- il y a 2 heures
Mardi 2 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Benjamin Gaignault, co-fondateur d'Ornikar, et Marcel Lechanteur, PDG de Lilly France, Benelux, en charge des affaires européennes, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19 en voiture.
00:15Donc pour le 18-19 puisque mon invité, premier invité, sera Benjamin Guignot.
00:19Il est le cofondateur d'Ornicar.
00:21Ornicar, vous savez, ce sont les auto-écoles en ligne qui vous permettent de passer votre permis de conduire.
00:26Et puis aussi qui organise un peu tout l'ensemble.
00:29Il vient de racheter son principal concurrent en voiture, Simone.
00:33Il nous dira pourquoi, comment, surtout quel est le business de des auto-écoles en ligne.
00:38Parce qu'il a comme ambition de devenir leader européen.
00:42Ensuite, c'est le président de Lili pour la France et le Benelux, Marcel Lechanteur, qui sera avec nous.
00:49Vous savez, son médicament, le Mugero, ça y est, il sera remboursé par la Sécurité sociale, ce médicament anti-obésité.
00:58C'est un énorme business.
00:59Il nous dira qu'est-ce qu'il en attend.
01:01Et puis le laboratoire Lili, une des plus grosses capitalisations au monde, fête ses 150 ans.
01:06Puis tiens, on parlera évidemment s'il est toujours intéressé pour racheter à Bivax.
01:11Mais pour l'instant, c'est le journal avec Stéphanie Collot.
01:17Il est visiteur, bonsoir Stéphanie.
01:19Bonsoir Edwige.
01:19On en sait donc un petit peu plus sur les coupes budgétaires dans le budget de l'État.
01:23Bercy a annoncé la semaine dernière 4 milliards d'euros d'annulation et de surgel de crédit.
01:28Et dans le détail, ce sont surtout la justice, la police et la transition écologique qui sont concernés par ces
01:35gels de crédit.
01:37Les fonds alloués à l'administration pénitentiaire baissent d'un quart avec 370 millions d'euros d'économies à la
01:43clé.
01:44257 millions d'euros d'autorisations sont gelés pour la sécurité, dont 208 pour la police.
01:50Le fonds vert qui finance les politiques environnementales des collectivités locales est amputé de 163 millions d'euros, soit 20
01:58% du budget initial.
01:59Et puis l'enveloppe dédiée au soutien à l'emploi est réduite de plus de 400 millions d'euros.
02:06Pendant ce temps, l'inflation accélère en mai au sein de la zone euro.
02:09La hausse des prix atteint 3,2% sur un an contre 3% le mois précédent, à cause toujours
02:16de l'envolée des prix de l'énergie liés au conflit au Moyen-Orient.
02:19Et dans ce contexte, en France, le patron du Medef redoute une récession au deuxième trimestre.
02:25Patrick Martin s'exprimait en amont d'une réunion du B7, réunissant les organisations patronales des pays du G7.
02:31La croissance a déjà été revue à la baisse au premier trimestre.
02:34Le PIB recule de 0,1% contre une croissance nulle initialement anticipée.
02:39Dans la tech, Anthropik va élargir l'accès à son modèle Mythos à 150 organisations supplémentaires issues de plus de
02:4615 pays.
02:47Ce puissant et redouté modèle d'IA serait capable de détecter et d'exploiter des failles informatiques jamais décelées par
02:54les humains.
02:55Stellantis confirme investir plus d'un milliard d'euros en France, notamment pour produire à Mulhouse trois nouveaux modèles Peugeot
03:00électriques ou hybrides.
03:02Le PDG Antonio Filosa et les ministres de l'économie et de l'industrie se sont rendus aujourd'hui sur
03:07le site pour présenter le projet.
03:09L'investissement sera réparti à 50% en R&D, 40% sur le site de Mulhouse et 10%
03:15dans d'autres sites.
03:16C'est une première au sein de Decathlon.
03:19L'intersyndical appelle les salariés à faire grève ce samedi.
03:22Il réclame une augmentation des salaires alors que l'entreprise enregistre un bénéfice net en hausse de 16% en
03:272025 à 910 millions d'euros.
03:30Et puis la France compte désormais 33 palaces, c'est-à-dire classés au-delà de la cinquième étoile.
03:36A tout France se fait entrer six nouveaux établissements.
03:39Les nouveaux élus sont Cheval Blanc Paris, Bulgari Hôtel Paris, Fouquets Paris, Four Season Resort Meugev, Hôtel Martinez Cannes et
03:48le Royal Champagne Hôtel près de Reims.
03:54Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:56Bonsoir Antoine.
03:57Bonsoir Stéphanie.
03:58Bonsoir Antoine.
03:59Et le CAC est terminant hausse ce soir.
04:00Oui, on termine bien orienté, plus 0,77%, 8209 points.
04:04De volume d'échange tout à fait correct, 4 milliards d'euros.
04:07Mais surtout, encore une fois, la tech qui surperforme très très largement, plus 2,1% pour l'Euronext Tech
04:13Leaders.
04:13L'Eurostox 50 gagne 1,2%.
04:15Leader du CAC 40, ST Microelectronics, encore une très forte hausse, plus 15,1%, 68,28€ après l'annonce de
04:25prévision de chiffre d'affaires tout simplement doublé du fait des débouchés dans l'IA.
04:29On a également Danone qui gagne 4,3% à 64,04.
04:33Schneider Electric, très lié désormais à l'intelligence artificielle, plus 3,96€, 287,15€.
04:39À la baisse, en revanche, on a eu de grosses prises de profit sur le secteur des logiciels, mais qui
04:43avaient très bien rebondi hier.
04:45Il y a eu des prises de profit immédiates sur Capgemini, qui a perdu 4,6% à 100,80€.
04:50D'Assosystem, moins 4,1% à 19,43€.
04:53Enfin, évidemment, le titre qui a fait l'actualité sur l'indice large sur le SBF 120, c'était la
04:59plus forte baisse du jour.
05:00Et quelle baisse ?
05:01Abivax, moins 43,5% à 63,10€.
05:04Il faut remettre ça, évidemment, en rapport avec l'extraordinaire hausse du titre depuis un an et demi.
05:10Mais là, effectivement, étude décevante sur les résultats d'une de ces molécules vedettes.
05:16Donc, très forte baisse du titre.
05:18À noter aussi le secteur des satellites, qui a subi des prises de bénéfices.
05:22Eutelsat perd 8% à 3,50€.
05:25Le CAC 40, donc, plus 0,77%, 8209 points.
05:29A ajouter un petit mot du Bitcoin, qui subit une très, très forte baisse en ce moment.
05:33On est désormais à 67,324$.
05:37Il y a 48h, on était à 74, quand même.
05:40Oui.
05:40Merci, Antoine.
05:41Merci, Stéphanie.
05:42Vous, on vous retrouve à 19h.
05:44Tout de suite, évidemment, le 18-19.
05:46Premier invité, c'est Benjamin Guéniaud, cofondateur d'Ornicar, les auto-écoles en ligne.
05:51Il rachète son principal concurrent.
05:53C'est un business.
05:54Il a des ambitions, notamment au niveau européen.
05:57Il nous dira comment et pourquoi.
05:59À tout de suite.
06:01BFM Business et la Tribune présente...
06:05Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
06:11Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité.
06:15C'est donc Benjamin Guéniaud, le cofondateur d'Ornicar, qui vient de racheter en voiture Simone, son principal concurrent.
06:21Bonsoir, Benjamin Guéniaud.
06:22Bonsoir, Antoine.
06:23Merci d'être avec nous.
06:24Alors, on va rappeler quand même Ornicar, c'est quand même le numéro un, d'autant plus que vous venez
06:30de racheter votre principal concurrent, des auto-écoles en ligne.
06:34On s'en souvient que là, je crois que vous avez reçu au tout début, puisque vous êtes le cofondateur
06:38d'Ornicar, et c'était, vous aviez créé vraiment une émotion considérable dans le milieu assez fermé et dur des
06:47auto-écoles.
06:47Vous avez réussi à tracer votre chemin et maintenant, vous avez racheté, vous l'avez annoncé aujourd'hui, votre principal
06:55concurrent.
06:56Juste, ça représente quoi ? Si on essaie d'avoir, de camper un peu le décor des auto-écoles, du
07:02permis de conduire qu'on peut avoir en ligne, ça fait quoi ?
07:07Alors, le marché du permis de conduire, c'est à peu près 1,2 millions de candidats chaque année qui
07:13passent leur permis de conduire, qui dépensent en moyenne 2 000 euros pour l'avoir.
