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  • il y a 10 heures
Ce mardi 11 avril, l'idée que l'Europe rate peut-être le virage de la robotique et perd une précieuse opportunité de développer plusieurs filières industrielles, alors que la Chine et les États-Unis progressent activement sur la voie de l'automatisation, a été abordée par Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens, Elizabeth Ducottet, PDG de Thuasne, et André Loesekrug-Piétri, président de Jedi (Join European Disruptive Initiative), dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, on est de retour pour la seconde partie de l'émission, il est 10h31, vous êtes toujours en direct
00:04sur BFM Business, c'est les experts avec aujourd'hui Elisabeth Ducoté, PDG de Thuan, Olivier Babot, président de l
00:10'Institut Sapiens, c'est André Le Scoupiétri, président de la Joint European Disruptive Initiative.
00:16On va parler beaucoup tech, emploi, industrie, robotique, intelligence artificielle dans cette seconde partie d'émission, bref le monde tel
00:27qu'il arrive, peut-être tel qu'il est déjà d'ailleurs, est-ce qu'on est en train de
00:34rater à nouveau le virage de la robotique ?
00:40C'est un sujet qui m'a été inspiré par une tribune que vous avez publiée, André Le Scoupiétri, avec
00:47Lucas Deméo, le patron de Kering, Geoffroy Roux-Bézu, ancien président du MEDEF, et Alexandre Sobo, président de France Industrie.
00:54C'était il y a quelques jours dans les échos où vous tirez la sonnette d'alarme, ou en tout
00:59cas vous espérez qu'on retisse le fil de la industrialisation en France par le biais de la robotique.
01:07Expliquez-nous un peu ce que vous entendez par là.
01:10Ce n'est pas un signal d'alarme, c'est plutôt une opportunité.
01:13C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si on n'a pas des industries qui tirent, et on l'a
01:17vu avec l'automobile, à quel point l'automobile était essentielle pour tirer tout un pan de l'industrie, tous
01:21les sous-traitants, les composants, etc.
01:23La robotique pourrait être, dans les prochaines années, en tout cas on le pense et on est en train de
01:28le voir, un de ces immenses piliers industriels qui peut tirer énormément de filières.
01:33Pourquoi ? Parce que la robotique c'est énormément de nouveaux matériaux.
01:36C'est des moteurs, c'est des capteurs, c'est de l'intelligence artificielle, c'est des composants, c'est
01:44des semi-conducteurs.
01:45On ne va probablement pas, aujourd'hui la plupart des semi-conducteurs avancés sont utilisés dans nos appareils électroniques.
01:50Je ne suis pas sûr qu'on arrive, en tout cas à courte échéance, à remettre des usines d'iPhone
01:55en Europe.
01:55Par contre, la robotique est aujourd'hui en train de devenir, on est vraiment à ce moment où c'est
02:00en train de passer, on va dire, de l'expérimentation,
02:02notamment ce qu'on appelle la robotique humanoïde, donc qui ressemble aux humains, à une phase de déploiement massif.
02:08On le voit dans le domaine du soin, quand vous regardez des pays comme le Japon qui sont soumis à
02:12un vieillissement,
02:13vous le voyez de plus en plus, vous le voyez dans le domaine de la logistique,
02:16vous voyez des groupes comme Amazon qui sont en train de convertir entièrement leurs énormes entrepôts avec...
02:25Qui vont remplacer un million d'emplois dans les dix prochaines années.
02:28Et vous le voyez dans le domaine de la défense aussi, puisque quand on dit drone, on dit système automatisé.
02:32Et donc il y a une réelle opportunité de réindustrialisation, parce que si on va avoir besoin nous-mêmes de
02:39les acheter ici,
02:40on en a besoin dans nos usines, dans nos centres de soins, dans la défense comme je le disais,
02:45si on les installe ici, en fait ça peut tirer toute une filière qu'aujourd'hui on a perdue dans
02:49les trente dernières années,
02:50les composants, les matériaux, et donc c'est une opportunité à ne surtout pas rater, et les signes ne trompent
02:55pas.
02:55Vous avez le premier marathon de robots qui vient de se passer à Pékin, où le record du semi-marathon
03:01a été explosé.
03:03Vous avez Elon Musk qui aujourd'hui est en train de basculer la plupart de ses usines, Tesla, SpaceX, sur
03:10de la robotique.
03:11Vous voyez le Japon qui investit massivement.
03:13Donc c'est une opportunité pour les Européens qui en plus ont encore quelques florons et sont clés sur les
03:19composants,
03:19ce qu'on appelle les actuateurs, les moteurs, les capteurs et les semi-conducteurs avancés.
03:24Donc c'est quelque chose, c'est typiquement, on parlait du rôle de l'État tout à l'heure,
03:28c'est typiquement un domaine sur lequel il faudrait mettre, non pas à nouveau saupoudrer,
03:32mais il faudrait vraiment faire un effort concentré pour construire une filière de A à Z.
03:38On en a l'opportunité, il ne faut pas louper le crédit.
03:40Oui, mais alors encore une fois c'est ça, c'est construire une filière de A à Z.
03:43Est-ce qu'il n'est pas déjà trop tard quand on voit des images incroyables qu'on voit de
03:48Chine,
03:49notamment, alors il y a peut-être beaucoup de propagande sur les réseaux,
03:51mais vous avez des armées de robots humanoïdes.
