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  • il y a 8 heures
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:09R&Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:16Bienvenue dans R&Défense.
00:18Alors c'est un numéro un petit peu particulier cette semaine puisque nous sommes d'abord en direct
00:21et puis nous sommes surtout ici à la mutualité à Paris, au Paris Air Forum
00:25qui est le grand rendez-vous européen de l'aéronautique, du spatial, de la défense
00:30qui est organisé par nos amis de la Tribune et d'Air & Cosmos.
00:33Deux invités avec nous aujourd'hui.
00:35D'abord Yannick Assoade, la directrice générale adjointe en charte l'avionique chez Thalès.
00:39Yannick Assoade, bonjour.
00:40Bonjour.
00:41Merci beaucoup d'être avec nous.
00:43On recevra après Yannick Assoade Alain Fauret, le directeur des systèmes spatiaux chez Airbus.
00:47À mes côtés, pour vous interviewer Yannick Assoade, Léo Barnier.
00:52Bonjour Léo.
00:53Bonjour Jean-Baptiste.
00:53Rédacteur en chef à la rédaction d'Air & Cosmos.
00:56Tiens d'ailleurs, j'en profite, faisons un peu de réclame.
00:59Regardez la une de Air & Cosmos cette semaine qui met à l'honneur évidemment Eurosatory,
01:04le salon mondial de l'armement qui débute la semaine prochaine.
01:09Yannick Assoade, merci encore d'être avec nous.
01:12Je voulais qu'on évoque avec vous, écoutez, un sujet qui nous préoccupe tous
01:16et qui en fait n'est pas si nouveau que ça, la crise géopolitique et l'aviation civile.
01:21Je pensais tout spécifiquement à un sujet qui est devenu extrêmement concret pour aujourd'hui l'aviation civile et l
01:27'aérien,
01:28c'est le brouillage GPS et ce qu'on appelle le spoofing GPS, faire croire qu'on est à un
01:34autre endroit.
01:35On a notamment, c'est vrai, beaucoup à côté de l'Iran depuis quelques années comme ça,
01:39des scènes électromagnétiques, des dangers électromagnétiques qui se réveillent de plus en plus pour l'aviation civile.
01:47Est-ce que c'est des choses qui sont désormais prises en compte quand on fabrique des avions ?
01:53Alors oui, et non seulement prises en compte aujourd'hui, mais c'était déjà pris en compte.
01:58La navigation, c'est-à-dire le positionnement d'un avion, en fait dans l'architecture de l'avion, repose
02:05sur plusieurs systèmes.
02:06Le système de navigation par satellite, qui est celui qui est brouillé ou imité, comme vous l'avez dit.
02:12Et puis les systèmes de navigation inertielle, la radionavigation.
02:17Et puis également la navigation très traditionnelle, celle du XXe siècle,
02:22qui lie l'avion à des points électromagnétiques qui sont situés sur la Terre.
02:27Donc déjà, on a beaucoup de systèmes pour effectivement prévenir le brouillage ou le spoofing du GPS.
02:35Alors le système le plus sophistiqué que l'on fait chez Thalès, c'est les systèmes inertiels.
02:42Historiquement dans nos avions, ces systèmes inertiels qui dérivent avec le temps sur un très long courrier,
02:47vous allez avoir quelques minutes d'angle par heure qui vont dériver.
02:53Et on les recale sur le GPS.
02:55Plus récemment, on a fait effectivement des logiciels pour, un, détecter le spoofing.
03:02Déjà quand il est brouillé, il n'y a plus de système GPS, donc on ne peut plus se référer
03:06au système GPS.
03:07Effectivement, on peut naviguer comme ça pendant plusieurs heures sans problème.
03:12Mais maintenant, effectivement, on détecte le spoofing et on arrête effectivement le référencement au GPS avec le système d'inertiel.
03:20Et c'est le système inertiel qui va guider l'avion.
