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  • il y a 18 minutes
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:08R&D Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:12Bienvenue dans R&D Défense.
00:14Ariane 6, vol, enfin, l'Europe respire.
00:18Et c'est en fait maintenant que le plus dur commence
00:20puisqu'il va falloir poursuivre sur cette dynamique.
00:22Compétition interne, retour bientôt du lanceur léger VGC,
00:26déferlante de mini lanceurs, où est-ce qu'on en est ?
00:28On va parler de tous ces sujets avec notre invitée Gérardine Najat
00:31qui est la directrice du transport spatial au sein de l'Agence Spatiale Européenne.
00:35Le décryptage ensuite dans l'aérien, vous le savez,
00:38la révolution des cabines se poursuit année après année.
00:42A bord, le poids, c'est l'ennemi.
00:43On va parler aujourd'hui filet de pêche recyclé et cockpit d'OPL Intelligence Artificielle.
00:48Enfin, le mythique hélicoptère Black Hawk pourrait bientôt prendre sa retraite.
00:53Dans Signeau faible, Antoine Larigaudry va nous présenter son successeur, le Cheyenne 2.
00:58Aire et Défense, l'interview.
01:03Bonjour Gérardine Najat.
01:05Bonjour.
01:06Vous êtes la directrice du transport spatial au sein de l'Agence Spatiale Européenne.
01:09Merci beaucoup d'être avec nous.
01:11À mes côtés, comme chaque semaine, Michel Cabirol.
01:13Bonjour Michel.
01:14Bonjour Jean-Baptiste.
01:15Vous êtes en charge du pôle aérospatial défense-transport à la tribune.
01:20Gérardine Najat, vous venez d'être nommée depuis quelques semaines
01:23à la tête du transport spatial, donc de l'Agence Spatiale Européenne.
01:27Vous étiez auparavant, et vous êtes toujours, pendant encore quelques mois par intérim,
01:31à la commercialisation, à l'industrie et à la compétitivité.
01:35Vous prenez ce poste à un moment qui est quand même charnière pour l'Europe.
01:39On a enfin retrouvé nos capacités de lancement.
01:42Deux Ariane 6 qui sont déjà partis.
01:45Dans quelques jours, je crois que c'est le 19 mai, on a un lanceur Vega qui doit partir.
01:50Et puis parallèlement, on a depuis quelques années une multitude de petits lanceurs
01:54qui sont en cours de préparation. On va en revenir, évidemment, avec vous dans le détail là-dessus.
02:00Mais quelle est d'abord votre feuille de route ?
02:03Alors je crois que ma feuille de route, elle est assez simple.
02:06C'est effectivement préserver cet accès autonome et garanti au spatial
02:12et au transport spatial pour l'Europe.
02:14Et ça, on est tellement heureux de l'avoir récupéré, il ne s'agit pas de le perdre à nouveau.
02:19Et quand je dis préserver, ça veut dire une exploitation stabilisée,
02:25un effort sur les coûts de production.
02:27Enfin, on va continuer de faire de Ariane 6 et Vega,
02:31Vega c'est nos chevaux de travail, comme on dit en anglais.
02:35Mais à côté de ça, une partie importante de ma feuille de route,
02:39c'est évidemment la préparation du futur.
02:41Alors la préparation du futur qui se décline d'ailleurs de plusieurs manières.
02:45Il y a le futur des lanceurs, donc ça peut être les améliorations,
02:51les augmentations de performance d'Ariane et de Vega.
02:54Mais c'est aussi les technologies du futur.
02:58C'est aussi l'accompagnement des petits lanceurs privés dont vous avez parlé,
03:01donc soutenir leur développement et leur commercialisation.
03:05Et puis c'est aussi évidemment les infrastructures.
03:08On a un magnifique port spatial européen en Guyane.
03:12Il s'agit de le moderniser, de l'améliorer encore.
03:16Et puis il s'agit aussi de regarder s'il y a peut-être l'intérêt pour d'autres bases
03:22spatiales.