07:18Donc, ça fait un marché, si on parle financièrement, ça a marché à peu près à 2 milliards 300 millions.
07:23Nous, on est arrivé en 2013 avec Ornicar, avec, pour simple objectif, de diviser par 2 le coût de la
07:29formation au permis de conduire, en plaçant le digital au cœur de la formation.
07:34Et la réaction des acteurs traditionnels ne s'est pas faite attendre.
07:38Ornicar, un chiffre assez marquant, aujourd'hui, c'est 28 procès en 12 ans d'existence à notre actif, quasiment
07:46tous intentés par les acteurs traditionnels,
07:48les syndicats d'auto-école traditionnels, qui ont beaucoup milité pour que Ornicar n'existe pas.
07:53Et aujourd'hui, a priori, c'est un échec. Ornicar, en 2025, c'est 104 millions d'euros de chiffre
07:58d'affaires sur la partie auto-école.
08:00On a aussi une activité assurance auto. Et donc, on annonce aujourd'hui, avec beaucoup de fierté, l'acquisition d
08:07'Envoiture Simone,
08:08qui est notre principal concurrent en France et qui s'est créé juste après nous en 2014.
08:12Et vous avez gagné tous vos procès ?
08:14Non, on a gagné les principaux.
08:16Ils étaient sur quoi, les procès ?
08:18Ils étaient sur à peu près tout, sur le fait que le feu brûle et que l'eau mouille, tout
08:23était de notre faute, nous, Ornicar.
08:25En fait, c'était principalement une manœuvre des syndicats pour nous asphyxier économiquement.
08:30Une boîte qui se lance n'a pas de fonds. Un procès, ça coûte cher en avocat.
08:34Et donc, nous attaquer, nous attaquer, nous attaquer, a commencé à nous asphyxier.
08:38Et ça a bien failli coûter l'avis d'Ornicar.
08:40Mais voilà, le fond de ces attaques, c'était qu'on n'avait pas le droit de proposer une formation
08:44au permis de conduire via un site internet.
08:47Ce qui est complètement absurde, sachant que nous, la théorie se fait en ligne, le code de la route.
08:51Mais la conduite, c'est bien dans une voiture, avec un enseignant et une voiture double commande.
08:55Alors, justement, parce qu'il y a plusieurs niveaux, il y a le fait de passer son permis de conduire.
09:00Tiens, c'est intéressant de voir qu'avant, on le passait à 18 ans, dès qu'on avait soufflé sa
09:06bougie, on passait son permis de conduire.
09:08Maintenant, c'est autour de 24-25 ans. C'est quand même pas mal plus tard.
09:12Oui, beaucoup de gens nous disent que les jeunes passent de moins en moins le permis de conduire.
09:16C'est faux, ils le passent de moins en moins jeunes.
09:17On connaît pas mal autour de soi, oui.
09:19Mais ils passent de moins en moins jeunes. En fait, ils finissent toujours par le passer, mais plus tard.
09:23Nous, quand on est arrivé en 2013, l'âge moyen, c'était 20 ans.
09:26Et effectivement, aujourd'hui, on est plutôt à 24-25 ans.
09:29Tout ça, ces chiffres, c'est tiré principalement par les grandes métropoles,
09:33où finalement, l'offre de transport en commun nous permet de repousser le moment où on passe son permis de
09:38conduire.
09:39Et dans les grandes métropoles, comme la région parisienne, c'est souvent, par exemple, le besoin de travailler
09:43ou l'arrivée d'un enfant qui pousse les jeunes ou les moins jeunes à passer leur permis de conduire.
09:48Mais là, vous nous dites, parce que c'est vrai que c'est un peu contre-intuitif,
09:53il y a autant de jeunes qui passent leur permis de conduire aujourd'hui qu'hier.
09:57Le marché évolue. On prend à peu près 2 à 3 % par an de nombre d'inscriptions au permis
10:02de conduire.
10:02C'est un marché qui est toujours en croissance.
10:04Et on ne constate absolument aucun effet du fait que les gens passeraient moins leur permis de conduire.
10:09C'est complètement faux.
10:11Vous, vous faites le permis de conduire, le code, et le permis de conduire, vous avez, entre guillemets, votre propre
10:19auto-école.
10:20Exactement.
10:21Alors nous, l'offre Ornicar, c'est...
10:22Elle n'est pas en ligne.
10:23Non, exactement.
10:24Ceux qui voudraient essayer de faire un jeu vidéo, ce n'est pas encore ça.
10:27Non, non. Effectivement, nous, notre métier, c'est le code de la route.
10:30C'est la première offre chez Ornicar.
10:31Ça, ça se fait 100 % en ligne.
10:33On n'a plus besoin d'aller dans le local d'une auto-école.
10:36Toute cette formation code de la route est largement créée et améliorée en permanence grâce à l'intelligence artificielle.
10:44Et ensuite, il y a la partie conduite.
10:45Et là, c'est bien un moniteur diplômé dans une voiture double commande qu'on retrouve à un lieu donné.
10:50Et c'est comme ça qu'aujourd'hui, on apprend à conduire avec Ornicar.
10:54On a dématérialisé l'espace physique auto-école que nous, on juge aujourd'hui assez inutile.
11:00Mais comment, il vient chez vous ? Comment ça se passe pour passer son...
11:04Le permis ?
11:05Oui.
11:05Pour les heures de conduite ?
11:06Oui.
11:07En fait, l'enseignant dit, ok, on se retrouve en que de la rue, Tartampion et la rue, machin chose.
11:11Et finalement, l'élève et l'enseignant se retrouvent à ce point-là.
11:14L'élève monte dans la voiture, prend la place du conducteur.
11:16L'enseignant prend la place du passager et l'heure de conduite se passe.
11:20Mais vous en avez combien sur toute la France ? Comment ça se passe ?
11:23On a plus de 3 000 enseignants avec l'acquisition qu'on a annoncée aujourd'hui.
11:26Donc Ornicar, c'est à peu près 2 000 enseignants en voiture Simone, 1 000.
11:29Et donc, on a 3 000 enseignants indépendants qui sont partenaires dans notre réseau,
11:33avec qui, aujourd'hui, nos élèves, nos millions de candidats, peuvent apprendre à conduire chaque année.
11:38Taux de réussite, est-ce que justement, est-ce que ceux qui vous font des procès se rattrapent
11:43par le fait que c'est plus difficile de passer son permis de conduire chez vous que dans une auto
11:48-école classique ?
11:49Alors, probablement, ils adoreraient se rattraper là-dessus.
11:50Mais le fait est que nos taux de réussite sont en moyenne meilleurs que la moyenne nationale.
11:55Et ça s'explique parce qu'ils ont plus de liberté sur leur choix de leur enseignant.
11:59Par exemple, la flexibilité que propose un réseau comme Ornicar,
12:01si vous commencez votre formation avec un enseignant, mais que finalement, le feeling ne passe pas,
12:05vous pouvez très simplement, sur l'application, changer d'enseignant.
12:08Quand vous êtes dans une auto-école traditionnelle et qu'il n'y a qu'un seul enseignant,
12:11qui est aussi le patron de l'auto-école, et bien bon courage pour demander un changement d'enseignant.
12:14Donc, nous, il y a deux effets.
12:16Un, le taux de réussite est meilleur.
12:18Et deux, le nombre d'heures nécessaires pour passer son permis de conduire est plus faible que la moyenne nationale.
12:23Combien ?
12:24Chez Ornicar, c'est 27 heures, et la moyenne nationale, c'est environ 30 heures.
12:27D'accord. Bon, c'est quasiment la même chose.
12:29À 60 euros de l'heure dans le réseau traditionnel, ça fait un déjeuner.
12:32Je vous l'accorde, je vous l'accorde.
12:35Benjamin Gagnon, vous avez donc aujourd'hui, c'est une étape très importante pour cette entreprise que vous avez créée.
12:41Maintenant, ça fait 13 ans, mine de rien.
12:43Vous avez racheté votre principal concurrent.
12:45Alors, pourquoi ? Combien vous l'avez racheté ?
12:48Alors, on ne communique pas sur les montants de la transaction.
12:51Mais pourquoi ?
12:51Parce qu'aujourd'hui, c'est une information qu'on a décidé de garder pour nous.
12:56En revanche, sur le pourquoi...
12:57C'est drôle, toutes les nouvelles boîtes, les nouveaux entrepreneurs, soi-disant, qui prêchent la transparence, vous n'êtes pas
13:04tous pareils.
13:05Vous savez ce qu'on dit.