03:24Juste un dernier mot sur les nouveaux avions.
03:26On a même des systèmes inertiels dits résilients qui peuvent se passer complètement de la référence au GPS.
03:34Vous avez répondu à la question que j'allais vous poser.
03:36Est-ce que l'on peut se désexposer complètement du GPS et ne fonctionner qu'avec une centrale inertielle, par
03:40exemple sur un avion de ligne ?
03:41C'est facile complètement sur un avion existant, puisque ça veut dire repenser l'architecture de la navigation dans l
03:48'avion.
03:49Par contre, de manière évidente, dans les avions qui seront lancés dans le futur, bien entendu, on tiendra compte de
03:56ça.
03:56Et on mettra des systèmes résilients qui permettent effectivement par plus de précision du système d'inertiel,
04:04y compris de faire des très longs courriers sans référencement à la navigation satellite.
04:09Vous mentionnez justement ces avions qui seront capables de s'affranchir de GPS.
04:15Mais aujourd'hui, on le voit que dans les évolutions qu'on constate, que ce soit au niveau du cockpit
04:20ou au niveau de la cabine,
04:20on va vers plus de connectivité.
04:22Vous disiez même dans nos colonnes il y a quelques semaines que l'imagination était la seule limite peut-être
04:28sur tout ce qu'on pouvait faire à bord.
04:29Est-ce que vous pouvez nous décrire un peu ça ?
04:32Et j'aurais une petite question complémentaire.
04:34Est-ce qu'on ne franchit pas non plus un peu le Rubicon en termes de cybersécurité en ouvrant notamment
04:38le cockpit ?
04:39À l'extérieur ?
04:40Alors déjà deux réponses et surtout deux différenciations du système.
04:44La connectivité cabine, celle que tout un chacun connaît, pour connecter son téléphone par exemple,
04:52qui n'a pas d'impact du tout parce qu'aucune connexion dans l'avion avec les systèmes avions
04:58qui pourraient mettre en cause, même si attaqués du point de vue cyber, ne mettraient pas en cause la sécurité
05:05de l'avion.
05:05Donc ça c'est la première chose.
05:07Donc cette connectivité, vous avez raison, maintenant on ne peut plus faire un vol sans connectivité.
05:13Sinon vous avez une portion des passagers qui effectivement sont mécontents,
05:17ce qui n'est pas ce que recherchent les compagnies aériennes bien entendu.
05:20Et donc tous les avions seront connectés à terme.
05:24On fait cependant chez Thales, mais on a des concurrents qui le font, bien sûr des liaisons cybersécurisées.
05:33Comment on fait ça ?
05:34On met ce qu'on appelle des safe getaway, c'est-à-dire des boîtes qui ont des systèmes par
05:42exemple de cryptage
05:43et qui regardent l'information et la cohérence de l'information qui est reçue,
05:48regardent également la cohésion de l'information qui est envoyée
05:52et permettent effectivement de super sécuriser les messages
05:57et d'éloigner les messages qui seraient néfastes.
06:01Et ce type de technologie, bien sûr, est poussé de plus en plus sur la connectivité qu'on dit cockpit
06:09qui en général a moins besoin de volumétrie,
06:14donc se passe à une bande plus basse que tout le monde n'utilise pas
06:18et clairement avec une facilité de filtrer ces messages de manière beaucoup plus importante
06:25parce que beaucoup moins de volumétrie.
06:28Et non seulement on les protège du point de vue software,
06:31mais on peut arriver à les protéger aussi du point de vue hardware
06:34pour que la boîte elle-même ne soit pas attaquée.
06:38Et cette connectivité va nous permettre d'avoir des avions plus performants,
06:42peut-être plus sécurisés aussi ?
