35:59un marché, mais c'est un marché complètement fermé. Aujourd'hui, l'augmentation de la
36:05dépense européenne des budgets nationaux s'amène à une renationalisation des achats.
36:12Alors, là, on a un problème à régler qui n'est absolument pas réglé, qui est celui
36:17de qu'est-ce que c'est qu'une industrie européenne de défense efficace, qui produit
36:22des armes à 30% moins cher que ce que chacun produit chez lui, qui s'occupe des porte-avions,
36:28qui s'occupe des chars, qui s'occupe des drones, qui s'occupe des fusées, parce qu'il
36:31faut forcément une forme de spécialisation. Et là, on est au début de ça. Je pense
36:37que l'ambiance politique a fondamentalement changé par rapport à ce qu'elle était il
36:41a qu'un coup dix ans. Il y a cinq ou dix ans, la défense européenne, c'était un truc
36:45pour séminaire évaporé. Maintenant, c'est une question...
36:49Pour la fondation Jacques Delors.
36:52Absolument, nous avons d'ailleurs commencé à le faire, sauf que maintenant, ce que les
36:55instituts Jacques Delors écrivent sur la défense européenne, c'est de la pratique.
37:00C'est comment on fait, comment il faudrait faire.
37:03Oui, mais regardez dans l'espace avec les Allemands, regardez dans les chars, regardez
37:07le scaf, vous voyez. Alors que chacun trouve ses positions.
37:11Si vous voulez faire l'histoire du scaf, on va essayer de le faire. On va être obligé
37:16à un moment de dire à qui c'est la faute.
37:19Oui, alors dites-le.
37:20Et c'est très compliqué.
37:22Et c'est alors ? Allez-y, mouillez-vous.
37:23C'est la faute aux deux.
37:26Il y en a un qui ne voulait pas partager sa technologie, ce qu'il pense, à la suite,
37:31en se disant, finalement, j'y arriverai toujours. Et il y en a un autre qui s'est dit, tant
37:35que
37:35faire de dépenser, moi je vais faire un avion allemand.
37:39Avec les technologies américaines.
37:41Je veux bien faire ça avec Dassault, mais je ne veux pas que Dassault me donne des ordres
37:45tous les jours, parce que l'avion, il sera franco-allemand.
37:48Nathalie Jansson, Pascal Lamy n'a pas complètement répondu à ma question. Moi, je voulais savoir
37:53un peu qui sort, qui est plus fort aujourd'hui qu'hier ?
37:59Personne.
38:00Oui, moi.
38:01Je pense que...
38:02Qui est plus fort aujourd'hui qu'hier dans le monde ?
38:05Oui.
38:05La Chine.
38:06Point barre.
38:07Ah oui, mais attendez.
38:08C'est que c'est un problème, maintenant, c'est un problème énorme.
38:11Je pense que vous serez d'accord avec moi pour dire que la domination chinoise
38:17sur l'ensemble de la chaîne industrielle mondiale, le fait qu'ils produisent 30%
38:22de l'industrie mondiale et qu'ils n'en consomment que 15%, c'est un méga problème
38:26pour nous tous, et pour les Américains, et pour les Européens, et pour tout un tas
38:30de pays qui n'osent pas l'ouvrir, pour ne pas se faire rembarrer par la diplomatie
38:34chinoise, mais qui pensent exactement ça, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Indonésie,
38:39le Vietnam.
38:40Et nous y compris ?
38:41En fait, la Chine, elle a une position effectivement très particulière, parce qu'effectivement,
38:47elle domine, dans les faits, elle va dominer au niveau du commerce et au niveau des valeurs.
38:54On ne va pas remettre en cause ce fait.
38:57Mais en même temps, elle domine sur un modèle effectivement qui est le sien, c'est-à-dire
39:02avec en fait une commande très étatique de tout le système, qui entretient en même
39:09temps une économie très concurrentielle.
39:11C'est-à-dire que c'est l'État qui commande, mais pour essayer d'avoir des entreprises qui
39:16sont performantes, donc quand même, quelque part, elles utilisent le marché et donc le fait
39:21que leurs champions ont leur place dans le commerce international, effectivement,
39:27elles les font se concurrencer.
