- il y a 40 minutes
Mercredi 27 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Émission spéciale Cap PME sur BFM Business.
00:06Bonsoir ou bonjour.
00:09On a vraiment eu des témoignages absolument formidables.
00:12Maintenant on va essayer de voir qu'est-ce qu'en pense justement le politique.
00:15Est-ce qu'il est prêt à prendre des mesures ? Est-ce qu'il va essayer de sauver la
00:17France ?
00:18En tous les cas, c'est une tâche difficile.
00:20Mon invité, c'est donc Sébastien Martin, le ministre délégué en charge de l'industrie.
00:25Bonsoir Sébastien Martin.
00:26Bonsoir à vous.
00:27Alors vous regardez votre cravate, vous avez vu qu'il n'y en avait aucun avec une cravate ?
00:32Moi je suis un peu old school.
00:33D'accord, vous avez le droit de la garder.
00:35Beaucoup de questions à vous poser plus sérieusement.
00:39J'ai croisé un entrepreneur tout à l'heure et qui me dit
00:42« Ah vous recevez Sébastien Martin, dites-lui de faire au niveau de la France ce qu'il a fait
00:48au niveau de Chalon. »
00:50Parce qu'il a réussi à faire venir des entreprises, il y avait Koda qui fermait
00:54et il a réussi une alchimie, il a réussi à les faire venir.
00:57Voilà, c'est ça qu'il faut réussir au niveau de la France.
01:00Vous voyez, la barre est assez haute.
01:03Lorsqu'on regarde ce qui se passe, on voit qu'il y a des données qui sont difficiles,
01:08il y a des révisions de croissance à la baisse, il y a une crise économique,
01:11il y a un coût de l'énergie qui explose, il y a un nombre de faillites qui explose.
01:14Quelle est un peu votre vision, vous, de la situation au jour d'aujourd'hui ?
01:20Déjà, vous avez dépeint une situation apocalyptique.
01:25Non, c'est factuel.
01:26Non, mais qui explose, qui explose, qui explose.
01:28La situation, je ne vais pas vous dire qu'elle est simple
01:32parce qu'il y a plein d'éléments qui font qu'elle n'est effectivement pas simple.
01:38Particulièrement depuis, on va dire, fin 2024.
01:40Moi, je me souviens très bien, à l'époque, vous avez parlé de mon expérience
01:43quand j'étais élu local à Châlons-sur-Saône.
01:46Je faisais le même genre de forum en tant que président de mon agglomération.
01:50Je rencontrais les chefs d'entreprise.
01:52Et en gros, jusqu'à fin 2024, le principal sujet des chefs d'entreprise,
01:55c'était comment on recrute.
01:57Ce n'était pas il y a si longtemps.
01:58Ce n'était pas il y a si longtemps.
02:00Ça ne veut pas dire que, bien évidemment, il faut nier la situation telle qu'elle est aujourd'hui.
02:04On a une croissance qui s'est ralentie.
02:06On a une situation internationale qui s'est aggravée
02:09avec la crise de l'Iran.
02:12Et on a, on voit bien, depuis notamment l'élection de M. Trump
02:16qui a fermé le marché américain,
02:19ce qu'on appelle des volumes supplémentaires,
02:22des surcapacités asiatiques
02:24qui arrivent sur le marché européen
02:26et qui mettent en difficulté un certain nombre de secteurs industriels.
02:30À côté de ça, on a aussi eu des exemples,
02:31vous les avez vus autour de la table tout à l'heure,
02:33de gens qui entreprennent, de gens qui y croient.
02:35Et j'ai beaucoup aimé quelqu'un qui a rappelé,
02:38n'oubliez pas de continuer à expliquer que, oui, ce pays a une vocation industrielle.
02:44On ne peut pas croire qu'il y a un an et demi,
02:45le principal problème, c'était comment on va faire pour recruter ?
02:48On n'y arrive pas et qu'aujourd'hui, tout soit terminé.
02:50Moi, je me bats contre ça tous les jours.
02:51Oui, la situation, elle est compliquée,
02:53mais expliquer que tout est foutu
02:55parce que la situation est difficile en ce moment,
02:57c'est un non-sens.