13:06Vivant heureux, vivant cachés.
13:08Et c'est une information qui, pour nous, n'a aucune importance sur le marché.
13:11Ce n'est pas le combien qui compte, c'est le pourquoi.
13:14Et le pourquoi, c'est déjà démontrer que le marché atteint une phase de maturité.
13:18Et qu'il était temps, pour nous, le leader incontestable depuis maintenant des années, de consolider ce marché.
13:23Et c'est surtout la démonstration auprès de l'écosystème du marché en France et en Europe que, ça y
13:29est, Ornica est dans une phase de consolidation, d'achat d'autres concurrents.
13:34Et pour nous, cette acquisition faite dans Voiture Simone aujourd'hui, c'est la première étape d'une longue stratégie,
13:40une très ambitieuse stratégie de build-up partout en Europe.
13:43Vous êtes rentable ?
13:45Oui, la société est rentable depuis deux ans maintenant.
13:48Et comment vous financez cette acquisition ?
13:50Le montant est absolument top secret.
13:52Alors, vous allez voir, je ne suis pas complètement avare en informations.
13:55Sur cette acquisition, il y a la moitié en dette et la moitié en equity, donc financée par nos actionnaires.
14:00Aujourd'hui, on a plusieurs actionnaires autour de la table.
14:02On a Eurasio, BPI, KKR, qui sont des gros fonds d'investissement et qui ont subventionné, financé 50% de
14:10cette acquisition.
14:11Le reste, c'est de la dette.
14:12Et vous, les fondateurs, vous avez combien ?
14:15Et aujourd'hui, nous, les fondateurs, c'est pareil.
14:17En gros, le management d'Ornicar, tout confondu, c'est à peu près 20%.
14:21Et vous rachetez en voiture Simone, les fondateurs y restent, ils s'en vont, tout le monde s'en va.
14:25Comment ça se passe, le rapprochement des équipes ?
14:26Toujours un moment un peu plus délicat.
14:28Toujours un moment délicat s'il n'est pas préparé.
14:30Nous, ça a fait l'objet de beaucoup de discussions avec les équipes, les fondateurs de en voiture Simone.
14:36Et vraiment, le projet, c'est une mutualisation des ressources.
14:40Mais donc, il n'y a aucun plan de départ souhaité par Ornicar.
14:44Les deux fondateurs restent et rejoignent l'aventure Ornicar.
14:48C'est vraiment associé nos forces pour faire d'Ornicar ce leader français, mais surtout européen,
14:54et aussi travailler encore plus la partie assurance,
14:57qui est un business qu'on a lancé il y a maintenant trois ans,
14:59et qui commence à avoir une taille suffisamment critique.
15:03Justement, juste avant de passer sur le côté assurance-diversification,
15:06parce que du coup, c'est ce qui explique que vous avez cédé les rênes de votre entreprise
15:10à quelqu'un qui connaît très bien l'assurance, parce qu'il en vient.
15:16Mais est-ce qu'avec les voitures autonomes, finalement, on n'aura plus besoin de plein mes conduires ?
15:20Je l'adore cette question.
15:22Effectivement, les voitures autonomes, quand on parle de voitures autonomes,
15:25on parle un peu de tout et n'importe quoi.
15:27Il faut savoir que les voitures autonomes, le niveau d'autonomie, il y en a cinq.
15:30Je vous remercie pour le tout et n'importe quoi.
15:32Non, je parlais.
15:33Le bon point, c'est, en gros, les niveaux vont de 1 à 5.
15:37Le niveau 5, c'est l'autonomie sans supervision humaine.
15:41Et alors là, ce n'est pas moi qui le dis, c'est des PDG de Waymo ou PDG de
15:44Toyota
15:44qui expliquent que probablement, on ne verra jamais le jour d'une voiture 100% autonome.
15:49Pour quelles raisons ? Ce n'est pas des problèmes technologiques,
15:51parce que technologiquement, les constructeurs seraient capables de le faire.
15:55C'est plutôt une raison d'éthique.
15:57La voiture autonome, elle va fonctionner dans 99,9% des cas.
16:01En revanche, dans 0,1% des cas liés aux intempéries, liés au fait que sur la route,
16:07vous allez côtoyer des voitures et des piétons,
16:10vous ne pouvez pas gérer et enlever la responsabilité de la supervision humaine sur la voiture.
16:14Donc, on ne croit pas du tout au niveau 5 d'autonomisation de la voiture.
16:19En revanche, nous, Ornicar, ce qu'on fait, c'est qu'on a arrêté d'apprendre aux gens à conduire,
16:23on leur apprend à se déplacer.
16:24Et le permis de conduire évolue très rapidement en prenant en compte, justement,
16:28l'augmentation d'autonomisation de ces voitures.
16:31Et c'est tout ce que veut faire Ornicar, c'est être le plus à même possible
16:34de former toute cette population sur ces nouvelles technologies.
16:37Tiens, aujourd'hui, est-ce qu'on passe son permis de conduire sur une voiture automatique
16:43ou alors une voiture manuelle ?
16:45Petite question d'un auditeur et téléspectateur très intéressé, j'imagine.
16:49Très bonne question.
16:50On subit en ce moment, on ne le subit pas, on voit, on constate une explosion
16:55du passage du permis de conduire sur les boîtes automatiques.
16:59Pour plusieurs raisons, déjà l'émergence des véhicules électriques.
17:02Véhicule électrique veut dire forcément boîte automatique.
17:04Et puis le permis de conduire, on le passe en 13 heures au lieu de 20 heures minimum légales
17:08sur une boîte automatique.
17:10Et ensuite, on peut avoir une équivalence boîte manuelle en passant 13 heures dans
17:14une auto-école.
17:16Donc le poids, c'était à peu près 10-15% il y a 5 ans.
17:20Aujourd'hui, c'est 40% la part de marché des gens qui passent leur permis de conduire
17:25sur une boîte automatique.
17:26Comment ça se passe à l'étranger ?
17:27Puisque vous dites que votre objectif, c'est de devenir leader européen.
17:30Ou quand, comment, j'ai envie de dire ?
17:33Alors, premier constat, on étudie beaucoup de pays en Europe.
17:36La France n'a pas à avoir honte de ses process administratifs sur le permis de conduire.
17:41C'est-à-dire qu'on est probablement les plus innovants en France sur la manière,
17:46le procédé pour passer son permis de conduire.
17:48En quoi on est innovant ?
17:49Par exemple, je prends un exemple.
17:50En Allemagne, alors la loi est en train de changer, mais c'est encore en vigueur aujourd'hui.
17:53Le code de la route, vous êtes obligés de passer 4 heures dans une salle physique
17:58pour apprendre le code de la route.
18:00Vous ne pouvez pas le faire en ligne.
18:01Vous vous rendez compte ?
18:01On est en 2026 et en Allemagne, on ne peut toujours pas passer son code de la route en ligne.
18:06Tout ça change, évolue, ça prend du temps.
18:08Ça dépend de l'impulsion des acteurs privés auto-école en ligne qui sont dans chaque pays.
18:12Et nous, on suit ça de très près et on discute avec tous les acteurs,
18:16quasiment tous les acteurs leaders dans leur pays sur la partie formation auto-école.
18:20D'accord.
18:21Et donc, c'est pour ça que vous intéressez à l'Allemagne ?
18:23Le rêve d'Ornicar, l'ambition d'Ornicar, on ne l'a jamais caché.
18:26Je disais à un moment, notre ambition, c'est de racheter Google.
18:29Et ce n'est presque pas une blague.
18:31Notre ambition, c'est de faire d'Ornicar un acteur de la mobilité au niveau européen à 5-6 ans
18:37et au niveau mondial à 10 ans.
18:39Alors, je disais, vous avez confié les rêves de l'entreprise,
18:42dans tous les cas la direction opérationnelle à Philippe Mazot et Guel Rivet.
18:46Lui, il vient de l'assurance.
18:49Donc, c'est un ancien de Covea et autres.
18:52Et en fait, ça fait partie de votre diversification
18:53parce qu'on sent que vous voulez offrir un peu toute la panoplie du conducteur.
19:00Tout à fait.
19:00Effectivement, on a décidé collectivement que Philippe était la meilleure personne
19:05pour reprendre les rênes d'Ornicar,
19:07puisqu'on avait pris un virage vers l'assurance qui était assez évident.
19:10Pourquoi un virage vers l'assurance ?
19:11C'est que nous, on veut suivre nos candidats.
19:13On les forme à avoir leur permis de conduire.