39:30Mais le modèle chinois, au niveau du développement interne, n'est pas non plus un long fleuve
39:35de côté, c'est-à-dire que les Chinois, eux, ne sont quand même pas dans une dynamique
39:40de développement qui est très, depuis maintenant presque dix ans, qui est effectivement, enfin
39:46depuis la crise immobilière, qui est très saine.
39:50Donc c'est une situation très particulière, il n'y a pas vraiment d'autres modèles
39:55qui marchent de cette façon-là, et on se demande jusqu'où ça va aller.
39:59Donc effectivement, ils sont devenus des incontournables dans le commerce international,
40:05puisque effectivement, ils sont un modèle très particulier, mais ils ne sont pas non
40:08plus, ils ont quand même des faiblesses sur leur modèle.
40:11Est-ce qu'on peut dire que c'est la fin de la mondialisation heureuse, un peu telle
40:17que vous l'avez prôné, Pascal Lamy, ex-directeur général de l'OMC, ex-commissaire européen ?
40:24– Jamais je n'ai parlé de mondialisation heureuse.
40:29Un bon ami à moi, qui s'appelle Alain Mink, a écrit un livre qui portait ce titre.
40:33J'ai toujours reprenait mon audition au Parlement européen, quand j'ai passé mon examen
40:39de commissaire en 99, j'ai dit, et je répète, et je suis toujours du même avis,
40:44la mondialisation, c'est très efficace, parce que c'est très pénible, c'est très efficace
40:50parce que c'est très pénible, et c'est très pénible parce que c'est très efficace.
40:53– Mais efficace pourquoi ?
40:54– Parce que ça permet à chacun de bâtir une croissance sur ses atouts, là où on est plus fort.
41:02Si je fais quelque chose de mieux que vous, et vous quelque chose de mieux que moi,
41:04on a intérêt à l'échange.
41:05– Oui, mais est-ce qu'aujourd'hui, avec le recul, vous vous dites, on s'est peut-être mal
41:10pris en fait ?
41:11– Mais non, on a fait, on a ouvert les échanges à l'international, y compris avec la Chine,
41:18avec des règles de l'OMC qui, dans certains cas, sont pertinentes et fortes,
41:23et dans d'autres cas, malheureusement, par exemple sur les subventions,
41:27les règles de l'OMC sont incroyablement faibles.
41:30– De toute manière, là, on ne parle plus jamais de l'OMC, Organisation mondiale du commerce.
41:35– Vous, vous, vous, peut-être.
41:36– Non mais même, je viens lire tous les journaux, je viens lire tout…
41:39– Il y a beaucoup de gens qui comptent, et notamment les pays en développement,
41:42dont vous parliez tout à l'heure, qui comptent fermement sur l'OMC,
41:45pour maintenir un système de discipline sur lequel les Américains se sont assis,
41:50et dans une certaine mesure, les Chinois aussi,
41:53notamment avec des problèmes de restrictions aux exportations de terres rares.
41:57Donc, aujourd'hui, on est dans une mondialisation,
42:00qui est un peu différente de la précédente,
42:02qui sera, hélas, moins régulé,
42:06ce qui est un problème pour les équilibres et pour les pays en développement,
42:10et puis il reste, et notamment avec l'intelligence artificielle,
42:14il reste un gigantesque champ de gouvernance internationale,
42:17qui aujourd'hui est totalement désert.
42:20– Inexistant, absolument.
42:21– Totalement désert.
42:22– Oui, comme je l'avais dit, enfin voilà, comme il vient d'être souligné,
42:26je pense que tout le monde a vraiment gagné de cette mondialisation,
42:30il ne faut pas l'oublier, et les gagnants, les pays en développement sont des grands gagnants,
42:34ils sont des grands gagnants par rapport à leur développement,
42:36et par rapport même à la réduction des inégalités au sein même de ces pays,
42:41donc eux, ils tiennent de toute façon à cette mondialisation.