02:58Parce qu'on ne va pas, on ne peut pas dans le même temps dire
03:00il faut amener nos jeunes dans les usines,
03:02il faut qu'ils reconnaissent les métiers industriels,
03:05il faut que, et puis dans le même temps dire
03:06tout est foutu, ce n'est pas vrai.
03:08Parce que c'est un combat de long terme.
03:10Pendant des décennies, on a dit il n'y aura plus d'usines dans ce pays.
03:12Très bien, parfait, on a vu le résultat.
03:15Et maintenant, on veut que nos jeunes retournent dans les usines.
03:18Si on veut que nos jeunes retournent dans les usines,
03:19ça veut dire qu'il faut tenir sur le long terme.
03:21Et même si c'est difficile en même temps,
03:22il faut toujours fixer et se tenir le cap de l'objectif.
03:26Oui, mais ce que disait Guy Oujibaud,
03:28le fondateur et le président du Slip français,
03:30il disait qu'il y a une espèce de...
03:35On n'aime pas l'industrie en France.
03:37On adore la tech, ici on est à la station F,
03:39on adore le digital, on adore les services.
03:42Mais c'est presque un gros mot, l'industrie manufacturière.
03:44Donc il faut changer, changer de mentalité.
03:46C'est ce qu'ils essaient de faire du reste,
03:47certains lobbies pour l'industrie.
03:49On voit que c'est difficile en France.
03:52C'est bien pour ça qu'il faut tenir le cap.
03:57Je veux dire par là que, effectivement, ce pays,
04:02pendant des décennies, et d'ailleurs,
04:04ce n'est pas forcément des politiques qui l'avaient dit.
04:06M. Turuc qui raconte que la France sans usine...
04:10M. Turuc, à ce que je sache, il n'était pas député,
04:14il n'était pas ministre.
04:14C'est un industriel qui a dit...
04:17Et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays.
04:20Je voudrais juste le rappeler des fois.
04:22Et qui a dit, c'est très bien s'il n'y a plus d'usine dans ce pays.
04:24Bon, très bien.
04:25Moi, j'ai 48 ans, 49 ans.
04:27Donc j'ai grandi plutôt dans toute cette période-là,
04:31dans toute cette époque-là.
04:32On a dit, ce n'est pas grave.
04:34Et puis, on a dit, les gamins,
04:36allez donc en fac de droit,
04:37allez donc faire du commerce et du marketing,
04:40allez faire de la santé,
04:41allez faire tout ce que vous voulez,
04:42mais surtout, n'allez pas dans l'industrie.
04:45Et puis maintenant, du jour au lendemain,
04:47on croit que, clac, par un coup de baguette magique,
04:50tout va s'inverser,
04:51et que d'un coup, d'un seul,
04:53les gens vont ré-aimer l'industrie
04:54de manière comme si c'était une grande déclaration d'amour.
04:56Non.
04:57Il faut du temps.
04:58Oui, il faut du temps.
04:59J'ai envie de dire simplement,
05:00on a quand même le président Macron,
05:01c'était une des...
05:02C'est quasiment sa première feuille de route
05:04de réindustrialiser la France.
05:05Ça fait quand même quelques années qu'il est là.
05:07Et que les...
05:08Bon, ben, les chiffres sont là.
05:09Je les ai devant moi.
05:11C'est la 2025 qui a été...
05:132026, enfin 2025,
05:14elle a pire année en termes des industrialisations.
05:17Si vous regardez les chiffres,
05:18il y a 57 usines en moins en 2025.
05:21Et quand on regarde le solde net,
05:23ouverture, fermeture,
05:24c'est plus 19, mais c'est des petits.
05:26Oui, je peux vous poser des questions ?
05:28Oui, allez-y.
05:29Voilà, d'accord.
05:29Entre 2018 et 2024,
05:31je crois, on a recréé des emplois industriels dans ce pays.
05:33180 000 emplois industriels recréés dans ce pays.
05:36Par contre, entre 2005 et 2015,
05:39combien on a détruit d'emplois industriels ?