06:44Alors elle est pour moi là aussi dans une vision
06:46qui peut s'appliquer à l'aviation actuelle
06:50de connectivité non seulement des passagers avec tout ce qu'ils peuvent trouver sur Internet,
06:58mais des pilotes avec un leur centre opérationnel de compagnie aérienne
07:01pour par exemple faciliter la maintenance quand on arrive à l'aéroport,
07:07mais également prévoir tous les incidents qui peuvent se passer dans le système de transport aérien.
07:12Mais à terme, pour nous Thales, ce qu'on voit surtout comme utilité dans cette connectivité,
07:18c'est la connectivité directe entre l'avion et l'Air Traffic Management
07:23qui permettra effectivement d'optimiser l'intégralité du système
07:29sans passer par la voie d'un pilote d'un côté et la voie d'un contrôleur
07:34et le temps de réaction de cette voie des deux côtés
07:37par rapport à un événement et de pouvoir optimiser globalement,
07:41c'est-à-dire avoir des systèmes y compris intégrant l'IA,
07:44du côté ATM et du côté avion
07:46pour complètement optimiser les trajectoires
07:50et faire ce que le système César essaie de promouvoir en Europe aujourd'hui
07:54qui est ce qu'on appelle un trajectory-based operation,
07:59c'est-à-dire plus effectivement des trajets qui sont pré-programmés
08:03et qui passent par des points qui n'optimisent pas effectivement
08:06un vol avec une montée continue, une altitude qui soit optimisée
08:10en fonction de la météo et une descente continue
08:12mais qui vraiment l'optimisent de manière en temps réel
08:17en fonction des autres avions, ça c'est côté ATM
08:19et en fonction des données de l'avion pour l'avion
08:22et qui optimise globalement ce système.
08:24L'intelligence artificielle évidemment qui est au cœur
08:26et qui le sort encore plus demain dans le secteur.
08:29Il y a un an effectivement, vous nous expliquiez, c'était très intéressant
08:32que pour certifier l'intelligence artificielle à bord des avions de ligne
08:36il fallait pouvoir expliquer son cheminement au certificateur.
08:40Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
08:41Est-ce qu'on a fait quelques progrès ?
08:43Et où est-ce qu'on en est aujourd'hui des certifications
08:45pour intégrer de l'intelligence artificielle à bord des avions ?
08:47Et puis de quelle intelligence, vous nous avez dit un mot avec l'ATM,
08:50mais de quelle intelligence artificielle à bord parle-t-on ?
08:53Alors, on ne peut toujours pas certifier un système au plus haut niveau de sécurité aérienne
09:00avec de l'intelligence artificielle intégrée dans le système,
09:03c'est-à-dire un système qui déciderait lui-même.
09:05On ne sait toujours pas faire ça.
09:07Par contre, ce qu'on sait faire, et c'est de plus en plus admis par l'autorité,
09:12voire discuté avec l'autorité, c'est d'avoir des agents à côté du pilote
09:16qui font un certain nombre de recommandations.
09:19Mais le pilote reste dans la boucle de décision
09:22et va intégrer dans son système d'avion la recommandation de l'agent.
09:27Que ce soit, par exemple, pour faciliter un diagnostic de panne
09:32et donc la rémédiation de cette panne,
09:34de manière à l'aider, effectivement, à prendre les bonnes actions.
09:38Que ce soit pour optimiser la trajectoire, on en a parlé.
09:42que ce soit éventuellement pour transmettre une information médicale
09:46à son centre opérationnel en temps réel.
09:49Donc il y a plein de choses qu'on peut faire avec,
09:53effectivement, qu'est-ce qu'il faut faire à l'arrivée,
09:55qu'on peut faire avec cette intelligence artificielle.
09:57Donc, chez Thalès, on essaie de développer, on y arrive,
10:02une intelligence artificielle qui ne sont pas basées forcément sur des LLM
10:06mais sur des modèles mathématiques qui est explicable.
10:12Ceci étant, elle n'est jamais déterministe au centre où le veut l'autorité.
