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  • il y a 3 heures
Mercredi 3 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Jean-Bernard Lévy, président du Conseil français de l'énergie, ancien président d'EDF et de Vivendi, Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM, ainsi que Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:13On va parler d'électricité d'EDF avec Jean-Bernard Lévy.
00:17Il a été président d'EDF, il a été aussi bien sûr président de Vivendi.
00:21Il est aujourd'hui président du Conseil français de l'énergie.
00:23Ce matin, il était auditionné au Sénat.
00:26Vous savez, il a remis un rapport au Premier ministre qui lui avait demandé de regarder comment optimiser, je sais,
00:32le soutien public aux énergies renouvelables.
00:34Bref, ça coûte cher. Comment faire ? Est-ce que vous avez livré A ?
00:37On doit piocher dans le livret A.
00:39Toutes plein de questions à poser à Jean-Bernard Lévy.
00:41Puis après, on se posera la question de savoir si la France ou le monde entrent en récession,
00:46puisque l'OCDE, vous avez peut-être vu, a revu à la baisse ses prévisions.
00:49On en parlera avec mes experts.
00:52Mathieu Plannes, directeur adjoint de l'OFCE, Christian Saint-Etienne, économiste et professeur au CNAM,
00:57et Ludovic Dessotek, directeur délégué de la rédaction de La Tribune.
01:01Mais tout de suite, Le Journal, Stéphanie Collot.
01:06Il est 18h. Bonsoir Stéphanie.
01:08Bonsoir Edwige.
01:08Justement, l'OCDE a baisse ses prévisions de croissance mondiale pour cette année.
01:12Que la guerre au Moyen-Orient se prolonge ou pas ?
01:16Le PIB mondial devrait progresser de 2,8% cette année si le conflit est limité dans le temps,
01:22et de 2,1% s'il se prolonge jusqu'à l'année prochaine.
01:26L'OCDE tablait sur 2,9% de croissance auparavant.
01:30Pour la France, elle abaisse sa prévision de croissance à 0,7%
01:33en raison de la hausse des prix de l'énergie et des engrais provoqués par la guerre au Moyen-Orient.
01:38Et justement, face au choc énergétique, Bruxelles assouplit un peu les règles budgétaires.
01:43La Commission va autoriser les États à dépenser jusqu'à 0,3% de leur PIB par an,
01:49dans une limite de 0,6% au total jusqu'en 2028,
01:52pour financer des mesures visant à réduire le recours aux énergies fossiles.
01:58Bruxelles qui travaille aussi sur la souveraineté technologique des 27.
02:01La Commission présente son grand plan attendu depuis plusieurs mois
02:05pour réduire les dépendances aux acteurs étrangers, notamment américains et chinois.
02:09Elle entend ainsi réserver certains contrats numériques aux groupes européens
02:13et veut favoriser l'implantation de centres de données au sein de l'UE.
02:19Regain de tension sur le front de la guerre au Moyen-Orient ce matin,
02:21Téhéran a lancé une attaque de drones sur l'aéroport international du Koweït,
02:26faisant plus de 60 blessés et un mort.
02:28Le pays qui abrite des bases américaines a décidé en représailles
02:32d'expulser deux membres de l'ambassade iranienne.
02:34De son côté, l'armée américaine a mené une nouvelle série de frappes défensives
02:38dans le sud de l'Iran.
02:40Donald Trump affirme par ailleurs vouloir rencontrer
02:43Moshtaba Ramenei dans une interview au New York Post.
02:47Bercy inflige une nouvelle amende à Chine.
02:49La plateforme chinoise doit s'acquitter d'une amende de 22 millions d'euros
02:52après avoir déjà payé 40 millions l'année dernière.
02:56La marque est sanctionnée pour non-respect du code de la consommation,
02:59notamment pour non-respect du droit de rétractation.
03:02Et puis, plus que quelques jours avant l'introduction en bourse de SpaceX
03:06qui s'annonce déjà comme la plus grosse IPO de l'histoire,
03:09le groupe spatial et d'intelligence artificielle d'Elon Musk
03:13prévoit de lever 75 milliards de dollars avec une action fixée à 135 dollars,
03:17ce qui valorise le groupe à près de 1 800 milliards de dollars.
03:23Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:25Bonsoir Antoine.
03:26Bonsoir Stéphanie.
03:26Bonsoir Antoine.
03:28Et le CAC termine en baisse ce soir.
03:29Oui, moins 0,71%, 8 150 points.
03:32L'Eurostox 50, moins 0,89%.
03:34Du côté de Paris, des volumes tout à fait normaux pour la période,
03:39du côté des 4 milliards d'euros d'actions négociées.
03:42Mais le CAC qui plie aussi sous le poids des taux qui se tendent.
03:453,66 pour l'OAT française, 10 ans.
03:483,03 pour le Bund allemand.
03:50Et 4,50 à nouveau pour la dette américaine, 10 ans.
03:53Donc ça se tend.
03:54Pareil pour les prix du brut.
03:55On approche des 98 dollars pour le baril de Brent de Mer du Nord.
04:0095 pour le brut léger américain.
04:03Donc du coup, à Paris, on s'est replié sur les valeurs les plus solides,
04:06les valeurs sûres, les valeurs de rendement.
04:08Veolia termine plus forte hausse, plus 2,2%, 35,06 euros.
04:11Aussi, Air Liquide, plus 1,9 à 179,90 euros.
04:14À noter Total Energy aussi, qui gagne 1,2% à 77,58 euros.
04:19À la baisse, on a plutôt vendu les secteurs du luxe et de l'automobile.
04:22Kering, moins 4,07, 244,05 euros.
04:25Stellantis, moins 4,04, 6,36 euros.
04:28Et puis sur le SBF 120, Worldline signe la plus forte baisse,
04:31moins 6,9% à 31 centimes.
04:33Valeo, plus forte hausse, 18,4% à 16,64 euros.
04:37Alors que les analystes voient une qualité IA à Valeo,
04:40car ces systèmes de refroidissement pourraient servir au data center,
04:45en tout cas à la technologie développée par Valeo.
04:47Et sur cette simple note, le titre Valeo grimpe sur une hausse à deux chiffres.
04:52Moins 0,7% pour le CAC, 8150 points.
04:54Et donc du côté du pétrole, ça y est, on est quasiment à 98 dollars pour le Brent.
04:59Merci Antoine, merci Stéphanie.
05:01On vous retrouve à 19h, 19h30 pour votre grand journal de l'écho.
05:06Tout de suite, c'est Jean-Bernard Lévy, le patron du Conseil français de l'énergie,
05:11ex-patron de Vivendi et d'EDF qui est mon invité.
05:13BFM Business et la Tribune présente
05:18Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
05:23Il a été président de Vivendi, il a été président d'EDF.
05:27Aujourd'hui, il est président du Conseil français de l'énergie.
05:30Jean-Bernard Lévy est le premier invité du 18-19.
05:33Bonsoir Jean-Bernard Lévy.
05:34Bonsoir Edvie Chevrillon.
05:35Merci d'être là.
05:36Ce matin, vous étiez devant le Sénat.
05:38Le Sénat.
05:39La Commission du développement du RAS parce que vous avez commis un rapport
05:43avec le conseiller d'État Iftio sur, je cite, c'est vraiment un truc bien français,
05:48l'optimisation du soutien public aux énergies renouvelables et au stockage.
05:52C'est un rapport qui vous a été demandé par le Premier ministre.
05:56En fait, ce que vous voulez dire, c'est est-ce qu'on a trop dépensé ?
05:58Est-ce que ça coûte trop cher ?
06:00On sait que ça va être au cœur de la campagne présidentielle parce qu'on voit déjà, on a vu
06:05une tribune, célèbre tribune de Bruno Rotaillot,
06:08en disant ça coûte trop cher, le Rassemblement national aussi.
06:12Juste deux, trois petits chiffres avant que vous posez à vous directement la question.
06:15C'était 2,6 milliards en 2024, le soutien aux producteurs éoliens.
06:21Aujourd'hui, c'est 6,8 milliards et ça risque d'être encore plus cher par la suite.
06:28Jean-Bernard Lévy, est-ce qu'on a trop donné aux énergies renouvelables ?
06:32En tout cas, il faut essayer de faire la même chose et que ça coûte moins cher.
06:36Et c'était l'objet du rapport que Thierry Thiot et moi avons remis au Premier ministre en avril,
06:41parce qu'on risque d'avoir une addition qui monte à 10 milliards, parce qu'on a besoin d'électricité.
06:47Vous allez me dire, on en exporte beaucoup.
06:49Mais si on veut faire des data centers...
06:50Je vais vous poser la question, ne faites pas les questions et les réponses.
06:52Oui, mais si on veut faire des data centers, il faut bien l'avoir, cette électricité.
06:56Elle est moins chère que dans le pays voisin.
06:59Est-ce que ça a coûté trop cher ?
07:00Et donc, je crois qu'il ne faut pas dire trop, pas assez.
07:03Il faut dire qu'on a des objectifs d'électrification,
07:06parce que l'électricité, c'est la réponse à la question de la souveraineté en matière d'énergie,
07:09à la réponse à la question de la décarbonation, qu'il ne faut pas oublier.
07:13Et bien sûr, elle est compétitive, notre électricité.
07:15Elle est nettement moins chère que dans les pays voisins.
07:18Mais parce qu'elle est nucléaire.
07:19Donc, il va falloir plus d'électricité.
07:21Et le nucléaire, on sait qu'il n'arrivera pas avant la fin de la prochaine décennie,
07:26les années 2038 et au-delà.
07:28Et en attendant, on a besoin d'électricité.
07:31Si on peut l'exporter, tant mieux, parce que ça fait des recettes en France,
07:34ça fait des emplois en France.
