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  • il y a 3 mois
Lundi 22 juin, Stéphanie Coleau a reçu Santiago Gucci, président de la holding d’IKKS, directeur France d’Argus média, Gautier le Molgat, directeur France d’Argus média, Mathieu Jolivet, journaliste BFM Business, et Catherine Mathieu, économiste du Royaume-Uni à l'OFCE , dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19, Stéphanie Collomb.
00:08Soyez les bienvenus dans le 18-19. Au menu ce soir, Keir Starmer jette l'éponge.
00:13Le Premier ministre britannique démissionne pressé par son propre camp.
00:17Le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans.
00:21Quel bilan tiré de ces deux années passées au pouvoir ? Dans quel état est l'économie britannique ?
00:26Alors que le référendum du Brexit fête ses dix ans demain, quel est le profil d'Undi Burnham ?
00:32Pressenti pour lui succéder, on fait le point avec Catherine Mathieu, économiste à l'OFCE, spécialiste de l'économie britannique.
00:38Dans un instant, les mauvaises nouvelles s'accumulent sur les marchés agricoles.
00:42Entre la guerre au Moyen-Orient, l'ouverture du détroit d'Hormuz toujours incertaine,
00:46les hausses des engrais et une canicule précoce en France.
00:50Est-ce qu'on est en train d'entrer dans une hausse de très fortes tensions sur les marchés agricoles
00:55?
00:55On verra ça avec le directeur d'Argus Média dans moins d'une demi-heure.
00:59Et puis le secteur du retail est moribond avec des fermetures de boutiques qui se multiplient ces dernières années en
01:05France.
01:06Pourtant, il y a un homme qui y croit encore, Santiago Cucci,
01:10qui a repris IKKS à la barre du tribunal de commerce il y a six mois.
01:14Et aujourd'hui, il vise une croissance à deux chiffres dès l'an prochain.
01:18Il nous dira comment à 18h45.
01:22Mais pour l'instant, c'est l'heure du journal avec Arwan Maurice.
01:28Bonsoir Erwan.
01:29Bonsoir Stéphanie, bonsoir à tous.
01:30Et dix ans après le vote du Brexit, le Royaume-Uni traverse une nouvelle crise politique.
01:35Le Premier ministre Keir Starmer a annoncé ce matin sa démission.
01:38C'est donc un sixième chef de gouvernement qui va devoir être choisi en seulement sept ans.
01:42On retrouve notre correspondant à Londres.
01:45Bonsoir Baptiste Muckensturm.
01:47Un homme est pressenti pour succéder à Keir Starmer.
01:50On le disait, il s'agit du travailliste Andy Burnham, ex-maire de la métropole de Manchester,
01:55et victorieux lors d'une législative partielle la semaine dernière.
01:58Baptiste, la pression était forte au sein du parti pour un remplacement.
02:02Est-ce son impopularité qui a donc coûté son poste au Premier ministre ?
02:06Oui, absolument Erwan, à commencer par l'impopularité de Starmer au sein même du Labour.
02:13La voix ce matin du Premier ministre s'est soudainement cassée lorsqu'il a évoqué les élus travaillistes
02:19qui ne veulent pas de lui pour mener le parti aux prochaines élections générales
02:23et mener notamment le combat contre Réforme UK, le parti d'extrême droite de Nigel Farage.
02:29Je l'accepte avec bonne grâce, a dit Starmer, des sanglots dans la voix.
02:34Et puis pourtant, il y a deux ans, les électeurs, les chefs d'entreprise, les investisseurs,
02:39les dirigeants étrangers espéraient que son gouvernement allait marquer une rupture
02:43après 14 années de tumultueux règne conservateur et surtout après le chaos du Brexit.
02:50En fait, les détracteurs de Starmer aujourd'hui lui reprochent son manque de leadership,
02:55son manque de charisme, son incapacité à trancher entre le financement de l'État-providence
03:00et le renflouement de l'État.
03:04Les erreurs, on en a beaucoup parlé, de la nomination de Peter Mandelson,
03:08proche de Jeffrey Epstein à l'ambassade des États-Unis,
03:10aux suppressions d'aide aux retraités.
03:13Si Burnham, qui arrive d'ailleurs aujourd'hui à Londres en provenant de Manchester
03:17et choisi par les élus travaillistes pour prendre la tête du parti travailliste,
03:21eh bien la succession aura lieu au cœur du mois de juillet.
03:25Baptiste, quelles conséquences cette démission peut-elle aussi avoir
03:27sur le rapprochement avec l'Union européenne ?
03:31On peut dire qu'Andy Burnham est un Européen convaincu,
03:35mais sur le long terme, puisqu'il a dit publiquement qu'il souhaitait un retour
03:40du Royaume-Uni dans l'Union européenne, de son vivant.
03:45Andy Burnham, je rappelle, a 56 ans, donc rien n'est exclu.
03:48À court terme néanmoins, le probable futur Premier ministre affiche un réalisme tout à fait strict,
03:55un réalisme électoral, il ne rouvrira sûrement pas rapidement le débat du Brexit s'il accède au pouvoir.
04:01En effet, si on écoute, si on lit un peu ses premières déclarations,
04:04on voit qu'il se concentre sur les questions nationales, les questions du service public,
04:09notamment de l'eau, de l'électricité, et bien sûr la question du coût de la vie,
04:13pour éviter de bloquer le pays dans une impasse politique qui est déjà assez avancée ici.
04:18Il y a quand même une petite stratégie de rapprochement à petits pas qu'on pourrait envisager.
04:25S'il privilégierait sûrement une coopération sur des dossiers un peu spécifiques,
04:30on pense notamment à la sécurité autour de l'Europe,
04:36notamment à la conclusion d'un véritable traité sur les cybermenaces et sur les risques hybrides.
04:42En tout cas, c'est ce qu'on dit aujourd'hui à Londres.
04:44Baptiste Muckenstorne depuis Londres pour BFM Business.
04:46Merci beaucoup Baptiste.
04:4918h05 est l'actualité internationale de ce lundi.
04:51C'est aussi la première séance de négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
04:55qui a visiblement été fructueuse.
04:57Américains et Iraniens se sont entendus sur la mise en place d'une cellule de gestion des conflits
05:02afin de stopper les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban.
05:05Sur Hormuz, une ligne de communication doit aussi être mise en place
05:08dans le but de prévenir les incidents et d'assurer un passage sûr pour les navires commerciaux.
05:12Les Etats-Unis qui se félicitent de ces avancées annoncent suspendre leurs sanctions sur le pétrole iranien
05:17jusqu'à la fin des négociations, soit le 21 août.
05:19Le vice-président des Etats-Unis, Jay Devens, annonce aussi
05:23que Téhéran accepte le retour d'inspecteur de l'Agence internationale de l'énergie atomique dans le pays.
05:29Ce nouveau rebondissement dans l'affrontement entre Pékin et Washington.
05:33La Chine impose de nouvelles restrictions à 10 entreprises et entités américaines.
05:37Des filiales de Boeing et de Lockheed Martin se sont concernées.
05:40C'est la réponse à la décision du Pentagone il y a quelques jours
05:44d'inscrire de nouvelles entreprises chinoises sur liste noire.
05:47La défense américaine les suspectant de travailler avec l'armée.
05:50La France et l'Allemagne sceillent une nouvelle union dans la défense.
05:53Paris et Berlin annoncent qu'ils vont devenir co-actionnaires de KNDS,
05:57le fabricant de chars et de munitions.
05:59Le groupe franco-allemand doit maintenant dévoiler les modalités de son introduction en bourse.
06:04Les explications de Mathieu Pêche-Berti.
06:06L'Etat allemand va débourser plus de 6 milliards d'euros
06:09pour acheter 40% de KNDS à la famille fondatrice, les Wegmans.
06:13De son côté, la France, qui y détient déjà la moitié du capital,
06:16en cédera 10% lors de l'introduction en bourse du groupe.
06:19Bercy va ainsi engranger au moins 1,5 milliard d'euros.
06:23Les investisseurs vont pouvoir acheter 20% de KNDS aux côtés de la France et de l'Allemagne
06:27qui en conserveront 40% chacun, en tout cas pour le moment.
06:32Les deux États prévoient de réexaminer régulièrement
06:34leur niveau de détention du capital de fabricants de chars.
06:38Ils pourraient réduire leur participation d'ici 3 à 5 ans,
06:41autour de 30 à 35% chacun, pour accroître le flottant de KNDS en bourse.
06:46Mais l'Elysée insiste sur l'engagement de long terme des deux actionnaires publics.
06:50La première cotation doit intervenir mi-juillet.
06:53Et même si les valeurs de défense ont baissé en bourse,
06:56KNDS vise plus de 15 milliards d'euros de capitalisation.
07:00Le groupe affiche un chiffre d'affaires de 4,4 milliards d'euros,
07:04en hausse de 16%, qui génère 15% de marge opérationnelle.
07:07Dans l'actualité des entreprises, toujours cette acquisition de Danone en Australie.
07:12Le géant français met la main sur le groupe Made,
07:14spécialisé dans les produits laitiers protéinés,
07:17opération estimée à 1 milliard d'euros selon l'AFP.
07:19L'acquisition s'inscrit dans le plan de relance du groupe,
07:22qui mêle croissance interne et investissement externe.
07:25D'après Danone, Made devrait générer 300 millions d'euros de vente cette année.
07:29La canicule est une journée difficile dans les établissements scolaires.
07:33Plus de 1300 sont restés fermés ce lundi.
07:35La région Île-de-France annonce débloquer 1 million d'euros pour les centres d'examen.
07:39Une enveloppe qui doit leur permettre de s'équiper en ventilateur et brumisateur
07:43durant les prochains pics de chaleur.
07:44Et puis, l'ancien patron de la Fed, Alan Greenspan, est mort aujourd'hui à l'âge de 100 ans.
07:51Il avait 80 ans lorsqu'il a quitté la Banque Centrale en 2006.
07:54Après 18 années à sa tête, la Fed salue son héritage,
07:58estimant qu'il a œuvré à bâtir la crédibilité de l'institution.
08:0218h08, les marchés.
08:04Votre rendez-vous avec Silex.
08:06Produits structurés, allocations de portefeuille, technologies.
08:09Silex accompagne les investisseurs professionnels à chaque étape clé.