10:17C'est pour ça que, pour l'instant, ces modèles-là sont avant tout utilisés
10:22à côté du pilote et à côté de l'ATM.
10:24Les mêmes systèmes existent aux côtés de l'ATM
10:28de manière à aider les uns et les autres à aller plus vite dans leurs décisions
10:32et à être quand même plus précis et plus exhaustifs dans l'analyse des situations.
10:38D'après vous, Yannick Assoit, ça va prendre combien de temps ?
10:40Est-ce qu'il faudra une décennie ? Est-ce qu'il faudra 20 ans ?
10:43Je sais que la question n'est pas évidente.
10:46La réponse n'est vraiment pas évidente.
10:49On travaille avec l'autorité, ça c'est ce qu'on peut dire.
10:53Notre autorité a de plus en plus de spécialistes
10:56parce que, de nouveau, pour aboutir à un règlement,
10:59il faut des spécialistes, y compris côté de l'autorité,
11:02qui parlent à nos spécialistes, effectivement,
11:05tout en prenant en compte, eux, leurs obligations
11:08de faire en sorte que le règlement va assurer la sécurité des vols.
11:13C'est bien ça, effectivement, le rôle de l'autorité.
11:17Nous, notre rôle, c'est de pousser l'innovation.
11:19Lui, c'est d'assurer la sécurité des avions.
11:22Donc je pense que ça prendra une bonne décennie, en effet,
11:24mais c'est extrêmement difficile de répondre.
11:26On parle beaucoup du futur.
11:28Et dans le futur, notamment la nouvelle génération de moyens courriers,
11:31il y a un élément qui est important, c'est le CORAC,
11:32dont vous êtes la présidence.
11:34On voit aujourd'hui quelles sont les avancées,
11:36comment on avance vers cette nouvelle génération.
11:38Et petite question subsidiaire,
11:41le président de la République avait promis 300 millions d'euros par an
11:43justement pour aider cette recherche,
11:45pour aider les industriels à faire un effet de levier pour l'investissement.
11:48Aujourd'hui, on voit que cette année, ce n'est pas garanti,
11:51ces 300 millions d'euros, peut-être l'année prochaine non plus,
11:53où en est-on également sur ce point-là ?
11:55Bon, alors effectivement, le CORAC,
11:57c'est l'association entre l'industrie et l'État
11:59pour nous permettre de faire de la recherche à mont
12:03et avoir les avions qu'on lance au meilleur niveau possible.
12:07Vous savez qu'on prépare le remplacement de la 320 en Europe.
12:11Pour tous les industriels européens, c'est un enjeu majeur.
12:16On est ou on n'est pas pendant 30 à 40 ans sur une plateforme.
12:21Donc, pour n'importe quel industriel, c'est clé.
12:23Et bien sûr, le rôle de l'État, c'est qu'il y ait une majorité d'industriels français
12:28sur ces plateformes.
12:30Aujourd'hui, vous avez raison, on a à peu près préservé nos 300 millions
12:35en 2024 et 2025.
12:38Ce n'est pas le cas aujourd'hui, en 2026.
12:40Je peux vous dire qu'avec la DGAC, nous nous battons pour rétablir
12:44effectivement un budget qui soit à la hauteur de 300 millions.
12:48Je ne désespère pas d'y arriver, mais c'est vraiment clé si on veut
12:52qu'Airbus, et avec Airbus, le motoriste, mais également tous les équipementiers français
12:58soient à bord de cette plateforme.
13:00Parce que ce que permet le Corac, c'est d'avancer tous ensemble
13:03et d'être matures tous ensemble quand Airbus va décider
13:07de lancer son avion, soit dans 3-4 ans, très probablement.
13:11Mais une maturation de technologies nouvelles pour mettre sur un avion,
13:16ça prend 10 à 15 ans.
13:18Et donc c'est absolument nécessaire.
13:20D'ailleurs, si on commençait maintenant, on serait en retard.