03:54Mais remplis de composants européens.
03:56Ah, donc l'Europe a encore une place à jouer.
03:59Olivier Babot.
04:00Pour citer Gramsci qu'on citait tout à l'heure en off,
04:03André a l'optimisme de la volonté.
04:06Moi j'ai un peu le pessimisme de la raison.
04:07C'est-à-dire que j'ai bien peur que nous ayons quasiment déjà raté ce tournant.
04:12La Chine a prévu cette année de commercialiser ces robots humanoïdes.
04:16Elon Musk sera en 2027.
04:18Ils sont très très avancés sur la technologie,
04:20avec j'imagine tous les brevets qui vont avec.
04:23Je n'ai pas identifié aujourd'hui de fabricants crédibles de ces robots humanoïdes
04:27qui s'annoncent comme étant la nouvelle révolution.
04:30On est en train de vivre la révolution des agents IA en ce moment,
04:33plus vite que prévu d'ailleurs.
04:34Ça sera la nouvelle révolution.
04:35En fait, le robot humanoïde, c'est le produit ultime,
04:37puisque c'est celui qui va pouvoir remplacer l'être humain,
04:40puisqu'il sera aussi doté d'intelligence artificielle,
04:43dans toutes ses tâches, dans toutes ses tâches matérielles.
04:45Il y a encore quelques limites,
04:48parce qu'on n'a pas tout à fait encore,
04:50disons que le logiciel sur sa représentation du monde n'est pas tout à fait parfait,
04:53mais le robot qui va repasser, faire la cuisine, laver,
04:57qui va intervenir dehors.
05:00On y est là.
05:00On n'y arrive, mais pas loin.
05:01En réalité, on est vraiment quasiment là.
05:03On a tous vu les vidéos.
05:05J'ai bien peur qu'une fois encore,
05:07nous soyons passés à côté,
05:09comme on a fait avec le web, les réseaux sociaux,
05:11les smartphones, l'intelligence artificielle,
05:14les batteries, on a tout raté.
05:15Et la première vague de robotisation,
05:16moi j'en parlais avec Patrick Hirstus il y a des années déjà,
05:19c'était, on a raté la première vague de robotisation
05:23au début des années 2000,
05:24puis la vague du numérique au début des années 2010.
05:27Là, on voit qu'on va croiser les deux avec ces nouveaux robots
05:31et l'intelligence artificielle dans l'industrie.
05:35Élisabeth, du côté, comment vous anticipez les choses ?
05:39On a commencé, largement commencé,
05:41et je vais même dire que c'est peut-être la seule façon
05:44qui nous permettra de maintenir l'industrie en France.
05:46Donc, il faut surtout accélérer,
05:49il faut surtout prendre les choses,
05:50alors peut-être pas sous cette forme tellement spectaculaire
05:52du robot humanoïde qui donne un aspect très, effectivement, très moderne.
05:56Il y a beaucoup de politique derrière tout ça aussi,
05:58et de spectacle, comme vous dites.
06:00Je vais reprendre à l'idée de la logistique.
06:01Nous, en santé, la santé n'attend pas.
06:04C'est-à-dire qu'on a une obligation de recevoir une commande,
06:07de la traiter et de l'expédier dans quelques heures,
06:09extrêmement rapide, parce que le patient,
06:11qui est quelqu'un qui a mal au dos, etc.,
06:14a besoin de son produit.
06:16Donc, je dirais, nous sommes déjà dans un état largement robotisé,
06:19même si nous n'avons pas encore un humanoïde
06:21qui vient prendre un paquet.
06:23Mais par contre, il y a déjà une automatisation
06:24extrêmement poussée de toute cette chaîne de la valeur
06:27et qui nous permet, je dirais, de dire
06:29on peut le faire en France.
06:30Sinon, nous ne pourrions plus le faire en France.
06:32Donc, ça veut dire que cette obligation de faire,
06:34d'une part, elle nous oblige, bien sûr,
06:36à transformer nos entreprises très fondamentalement.
06:39Elle nous oblige à former nos collaborateurs,
06:40et je pense qu'on va y revenir aussi.
06:42Mais elle est vraiment déjà largement implantée
06:44dans une entreprise comme la nôtre,
06:46où, quand on a 30 000 produits possibles
06:49sur les étagères et qu'il faut en livrer trois
06:52aux pharmaciens quelque part dans la Creuse,
06:54on sait le faire maintenant en quelques heures.
06:56Ça veut dire qu'on a une carte à jouer encore en or.
06:58On a complètement une carte à jouer.
06:59Vous savez, il y a eu tout ce scandale sur les EHPAD.
07:02Et effectivement, on va être de plus en plus
07:05dans des sociétés qui vont être très vieillissantes en Europe.
07:07La robotique a ce potentiel de garder les gens,
07:12nos personnes âgées,
07:13le plus longtemps possible chez elles.
07:16c'est à la fois un impératif moral,
07:18et en plus, c'est un impératif économique.
07:21On sait à quel point,
07:21ceux qui ont des parents dans les EHPAD
07:23savent à quel point c'est cher.
07:25La raison pour laquelle Musk, aujourd'hui,
07:27est en train de complètement basculer
07:30de véhicules électriques à véhicules autonomes,
07:32parce que là aussi,
07:33quand vous aurez des véhicules autonomes,
07:35vous pourrez encore conduire des gens
07:37qui, aujourd'hui, ont perdu le moyen.