07:35Et si on peut l'utiliser, parce qu'on va avoir davantage de véhicules électriques,
07:39davantage de pompes à chaleur,
07:41et bien tant mieux aussi, parce que ça veut dire qu'on remplace des énergies fossiles.
07:45On dépend des importations.
07:47On l'a encore vu récemment avec la guerre en Iran.
07:49On l'avait vu il y a quatre ans avec l'Ukraine.
07:52Et on dépend des importations avec les énergies fossiles.
07:55Elle pollue, elle crée des émissions de dioxyde de carbone.
07:59Si on peut remplacer tout ça par de l'électricité bien de chez nous,
08:01si je peux dire, et moins chère, et bien faisons-le.
08:03– Alors, de toute manière, j'ai plein de questions à vous poser,
08:06parce qu'effectivement, il y avait de choses France lundi,
08:07on a vu qu'il y a des data centers par dizaines
08:11qui vont s'installer, qui sont installés
08:13ou qui vont s'installer sur le territoire français.
08:15Est-ce qu'on a trop d'électricité ?
08:17Mais juste sur la question, est-ce que c'était trop open bar,
08:21en fait, le financement ?
08:23On peut dire oui.
08:24– Vous savez, quand on se lance dans un nouveau projet,
08:26et ça a été le cas dans les énergies renouvelables,
08:28il n'est pas sûr qu'on ait optimisé complètement la dépense.
08:31Et c'est ce que M. Lecornu nous a demandé.
08:33Il a dit, mais ça coûte de plus en plus cher,
08:35comment peut-on faire mieux ?
08:36Il ne dit pas, il faut faire moins d'électricité,
08:38il faut faire moins cher pour faire cette nouvelle électricité.
08:43Comment on peut la faire moins cher ?
08:44C'est le cas dans le nucléaire,
08:46on essaie d'optimiser le programme des 6 et peut-être 14 nouveaux réacteurs.
08:50C'est le cas dans les énergies renouvelables.
08:51On a quand même construit, depuis une quinzaine d'années,
08:54pas mal d'énergies renouvelables en France.
08:56Et ça commence à coûter un peu cher à la collectivité.
08:59Le Premier ministre dit, les finances publiques sont vraiment sous contrainte.
09:03Faites-nous des propositions, et ce sont nos 45 recommandations.
09:06C'est assez technique, on ne va évidemment pas rentrer dans les détails.
09:08Non, mais on va en prendre quelques-unes.
09:09Effectivement, ce sont un peu problématiques.
09:11Absolument.
09:12Et comment peut-on faire moins cher avec le même objectif d'électrification,
09:17et notamment pour faire venir les centres de données chez nous ?
09:20Parce que s'il y a un endroit en Europe
09:22où les centres de données doivent s'implanter,
09:24c'est bien chez nous.
09:25C'est bien chez nous.
09:26On a peu de points forts en France.
09:28On a quoi ? Le luxe, le tourisme, l'aérospace ?
09:31La défense.
09:32Et il faut que...
09:32Oui, l'aérospace civil et militaire.
09:35Oui, d'accord.
09:35Et il faut que demain, on ait aussi les centres de données.
09:37Parce qu'on a cette électricité qui est abondante, qui est compétitive.
09:41On a peut-être aussi un peu plus d'espace que dans des pays
09:43où la densité de population est plus élevée.
09:46Donc faisons tout pour que les centres de données
09:48soient un des points forts de l'économie française dans les années qui viennent.
09:52Jean-Bernard Lévitien, j'ai une question, c'est vous qui me la suggérez.
09:56Vous étiez président d'EDF au moment de la renationalisation d'EDF.
10:02De la décision.
10:03Décidée, c'était en juin 2022, si mes souvenirs sont bons, par Elisabeth Borne.
10:09Et puis là, vous avez vu le rapport de la Cour des comptes qui dit
10:11que ça a coûté, c'était inutile.
10:13Et en plus, ça a coûté très cher.
10:15Ça a coûté 9,7 milliards d'euros.
10:18C'était une erreur ?
10:20Je ne sais pas, quelle est votre position aujourd'hui ?
10:21Aujourd'hui que vous n'êtes plus président d'EDF.
10:24D'abord, le président d'EDF, il a un actionnaire, à l'époque à 85%,
10:28aujourd'hui à 100%.
10:29La décision de sortir EDF de la bourse,
10:32qu'on peut appeler une nationalisation,
10:34même si techniquement ce n'était pas une nationalisation,
10:37peu importe, cette décision est une décision de l'actionnaire.
10:40Elle est prise dans un certain contexte.
10:41C'est le contexte de la guerre en Ukraine,
10:44des difficultés sur le parc nucléaire
10:46et de risque d'approvisionnement en gaz.
10:51On avait quand même assez peur que,
10:53comme on n'avait plus le gaz russe,
10:55comment fait-on ?
10:56À ce moment-là, l'État dit,
10:57moi je vais prendre les choses en main.
10:59Être coté en bourse, ça a des inconvénients.
11:01C'est ce contexte-là.
11:02Aujourd'hui, la Cour des comptes dit, ça a coûté cher.
11:04Il y a bien des gens qui ont trouvé que ça n'avait pas été assez
11:06parce que les petits actionnaires n'ont pas été bien servis.
11:10Ça ne sert à rien en fait, parce qu'à 85%,
11:12vous étiez déjà, l'État a laissé des toux.
11:15L'État a répondu à la Cour des comptes en disant qu'il pensait
11:19que cette décision était justifiée, vu de l'État.
11:22Et vu d'EDF, c'est un constat.
11:24Le constat, c'est qu'en effet, le cours de bourse ne va pas bien.
11:26L'État dit, je reprends les choses en main.
11:28Dans ce contexte-là, le contexte des semaines et des mois
11:32qui suivent le déclenchement de la guerre en Ukraine,
11:35de l'invasion de l'Ukraine.
11:36Est-ce qu'aujourd'hui, il y a un trop-plein d'électricité ?
11:39Sacha, qu'en plus, il y a des perspectives de construction des EPR2.
11:44Est-ce qu'on a un trop-plein d'électricité en France ?
11:48En tout cas, on en exporte.
11:49Ça rapporte 5 milliards, un peu plus de 5 milliards
11:51à la balance commerciale en 2026,
11:53comme en 25, comme en 24.
11:55On n'a pas besoin, finalement, de trop d'énergie renouvelable.
11:58Oui, mais ça crée de l'activité, ça crée de l'emploi.
12:01Et l'électricité qu'on a chez nous, elle est moins chère.
12:03Si vous traversez...
12:04Regardez, en Espagne, ils disaient...
12:06Le gouvernement, hier, en Espagne, a remonté la TVA sur l'électricité.
12:12Donc, même les Espagnols ne peuvent plus dire que c'est moins cher pour eux.
12:15Alors, les Italiens, les Allemands, les Britanniques, le Benelux,
12:18là, clairement, depuis des années, c'est moins cher pour nous.
12:20Est-ce qu'on a un trop-plein d'électricité en France ?
12:21Est-ce qu'on n'est pas rentré un peu dans une logique folle ?
12:24Oui, mais avoir beaucoup d'électricité, ça permet que les prix soient bas.
12:27Ça, c'est la loi économique.
12:29Et comme on arrive à l'exporter, parce qu'on a des interconnexions
12:32avec tous nos voisins, c'est aujourd'hui plutôt une bonne chose, bien sûr.
12:37D'accord, donc il faut continuer, il faut continuer les énergies renouvelables.
12:41Mais il faut électrifier, le gouvernement, je crois, à juste titre,
12:46a lancé un plan d'électrification.
12:47On peut dire pourquoi maintenant, pourquoi pas plus tôt, c'est vrai.
12:50Mais il faut mettre des pompes à chaleur.
12:52Qu'est-ce que répond l'ancien président d'EDF ?
12:55L'ancien président d'EDF, par définition, il aurait eu envie
12:58qu'il y ait davantage de demandes d'électricité,
13:00notamment pour chauffer pendant des années.
13:01Mais où est-ce que ça coince ?
13:02Soyons clairs, pendant des années, on a favorisé le chauffage au gaz.
13:05Pendant une quinzaine d'années, ça date de la fin des années,
13:09de la décennie 2000-2010, on a favorisé le chauffage au gaz.
13:12Il a fallu qu'EDF se batte pour obtenir, de faire valoir que l'électricité,
13:16c'est bien plus efficace que le gaz pour se chauffer.
13:19Si on regarde les émissions de carbone, si on regarde la dépendance à l'étranger.
13:23Donc bien sûr que le président d'EDF, il s'est battu, moi-même, mes successeurs,
13:27mes prédécesseurs, pour faire en sorte qu'on arrête de croire
13:30que le gaz, c'est la bonne solution pour chauffer les ménages, les particuliers.
13:34Oui, c'est fou parce que quand on regarde...
13:36Et il y a encore des choses à faire en matière de fiscalité, comme vous le savez.
13:38Eh bien, c'était la question d'après, Jean-Bertrand.
13:41Non mais c'est fou quand vous regardez quand même.
13:43On est toujours, depuis des années, 60% d'énergie fossile
13:47et seulement 27% d'électrification.
13:51Le président de la République a dit, je veux passer à 30%,
13:55enfin lui, il ne sera plus là, mais enfin, il faut passer à 30% en 2030,
13:59à 38%, pardon, et même encore plus à 2035.
14:03Rien ne bouge, c'est incroyable.
14:06Enfin, rien ne bouge, je caricature.
14:08Ça bouge très doucement.
14:10Oui, mais si vous voyez, par exemple, les véhicules électriques,
14:14la proportion des véhicules électriques, là, ça est en train de décoller.
14:17Oui, mais pourquoi ? Parce qu'il y a un choc énergétique, là.
14:19Oui, bien sûr, bien sûr, mais il y a aussi des aides.
14:22Il y a aussi des aides pour les véhicules électriques.