13:22On a commencé en 2020 pour lancer en 2030 et aboutir à un avion
13:28dans la seconde décennie prochaine.
13:31L'open fan, puisqu'on parle de décarbonation, l'open fan, on les a vus,
13:35c'est ces grandes hélices qu'on verra peut-être un jour.
13:38C'est vraiment la solution ?
13:40Alors, on travaille dans le Corac.
13:43En fait, il y a vraiment plusieurs solutions pour décarboner,
13:47puisque notre but, c'est non seulement de décarboner,
13:50mais de faire gagner de l'argent aux compagnies aériennes.
13:52Et donc de moins consommer, parce que le carburant représente
13:56une grosse proportion de leurs coûts, et en particulier en ce moment,
13:59comme vous le savez, avec l'augmentation du prix du carburant
14:01et encore plus du kérosène.
14:03Donc notre but, c'est de décarboner.
14:05Il y a l'aérodynamique qui joue.
14:07Donc ça fait partie d'une très grosse étude côté Airbus.
14:14Il y a la masse de l'avion, avec le choix aluminium composé,
14:18qui est très structurant pour notre industrie.
14:20Il y a bien sûr le moteur.
14:22Est-ce qu'on aura un open fan, qui fait gagner effectivement en consommation,
14:28mais qui n'est pas si facile que ça à rentrer dans une formule aérodynamique avion,
14:33avec des désavantages sur le bruit, etc.
14:35Donc toutes choses qui sont travaillées dans le CORAC.
14:38Et puis un système avion qui va être complètement différent.
14:41Vous avez dû entendre parler du software-defined satellite.
14:47on aura plus un software-defined aircraft avec effectivement des calculateurs
14:56qui seront beaucoup plus centralisés et qui gèrent beaucoup plus de systèmes.
14:59Et un partage de cette donnée, cette ressource de calcul,
15:03beaucoup plus large et encore plus large que ce qu'on a vécu sur la 350,
15:06avec la connectivité et toutes les informations qu'on doit recevoir.
15:10Ce sera le mot de la fin.
15:12Un grand merci Yannick Assois d'avoir été avec nous.
15:14Yannick Assois, la directrice générale adjointe chez Thalès en charge de l'avionique.
15:18Et Léo Barnier, un grand merci, rédacteur en chef à la rédaction d'Air et Cosmos,
15:21qu'on retrouvera la semaine prochaine.
15:23Merci beaucoup Léo.
15:24Merci beaucoup.
15:24On va évoquer maintenant un autre thème qui est au cœur de ce Paris Air Forum,
15:28au cœur de l'actualité également,
15:29puisque vous savez que c'est aujourd'hui notamment que SpaceX s'introduit en bourse,
15:33le spatial.
15:34Et puis on a eu des très bonnes nouvelles quand même ces derniers mois pour l'Europe spatiale,
15:38avec le retour en vol d'Ariane 6,
15:39le retour de Végacé.
15:41Et puis il y a un autre sujet majeur, les satellites,
15:43la demande qui est de plus en plus forte,
15:46les télécoms, l'observation de la Terre, la défense, la souveraineté.
15:49Est-ce que les industriels arrivent à suivre ces cadences ?
15:53On en parle avec notre invité qui vient juste de nous rejoindre, Alain Fauret.
15:56Bonjour.
15:57Bonjour.
15:57Vous êtes le Head of Space System chez Airbus,
16:00vous êtes le directeur des activités spatiales chez Airbus.
16:02Merci beaucoup d'être avec nous Alain Fauret.
16:04À mes côtés, magie, Michel Camirol est apparu.
16:07Le retour.
16:08Le retour.
16:08Bonjour, rédacteur en chef à la tribune en charge de l'aérospatial,
16:13des transports et de la défense.
16:15Et l'un des chefs d'orchestre, il faut le dire, de cette journée ici,
16:19au Paris Airforum.