07:39Mais là, il y a deux choses à faire.
07:41Très simple, on revient sur les ministres,
07:42et pardon, je suis un petit peu, effectivement, énervé là-dessus.
07:45Comment ça se fait qu'aux Pays-Bas, maintenant,
07:47on ait la possibilité de rouler en véhicule autonome ?
07:51Que font nos administrations,
07:53nos pléthores d'administrations,
07:55qui, aujourd'hui, n'ont pas encore donné la possibilité
07:57à nos constructeurs automobiles ?
07:58Vous voyez, on est schizophrène en France.
08:00On se plaint du fait qu'on a une désindustrialisation automobile,
08:03et on ne donne pas la possibilité à nos constructeurs
08:06d'avoir cette liberté d'expérimenter.
08:08Ça, c'est une chose.
08:09La deuxième chose, il faudrait massivement encourager,
08:12voire, là, pour le coup, je suis pour donner des aides
08:15ciblées à tous les prestataires,
08:17notamment dans le domaine de la vieillesse,
08:19pour investir massivement dans la robotique,
08:24spécialement sur les personnages.
08:25Ça, c'est une carte à jouer, immense.
08:28Et dernière chose, comme le disait Madame Ducoté,
08:29c'est une opportunité de réindustrialiser.
08:32Aujourd'hui, tous les discours que j'entends,
08:34moi aussi de la banque publique,
08:35qui dit oui, la désindustrialisation n'est pas aussi grave que ça.
08:38C'est faux.
08:39On est passé au-dessous de 10%.
08:41On est sous les 10% de la valeur ajoutée en France.
08:43Complètement.
08:44Donc, moi, je pense que la pire des choses,
08:47ce n'est pas une mauvaise décision,
08:48c'est aujourd'hui l'illusion dans laquelle
08:49certains de nos dirigeants nous entretiennent.
08:51Donc, il faut avoir le courage de dire
08:53oui, la désindustrialisation est massive.
08:55Je crois que vous avez beaucoup insisté là-dessus
08:57et vous avez tout à fait raison.
08:58Voilà une opportunité de renverser la table.
09:00Et en plus, ça va entraîner les semi-conducteurs,
09:04les matériaux, l'électronique et l'IA.
09:07Et dernière chose, il faut acheter massivement.
09:09Je vais vous donner une anecdote.
09:10Je fais maintenant partie d'une mission
09:12sur l'innovation de rupture entre la France et l'Allemagne.
09:15La première chose qu'on nous a demandé de faire,
09:17c'est de rejoindre un groupe WhatsApp.
09:18Donc voilà, si en fait, au niveau des ministères,
09:22on n'a toujours pas cette habitude
09:24d'acheter européen de manière concentrée,
09:28là, pour le coup, je serai du côté d'Olivier Babaud.
09:31Mais je crois que c'est encore possible.
09:33WhatsApp qui cherche de boucle d'échange
09:34pour l'ensemble des relations presse aussi
09:36du gouvernement avec les journalistes,
09:38les ministres communiquant entre eux avec Telegram.
09:41Vous voyez, donc on n'est pas vraiment
09:42sur les applications européennes, effectivement.
09:46Que peut faire le politique, Olivier Babaud ?
09:48Bien sûr, ce serait formidable.
09:49Bien sûr, ce serait le meilleur scénario.
09:52Est-ce qu'il est crédible aujourd'hui ?
09:53Les limites aujourd'hui de la robotique
09:56sont celles de la réindustrialisation.
09:58Pourquoi on n'arrive pas à se réindustrialiser ?
10:00Pourquoi on a divisé par deux la part de l'industrie dans le PIB
10:04depuis 20 ans ou 25 ans ?
10:08Le syndrome NIMBY, not in my backyard.
10:10La complexité d'implantation,
10:14qui fait que c'est extrêmement long,
10:15là où ailleurs c'est beaucoup plus rapide.
10:17Peut-être le manque de marché de capitaux européens
10:19suffisamment important.
10:21Peut-être aussi le manque d'investissements
10:24qui sont liés au fait que,
10:25quand on est plus taxé,
10:27on a moins aussi de capacités d'investissement.
10:29Tout ça fait qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup d'apparence,
10:31j'adorerais, ce serait formidable,
10:33il n'y a pas beaucoup d'apparence
10:34qu'on arrive à prendre ce tournant formidable,
10:36effectivement, la nouvelle industrie,
10:38extrêmement qualifiée d'ailleurs,
10:40qui puisse...
10:40Est-ce que tout ça l'a un peu changé, Olivier Babot,
10:42depuis 10 ans quand même ?
10:44On a essayé d'améliorer cet environnement business.
10:47Je vous poserai la même question.
10:49Je trompe peut-être,
10:50mais il y a plus d'usines qui ferment
10:52que d'usines qui ouvrent.
10:53Donc le flux net est toujours négatif.
10:54Alors, selon les sources gouvernementales,
10:59on en ouvre un tout petit peu plus.
11:01Moi, j'ai compris que le thermomètre
11:02était passé des milliards investis
11:04au nombre d'usines,
11:05parce que les milliards étaient moins importants.
11:07Est-ce qu'on a amélioré l'environnement
11:11pour réindustrialiser le pays
11:12depuis 10 ans, Elisabeth Ducoté ?
11:13Moi, je crois à l'industrie européenne.