03:22J'avais juste une question en tête à vous poser sur Ariane 6.
03:25J'ai en mémoire ce que disait Joseph H. Barreur, le directeur général de l'ESA,
03:30je crois que c'était en 2023 ou 2024,
03:32qui estimait qu'Ariane 6 pouvait arriver en fin de vie,
03:36on va dire à la fin de la décennie.
03:39La fusée a l'air de bien fonctionner, elle décolle bien, elle marche bien,
03:42on lui souhaite tout le succès qu'il faut.
03:44Est-ce qu'il y a des réflexions au sein de l'Agence spatiale européenne,
03:46peut-être pour prolonger un petit peu la durée de vie d'Ariane 6 ?
03:51Oui, je peux vous dire que là, on est très heureux de ses performances,
03:55elle surperforme, elle est d'une précision supérieure à celle d'Ariane 5.
04:01Nos clients, et en particulier notre client commercial Amazon Léo,
04:05la constellation d'Amazon quand même,
04:08pour lesquels on a déjà lancé 64 satellites,
04:11ils ne sont pas prêts de lâcher Ariane à ma connaissance,
04:14et nous non plus.
04:15Donc, de toute façon, là, on ne parle pas avant 2035,
04:18et encore, je dirais, on fera très attention
04:21de ne pas faire les erreurs précédentes,
04:24c'est-à-dire qu'on ne va pas parler d'un nouveau lanceur
04:27et arrêter la production du précédent.
04:29Donc moi, je pense qu'Ariane 6 a de très belles années devant elle,
04:34et je dirais au moins 10 ans d'exploitation à venir, au minimum.
04:39Alors, parallèlement à Ariane 6 et à Vegas,
04:42c'est ce challenge que l'ESA a lancé sur les mini lanceurs,
04:47en tout cas les nouveaux entrants,
04:48je vais plutôt les appeler de nouveaux entrants,
04:50parce qu'en fait, ils ont quand même des ambitions hautes
04:52que les mini lanceurs.
04:53On parle évidemment de ISA Aerospace,
04:55on parle de RFA One, on parle de PLD Space,
04:58les Espagnols et de Maya Space en France.
05:01Vous voulez savoir juste où en était le challenge,
05:04qu'à quel moment on verra ces lanceurs s'élancer vers l'espace ?
05:12Alors, effectivement, ce challenge des lanceurs européens
05:16a été lancé l'année dernière, comme vous le savez,
05:19à la conférence ministérielle.
05:20Au départ, on avait cinq challengers.
05:23Bon, malheureusement, le challenger britannique Orbex
05:26est maintenant en faillite,
05:28donc on reste avec nos quatre challengers que vous avez cités.
05:31Et là, on va démarrer bientôt la phase 2,
05:34c'est-à-dire que là, on va commencer à discuter des contrats
05:39qui devraient être passés, disons, avant l'été
05:42ou juste après l'été, pour la continuation.
05:46Sachant que pour ce qui est des dates de lancement,
05:48je peux vous donner une réponse relativement simple,
05:51c'est que dans les spécifications de ce challenge,
05:56il y a le fait que les challengers doivent avoir fait
05:59un premier lancement orbital avant la fin de 2027.
06:04Donc, de toute façon, s'ils veulent continuer avec le programme ELC,
06:11ils doivent avoir fait un premier lancement orbital avant la fin de 2027
06:14et un lancement avec des capacités améliorées avant la fin de 2028.
06:20D'accord. Et les quatre, aujourd'hui, sont sur ce chemin critique ou pas ?
06:24Alors, les quatre sont sur ce chemin critique, tout à fait.
06:28Pour l'instant, je comprends que ISAR est en attente
06:32de sa deuxième tentative de lancement sur la base, vous savez, en Norvège,
06:38en Doja, et qu'il prévoit un lancement, disons, à l'été,
06:43peut-être juin, juillet, août.
06:45Bon, on n'a pas encore de date précise.
06:48Pour ce qui est d'RFA, je sais qu'il vise une date de lancement
06:52entre juillet et octobre, à peu près, depuis les îles Shetland.