16:21Alain Fauret, je voulais...
16:23Ça fait deux ans maintenant, si je ne dis pas de bêtises,
16:25quasiment que vous avez pris les rênes du spatial chez Airbus.
16:28Ça va beaucoup mieux.
16:30Il y a beaucoup de choses qui ont changé ces deux dernières années.
16:32Est-ce que vous pouvez nous faire un petit topo de l'activité spatiale chez vous ?
16:35Comment ça se passe ces derniers mois en termes de résultats, en termes de prise de commande ?
16:39Effectivement, en deux ans, l'activité a été riche.
16:42Il y a deux ans, on était dans une situation très délicate.
16:45Donc, avec les équipes, nous avons mis sur les rails un plan de redressement.
16:50Et aujourd'hui, les indicateurs, qu'ils soient opérationnels ou financiers, sont passés dans le vert.
16:57Et en parallèle de ce plan de redressement, de la livraison pour nos clients,
17:01on a également des perspectives parce que le contexte actuel fait que le spatial devient une réalité
17:09avec beaucoup de traction positive sur le marché,
17:13à la fois sur le domaine institutionnel, mais également beaucoup sur le domaine défense.
17:18Comment vous avez fait pour aller aussi vite ?
17:20Parce que, franchement, c'est très surprenant.
17:22Vous êtes allé très, très vite pour redresser une activité qui était, je dirais,
17:25pas à l'agonie, mais en souffrance, en très grande souffrance.
17:28C'est quoi vos clés du succès de ce retour en grâce de l'espace, du spatial au sein d
17:36'Airbus ?
17:36Effectivement, qu'on est en grosse crise et que les chiffres le montrent,
17:40ça aide à montrer l'importance d'aller redresser.
17:43Je pense que tous nos salariés l'ont bien compris.
17:46Donc, on a mis en place un plan de redressement structuré pour adresser les différents points
17:52de la phase d'appel d'offres jusqu'à la phase de l'exécution,
17:55s'organiser différemment pour être plus agile parce que le but, c'était effectivement de livrer nos clients,
18:02de nettoyer certains programmes pour les replanifier et être capable de les livrer,
18:07également s'organiser sur différents thèmes pour travailler sur l'efficacité et la compétitivité.
18:12Comment ça se passe chez Airbus Space en termes de cadence industrielle ?
18:17On a une demande actuelle et on va voir de plus en plus dans les années qui viennent une demande
18:20pour la fabrication de satellites.
18:22Je pense notamment à OneWeb qui vous a commandé plus de 400 satellites.
18:26Donc, il va falloir les sortir, les produire à la chaîne vraiment comme des petits pains.
18:29Vous avez bien sûr reporté d'autres contrats.
18:31Vous avez fait des annonces d'ailleurs à Berlin sur l'observation.
18:34Est-ce que votre chaîne industrielle est cadencée, suffisamment cadencée aujourd'hui pour sortir les satellites ?
18:40Ou alors est-ce que vous avez un peu les mêmes problèmes que l'aviation civile qui galère un peu
18:45parfois pour sortir les...
18:46L'exemple de OneWeb pour Hôtelsat est un très bon exemple.
18:51En fait, les précédents satellites OneWeb qui sont actuellement en orbite étaient produits dans des usines Airbus aux Etats-Unis.
18:58Pour des questions de souveraineté, on a décidé à peu près il y a un an et demi de rapatrier
19:04ces chaînes de production des Etats-Unis à Toulouse.
19:08Donc, le challenge était assez clair.
19:09C'était en 18 mois être capable de rebâtir ces chaînes de production pour intégrer les satellites.
19:15Deuxièmement, de relancer la supply chain pour livrer l'ensemble des équipements.
19:1970% de la supply chain d'ailleurs est faite en Europe.
19:23Et donc, pour ça, pour livrer nos clients.