05:40Puisque vous dites que c'est la pire des années,
05:42l'année 2025.
05:43On a détruit plus d'un million d'emplois industriels dans ce pays.
05:46On a détruit plus d'un million d'emplois industriels
05:48entre 2005 et 2015 dans ce pays.
05:512018, 2024,
05:53on a enfin inversé cette tendance.
05:56On a redonné, effectivement.
05:58Et d'ailleurs, je veux dire,
05:59on faisait les mêmes plateaux il y a deux ans et demi.
06:01C'était vive la réindustrialisation, c'est parti, c'est génial.
06:04Et donc, je veux dire par là
06:08que sur le long terme,
06:10il y a toujours des moments de haut
06:12et des moments de bas.
06:14Toujours.
06:14Et il ne faut pas s'ultra enthousiasmer
06:17quand ça va bien.
06:18Et il ne faut pas non plus dire
06:19que tout est foutu quand ça va mal.
06:21parce que ce cap de la réindustrialisation,
06:24il n'est pas simplement nécessaire,
06:26il est indispensable à notre pays.
06:28Et ne croyons pas que ce pays
06:29n'est pas capable de faire beaucoup de choses.
06:31Quelle est la part de l'industrie ?
06:33On est autour de 10% du PIB.
06:35On est autour de 10% du PIB.
06:36Donc, c'est là où...
06:38On a stoppé...
06:39Je veux le dire.
06:40On reste un peu scotché.
06:41Le phénomène, il a été stoppé à un moment.
06:44Et en ce moment,
06:45quel est le visage de notre industrie ?
06:47Il faut regarder les choses telles qu'elles sont.
06:49On a des secteurs industriels
06:51qui, en France, cartonnent.
06:54Dans le domaine de l'énergie,
06:56prenez filière de l'énergie autour du nucléaire,
06:58mais aussi de certains secteurs du renouvelable.
07:01Prenez le secteur de la défense
07:03et de l'armement qui cartonnent également.
07:06Vous allez chez Alstom
07:08qui construit des trains,
07:09qui est un secteur qui cartonne également.
07:11Vous prenez le luxe,
07:12même s'il y a des difficultés liées au Moyen-Orient,
07:14c'est un secteur qui cartonne également.
07:16Puis vous avez des secteurs
07:16qui connaissent des grandes difficultés.
07:18La métallurgie, l'automobile
07:21et puis aussi la chimie.
07:24Parce que ce sont trois secteurs
07:25qui sont extrêmement aussi ouverts
07:27à une concurrence internationale assez difficile.
07:31Je prends l'acier.
07:33Il y a des mesures de protection
07:34qui arrivent au 1er juillet.
07:36Et c'est heureux.
07:37Sur la chimie, on se bat aussi
07:39au niveau européen sur le sujet.
07:41Sur l'automobile,
07:42il y a la transition vers l'électrique,
07:43mais pas que.
07:44Il y a plein d'éléments
07:45qui expliquent aussi
07:46que ce soit un moment difficile.
07:48Parce qu'on vendait à peu près,
07:49il y avait 2 200 000
07:51immatriculations en 2019.
07:53Aujourd'hui,
07:53en fin 2025,
07:55on est à 1,6 million
07:57d'immatriculations.
07:58Ça veut dire qu'on a perdu
07:59à peu près 20% du marché.
08:01Sans doute qu'il y a une part vers
08:02est-ce que je vais vers la transition,
08:04est-ce que je vais vers l'électrique,
08:05qui explique cela ?
08:06Il y a aussi d'autres éléments
08:09qui expliquent
08:10cette difficulté
08:11de transformation
08:12du marché de l'automobile.
08:13Oui.
08:14Il y a quand même
08:15une dimension européenne
08:16qui n'est pas négligeable.
08:17Vous êtes d'accord avec moi ?
08:18C'est parce que,
08:18Martin,
08:18sur l'automobile,
08:19les décisions qui ont été prises
08:20quand même à marche forcée
08:22fait qu'il y a eu
08:23une destruction d'emplois,
08:24notamment chez les constructeurs
08:25automobiles,
08:26mais aussi chez les sous-traitants.