14:24Si vous regardez les pompes à chaleur, il y a des aides.
14:26La rénovation des logements, il y a des aides.
14:28On ne peut plus aujourd'hui, ou dans quelques semaines,
14:30on ne pourra plus construire un nouveau logement en France
14:32chauffé au gaz.
14:33Donc, on est en train d'électrifier.
14:35Il y a des trajectoires qui sont fixées par le gouvernement
14:38avec des aides pour électrifier.
14:40On a besoin d'électricité.
14:42On ne va pas s'en sortir si on continue à dépendre des fossiles
14:45alors qu'on veut arrêter d'émettre du carbone
14:47et arrêter de dépendre une fois de la Russie,
14:50une autre fois du Moyen-Orient.
14:52Oui, c'est là quand même, les politiques,
14:54c'est vrai qu'ils devraient peut-être consulter plus des experts
14:57sur ces questions.
14:58La question de la fiscalité, alors, est-ce qu'il faut toucher ?
15:01C'est un des points de votre rapport.
15:03Est-ce qu'il faut toucher à la fiscalité ?
15:05Je crois que dans le rapport, il y a peu de mesures.
15:08Le rapport est assez concentré sur les sujets du solaire et de l'éolien.
15:12Il y a une mesure de fiscalité qu'on souhaite vivement
15:15et qui, d'ailleurs, nous a été soufflée par la profession,
15:18c'est que quand vous installez des panneaux solaires
15:21sur votre maison, vous bénéficiez d'une TVA qui n'est plus de 20%,
15:26qui est de 10%.
15:29Quand vous installez une batterie, vous remontez la TVA à 20%.
15:33Pourquoi donc ?
15:34Alors qu'on souhaite, au contraire, qu'il y ait plus de stockage.
15:37On souhaite qu'il y ait plus de stockage parce que,
15:38quand vous dites qu'il y a trop d'électricité,
15:40c'est l'après-midi qu'on a trop d'électricité,
15:42les prix sont négatifs, ça perturbe tout le système électrique.
15:44Si on peut déplacer la consommation des électrons
15:48à des moments où on en a l'avantage besoin,
15:51notamment le soir, parce qu'il faut s'éclairer,
15:53parce qu'il faut se chauffer,
15:54parce qu'il faut faire la cuisine, peut-être,
15:56avec un four électrique,
15:58ça sera bien pour tout le monde.
16:00Or, aujourd'hui, la TVA sur les batteries,
16:02elle est à 20%, c'est le régime général.
16:05Et même, elle entraîne avec elle la TVA sur les panneaux solaires.
16:07Donc, on demande une mesure qui est assez simple dans le rapport,
16:10c'est que les Français qui souhaitent s'équiper
16:12de panneaux solaires et de batteries,
16:14et il y en a de plus en plus.
16:15La profession nous dit que plus de la moitié
16:18des installations de toiture solaire chez les particuliers
16:20depuis quelques mois se fait avec des batteries
16:23qui puissent, tout le monde puisse y bénéficier,
16:24de cette TVA à taux réduit.
16:26– À 10%.
16:27– À taux réduit.
16:28– Absolument, à taux réduit.
16:29Et ce n'est pas le cas aujourd'hui,
16:30et ça serait une mesure, je crois, de bonne alloi.
16:32Et elle ne coûterait pas très cher,
16:34elle irait dans le sens d'une meilleure utilisation
16:36des électrons qui sont produits l'après-midi.
16:38Parce que ceux-là, effectivement, on n'en a pas besoin,
16:41les prix sont négatifs.
16:42Si on pouvait les stocker et les utiliser le soir,
16:45tant mieux.
16:45– La question des prix négatifs,
16:47c'est une question importante en fait.
16:48– C'est assez bizarre, c'est assez difficile à expliquer.
16:51Vous produisez, et au lieu de vendre votre produit,
16:53vous le livrez avec un chèque.
16:55– Oui, vous le vendez à part quelque part.
16:57– Vous le vendez avec un chèque.
16:58– Non, parce que c'est le contribuable
16:59qui paye la différence.
17:00– Eh bien oui.
17:01– Oui, c'est quand même un peu bizarre.
17:02– C'est là où est-ce qu'il ne faut pas revoir,
17:04c'est ce que vous avez cherché à comprendre
17:07et à trouver des solutions, Jean-Bernard Lévy.
17:09– Exactement, et nous on propose
17:10un certain nombre de mesures,
17:12un peu coup de poing, un choc,
17:14pour que tout le monde commence à stocker.
17:16On n'a pas besoin de subventionner,
17:17il y a besoin de mesures techniques
17:19pour aller mettre des batteries
17:20chez les particuliers,
17:21dans les usines, sur le réseau.
17:23C'est en train de se faire,
17:25pas assez vite,
17:26chez certains de nos voitures,
17:26parce que le prix des batteries
17:27a considérablement baissé.
17:29Pourquoi ?
17:29Parce qu'il y a des batteries
17:30dans les véhicules électriques,
17:31et que ce sont les mêmes
17:32dans les véhicules électriques
17:33et dans le réseau.
17:34Ce sont les mêmes.
17:35Ça marche bien,
17:37la gestion de ce système
17:39avec davantage de batteries
17:40est parfaitement conforme
17:42à ce que le système électrique a,
17:45ce dont il a besoin,
17:47et donc on dit,
17:48il faut un choc sur les batteries,
17:50un choc sur la TVA,
17:51des mesures techniques
17:52qui doivent être prises.
17:52– Ça coûte combien ?
17:53En termes de manque à gagner ?
17:55– Ça ne coûte rien,
17:56ça ne coûte rien,
17:57on fera des économies.
17:58Par rapport au risque
17:59qu'on atteigne 10 milliards,
18:01par rapport aux 6,5 de cette année,
18:03ou 6,8,
18:04par rapport à ce risque
18:05de 10 milliards,
18:06ça va faire faire des économies
18:07de mettre des batteries,
18:08mais pour ça,
18:09il faut quelques mesures techniques
18:10et une mesure de TVA.
18:11J'ajoute une mesure
18:12pour les ménages modestes
18:13qu'on a aussi proposé,
18:14c'est que le système solaire
18:15plus batterie soit éligible
18:17au prêt à taux zéro
18:18pour les gens
18:18qui construisent leur maison,
18:20qui bénéficient
18:20d'un prêt bonifié,
18:22un prêt à taux zéro,
18:23eh bien incluons,
18:23ce qui n'est pas le cas aujourd'hui,
18:25la possibilité,
18:26dans l'enveloppe
18:27du prêt à taux zéro,
18:27de mettre le panneau solaire
18:29et la batterie.
18:30Est-ce que vous suggérez aussi
18:32des mesures saines ?
18:33Il vous a répondu quoi
18:34le Premier ministre ?
18:35Il a demandé à Mme Bréjean
18:37de s'en occuper,
18:37donc je suis sûr
18:38que vous la recevrez bientôt
18:39pour qu'elle vous donne
18:40les réponses à ses questions.
18:41après les présidentielles,
18:43alors.
18:43La question qu'on peut se poser aussi,
18:46enfin que vous la suggérez,
18:48c'est que le livret A,
18:51le livret A serve justement
18:54à financer des énergies renouvelables,
18:56des ENR.
18:57Est-ce que c'est une bonne idée ?
18:58Alors, il doit peut-être servir
18:59à financer la défense,
19:00à financer des PME,
19:01à financer le nucléaire,
19:04c'est quand même
19:05l'épargne des Français
19:06et des Français
19:07les plus modestes.
19:08Est-ce que ça doit
19:09vraiment servir à ça ?
19:10Il y a un stock d'épargne,
19:12j'ai parlé au directeur général
19:13de la Caisse des dépôts
19:14et consignations,
19:15Olivier Sichel,
19:17il m'a dit que,
19:18oui,
19:19il a les moyens
19:19à travers ce stock d'épargne
19:21qui est assez constant,
19:22il monte un peu,
19:22il baisse un peu,
19:23de continuer les missions
19:25qui sont les siennes.
19:26Je ne fais que répéter
19:28ce qu'il m'a dit,
19:28le logement social,
19:30le nucléaire,
19:31la défense,
19:31vous l'avez dit,
19:32mais également,
19:33sur une petite partie
19:36de cette enveloppe,
19:37faire baisser le coût
19:38de ce qui est projeté
19:39actuellement
19:39des grandes fermes éoliennes,
19:41notamment en mer.
19:42On parle d'investissement
19:44de plusieurs milliards d'euros
19:45pour chacune
19:46de ces installations.
19:47Si on peut bonifier
19:48les taux d'intérêt
19:49grâce au système
19:52du livret A,
19:53eh bien,
19:53profitons-en
19:54et ça profitera
19:55à la collectivité
19:55dans son ensemble.
19:56L'électricité
19:57qui est fournie
19:57par ces turbines en mer,
19:59elle profite
19:59à toute la France
20:00et pas simplement
20:01aux gens qui sont
20:02riverains des côtes.
20:04La question,
20:05on voit bien,
20:05et c'est une question
20:06pour René Dix,
20:07c'est que lorsque vous avez
20:08des petits parcs éoliens
20:10qui se construisent
20:11dans la campagne
20:12ou alors c'est un particulier
20:13qui fait son éoliennes,
20:15c'est pas nos photovoltaïques,
20:16ça coûte très cher en fait
20:18parce qu'il faut
20:18le raccorder.
20:19Est-ce que vous n'avez pas
20:21avec votre logique
20:21du polytechnicien
20:22dit qu'il fallait
20:23un peu rationaliser
20:24tout ça ?
20:25Nous avons suggéré
20:27de changer la règle.
20:28Aujourd'hui,
20:30les opérateurs de réseau,
20:31que ce soit RTE
20:32sur le transport
20:32et Nédis
20:33sur les réseaux
20:35plus capillaires,
20:36plus proches des gens,
20:37aujourd'hui,
20:38ils ont une règle
20:38qui est le premier
20:39qui a déposé son dossier,
20:40c'est le premier service.