08:12Votre rendez-vous avec Banque Populaire.
08:15À vos côtés pour prévoir votre avenir et protéger vos proches.
08:17Banque Populaire, la réussite est en vous.
08:23Bonsoir Antoine Largonnerie.
08:24Bonsoir Réwan, bonsoir Stéphanie.
08:25Bonsoir Antoine.
08:26Et c'est donc du rouge à la Bourse de Paris.
08:28Une légère baisse, moins 0,25% pour le CAC 40 pour commencer cette semaine.
08:32Bon, on reste quand même à 8400 points.
08:34Mais à noter la surperformance de l'Euronext Tech Leaders,
08:37qui a pris 0,14% et très nette supériorité de Francfort,
08:42qui a gagné 0,6% et même de Madrid, plus 1%.
08:44Mais qu'est-ce qui a provoqué cette contre-performance du CAC 40 ?
08:48C'est logique, c'est Hermès, qui a reculé de 5,8% à 1620 euros,
08:52après un abaissement de recommandations de Kepler-Chevreux,
08:55qui a entraîné à sa suite l'ensemble du secteur du luxe,
08:57qui avait plutôt bien performé sur les dernières semaines.
09:00Donc des prises de profit, qui ont touché aussi LVMH,
09:03qui a perdu 3,6% à 481,35 euros.
09:06À noter Unibail-Rodamco-Westfield, plus forte hausse du CAC.
09:09Là, ça s'est joué au fixing.
09:11Plus 1,6% à 100,30 euros.
09:13Et puis Soitec, la tech était vraiment en forme.
09:16Plus 9,2% plus forte hausse de l'indice SBF 120 à 129,45 euros.
09:21Les volumes d'échanges étaient assez élevés du côté de Paris.
09:244,9 milliards d'euros d'actions négociées.
09:26Une baisse de 0,25% au fixing, 8400 points.
09:29Merci Antoine, merci Erwan.
09:31On vous retrouve à 19h pour le 19h éco.
09:34Dans un instant, on va revenir sur la démission de Keir Starmer au Royaume-Uni.
09:38Quel bilan tirer de ces deux années au pouvoir ?
09:41Dans quel état est l'économie britannique ?
09:42Alors que le référendum sur le Brexit fait ses 10 ans demain.
09:46On en parle dans un instant.
09:47A tout de suite.
09:49BFM Business et la Tribune présente
09:54Le 18-19, Stéphanie Collomb.
09:58Bienvenue dans le 18-19.
10:00Le Premier ministre travailliste Keir Starmer a donc démissionné aujourd'hui.
10:04Après deux ans passés à Downing Street, son principal rival Andy Burnham
10:08semble en position de force pour lui succéder à la tête du Labour et à Downing Street.
10:14Démission qui intervient à la veille du 10e anniversaire du vote du Brexit.
10:19On fait le point avec Catherine Mathieu.
10:21Bonsoir.
10:21Bonsoir.
10:22Vous êtes économiste à l'OFCE, spécialiste de l'économie britannique.
10:25Et Mathieu Jolivet, éditorialiste international à BFM Business.
10:29Des semaines qu'il était dos au mur, Keir Starmer démissionne donc.
10:33Catherine Mathieu, cette situation était devenue intenable pour lui ?
10:38Oui, tout à fait.
10:39Ça fait vraiment de nombreuses semaines, même maintenant des mois,
10:42qu'y compris au sein du parti travailliste, on réclamait le départ de Keir Starmer
10:46qui s'est trouvé de façon très étonnante après ce succès électoral fantastique.
10:50En juillet 2024, un nombre de députés travaillistes qu'on n'avait jamais connus précédemment
10:55qui s'est renouvé très vite dans des situations très difficiles sur le plan politique
11:02avec des questions autour de ses conseillers, des conseillers qu'il avait choisis,
11:06des choix qu'il avait faits.
11:08Et il a dû faire renouveler ses équipes très rapidement jusqu'à l'affaire Mandelson
11:14aussi qui lui a coûté de la possibilité.
11:17Il y a l'affaire Epstein pour Mandelson.
11:20Effectivement, il avait choisi, Keir Starmer, de nommer Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis
11:27alors qu'on savait déjà qu'il y avait une histoire autour des liens entre Mandelson et Epstein.
11:35Et malgré tout, Keir Starmer avait choisi de nommer Mandelson à ce poste très important aux États-Unis.
11:42Et toutes ces questions, finalement, lui ont coûté beaucoup au sein du parti travailliste.
11:48Et l'économie aussi, on va en parler, l'état de santé de l'économie britannique.
11:52Mais d'abord, une réaction sur les marchés.
11:55La livre sterling était seulement en très légère baisse.
11:58Est-ce que ça veut dire que les marchés ont déjà intégré, finalement,
12:00cette nouvelle crise politique au sommet de l'État ?
12:03Oui, je dirais même que les marchés ont déjà intégré le fait que Keir Starmer devrait partir.
12:08Surtout si Andy Burnham, le précédent maire de Manchester,
12:13qui s'est présenté aux élections locales il y a la semaine dernière,
12:16le 18 juin de Makerfield, et qui a été brillamment élu, était élu.
12:20Et là, on savait que tout allait se dérouler avec, très probablement,
12:24l'arrivée d'Andy Burnham comme chef du parti travailliste, puis comme Premier ministre.
12:30Mathieu ?
12:30Concernant les marchés, c'est vrai qu'ils ont intégré cette donne.
12:34Et surtout, ils ont intégré le fait qu'il n'y aurait pas, cette fois-ci,
12:37et je parle aussi sous votre contrôle, mais d'effet listreux.
12:40C'est-à-dire que j'ai quand même le sentiment que sur Keir Starmer,
12:44il y a effectivement des faux pas, des va-et-vient par rapport à ses promesses initiales,
12:50peut-être des mesures qui ont été mal vécues et jugées assez maladroites,
12:56notamment dès qu'il est arrivé au pouvoir il y a deux ans,
12:59la suppression d'une allocation d'aide pour le fioul
13:03qui allait toucher pas loin de 10 millions de retraités en Grande-Bretagne,
13:08si bien qu'il a dû faire des allers-retours plusieurs mois plus tard.
13:11Il a dû faire marche arrière, oui.
13:12Il a dû faire marche arrière, exactement.
13:14Donc voilà, il y a eu une série de faux pas sur lesquels il a été sanctionné,
13:17et effectivement, cette affaire Peter Mendelsohn.
13:19Mais en revanche, les institutions, elles, ont l'air de tenir.
13:23Ce que les investisseurs et les marchés regardent,
13:25c'est quand même ce que dit et ce que fait la Banque d'Angleterre,
13:28et ce qui se passe et les projections sur les finances publiques
13:32est listreuse du jour au lendemain.
13:34Elle disait au marché, je coupe à la hache des rentrées fiscales pérennes
13:44pour, à plus long terme, obtenir peut-être des gains de croissance.
13:48Mais en gros, elle faisait tapis sur les finances publiques.
13:53Et ça, les marchés lui ont mis un stop tout de suite,
13:55et elle a dû démissionner du jour au lendemain.
13:56On n'est pas du tout dans la même situation, je crois, avec Instagram.
13:59Oui, tout à fait.
13:59Parce qu'effectivement, les éléments que vous mentionnez
14:01sur les mesures de politique sociale
14:03qui ont été prises par Kirstarmer et son gouvernement
14:05très peu de temps après l'arrivée au pouvoir,
14:07cette allocation chauffage pour les retraités,
14:09ce plafonnement des allocations familiales
14:12pour les familles avec plus de deux enfants,
14:15ça a coûté des voix à Kirstarmer
14:17auprès des électeurs travaillistes.
14:20Mais du point de vue des marchés financiers,
14:21Kirstarmer est arrivé en montrant une très grande rigueur
14:25sur le plan budgétaire.
14:26Il était très rassurant pour les marchés,
14:28contrairement à l'istreuse.
14:30Et aujourd'hui, Andy Burnham,
14:32qui est probablement le prochain Premier ministre britannique,
14:35se met aussi dans la situation de dire
14:37qu'il respectera les règles budgétaires
14:39qui étaient dans le programme électoral en 2024
14:42des travaillistes,
14:43qui amènent à réduire les déficits publics,
14:46à réduire la dette publique.
14:48Donc il se place dans cette situation-là,
14:50ce qui n'était pas le cas il y a quelques mois
14:52où il avait osé dire un jour
14:54« on ne va pas dépendre entièrement des marchés financiers »
14:56et ça avait tout de suite provoqué
14:58une hausse des taux d'intérêt
14:59sur la dette publique à 10 ans.
15:01Et depuis, Andy Burnham est revenu
15:03à une position beaucoup plus rigoureuse
15:05sur le plan budgétaire.
15:06Donc aujourd'hui, ça n'est pas étonnant
15:08que les marchés soient rassurés.
15:10Ça veut dire qu'en fait, pour les marchés,
15:13il y a des projections qui ne sont pas effrayantes
15:15sur le plan des finances publiques.
15:18Et après, dernier signal peut-être sur le plan politique
15:20qui montre que les marchés ont peut-être intégré cette donne,
15:22c'était début mai.
15:24Il y a eu en fait un test local très important
15:26en Grande-Bretagne.
15:27Et là, ça a été un raz-de-marée,
15:29notamment populiste
15:30et qui a touché tout le monde,
15:31les travaillistes, les conservateurs, etc.
15:33Et on a vu des choses qui étaient assez spectaculaires
15:35comme le pays de Galles
15:37qui est un bastion travailliste
15:38qui est tombé
15:41alors qu'il est travailliste depuis presque 30 ans,
15:44depuis 27 ans.
15:45Donc en fait, le 5 mai, la messe était dite.
15:48Donc entre-temps, les marchés ont pu intégrer,
15:50ont pu regarder, ont pu avoir
15:50ces éléments de finances publiques
15:52plutôt rassurants, en tout cas,
15:53qui ne sont pas effrayants,
15:54ce qui montre qu'aujourd'hui,
15:55ça ne fait pas trop bouger les marchés.
15:57Oui, et puis Andy Burnham s'est entouré
15:58de conseillers aussi,
16:01notamment de Richard Huggs,
16:02qui dirigeait l'Office for Budget Responsibility
16:05jusqu'il y a quelque temps,
16:06d'un ancien membre aussi
16:08de la Banque d'Angleterre, Andy Aldan.