11:15Je pense que l'industrie française,
11:17actuellement, est très mal menée,
11:18a été très mal menée,
11:19et fermer des usines, c'est facile,
11:21en réimplanter,
11:22c'est des années et des années de travail,
11:25c'est parce que l'industrie,
11:26c'est cycle long.
11:27Mais par contre, ce que je vois,
11:28c'est des pays qui s'industrialisent
11:30dans l'Europe,
11:31et qui se sont industrialisés
11:32un peu à bas bruit, évidemment,
11:33et qui sont les pays de l'Est,
11:35et qui ont maintenant
11:35une maturité industrielle,
11:37qui fait que moi, je pense vraiment
11:38qu'il y a une Europe industrielle,
11:40et qu'il faut vraiment tout faire
11:41pour la faire peser, cette Europe.
11:43Parce qu'actuellement,
11:45il semble qu'elle fasse peut-être
11:4615% de l'industrie mondiale.
11:48Ce n'est pas si mal, 15%.
11:49On peut faire quelque chose avec 15%.
11:51Et surtout, elle est créatrice
11:52de valeurs ajoutées,
11:53plus que d'autres.
11:54Et donc, cette valeur ajoutée,
11:55il faut aussi la prendre en compte.
11:57C'est un énorme avantage.
11:58Donc, moi, je crois qu'il faut vraiment
12:00d'abord envisager l'industrie
12:02comme européenne,
12:03et pas seulement nationale.
12:04Et ensuite, il faut vraiment
12:05se dire qu'elle est regardée
12:07avec réalisme, là aussi,
12:09ces pays qui se sont bien industrialisés,
12:11qui sont la Pologne,
12:11qui sont la Roumanie,
12:12qui sont la République tchèque, etc.
12:14Et qui ont vraiment maintenant,
12:16si on les met bout à bout
12:17avec ce que nous avons, nous,
12:18en reste de nos industries
12:20de la partie ouest de l'Europe,
12:22ça fait vraiment un ensemble
12:23qui peut avoir de la tenue.
12:26Donc ça, évidemment,
12:27il faut que ce soit l'Europe derrière.
12:28C'est en Hongrie que BYD,
12:30le constructeur de véhicules électriques chinois,
12:32a décidé d'implanter
12:33sa première entreprise européenne.
12:36effectivement.
12:36Mais enfin, ça veut dire
12:37que l'Europe de l'Ouest,
12:37André Le Scrouillet,
12:39un exemple très concret
12:40pour aller dans votre sens.
12:41Nous, on est en train d'installer
12:43notre hub,
12:43c'est-à-dire l'endroit
12:44où on va développer
12:45nos programmes technologiques
12:45de robotique,
12:46en Pologne,
12:47à Varsovie et à Poznan,
12:49qui est une des villes de l'Est
12:50où vous avez une des plus grandes dynamiques.
12:53Ce n'est pas un hasard.
12:54On adorerait le faire en France.
12:55On a proposé de le faire en France.
12:58Et j'attends toujours
12:59le retour de Sébastien Martin,
13:00qui est le ministre de l'Industrie,
13:01pour ceux qui ne le connaissent pas.
13:04Peut-être qu'il nous écoute.
13:05Il était en déplacement hier
13:06avec le ministre du Travail
13:07à Saint-Nazaire
13:08pour relancer l'emploi industriel
13:10en France, justement.
13:11Écoutez, nous, on a des idées.
13:12Il connaît notre numéro de téléphone.
13:13Il peut nous appeler.
13:14Je suis sûr qu'il vous écoute, Raphaël.
13:16Il veut dire la même chose pour nous.
13:17Nous aussi,
13:17il a notre numéro de téléphone
13:18et on a fait aussi un dossier.
13:20Et vous attendez aussi la réponse.
13:22On attend aussi la réponse.
13:23Allô, merci.
13:24On va l'appeler ensemble.
13:26On va faire un appel de groupe.
13:29Ils sont pour l'instant occupés
13:30par un comité d'alerte
13:31sur les finances publiques.
13:32Je rappelle que l'industrie,
13:33c'est aussi des ressources financières
13:35pour combler les déficits
13:38si on arrive à créer de l'emploi.
13:41Un dernier chiffre.
13:42Avant qu'on passe à ce rapport
13:45d'Open&Eye
13:45sur l'impact de l'intelligence artificielle
13:48sur l'emploi,
13:49c'est les estimations de Morgan Stanley
13:52sur le marché de la nouvelle robotique.
13:543 milliards aujourd'hui.
13:55En 2035,
13:57ça pourrait monter
13:57à 40 milliards de dollars.
13:59Et alors,
14:00l'explosion,
14:01j'ai quand même du mal
14:02à comprendre l'écart,
14:03mais c'est ce que vous citez
14:04dans votre tribune,
14:05André Loscou-Pietry.
14:075 000 milliards en 2050.
14:09On passerait de 40 à 5 000 milliards
14:11en 15 ans.
14:13En fait,
14:13le XXIe siècle,
14:14c'est celui,
14:15de plus en plus,
14:16on le voit,
14:16des objets
14:17de la production physique.
14:18avec des robots,
14:20des capteurs,
14:21des satellites,
14:22des véhicules.
14:23Et donc,
14:24il faut de l'industrie
14:25pour faire tout ça.