08:28Non, en 2020...
08:29Il n'y a pas forcément
08:30à mesurer l'impact.
08:31Il n'y a pas eu
08:31de la transition vers l'électrique ?
08:33Oui.
08:33De la transition vers l'électrique ?
08:34Aussi rapide, aussi rapide.
08:35En 2020,
08:36on vendait 1,2%
08:38de véhicules électriques.
08:39J'ai du mal à comprendre
08:40comment 1,2% de vente
08:42serait responsable
08:43de la chute globale du marché.
08:45Ah non, mais c'est...
08:45Il y a plein d'autres éléments.
08:47Il y a le coût des véhicules,
08:48la montagne...
08:49Non, non, non, non, non.
08:50C'est le fait
08:50de mettre un coup près
08:51le 2035 sur les volets thermiques.
08:532035, ce n'est pas...
08:54Aujourd'hui,
08:56si vous allez dans une concession,
08:57vous pouvez toujours
08:58acheter un véhicule thermique.
08:59Personne ne vous oblige
09:00à acheter un véhicule électrique.
09:01D'ailleurs, j'ai plutôt l'impression
09:02qu'en ce moment,
09:03les gens ont envie
09:03d'acheter des véhicules électriques.
09:04En ce moment,
09:05j'ai envie de dire
09:05merci Trump.
09:06C'est sûr qu'il y a une explosion.
09:08Je parlais hier avec Aurélien.
09:09Oui, merci Trump
09:10parce que grâce à cette crise
09:12qui est quand même terrible...
09:13Moi, je n'ai pas très envie
09:14de dire merci à Trump quand même.
09:15Je veux dire,
09:16tu as montré
09:17qu'il y a quand même
09:17un côté positif.
09:18C'est que du coup,
09:19on se précipite effectivement
09:24et il y a aussi
09:26une meilleure,
09:27comment dirais-je,
09:30technologie.
09:31Et je le dis aussi,
09:33française.
09:34Le véhicule électrique
09:35le plus vendu en France,
09:37il est fabriqué à Douai
09:38et c'est la R5 électrique.
09:40Il n'est pas fabriqué en Chine.
09:42Pourquoi aussi ?
09:42Parce que la France
09:43est un des rares pays
09:44au niveau européen
09:45à avoir mis en place,
09:46outre les droits de douane
09:48qui là existent
09:49au niveau européen
09:49sur le véhicule électrique.
09:51On y reviendra sans doute
09:52tout à l'heure
09:52parce que ce n'est pas
09:53la même chose
09:54sur les véhicules hybrides
09:55et avoir mis en place
09:56l'éco-score
09:57qui fait qu'en France,
09:58quand vous avez une aide
09:59de l'État
09:59pour acheter un véhicule électrique,
10:01vous achetez un véhicule
10:02qui est made in Europe
10:03ou made in France.
10:04Ce n'est pas le cas
10:05dans tous les pays,
10:06je tiens à le préciser.
10:07Et qu'aujourd'hui,
10:08qu'est-ce qu'on voit le plus
10:09dans les rues ?
10:10Ce n'est pas forcément
10:11des véhicules chinois électriques.
10:12D'ailleurs,
10:13je le dis au passage,
10:13je trouve un peu dommage
10:14dans une émission
10:15et dans un forum
10:16qui défend l'usine française,
10:18le made in France,
10:18que ce soit partenaire BYD.
10:20Je me permets de le dire
10:21au passage
10:22parce que ça m'a un peu choqué
10:23en arrivant.
10:25Mais,
10:27parenthèse fermée,
10:27c'est bien aussi
10:28qu'on soit tous raccords
10:29sur nos principes.
10:31Parenthèse fermée.
10:33Je le dis
10:34parce qu'aujourd'hui,
10:35quand on dit
10:36qu'il ne faut surtout pas
10:36de véhicules électriques,
10:37alors qu'en réalité,
10:38qu'est-ce qui est en train
10:39d'envahir le marché européen ?
10:40Personne ne dit ça.
10:41Je le dis,
10:42je le dis,
10:43je le dis.
10:44Qu'est-ce qui envahit
10:45surtout le marché ?