19:15Et on était très tristes de ne pas savoir si c'était des bons conducteurs ou pas.
19:18Et donc, on a lancé une assurance auto pour les jeunes conducteurs d'abord,
19:22qui nous a permis de suivre et de constater que la formation qu'on proposait
19:25permettait d'avoir des conducteurs qui étaient plutôt meilleurs que la moyenne.
19:28Et aujourd'hui, on a même ouvert à d'autres produits non jeunes conducteurs notre assurance.
19:32Si je reviens sur le choix de Philippe, et je pense que c'est hyper important...
19:35Ça veut dire qu'il y a un bonus ? En quoi c'est différent ? Expliquez-nous.
19:38Nous, la qualité de la formation qu'on propose...
19:40Oui, oui, non, mais je parle pour l'assurance.
19:42En quoi c'est différent ?
19:44D'un classique, je ne sais pas, de la Massif ou de ce que...
19:47Si vous prenez l'assurance jeune conducteur, le problème d'un assureur,
19:50c'est qu'il a besoin d'informations pour pouvoir établir un prix et une prime d'assurance.
19:54Un jeune conducteur, par définition, il n'a pas d'historique.
19:57Il n'a pas de bonus ou pas de malus qu'il n'a jamais conduit.
19:59Il n'a jamais conduit, sauf dans son auto-école.
20:02Et nous, aujourd'hui, notre différence, c'est qu'on connaît le jeune conducteur.
20:06Et comme on le connaît et on l'a formé, on accepte de lui proposer des prix
20:09qui sont défiants toute concurrence par rapport aux acteurs traditionnels de l'assurance.
20:14Je voudrais revenir sur un point qui est important, qui est la force d'Ornicar aujourd'hui.
20:18Et ce qui nous permet de pouvoir accélérer cette phase de croissance externe
20:21avec l'acquisition d'En voiture Simone et d'autres acteurs bientôt,
20:25c'est d'avoir réussi à attirer un profil comme Philippe,
20:28qui a passé effectivement toute sa carrière dans les grands groupes,
20:31à diriger des grandes boîtes d'assurance et qui a toute la maturité et l'expertise
20:35dont Ornicar avait besoin, avec l'agilité d'une entreprise aussi jeune qu'est Ornicar.
20:40Et je pense que, c'est vraiment le message que j'ai envie d'envoyer,
20:42qui est, aujourd'hui, je pense que vraiment la...
20:45Si vous vous ennuyez dans un grand groupe, venez rejoigner...
20:47Exactement. L'écosystème tech a besoin de profils de grands groupes
20:51pour nous aider à être peut-être plus matures.
20:53Oui, c'est vrai, c'est assez rare, c'est assez rare dans ce sens-là.
20:54C'est hyper rare, ça fonctionne merveilleusement bien
20:57et c'est grâce à ça aujourd'hui qu'Ornicar peut afficher une croissance presque aussi insolente.
21:01Oui. Et donc l'assurance, ça représente combien à peu près aujourd'hui ?
21:05Vous dépendez de la CPR parce que c'est quand même un business, là, pour le coup,
21:09qui est très, très, très réglementé.
21:11On aime bien les business réglementés.
21:13Nous, on est courtier d'assurance, donc on distribue le produit de porteur de risque
21:16et aujourd'hui, le business assurance sur la partie chiffres,
21:20donc puisque vous vouliez des chiffres, là, je peux en donner.
21:23Ornicar, auto-école l'année dernière...
21:25Et juste savoir combien vous avez racheté votre entreprise, ça n'a rien d'extraordinaire.
21:28104 millions d'euros de chiffres d'affaires sur la partie auto-école,
21:3137 millions de chiffres d'affaires sur la partie assurance,
21:33donc ça fait, c'était les chiffres de l'année dernière,
21:36à peu près 140 millions groupe Ornicar l'année dernière
21:38et le chiffre d'affaires d'En voiture Simone qu'on rachète, c'est 40 millions en 2025.
21:42Donc ça fait un chiffre d'affaires groupe assurance et auto-école pour 2025 d'environ 175 millions.
21:47D'accord.
21:48Tiens, vous allez changer de nom, En voiture Simone, c'est pas mal comme nom ?
21:51Ornicar aussi.
21:52Pour l'instant, l'idée, c'est qu'En voiture Simone, c'est une marque qui a été construite,
21:56qui est forte auprès de sa communauté, auprès de ses élèves,
21:58donc on n'a absolument pas l'intention pour l'instant de choisir une marque plutôt qu'une autre.
22:04Donc l'idée, c'est de continuer à faire vivre ces deux marques parallèlement.
22:07Est-ce que vous pourriez aller vers le leasing, voir le leasing social ?
22:10Je pense à ça à cause des véhicules électriques dont vous parliez tout à l'heure.
22:14C'est pour être une direction pour vous ou pas ?
22:17Une diversification ?
22:18Bien sûr.
22:19Aujourd'hui, entre l'obtention de son permis de conduire et la souscription d'une assurance,
22:23le problème, c'est qu'on a un trou béant qui est l'accès à la voiture.
22:28Et donc, on discute déjà et on propose déjà des offres de financement via des parts d'aile bancaire
22:33avec des conditions préférentielles pour accompagner nos clients de l'obtention du permis
22:37à l'acquisition de leur première voiture.
22:39On ne fait pas de leasing social à proprement parler, mais on essaie de négocier les meilleurs tarifs
22:43puisqu'on a des effets de volume qui sont extrêmement importants.
22:47Ornicar groupe maintenant en voiture Simone, c'est quasiment un million de personnes
22:50qui s'entraînent permis de conduire et code de la route chaque année sur notre site.
22:53Donc, on veut les accompagner à chaque étape de leur mobilité.
22:56Juste une question que j'ai oublié de vous poser.
22:57Est-ce que vous avez bénéficié ?
22:58Vous avez combien d'élèves par an ?
23:01C'est 100 000 ?
23:02100 000 élèves au permis de conduire.
23:04Mais si on prend le code de la route, c'est à peu près un million d'élèves groupe.
23:08Groupe maintenant ?
23:09Groupe maintenant.
23:09Un million ?
23:09Non, si je vous pose la question, c'est par rapport à ceux qui perdent leur poids.
23:13Est-ce que ça, du coup, est-ce que vous dites merci ?
23:16Parce que ça, ça a été pour vous un renfort de clientèle énorme.
23:20Alors, ça représente, je ne veux pas dire malheureusement,
23:22mais ça ne représente pas une part très importante des candidats au permis de conduire.
23:26Mais aujourd'hui, on propose, via des partenaires, des stages de récupération de points
23:29puisqu'on est un acteur de la sécurité routière
23:32et qu'il est pour nous inconcevable de ne pas proposer ce type de services.
23:36En conclusion, vous avez, Benjamin Gagnon, vous l'avez dit vous-même,
23:39vous avez disrupté un secteur qui était vraiment, enfin, qui est toujours très réglementé.
23:44Est-ce que ça serait encore possible aujourd'hui, vous le pensez ?
23:48Le problème, c'est que les...
23:49Parce que là, vous avez pris tout le monde un peu par surprise.
23:51Oui, c'est vrai.
23:53Beaucoup de disruptions ont eu lieu.
23:55Aujourd'hui, l'intelligence artificielle rebat complètement les cartes.
23:59Et donc, difficile de savoir si on pourrait encore faire ce qu'on a fait
24:04parce qu'il faut trouver déjà suffisamment de financement
24:06dans un écosystème actuel où c'est plus difficile de trouver des fonds.
24:09Nous, on a réussi à survivre parce qu'il y a des investisseurs
24:11qui nous ont fait confiance et qui ont investi de l'argent dans Ornicard,
24:14ce qui nous a permis de payer des frais d'avocat
24:15et de ne pas se faire asphyxier par cette stratégie de...
24:19Au total, les frais d'avocat, c'est combien ?
24:22Je ne compte plus.
24:24Probablement, à la fin, c'est eux qui auront gagné le plus d'argent
24:25dans l'aventure Ornicard.
24:28Ça se compte en millions d'euros, les frais d'avocat depuis le début.
24:3127 procès, ça demande de la défense, etc.
24:34Et donc, tout ça coûte cher.
24:36Voilà, comme ça, le business des avocats, des avocats en ligne,
24:38c'est ça, c'est votre prochain business, du coup.
24:40Merci à tous les cas, Benjamin Gagnon, d'avoir été avec nous.
24:43Merci à vous.
24:43Donc, le patron d'Ornicard qui vient de racheter en voiture Simone.
24:46J'aime beaucoup ce « en voiture, Simone ».