20:41Mais si quelqu'un
20:42juste veut prendre date,
20:43il va faire attendre
20:44tous ceux qui sont prêts.
20:45Donc il y a une réforme
20:47qui est en train
20:47d'être étudiée
20:48chez RTE,
20:48chez Nédis aussi,
20:50avec le soutien
20:51des autorités de l'État,
20:53qui est de dire
20:53non,
20:54portons un jugement
20:55sur la maturité des projets,
20:57ne donnons pas simplement
20:58la priorité
20:58à celui qui a déposé
21:00son dossier
21:00une semaine
21:01ou un mois avant
21:02le collègue
21:03qui lui est prêt.
21:04Et donc,
21:04trouvons les moyens
21:05de faire passer
21:06les meilleurs projets
21:07devant des projets
21:08qui ont simplement
21:08aujourd'hui pris date
21:09et qui en fait
21:10bloquent tout le monde.
21:11Il y a une espèce
21:11de congestion
21:12à la fois chez RTE
21:13et chez Nédis
21:14et on doit pouvoir
21:15gérer le problème
21:17et je sais que chez RTE,
21:19la nouvelle présidente
21:21commence à s'attaquer
21:22à ce sujet-là.
21:24La question qu'on peut se poser,
21:25voilà,
21:25c'est que votre rapport,
21:27est-ce qu'il va débloquer
21:29quelque chose ou pas ?
21:30Parce qu'on va en parler
21:31lors de la campagne présidentielle.
21:33Je vais vous répondre
21:34comme le normand
21:35que je ne suis pas.
21:36Peut-être ben que oui,
21:37peut-être ben que non.
21:37Parce que,
21:38vous savez,
21:38il y a 45 mesures,
21:39on est sans illusion,
21:40Thierry Thieu et moi.
21:41le gouvernement ne va pas
21:41du jour au lendemain
21:42appliquer les 45 mesures.
21:44Il y en a certaines
21:45qui peuvent être appliquées
21:46tout de suite.
21:46On espère que,
21:47notamment Mme Bréjean,
21:48va s'en saisir rapidement
21:49et les mettre en oeuvre
21:50et certaines étaient déjà lancées
21:51et puis d'autres nécessitent
21:53un changement de la loi,
21:55une négociation
21:55avec la Commission européenne.
21:57Ça prend plus de temps
21:58et donc il y a,
21:59on les a d'ailleurs distinguées,
22:00des mesures à effet rapide
22:02et des mesures
22:02qui ne peuvent pas être mises en place
22:04en plus en davantage de temps.
22:05Est-ce qu'il faut construire
22:05814 EPR2 ?
22:07On ne se peut pas moi
22:08d'y répondre.
22:09Vous savez...
22:10Mais attendez,
22:10vous connaissez très bien
22:11ce secteur-là.
22:13Au moment où le nucléaire
22:14n'était pas vraiment
22:15très en vogue
22:15dans les années qui ont suivi,
22:16on arrivait chez EDF
22:17dans les années 2015-2016,
22:20j'avais dit publiquement
22:21qu'il fallait envisager
22:22un jour de renouveler
22:23le parc français
22:24avec 30 EPR2.
22:25J'avais dit,
22:26si on veut renouveler
22:27le parc français,
22:28il faut avoir en tête
22:28qu'il va falloir en construire 30
22:30et ça n'avait pas ému
22:31les autorités de l'État
22:32davantage que cela.
22:34Donc, on sait qu'on a
22:35un programme de renouvellement
22:36du parc à lancer.
22:38Ensuite, les experts vont dire
22:39on en fait 6,
22:40puis on en fait 14
22:40dans la même génération.
22:42Peut-être après,
22:42on en fera d'autres.
22:43Mais c'est sûr
22:44qu'il va falloir en faire
22:45pas mal
22:45parce que le parc français
22:47actuel,
22:47il se porte très bien,
22:49il rend des services
22:50extraordinaires,
22:50mais chacun sait
22:51qu'il n'est pas éternel.
22:52Et puis, c'est drôle,
22:53c'est que maintenant,
22:53on subventionne le nucléaire.
22:56Donc, on est un peu
22:56à front renversé,
22:57si vous voulez,
22:57par rapport à...
22:58Il y a encore quelques années
23:00où on subventionnait
23:01plutôt les énergies renouvelables.
23:02Oui, alors, pardon,
23:04on ne subventionne pas
23:05le nucléaire,
23:06c'est le nucléaire
23:07plutôt qui bénéficie
23:09à tout le monde
23:09sur le parc actuel.
23:11Les nouvelles constructions,
23:12il est prévu
23:13qu'elles bénéficient
23:14de prix garantis
23:15parce que le parc actuel
23:16a été construit
23:17dans un moment
23:18de monopole.
23:19Chaque pays d'Europe
23:20avait son monopole.
23:21Aujourd'hui,
23:21il est nécessaire
23:22de garantir des prix
23:24pour justifier
23:24les investissements
23:25et c'est le cas
23:26dans tous les domaines.
23:27Il y aura des garanties de prix.
23:28Je sais bien
23:29que vous n'êtes plus
23:29présents d'EDF,
23:30si vous n'avez pas échappé.
23:31Je ne sais pas
23:31si vous avez vu,
23:32c'est une formation
23:33de conférence des échos
23:34qui disent
23:34qu'il y a une union sacrée
23:35de tous les géants
23:38du BTP,
23:39Vinci,
23:40Bouygues,
23:41qui vont se mettre
23:42d'accord
23:43pour construire
23:44les EPR
23:44pour que ça coûte
23:45moins cher
23:45et que ça aille plus vite.
23:46Vous leur dites bravo ?
23:47J'ai absolument
23:49aucun doute
23:49que si EDF accepte
23:51cette organisation
23:54différente
23:54de celle
23:55qui était envisagée
23:57il y a quelque temps,
23:57c'est qu'EDF a vérifié
23:59que les conditions
23:59du marché permettront
24:00que ça aille plus vite
24:01et que ça coûte moins cher.
24:02Sinon, ça ne marche pas.
24:04D'accord.
24:04Tiens, à propos,
24:05encore une petite question.
24:06Vous étiez président
24:07de Vivendi.
24:09La vente d'ECFR,
24:11est-ce que c'est une nécessité
24:12pour la consolidation
24:14du secteur des télécoms ?
24:16Ou vous qui avez racheté
24:17l'ECFR
24:18et qui dirigez,
24:20vous étiez président
24:21de Vivendi,
24:21vous dites
24:22que c'est quand même dommage ?
24:23On a fait en sorte
24:24qu'ECFR ne tombe pas
24:25dans les mains britanniques.
24:26Je me rappelle,
24:26en 2002-2003,
24:28il était entre guillemets
24:30prévu
24:30que British Telecom
24:31rachète SFR.
24:32On s'est battus
24:33comme des lions
24:35pour que SFR reste français.
24:37SFR a ensuite été transféré
24:39de Vivendi
24:39au groupe
24:40de Patrick Darailly
24:41qui s'appelle Altice.
24:43Aujourd'hui,
24:43Patrick Darailly
24:45voit qu'il ne peut pas
24:46conserver cet actif
24:47compte tenu
24:48de ses contraintes financières.
24:49Donc SFR va disparaître.
24:50Et donc,
24:51il semblerait
24:51qu'SFR disparaisse.
24:52Une petite larme
24:53de mon côté.
24:54Une petite larme
24:56est-ce qu'il contrôlait
24:57de fait Vivendi ?
24:59Écoutez,
25:00quand j'ai quitté Vivendi
25:01il y a maintenant
25:01quelques années,
25:02Vincent Bolloré
25:03n'était pas au capital.
25:04D'accord,
25:05réponse de Normand
25:05décidément.
25:06Absolument.
25:06Merci beaucoup
25:07Jean-Bernard Lévy
25:07d'avoir été avec nous.
25:08Ancien président de Vivendi,
25:10ancien président d'EDF
25:12et président du Conseil français
25:13de l'énergie.
25:14Merci d'avoir été avec nous.
25:16Dans un instant,
25:17on va se poser une question
25:17de savoir est-ce qu'on rentre
25:19en récession ou pas
25:20et puis qui sont les riches
25:21en France ?
25:22A tout de suite.
25:23BFM Business et la Tribune
25:25présentent
25:27le 18-19
25:29d'Edwish Chevrillon.
25:33Suite du 18-19,
25:35c'est le débat
25:35avec mes experts autour de la table.
25:37Mathieu Plannes,
25:38directeur adjoint
25:38du département
25:39analyse et prévisions
25:40de l'OFCE.
25:40Bonsoir Mathieu.
25:41Bonsoir Edwish.
25:42Merci d'être là.
25:43Christian Saint-Etienne,
25:45économiste,
25:45professeur au CNAM.
25:46Bonsoir Christian.
25:47Bonsoir Edwish.
25:47Merci d'être là.
25:49Ludovic Dessauté,
25:50directeur délégué
25:50de la rédaction de la Tribune.
25:52Bonsoir Ludovic.
25:53Bonsoir Edwish.
25:53Beaucoup de questions
25:54à voir avec vous.
25:55D'abord, la première des questions,
25:56c'est finalement,
25:57est-ce qu'on va finir
25:58par y arriver ?
25:59Est-ce qu'on va finir
26:00par entrer en récession ?
26:02L'OCDE vient d'abaisser
26:03ses prévisions
26:04de croissance mondiale
26:06pour 2026.
26:08Alors, limite que la guerre
26:08au Moyen-Orient
26:09se termine ou pas.
26:12On y va ou on n'y va pas,
26:13Mathieu ?
26:14On n'en est pas loin.