10:46C'est plutôt des véhicules hybrides,
10:49asiatiques,
10:49que les véhicules électriques.
10:51Asiatiques
10:51qui envahissent le marché
10:52parce qu'il y a
10:53et des droits de douane
10:54et les co-scores en France
10:55qui font qu'on favorise
10:56l'industrie française
10:57automobile et électrique.
10:58Une question quand même,
10:59Sébastien Martin,
11:00si on,
11:01je ne sais pas,
11:02à la fin de votre mandat,
11:04dans un an,
11:04vous pensez qu'on pourra,
11:05vous aurez pu inverser
11:08la courbe
11:09d'industrialisation
11:10de la France ?
11:11Alors,
11:12je ne vais pas faire
11:12du françois-hollandisme
11:14sur les inversions
11:15de la courbe.
11:16Parce que ça ne leur a pas réussi.
11:18Vous voyez ?
11:19Ceux,
11:19par contre,
11:20moi,
11:21mon combat,
11:22c'est que ce cap-là,
11:25cette volonté politique,
11:28exprimée,
11:28partagée,
11:29tout à l'heure,
11:30vous allez recevoir
11:30des parlementaires
11:31de tous bords.
11:32Oui,
11:32il y a même François Ruffin
11:33que je salue,
11:34j'ai vu les parlementaires
11:35qui sont ici.
11:38Tout le monde ne partageait pas.
11:39Il y a quelques années en arrière,
11:41j'ai fait des débats
11:42à l'Assemblée nationale
11:42ou au Sénat.
11:44Aujourd'hui,
11:45sur tous les bancs,
11:46tout le monde dit,
11:47oui,
11:48ça a été une erreur
11:49par le passé,
11:49ce qui s'est passé.
11:50Tout le monde le dit.
11:51Et tout le monde dit,
11:52oui,
11:53l'industrie est absolument
11:54indispensable
11:55pour notre pays.
11:56Et tout le monde dit aussi,
11:58effectivement,
11:58les formations scientifiques,
12:00les formations techniques,
12:01orienter plus de jeunes
12:02vers ces formations,
12:03c'est indispensable.
12:04Et tout le monde
12:04est en train de se rendre compte
12:05aussi que contrairement
12:06à l'image d'Epinal
12:07que l'on avait,
12:08enfin,
12:09ou d'Epinal ou de Zola,
12:11de ce qu'était l'industrie,
12:12en réalité,
12:13chacune et chacun voit
12:14que l'industrie,
12:15c'est autre chose
12:16que cette image d'Epinal.
12:18Et surtout,
12:19et surtout,
12:21arrêtons aussi un peu
12:22parfois de nous sous-estimer.
12:24Je parlais du véhicule électrique,
12:25c'était peut-être compliqué,
12:26mais en France,
12:27on est capable
12:27de faire des véhicules électriques.
12:29On est capable
12:30de faire des ordinateurs
12:31quantiques,
12:31qui est un des trucs
12:32les plus compliqués.
12:33On est sans doute
12:34un des pays
12:34les plus en avance là-dessus.
12:36J'étais la semaine dernière
12:37à Cherbourg,
12:39chez Naval Group.
12:41On m'a expliqué quand même
12:42que faire un sous-marin nucléaire,
12:45lanceur d'engin,
12:46c'est l'objet technologique
12:47le plus compliqué
12:48au monde à faire.
12:49Le plus compliqué
12:50au monde à faire.
12:51Dans un aussi petit espace,
12:53vous mélangez
12:54et des technologies de défense
12:55et des technologies du nucléaire
12:57et des questions d'énergie
12:58et des questions de...
12:59Il y a tout aussi peu.
13:01Combien de pays au monde
13:02savent faire ça ?
13:03Combien ?
13:03La France,
13:05les Etats-Unis,
13:06la Russie
13:07et il semblerait
13:09les Chinois.
13:10Avec les Chinois,
13:11on ne sait jamais exactement
13:11comment ça se passe.
13:12Avec les Russes non plus.
13:14et avec les Russes non plus.