06:57Maya a annoncé une date de lancement début 2027,
07:02donc premier trimestre ou tout début du deuxième trimestre.
07:06Et pour PLD, c'est cette année, avant la fin de l'année aussi,
07:11depuis le centre spatial guyanais.
07:14Est-ce que vous pensez que pour ces futures start-up
07:17qui deviendront peut-être un petit peu plus grosses,
07:19qu'il y aura un vrai modèle économique pour ces mini-lanceurs ?
07:23Regardons ce qui se passe, par exemple, un petit peu plus loin sur la planète
07:25avec Rocket Lab, qui a un carnet de commandes qui est blindé,
07:28qui est rempli, qui marche bien, qui envoie des fusées comme des petits pains,
07:32mais qui a quand même 200 millions de dollars de trous dans les caisses.
07:35Comment on peut arriver à...
07:36Alors, personnellement, je pense que pour ce qui est de nos quatre challengers,
07:42peut-être à l'exception de PLD,
07:44et encore, ils sont tous dans l'idée que petit lanceur deviendra grand.
07:48Donc, ils envisagent déjà de grossir.
07:52Et puis, je voudrais dire aussi que dès le départ,
07:54ils ne sont pas sur les mêmes capacités.
07:58Maya Space vise des capacités d'emport très supérieures à celles des autres.
08:04Je pense que, de toute façon, ils visent un marché institutionnel et commercial européen.
08:11Et pour le marché institutionnel européen, c'est des satellites de type
08:15les Sentinelles de Copernicus ou Galiléo.
08:18Donc, on arrive assez rapidement à plus d'une tonne.
08:20Donc, de toute façon, je pense qu'ils vont effectivement grandir.
08:23Et je pense que le modèle commercial,
08:26disons, le marché pour les tout petits satellites n'est pas si grand que ça.
08:32Je pense que, là aussi, on voit bien que, quand même,
08:36beaucoup de satellites grossissent, ont tendance à grossir,
08:40si on regarde ce qui se passe, par exemple, avec Starlink,
08:44ou même, sans doute, ce qui se passera avec Amazon Leo.
08:47En revanche, leur marché, c'est aussi celui,
08:52en complément du lanceur lourd,
08:54pour tous les projets de constellations,
08:57il faut un lanceur lourd pour mettre un maximum de satellites
09:00sur les plans orbitaux.
09:02Mais après, il faut des lanceurs moyens ou petits
09:04pour compléter les constellations.
09:07Donc, voilà, je pense qu'ils visent ça.
09:10Et cela dit, ce qui est vrai, c'est que, disons,
09:14le lanceur très rentable, c'est compliqué.
09:17Oui, ça coûte très cher de développer un lanceur.
09:20Un moteur, ça coûte horriblement cher à développer.
09:23Et pour amortir les coûts de développement,
09:25il faut un certain temps.
09:27Est-ce que la réutilisation est un modèle économique pertinent
09:31pour l'Europe ou pas ?
09:33Alors, il y a eu des études sur le sujet.
09:36À une époque, on disait qu'en dessous de 10 par an,
09:39bon, ça ne passait pas commercialement et économiquement.
09:43Maintenant, on commence à regarder ça à nouveau, évidemment.
09:46Et moi, je pense que le futur des lanceurs,
09:49y compris en Europe, passe par la réutilisation.
09:51Et d'ailleurs, Maya Space, et aussi, d'une certaine manière,
09:55ISAR, visent des lanceurs réutilisables.
09:59Et on a le moteur Prometheus, qui sera un moteur réutilisable
10:03et à bas coût.
10:04Donc, je pense que, oui, la réutilisation, de plus en plus,
10:07est à l'ordre du jour en Europe.
10:09D'autant plus qu'avec, disons, le marché institutionnel européen
10:14qui est en forte croissance, avec les, disons,
10:17surtout compte tenu du contexte géopolitique,
10:20le nombre de lancements nécessaires par an,
10:23on dépasse bien les 10 par an, maintenant.