26:16Ça, c'est sûr.
26:18Je ne mettrai pas ma main
26:20à couper
26:21qu'on va y échapper.
26:23En fait, non.
26:23Pourquoi ?
26:24D'abord, peut-être rappeler
26:25aux auditeurs
26:25ce qu'il y a une récession.
26:26C'est quand même assez technique.
26:27C'est deux trimestres consécutifs
26:29de croissance négative
26:31du PIB.
26:32Donc, deux trimestres
26:33où le PIB diminue.
26:36On a eu moins 0,1
26:37au premier trimestre.
26:38Donc là, ça,
26:39c'est déjà pas une bonne nouvelle.
26:40Sachant que le premier trimestre,
26:42finalement,
26:43le choc du D3 d'Harmouz,
26:44c'est juste à partir
26:45du mois de mars.
26:46Donc, c'est plutôt
26:46des problèmes internes
26:48qui font qu'on a
26:50un coût d'arrêt
26:50assez important
26:51sur la croissance
26:51au premier trimestre.
26:52Et dans le deuxième trimestre,
26:53on rentre dans le dur.
26:54C'est-à-dire que là,
26:55on a vu la remontée
26:56de l'inflation
26:56avec un effet assez négatif
26:58sur le pouvoir d'achat
26:59qui, a priori,
27:00aura des effets négatifs
27:01sur la console globale.
27:03On commence à voir aussi
27:04sur les coûts de production
27:04des entreprises.
27:05On a des niveaux
27:06de défaillance élevés
27:07et les enquêtes se dégradent.
27:08Les enquêtes,
27:09le climat des affaires
27:09se dégradent.
27:10Alors, paradoxalement,
27:11pas trop dans l'industrie.
27:12C'est beaucoup plus
27:13dans les services
27:13et le commerce de détail,
27:14mais c'est lié
27:15au pouvoir d'achat.
27:16Et on voit les enquêtes
27:18de confiance des ménages aussi
27:19qui sont à des niveaux
27:20très bas
27:21et en particulier
27:23sur les perceptions
27:24sur le niveau
27:24de vie future
27:25en France.
27:26Et on est presque
27:27à des niveaux
27:28historiquement bas.
27:29Donc, ça montre
27:29que du côté des ménages,
27:31ce choc est quand même
27:32très mal vécu
27:33qui risque de se traduire
27:34par une consommation
27:35qui était déjà dégradée
27:36mais qui risque de l'être
27:37encore plus
27:38et des entreprises
27:39qui subissent aussi
27:40du choc
27:40et qui risquent
27:41d'être extrêmement frileuses
27:42sur l'investissement
27:42ou l'emploi.
27:43Donc, pour le moment,
27:45le scénario,
27:46beaucoup ne pensent pas
27:47C'est quoi votre prévision ?
27:49Alors, on a fait
27:50notre prévision
27:51il y a deux mois.
27:52Enfin, c'était début avril.
27:53On fait des prévisions
27:54tous les six mois
27:55parce qu'on fait
27:56un scénario global.
27:58Là, vous faites tourner
27:58vos chiffres.
27:59On fait tourner nos chiffres.
28:00Il faut savoir
28:00que pour le deuxième trimestre,
28:01on était déjà à zéro
28:03il y a deux mois.
28:04Alors, étant donné
28:06qu'aujourd'hui,
28:07la trajectoire
28:08et en tout cas
28:08ce qui se passe
28:09dans les Trois-Dormous
28:10et sur l'énergie
28:11est plus défavorable
28:13que ce qu'on pouvait attendre
28:14il y a deux mois.
28:15En tout cas,
28:15ça dure plus.
28:17à l'art que vous savez
28:18interpréter ça
28:19c'est-à-dire que le zéro
28:20pourrait passer
28:20en territoire négatif.
28:21Non, c'est sûr.
28:22Christian Saint-Etienne.
28:23Je pense que,
28:24oui, on est d'accord.
28:25Le corollaire,
28:26c'est vraisemblablement
28:28la montée de l'épargne
28:30accumulée déjà
28:31qui est colossale.
28:32Non, mais ok, d'accord.
28:32Mais vous,
28:33est-ce que vous prévoyez ?
28:34Enfin, vous n'êtes pas
28:34après les émissions.
28:35Non, mais je suis déjà
28:36après, moi.
28:37C'est-à-dire que
28:37la question,
28:38c'est est-ce qu'on a
28:40des munitions
28:42pour rebondir ?
28:43Non, mais pour la récession,
28:45malheureusement,
28:46on a eu une baisse
28:48des volumes,
28:48parce qu'on parle de récession,
28:50c'est sur les volumes,
28:51donc on a une baisse
28:51de volume
28:52des achats
28:53d'essence,
28:56enfin,
28:57tout ce qui sert
28:58pour les transports.
29:01Néanmoins,
29:02il n'y a quand même
29:03pas de raison fondamentale
29:05de paniquer
29:06puisque l'industrie
29:07tient à peu près.
29:09Après,
29:09la révision colossale
29:10de l'INSEE
29:11qui vient d'intervenir,
29:12qui est quand même
29:13une très très bonne nouvelle,
29:14ce qui est inquiétant
29:15sur le très long terme,
29:17c'est si l'Europe
29:19reste impuissante
29:20comme elle l'est
29:21depuis 20 ans,
29:22totalement tarée
29:23et incapable
29:24de voir
29:25ce qui se passe,
29:26c'est-à-dire la Chine
29:27qui enfonce
29:28tous nos secteurs
29:28après l'étude
29:29de l'OCDE lundi.
29:30On va rentrer
29:31dans une vraie récession,
29:32là.
29:33Non, mais ce qui m'inquiète,
29:34c'est ce qu'a dit
29:35notre camarade
29:36tout à l'heure
29:36qui est que
29:38les services vont mal.
29:39Pourquoi les services
29:40vont mal ?
29:41Parce qu'on s'attendait
29:42une déferlante chinoise
29:43sur l'industrie,
29:44elle a lieu,
29:45mais on ne s'attendait pas
29:46à ce que ça casse
29:47tout le secteur
29:48de la distribution
29:48et là,
29:49c'est très embêtant
29:50pour le Moyen-Terre.
29:51Alors, il y a une petite
29:52lueur d'espoir
29:53entre guillemets,
29:54Ludovic,
29:55c'est que l'Europe
29:56a enfin compris
29:57qu'il se passait
29:57quelque chose,
29:58enfin Bruxelles,
29:59on fait du mauvais esprit,
30:00pardon,
30:00et donc Bruxelles
30:03est en train
30:04d'assouplir
30:06ses règles,
30:07notamment pour la France.
30:08Enfin,
30:09la France,
30:09quand même,
30:11on a un petit avertissement.
30:12Oui,
30:12c'est un assouplissement,
30:14je veux dire,
30:14au pied du mur,
30:15c'est-à-dire,
30:17les dépenses
30:18viennent au choc énergétique,
30:20on peut absorber
30:20à 0,3% du PIB
30:22ou autre,
30:23c'était une demande italienne
30:24à l'origine d'ailleurs,
30:25principalement,
30:25et plus que française.
30:27Maintenant,
30:27ça a sorti
30:28d'énormément de recommandations
30:30et qui vont dans le sens
30:31de l'analyse de Mathieu,
30:32c'est-à-dire que la récession
30:33est quand même en train
30:34d'arriver comme un mur
30:35en face du camion,
30:36là,
30:36probablement,
30:37c'est-à-dire attention
30:38à ne pas mettre en place
30:40des mesures
30:42carrosées unilatéralement
30:43par rapport au choc énergétique,
30:45parce que derrière,
30:46ce que la France n'a pas fait
30:47pour une fois.
30:47Ce que la France n'a pas fait,
30:48mais qu'Italie a fait.
30:49L'Italie,
30:50les mesures italiennes,
30:51en ce moment,
30:51c'est un milliard par mois,
30:52les mesures italiennes.
30:53Ils ne savent pas
30:54comment s'en sortir.
30:54La facture flambe
30:55très très vite,
30:56d'autant plus que le détroit
30:57d'Hormuz est toujours bloqué.
30:59On a eu 3 juin,
31:00il est toujours bloqué.
31:01Donc, ça va très très vite.
31:02Pour l'instant,
31:03la France est plutôt scrupuleuse,
31:04a presque une position allemande
31:05dans la façon,
31:06mais on voit quand même
31:08que de plus en plus,
31:08les gouvernements
31:09sont en train de toquer
31:10à la porte
31:11avec une mesure
31:12qui a été passée aujourd'hui
31:12par Bruxelles
31:13qui n'est pas anecdotique.
31:14C'est-à-dire que
31:15ce que Bruxelles va considérer
31:16avec toutes les aides
31:17vis-à-vis des carburants,
31:19de la flambée du pétrole,
31:20font partie des mesures
31:22du type défense.
31:24C'est-à-dire qu'elles vont être
31:25considérées en dehors
31:26des dérapages budgétaires.
31:28Ça en dit long
31:29dans le monde dans lequel on est.
31:30C'est-à-dire que l'essence
31:31est désormais résorbée
31:33le coût de l'essence
31:34est un effort militaire.
31:37Oui.
31:37D'accord.
31:38Il faut dire que l'origine
31:39est militaire.
31:40Oui, mais c'est vrai.
31:42Mathieu, Mathieu Plannes.
31:44Oui, enfin, ce que dit...
31:46Parlez bien dans votre micro.
31:47Oui, pardon.
31:48Bruxelles, effectivement,
31:50dit jusqu'en 2025,
31:51on a plutôt une bonne surprise
31:52sur le déficit.
31:53On était à 5-1,
31:54ce qui est un peu plus bas
31:54que ce qui était prévu.
31:57D'ailleurs, il y a eu
31:57des révisions de croissance
31:58du PIB
31:58qui sont plutôt aussi favorables
32:01sur le passé.
