00:06Bonjour à tous, nous conduisons à une série d'interviews aujourd'hui en direct du Paris
00:10Finance Forum pour sa 34e édition en direct du pavillon Gabriel. J'ai le plaisir de recevoir
00:15Alice de Bazin en plateau. Bonjour Alice. Bonjour et merci de me recevoir. Vous êtes directrice
00:20générale de CPRAM donc un premier mot déjà sur CPRAM en termes d'AUM, en termes de stratégie
00:25d'investissement global, de segments sur lesquels vous vous positionnez. Oui bien sûr alors CPRAM
00:30c'est un asset manager français qui fait partie du groupe Amundi. On gère 100 milliards d'euros
00:37principalement autour de quatre grandes classes d'actifs, les actions thématiques, les actions
00:41quantitatives, solutions monétaires et fixed income et de la location multi assets. Très clair, merci
00:47beaucoup. Vous intervenez dans un instant sur un des panels les plus attendus liés au financement
00:52de la défense. Évidemment, le mot souveraineté, défense, préparation, marge de manœuvre a été,
00:58enfin ces mots ont été beaucoup évoqués aujourd'hui. Pourquoi le secteur de la défense ? C'est un
01:03pilier de la souveraineté, on l'a dit, mais quelles sont les perspectives pour ce secteur,
01:06vous en tant que directrice générale, d'un grand AM ? Ce qui est très intéressant de regarder,
01:10c'est que le secteur de la défense, c'est un secteur ces 30 dernières années qui a été
01:13fondamentalement sous-investi. Si on regarde depuis les années 90, on a 1800 milliards de manque
01:19d'investissement. Et c'est ajouté à cela un contexte géopolitique perturbé. Un certain en dira,
01:25on pourrait aussi parler d'une administration américaine un peu moins favorable à l'Europe.
01:30Et donc, finalement, est arrivée cette décision des membres de l'OTAN de relever leur investissement
01:37dans la défense de 2 à 3,5% de leur PIB. Et ça, ça a créé en fait en
01:432025 une année absolument
01:44exceptionnelle pour le secteur de la défense européenne, avec des multiples qui se sont
01:48complètement envolées. On a, par exemple, versus le MSCI Europe, une prime de 70%, alors que le
01:56secteur de la défense France était tout le temps décoté par rapport au MSCI Europe. On a par rapport
02:00au PER US, la défense US était traditionnellement plus valorisée que la défense européenne. Aujourd'hui,
02:08on est à peu près au même niveau et avec des pics au-dessus de 10%. Donc, ça a été
02:12une année
02:13fantastique. Aujourd'hui, on est en transition.
02:18Donc, on va dire qu'il y a un palier. C'est ce que vous expliquez. Parce que vous venez
02:24de nous parler
02:24d'un rattrapage fort dû à un élément exogène au marché. On était dans une éducation presque vice de la
02:31défense. Ce n'est pas vous qui le dites, c'est moi. Et là, ça devient effectivement un sujet très
02:35important à prioriser. Donc, rattrapage, des pourcentages supplémentaires investis, OK. Mais
02:41forcément, il y a un moment où ça se calme un petit peu une fois que le rattrapage est effectué.
02:45En fait, on a eu un momentum et on a eu de l'investissement qui était aussi un peu opportuniste
02:49lié à ce momentum. Aujourd'hui, ce qu'on regarde, c'est finalement quelle est la capacité de déploiement
02:53industriel de ce secteur de la défense européenne. Le rationnel revient. Le rationnel revient. On regarde.
02:59Et ce rationnel, il est lié à des choses simples qui sont déjà, est-ce que cet engagement budgétaire
03:05des États va se matérialiser ? Est-ce que la capacité budgétaire des États va être capable
03:12d'investir ces 3,5 % de PIB annuel ? Ça, c'est une première question. Le second, c'est
03:18qu'en
03:182026, on n'a pas eu les signaux aussi de gros contrats, notamment venus de l'Allemagne,
03:23qui sont attendus. On ne désespère pas. Et donc, voilà, on a cette période de transition
03:28et cette correction qu'on a vue en 2026.