10:25On est à 10, 15 pour Ariane, dans les besoins exprimés.
10:29Et pour Vega, on dépasse aussi 6, peut-être 9.
10:35Donc, oui, je pense que la réutilisation
10:38va devenir intéressante pour l'Europe.
10:41Est-ce qu'il y a... Vas-y, je t'en prie.
10:43On évoquait Vega. Justement, vous parlez de Vega.
10:45On a un lancement qui est prévu le 19 mai prochain.
10:48Vega qui était autrefois, si j'ose dire, opérée par Ariane Espace,
10:52qui a été récupérée par Avio, par les Italiens,
10:54donc qui s'en occupent.
10:55Il y a eu pas mal de problèmes avec le moteur Zephyro 40, notamment.
10:59Est-ce que vous êtes confiante dans l'avenir de Vega, justement ?
11:02Je suis très confiante parce que c'est vrai qu'il y a eu un échec en décembre 2022,
11:05mais depuis, Vega s'est revenu sur le pas de tir et tout fonctionne bien.
11:11Donc, je croise les doigts, évidemment, pour le 19 mai.
11:13En plus, le 19 mai, c'est un lancement intéressant
11:15parce que c'est le lancement d'une mission scientifique européano-chinoise,
11:21SMILE, qui va étudier la magnétosphère.
11:23Donc, c'est en plus un lancement important pour nous aussi,
11:28Agence spatiale européenne.
11:29Oui, non, non, je suis très confiante sur Vega.
11:32Maintenant, le problème de Vega, comme celui d'Ariane 6,
11:35c'est la montée en cadence.
11:38Et comment va-t-on faire pour augmenter la cadence,
11:41pour produire plus,
11:42et quels vont être les impacts sur, disons, les moyens de production ?
11:48Mais est-ce qu'à terme,
11:50lorsque cette compétition des quatre aujourd'hui,
11:53la compétition sur le challenge,
11:55les quatre acteurs qu'on a cités,
11:58plus Ariane 6, plus Vega C,
12:00finalement, il y aurait potentiellement six lanceurs
12:04à moyen terme sur le marché européen,
12:06mais il n'y a pas la place, j'imagine.
12:08Et faut-il pas les regrouper ?
12:10Alors, je pense qu'une consolidation se fera.
12:14Elle se fera assez naturellement.
12:16Bon, là déjà, on a perdu un challenger.
12:18Je pense qu'il y aura d'autres formes de consolidation,
12:21j'espère moins drastiques que celle d'Orbex.
12:25Mais oui, je pense que ça va se passer,
12:28parce qu'effectivement, je ne pense pas qu'il y a la place
12:30pour quatre petits moyens lanceurs.
12:34Mais là, c'est un problème industriel,
12:37donc c'est évidemment les industriels et leurs pays
12:41qui verront comment une consolidation peut se faire.
12:45Mais elle se fera naturellement, je pense.
12:47Quoi qu'il arrive, consolidation,
12:49ou pas consolidation, mais sans doute consolidation,
12:51l'Europe doit garder un portefeuille de fusées,
12:54de la grosse fusée, de la moyenne, de la légère.
12:57Il nous faut pouvoir aller choisir comme ça,
12:59c'est fondamental, notamment pour le développement
13:00des services spatiaux.
13:01Oui, c'est absolument fondamental.
13:03Moi, j'ai vécu une année très désagréable
13:08où on n'avait plus d'Ariane 5,
13:11on n'avait pas encore d'Ariane 6,
13:14on n'avait pas Soyouz depuis la Guyane,
13:16parce que les Russes étaient partis,
13:18et effectivement, Vegas était au sol.
13:20Donc, on a dû passer des contrats de lancement
13:23pour préserver, j'allais dire,
13:25l'opérationnalité de nos constellations,
13:27en particulier Galiléo ou Copernicus.
13:29On a dû passer des contrats de lancement
13:31à SpaceX, aussi à Rocket Lab.