32:02Et donc, de l'INSEE,
32:04il faut bien avoir ça en tête aussi
32:05que des fois,
32:06on révise le passé
32:07parce qu'au fond,
32:08c'est assez difficile
32:09d'établir.
32:09C'est plus facile
32:09que réviser l'avenir, d'ailleurs.
32:10Voilà, exactement.
32:12C'est plus facile
32:13de prévoir le passé
32:13que le futur.
32:16Mais, en fait,
32:17Bruxelles a suspendu
32:21la procédure
32:21pour déficit excessif.
32:23Mais suspendre,
32:23ça ne veut pas dire
32:23qu'elle l'a retirée.
32:24C'est-à-dire qu'elle considère
32:25que pour l'instant,
32:29on est dans les efforts.
32:30Mais elle met en garde...
32:37C'est-à-dire que si rien n'est fait,
32:38on aurait un déficit
32:39qui monterait à 5,7%
32:42en 2027.
32:43Et là,
32:43on serait très loin
32:44de la trajectoire
32:46de réduction du déficit
32:47et avec la question
32:48de la soudainabilité
32:49de la dette
32:49qui dépasserait
32:50les 120 points de PIB
32:51sans difficulté.
32:52Mais on regarde aussi
32:53sur les efforts à venir
32:54et d'ajustement
32:55dans un monde
32:56un peu compliqué
32:57parce qu'on est à la fois
32:58face au choc énergie
32:59et il y a une demande
33:01des entreprises
33:01mais une demande sociale
33:02pour avoir plus d'intervention
33:03mais effectivement,
33:04on n'a pas trop les moyens.
33:06Et puis,
33:07un contexte politique
33:08qui n'est pas du tout favorable
33:09à un compromis
33:10sur des mesures
33:11d'ajustement budgétaire
33:12que ce soit sur la deduction
33:13de dépenses
33:13ou certaines mesures fiscales.
33:15Donc,
33:15j'allais dire,
33:16là,
33:16on va rentrer dans le dur
33:18avec des arbitrages
33:19entre les questions budgétaires
33:20et les questions de croissance.
33:22Ce qui est...
33:23Pardon,
33:23pour bien comprendre
33:24la différence
33:25entre la situation
33:25de l'Italie
33:26et de la France.
33:27Pardon, Christian.
33:27C'est-à-dire que
33:28l'Italie aujourd'hui
33:29est en train de flamber
33:30un milliard par mois
33:31pour abaisser
33:32le coût de l'essence
33:33et l'assise...
33:34Et l'Espagne remonte
33:35son taux de TVA.
33:36Aujourd'hui,
33:37les mesures de le cornu
33:38telles qu'elles ont été placées
33:39sont chiffrées
33:40entre un milliard deux
33:41et un milliard sept.
33:42On va dire...
33:43Mais à voir aussi
33:43comment l'incitation se prolonge.
33:45Donc,
33:45pour l'instant,
33:45la France ne se fait pas rattraper
33:47sur ce que le gouvernement
33:49a mis sur la table
33:50pour compenser.
33:51La crainte de l'équation,
33:52c'est la situation intrinsèque
33:54budgétaire de la France.
33:55C'est-à-dire
33:56la situation de la France
33:57avant Hormuz.
33:58Voilà, avant Hormuz.
33:59C'est-à-dire qu'en fait,
33:59Hormuz est révélateur.
34:01C'est-à-dire que,
34:01contrairement à l'Italie.
34:02En fait,
34:04on traîne
34:04une situation
34:05qui est très mauvaise
34:06déjà avant le Covid.
34:08Quand on est en 2019,
34:10l'Allemagne est un excédent budgétaire,
34:12on est à moins 3 points de PIB
34:13et on traîne ça depuis toujours.
34:15Si on avait été à zéro en 2019,
34:17on ne parlerait pas de la France aujourd'hui.
34:19Donc,
34:19on traîne
34:20ce moins 3 de 2019,
34:23c'est-à-dire
34:23une situation budgétaire
34:25qui était déjà
34:25très déséquilibrée
34:27avant même le Covid,
34:28qui s'aggrave
34:29pendant le Covid,
34:30pas plus que la moyenne
34:31des autres pays,
34:32sauf qu'on n'a jamais rattrapé
34:34ce point de départ
34:35qui est pourri.
34:36Et donc,
34:36avec Hormuz,
34:38on se retrouve
34:39avant Hormuz
34:40dans une situation
34:41qui est un peu aggravée.
34:43Pourquoi ?
34:44Parce que l'instabilité politique
34:45depuis deux ans
34:46ne permet pas
34:46de prendre les mesures
34:47qui auraient permis
34:48de revenir
34:49au niveau à l'étiage
34:50que les économistes
34:52disent
34:52dans le vide.
34:54qui est qu'il faut revenir
34:55le plus vite possible
34:56à 2% de PIB
34:57si on veut stabiliser
34:58la dette.
34:59Aujourd'hui,
35:00c'est comme un mirage
35:01dans le désert.
35:02C'est-à-dire,
35:02à mesure qu'on avance,
35:03c'est de plus en plus loin.
35:05Mais on sait
35:05que là, justement,
35:06on va devoir se faire.
35:07De plus en plus,
35:08la question,
35:09c'est est-ce qu'on est capable
35:10de le faire
35:11avec les forces internes,
35:12c'est-à-dire
35:13le pays se réveille
35:14et est d'accord
35:15pour prendre
35:16des mesures en interne,
35:18avec les mesures
35:19qu'on connaît,
35:19c'est-à-dire
35:20il faut reprendre
35:21le contrôle
35:22de la dépense sociale,
35:23il faut restructurer
35:24la sphère publique,
35:25il faut accélérer
35:26sur l'industrie,
35:27même s'il y a
35:28une bonne nouvelle INSEE.
35:29Mais si le pays
35:31n'y arrive pas,
35:32on a l'impression,
35:33malgré tout,
35:34que tout le monde
35:34se dit
35:35que les décisions
35:36seront prises
35:36de l'extérieur
35:37et nous seront imposées.
35:38Surtout,
35:38c'est qu'on sent bien
35:39quand on rencontre
35:40des dirigeants
35:40dans l'industrie,
35:41notamment,
35:42c'est un,
35:42l'arrivée massive,
35:45l'arrivée,
35:45j'ai envie de dire,
35:46sans bruit,
35:47des Chinois,
35:48partout,
35:48à tous les niveaux,
35:49c'est-à-dire que là,
35:49on s'offusque
35:50des voitures électriques,
35:51etc.
35:52Mais paraît-il
35:52qu'au niveau industriel,
35:54il y a vraiment...
35:55Ils ont pénétré
35:55la chimie européenne.
35:56Ils ont pénétré
35:57vraiment
35:58des pans
35:59en fait de l'industrie
35:59européenne.
36:00Je suis sans arrêt
36:01en intervention
36:01en France
36:02pour mes activités.
36:04Je rencontre
36:04beaucoup de chefs
36:05d'entreprise,
36:06même parfois
36:07vous rencontrez
36:07des groupes
36:08de 3 milliards
36:08qui sont dans
36:10les secteurs
36:10de l'agroalimentaire,
36:12de la cosmétique
36:13et autres.
36:14Je pose toujours
36:15la question,
36:15alors,
36:16vos approvisionnements,
36:17où est-ce que ça vient,
36:18il y a toujours
36:19un, deux ou trois
36:20ingrédients
36:21qui viennent
36:22de Chine
36:23qui n'est plus
36:24produit ailleurs
36:25et ils vous disent
36:26même si c'est
36:28une fraction
36:29de mes inputs,
36:30je suis obligé
36:31d'arrêter la production.
36:32Donc,
36:33il y a eu
36:33une déficience
36:34de réflexion
36:35sur la souveraineté
36:36de l'Europe,
36:37absolue,
36:37et je pense
36:38qu'on va parler
36:39de l'Europe après,
36:39mais on commence
36:41avec 15 ans
36:42de retard
36:43à prendre la mesure
36:44de l'enjeu chinois
36:46et on vient
36:47d'avoir
36:47une étude,
36:49j'espère qu'on va
36:49en parler de l'OCDE
36:50parce qu'elle est majeure,
36:51étude de l'OCDE
36:52qui est sortie lundi
36:53et qui montre
36:54que les Chinois
36:55ne jouent pas le jeu
36:55avec un niveau
36:57de subvention
36:59qui est sept fois
37:01plus élevé
37:01que celui
37:02des Européens.
37:03En l'occurrence,
37:04on parle
37:05de presque
37:06trois points
37:07de chiffre d'affaires,
37:08ce qui dans l'industrie
37:09c'est la moitié
37:09du résultat net
37:10après impôt
37:11pour les boîtes
37:11qui marchent bien.
37:12Donc,
37:13il y a une stratégie
37:16organisée
37:17mais depuis
37:1720 ans
37:18et qui s'est accentuée
37:21depuis Xi Jinping
37:21depuis 15 ans
37:22sur
37:23je pénètre
37:24filière après filière
37:26l'Europe
37:26et comme les Etats-Unis
37:28ont stoppé le truc,
37:30ce n'est pas Trump d'ailleurs,
37:30c'est Biden
37:31qui a stoppé en 2022,
37:32Trump ne fait que continuer Biden,
37:35ça fait cinq ans
37:36que les Etats-Unis
37:37prennent les mesures
37:38et nous,
37:39on commence
37:40à anticiper
37:40la possibilité
37:41de bouger
37:42et
37:44ces journées
37:44le vice-président
37:45de la Commission européenne
37:46qui a présenté
37:47il y a un mois
37:48un projet de loi
37:50pour redonner
37:51du tonus
37:52et de la liberté
37:52à l'Europe,
37:53son projet de loi
37:54a été explosé
37:55par les pays membres
37:57donc
37:58il n'y a pas de réaction
37:59européenne
38:00au niveau de l'enjeu.