14:26Vous avez quand même
14:26un phénomène mondial
14:27qui fait que les salaires augmentent
14:29et qu'il y a une opportunité
14:30pour tous les pays
14:31qui ont laissé partir,
14:32pour des raisons de coûts salariaux,
14:33leur industrie depuis 20 ou 30 ans,
14:35de se réindustrialiser.
14:37Mais là aussi,
14:38comme dans tous les autres marchés,
14:39il va y avoir une prime
14:39au premier.
14:41Et donc,
14:42là où avec Olivier,
14:44on a peut-être un débat,
14:44je crois encore
14:45que la vitesse,
14:46elle ne dépend que de nous
14:47et que de notre approche.
14:50Réveillons-nous.
14:52Réveillons-nous aussi
14:53sur, allez,
14:53l'intelligence artificielle,
14:54Open&EI,
14:55je vous l'ai dit,
14:56il vient de publier un rapport
14:56sur l'impact de l'IA
14:57sur le travail
14:59avec deux idées fortes.
15:01C'est que l'IA
15:02transforme surtout les tâches
15:04en réalité,
15:05pas forcément les emplois
15:08et que finalement,
15:09beaucoup de métiers
15:11seront augmentés
15:14ou redéfinis
15:15et pas supprimés.
15:17Olivier Babaud,
15:17vous avez commis récemment
15:18un livre sur l'impact de l'IA,
15:20alors sur l'étude,
15:21sur les études.
15:22Le fait d'études
15:22écrits avec Laurent Alexandre.
15:24Absolument.
15:24Alors,
15:25il faut être très humble
15:26sur ces questions-là
15:27et reconnaître qu'en fait,
15:28là c'est une dernière étude
15:30d'Open&EI,
15:30mais en réalité,
15:31on a à peu près
15:32tous les avis
15:33de tous les experts.
15:34Le panel va de
15:35Elon Musk qui dit
15:36dans cinq ans
15:37travailler sera un hobby
15:39à Assemoglou
15:40qui dit finalement
15:40c'est une nouvelle version
15:41du paradoxe de Solo.
15:42Vous savez,
15:43le fameux paradoxe,
15:44l'informatique est présent
15:45partout,
15:45les ordinateurs,
15:46sauf dans les chiffres
15:46de la productivité.
15:48Donc,
15:49circuler,
15:49il n'y a rien à voir,
15:50ça ne va pas changer
15:50grand-chose,
15:51ce n'est pas une révolution.
15:52La question que tout le monde
15:54débat aujourd'hui,
15:55c'est celle de la complémentarité
15:56ou de la substituabilité
15:57de l'intelligence artificielle.
16:00Finalement,
16:00Open&EI est un peu rassuriste.
16:02Moi,
16:04je signerais
16:05à ce scénario
16:05des deux mains
16:06parce que ça voudrait dire
16:07que déjà,
16:08l'homme est encore
16:09dans la photo,
16:10qu'il suffit de se former,
16:12on peut être complémentaire,
16:13qu'on va pouvoir gagner
16:14aussi en croissance
16:15et en productivité
16:15et qu'on ne va pas
16:17se retrouver
16:17avec cette destruction
16:18destructrice
16:19pour la première fois,
16:20c'est-à-dire
16:20Schumpeter qui a tort
16:21et il y a destruction
16:22par la technologie
16:23mais il n'y a pas création.
16:24On espère tous
16:25qu'il y ait création
16:26et que ce soit une création
16:27qui soit à la portée
16:28de gens qui se forment
16:29de façon raisonnable
16:30et pas seulement
16:31à des niveaux stratosphériques
16:33mais encore une fois,
16:34l'humilité commande de dire
16:36en réalité,
16:37aujourd'hui,
16:37on ne sait rien.
16:38Oui,
16:38la COFAS a sorti un rapport
16:40il y a 15 jours
16:40sur exactement le même sujet
16:42indiquant que 5 millions
16:43d'emplois pourraient être détruits.
16:45On a vu 40%,
16:46on a tout vu en fait.
16:48On a connu
16:49toutes ces peurs,
16:50Elisabeth Ducoté,
16:52à chaque innovation
16:54technologique,
16:54j'ai envie de dire,
16:55depuis le 18ème,
16:5619ème siècle,
16:57en réalité,
16:59les ludites,
17:00c'était ça.
17:01Les premiers
17:02à avoir été disruptés
17:03et finalement,
17:04c'est les chevaux
17:04par les tracteurs.
17:06Bon,
17:06et finalement,
17:07les chevaux sont toujours là,
17:08j'ai envie de dire.
17:09Moins qu'avant.
17:10Peut-être un peu moins.
17:11Tous les emplois
17:13seront affectés,
17:13mais tous les emplois
17:15ne vont pas être supprimés.
17:16Mais tous n'allez pas mourir.
17:17On ne va pas tous mourir
17:18et tous les emplois,
17:20par contre,
17:20ne pourront pas rester
17:21dans leur statut d'avant.
17:24Donc,
17:24ça veut dire qu'il faut
17:25à toute vitesse
17:25apprendre
17:27à marier,
17:28je dirais,
17:29notre intelligence naturelle
17:30qui existe quand même
17:30et notre intelligence artificielle
17:32qui est une véritable
17:33assistant.
17:34D'ailleurs,
17:34ça s'appelle
17:34un assistant.