24:48Dans un instant, j'ai Marcel Le Chanteur qui sera notre invité.
24:51C'est le patron de Lili pour la France.
24:53Le Mounjaro, vous avez son médicament anti-obésité,
24:56il devrait être remboursé, va être remboursé par la Sécurité sociale.
24:59Et puis, le laboratoire Lili, qui est quand même américain,
25:02fait ses 150 ans, c'est une des plus grosses capilles mondiales.
25:05On parle de l'innovation,
25:06l'innovation qui est en train de bousculer un peu tous les nouveaux médicaments.
25:11A tout de suite.
25:13BFM Business et la Tribune présentent
25:17Le 18-19 se poursuit.
25:25On va parler du médicament anti-obésité,
25:27on va parler trop de la Sécu,
25:29on va parler aussi de l'innovation dans les laboratoires pharmaceutiques
25:33parce qu'on voit que ça s'accélère beaucoup.
25:35Bonsoir, Marcel Le Chanteur.
25:36Bonsoir, Etj.
25:36Merci d'être avec nous.
25:38Vous êtes le PDG de Lili pour la France,
25:40Benelux et tout ce qui concerne les affaires européennes.
25:43Donc voilà.
25:44C'est important parce que la France,
25:46vous avez une très grosse usine,
25:48donc c'est un point important dans ce groupe
25:51qui fête ses 150 ans, groupe américain.
25:54Oui, effectivement.
25:55On a un ancrage français qui est très très présent.
25:58En Alsace.
25:58C'est en Alsace.
25:59Très important de le dire, voilà.
26:00Et on a plus de 1300 personnes qui y travaillent,
26:03donc c'est une très très grosse usine
26:05qui a été largement recapitalisée.
26:08Pour vous donner un ordre de grandeur,
26:09on a réinvesti à peu près 500 millions d'euros sur 5 ans
26:14avec un très gros travail évidemment sur les lignes de production,
26:16la qualité, l'automatisation, la distribution,
26:19de telle sorte qu'on puisse pas seulement finalement
26:22augmenter le niveau de productivité,
26:24mais intégrer également des nouveaux produits.
26:26C'est très important dans des usines comme les nôtres
26:27de pouvoir attirer des produits et pas seulement des investissements.
26:30Et c'est le cadre du Mounjarot dont vous parliez.
26:32On va parler du Mounjarot, bien sûr.
26:34Vous n'étiez pas de chose France ?
26:35Alors, je n'étais pas.
26:36Non, parce que 500 millions, c'est sûr que ce n'est pas assez
26:38vu les ordres de grandeur.
26:39Il faudra mettre un zéro de plus la prochaine fois.
26:41Voilà, il faudrait que je me mette dans les datas
26:43ou dans d'autres choses.
26:45On n'y est pas encore.
26:47Vous avez...
26:48Lily, c'est un des plus gros groupes laboratoires,
26:52un des plus gros labos mondiaux.
26:53Je crois que c'est dans les 10e capi mondiales, c'est ça ?
26:56Capitalisation à peu près.
26:57Oui, pour le moment, c'est la première market cap dans la pharma.
27:00Exact.
27:00Oui, et connu pour le Prozac, là, pour le coup.
27:04Effectivement.
27:05Effectivement.
27:06Effectivement.
27:07Peut-être juste un mot, justement, puisque vous parlez de Lily
27:10et des 150 ans, c'est une histoire assez intéressante.
27:13Ça démarre toujours avec des histoires d'hommes et de femmes.
27:15Là, vous avez un monsieur qui s'appelle Lily.
27:17Lily, il revient de la guerre de sécession et il constate que, finalement,
27:24il n'est pas très heureux en voyant ça, en voyant que les gens disposent de médicaments,
27:28mais c'est surtout des élixirs vendus par des charlatans, etc.
27:31Il est chimiste, il décide de fonder son laboratoire.
27:33Il démarre à trois.
27:34Je vous le fais court.
27:35Et c'est le premier, finalement, à se dire, je vais mettre mon nom sur le laboratoire,
27:38ce qui n'est quand même pas innocent.
27:39Vous mettez votre nom sur quelque chose, ça vous engage.
27:42Et il commence à indiquer les composants, ce qui, pour l'époque, était une révolution.
27:47Donc, il indique les composants, alors qu'avant, les gens vendaient ce que vous voulez,
27:51ils mettaient le nom qu'ils voulaient.
27:53Et les années passent, et en 1923, il y a un accord qui est passé entre Lily et l'Université
28:00de Toronto,
28:01et nous sommes les premiers à passer à la distribution, commercialisation et production
28:06de l'insuline à des chaînes industrielles.
28:08D'accord.
28:091923.
28:101988, Prozac.
28:11Et vous en parlez.
28:12Donc, quel est le lien entre les deux ?
28:14Ce qu'on pourrait dire, quel est le lien ?
28:15Pour moi, il y en a un qui est évident, c'est dans les deux cas, il y a la
28:18vista de se dire
28:19qu'il y a un besoin médical des patients insatisfaits, et on est capable de le mettre à l'échelle,
28:24d'y répondre à l'échelle.
28:25Et c'est ce qui s'est passé.
28:26Alors, dans le cas du Prozac, il s'est rajouté une autre dimension, la dimension émotionnelle,
28:29puisqu'on a déstigmatisé cette maladie, finalement.
28:32Oui, donc la dépression.
28:33La dépression, absolument.
28:34À l'époque.
28:34Il faut le rappeler.
28:35Enfin, la dépression, oui, c'est un antidépresseur.
28:37C'est un antidépresseur.
28:38Donc, à l'époque, on a déstigmatisé toute la dépression qui, finalement, avait un gros fardeau.
28:43Un peu comme l'obésité aujourd'hui, d'ailleurs.
28:44Et bien voilà, c'est là, j'imagine que vous vouliez en venir, Marcel Le Chanteur.
28:47C'est-à-dire que là, maintenant, vous fabriquez le Moudjaro.
28:52Le Moudjaro, c'est un des médicaments anti-obésité.
28:56Puis, il y a le Danois, qui lui, c'est le Ouigovie.
28:59Et la grande nouveauté, c'était la semaine dernière, donc, la ministre de la Santé a dit que ces médicaments,
29:05sous certaines conditions, seront remboursés par la Sécurité sociale.
29:10Est-ce que, pour vous, c'est une étape décisive ou pas ?
29:13Oui, je pense que c'est une étape extrêmement importante pour les patients.
29:17Et ça va peut-être un peu...
29:18Pourquoi ? Parce que c'est vraiment, c'est assez restreint.
29:20C'est très restreint, oui.
29:20Mais, ça va paraître un petit peu curieux, mais le fait de rembourser un médicament dans l'obésité fait prendre
29:27conscience que l'obésité est une maladie.
29:29Et que ce n'est pas simplement un manque de volonté.
29:32Et nous l'avons vu dans plusieurs pathologies répétitivement dans l'histoire.
29:35Donc, la prise de position des autorités en disant, effectivement, nous voulons le rembourser.
29:40Effectivement, c'est une maladie, c'est une maladie chronique multifactorielle qui a énormément d'impact.
29:44Eh bien, ça, si vous voulez, c'est porteur de beaucoup d'espoir pour les patients.
29:49qui vont pouvoir aussi, on l'espère, libérer la parole et se dire, ok, je ne suis pas seul dans
29:53cette histoire.
29:54Alors, effectivement, la question que vous me posez, elle est très précise.
29:57Il va être remboursé dans des critères qui sont restreints à une obésité sévère.
30:01On comprend pourquoi.
30:03Oui, parce que quand vous dites, il n'y a pas un manque...
30:06Ce n'est pas forcément un manque de volonté pour certains.
30:10Ça peut aller de l'obésité à l'obésité très importante.
30:13Et par aussi le fait d'avoir de la prise de poids, quoi.
30:17Correct, correct.
30:18L'intervalle est assez large.
30:20Correct, mais le stigma extérieur de l'obésité, c'est un petit peu de dire,
30:23les gens n'ont pas de volonté, ils peuvent se débrouiller, etc.
30:26Alors, nous savons aujourd'hui que c'est une maladie vraiment multifactorielle qui est chronique
30:31et qui a créé un profond dérèglement de votre métabolisme.
30:35Et donc, ce qu'on va faire avec ces produits-là, c'est finalement essayer de réguler le métabolisme.
30:40Alors, effectivement, cette prise en charge est une première étape
30:43et c'est une étape extrêmement importante pour les patients.
30:46Et pour vous ?