38:01Deux points,
38:02juste pour remondir
38:03sur ce que vous avez dit
38:04là sur la question
38:05de la récession,
38:06est-ce que ce n'est pas
38:08certes,
38:08techniquement,
38:09on sera peut-être
38:10en réception
38:10si on est
38:11à 0,1
38:13Mathieu Plannes
38:14notamment
38:14avec le LAFC
38:16en même temps
38:17ce n'est pas dramatique
38:18d'être à moins 0,1%
38:19on est d'accord
38:20alors que le mot récession
38:21risque d'avoir
38:22un effet
38:23psychologique
38:23très important
38:24or
38:25vous avez raison
38:26Christian Saint-Étienne
38:26pour l'instant
38:27ça tient.
38:28Oui
38:29alors c'est vrai
38:29qu'il ne faut pas
38:30non plus dramatiser
38:31les choses
38:32qu'on soit à 0
38:32ou moins 0,1
38:33ça ne va pas changer
38:34notre quotidien
38:35le signal n'est pas bon
38:36c'est surtout
38:37que le signal n'est pas bon
38:38et qu'il semble
38:40qu'on ait un coup d'arrêt
38:40un peu plus marqué
38:41que les autres
38:41pour le moment
38:43la réalité
38:43plus que les Allemands
38:45oui
38:45le premier trimestre
38:46est plus mauvais
38:47en tout cas
38:47et ce qu'on dit
38:48c'est que peut-être
38:49Sébastien Lecornu
38:50a la bonne méthode
38:51parce qu'il vaut mieux
38:52faire des ciblages
38:52sectoriels
38:53mais comme on va
38:53mettre moins sur la table
38:54on va aussi moins
38:55amortir le choc
38:56c'est un peu l'inverse
38:57de ce qu'on a fait
38:57avec les bouclés tarifaires
38:59ce qu'il faut savoir
39:00c'est que peut-être
39:00qu'on est le pays européen
39:02qui a fait le plus
39:04pendant la crise énergétique
39:05suite à la guerre en Ukraine
39:06en montant budgétaire
39:08et là on est peut-être
39:08le pays qui fait le moins
39:10c'est le boulet budgétaire
39:12que de parler
39:12Christian St-Téthène
39:13qu'on traîne
39:14c'est aussi un peu
39:15ce que disait Christian
39:16c'est-à-dire qu'on n'est pas
39:16capable de faire
39:17des ajustements budgétaires
39:18quand ça va bien
39:19et du coup on les fait
39:20quand ça va mal
39:20c'est pas très bon
39:21ce qu'on appelle
39:22cette politique pro-cyclique
39:23c'est comment tuer le malade
39:25dans ce cas-là
39:25et non la question
39:27elle est multiple
39:29c'est-à-dire que si la crise dure
39:30c'est qu'à un moment donné
39:31ça va avoir quand même
39:32des dégâts assez importants
39:34sur notre économie
39:34psychologiquement
39:35mais aussi sur le secteur industriel
39:37malgré tout
39:37qui est exposé
39:38et la distrib
39:40la question du port d'achat
39:41qui déjà
39:42préoccupe les français
39:43même qui est une question
39:45en tête de gondole
39:46dans les préoccupations
39:49et cette question budgétaire
39:50on en revient tout de suite
39:51mais c'est que
39:52il va falloir faire
39:53des efforts budgétaires
39:54et tout en préservant
39:56nos investissements de demain
39:57c'est-à-dire
39:57ce qu'on disait
39:59la réindustrialisation
40:00l'IA
40:00la transition énergétique
40:01et surtout ce qu'il va falloir
40:01en fait il faut même
40:02aller plus loin
40:03il va falloir changer de modèle
40:04notamment
40:05le modèle de financement
40:06de la protection sociale
40:08les retraites
40:08il va falloir prendre
40:09des décisions lourdes
40:10mais ça pour ça
40:11il faut un consensus politique
40:13et est-ce que vous voyez
40:14ce consensus politique
40:15donc c'est vrai que
40:16quand vous alignez
40:17toutes ces informations
40:18c'est assez inquiétant
40:19c'est assez inquiétant
40:20et aujourd'hui
40:21on est plutôt en train
40:21d'acheter le court terme
40:22que de construire le long terme
40:23et on le voit
40:24dans les compromis budgétaires
40:26typiquement
40:26on a du mal
40:28à faire des efforts
40:29sur la sphère sociale
40:30notamment
40:30sur les questions de retraite
40:32voilà
40:32désindexer
40:33c'est un peu un gros mot
40:35et par contre
40:36on va rogner
40:36sur France 2030
40:37sur la transition énergétique
40:39etc
40:39qu'il faut l'université
40:40sur l'université
40:41sur tout ce qui est facile
40:43là j'étais
40:44avec la présidente
40:46de l'intégral monde
40:46qui dit
40:47ça y est
40:47toutes les subventions
40:49sont reniées
40:50d'une manière drastique
40:52Ludovic de Coté
40:53un point là-dessus
40:53pour amplifier
40:55les constats
40:56que partage avec justesse
40:57Mathieu
40:58c'est que
40:58je pense qu'il y a
40:59un traumatisme
41:00notamment à Bruxelles
41:01et dans la lecture
41:02de la situation française
41:03c'est la prédissolution
41:05c'est-à-dire que
41:06on est rentré
41:07sur deux budgets
41:08qui ont traumatisé
41:08tout le monde
41:09et on sait que le prochain
41:11parce que c'est l'équation politique
41:12dont parlait Mathieu
41:13le prochain budget
41:14va être redoutable
41:15à quelques mois
41:16d'une présidentielle
41:16donc autant dire
41:18que les mesures
41:19dont on peut parler
41:19les uns les autres
41:20d'ici qu'elles soient
41:21mises en place
41:22au travers du budget
41:23de l'année prochaine
41:25chances
41:25beaucoup plus faibles
41:27de les atteindre
41:27que le fait
41:28qu'on soit en récession
41:28alors là honnêtement
41:29ça relèverait du miracle
41:31et par ailleurs
41:32on ne sait pas
41:33honnêtement
41:34à quelle sauce
41:35politiquement
41:35la France va être mangée
41:36et je pense que
41:38c'est la grande inquiétude
41:39derrière
41:39c'est l'hyper-vigilance
41:41dont est victime
41:42la France aujourd'hui
41:43et notamment
41:43de la part de Bruxelles
41:45je suis d'accord
41:47avec mes deux camarades
41:47le principal blocage français
41:49depuis deux ans
41:49il est politique
41:50c'est à dire que
41:51politiquement
41:51on ne sait pas
41:52ni dans quel type
41:54d'eau trouble
41:55on navigue
41:56ni
41:57où va le bateau
41:59le capitaine
42:01est absent
42:01il voyage dans le monde entier
42:03mais il est absent
42:03il a perdu toute légitimité
42:05il y a
42:06il y a
42:07un sous-capitaine
42:09qui navigue
42:10à la rame
42:10pour essayer
42:11d'éviter les récifs
42:12donc
42:13la situation politique
42:14est mauvaise
42:15et comme le dit Ludovic
42:17elle devrait le rester
42:1718 mois
42:18alors néanmoins
42:19si on revient
42:19sur votre question initiale
42:22vous n'avez pas voulu
42:23que je donne
42:24une bonne nouvelle
42:25mais
42:26si on fait
42:27deux fois
42:28non mais
42:29si on fait
42:29deux fois de suite
42:30moins 0,1
42:31vous avez dit
42:32vous-même
42:32c'est pas la mort
42:33du petit cheval
42:34mais ce que j'ai dit
42:36en introduction
42:36c'est
42:38mais on a
42:38énormément d'épargne
42:40il y a bien un jour
42:41il va y avoir
42:41une bonne nouvelle
42:42dans ce pays
42:42et si
42:44c'est forcé
42:45c'est statistique
42:46dans l'histoire du monde
42:47forcément un jour
42:48il y a une bonne nouvelle
42:48et là
42:50si l'avalanche
42:51de l'épargne
42:52sort
42:52on peut avoir
42:53on peut avoir
42:54des trimestres
42:55à 0,8
42:56ou 0,9
42:57en 2017
42:58elle sort
42:59elle est sortie
42:59pour l'instant
43:00parce qu'elle finance
43:00bien quelque chose
43:01elle finance
43:01l'épargne américaine
43:05la dette française aussi
43:06en partie
43:07mais le problème
43:08c'est la bonne nouvelle
43:09mis à part la coupe
43:10du monde de foot
43:10qui est hypothétique
43:11je vois pas ce qui peut arriver
43:13je vois pas ce qui peut arriver
43:14non mais déjà
43:15déjà
43:16bon
43:17un règlement
43:18sur Hormuz
43:20parce que les deux côtés
43:22sont en difficulté
43:24Trump
43:25a besoin
43:26de clarifier
43:27la situation
43:28politique
43:29interne
43:29à la veille
43:30des élections
43:30de novembre
43:31le régime
43:33iranien
43:34tout le monde
43:35évidemment
43:35à juste titre
43:36d'ailleurs
43:37moi je l'ai écrit
43:37j'avais dit
43:38quand Trump
43:39les avait
43:39quand Trump
43:40a annulé
43:41le JCPOA
43:42en 2016
43:43qui venait
43:43d'être négocié
43:44par Obama
43:46il avait dit
43:48mais je
43:49c'est écrit
43:50dans l'histoire
43:50il a dit
43:51mais c'est des petits mecs
43:53je vais te les mater
43:54en quelques jours
43:56et j'avais dit
43:57c'est la Perse
43:583000 ans
43:59tu vas pas les mater
44:00comme ça
44:01donc ça c'est un point
44:03ceci étant
44:04donc on admire
44:05la résilience
44:06du régime
44:07on voit pas le coût
44:09sur la population
44:09mais il y a quand même
44:10un moment