17:36J'aime bien cette idée
17:37que ça va nous assister,
17:38ça va nous aider
17:39et ça va nous rendre
17:40plus efficaces
17:41dans un certain nombre de choses.
17:41Si vous voulez,
17:42nous,
17:42l'intelligence artificielle,
17:44quand on est,
17:44par exemple,
17:45à la relecture
17:46de textes médicaux
17:47sur lesquels
17:48il ne faut pas faire d'erreur,
17:49le faire par un assistant
17:51qui est quelqu'un,
17:53d'ailleurs,
17:53qui a un bon savoir personnel,
17:56ça prend un temps fou,
17:57ça coûte très cher.
17:58Le faire avec
17:59un relecteur automatique
18:01qui ne fera pas d'erreur,
18:02c'est un plus énorme.
18:04Faire une étude clinique
18:05avec 200 cas
18:06ou la faire avec 20 000,
18:07ça n'a rien à voir.
18:08Donc,
18:09il va y avoir
18:10des transformations fondamentales
18:11pour la science
18:12et donc,
18:13au bout de tout ça,
18:14pour le patient lui-même.
18:15Donc,
18:15je dirais,
18:16il y a beaucoup à apprendre,
18:17il y a beaucoup à se transformer,
18:18il y a beaucoup à être mobile.
18:21Il faut vraiment mentalement
18:22qu'on soit mobile,
18:23mais moi,
18:23j'ai beaucoup d'espoir là-dessus.
18:25Bon,
18:25vision optimiste
18:27de l'avenir.
18:27Le Jedi aussi,
18:28j'imagine qu'on analyse
18:30tout ça de très près,
18:31on regarde
18:32toutes ces évolutions
18:32de très près.
18:34Le Jedi aime bien
18:34être réaliste
18:36et ambitieux,
18:37mais
18:38c'est très intéressant
18:39parce qu'il y a deux jours,
18:41Yann Lequin,
18:41qui est donc
18:41une de nos stars
18:43en intelligence artificielle,
18:45répondait
18:46à un message
18:47de Dario Amodei
18:48qui est donc
18:49le grand concurrent
18:50de OpenAI
18:50qui gère Anthropique,
18:52qui lui est beaucoup plus,
18:53il n'est pas du tout rassuriste.
18:55C'est-à-dire,
18:55lui,
18:55il est,
18:56Dario Amodei,
18:56considère
18:57qu'il va y avoir
18:57une destruction
18:58absolument massive
18:59d'emplois
19:00de plus de 50%
19:02et qu'il ne voit pas
19:03aujourd'hui
19:04de perspectives
19:05très roses
19:06là-dessus.
19:07et il disait
19:07tous ces gens-là
19:09de l'IA
19:09en fait
19:10n'ont pas d'expérience,
19:11ne les écoutez pas,
19:12Yann Lequin,
19:13je cite Yann Lequin,
19:14écoutez plutôt
19:15les économistes
19:15qui ont une longue
19:17expérience
19:17des évolutions
19:18du travail,
19:19etc.
19:19Donc effectivement,
19:20personne n'y comprend rien.
19:22Il y a quand même
19:23deux choses
19:23que je voudrais noter.
19:24Une,
19:24c'est que ce qui est sûr,
19:25là pour le coup
19:26on le voit déjà aujourd'hui,
19:28c'est que c'est en train
19:28de toucher
19:31on va dire
19:32ce qu'on pourrait appeler
19:32le travail de bureau
19:33qui lui est très largement
19:35augmenté,
19:35d'ailleurs on pourrait parler
19:36d'intelligence augmentée
19:37quand on dit IA
19:38et non pas
19:38intelligence artificielle
19:40et deuxième chose
19:41c'est les plus jeunes
19:42et ça c'est aujourd'hui
19:44flagrant pour tous ceux
19:45qui embauchent des jeunes
19:46c'est que vous confiez
19:47la même tâche
19:48à quelqu'un
19:48qui sort d'école
19:50les meilleurs modèles d'IA
19:51le font dix fois plus vite
19:52et j'oserais dire
19:54parfois dix fois mieux.
19:55Donc c'est pas un ordre
19:56de grandeur,
19:57c'est deux ordres de grandeur
19:58et donc la vraie question
19:59c'est comment,
20:00la question à un milliard
20:01c'est comment est-ce qu'on passe
20:02très vite des gens
20:04à un stade
20:05où ils font,
20:06où ils utilisent
20:07leur créativité,
20:08leur intuition,
20:08etc.
20:09Et donc on revient
20:10au sujet abordé
20:12plusieurs fois
20:12dans cette émission,
20:13c'est qu'il faut
20:14non seulement les transformer
20:15mais transformer
20:16très très rapidement
20:17notre système éducatif.
20:19C'est la formation le mot.
20:21Je lisais un jeune de Sciences Po
20:24qui je crois a fait un poste
20:26sur les réseaux sociaux
20:27qui a eu énormément de vues
20:28en disant
20:29je ne comprends pas
20:30comment on continue
20:31à apprendre de la même manière
20:33alors que je sais bien
20:34qu'aujourd'hui
20:35tout évolue,
20:36la manière de juger,
20:37la manière de trouver
20:38de l'information.
20:39Donc en fait il faut
20:39que nos organisations
20:41sachent ça
20:41et c'est ça peut-être
20:42la nouveauté,
20:43c'est que jamais
20:44une transformation
20:45n'a été aussi rapide
20:47que celle qui est en train
20:48de se passer avec l'IA.
