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  • il y a 4 heures
À l'occasion du Paris Finance Forum 2026, Mathieu Meffre reçoit Philippe SETBON, Président de l'AFG et Directeur général délégué de Natixis.

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Transcription
00:06Bonjour à tous, nous vous retrouvons en direct du Paris Finance Forum pour sa 34e édition déjà,
00:11en direct du studio Gabriel. J'accueille en plateau Philippe Sedbon. Bonjour Philippe.
00:15Bonjour.
00:16Vous êtes président de l'ASG, l'association française de gestion, mais également CEO de Natix CCM.
00:21Merci pour votre présence aujourd'hui.
00:22Merci pour votre invitation.
00:23Vous allez intervenir sur un thème, on va en parler un petit peu sur scène dans quelques instants.
00:28Comment financer les retraites ? Quel modèle face à la transition démographique ?
00:32Oui.
00:32Ça pose beaucoup de questions.
00:33Beaucoup.
00:34J'en ai une première pour vous.
00:35Évidemment, à l'ASG, vous devez, vous souhaitez, c'est votre mission de permettre aux épargnants d'avoir des solutions
00:41adaptées pour leur épargne,
00:43pour des bons rendements, mais aussi pour qu'ils puissent financer l'économie.
00:46Oui.
00:47Comment placer l'investissement sur les marchés au cœur des décisions de nos épargnants ?
00:51Alors, je pense que, alors effectivement, ça soulève de multiples questions.
00:56Celle-ci en est une, celle-ci en est une pour faire le lien entre, finalement, la collecte d'épargne
01:00que font les assureurs, les banques, les sociétés de gestion,
01:03et puis cet emploi de l'épargne dans le financement stable, stable de long terme de l'économie,
01:08parce qu'on a besoin de financement de court terme, de moyen terme et de long terme.
01:11Alors, est-ce qu'il faut faire en sorte que les intentions ou les marchés financiers soient au cœur des
01:18préoccupations des épargnants, des investisseurs ?
01:21Je pense que la réponse est non.
01:22En revanche, il faut faire en sorte que leur projet de vie et la façon de financer, finalement, le cycle
01:30de vie soient au centre de leurs préoccupations.
01:32Ça, oui. Et donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire avoir des produits d'épargne, des solutions d
01:36'épargne adaptées à votre projet.
01:39Nous n'avons pas le même âge, nous n'avons pas le même cycle de vie, nous n'avons pas
01:43les mêmes projets de vie.
01:44Et donc, il faut avoir des projets et des solutions adaptées à de court terme, parce qu'on a besoin
01:50d'épargne de précaution,
01:51on a des projets de court terme et puis de très long terme, parce qu'on a tous, in fine,
01:55besoin de financer la retraite, voire la dépendance.
01:59Alors, justement, sur le sujet des retraites, on en parlera beaucoup aujourd'hui.
02:03Les retraites fondent, ça ne s'arrange pas et on voit bien que le système entrevoit ses limites.
02:09Comment est-ce que l'on va arriver à faire en sorte que les gens puissent partir à la retraite
02:12dans des conditions satisfaisantes ?
02:14On pense notamment, évidemment, à une retraite complémentaire par capitalisation.
02:18Oui, effectivement, finalement, parmi les enjeux mathématiques, statistiques et surtout prévision économique, il y a une science exacte, c'est
02:31la démographie.
02:31Et ça fait déjà 36 ans exactement qu'en France, on sait qu'on a un problème de financement de
02:36la retraite à moyen et long terme.
02:39Donc, on a besoin de finalement d'élargir le socle des solutions, non pas de revenir finalement sur la retraite
02:46par répartition, qui est notre socle social important.
02:49C'est ça qui c'est le ciment de notre socle social, sans doute en France.
02:53En revanche, on a besoin d'élargir le champ des solutions.
02:56La retraite par capitalisation, qui est déjà en vigueur sur le pilier 3, c'est-à-dire la retraite supplémentaire,
03:04mais c'est donc sur une base volontaire, soit au niveau individuel, soit au niveau collectif.
03:09Mais c'est une base volontaire. On a sans doute besoin, on a certainement besoin d'introduire une partie de
03:17retraite par capitalisation sur la partie obligatoire, mais sur le pilier 2, qui est la retraite complémentaire, tout en gardant
03:23notre socle, évidemment, de retraite par répartition.
03:27C'est bien de cela dont on parle pour que les gens comprennent, ceux qui nous regardent, qui ne sont
03:31pas peut-être intimes avec le sujet de cette réforme des retraites.
03:34Quand on dit obligatoire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce serait sous une forme de prélèvement
03:37à la source ?