16:10Donc il constitue une équipe
16:11qui semble être une équipe
16:12qui rassurera les marchés.
16:15Ça limitera probablement
16:16ses marges de manœuvre,
16:17parce qu'Andy Burnham est connu
16:18pour avoir mis des mesures en place,
16:22notamment à Manchester,
16:23en matière de transports publics,
16:26de favoriser les transports publics,
16:28de baisser les coûts
16:29de ces transports pour les usagers.
16:32Il a mis en avant
16:33un certain nombre aussi
16:35de propositions
16:36d'amélioration des services publics,
16:40mais il va se retrouver
16:41très probablement
16:42dans la même situation
16:43que Kirsten.
16:44C'est ça, c'est ce que j'allais vous demander.
16:46C'est de quelle manière
16:46lui aura plus de marge budgétaire
16:48que Kirsten.
16:50Il hérite de la même situation
16:52et d'une économie britannique
16:53qui résiste néanmoins.
16:56La croissance britannique,
16:57elle est supérieure
16:58à celle de la France
16:59et de l'Allemagne.
16:59Oui, tout à fait.
17:00On a eu depuis,
17:02notamment au premier trimestre,
17:04un très bon premier trimestre
17:05au Royaume-Uni
17:05avec une croissance
17:06de 0,6%.
17:07Et puis sur un an,
17:09on est à un rythme de croissance
17:10d'un peu plus de 1%.
17:11Et effectivement,
17:12l'économie britannique aujourd'hui
17:14ne se porte pas plus mal
17:16que celle de ses principaux
17:18voisins européens.
17:19On a une inflation
17:21qui reste supérieure
17:22à ce qu'on a en France,
17:23mais on a une inflation
17:24à 2,8% sur un an
17:25au Royaume-Uni.
17:26Donc ça n'est pas non plus
17:27dans la situation actuelle
17:28de hausse des coûts de l'énergie,
17:30un chiffre énorme.
17:31Mais les salaires stagnent ?
17:34Les salaires stagnent
17:35en termes réels,
17:37mais donc on a une progression
17:38des salaires
17:39qui reste assez correcte.
17:41Les ménages ne perdent pas
17:42de pouvoir d'achat.
17:43Pour tirer le fil
17:44que vous venez de tendre,
17:45Stéphanie,
17:45je voulais vous poser aussi
17:46cette question,
17:47c'est est-ce que finalement
17:48la recette d'Andy Burnham
17:51à Manchester
17:52ou sur le Grand Manchester
17:53est applicable
17:55à tout le Royaume-Uni ?
17:56Parce qu'on sait
17:56qu'Andy Burnham
17:57porte en bandoulière
17:59ce qu'on appelle
18:00l'école de Manchester,
18:01le Manchesterism
18:03qui est une école politique
18:05de politique économique
18:06qui vise à mettre
18:07le paquet
18:07sur la décentralisation.
18:09Lui, il est sur le paquet
18:11sur des actions publiques,
18:14publiques-privées
18:15au service des citoyens,
18:17au plus près du terrain,
18:18au service du développement économique.
18:21Ça peut paraître
18:21un peu abstrait comme ça,
18:22mais c'est vraiment
18:23une recette
18:23qu'ils ont mis sur les rails
18:25depuis 30 ans
18:25et dont lui a pris le relais
18:27pendant plusieurs années
18:28à Manchester
18:29et qui a porté ses fruits.
18:30Donc est-ce que ça,
18:31c'est applicable ?
18:32Est-ce que ça,
18:33ça peut rassurer les marchés ?
18:34Est-ce que, voilà.
18:35Je pense vraiment
18:36que les marchés aujourd'hui
18:37ne sont pas du tout inquiets
18:38par rapport à l'arrivée
18:39d'Andy Burnham.
18:41Est-ce qu'Andy Burnham
18:42arrivera à répliquer
18:43à une plus grande échelle
18:45ce qu'il a appliqué
18:46à Manchester ?
18:47Ça n'est pas certain.
18:48Le Royaume-Uni
18:49est vraiment très divers.
18:50Il y a eu un dynamisme
18:51effectivement qu'on a vu
18:52à Manchester.
18:53Est-ce qu'on pourra
18:54l'appliquer dans toutes
18:55les régions du Royaume-Uni ?
18:58Je n'en suis pas sûre.
18:59Je crains vraiment
18:59que très vite,
19:02Burnham se trouve
19:03pris lui-même
19:04dans les taux
19:05de ses règles budgétaires.
19:06Aujourd'hui,
19:07on a un déficit public
19:08au Royaume-Uni
19:08qui est de plus de 5%
19:09du produit intérieur brut.
19:11On a une dette publique
19:12qui approche 100%
19:13du produit intérieur brut.
19:14Les marchés vont nécessairement
19:16regarder ces chiffres-là.
19:18Et pour arriver
19:20à mettre en place
19:22des mesures
19:23qui seraient vraiment nécessaires
19:25en termes notamment
19:26de transition écologique,
19:27en termes d'amélioration
19:29des services publics britanniques,
19:30notamment la poursuite
19:31de l'amélioration
19:32dans le secteur de la santé,
19:34il faut des financements.
19:35Et aujourd'hui,
19:36le Royaume-Uni
19:36se trouve dans une situation
19:37où on n'a pas
19:38de financements
19:39très importants
19:40qui peuvent parvenir
19:41de la croissance
19:42parce que même
19:42si on a une croissance
19:43qui tourne autour
19:44de 1,5%,
19:45ça ne permet pas
19:46de dégager beaucoup
19:47de recettes publiques
19:48d'une part.
19:48Et puis d'autre part,
19:49on doit augmenter
19:50les dépenses
19:51dans un secteur,
19:53celui de la défense
19:54qui n'était pas du tout
19:55quelque chose
19:56qu'on envisageait
19:56il y a deux ou trois ans
19:58encore au Royaume-Uni
19:59comme chez nous
20:00et ça ajoute
20:01une contrainte budgétaire
20:02pour le gouvernement actuel.
20:04Au point de ne pas pouvoir
20:05tenir les promesses
20:06du précédent gouvernement
20:07selon vous ?
20:09Là, je ne pourrais pas
20:10le dire aujourd'hui.
20:12On voit bien
20:12que depuis quelques semaines,
20:14cette question par exemple
20:15de la défense
20:16au Royaume-Uni,
20:16il y a eu un ministre,
20:17le ministre de la Défense
20:18qui a démissionné
20:19parce qu'il disait
20:20qu'on ne lui donnait
20:21pas assez de moyens
20:21pour augmenter
20:23les dépenses
20:24de défense
20:25et on voit bien
20:26qu'effectivement,
20:26si on veut augmenter
20:27ces dépenses de défense,
20:28il faut réduire
20:29d'autres dépenses.
20:30Mais lesquelles ?
20:31Et aujourd'hui,
20:32en fait,
20:32on n'arrive pas à voir,
20:34enfin le gouvernement
20:34lui-même n'arrive pas
20:36à voir dans quel secteur
20:37il pourrait dégager
20:38des marges de manœuvre.
20:39Il y a un secteur
20:40dans lequel le gouvernement
20:41actuel a mis
20:43beaucoup d'investissements
20:44qui est le secteur
20:45de la santé
20:45mais le secteur de la santé
20:47au Royaume-Uni,
20:47ça fait des années
20:48qu'on sait qu'il faut
20:49l'améliorer
20:49et donc on commence
20:50tout juste,
20:51voilà,
20:52avoir des baisses
20:52de fil d'attente,
20:53on n'en est qu'au début
20:54de ce processus
20:55et donc des moyens
20:56nécessaires.
20:57Et ce qui est compliqué
20:58sur le plan fiscal,
20:59c'est s'il veut retrouver
21:00des marges de manœuvre
21:01budgétaire,
21:02notamment à court terme,
21:03les trois leviers
21:04les plus faciles,
21:05c'est la TVA,
21:06l'impôt sur le revenu,
21:07les cotisations sociales
21:08et il est sur
21:09un positionnement politique
21:10où c'est assez compliqué
21:12d'aller taper
21:12dans ces trois poches
21:14fiscales-là.
21:15Oui,
21:15dans le programme électoral
21:16des travaillistes,
21:16d'ailleurs,
21:17il y avait l'annonce,
21:18l'engagement
21:18de ne pas augmenter la TVA,
21:20de ne pas augmenter
21:20l'impôt sur le revenu.
21:48Dix ans après le référendum
21:49du Brexit,
21:50Andy Burnham a toujours été
21:52contre la sortie du UK
21:55de l'Union européenne.
21:56En mars dernier,
21:57il l'avait même confié
21:58qu'il était favorable
21:59à un rapprochement
22:00avec l'Union européenne.
22:01Il était au micro
22:02de Nathan Cocampo
22:04pour le BFM Business.
22:05Écoutez.
22:09L'immense majorité des gens,
22:11lorsqu'ils examineront
22:12les faits,
22:13concluront que le Brexit
22:14n'a pas été bénéfique.
22:15Notre économie est aujourd'hui
22:16plus petite.
22:17Nous avons perdu le contrôle
22:19d'une partie
22:19de nos défis migratoires.
22:20Nous sommes dans une position
22:22plus faible aujourd'hui
22:23que nous ne l'étions
22:23il y a dix ans.
22:25Profitons de cet anniversaire
22:26des dix ans pour être honnête.
22:27Disons très bien,
22:29regardons la réalité en face
22:30et ouvrons de nouvelles discussions
22:31pour nous rapprocher à nouveau.
22:35Catherine Mathieu,
22:36est-ce que le prochain
22:37gouvernement travailliste
22:38pourrait négocier
22:39un rapprochement
22:40avec l'Union européenne
22:41ou c'est complètement
22:43derrière les Britanniques ?
22:45On sait que les Britanniques
22:46sont quand même favorables
22:48à un retour
22:49dans l'Union européenne.
22:50Oui,
22:50quand on regarde
22:50les sondages
22:52depuis plusieurs mois
22:53et les sondages
22:54les plus récents
22:54en particulier,
22:55une majorité de Britanniques
22:56est en faveur
22:57d'un retour
22:58du Royaume-Uni
22:59dans l'Union européenne.