20:49Olivier Babaud ?
20:49C'est bien pour ça
20:50qu'on a écrit
20:50Ne faites plus d'études
20:51avec Laurent Alexandre.
20:52Ne faites plus d'études
20:53ça ne veut pas dire
20:53n'apprenez plus,
20:54ça veut dire
20:54il va falloir apprendre
20:54beaucoup plus
20:55mais probablement
20:56il va falloir apprendre
20:57d'une façon différente,
20:58apprendre d'autres choses.
21:00Et que faut-il apprendre
21:01aujourd'hui ?
21:02J'ai beaucoup de chefs d'entreprise
21:03avant tout.
21:04Il parle de soft skills
21:06dorénavant d'abord
21:07et avant tout.
21:07Les choses que la machine
21:09ne peut pas répliquer
21:09par exemple les savoir-être,
21:10par exemple la couche
21:12dans le travail
21:13qui est la couche sociale,
21:14la couche de réseau,
21:15la couche commerciale
21:16et celle-ci
21:17évidemment pour l'instant
21:19la machine ne peut pas le faire
21:20donc il faut savoir
21:21utiliser la machine,
21:22avoir de l'agence
21:22et ne pas être utilisé par elle.
21:24En effet la grosse difficulté
21:25c'est qu'il faut être
21:26suffisamment senior
21:26pour être capable
21:27d'avoir un regard critique
21:29par rapport à la production
21:30de la machine
21:30quand vous êtes un jeune juriste
21:31frais et moulu
21:32même d'un bac plus 5
21:34c'est très compliqué
21:35quand vous arrivez
21:35dans un métier
21:36d'arriver à voir l'erreur
21:38parce qu'il y en a en fait
21:39qui se glissent
21:39dans le contrat,
21:40dans le projet
21:41et pour ça il faut
21:42beaucoup de seniorité
21:43et la grande question
21:44qui se pose aujourd'hui
21:44c'est si on n'a plus besoin
21:45de junior,
21:45comment devient-on senior demain ?
21:47Il y a un problème
21:48de continuité
21:49de génération
21:50notamment parmi
21:52tous les problèmes
21:52qui se posent.
21:53Elisabeth Ducoté,
21:54combien de salariés
21:54chez Toine ?
21:55On a 1 700 salariés
21:57dans le monde.
21:57Moi je dirais
21:58pour cette formation
21:59c'est absolument fondamental
22:00ce que vous dites
22:01est fondamental
22:02et il faut exercer
22:03l'esprit critique
22:04l'esprit du doute.
22:05On est cartésien
22:06c'est-à-dire que
22:07déjà Descartes
22:08nous avait vraiment
22:10suscité
22:10sur cette
22:11sollicité
22:12sur cette obligation
22:13d'avoir le doute
22:14et aujourd'hui
22:15il faut douter.
22:16Il faut douter
22:16parce que le savoir
22:17il est accessible partout
22:18et il est accessible
22:19en quelques secondes.
22:20Donc le savoir
22:20c'est pas la peine
22:21de l'emmagasiner
22:21il faut au contraire
22:22je suis bien de votre avis
22:24exercer l'esprit du doute
22:26exercer l'esprit critique
22:27exercer la capacité
22:28à prendre une distance.
22:30Moi quand je reçois
22:3025 CV
22:31qui sont tous pareils
22:32et qui ont tous été faits
22:33par l'intelligence artificielle
22:34je n'ai qu'une envie
22:34c'est de rencontrer les gens
22:35parce que c'est ça
22:36la différence
22:37c'est la rencontre
22:38et c'est comment se fera
22:39une relation
22:39où elle ne se fera pas
22:40et ça
22:41l'intelligence artificielle
22:42pour l'instant
22:42me l'a pas dit.
22:43Bon mais donnez des conseils
22:45vous êtes une chef d'entreprise
22:46donc de 2700 salariés
22:48aux jeunes diplômés
22:49qui nous écoutent là
22:50et qui franchement
22:51moi j'ai 23 ans
22:5225 ans
22:53aujourd'hui
22:54j'entends ce que vous me dites
22:55André
22:55le scoop pétri
22:57sur l'accès
22:58au monde du travail
22:59pour les jeunes
23:00il y a de quoi être
23:01un peu angoissé
23:02on n'a plus accès au logement
23:03si on n'a plus accès au travail
23:04enfin franchement
23:05ça risque d'être
23:06un peu compliqué
23:07Elisabeth Ducoté
23:08quel conseil
23:09vous donnez aux jeunes
23:10qui vont aller voir
23:11leurs premiers employeurs
23:13
23:13pour faire la différence
23:14qu'est-ce que vous cherchez ?