30:47Et pour nous, c'est très important aussi parce que...
30:49Et c'est important sur le plan parce que vous pensez que ça va vous ouvrir encore plus le marché
30:54ou pas ?
30:54Vous en fournie combien aujourd'hui du Moudjaro en France, par exemple ?
30:57Aujourd'hui, il y a à peu près 140 000 patients qui sont traités par les deux produits
31:05et nous avons une part de marché de 60%.
31:07Et à l'initiation, on en a 7 patients sur 10 qui vont prendre notre produit.
31:11À l'échelle mondiale, on a également des parts de marché similaires.
31:14Non, mais je pense que pour revenir à cette question,
31:17la deuxième grosse nouveauté, c'est que ce produit, si vous voulez,
31:21pour le dire très clairement, c'est l'illustration de notre capacité à innover.
31:26Nous avons un produit qui est un produit également comparable à celui de notre concurrent et ami,
31:33qui est un analogue du GLP1.
31:35Donc, il travaille sur un seul récepteur.
31:37Et notre produit est un produit qui lui fait la même chose.
31:40On a développé cet autre produit qui agit sur deux récepteurs.
31:43Et en agissant en fait sur deux récepteurs,
31:45vous allez aller chercher des bénéfices supplémentaires dans l'efficacité, dans la rapidité.
31:49Et c'est d'ailleurs pas seulement dans l'obésité,
31:52mais c'est également dans le diabète que c'est important.
31:53Bien sûr, parce que c'est les deux...
31:56C'est très important.
31:57Le réseau pour lesquels vous prenez le Moudjaro.
32:00Voilà, le produit va être remboursé dans le diabète au même titre que les autres produits,
32:04donc sans toutes les contraintes.
32:05Et il va être remboursé dans l'obésité, pour l'obésité sévère.
32:08Et il est disponible pour la troisième partie des patients, sans remboursement.
32:12Marcel Jandert, ça fait combien de temps ?
32:13Parce qu'est-ce qu'on commence à avoir un petit peu de recul ?
32:15Parce que c'est ce qu'on voit beaucoup, ça bouscule quand même beaucoup notre société,
32:23ces médicaments anti-obésité, surtout aux États-Unis.
32:26Ça va loin, puisqu'on dit même que les restaurants à New York,
32:29maintenant, vous servent des portions beaucoup plus petites,
32:31parce que tout le monde prend là-bas des médicaments anti-obésité.
32:34On a un peu de recul sur les effets secondaires de ces médicaments,
32:37ou c'est beaucoup trop tôt ?
32:38Le recul qu'on a, c'est le recul que nous avons dans les essais cliniques.
32:41Ça fait trois ans, c'est ça ?
32:42Oui, c'est ça, ça fait à peu près trois ans.
32:44Maintenant, je tiens à dire les choses,
32:47nous avons développé la première incritine qui visait ce récepteur, le GLP1,
32:53on l'a développé déjà dans les années 80.
32:54Donc le recul, si vous voulez, il existe depuis longtemps.
32:58Simplement, la technologie s'est améliorée, s'est affinée.
33:00Donc on a un recul assez fort.
33:01Alors c'est quoi les effets secondaires ?
33:03Les effets secondaires, c'est essentiellement de la nausée.
33:06D'accord.
33:06Non mais à terme, est-ce que ça va modifier quelque chose dans dix ans,
33:12pour les gens qui en ont pris ?
33:13Alors, nos essais cliniques, eux, ils s'arrêtent pour le moment,
33:16on a des patients qui sont sous essais cliniques depuis cinq, six ans, si vous voulez.
33:19Donc c'est cette donnée qu'on a.
33:21Par contre, on peut regarder ce qu'on a à travers les patients qui sont sous diabète aujourd'hui.
33:26Et grosso modo, vous retrouvez les mêmes essais.
33:28Vous connaissez le trou de la sécu, Marcel Le Chanteur ?
33:31Oui, il est assez important chaque année.
33:33Oui, 21,6 milliards en 2025.
33:37Il sera de 23 milliards, a priori, en 2026.
33:39Est-ce qu'il fallait vraiment que ça soit remboursé, ces médicaments anti-obésité ?
33:44Je pense que la question, c'est s'ils ne sont pas remboursés, quel est le coût ?
33:47Alors, on a fait le calcul.
33:48Donc il peut s'offrir ?
33:50Non mais la question du coût est vraiment fondamentale.
33:53Et la question du trou de la sécu, elle pose la question du financement du trou de la sécu.
33:56Ça, je suis d'accord.
33:57Mais sur la première question, moi je voudrais la renverser.
34:00Aujourd'hui, le coût de l'obésité non traité, c'est grosso modo entre 16 et 20 milliards.
34:06Juste 10 milliards.
34:07Mais il sort d'où ce chiffre ? Pardonnez-moi, il sort d'où ce chiffre ?
34:09C'est toutes les données scientifiques.
34:11On a deux types de données.
34:12On a les données qui sont des pertes de productivité.
34:14Elle, c'est une estimation aux alentours de 6 à 7 milliards.
34:17Mais ça, c'est au niveau français ?
34:18Oui, oui, non, français, je parle France.
34:2016 à 20 milliards, c'est quand même beaucoup.
34:24C'est entre 16 et 20 milliards.
34:26Pourquoi ? Parce que vous avez une pathologie qui est responsable de 19 autres comorbidités, donc pathologies.
34:31Donc qu'est-ce qui se passe ?
34:32Si vous ne traitez pas, mais vous avez la totale, ça va depuis des problèmes en rhumatologie,
34:37ça va dans les hospitalisations, ça va dans des coûts supplémentaires de médicaments.
34:41Je vous donne un exemple très très concret.
34:43L'OCD a publié un rapport, et le rapport qu'ils ont estimé, c'est que lorsque vous avez un
34:49médicament en moyenne qui agit bien,
34:51il a un rapport économique de 1 à 2.
34:53Dans le cadre de l'obésité, c'est un rapport favorable de 1 à 6.
34:57D'accord.
34:58Pourquoi ? Parce que c'est simplement la mère d'énormément de pathologies.
35:02Je ne sais pas si vous avez vu cette étude.
35:04Elle est sortie il y a très très peu de temps.
35:06Morgan Stanley vient de faire une analyse.
35:08Ça répond un peu à votre question.
35:10qui est de dire, ok, si la tendance de traitement aux Etats-Unis continue comme ça, qu'est-ce qu
35:15'on peut voir ?
35:16Ils estiment, et je les cite eux, ça ce ne sont pas mes chiffres,
35:20ils estiment pour les Etats-Unis un impact sur le PIB entre 0,5 et 1%.
35:25C'est quand même énorme.
35:26Donc vous voyez...
35:27Surtout aux Etats-Unis, même chez nous, oui.
35:29Oui, même chez nous.
35:30Voilà.
35:30Donc, moi je pense que quand on regarde tout ça,
35:34les autorités l'ont ciblé sur une partie très avancée de la pathologie,
35:37avec des critères extrêmement stricts qui permettent d'encadrer ça.
35:41Et je crois que c'est effectivement une très très bonne décision
35:43et que vous allez avoir des effets à moyen terme,
35:46mais aussi des effets assez court terme.
35:48Ce qui est intéressant, on voit qu'on parle beaucoup d'intelligence artificielle,
35:52on parle beaucoup aussi de la tech du digital,
35:55et en fait il y a une relation quand même très très forte entre le digital et la santé.
35:59Vous en êtes une illustration, je crois,
36:01parce que vous avez un des plus grands calculateurs au monde
36:06qui est basé aux Etats-Unis ?
36:08Oui.
36:09Ça, c'est une histoire assez...
36:12Expliquez-nous comment le digital, que fait ce calculateur
36:15et comment l'intelligence artificielle va justement faire accélérer l'innovation.
36:22Peut-être en vous faisant rêver,
36:23mais peut-être en essayant de ne pas vous faire peur non plus, si vous me permettez.
36:26Donc en vous faisant rêver peut-être quelques secondes,
36:30lorsque l'on regarde une société comme la nôtre
36:32qui est restée finalement par elle-même,
36:35on n'a pas été le fruit de fusion et d'acquisition,
36:37on a énormément de données propriétaires, vous pouvez imaginer.
36:39Qu'est-ce qu'on est capable de faire aujourd'hui, si je le résumais ?
36:41C'est regarder nos succès et reconstruire nos succès.
36:44Qu'est-ce qu'on n'est pas vraiment capable de faire ?
36:46C'est regarder toutes nos données, tous nos échecs et les mettre ensemble.