44:11où ça va devenir
44:12de plus en plus difficile
44:13et des deux côtés
44:14ils auront besoin
44:16de trouver un accord
44:16non mais si ça arrive
44:18dans 15 jours
44:19c'est important ça
44:20parce que nous
44:20aujourd'hui
44:21on a des scénarios
44:22qui sont quand même
44:22très différents
44:23c'est à dire
44:24que
44:26le CDE
44:26elle dit de toute manière
44:28révision à la baisse
44:29qui est fin de la guerre
44:31ou pas
44:33il faut savoir
44:34qu'il y a révision à la baisse
44:35il y a quand même
44:35fin de la guerre
44:36c'est à dire
44:37qu'on a un choc énergie
44:39qui est fort
44:40mais qui va se diffuser
44:41petit à petit
44:42et on reste pas
44:43à ce niveau
44:44du prix du baril
44:45et on n'a pas
44:45un emballement
44:46ça il faut le savoir
44:47et puis après
44:48il y a une grande question
44:49si ça va plus loin
44:50c'est la réaction
44:50des politiques monétaires
44:52qui rajoutent une touche
44:53ça c'est beaucoup plus dangereux
44:54et aujourd'hui
44:55les taux directs
44:55c'est ce qu'il y a le plus dangereux
44:56et donc vous avez
44:58le second effet
44:59qui se coule
44:59mais qui ne va pas
45:00dans le bon sens
45:00c'est qu'en plus du choc énergie
45:02vous rajoutez une hausse
45:03des coûts des financements
45:04et donc ça c'est quand même
45:05extrêmement embêtant
45:06et ça c'est le risque
45:07dans lequel on peut s'inscrire
45:08et ça change quand même
45:09les scénarios
45:10assez rapidement
45:11je ajoute par rapport
45:12au scénario
45:13Christian
45:13il y a un point quand même
45:14et l'AIE
45:15l'agence internationale
45:16sur l'énergie
45:16le dit et le redit
45:17sauf que les semaines passent
45:19c'est pas parce que
45:20demain le détroit d'Ormous
45:21se réouvre
45:22et que l'on s'apprend
45:23de Champagne
45:23on est sur une inertie
45:25qui est énorme
45:26pour remettre en route
45:27toute la logistique
45:29il faut 6 semaines au minimum
45:30non mais
45:31juste pour les bateaux
45:32et 6 mois pour les pluies
45:34et même sur le gaz
45:36ça déborde déjà sur 27
45:37c'est à dire que
45:37tous les scénarios
45:38qu'on évoque aujourd'hui
45:40sont presque des scénarios
45:41semi-optimistes
45:41c'est à dire qu'on est toujours sur
45:42et si le détroit
45:44réouvre pendant l'été
45:46mais les conséquences
45:47et l'inertie du marché
45:48d'ailleurs qu'on a vécu
45:49une inertie positive
45:51depuis 2-3 mois
45:52parce que finalement
45:53il y a eu une sorte d'absorption
45:54il y aura une inertie négative
45:56c'est très élastique
45:56le marché du pétrole
45:57et cette inertie
45:58on va la recroiser
45:59en effet boumante
46:00un mot très rapide
46:01oui ça passe vite
46:03non mais juste sur un point
46:04il y a quand même quelque chose
46:05que personne n'avait vu venir
46:06je ne sais pas
46:08en tout cas personne ne l'a écrit
46:10il y a quelque chose
46:11de très important
46:12qui se passe en Asie
46:12notamment en Chine
46:13mais également en Inde
46:14c'est qu'en termes
46:17d'énergie primaire
46:17ils ont rebasculé
46:18massivement sur le charbon
46:20à une vitesse
46:21à laquelle on n'avait pas pensé
46:24je lisais il y a quelques heures
46:26qu'en énergie primaire
46:28la Chine est revenue
46:29à 61% de charbon
46:30qu'elle s'en sort actuellement
46:32en n'important que 7 millions
46:35de barils par jour
46:36et que c'est du fait
46:38des ajustements stratégiques
46:40internes
46:40de la Chine
46:41et de l'Inde
46:42que le baril du pétrole
46:43n'est pas à 200
46:44mais à 85
46:45donc il y a des ajustements
46:47extrêmement puissants
46:48qui sont à l'oeuvre
46:49et qui font que le scénario
46:50du pire n'est pas certain
46:52et quand même
46:53il faut respirer
46:54bientôt c'est le mois de juillet
46:55donc il y a quand même
46:57une possibilité
46:58que ça aille mieux
46:59respirons
47:00respirons un grand coup
47:01il nous reste deux minutes
47:02pour savoir
47:02qui est riche en France
47:03et si vous êtes riche
47:04vous avez vu
47:06l'observatoire des inégalités
47:07qui montre qu'il y a
47:094,8 millions de personnes
47:11qui sont riches en France
47:12et on est riche pour eux
47:13à partir de 4 292 euros
47:16par mois
47:17pour une personne
47:17vous en pensez quoi
47:18Mathieu Plannes ?
47:20d'abord est-ce que vous êtes riche
47:21et puis qu'est-ce que vous pensez ?
47:22on doit y arriver
47:23sérieusement
47:25alors
47:26c'est quand même assez intéressant
47:27de regarder la distribution
47:28des revenus en France
47:30moi je pense que la richesse
47:31elle est d'abord patrimoniale
47:32le flux de revenus
47:33ne veut pas dire grand chose
47:35et puis c'est pas la même chose
47:36si vous êtes
47:38résident parisien
47:38ou si vous êtes à Limoges
47:39enfin c'est des endroits
47:40que je connais bien
47:41vous n'avez pas
47:42le même niveau de vie
47:43donc
47:44bon
47:45c'est des caractéristiques
47:47qu'on va donner
47:47je pense que c'est plus intéressant
47:48de raisonner sur les seuils
47:50de pauvreté
47:50parce que vous avez
47:51des mesures à prendre
47:53la richesse
47:54je veux dire
47:55elle est très différente
47:56d'ailleurs
47:56c'est une des questions
47:57à chaque fois qu'on se pose
47:57c'est quand vous rentrez
47:58dans les 10%
47:59des ménages
48:00les plus aisés
48:01dont font partie
48:02les personnes
48:03qui sont là
48:04au dessus de ce seuil là
48:05vous avez des différences
48:06extrêmement importantes
48:07entre un cadre
48:09un jeune cadre
48:10qui gagne relativement
48:11bien sa vie
48:12correctement
48:12et des héritiers
48:13qui ont des fortunes
48:14et donc je veux dire
48:16on parle pas du tout
48:17des mêmes personnes
48:17donc je comprends pas bien
48:19je comprends pas bien
48:20l'intérêt
48:21d'essayer de trouver
48:22un seuil
48:23dans lequel on dit
48:24on commence à être riche
48:24sachant qu'à mon avis
48:25on distingue très mal
48:26les revenus
48:27et le patrimoine
48:28ce qui à mon avis
48:28est un élément
48:29beaucoup plus important
48:29je voudrais rajouter
48:31qu'au patrimoine financier
48:33il y a un patrimoine
48:34qui pour moi
48:34est encore plus important
48:35c'est le patrimoine culturel
48:37moi à 30 ans
48:38je reviens
48:39des Etats-Unis
48:40j'ai vécu 6 ans
48:41j'ai payé mes études
48:43en partie
48:43j'ai des bourses
48:44j'ai un doctorat d'état
48:45j'ai des masters
48:47j'ai mon patrimoine
48:50c'est en équivalent
48:51d'aujourd'hui
48:521000 euros
48:52je cherche mon boulot
48:53j'ai pas d'argent
48:54donc je serai classé
48:56dans les sous-sous pauvres
48:57mais j'ai un patrimoine culturel
48:59qui va me permettre
49:00de mener carrière
49:01donc le patrimoine culturel
49:03est essentiel
49:03et pour compléter
49:04ce que disait Mathieu
49:05moi ce que
49:06justement
49:07me basant sur mon expérience
49:09personnelle
49:09j'ai toujours dit
49:10je suis pas le seul
49:10de tous les gens
49:11qui étudient ça
49:12c'est pas la pauvreté
49:13qui compte
49:14c'est est-ce qu'on peut en sortir
49:15et ça
49:16ça dépend en partie
49:17de la croissance
49:18et du système économique
49:19et ça c'était
49:21Antoine Fouché
49:22qui en parle très bien
49:23dans son livre
49:23et qui dit justement
49:24le problème aujourd'hui
49:25c'est que les gens
49:25qui sont dedans
49:26ils ont du mal à en sortir
49:27exactement
49:27et ils arrivent pas
49:28à gagner plus que leurs parents
49:29alors que ça a toujours été le cas
49:31est-ce que je peux tester
49:32un truc sur Mathieu
49:33on m'a dit que
49:34j'ai pas eu l'occasion
49:36de le vérifier
49:36que 60% des salariés
49:38se trouvaient
49:39entre le SMIC
49:40et le SMIC
49:41plus 600 euros
49:42et que
49:42c'est à mon avis
49:44on est bruyé
49:44parce que c'est pas très loin
49:45c'est 2200 euros
49:47et le salarié médium
49:48vous allez continuer la discussion
49:49vous allez continuer la discussion
49:51non mais juste
49:52et que
49:5570% des gens
49:56ne pouvaient pas sortir
49:57de cette
49:57marge
49:58de cette
49:58grosse concentration
49:59des salariés en fonction
50:00merci Mathieu Plane
50:01merci Ludwig
50:02de sauter
50:02à tout de suite
50:03Stéphanie Collot
50:08le 18-19
50:10David Chevrillon
50:11sur BFM Business
50:12à tout de suite
50:122
50:122
50:13– Sous-titrage FR 2021
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