03:32Et dans les segments de la défense, il y en a qui restent plus porteurs, qui ne sont pas,
03:36qui sont peut-être les plus intéressants aujourd'hui encore en termes d'investissement
03:40et qui ne connaissent pas la crise ou le plateau.
03:43Non, je pense qu'il y a aussi une transition en termes de secteur dans la défense.
03:48On avait un secteur industriel, disons traditionnel, l'artillerie, les munitions, les blindés,
03:58enfin vraiment, voilà, le matériel qui a beaucoup profité des annonces liées au pourcentage
04:04de PIB de l'OTAN. Donc, on a un effet rattrapage. On a un effet rattrapage, réapprovisionnement
04:08des stocks. Et donc, on a une très bonne visibilité sur ce segment, sur les commandes
04:12jusqu'en 2030. C'est ajouté à ça, en fait, un nouveau secteur, sous-secteur de la défense
04:18qui est beaucoup plus technologique, donc le passage du hardware au software dont on parle
04:21beaucoup, mais aussi de la donnée, de l'autonomie. Donc ça, c'est les drones, l'anti-drone,
04:26le spatial de défense. Donc, tous ces nouveaux secteurs qui sont aussi là où on va en fait
04:30capter structurellement la hausse des marges et des bénéfices attendus. Donc, finalement,
04:35c'est là où on voit qu'il va y avoir encore un peu de potentiel et avec une explosion
04:39des opérations de M&A sur ce secteur. Merci infiniment, Alice de Bazin. Est-ce qu'il
04:44y a d'autres secteurs essentiels à la souveraineté européenne, selon vous ? Parce qu'on voit
04:47bien que les FDIs Agency travaillent beaucoup sur le M&A. Donc, j'imagine que vous le suivez
04:52un peu. Il y a des data centers, vous m'en parlerez peut-être, qui ont un data fort, qui
04:57a une
04:57valorisation énorme aujourd'hui, qui n'existait pas en 2006, la création. Est-ce qu'il y a
05:02d'autres secteurs que la défense a proprement parlé pour notre souveraineté ?
05:05Absolument. En fait, on a quand même une Europe qui est en proie à une multiple
05:09dépendance. Et si on veut construire cette Europe autonome, il va falloir qu'on investisse
05:14sur... Nous, on a identifié quatre secteurs principaux. Il y a un secteur de l'industrie
05:19dans lequel je vais mettre l'énergie, qui est absolument clé, bien évidemment.
05:22Oui, c'est l'infrastructure critique.
05:24Infrastructure critique et aussi notre mix énergétique. On l'a vu, les différents événements
05:29géopolitiques nous ont montré à quel point c'était important. On a la finance et on a de la chance.
05:34On est aujourd'hui en lieu et place de ce que la finance européenne peut porter. Nous
05:40avons aussi l'alimentation et la santé. Et ça, on se rappelle encore de cette crise
05:45du Covid, de ces pénuries de médicaments. C'est aussi un secteur absolument clé.
05:49Donc, chez CPR, on a depuis toujours voulu flécher l'épargne vers ces domaines. Et là,
05:56on est à quasiment près de 2 milliards à travers des fonds défense ou autonomie stratégique
06:01européenne. Qu'est-ce qu'on souhaite à CPRM sur ce sujet ou d'autres pour les 12
06:06mois à venir ? CPR, nous, on se positionne pour capter les tendances qui auront du sens
06:12sur le long terme. Donc là, on a deux tendances, la défense, l'autonomie stratégique européenne
06:16qui sont absolument clés. Mais bien évidemment, on continue d'investir sur des nouvelles tendances
06:21liées à la transition énergétique, liées à une nouvelle technologie.
06:23On garde la transition énergétique, on arrive à le garder, on arrive à de l'intérêt
06:27quand même. Bien évidemment, parce que la transition énergétique, c'est devenu un
06:30sujet de souveraineté. On fait de l'électrification, c'est aussi de la transition énergétique.
06:34La boucle est bouclée. Merci infiniment. Alice de Bazin, directrice générale chez
06:38CPRM. On vous souhaite une très belle conférence dans un instant au Paris Finance Forum.
06:42Un grand merci. A bientôt.
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