22:59Mais quand on demande
23:00aux Britanniques
23:02si ce retour
23:03se fait dans des conditions
23:04différentes de celles
23:05qu'avait le Royaume-Uni
23:06avant de quitter
23:07l'Union européenne,
23:07est-ce que vous êtes
23:08toujours d'accord ?
23:09Et là,
23:09les Britanniques
23:09en majorité
23:10sont contre.
23:11Donc en fait,
23:12il faudrait que le Royaume-Uni
23:13revienne dans les mêmes conditions
23:15qu'il avait avant,
23:16c'est-à-dire la possibilité
23:17de ne pas entrer
23:17dans la zone euro,
23:18de garder sa monnaie.
23:20Se poserait la question
23:22notamment du rabais budgétaire.
23:24Enfin,
23:24il y aurait un certain nombre
23:24de questions
23:25qui seraient à envisager.
23:27Donc on voit bien
23:27que ça prendra du temps.
23:29Mais le gouvernement,
23:31le prochain gouvernement
23:32sera très probablement,
23:33on l'a entendu
23:34dans l'extrait
23:35d'Andy Burnham,
23:36en faveur de la poursuite
23:38d'un rapprochement
23:38avec l'Union européenne.
23:39Ce rapprochement,
23:40il a déjà été
23:40très engagé
23:41par Keir Starmer
23:42qui,
23:43dès qu'il est arrivé
23:43au pouvoir
23:44en juillet 2024,
23:45a dit
23:45je vais réinitialiser
23:46les relations
23:47avec l'Union européenne.
23:48Et il y a eu
23:49des éléments de progression
23:50dans plusieurs domaines,
23:51notamment un accord
23:52phytosanitaire
23:53qui se dessine
23:54et qui devrait être
23:56signé cet été
23:57lors du prochain sommet
23:59Royaume-Uni
23:59européen
24:00qui est prévu
24:01pour le 22 juillet.
24:01Théoriquement,
24:02parce qu'on ne sait pas
24:03s'il est maintenu pour l'instant.
24:04Voilà,
24:04c'était une proposition,
24:06une annonce faite
24:06la semaine dernière
24:07par Keir Starmer.
24:09En tout cas,
24:10dans ce projet,
24:11il y aurait vraiment
24:12du coup le fait,
24:13le retour à une liberté
24:14des échanges
24:16de produits agricoles
24:17et agroalimentaires
24:18entre le Royaume-Uni
24:20et l'Union européenne.
24:20Donc,
24:21c'est déjà un premier pas.
24:22Il y a des discussions
24:23autour d'un programme
24:24Erasmus+,
24:25sur la liberté de circulation
24:27des jeunes travailleurs également.
24:28Donc,
24:29un certain nombre de pas
24:30ont été faits
24:32par l'Union européenne
24:33et le Royaume-Uni
24:34pour rapprocher les relations
24:35et je pense que Burnham
24:36continuera dans cette voie.
24:37Mathieu ?
24:38Oui,
24:38il faut garder à l'esprit
24:39qu'il y a en ce moment
24:40en Grande-Bretagne
24:41un raz-de-marée populiste
24:42et que l'on a vu
24:43notamment lors des dernières élections
24:45avec Nigel Farage
24:46et la montée en puissance
24:47de réforme UK
24:48et que ce sujet du Brexit
24:49est une véritable
24:51nitroglycérine
24:52pour Andy Burnham
24:54qui,
24:55a priori,
24:55ne compte surtout pas
24:57en début de mandat
24:58s'il intègre
24:58le 10 Dunning Street
24:59souffler sur les braises.
25:01Alors,
25:01effectivement,
25:02ce qui se dit là-bas
25:03au Royaume-Uni
25:03c'est qu'il pourrait ouvrir
25:05des chantiers de coopération
25:06mais avancer dossier par dossier
25:08ne pas rouvrir
25:09la grande porte
25:12du Brexit.
25:13Oui,
25:14sachant qu'Andy Burnham
25:14a été élu
25:15dans une circonscription
25:16qui a voté majoritairement
25:17en faveur du Brexit
25:19en 2016
25:19et qu'on voit bien
25:21aujourd'hui encore
25:22que les partisans
25:24d'un Brexit dur
25:25tel que Nigel Farage
25:27arrivent à avoir
25:29des gains
25:30en termes électoraux
25:30qui sont absolument
25:31énormes.
25:32Lui,
25:32sa promesse
25:33s'est réindustrialisée
25:34et remonte en puissance
25:35de l'État-providence
25:36en parallèle.
25:38Oui,
25:38la question de l'immigration
25:39très vite,
25:40je pense,
25:41va se poser aussi
25:42pour lui.
25:43Ça,
25:43ça a aussi été
25:43un élément très difficile
25:45pour Keir Starmer
25:45qui n'a pas réussi
25:46à régler la...
25:47On a toujours
25:48ces traversées
25:49de petits bateaux
25:50qui cristallisent
25:53les discussions
25:54au Royaume-Uni.
25:55On a des accords
25:56entre la France
25:56et le Royaume-Uni
25:57qui essayent
25:59pas à pas
26:00de réduire
26:01cette immigration
26:01clandestine.
26:02Mais dans les statistiques,
26:04on voit bien
26:04que ça ne se produit
26:04absolument pas.
26:05Et donc ça,
26:06c'est vraiment
26:06un sujet difficile.
26:08Dernière question,
26:08des législatives
26:09sont prévues en 2029.
26:13Là,
26:13on s'attend
26:14d'ores et déjà
26:15à un raz-de-marée
26:15de Nigel Farage
26:16où il peut quand même
26:17se passer énormément
26:17de choses d'ici là,
26:18évidemment.
26:18Mais est-ce qu'elles
26:20peuvent être avancées
26:21ces élections ?
26:21C'est quoi la suite,
26:23les prochaines étapes ?
26:24C'est possible.
26:25Sur le plan constitutionnel,
26:27effectivement,
26:28le prochain gouvernement
26:29pourrait décider
26:30d'organiser
26:31des élections
26:31plus tôt.
26:32Je ne pense pas
26:33qu'aujourd'hui,
26:34il y aurait intérêt
26:35puisqu'il y a vraiment
26:36une grande majorité
26:37de parlementaires
26:38qui sont travaillistes
26:39et le risque
26:40d'un raz-de-marée
26:42de Nigel Farage,
26:42beaucoup de monde
26:43l'a en tête,
26:44en particulier
26:44chez les travaillistes
26:45et beaucoup comptent
26:46sur Andy Burnham
26:48justement pour
26:49endiguer ce raz-de-marée.
26:50Merci beaucoup,
26:51Catherine Mathieu.
26:52Je rappelle que
26:52vous êtes économiste
26:53à l'OSCE, spécialiste
26:54de l'économie britannique.
26:55Merci Mathieu Jolivet,
26:57éditorialiste international
26:58BFM Business.
26:58On vous retrouve d'ailleurs
26:59dans le 19h éco,
27:00juste après le 18-19.
27:02Dans un instant,
27:03on va parler
27:03des marchés agricoles
27:05car les mauvaises nouvelles
27:06s'accumulent
27:07entre la guerre
27:08au Moyen-Orient,
27:09l'ouverture du détroit
27:10d'Ormuz
27:10qui est toujours incertaine,
27:11la hausse des engrais,
27:13une canicule précoce
27:14en France.
27:15Est-ce qu'on est entré
27:16dans une zone
27:16de très forte tension
27:18sur ces marchés agricoles ?
27:19On va voir ça
27:20dans un instant.
27:21A tout de suite.
27:22BFM Business
27:23et la Tribune
27:25présentent
27:27le 18-19.
27:29Stéphanie Collot.
27:30Le 18-19
27:31se poursuit
27:32sur BFM Business
27:33avec le marché agricole
27:34sous pression maximale
27:36entre la hausse du prix
27:37des engrais
27:37liés au blocage d'Ormuz
27:38et une canicule
27:39qui s'abat sur la France
27:40et qui risque
27:41d'aggraver encore
27:42la situation.
27:43On fait le point
27:43avec Gauthier Le Molgat.
27:45Bonsoir.
27:45Bonsoir.
27:46Vous êtes le directeur
27:47France d'Argus Média,
27:48un cabinet de conseil
27:49spécialisé
27:50dans les marchés agricoles.
27:51On commence avec
27:52cette nouvelle vague
27:53de chaleur
27:54que l'on vit actuellement.
27:56C'est la deuxième
27:56de l'année.
27:58Est-ce qu'il faut
28:00s'attendre
28:00d'ores et déjà
28:01à des conséquences
28:02sur le marché agricole,
28:03dans le monde agricole ?
28:05Quelles conséquences
28:06sur les moissons ?
28:07La première chose
28:08c'est en effet
28:08la précocité
28:09de cette récolte.
28:10Ça fait déjà
28:10plus d'une dizaine
28:11de jours
28:11que les récoltes
28:12en France
28:12ont commencé
28:13avec une situation
28:15on va dire
28:16assez exceptionnelle
28:17parce qu'habituellement
28:18on commence les récoltes
28:19à cette période.
28:20Là on a déjà
28:20dix jours d'avance.
28:21Premier point,
28:22la récolte précoce
28:23fait que
28:24les exploitants agricoles
28:25ont déjà pour beaucoup
28:27commencé dans le sud
28:28de la Loire
28:29les récoltes d'orge.
28:30Ils ont aussi commencé
28:32tout juste
28:32le blé.
28:33Donc on a déjà
28:34des premiers échos
28:34de moissons
28:35et la situation
28:37est après un mois d'avril
28:38où on a déjà connu
28:39un petit coup de sec
28:41un mois de mai
28:42où il a fait chaud
28:43et c'est déjà une canicule.
28:45Exactement,
28:45ça, ça a abîmé
28:46un petit peu
28:46les cultures
28:47donc on a perdu
28:48un peu de potentiel
28:49et cette année
28:51cette dernière vague
28:52fait que les récoltes
28:54vont être précoces.
28:55On est passé
28:56en pleine
28:57d'une situation
28:57où les champs
28:58étaient encore verts
28:59la semaine passée
29:00à une situation
29:01où ceux-ci
29:02sont quasi,
29:03alors pas tout à fait mûrs
29:04mais sont déjà jaunes.
29:05Donc on voit bien
29:05qu'il y a une grande
29:06grande vitesse
29:07et une grande précocité
29:08de cette récolte
29:09de 2026.