42:46Effectivement, la place de la Chine,
42:47est-ce qu'effectivement il ne fallait pas la laisser rentrer,
42:50parce que je pense que non, il fallait la laisser.
42:53– Parce qu'elle l'a mis qu'il a fait rentrer.
42:54– Oui, sauf que la Chine de l'époque, la Chine qui est rentrée à l'époque,
42:58ce n'est pas la Chine d'aujourd'hui.
42:59– Non, c'était Anna.
43:01– Ce n'était pas la Chine de Deng Xiaoping, c'était la Chine de Deng Xiaoping.
43:06– Oui, Deng Xiaoping, qui était beaucoup plus ouverte que Deng Xiaoping.
43:08– Beaucoup plus ouverte.
43:09– Et qui n'était pas aussi dictatorialement dirigé.
43:13– Voilà, parce que là, il y a quand même une réelle reprise en main depuis maintenant,
43:17ça fait quasiment dix ans que Deng Xiaoping a repris,
43:21enfin voilà, il a une façon très autoritaire.
43:23– C'est une machine de guerre économique, le gouvernement suivant.
43:29– Effectivement, elle a un côté machine de guerre,
43:32et effectivement, pour moi, son avantage comparatif,
43:35si on veut utiliser le vocabulaire très habituel,
43:39le langage habituel quand on regarde le commerce,
43:41c'est presque d'être les subventions de l'État.
43:45C'est-à-dire que c'est un pays aujourd'hui qui s'insère dans le commerce
43:48parce qu'il a des subventions de l'État.
43:49– Est-ce que c'est ce que doit faire l'Europe ?
43:52– Il faut que l'Europe trouve le moyen, comme les autres.
43:55L'Europe, elle a un surplus extérieur.
43:58Donc en gros, elle est compétitive dans le monde.
44:01Avec tout le monde, tout le monde, sauf maintenant la Chine.
44:05– Sauf pour son industrie.
44:07– Et donc, il faut trouver des moyens de défense commerciale
44:12spécifiques à la Chine, ça va les embêter,
44:15ils vont prendre des mesures de rétorsion,
44:17mais au fur et à mesure, il faut que les Chinois comprennent
44:20que leur modèle politico-économique dans la globalisation
44:23est devenu insoutenable.
44:26– Oui, mais enfin, insoutenable, personne ne l'empêche.
44:29Donc, il n'y a pas été le premier.
44:30Regardez-nous, vous vous promenez aujourd'hui dans la rue,
44:34il y a plein de voitures chinoises.
44:36– Les voitures chinoises électriques entrent avec un surplus de droits de douane
44:42que les Européens leur ont collé.
44:45Simplement, ils ont un avantage comparatif tel.
44:47– Et puis en plus, vous avez Stellantis qui ouvre son usine de Rennes aux Chinois.
44:53– Mais c'est une très bonne chose que les Chinois investissent en Europe.
44:56Il faut absolument que les Chinois investissent en Europe.
44:59– Ça ressemble quand même beaucoup à ce qui s'est passé avec le Japon,
45:03avec les voitures japonaises.
45:04Là, ce qui se passe avec la Chine, c'est la même chose.
45:07– Oui, mais il y a une fragilité des constructeurs européens qui est très forte.
45:11– En fait, notre problème, je pense, en Europe,
45:14il est davantage dans l'incapacité de pouvoir…
45:17Enfin, en tout cas, comme on a beaucoup d'obstacles et de réglementation,
45:20parce qu'on est quand même un peu les rois de la réglementation,
45:23je pense que nous, notre problème, c'est qu'en fait,
45:25on a une latitude faible d'adaptation.
45:28C'est-à-dire que quand vous avez comme ça des rouleaux compresseurs qui arrivent,
45:31c'est par l'innovation et par l'entrepreneuriat et la capacité d'adaptation qu'on peut répondre.
45:38Or, elle est plus limitée.
45:39Si on regarde effectivement les États-Unis comparé à l'Europe,
45:43nous, on s'empêche de faire.
45:44Et c'est quand même ça un des gros problèmes aujourd'hui.