13:15Mais il n'y a pas tant de pays
13:18que ça
13:19qui savent faire
13:20tout ce que nous savons faire.
13:21Il n'y en a pas tant que ça.
13:23Alors, le sujet,
13:24c'est bien évidemment
13:25de savoir protéger
13:27là où c'est nécessaire
13:28de protéger,
13:29c'est de savoir encourager
13:31là où c'est nécessaire
13:32d'encourager,
13:33c'est de ne pas être
13:33que dans les ruptures technologiques.
13:35Je suis assez d'accord avec ça.
13:36France 2030 est très marquée
13:37par les ruptures technologiques.
13:38Je pense qu'on a aussi besoin
13:40de plus de soutien
13:40à la modernisation
13:41de notre tissu industriel
13:42pour gagner en compétitivité.
13:45Et d'ailleurs,
13:45je vais annoncer
13:46avec les régions
13:47un volet de France 2030
13:48régionalisé
13:49dédié au volet
13:51modernisation
13:51de nos outils industriels
13:52Donc, vous allez revisiter un peu
13:54les objectifs de France 2030.
13:56Je vais avoir
13:57avec les conseils régionaux
13:58parce que je pense que
13:59les régions aussi
14:00ont des outils
14:01pour accompagner
14:01la modernisation
14:02de notre tissu industriel.
14:04Un volet spécifique là-dessus.
14:06On a à peu près
14:06200 millions d'euros
14:07qui peuvent être consacrés
14:08à ça.
14:09Un volet spécifique
14:10pour la modernisation
14:11des outils industriels.
14:12Parce que,
14:13pourquoi je dis ça ?
14:14On est ici à Cap PME.
14:16Vous savez,
14:16dans notre pays,
14:17il y a plein d'outils
14:18qui existent.
14:19Quand on est une start-up,
14:20il y a plein d'outils
14:21qui sont là.
14:22Quand on est un grand groupe,
14:23il y a aussi des outils
14:24qui sont là
14:25et on sait s'en saisir.
14:26Mais vous êtes
14:26la PME industrielle
14:28qui est présente
14:29dans une sous-préfecture
14:30ou une ville moyenne
14:31depuis des décennies.
14:32Des décennies.
14:33Qui ne demande jamais rien
14:33à personne.
14:34Et qui en plus
14:35n'a pas forcément
14:35les moyens
14:36de faire des dossiers,
14:37etc.
14:38Pour elle,
14:39il n'y a jamais
14:39vraiment grand-chose.
14:41Moi,
14:41j'ai envie,
14:42vous me demandiez
14:42si j'ai envie
14:43de faire quelque chose
14:44d'ici la fin de ce quinquennat,
14:45la responsabilité
14:46qui est la mienne.
14:47J'ai aussi envie
14:48d'envoyer le message
14:49à tout ce tissu
14:50de PME industrielle,
14:51de petites ETI
14:52qui font de l'aménagement
14:53du territoire
14:54aussi qu'on est là pour eux.
14:56C'est qu'il faut
14:58essayer de sortir
14:59de cet enfer
14:59technocratique
15:00ou bureaucratique.
15:01Il faut simplifier
15:02les procédures.
15:03C'est ça dont elle rêve.
15:05Parce que tout est
15:06tellement compliqué
15:06que souvent,
15:07elles n'arrivent même pas.
15:08C'est vrai en plus
15:09au niveau européen.
15:10C'est-à-dire qu'elles n'ont
15:11même pas accès aux aides
15:12parce que c'est trop compliqué.
15:14Elles n'ont pas
15:14un service juridique
15:15comme dans les grandes entreprises.
15:16Vous voyez ?
15:17C'est bien pour ça
15:17que je me tourne aussi
15:18vers les PME.
15:19Je pense au partenariat
15:20avec les collectivités territoriales.
15:22On doit être encore mieux organisé.
15:23Vous avez parlé
15:24de mon expérience
15:24quand j'étais élu
15:25à Chalon-sur-Saône
15:26et quand j'étais président
15:27de l'agglo.
15:28Oui, j'ai fait sortir
15:28dix usines de terre.