29:10Alors,
29:11précocité
29:11de la récolte,
29:12qu'est-ce qu'on craint
29:13le plus ?
29:14C'est la chaleur
29:15elle-même
29:15ou c'est la durée
29:16du phénomène
29:17ou les deux ?
29:17Alors les deux,
29:18aujourd'hui,
29:19il y a deux cultures
29:21en place.
29:22Il y a celle
29:22qu'on va récolter
29:23donc là,
29:23je vais parler
29:24de l'orge,
29:25je vais parler
29:25du blé tendre,
29:26du blé dur,
29:27du colza aussi
29:28en oléagineux
29:29et puis il y a encore
29:30celle qui est dans les champs
29:31à savoir le maïs
29:32qui a été semé
29:33il y a à peine
29:34quelques mois,
29:35le tournesol
29:36qui grandit.
29:37Alors ces deux cultures
29:38dites de printemps
29:39aiment le chaud,
29:41d'accord ?
29:42Par contre,
29:42des coups de chaleur
29:45aussi forts
29:46amènent forcément
29:47des doutes
29:48et des craintes
29:48sur le potentiel
29:49même de récolte
29:50parce qu'une plante
29:51qui est stressée,
29:52ce n'est pas forcément
29:53une plante
29:53qui s'épanouit largement
29:54et ce qui nous inquiète
29:56le plus,
29:57c'est la durée
29:58de cette vague de chaleur
29:59parce que les prochaines pluies
30:01ne sont pas attendues
30:02avant plusieurs semaines
30:03semble-t-il.
30:03Donc une situation
30:04qui stresse les plantes
30:06et indirectement
30:06qui stresse les marchés
30:07et on l'a vu aujourd'hui,
30:09lundi,
30:10reprise des cours,
30:11le marché a pris
30:11entre 2,5 et 3%
30:12rien que sur le blé
30:14et le maïs.
30:15Par contre,
30:15c'est très local,
30:16c'est très français,
30:17on va dire qu'on est
30:17plutôt dans des soucis
30:18européens
30:19parce que les marchés mondiaux
30:20eux ont des fondamentaux
30:22un petit peu différents
30:23et ne regardent
30:25la canicule en France
30:27que de manière
30:28très lointaine
30:29parce qu'ils sont
30:30avant tout focalisés
30:31sur leur propre situation.
30:32Évidemment,
30:33ce qu'on craint
30:33aujourd'hui
30:34c'est une récolte
30:35historiquement basse
30:36en volume
30:37ou une qualité dégradée ?
30:39Sur les volumes,
30:40ce qu'il faut savoir
30:41c'est que pour le blé
30:42par exemple,
30:43on avait une augmentation
30:44des assolements,
30:45donc on avait une augmentation
30:46des surfaces semées
30:47à l'automne.
30:49Déjà,
30:49quand vous commencez
30:50avec des surfaces
30:50un peu plus grandes,
30:51vous partez avec un potentiel
30:52de production plus élevé.
30:54On s'attendait
30:55avec l'hiver
30:56qu'on a connu,
30:58chez Argus Média,
30:59nos analyses tablaient
31:00sur une récolte
31:01plutôt moyenne,
31:02on va dire autour
31:02des 44 millions de tonnes
31:04en France.
31:05On a commencé
31:06à partir du mois de mai
31:08à réviser ce potentiel
31:09à la baisse
31:10et aujourd'hui,
31:11j'ai une équipe
31:12qui part en crop tour
31:14sur le Nord-Loire-Nord-Seine
31:17cette semaine
31:17pour essayer de quantifier
31:19le potentiel de rendement,
31:20mais c'est sûr
31:21que de telles chaleurs
31:22affectent le rendement
31:24parce que les plantes
31:28vont finalement sécher
31:29très vite
31:30et aujourd'hui,
31:31les premiers échos
31:32ce qu'on a,
31:32c'est des rendements
31:33plutôt inférieurs
31:34à la moyenne.
31:35Donc, une récolte française
31:36pour le moment
31:37loin d'être aussi catastrophique
31:39que celle qu'on a connue
31:40en 2016
31:41ou il y a encore
31:42trois ans,
31:43mais aujourd'hui,
31:45une récolte
31:45qui pourrait être amenée
31:46à être revue
31:47autour des,
31:48allez,
31:48on va dire
31:49autour des 32 millions de tonnes.
31:51Donc, c'est quand même
31:52un potentiel
31:53de production en moins
31:54et ça,
31:54ce n'est qu'en raison
31:56finalement des conditions climatiques
31:57parce que les agriculteurs
31:59cette année ont eu
32:00de plutôt belles conditions
32:01pour mettre en terre.
32:03Les conditions
32:04pour mettre les engrais
32:05ont été plutôt correctes
32:07et là,
32:07aujourd'hui,
32:07ce n'est pas vraiment
32:08un problème d'itinéraire technique,
32:10c'est vraiment un souci climatique.
32:12Est-ce qu'il faut s'attendre
32:12à une augmentation des prix
32:13à terme,
32:14une inflation alimentaire
32:15liée justement
32:16à cette canicule ?
32:17On parlera d'Hormuz après.
32:18Alors,
32:18sur les prix agricoles,
32:21autant au mois de mai,
32:22les marchés s'étaient
32:23vraiment excités,
32:24d'accord ?
32:24Le prix du blé,
32:25par exemple,
32:26sur Euronext
32:26cotait autour des 220 euros.
32:30Depuis quelques semaines,
32:31on n'est plus qu'à 200,
32:31donc on retenait exactement,
32:33la semaine dernière,
32:33on était exactement
32:34au même prix
32:35que l'année dernière,
32:36l'année dernière
32:37à la même date.
32:38Donc c'est pour vous dire
32:39que les prix étaient
32:39relativement faibles.
32:41Je me mets à la place
32:41des exploitants agricoles,
32:42c'est des prix aujourd'hui
32:43qui sont largement en dessous
32:45de leur coût de revient
32:46et ça,
32:47c'est une problématique.
32:48Le fait qu'il y ait du sec,
32:49le fait qu'il y ait de la chaleur,
32:51ça met du stress.
32:52Par contre,
32:52les agriculteurs évoluent
32:53dans un monde ouvert
32:55et la production française
32:57est bien sûr
32:57en concurrence avec d'autres
32:58et ce n'est pas notre phénomène
33:00français et européen
33:01parce que ça touche aussi
33:02l'Allemagne,
33:03ça touche aussi
33:03certains pays de l'Est,
33:05cette chaleur
33:05et même,
33:06j'entendais l'Angleterre
33:07qui est,
33:08dans votre émission précédente,
33:10est aussi touchée
33:10par un épisode
33:11aussi de chaud.
33:12De grande chaleur,
33:13effectivement.
33:13Secteur agricole
33:14qui subit aussi
33:15de plein fouet
33:15la guerre au Moyen-Orient.
33:16Le blocage du détroit d'Ormose
33:18a fait s'envoler
33:19le prix des engrais.
33:20Un tiers des engrais
33:21transite par le passage.
33:22Quelle est la situation
33:23depuis la signature
33:24du protocole
33:25d'accord de prêt
33:26entre l'Iran
33:28et les Etats-Unis ?
33:29Qu'est-ce qui a changé ?
33:30Est-ce que d'ailleurs
33:31quelque chose a changé
33:31sur les marchés agricoles ?
33:32Alors complètement,
33:33les marchés sont là
33:34pour anticiper.
33:36Donc dès qu'on a commencé
33:37à sentir
33:39une situation
33:39de déblocage
33:40à l'image du pétrole,
33:41les agriculteurs aussi
33:42sont sensibles à ça
33:43avec le fuel agricole,
33:46depuis un mois,
33:48le prix de l'urée
33:49par exemple,
33:51s'est replié
33:51par rapport
33:52à ces sommets
33:55de mars dernier.
33:57Dit autrement,
33:57avant le conflit,
34:00l'urée au départ
34:02des ports français
34:02cotait à peu près
34:03500 euros de la tonne.
34:05Il est monté
34:06jusqu'à 750 euros.
34:08Et depuis un mois,
34:09donc depuis qu'on commence
34:10à avoir une volonté
34:12entre les Etats-Unis
34:13et l'Iran
34:14de trouver quelque chose,
34:15le marché a commencé
34:16à décliner.
34:16Et là,
34:17on revient,
34:18là actuellement,
34:18à la case départ.
34:20Ce 500 euros de la tonne,
34:21ce qu'il faut bien comprendre,
34:22même si on peut se dire
34:23« Ah, c'est super,
34:24ça s'est dégonflé,
34:25on revient à une situation
34:26un peu plus normale »,
34:27restent des prix
34:28extrêmement élevés
34:29pour des exploitants.
34:30Pourquoi ?
34:30Parce qu'en termes
34:31de coût de production,
34:33là, on est vraiment
34:34très très loin
34:34de ce qu'on avait
34:35il y a un an ou deux.
34:36Donc, une situation
34:37où, heureusement,
34:38pour le monde agricole,
34:41ce prix qui était
34:42très très élevé
34:43se détend.
34:43Par contre, là,
34:44on parle de l'urée,
34:46l'ammonitrate
34:46n'a presque pas bougé,
34:48la solution azotée
34:49reste sur des niveaux
34:51d'autour de 450 euros.
34:52Donc, des niveaux de prix
34:53qui restent élevés.
34:54Alors, ça ne va pas toucher
34:56la récolte que nous avons là
34:58parce que...
34:58C'est pour la prochaine.
34:59C'est pour la prochaine.
35:00Et le gros enjeu
35:01pour le monde agricole,
35:03c'est finalement,
35:03cette année,
35:04on va faire les comptes
35:05très rapidement
35:05quand la récolte
35:06va être finalisée
35:08parce qu'on aura
35:09exactement l'idée
35:10des rendements,
35:11en tout cas pour les céréales
35:12à paille d'hiver.
35:13La question est
35:14toute entière
35:15pour le maïs
35:16et la vraie question,
35:18c'est les semis
35:18de l'année prochaine.
35:19Est-ce que nous aurons
35:20des prix suffisamment
35:22attractifs
35:22pour permettre
35:23aux agriculteurs
35:24d'avoir au moins
35:25l'espoir
35:26de couvrir
35:26leur prix de revient ?