45:48Donc effectivement, face à un rouleau compresseur comme ça,
45:50il faut absolument pouvoir réagir.
45:52Et nous, eh bien, en fait, on a du mal à réagir parce qu'on s'est lié les mains.
45:58– Enfin, on sait, par exemple, qu'il faut absolument terminer le marché intérieur européen
46:04dans l'énergie et dans les télécoms.
46:07– Et la finance, c'est crucial.
46:09– Notre problème, il est très simple.
46:11On a un potentiel de croissance aujourd'hui qui est la moitié des Américains,
46:15un tiers des Chinois et un quart des Indiens.
46:17Non, il faut absolument augmenter ce potentiel de croissance,
46:22rendre l'économie européenne plus productive, plus compétitive.
46:25La mine de productivité qu'on a sous les pieds,
46:28c'est de finir le marché intérieur.
46:30– Oui, mais je suis d'accord.
46:31– Parce que tel pays ne veut pas de ceci et tel pays ne veut pas de cela.
46:35On n'avance pas, on n'encaisse pas les normes.
46:37– Justement, on entend ça, on entend ça depuis combien de temps ?
46:41– Non, non, non, non, non.
46:42– Ça a bougé.
46:43– Donc, il y aura une solution dans 4 ans, mais là, à ce moment-là, ça sera trop tard.
46:46Vous voyez, comment faire ?
46:47– Non, non, ça a bougé, Draghi et l'État ont fait bouger les choses.
46:50– Ah bon ? Ils ont fait un magnifique rapport.
46:52– La Fondation de l'Or mène une grande campagne qui a commencé lundi dernier,
46:56qui s'appelle One Europe One Market, pour faire aboutir tout ça avant 1928.
47:01Donc, maintenant, je pense que la conscience politique est là.
47:04– Vous voyez ce que je veux dire ?
47:06– Parce qu'elle a mis en 2028, c'est déjà loin.
47:09– Oui, c'est déjà loin.
47:11– Non, non, c'est pas grave.
47:12– Mais attendez, quand vous regardez ce qui se passe aux États-Unis.
47:14– Non, ça n'est pas loin, il faut aussi que la Commission européenne
47:17fasse son rôle qui consiste à mettre des compromis sur la table
47:21et à tordre les bras de tel ou du tel qui ne veut pas,
47:24pour des raisons purement nationalistico-bureaucratiques.
47:26C'est une question d'énergie politique, à la fin.
47:29– Oui, mais il y a de l'énergie, mais il n'y a pas de politique.
47:32– Je ne suis pas un nom.
47:33– Est-ce qu'il faudrait supprimer la Commission européenne ?
47:34Tiens, voilà une bonne question.
47:36– Est-ce qu'il faudrait supprimer la Commission européenne ?
47:39– Vous la remplacez par quoi ?
47:40– Eh bien, par un système beaucoup plus politique.
47:43– Et le marché intérieur et l'harmonisation des normes
47:46sur les tondeuses à gazon, qui sait qui va faire ça ?
47:48– Personne, justement, si on a besoin de normes
47:51sur les tondeuses à gazon, eh bien voilà, excellente question.
47:54– Sauf que les tondeuses à gazon sont moins chers en Europe qu'ailleurs
47:58parce qu'on les amortis sur un marché de 450 millions de consommateurs
48:01et qu'elles sont les mêmes.
48:02– Il ne faut pas, il ne faut pas vouloir.
48:04– Donc on ne change rien, on ne change rien.
48:06J'ai une dernière question avec vous, Nathalie Jansson,
48:10et avec Pascal Lamy, bien sûr, sur l'intelligence artificielle.
48:13Vous l'avez dit en introduction, il y a un point,
48:16là il n'y a aucune réglementation, enfin, pas aux anges de ce qui se passe là,
48:22quand on voit ce qui s'est passé sur Anthropix ce week-end,
48:25on se dit, il faut vraiment, il y a un problème d'enjeu vital pour l'Europe.