19:26Donc, 18 mois pour relancer tout ça avec des cadences, et ça, ça change pour le spatial,
19:31qui sont plutôt des cadences proches de la journée, un satellite tous les quelques jours versus des gros satellites.
19:38On avait quelques satellites tous les ans.
19:41Donc, c'est ça le challenge industriel.
19:43Et pour ça, on s'est appuyé également sur le groupe Airbus, la compétence en termes de ramp-up sur...
19:49ou de montée en cadence sur les avions pour prendre les bonnes pratiques qui sont adaptées aux satellites.
19:54Donc, la supply chain, c'est également un point d'attention pour nous.
19:57La fragilité de la supply chain, c'est un outil de vigilance également pour nous, comme dans beaucoup de secteurs.
20:05Effectivement, on parle évidemment de la constellation OneWeb, mais il y a une constellation dont on parle aussi.
20:09C'est la constellation Iris Carré, I.S. Square.
20:13Vous avez remis, si je me souviens bien, une offre au mois d'avril.
20:19Aujourd'hui, est-ce que vous pensez que cette constellation qui était un peu en suspens avec les projets allemands,
20:26est-ce que vous pensez que cette constellation va, si je puis dire, décoller ?
20:32J'espère que cette constellation va décoller.
20:34En tout cas, l'équipe Airbus fait en sorte de mettre sur la table et d'offrir aux consortiums SpaceRise,
20:42qui gèrent cette constellation ainsi que la Commission européenne, des bonnes propositions sur la table,
20:46avec nos partenaires.
20:48Et là, ça fait bien le lien avec OneWeb, parce qu'il y a une problématique qui est posée par
20:52le contexte géopolitique
20:55qui nous entoure, de livrer des satellites à l'horizon 29-30.
21:00Et pour ça, pour y arriver, il faut déjà être en ordre de marche.
21:04Et donc OneWeb va nous aider pour être en ordre de marche,
21:06puisque l'outil industriel OneWeb, la supply chain qu'on a agité depuis 18 mois pour livrer les satellites OneWeb,
21:13on va bâtir sur tout cet héritage pour être capable d'avoir, d'un point de vue technologique,
21:19des briques qui sont déjà maturées.
21:21D'un point de vue industriel, une supply chain, même si les satellites sont un peu plus longs,
21:25des outils industriels qui sont déjà en place.
21:28Et donc tout ça pour effectivement tenir cet objectif de cadence ambitieux.
21:33Et donc j'espère que les propositions vont devenir très très rapidement réalité avec des contrats.
21:38Vous avez confiance ?
21:40Il faut toujours avoir confiance.
21:42Comment vous regardez à la forêt d'une manière un petit peu générale l'état du spatial européen ces derniers
21:47mois ?
21:48On avait en tête notamment diverses déclarations, mais celle de Guillaume Forêt,
21:51à un moment où il disait qu'on était dans une situation qui était quand même très très complexe,
21:55pour ne pas dire autre chose.
21:56Là, on a eu Ariane 6, on a eu Vegacé,
21:58on voit que les commandes spatiales, notamment en Allemagne, il y a des futurs contrats à venir.
22:03Est-ce que vous êtes confiant pour les mois et les années qui viennent pour le spatial européen ?
22:07Je pense que pour le spatial européen, il y avait deux conditions à mettre en place.
22:11D'un point de vue industriel, effectivement, travailler sur nos plans d'efficacité, de compétitivité,
22:14on vient d'en parler, et également d'avoir ces grands programmes pour nourrir cet outil industriel.
22:21Je pense que la Commission européenne, l'Agence spatiale européenne, pardon, a montré la voie,
22:25avec une augmentation de budget d'à peu près 30% pour les trois ans à venir.
22:30On voit que les pays européens, l'Allemagne, met des grosses sommes,
22:34on parle de 35 milliards jusqu'à l'horizon 2030 sur le spatial.