35:27Mais là,
35:28avec la réouverture
35:28progressive,
35:29timide,
35:29on va dire,
35:30on est sur,
35:31a priori,
35:32une bonne voie
35:32du détroit d'Hormuz,
35:34est-ce qu'on ne s'attend pas,
35:35est-ce que vous ne prévoyez pas
35:36du coup une large détente
35:38sur le prix des engrais ?
35:39Alors,
35:40la large détente,
35:41c'est là où...
35:42Elle a déjà été anticipée
35:43et aujourd'hui,
35:44beaucoup de pays
35:46n'ont pas vraiment acheté
35:47encore leurs engrais
35:48compte tenu des prix élevés.
35:49Donc,
35:50notre crainte,
35:50c'est que cette détente
35:52soit certes actée,
35:54mais reste sur des niveaux
35:55de prix élevés
35:55parce que beaucoup de gens
35:57ont encore besoin
35:57d'acheter des engrais
35:58pour la période prochaine
36:01et on n'est pas
36:02les seuls acheteurs
36:04dans le monde
36:05et surtout,
36:05les engrais servent aussi
36:06à d'autres choses,
36:07en tout cas,
36:08l'urée ou l'ammoniaque
36:09servent aussi
36:09à d'autres choses
36:10que les productions agricoles.
36:12Et donc,
36:12du coup,
36:12là,
36:13il y a un vrai enjeu
36:14et les fournisseurs européens
36:17regardent ce qui se passe
36:18en Chine,
36:19regardent ce qui se passe
36:19en Russie.
36:20En Russie,
36:21vous l'avez compris,
36:23les volumes
36:24sont de plus en plus faibles
36:25pour arriver en Europe.
36:27Donc,
36:27aujourd'hui,
36:27en termes de fournisseurs,
36:29l'Union européenne
36:29reste quand même fragile.
36:32Les agriculteurs ont déjà
36:33traversé le choc
36:34de 2022
36:35au moment de la guerre
36:36en Ukraine.
36:37La situation
36:38n'a pas été la même
36:40avec le déclenchement
36:41de la guerre au Moyen-Orient.
36:42La nature de la crise
36:43est différente ?
36:44Totalement,
36:44parce que,
36:45autant sur le conflit
36:47russo-ukrainien,
36:48on a touché
36:49des disponibilités
36:50de grains
36:51et donc là,
36:52le monde a eu très peur
36:53de ne pas pouvoir
36:54compter sur
36:55des ressources,
36:57des stocks
36:57en Ukraine
36:58et en Russie.
36:59Je vous rappelle quand même
36:59que ces deux pays
37:00sont de très très gros
37:02exportateurs
37:03de matières premières
37:04agricoles
37:04et on va dire pas que
37:05mais au niveau agricole,
37:06c'est quand même
37:07deux gros poids lourds.
37:08Le conflit avait bloqué
37:10le transit,
37:11d'accord ?
37:12Donc,
37:12on avait vraiment
37:14une crainte
37:15sur l'accès
37:16à ces ressources,
37:16ce qui fait que
37:17tous les autres pays
37:18exportateurs
37:18ont été vivement sollicités
37:20par les pays
37:21qui avaient besoin
37:22finalement
37:22de trouver des stocks,
37:24de trouver des volumes
37:25d'approvisionnement.
37:26Sur le conflit,
37:27sur le golfe Persique,
37:30cette fois-ci,
37:31on touche
37:31non pas le produit,
37:33d'accord ?
37:34On touche la matière première
37:35qui sert
37:35à générer ce produit.
37:37Donc là,
37:37on touche vraiment
37:38ce qu'on appelle
37:38l'amont de la filière,
37:40donc tout ce qui est
37:40fourniture d'engrais
37:41et d'énergie.
37:42Et là,
37:42forcément,
37:43ça touche
37:43tout le monde
37:45parce qu'aujourd'hui,
37:47que vous soyez
37:47exploitant agricole
37:48en Europe,
37:50la hausse des prix
37:50des engrais
37:51a été visible
37:52dans tous les pays
37:52et même en Russie.
37:55Mais vous avez
37:56des pays
37:56qui ont la chance
37:57finalement
37:57d'être autosuffisants
37:58sur les engrais.
38:00Je pense bien sûr
38:02aussi aux Etats-Unis
38:03qui ont des productions
38:06d'engrais.
38:07Donc nous,
38:07Européens,
38:08là-dessus,
38:08on a été beaucoup plus
38:10dépendants
38:11de ce conflit.
38:12Pourquoi ?
38:12Parce que c'est notre source
38:13d'approvisionnement,
38:14notamment une grosse source
38:15d'approvisionnement.
38:16Alors que sur le conflit
38:17russo-ukrainien,
38:18nous avions la chance
38:19d'être nous un pays,
38:20une zone d'exportation
38:22de grains
38:22et on a pu répondre
38:23même aux pays importateurs,
38:25notamment de l'Afrique du Nord,
38:27pour être sécurisés
38:29d'un approvisionnement
38:30par rapport aux conflits
38:31en Russie et en Ukraine.
38:32D'ailleurs,
38:32une fois qu'on a ouvert
38:34la voie maritime,
38:37les choses se sont
38:38complètement assagies
38:39et puis on est revenus
38:40assez rapidement.
38:41Au bout d'un an,
38:42on avait des prix
38:42bien bien dans de ça,
38:44des records
38:44qu'on avait connus
38:45en 2022.
38:45Dernière question,
38:46rapidement,
38:46la France ne produit
38:48qu'un tiers
38:48des engrais utilisés
38:51en agriculture.
38:52Pourquoi pas plus ?
38:54Est-il possible
38:54d'avoir une autonomie
38:55en la matière
38:56au niveau français
38:56ou plutôt européen ?
38:58J'aimerais bien avoir
38:59les clés de réussite,
39:01en tout cas les clés
39:02pour débloquer
39:02cette situation.
39:03On est dans un monde ouvert,
39:04il y a le marché européen,
39:05il y a des normes.
39:06C'est sûr qu'on a beau
39:08avoir mis en place
39:08de nouvelles taxes
39:10à l'importation
39:11pour limiter
39:13la concurrence étrangère,
39:14il y a beaucoup
39:14d'outils en Europe
39:16et en France
39:17qui ont quand même
39:18souffert
39:18des normes
39:20de plus en plus
39:21exigeantes de production
39:22par rapport
39:23à de la compétition
39:23en Asie
39:24qui est évidemment
39:26complètement différente
39:26sur la manière
39:27de produire.
39:27Donc il y a sûrement
39:29des clés,
39:30par contre,
39:30mettre en place
39:31des unités de production
39:33d'engrais,
39:33ça prend aussi du temps,
39:35ça nécessite
39:36un vrai appui
39:37des pouvoirs publics,
39:38par contre oui,
39:39c'est une des clés
39:39pour être indépendant
39:42sur ce sujet.
39:42Après en France,
39:43on a aussi la chance
39:45d'avoir des fermes
39:46de polyculture élevage
39:47où les effluents
39:48d'élevage
39:49servent aussi
39:49de fertilisants
39:50pour les sols.
39:51Donc il ne faut pas
39:51oublier non plus
39:52qu'on n'est pas
39:53100% dépendant
39:55des importations
39:57sur ce thème.
39:57Merci beaucoup
39:58Gauthier Lemolgat.
39:59Je rappelle que vous êtes
40:00directeur France
40:01d'Argus Média,
40:02cabinet de conseil
40:02spécialisé
40:03dans les marchés
40:04agricoles.
40:05Tout de suite,
40:06on reçoit un homme
40:07qui croit encore
40:08au retail
40:09et au magasin
40:10physique en France.
40:12Il s'agit
40:13de Santiago Cucci,
40:14le président
40:14de la holding
40:15IKKS.
40:18Le 18-19
40:19sur BFM Business.
40:2318h presque 45
40:25sur BFM Business.
40:26Le secteur du retail
40:27est moribond
40:27avec des fermetures
40:29de boutiques
40:29qui se multiplient
40:30ces dernières années
40:31en France.
40:32Pourtant,
40:32il y a un homme
40:33qui y croit encore.
40:34Bonsoir Santiago Cucci.
40:36Bonsoir Stéphanie,
40:36ça va ?
40:37Vous êtes très bien
40:39Vous êtes le président
40:40de la holding
40:40d'IKKS,
40:41vous avez repris
40:42l'enseigne
40:43à la barre
40:43du tribunal
40:44de commerce
40:45avec le cofondateur
40:46de VP,
40:46Mickaël Benabou.
40:48C'était il y a six mois.
40:50Depuis,
40:51vous avez initié
40:52un plan de relance
40:52et vous nous dites
40:53aujourd'hui
40:54que vous êtes en avance
40:55sur ce plan de relance.
40:57Comment vous avez fait ?
40:57Qu'est-ce qui s'est passé ?
40:58Il s'est passé beaucoup de choses.
41:00On a mis beaucoup d'énergie
41:01et on a changé
41:03aussi beaucoup de choses.
41:05Qu'est-ce qui n'allait pas ?
41:06Ouh là !
41:07J'ai envie de dire
41:08presque tout.
41:10Quand on est
41:10dans un cycle négatif
41:13comme ça
41:13pendant des années,
41:14je pense qu'on commence
41:15à faire des économies
41:16sur beaucoup de sujets
41:18et à la fin,
41:18une voiture sans essence,
41:19ça n'avance pas.
41:20Donc,
41:20on a remis de l'essence,
41:22on a investi.
41:22C'est une belle aventure humaine
41:24d'avant tout
41:24avec Mickaël,
41:25mon associé.
41:28Et on a remis
41:30les choses dans l'ordre.
41:31Vous avez remboursé
41:32la dette,
41:3314 millions d'euros,
41:34vous avez réintégré
41:3510 boutiques.
41:36Et vous avez réemployé
41:3851 salariés
41:39qui avaient été licenciés.
41:41Et ça,
41:41c'est en plus du plan de relance.
41:43Exactement,
41:43c'est en plus.
41:44Et il y a un vrai engouement
41:46autour de la marque.
41:47Ce qui caquesse,
41:48c'est une marque
41:48qui a touché beaucoup
41:49de personnes
41:50quand elles étaient juniors.
41:51Je pense qu'on a tous
41:52une émotion
41:52avec cette marque.
41:53On l'a portée,
41:54il fallait faire attention.