23:16Moi j'aurais envie
23:17de dire
23:19conserver l'envie
23:20conserver le goût
23:21de faire
23:22conserver cette espèce
23:23de flamme
23:24et puis développer
23:25la créativité
23:26l'innovation
23:27elle ne pourra pas se passer
23:28elle ne se fera pas
23:29tout seul
23:29il faudra créer
23:31cette espèce
23:31de disruption
23:32qui est
23:33on fait autrement
23:35par rapport
23:35à ce qu'on a fait jusque là
23:36et ça
23:36cette créativité
23:38toute cette espèce
23:38de désordre
23:40de génie
23:41qui va permettre
23:41de faire autrement
23:42je trouve que ça
23:43c'est des véritables choses
23:44qu'on va aller rechercher
23:45chez nos jeunes embauchés
23:47après le génie humain
23:48tout le monde
23:48n'en a pas non plus
23:49enfin c'est aussi
23:50un peu compliqué
23:50on pense toujours
23:52génie comme supérieurement
23:53intelligent
23:54en fait
23:54on entreprenant
23:56dans l'ère
23:56alors certains disaient
23:57l'ère des polymaths
23:58c'est à dire
23:58ceux qui en fait
23:59ne sont pas des
24:00ultra spécialistes
24:01d'une matière
24:01mais qui ont une capacité
24:02adaptable
24:03à faire des connexions
24:04parce que
24:05le génie
24:06ou la créativité
24:07c'est en fait
24:07de relier
24:08deux secteurs
24:09qui parfois
24:09n'ont rien à voir
24:10entre eux
24:11je reviens sur Musk
24:12et pardon
24:12c'est pas une fascination
24:13mais le fait
24:14de relier le logiciel
24:15et l'automobile
24:17les télécoms
24:18et le spatial
24:18c'est là où il y a
24:19des vraies ruptures
24:20et des créations
24:21de valeurs immenses
24:22et donc c'est ça
24:22que cherche l'entreprise
24:23quand vous disiez
24:24vous voyez 25
24:27CV identiques
24:27ben voilà
24:28l'IA va aussi apporter
24:30une certaine forme
24:31de normalisation
24:32alors certes vers le haut
24:33mais comment on se distingue
24:35et peut-être
24:36sur le plan plus philosophique
24:37qu'est-ce qui a fait
24:38que notre espèce
24:39a réussi quand même
24:40à survivre
24:41à des millions d'années
24:42d'évolution
24:43c'est que
24:43un
24:43on évolue
24:45c'est-à-dire
24:45on est capable
24:46de s'adapter
24:47à des environnements
24:47très compliqués
24:48et on a réussi
24:50à constituer
24:51depuis quelques milliers
24:52d'années
24:52finalement pas plus
24:53des sociétés
24:54qui ensemble
24:56sont meilleures
24:57ce que vous disiez
24:57sur l'esprit d'équipe
24:58et qu'on a un peu perdu
24:59dans la politique
25:00je crois
25:00c'est des sociétés
25:01qui ensemble
25:02sont
25:02rien ne peut nous résister
25:04et je crois que
25:04si on revient
25:06sur ces fondamentaux humains
25:07je reste très optimiste
25:08et je reviens
25:09sur le sujet européen
25:10normalement
25:11c'est les européens
25:12et j'ose le dire
25:13qui ont des valeurs
25:14qui aujourd'hui
25:15les rendent normalement
25:15mieux armés
25:16que des pays autoritaires
25:17pour réussir
25:19il faudrait
25:20qu'on réenflamme
25:21ça
25:21et que
25:22nos structures
25:23bureaucratiques
25:24qui ont rigidifié
25:25tout ça
25:26disparaissent
25:26et relaissent
25:28un petit peu
25:29l'esprit critique
25:31le cartesanisme
25:32l'esprit des lumières
25:33c'est ça qui va faire gagner
25:34oui on peut même
25:34remonter à montagne
25:35une tête bien faite
25:37plutôt qu'une tête
25:37bien pleine
25:38exactement
25:38puisque la connaissance
25:40est désormais disponible
25:41de partout
25:41vous êtes professeur
25:42d'université
25:42Olivier Babaut
25:43vous les sentez comment
25:44nos jeunes ?
25:46un peu résigné
25:47en fait
25:47c'est bizarre
25:48parce que quand on
25:48leur montre
25:48parfois il n'y a pas
25:50tellement de réaction
25:50quand on leur expose
25:51tout ça
25:51soit ils sont blasés
25:52soit ils n'y croient pas
25:55je ne sais rien
25:56je suis assez étonné
25:56en fait en réalité
25:57quand j'en parle
25:58à mes étudiants
25:59très souvent
26:00moi le conseil que je donne
26:01c'est attention
26:02le diplôme ne suffit pas
26:03le diplôme c'est le minimum
26:04minimum
26:05aujourd'hui c'est un proxy
26:06de plus en plus bâtard
26:07en réalité
26:08on cherche beaucoup
26:09bien d'autres choses
26:10ce que vous allez devoir
26:10prouver à quelqu'un
26:11qui va vous embaucher
26:13d'ailleurs le mieux
26:14ce serait de créer
26:14votre propre job
26:15mais ça sera la curiosité
26:17et l'agence
26:18et l'agence
26:18vous l'avez montré
26:19à travers les projets
26:20que vous avez développés
26:20et je dis toujours
26:21à mes étudiants
26:22on vous demandera des comptes
26:23sur les heures
26:23en dehors des heures de cours
26:24parce que les heures de cours
26:25c'est minimum minimum
26:26vous aurez la ligne sur le CV
26:27mais on va vous demander
26:28qu'est-ce que vous avez fait
26:29le reste du temps
26:30bon allez vivez
26:32faites un maximum
26:33partez à la découverte du monde
26:35merci tous les trois
26:36pour cette émission passionnante
26:38Elisabeth Ducoté
26:39PDG Toine
26:40Olivier Babaud
26:40président de l'Institut Sapiens
26:42et André Lescroupiétri
26:43président de Jedi
26:45délai
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