36:49Ce partenariat, il est assez intéressant.
36:51On a l'IPAD d'un côté qui est notre base de données auquel je fais référence,
36:54et de l'autre côté, on a le supercalculateur en partenariat avec NVIDIA.
36:58On est capable de retravailler toutes nos bases de données,
37:02ça va nous permettre de faire un criblage de molécules comme jamais on a imaginé,
37:06rétrospectivement de regarder nos erreurs et prospectivement d'aller de l'avant.
37:09Donc ça nous permet de faire quoi ?
37:10Je vous donne un exemple concret.
37:11Aujourd'hui, on est dans ces histoires de supercalculateurs depuis longtemps.
37:16Simplement à ce stade-ci, on vient de passer à une autre étape.
37:19Mais on est dans les supercalculateurs depuis les années 80.
37:22Et là, il y a une autre étape avec la intelligence artificielle.
37:24Oui, j'y viens.
37:25On est trois ans et demi plus rapide, déjà maintenant,
37:28trois ans et demi plus rapide que la moyenne de la pharma
37:30pour sortir un produit entre les premiers candidats
37:33et l'autorisation de mise sur le marché.
37:35Avec ce type de données, nous pensons qu'on va pouvoir aller beaucoup plus loin
37:38et explorer beaucoup plus loin.
37:40La puissance de l'histoire, pour aller sur la NASA,
37:44l'ordinateur NASA traitait 14 000 opérations par seconde.
37:47Celui-ci, il traite 9 000 milliards d'opérations par seconde.
37:50Donc, c'est toujours sous la supervision d'un chercheur,
37:53mais c'est un exosquelette pour nos chercheurs
37:55qui va permettre surtout de trouver très rapidement des voies sans issue
37:59et d'en imaginer d'autres.
38:01Est-ce que vous avez fait passer dans la moulinette de votre supercalculateur
38:05ce médicament contre les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin
38:10que développe Abivax ?
38:12Parce que vous avez vu qu'Abivax, ils ont perdu 43% en bourse aujourd'hui.
38:17Alors, non.
38:19Non ?
38:19Non.
38:20Est-ce que vous êtes intéressé ?
38:22Alors, je ne ferai évidemment pas de commentaire.
38:24Encore ?
38:25Parce que...
38:25Parce que commentaire, ça veut dire...
38:27Parce que...
38:27Ça veut dire qu'on est intéressé.
38:29Non, pas du tout.
38:30Non, c'est parce que c'est la polémique dure depuis à peu près un an.
38:33Où on dit, tiens, Lili était intéressé, on a vu ceci, on a vu cela.
38:35Donc, je ne ferai aucun commentaire.
38:36Il suffit de dire non et à ce moment-là, la polémique s'éteint.
38:39Non, mais je vais vous dire, les choses évoluent énormément dans notre secteur.
38:44Très honnêtement, les acquisitions, elles évoluent énormément.
38:46Alors, juste pour vous donner un ordre d'inventeur,
38:47on fait une acquisition à peu près toutes nos neuf jours en molécules, en stade précoce.
38:51Donc, je ne vais pas faire un commentaire.
38:52Par contre, ce que je peux vous dire, c'est qu'on a investi sur une société
38:55qui, elle, pourrait vous intéresser, qui est Mabling en 2023.
38:57Elle est à Lyon.
38:59Je ne sais pas si vous connaissez cette société.
39:00Non, mais je ne l'ai pas reçu en plateau.
39:02Parce que là, comme je reçois en plateau,
39:04et que l'actualité, c'est qu'Abivax a perdu 43%.
39:06Vous voyez, moi, c'est mon métier, donc c'est de vous poser la question.
39:09Voilà.
39:10Et moi, ma réponse, je ne peux pas vous dire honnêtement.
39:12Au moment où je vous parle, on n'est pas en deal avec le...
39:17Ah non, mais pas en deal.
39:17Mais est-ce que c'est un...
39:18Je ne me demande pas si vous êtes en deal.
39:19Je vous demande si ça vous intéresse.
39:23Au vu du profil de société qu'on regarde,
39:26ce type de société nous intéresse aussi.
39:27Parce que tout ce qui est en stade précoce, c'est ce qui nous intéresse.
39:29Eh bien, voilà.
39:30Voilà.
39:30Non, mais comme ça, c'est intéressant.
39:32On a une réponse après, surtout avec ce qui se passe, il faut vérifier.
39:36Non, mais c'est vrai que nous, ce qu'on regarde, c'est ce qui est en stade précoce.
39:37Vous êtes intéressé par Abivax.
39:38Non, je n'ai pas dit ça.
39:40Si, vous dites que ça m'intéresse.
39:41Ah non, non, non.
39:42J'ai dit qu'on est intéressé par tout ce qui est en stade précoce
39:44et qui est en synergie avec ce qu'on a.
39:45D'accord.
39:45Je tiens à le corriger.
39:46Comme Abivax.
39:48Vous le dites.
39:50Marcel Le Chanteur, revenons quand même.
39:52Ça veut dire que lorsqu'on regarde l'innovation, vous l'avez dit,
39:59je crois que vous avez, d'abord, vous investissez 20% dans la recherche et développement.
40:06Mais c'est énorme parce que ça ne fit, je crois que c'est autour de 5%,
40:09quelque chose comme ça.
40:10La moyenne de la pharma telle qu'elle est publiée par le LEM,
40:13c'est aux alentours de 9-10%.
40:15Donc, on est à plus du double.
40:17On a 24% des effectifs qui sont braqués sur la RND.
40:20Mais vous savez, on a une stratégie qui est assez simple.
40:22Elle dépend complètement de ça.
40:24Je n'ai pas de diversification.
40:25On n'a pas de diversification dans le générique, dans les produits de comptoir, etc.
40:28Donc, il faut vraiment trouver.
40:31Et l'idée, là derrière, c'est d'essayer d'être vraiment à la pointe pour créer des ruptures.
40:35C'est ça qu'on est en train de faire.
40:36Donc, je vous donne juste un exemple, pour moi, du paradigme qui change le plus
40:41sur les 35 ans dans lesquels j'ai opéré dans l'entreprise.
40:45On était dans un système qui, historiquement, avait tendance, si vous voulez,
40:48à coupler la nouvelle molécule ou la nouveauté avec la fin
40:51ou avec l'expiration du brevet de la précédente,
40:54pour une série de raisons que je ne vais pas développer.
40:55Aujourd'hui, il ne vous a pas échappé que ce produit dont vous parliez, le Moudjaro,
41:00sort alors même que notre autre produit, le Trulicity, est toujours protégé par des brevets.
41:06Et au même moment, nous attendons à la fin de l'année une autorisation de mise sur le marché
41:10pour un traitement oral, également dans le traitement du poids et du diabète,
41:14qui n'est pas encore commercialisé.
41:15Et nous venons de sortir en parallèle des données à ce trimestre-ci sur un triple agoniste.
41:21Donc, en fait, ce qui est en train de changer, ce n'est pas seulement l'échelle,
41:24mais c'est également la rapidité.
41:26Oui, c'est ça.
41:26La pilule, justement, qui remplacera, on fait une piqûre quand on prend du Moudjaro ou du Wegovy,
41:34est-ce que la pilule, ça sera pour quand, vous pensez ?
41:38Donc, une pilule anti-obésité et anti-diabète, ça va changer parce qu'il y a une chaîne du froid.
41:45Donc, toute la difficulté, l'angoisse, notamment pour les diabétiques, c'est la rupture de la chaîne de froid.
41:51Si on a une pilule, ça sera complètement différent.
41:53Oui, je pense que c'est intéressant parce que c'est une innovation, en fait, sur le format qui est
41:58fondamentale,
41:59parce que c'est très compliqué, en fait, de faire ça.
42:01Parce que c'est un produit que vous pouvez prendre indépendamment de toute prise de repas,
42:05ou c'est quand vous voulez, comme vous voulez, si je puis dire,
42:07avec des résultats qui sont quand même assez proches de ce qu'on peut avoir sur un produit injectable de
42:13première génération.
42:15Donc, effectivement, vous êtes absolument dans le mille.
42:17Il y a plein d'endroits où les chaînes du froid sont compliquées.
42:19Donc, ça, ça va résoudre un problème.
42:21Il y a des gens aussi qui ont très peur des injections.
42:23Et nous pensons aussi que ça peut servir, on a des données qui sont assez intéressantes,
42:26de relais pour maintenir les gains qu'on a eus.
42:29Donc, je pense que c'est une grosse innovation.