41:55C'était pour un mariage,
41:56c'était pour une communion.
41:57Et ça nous fait aujourd'hui
41:58toute une génération d'adultes
41:59qui connaissent très bien la marque,
42:01qui savent que c'est de la qualité,
42:02qui savent que c'est une marque française.
42:03Et c'est à nous maintenant
42:05de bien travailler
42:06pour qu'ils aient envie
42:07de venir dans nos magasins
42:08et passer un bon moment.
42:11Alors justement,
42:12comment vous voyez la suite ?
42:14Vous visez un chiffre d'affaires
42:17de combien,
42:18horizon combien ?
42:19Alors on va dépasser,
42:20je pense,
42:21les 120 millions cette année.
42:22Je pense que très vite,
42:23on va dépasser 150,
42:24revenir sur 200.
42:26Comme je l'ai dit,
42:26il y a beaucoup de choses
42:27qui n'étaient pas dans le bon ordre.
42:29Donc aujourd'hui,
42:30on fait un vrai travail de retailer
42:32et on teste,
42:33on apprend.
42:34On a une chaîne de production
42:35qui est plus souple.
42:36Ça nous permet encore une fois
42:38d'adapter.
42:39Donc notre cash flow
42:39est plus léger
42:40et on est beaucoup plus libre.
42:42Et comme ça,
42:42on peut communiquer.
42:43Et ça nous permet aussi
42:45de rendre cette marque désirable
42:46et de montrer
42:47qu'elle a du sens
42:48et qu'elle peut bien habiller
42:50les personnes
42:50sur ce segment premium.
42:52Alors justement,
42:53habiller les personnes,
42:53selon l'éco-organisme Refashion,
42:55les Français ont acheté
42:56plus de vêtements
42:57en 2025 qu'en 2024.
42:59En moyenne,
43:0043 vêtements
43:00et 4 paires de chaussures
43:01par personne.
43:02Mais ce sont essentiellement
43:04les plateformes
43:04Temu, Shein ou Zalondo
43:06qui ont tiré cette croissance.
43:08Comment on reste compétitif
43:11face à des plateformes
43:12comme Shein et Temu,
43:13même si on ne s'adresse
43:14pas forcément
43:15à la même cible ?
43:16Alors c'est une très bonne question.
43:17Je pense qu'il ne faut pas
43:18rester compétitif.
43:18Il faut assumer ce que l'on est.
43:20Nous, on est une marque premium,
43:21on est une marque de qualité.
43:22On essaie de proposer
43:23à un bon prix.
43:24Je pense que dans ce segment
43:24du premium,
43:25il y a plusieurs acteurs.
43:26Je pense que nous,
43:26on est le plus abordable.
43:28Une fois qu'on a fait ce choix
43:29de se dire
43:30je vais acheter une marque
43:31et non pas,
43:32et je le respecte,
43:33il y a des verticaux
43:34qui font très bien leur travail,
43:35chacun son domaine.
43:36Nous, on est plus
43:37dans le moment
43:38où on s'est dit
43:38tiens, je vais être élégant
43:40ce soir,
43:40tiens, j'ai envie d'aller au bureau,
43:41j'ai envie de faire un effort.
43:43Et c'est là que j'espère
43:45nos clients et futurs clients
43:46viendront nous voir.
43:47C'est-à-dire que vous misez
43:48sur le coup de cœur
43:50plus que sur l'achat quotidien ?
43:52Ce n'est pas le coup de cœur,
43:53c'est l'envie
43:53d'avoir cette expérience
43:55avec IKKS en fait.
43:56Tout simplement
43:57parce qu'aujourd'hui,
43:58on a à peu près
44:01cinq clients sur six
44:02qui sont des clients existants.
44:03On n'a qu'un client sur six
44:04qui est nouveau
44:05avec la marque.
44:06Donc je pense que
44:07si on fait bien notre travail,
44:08à ce moment-là,
44:09on aura plus de nouveaux clients
44:11et donc ça nous permettra
44:12encore une fois
44:12d'avoir un développement.
44:14mais le développement
44:15pas à tout prix.
44:16Le développement de qualité.
44:17Notre métier,
44:17c'est de faire
44:18de la distribution sélective
44:19comme vous le savez.
44:20Il y a eu des choses
44:20qui se sont passées récemment.
44:22Je dis souvent,
44:23notre métier,
44:23c'est de dire non,
44:23ce n'est pas de dire oui.
44:25Donc à partir de ce moment-là,
44:26on va faire les choses
44:27étape par étape
44:28et ça va nous permettre
44:29de construire sur la durée.
44:31C'est ça notre projet
44:32avec Mickaël.
44:33Parce que quand vous dites
44:35distribution sélective,
44:35ça veut dire quoi concrètement ?
44:37Ça veut dire qu'on ne peut pas
44:37donner nos produits
44:40à tout le monde.
44:41C'est-à-dire que ce sont
44:41nos magasins
44:42qui sont les leaders
44:43de notre distribution.
44:44On a des partenaires
44:45de qualité
44:46qui sont les grands magasins.
44:47À nous de faire les bons choix.
44:48Avec des corners, etc.
44:49C'est vrai que maintenant,
44:50ça se passe bien.
44:50On est plutôt sur sollicité.
44:53C'est une bonne...
44:54Et on pourra parler
44:55d'export après.
44:56C'est un bon moment.
44:58Mais encore une fois,
44:59il faut faire attention
44:59et il ne faut pas
45:00surdistribuer la marque
45:01et il faut s'assurer
45:02qu'on est dans les bons
45:03canaux de distribution,
45:04comme on dit.
45:05L'année 2026,
45:06elle est annoncée
45:07comme étant une année
45:09qui allait être noire
45:09pour le pouvoir d'achat
45:10des Français.
45:11On le sait,
45:12ça va être compliqué.
45:15Comment vous voyez les choses ?
45:17Il y a les soldes
45:19qui commencent dans deux jours.
45:20Comment ça s'annonce,
45:21justement,
45:22cette période de prix bas ?
45:24Vous espérez écouler vos stocks ?
45:26Alors qu'en pleine canicule,
45:27ça ne va peut-être pas être très simple ?
45:28Ça ne va pas être facile.
45:29Je vais être très transparent avec vous.
45:30Jusqu'à mi-avril,
45:32ça allait très très bien.
45:32Je pense que là,
45:33c'est très ralenti.
45:34Je pense qu'avec,
45:35il y a eu une crise.
45:36Comme tout le monde,
45:37j'ai fait mon plein d'essence
45:38et ça m'a coûté 150 euros.
45:40Ce n'est pas rien.
45:41Donc forcément,
45:41on commence à reprioriser.
45:44Maintenant,
45:44je pense qu'on reste une marque
45:45qui est plutôt dans le moment
45:46où j'ai envie de faire un effort.
45:47Donc,
45:47ce n'est pas tous les jours.
45:48Et donc,
45:49c'est là où on tire
45:50notre épingle du jeu.
45:52Et alors,
45:52vous tirez aussi
45:53votre épingle du jeu
45:54sur le magasin physique.
45:55Vous avez 250 magasins.
45:59Vous y croyez encore ?
46:01À fond.
46:02À fond.
46:02Des magasins présents,
46:03surtout dans les centres-villes ?
46:05Oui,
46:05centres-villes et centres commerciaux.
46:09Vous y croyez pour vous ?
46:11Ce n'est pas mort ?
46:11La boutique a un avenir ?
46:14Pas du tout.
46:14Je sais que je vais à contre-courant,
46:15mais moi,
46:16j'y crois beaucoup.
46:16Tout simplement parce que
46:17j'ai cinq enfants
46:18qui vont de 30 à 15 ans
46:19que je les vois vivre
46:20et que toute cette génération
46:21qu'on dit digitale,
46:23je ne sais pas,
46:23ils écoutent des vinyles.
46:24Pourtant,
46:25pour moi,
46:25le son n'est pas terrible.
46:26Mais c'est chouette,
46:27papa,
46:27parce que moi,
46:28je vais aller à la boutique
46:29et je peux discuter
46:30toute la journée
46:30avec le disqueur
46:31pour avoir les nouvelles tendances.
46:32Il y a vraiment
46:33cette notion de service
46:34qu'on doit retrouver
46:35dans nos boutiques.
46:35C'est à nous,
46:37retailers,
46:37de proposer
46:39une expérience de qualité.
46:40C'est à nous d'échanger.
46:41Et il y a encore
46:42beaucoup de techniques
46:44autour de l'habillement.
46:45Par exemple,
46:45quel est le meilleur
46:46de Nîmes
46:46par rapport à ma physionomie ?
46:47Je pense que ce n'est pas évident
46:48pour tout le monde.
46:49Et c'est à nous,
46:50encore une fois,
46:51de proposer un service de qualité
46:52et faire en sorte
46:53que quand je vais
46:54chez IKKS,
46:55j'ai un bon service
46:56et j'ai envie d'y revenir.
46:57Donc,
46:58ça reste la boutique à papa,
46:59mais moi,
46:59j'y crois beaucoup.
47:01Vous êtes rentable
47:03dans le retail.
47:04Selon vous,
47:05être rentable
47:05dans le retail en France,
47:06est-ce que ça passe
47:08essentiellement
47:09par une production
47:09à l'international ?
47:10Parce qu'aujourd'hui,
47:11vous produisez
47:12un tiers en Asie,
47:13un tiers en Europe,
47:14un tiers au Maghreb.
47:15Oui,
47:16aujourd'hui,
47:16c'est une production
47:18à l'international
47:18et c'est sûr
47:19qu'on va essayer
47:20de travailler.
47:20Moi,
47:21j'ai toujours cru
47:21toute ma carrière
47:22qu'il fallait rapprocher
47:23la production
47:23pour éviter,
47:24justement,
47:24regarder ce qui se passe,
47:25pour éviter d'être
47:26dépendant d'éléments
47:28qui me dépassent
47:28et finalement,
47:30répercute mon activité.
47:31Donc oui,
47:32on essaie de travailler
47:33plus près.
47:34Oui,
47:34on va avoir
47:35ce qu'on appelle
47:36du double sourcing.
47:36Donc ça nous permettra
47:37quand on a...
47:38Si ce costume marche bien,
47:40je pourrais le refaire
47:40plus vite et plus près.
47:41Donc ça se rapproche
47:43de l'Europe.