22:37On voit que ça peut réveiller, mettre une certaine émulation dans les autres pays, une émulation saine.
22:43Et également, on a un élément très, très important qui est un facteur multiplicateur,
22:48qui est ce qu'on appelle la composante financière pluriannuelle de la Commission européenne,
22:54sur l'horizon 2028-2034, où l'enjeu est très simple, c'est mettre les budgets,
22:59avec des facteurs 3 à 4 par rapport au budget annuel,
23:02pour non seulement continuer les programmes en cours, qui sont la fierté de l'Europe,
23:06quand on parle de Galileo, qui équipe tous vos téléphones portables,
23:12que ce soit les satellites Copernicus pour l'observation de la Terre,
23:16que ce soit Iris Carré, mais également avoir la capacité de lancer de nouveaux programmes.
23:20Michel, il nous reste deux minutes.
23:21Deux minutes, donc. Une question sur la place de la France dans l'espace spatial en Europe.
23:27On a l'impression que l'Allemagne avance, les Italiens avancent, les Espagnols avancent,
23:32la France avance, mais pas aussi vite que les autres.
23:34Est-ce qu'il n'y a pas un risque de décrochage ?
23:38Non, je pense que la France avance, et nous, Airbus, on est une entreprise qui est sur les 3 pays
23:44que vous mentionnez.
23:46On veut avancer, et on avance, et on avance en bonne intelligence sur les différents sites et sur les différents
23:52pays.
23:52Et je pense que l'Europe a besoin de ça.
23:55L'Europe était fragmentée sur le spatial en termes de programmes et en termes d'acteurs.
24:00Le fait d'avancer de façon cohérente et consistante va créer de la valeur.
24:04Et donc, il faut avancer tous ensemble.
24:05Et vous croyez en Bromo ou pas ?
24:08Je serais mal placé.
24:09Bromo, c'est le projet de partenariat entre Thales, Leonardo et Airbus pour créer un champion européen du spatial.
24:19Je crois en Bromo parce que l'objectif de Bromo, quand on se compare avec les acteurs américains ou chinois,
24:25c'est de créer quelque chose à l'échelle pour avoir la capacité d'être encore plus compétitif et également
24:31avoir la capacité d'innover.
24:32Donc oui, je crois en Bromo.
24:34Un tout dernier mot à la forêt parce que c'est d'actualité aujourd'hui.
24:36On a cette introduction en bourse de SpaceX qui fait jaser la planète entière.
24:42Vous regardez ça de quel oeil ?
24:44Je regarde ça.
24:45Bon, déjà, c'est vrai que les chiffres font tourner la tête.
24:47Mais quand je le regarde d'un point de vue européen quand on veut parler de souveraineté, ça montre l
24:52'importance du spatial qui nous entoure.
24:55Le spatial pour nous protéger.
24:57Toutes les conduites d'opérations militaires, on a besoin de satellites.
25:00Le spatial également.
25:01Les assets spatiaux sont aujourd'hui potentiellement des victimes de certaines attaques.
25:06Donc, il faut les protéger également.
25:07Le spatial, c'est important parce que tous les jours, quand vous naviguez avec Galiléo, vous utilisez sans le savoir
25:14les satellites.
25:15Et quand on veut comprendre notre environnement, les climats, on a besoin des satellites.
25:18Donc, pour moi, ça montre l'importance du secteur spatial.
25:21Et c'est pour finir, c'est cette note positive.
25:23Alain Fauret, un grand merci à vous.
25:25Vous êtes le directeur des systèmes spatiaux chez Airbus.
25:27Merci beaucoup d'avoir été avec nous à l'occasion de ce Paris Air Forum dans Air et Défense.
25:31Michel, merci beaucoup.
25:32On se retrouve la semaine prochaine.
25:33Nous serons en vadrouille à Eurosatory.
25:35Bonne semaine.
25:36Merci.
25:37Merci.
25:39Air et Défense sur BFM Business.
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