42:30Mais le point que je veux faire, c'est la rapidité avec laquelle on arrive.
42:35Alors, notre dirigeant qui est en charge des plateformes IA vient de chez Apple.
42:39Il a fait 10 ans chez Apple, donc je fais juste une comparaison.
42:41Mais c'est assez intéressant parce que vous êtes chez Apple aujourd'hui.
42:43Qu'est-ce que vous voyez ?
42:44Ils commercialisent un iPhone 16, mais ils commercialisent un iPhone 11, 10, 12.
42:48En fait, on n'avait pas l'habitude de faire ça dans un pharma.
42:50Nous, nous allons commercialiser dans le diabète et l'obésité toute une série d'innovations.
42:53Et les patients vont pouvoir, et les médecins, choisir finalement celle qui leur correspond le plus.
42:58Et ça, dans un temps absolument record.
43:00Donc, ça va nous mettre sous pression pour la vague d'innovation suivante de manière absolument colossale.
43:05Il y a beaucoup d'innovation, vous venez d'en parler, dans votre secteur de la pharmacie.
43:10Beaucoup d'innovation aussi dans les cancers.
43:12Il y a beaucoup d'innovation dans la maladie d'Alzheimer.
43:15Je crois aussi que vous êtes assez présent.
43:18Certains s'inquiètent en disant, mais en fait, en France, on ne va pas avoir accès à ces médicaments
43:23parce que ça coûte trop cher et que la Sécu est contre le remboursement de ces médicaments.
43:29On ne pourra pas, nous, Français, se les offrir.
43:32C'est vrai ? Ce n'est pas vrai ?
43:33Je pense que ce qui se pose, il y a deux questions qui sont quand même extrêmement importantes.
43:38C'est tout le financement de la Sécurité sociale.
43:40Ça, je vais laisser cette responsabilité aux politiques.
43:42Mais je pense que le médicament, en réalité, c'est pratiquement la seule solution aujourd'hui
43:47pour optimiser, quelque part, lorsque vous êtes face à une épidémie ou une maladie très grave.
43:52En fait, si vous n'avez pas de médicament, la seule voie qui vous reste, c'est de l'hospitalisation.
43:56Et ce sont des coûts astronomiques.
43:58Le problème que ça pose, c'est comment on se réorganise une fois qu'on a cette innovation.
44:02Qu'est-ce que cette innovation change ?
44:03Pas simplement chez le patient, chez vous, chez moi, mais aussi dans l'organisation des soins.
44:07Je pense que si on ne travaille pas cette partie-là de l'équation au moment où on amène des
44:12innovations de rupture
44:13comme celle dont on parle, alors, effectivement, on est dans une mauvaise partie de l'équation.
44:17Parce que vous financez un médicament et vous n'êtes pas en train de profiter de cette innovation
44:21pour revoir, finalement, l'organisation des soins que vous êtes en train de faire derrière.
44:25Ça, ce n'est pas évident à faire, mais ça va devoir être fait.
44:29Donc, moi, je reste assez optimiste.
44:31Je pense que le pays, s'il a une vision d'un médicament qui est important, qui est fort,
44:38si on veut créer une industrie, si on veut créer des essais cliniques,
44:41je pense qu'on est capable de mêler les deux.
44:43Mais ça va demander une vision qui est un peu plus organisée.
44:46Or, aujourd'hui, vous l'avez vu, on traite les problèmes séparément.
44:49On traite le problème de la sécurité sociale séparément, celui de l'industrie séparément.
44:53Et ça, c'est un problème.
44:54Pardonnez-moi si je veux avoir une réponse un peu plus concise, peut-être, sur cette question
45:02de savoir si on pourra trouver ces médicaments en France.
45:05Vous nous dites oui ou vous nous dites non ?
45:07Je pense que si on prend quelques mesures, on pourra les trouver.
45:10C'est ça, mais pour l'instant, non.
45:11Il y a des mesures qui doivent être prises, impérativement.
45:14Et on les discute d'ailleurs de manière très ouverte et transparente avec les autorités.
45:17Parce que lorsqu'on écoute votre syndicat des laboratoires pharmaceutiques,
45:21c'est vous qui m'y faites penser, le LEM, il dit qu'en France,
45:24ça devient très, très difficile pour l'industrie pharmaceutique.
45:27Est-ce que vous partagez ce sentiment ?
45:29Oui, vous l'avez vu.
45:31Je regardais les rapports et les discussions qu'il y a eu sur votre chaîne,
45:33sur Choose France, etc.
45:34Je crois que vous avez signalé le fait que les investissements,
45:37notamment dans la pharma, étaient un petit peu en train de régresser.
45:41Je crois qu'en fait, la problématique, elle est suivante.
45:43Il y a la manière de regarder les choses.
45:46Elle a tendance à se faire par rapport à nous-mêmes.
45:49Et donc, dans ce cas-là, les gens disent, finalement, ça ne va pas si mal.
45:52Mais en fait, la question, c'est de reposer le problème de manière compétitive.
45:56Qu'est-ce que les autres pays ont fait autour de nous ?
45:58Il y a des tas d'autres pays qui ont commencé à faire du Choose France,
46:00Choose Germany, Choose Italy, Choose Spain.
46:01Et ils ont très bien exécuté ces programmes, point un.
46:04Point deux, je pense que les pays autour de nous
46:08ont pris des mesures beaucoup plus agressives,
46:11intra-européennes et surtout aux États-Unis.
46:13Mais quels sont les mesures ?
46:13C'est très simple, c'est la cohérence, c'est l'homogénéité.
46:16Je vous donne un exemple.
46:18Vous ne pouvez pas avoir une politique industrielle
46:20qui cherche à relocaliser sur le pays
46:22et pratiquer en même temps des prix nets, bas, les plus bas d'Europe.
46:27Ça, c'est une incohérence.
46:28Ce n'est pas possible.
46:29Mais est-ce que vous pouvez agir là-dessus ?
46:30Oui, c'est un choix.
46:32C'était comme ça avant.
46:34Et puis, on voit bien que ça a été long d'âme.
46:37L'objectif de santé a été réduit de plus en plus,
46:41contraint, si vous voulez.
46:42Du coup, ça devient très compliqué pour les labos pharmaceutiques.
46:46Vous êtes d'accord avec moi ?
46:47Absolument.
46:47Et d'ailleurs, après, vous avez parfois des mesures
46:50qui ne sont pas des mesures de coût,
46:51mais des mesures administratives.
46:52Les essais cliniques, nous, nous avons, au moment où je vous parle,
46:56on a 1 600 patients dans des essais cliniques.
46:59Donc, c'est énorme.
47:0090 essais cliniques.
47:01Si vous demandez la première chose que je voudrais,
47:03ce n'est pas une question de coût de ces essais cliniques.
47:05C'est une question de bureaucratie administrative
47:06pour réduire le temps, pour être compétitif à l'extérieur.
47:09Donc, vous voyez, ça, ça n'a plus rien à voir avec...
47:11Vous avez de la recherche en France ?
47:12Oui.
47:13Ce que je vous disais, on a un centre de recherche Mabling à Lyon.
47:16Ça, c'est une chose.
47:17D'accord ?
47:17Cette société a développé une technologie qui est très intéressante.
47:21Je vous passe les détails, mais c'est un missile guidé
47:24qui vous permet de mettre de la chimiothérapie dessus
47:27et qui fait que si vous étiez traité pour un cancer sévère,
47:30au lieu d'avoir une chimiothérapie qui touche tout votre corps,
47:33ça va aller directement à l'endroit où il faut.
47:34Donc, ça, c'est 1.
47:352. On a de la recherche clinique au niveau de ces 100 patients,
47:3890 essais cliniques, qui sont répartis selon les classes thérapeutiques.
47:41Merci beaucoup, Marcel.
47:42J'entends, très intéressant, parce que justement,
47:44au moins, justement, vous expliquez un peu tous les enjeux,
47:46mais en même temps, un discours plutôt positif.
47:49Merci d'avoir été avec nous.
47:50Je suis enthousiaste.
47:51Si je ne le suis pas, ça va être très problématique pour le futur.
47:54Merci beaucoup.
47:55Merci beaucoup, Marcel Le Chanteur,
47:57donc le président de Lili pour la France.
47:59Voilà, c'est la fin du 18-19.
48:00Bien sûr, on se retrouve demain.
48:01Tout de suite, Stéphanie Collot pour son journal de l'écho.
48:04Et donc, bonne soirée, très bonne soirée même.
48:09Le 18-19 d'Edwige Chevrillon sur BFM Business.
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