47:43Ça se rapproche de l'Europe.
47:44Est-ce que le produire
47:45en France,
47:46vous y croyez ?
47:47Ou pour vous,
47:47c'est un modèle économique
47:48qui est compliqué
47:50à tenir
47:50avec les coûts
47:51du travail,
47:52les coûts de production ?
47:54Ce n'est pas facile
47:54à tenir,
47:55mais moi,
47:55je dirais plus
47:55pour une notion de volume.
47:56Pas pour une notion
47:57parce que c'est la France.
47:59Pourquoi ?
48:00Parce qu'il n'y a pas
48:01de très très grosse usine
48:02de textile aujourd'hui,
48:03en tout cas disponible
48:04pour nous
48:04dans notre créneau,
48:06soyons clairs.
48:07Et même si on fait
48:08très attention
48:09sur la qualité
48:09de nos fournisseurs,
48:10c'est-à-dire les conditions
48:11d'emploi des employés
48:13qui sont à l'intérieur
48:14de ces usines,
48:15aujourd'hui,
48:16en France,
48:17c'est évidemment
48:17un challenge.
48:18Ça,
48:18on ne va pas se pencher.
48:20Vous parliez
48:20de votre positionnement
48:22premium.
48:22Est-ce que vous pensez
48:24qu'il y a un risque
48:24de polarisation
48:25en France
48:26du marché du retail
48:27entre l'ultra fast fashion
48:29et des plateformes
48:31internet
48:32et de l'autre,
48:33des marques premium
48:34comme la vôtre ?
48:37C'est clair
48:38qu'à un moment donné,
48:39soit on achète
48:40pour le prix
48:40et à ce moment-là,
48:42ce n'est pas notre métier,
48:43soit on achète
48:44pour la qualité
48:45et je pense que
48:45quand on parle souvent
48:46d'évolution,
48:48de produire mieux,
48:49je pense qu'acheter mieux,
48:51ça fait partie,
48:52avant de produire mieux,
48:53acheter mieux,
48:54ça fait partie
48:54de cette évolution
48:55qu'on doit avoir.
48:56Des produits qui restent
48:57dans le temps
48:58plutôt que d'en acheter
48:59tous les 15 jours.
49:00C'est la clé
49:00pour rester compétitif
49:01aujourd'hui face à ces plateformes ?
49:02Et puis je pense
49:03qu'il y aura une prise
49:03de conscience autour de ça.
49:04Je pense que
49:05quand on parle
49:05avec la jeune génération,
49:07je pense qu'ils en sont conscients
49:08et qu'ils ont envie
49:08de faire cet effort.
49:12Le IKKS,
49:13ces 250 magasins,
49:14on l'a dit,
49:15presque entièrement en France,
49:16vous visez aussi
49:17l'international aujourd'hui.
49:19Vous osez,
49:20après seulement 6 mois
49:21de reprise
49:21de l'entreprise
49:22qui est quand même
49:22assez impressionnant.
49:23Oui,
49:23mais ce n'était pas prévu.
49:25Comme on était en avance,
49:26on a racheté notre filiale espagnole
49:27et on va développer
49:28le marché espagnol.
49:29C'est un peu ce que je vous disais
49:30tout à l'heure,
49:30c'est par rapport
49:31à la distribution sélective.
49:33Il ne faut pas faire
49:34de l'export à tout prix.
49:35Il faut faire de l'export
49:36étape par étape,
49:37c'est-à-dire
49:37un ou deux pays par an
49:39pour bien le faire,
49:39pour lancer la marque.
49:40Il faut être humble.
49:41On a une autorité
49:42qu'il va falloir construire.
49:44Et donc,
49:44comme je n'ai pas
49:44un budget marketing
49:45qui peut comme ça,
49:47je sais que mon patron
49:47du marketing,
49:48Johan,
49:48adorerait,
49:49mais non,
49:50il n'est pas extensible
49:51ce budget.
49:51Donc,
49:51je suis obligé
49:52de faire des priorités.
49:52Donc,
49:53de me concentrer
49:53sur un ou deux pays,
49:54bien faire les choses
49:55et puis dans un an et demi,
49:56on ira sur deux autres pays.
49:57Mais si je fais bien l'Espagne,
49:58je fais bien l'Amérique latine,
50:00comme vous savez.
50:00Donc,
50:01voilà,
50:01il y a un effet domino
50:03qu'on doit respecter.
50:04Et là,
50:05par exemple,
50:05vous allez commencer
50:05par l'Espagne.
50:06Oui.
50:07À terme,
50:07les autres pays que vous disiez.
50:09Il y a pas mal
50:10de plans secrets,
50:11mais il y a...
50:12C'est bien,
50:13on n'est pas coté.
50:13Je peux dire ce que je veux,
50:14mais en l'occurrence,
50:15oui,
50:15on aimerait bien...
50:16Il y a le Moyen-Orient aussi
50:17qui nous fait les yeux doux.
50:20Je suis très surpris,
50:21encore une fois,
50:21de l'attachement qu'il y a
50:22par rapport à cette marque.
50:24Et on y croyait
50:25depuis le début.
50:26Mais voilà,
50:26quand ça se concrétise,
50:27c'est toujours mieux.
50:28Et c'est ce qui est en train
50:29de se passer pour nous.
50:31Autre marché,
50:31c'est celui de la seconde main.
50:33Il y a quelques marques
50:33de luxe accessibles,
50:35Sandro,
50:37Bach ou encore Maj,
50:38qui se sont lancées
50:38sur ce marché-là,
50:39qui ont créé
50:40leur propre plateforme
50:41de seconde main.
50:43Est-ce que c'est quelque chose
50:44que vous voyez aussi
50:46à l'avenir ?
50:47Est-ce que...
50:47Oui.
50:48Vous voyez ça
50:49comme un relais de croissance
50:50pour IKTS ?
50:51Bien sûr,
50:51surtout,
50:51vous savez qu'historiquement,
50:53on a marché de junior,
50:54que pour l'instant,
50:54on a décidé temporairement,
50:56puisqu'on va...
50:57Je vous annonce
50:57une exclusivité.
50:58On va relancer le junior
50:59pour l'été 27.
51:01Mais aujourd'hui,
51:02ce marché du junior s'ouvre
51:03parce qu'il y a
51:04un très gros acteur
51:04qui fait de la seconde main.
51:05Donc,
51:06il faut bien s'adapter.
51:07Maintenant,
51:07est-ce que dans l'ordre
51:08de mes priorités,
51:09je dois tout de suite
51:10me lancer et m'éparpiller
51:11à commencer à aussi
51:12travailler sur la seconde main ?
51:13Je pense que ça ne serait
51:14pas raisonnable.
51:15Aujourd'hui,
51:15je me concentre,
51:16comme je vous l'ai dit un peu,
51:17on a tout recommencé.
51:18Donc,
51:18à bien faire ma chaîne de production,
51:20à avoir la logistique
51:21qui va avec,
51:21bien étudier la data,
51:23bien savoir ce que j'ai vendu,
51:24mais surtout savoir
51:25ce que je n'ai pas vendu,
51:25ce que j'ai raté,
51:26puisque je n'avais pas les quantités
51:28et ça me permettra
51:28d'être beaucoup plus agile
51:30et ensuite,
51:30effectivement,
51:31quand j'aurai posé
51:31tout ce système,
51:32ça me permettra aussi,
51:33bien sûr,
51:34de regarder sérieusement
51:36ce marché de la seconde main.
51:38Vous parliez de la data,
51:39comment vous l'avez intégré
51:39à tous les process de production,
51:41justement,
51:41parce que du coup,
51:42j'imagine qu'il n'y en avait pas avant ?
51:43Il n'y en avait pas,
51:44on dirait qu'elle n'était pas
51:45tellement exploitée,
51:45je suis bien entouré.
51:46Vous savez,
51:47dans la vie,
51:47il faut être humble,
51:48ce n'est pas mon sujet fort,
51:49donc je suis très bien entouré.
51:51J'ai une nouvelle équipe
51:52qui est arrivée,
51:53dirigée par Alexandre Merson
51:54et il fait un travail fantastique
51:55et je viens de faire une réunion
51:58il y a une heure avec eux,
52:00chaque semaine,
52:01des projets qui,
52:02pour moi,
52:02avant,
52:03mettaient six mois,
52:04un an,
52:05ils sont prêts au 1er juillet.
52:07C'est incroyable.
52:08Donc,
52:09énormément d'avance
52:10pour une clé.
52:11Franchement,
52:11il faut bien s'entourer,
52:12en fait.
52:13C'est souvent la clé
52:14quand on est entrepreneur,
52:15effectivement.
52:16Je l'ai souvent,
52:16alors ça paraît naïf
52:17à chaque fois que je le dis,
52:17mais une entreprise,
52:19c'est une aventure humaine avant tout.
52:21Donc,
52:21ce n'est pas du tout
52:22de savoir si j'ai la meilleure logistique
52:23ou pas.
52:24Moi,
52:24mon métier,
52:25c'est de bien m'entourer
52:26et j'ai aujourd'hui
52:27la meilleure équipe possible
52:29et je suis ravi
52:30et on travaille bien ensemble
52:31dans la confiance
52:32et c'est ça qui va faire
52:34le succès de demain.
52:35En tout cas,
52:36c'est tout ce qu'on vous souhaite
52:36évidemment pour IKKS.
52:39Merci beaucoup,
52:40Santiago Cucci.
52:41Je rappelle que vous êtes
52:41le président de la holding IKKS.
52:43Merci à vous de m'avoir reçu.
52:44Et donc,
52:44vous lancez,
52:45vous relancez.
52:46le junior à l'été 27.
52:49On va faire une petite collection,
52:50oui.
52:50Très bien.
52:50Et en 27,
52:51ce sera les 40 ans de IKKS,
52:52donc on a l'occasion
52:53de,
52:53pourquoi pas,
52:54prendre 40 fois la parole.
52:55Eh bien,
52:56voilà.
52:57L'invitation est bien entendue.
52:59Merci beaucoup,
53:00Santiago Cucci.
53:00Merci à vous,
53:01Stéphanie.
53:01Tout de suite sur BFM Business,
53:03c'est le 19h éco
53:04présenté par Erwan Maurice.
53:06À demain.
53:08Le 18-19 sur BFM Business.
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