03:38Oui, mais il ne faut pas le voir comme un sujet punitif. C'est un sujet, au contraire, pour récupérer
03:44et qui bénéficierait à tout le monde.
03:46Alors, on a travaillé à l'AFG et on va en parler dans quelques jours, puisqu'on publiera dans quelques
03:50jours un livre blanc sur la retraite par capitalisation, sur ce pilier 2.
03:56On l'avait déjà fait il y a 10 ans sur le pilier 3 et aujourd'hui sur la partie
04:00finalement obligatoire qui embarque l'ensemble des salariés et qui permet à ce moment-là, effectivement,
04:07à tout le monde de bénéficier de ce supplément de retraite pour finalement contrecarrer deux choses.
04:14L'aspect démographique qui est certain, c'est-à-dire qu'il y a de moins en moins d'actifs
04:17cotisants pour les retraités bénéficiaires.
04:20Et puis, limiter autant que faire se peut et même, si possible, infléchir le taux de remplacement qui, lui, ne
04:27cesse de baisser.
04:28En 1960, 2000, 2050, ne cesse de baisser.
04:33Alors, on voit que le rationnel est là, que l'envie est là, que le travail est là.
04:35Bon, quelles conditions sont aujourd'hui réunies selon vous pour faire ce travail sur les retraites, qui est un mot
04:41sur la scène publique hautement inflammable, les retraites ?
04:44Qu'est ce qui fait qu'aujourd'hui, on peut y arriver en termes de conditions réunies, alors même que
04:48le sujet n'a pas été pris à bras le corps par le passé ?
04:51Alors, vous avez raison. Il y a deux éléments quand même pour en parler, à minima, pour en parler aujourd
04:56'hui.
04:57Premièrement, effectivement, pendant 30 ans, le mot capitalisation a été banni du débat français.
05:08Le sujet de la retraite n'est pas un sujet idéologique.
05:12C'est un sujet qui, finalement, concerne tout le monde et qui doit être pris de façon pragmatique.
05:18Donc, premier point, la bonne nouvelle, c'est que désormais, depuis pas longtemps, deux ans, disons, en France, on peut
05:25débattre sur ce sujet de la retraite par capitalisation en complément d'une retraite basée sur la répartition.
05:32Ça, c'est le premier truc. Ouverture du débat et du dialogue.
05:35Deuxièmement, on a un formidable moment pour le faire, au moins pour débattre et puis ensuite pour décider.
05:41On a un formidable moment. Pourquoi ? Parce qu'il y en a un besoin criant au niveau individuel, au
05:45niveau des futurs retraités.
05:47Épargner en futurs retraités, salariés aujourd'hui, entrepreneurs et autres.
05:51Il y a un besoin criant parce que je ne reviens pas, je viens de le dire, le taux de
05:56remplacement ne cesse de baisser.
05:57Et on sait qu'on va dans le mur en termes de si on ne fait rien du tout.
06:02Deuxièmement, on a des entreprises qui ont besoin important de financement et de financement de long terme pour innover, investir
06:11dans les transitions.
06:12Et donc, reconstruire, redessiner, redessiner, reconstruire un peu fort le paysage industriel européen et remettre au goût du jour la
06:23compétitivité des entreprises européennes.
06:25C'est central parce que ce sont les emplois de demain et d'après-demain.
06:29Et puis, on a un troisième pilier d'alignement des planètes qui est que les finances publiques, je n'apprendrai
06:35rien à personne, sont dans un état quand même compliqué pour assurer ce financement sur le très long terme.
06:41Donc, on a un parfait alignement des planètes pour avoir ce débat, ouvrir cette discussion et aboutir sur des solutions
06:49pragmatiques, je l'espère.
06:51Nous l'espérons. Dans les pays où ce système, ce double système, répartition, capitalisation, voire capitalisation uniquement, s'est développé.
07:00On voit bien qu'aujourd'hui, j'ai reçu des banquiers d'affaires qui me disent pour une IPO aux
07:05Etats-Unis, on claque des doigts, on lève 150 milliards.
07:08Il y a évidemment trois grandes IPO en ce moment sur les marchés américains. Nous, depuis 18 mois, on a
07:15eu deux micro-IPO.
07:17Quel regard vous portez sur ce marché, sur ces pays voisins qui ont mis ça en place ?
07:22Il y a des limites à anticiper puisqu'on se demande si on va faire cette réforme. On a envie
07:26de la faire. Mais est-ce qu'il y a des limites dans ces autres pays ?
07:29Alors, est-ce qu'il y a des limites ? En tout cas, il y a la nécessité de la
07:32faire sur des bases qui soient acceptées par le plus grand nombre.