48:30– Là, on a vu effectivement encore à nouveau une décision en fait politique,
48:36c'est Donald Trump d'ailleurs, en tropique, n'était pas très réjoui
48:38parce qu'en fait Anthropix et lui, de toute façon, se retrouvaient,
48:43parce que le problème de Donald Trump, c'est qu'il adore utiliser les ordonnants.
48:45– Donc le logiciel a été bloqué, le logiciel le plus performant
48:48a été bloqué par Donald Trump vis-à-vis de sociétés étrangères.
48:53– Oui, en fait, c'était bloqué quasiment pour tout le monde, de toute façon,
48:56puisque en fait, son truc, c'est que ça a bloqué tout le monde,
48:59puisque le problème, c'est qu'effectivement, il a invoqué la faille.
49:03Ça, ça met en difficulté Anthropix lui-même,
49:08puisque vis-à-vis de ses clients, c'est terrible,
49:10comme de savoir qu'en fait, ses clients ne peuvent pas compter.
49:12– En termes de réglementation, qu'est-ce que ça veut dire pour nous ?
49:14– En réalité, la réglementation devrait surtout s'accentuer sur les contrats,
49:19de veiller à ce que les contrats entre qu'il y est Anthropix
49:23et les entreprises qui se fournissent auprès d'eux soient respectées.
49:27Et là, le problème, c'est qu'on a un cas où, en fait, il y a un non-respect
49:30de la part d'un chef de gouvernement.
49:32– Ah ben oui, parce qu'elle l'a mise à quoi, la réponse de l'Europe ?
49:36– Alors, pour l'instant, en matière d'intelligence artificielle,
49:39c'est chacun pour soi.
49:41– Les Américains régulent à leur manière, on peut, moins que nous,
49:45nous un peu plus comme d'habitude,
49:47parce qu'on a des préoccupations éthiques, morales, philosophiques,
49:51dont je trouve d'ailleurs qu'elles ne sont pas à déplacer.
49:54Les Chinois, le peuple non plus d'ailleurs,
49:57les Chinois ont leur manière, les Indiens ont leur manière.
50:00Pourquoi est-ce qu'il n'y a aucune coopération ?
50:02C'est très simple, parce qu'aujourd'hui, c'est la course.
50:05– Exactement, c'est l'innovation.
50:07– Donc, l'idée que je vais être meilleur que les autres,
50:09l'emportent sur la considération des bénéfices d'une coopération.
50:14Il va falloir le faire, le problème étant que, pour l'instant,
50:18quand vous regardez qui décide des normes,
50:22c'est un petit peu les États et beaucoup, beaucoup les entreprises.
50:27– Ah ben oui, c'est sûr.
50:29– Absolument, et ça, là, il y a un vrai problème politique,
50:32et il va falloir, il va falloir, alors, il y a l'OCDE sans occupe,
50:37l'ONU s'en occupe, l'Union internationale et les télécommunications.
50:40– C'est pour ça qu'il faut une nouvelle gouvernance, quand même.
50:41– Il faut, et pour l'instant, la raison pour laquelle il n'y a pas de gouvernance,
50:46c'est qu'on n'est pas d'accord sur ce que serait une bonne gouvernance.
50:50– Oui, on repart pour un débat, après je pense que c'est…
50:52– Oui, mais c'est un débat très, très, très important.
50:54– C'est déjà le débat autour du G7, effectivement, une nouvelle gouvernance.
50:57– Merci beaucoup, Pascal Lamy, d'avoir été avec nous.
50:59Merci, Nathalie Jansson.
51:00– Merci, Edouard.
51:01– Voilà, c'est la fin de ce 18-19, tout de suite, vous retrouvez Stéphane Nicolau,
51:05nous, bien sûr, on se retrouve demain, avec quelqu'un avec qui je vais peut-être en parler,
51:09c'est Olivier Roussard, le patron de Bouygues.
51:12On parlera avec lui de tout ce qui s'est passé dans les télécoms,
51:16puisqu'il est évidemment plus que partie prenante,
51:18et on parlera aussi d'informations et de conjonctures.
51:21À tout de suite.
51:22– Le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business.
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