15:30Alors, ce n'était peut-être
15:31pas plus simple
15:32à Chalon-sur-Saône
15:33qu'ailleurs
15:33et pourtant,
15:34on y est arrivé
15:34parce qu'il y a une question
15:35d'alignement
15:36et d'organisation.
15:38Il est indispensable
15:39que nous soyons
15:40mieux alignés
15:41et mieux organisés
15:42partout sur les territoires.
15:43Il y a encore trop parfois
15:45et la CCI fait son truc
15:46et l'agglo fait son truc
15:47et la région fait son truc
15:49et les organisations patronales
15:52font leur truc.
15:52Ils font un meilleur alignement
15:53pour les chefs d'entreprise,
15:54pour les accompagner
15:55dans leurs projets
15:56et beaucoup de territoires
15:57s'organisent face à ça.
15:58Ne passons pas notre temps
16:00à dire qu'il n'y a que
16:01des trucs qui ne marchent pas.
16:02Il y a aussi plein de territoires
16:03qui savent se prendre en main,
16:04s'organiser.
16:05Pas partout,
16:06c'est parfois plus compliqué,
16:07on n'a parfois pas
16:07la même ingénierie,
16:08on n'a pas toujours
16:09les mêmes moyens
16:10mais il y a beaucoup de gens
16:11qui se prennent en main
16:11et qui arrivent à le faire.
16:13Toute dernière question,
16:14ça fera le lien
16:14avec la table ronde suivante
16:16qui est autour de...
16:18Est-ce que les patrons
16:19et les politiques
16:19peuvent ensemble
16:21relever la France ?
16:23Oui.
16:24Vous pensez que c'est possible ?
16:25C'est même indispensable.
16:26Parce que les politiques
16:27ne connaissent pas beaucoup
16:28l'entreprise et j'ai envie de dire,
16:29même si ici on n'a qu'un PME,
16:31que c'est aussi un peu l'inverse.
16:34Vous dites qu'il y a plein de politiques
16:35qui ne connaissent pas l'entreprise.
16:38De PME.
16:39De PME.
16:39Oui.
16:41Ben écoutez...
16:42Ah non, de politique, pardon.
16:43Oui, de politique.
16:44C'est ce que vous avez dit.
16:44Oui, oui, excusez-moi.
16:45C'est ce que vous avez dit.
16:46Bon.
16:46Moi, il se trouve que je connais aussi
16:48plein de politiques,
16:49élus locaux
16:50ou même parlementaires
16:51qui connaissent le monde
16:52de l'entreprise,
16:53qui visitent régulièrement
16:54des entreprises,
16:55qui dialoguent régulièrement
16:56avec des entreprises.
16:58Et c'est vrai que la confiance,
16:59ce n'est pas facile à construire.
17:01Je vous fais part
17:02de ma propre expérience.
17:04Au début,
17:05lorsque j'ai été élu,
17:07je voulais absolument
17:09que le monde politique
17:10dans mon territoire
17:11et le monde économique,
17:12nous allions ensemble.
17:15Parce que vous ne pouvez pas
17:15attirer dans votre territoire
17:17si vous n'êtes pas unis
17:20et si vous n'avez pas
17:22des porte-parole
17:22que sont les chefs d'entreprise.
17:24Et donc cette confiance,
17:24il faut la créer.
17:25Et je me souviens,
17:25au début,
17:26j'organisais des rencontres
17:28et des dîners
17:29à quelques chefs d'entreprise.
17:30Ils me demandaient
17:30« Mais pourquoi vous voulez
17:31nous inviter ? »
17:32Mais juste parce que
17:33je pense qu'on a besoin
17:33de se parler.
17:35Et après,
17:35on a créé la confiance.
17:36Et quand vous créez la confiance,
17:37vous pouvez avancer.
17:38Et je sais qu'au niveau national,
17:39il y a aussi des enjeux.
17:41Merci beaucoup Sébastien Martin.
17:42On va essayer de se parler.
17:44Merci beaucoup Sébastien Martin.
17:45Donc le ministre de l'Industrie
17:47était notre invité.
17:48Il y croit.
17:49Émission spéciale Cap PME
17:52sur BFM Business.
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