07:37Alors, je ne pense pas qu'il faille comparer finalement l'Europe, la France avec les Etats-Unis.
07:42On n'a pas le même modèle économique, on a donc le même modèle social. Je ne sais pas dans
07:47quel sens ça fonctionne d'ailleurs.
07:48Et puis, en revanche, on a des pays en Europe, un grand nombre de pays en Europe qui ont adopté
07:53déjà cette hybridation, si je peux m'exprimer ainsi, du financement de la retraite.
07:59Et donc, comment finalement délivrer des pensions dignes de ce nom aux futurs retraités ?
08:05Et ce côté hybride qui fait qu'il y a une accumulation d'épargne pour financer les entreprises, finalement, ça
08:14fonctionne.
08:15Donc, sans aller de l'autre côté de l'Atlantique, on prend l'exemple de la Suède qui finalement a
08:22relancé ses entreprises, a relancé son industrie, a relancé ses IPOs, ses introductions en bourse
08:27qui sont quand même le meilleur moyen de pouvoir faire un appel public à l'épargne de façon large et
08:33bénéficier à la fois pour les entreprises de financement stable
08:36et puis pour les épargnants de réceptacles rentables pour leur épargne.
08:43Et donc, cet exemple suédois, je ne dis pas qu'il faut faire exactement la même chose parce qu'ensuite,
08:48on en vient à ce qui permet d'avoir une acceptation la plus large possible.
08:52Je pense qu'en France, on est attaché quand même à cette équité qu'est le système par répartition.
09:00Donc, c'est notre socle, ça doit rester notre socle.
09:02Et puis, si on venait à mettre en place la retraite par capitalisation, ce qu'on appelle de nos voeux,
09:08parce que c'est vraiment ce qui nous permettrait de décoller à la fois au bénéfice des retraités, mais aussi
09:15au bénéfice des entreprises.
09:16Si on arrivait à le mettre en place, on a besoin sans doute de le mettre avec des règles qui
09:21nous permettent de continuer à maintenir le collectif
09:24et qui nous permettent aussi de le faire sur une base extrêmement simple et visible par tous en le faisant
09:35reposer sans doute sur les partenaires sociaux
09:37qui le font très bien au niveau de l'Argir Carco et puis sans doute avec des pouvoirs publics qui
09:42encadrent bien.
09:43Et puis, on a la chance d'avoir encore aujourd'hui, donc préservons-le, un système financier qui permette de
09:50le faire aussi en toute sécurité pour les épargnants.
09:52On a des expertises financières grâce aux assureurs ou aux gestionnaires d'actifs de premier plan.
09:58Merci beaucoup. Une dernière question.
09:59Si on devait imaginer une mesure, cher Philippe, pour vaincre le taux d'épargne, on a parlé des retraites d
10:06'une part, mais là, aujourd'hui, demain matin, une mesure.
10:10Alors, je ne sais pas si le vaincre le taux d'épargne est le bon terme, si tu peux me
10:13permettre.
10:14On a un taux d'épargne très élevé en France. La réalité, en fait, c'est qu'au 18%, 19
10:18% aujourd'hui, c'est très élevé.
10:20En fait, il est plus la traduction d'une incertitude sur le futur que d'une épargne financière, en l
10:26'occurrence, qui investit et qui apporte des rendements élevés.
10:30Oui, et on a fait on a fait on a mené une étude au niveau de au niveau de l
10:36'AFG au cours des dernières semaines qui montre que le rendement de cette épargne des Français est très inférieur à
10:44ce qu'elle est finalement dans le reste de l'Europe.
10:46Et je ne parle même pas en dehors d'Europe.
10:49Donc, c'est moins vaincre le taux d'épargne que transformer ce taux d'épargne.
10:53Et transformer ce taux d'épargne, ça passe notamment par la promotion d'épargne longue.
10:57Mais on peut, on peut, comme le disait un général, il y a bien longtemps, on peut sauter en l
11:01'air comme un cabri et dire épargne en action, épargne en action, épargne en action.
11:06Si on ne modifie pas le cadre réglementaire et les solutions apportées à chacun, à chacune et à chacun, on
11:17n'y arrivera pas, on améliorera de 0,5.
11:19Ça, c'est pas du tout. Donc, maintenant, il faut passer à l'échelle. Il faut passer à l'échelle
11:23et ce passage à l'échelle ne peut se faire que par des réformes structurelles de long terme.
11:29Merci infiniment, Philippe Cetbon. Vous êtes président de l'AFG et CEO de Natixis Investment Manager.
11:34Merci.
11:34Merci beaucoup. On vous souhaite une très belle journée.
11:36Merci beaucoup.
11:37Merci.
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