13:34Je vous avoue que ce n'est pas des contrats
13:35qui font plaisir.
13:37Et là, jamais ne se retrouver dans une situation,
13:40c'est mon but premier, je dirais.
13:44Je crois vraiment qu'il y a la place...
13:47De toute façon, Ariane, maintenant,
13:48avec la version 64, est un lanceur lourd.
13:51Elle dépasse même les capacités d'Ariane 5
13:54avec les quatre boosters.
13:56La version à deux boosters,
13:59c'est un lanceur moyen.
14:00On est un peu sur du Soyouz, autrefois.
14:04Et Vega, c'est un plus petit lanceur,
14:07mais qui vise surtout, disons,
14:09les orbites polaires héliosynchrones,
14:11donc une gamme de satellites.
14:14Je pense qu'il y a certainement la place
14:15pour au moins un autre lanceur
14:17dans cette famille-là, au moins.
14:19Un ou deux.
14:20Au sein de l'ESA et au sein des pays membres de l'ESA
14:23et même de l'Union européenne,
14:25est-ce que la préférence européenne,
14:26c'est un principe qui est acquis ou pas ?
14:28Ou alors il faut encore se battre
14:30pour aller chercher ce concept ?
14:31Alors, chez nous, à l'ESA, c'est acquis
14:34pour toutes les missions de l'ESA.
14:37On est en grande discussion avec la Commission européenne
14:40qui comprend parfaitement
14:41et qui soutient parfaitement
14:42ce principe de préférence européenne.
14:44Et même, on est en train de réfléchir avec eux
14:47comment, je dirais,
14:49non pas le mettre en...
14:52Enfin, le forcer les gens à faire ça
14:54parce que ça marche moins bien,
14:56mais encourager les gens
14:58à utiliser cette préférence européenne
15:01et à utiliser le fait
15:02qu'ils investissent dans des lanceurs,
15:03autant les lancer leurs propres satellites avec.
15:07Donc, on réfléchit avec la Commission
15:09à un schéma d'encouragement
15:11et d'incitation financière
15:13à la préférence européenne.
15:15Peut-être une question pédagogique,
15:18peut-être pour tous les auditeurs.
15:21Je pense qu'il faut dire
15:23qu'un lanceur n'est pas rentable,
15:25n'a pas d'une rentabilité acquise.
15:28On le voit bien dans le monde entier.
15:31Il y a un soutien permanent
15:32des lanceurs sur l'ensemble des pays
15:36qui ont des lanceurs.
15:38C'est ce que vous pensez, vous,
15:40à l'ESA ou pas ?
15:41Alors, on pense qu'on a face à nous,
15:46disons, un partenaire,
15:48un partenaire, non, justement,
15:50un compétiteur principal
15:51qui est SpaceX,
15:53qui a un modèle économique très différent.
15:56On parle de 150 jusqu'à 200 lancements par an
16:00et aussi le fait que les lancements
16:02de SpaceX
16:04sont sur des satellites
16:07développés par SpaceX.
16:08Donc, vous voyez,
16:08on n'a pas du tout ce modèle-là en Europe.
16:11Et qui est largement soutenu par les Américains.
16:15par la NASA, par le DOD,
16:17qui passe des contrats énormes à SpaceX.
16:19On n'est pas dans ce modèle
16:21parce que le marché captif européen
16:23est bien plus petit
16:24que le marché captif américain.
16:26On a beaucoup moins de lancements nécessaires par an.
16:29Donc, on ne peut pas,
16:30disons, on ne peut pas prétendre
16:32à la même rentabilité.
16:34En revanche,
16:36on peut,
16:36avec même des cadences
16:38comme celles dont je parlais,
16:39c'est-à-dire 10 à 15 par an
16:41pour Ariane,
16:434 à 6,
16:44voire 9 pour Vega,
16:45on peut déjà
16:47penser à une production
16:48plus industrielle,
16:50vous voyez,
16:50plus en grand nombre.
16:51Et donc, on peut regarder
16:53comment baisser les coûts de production.
16:56Et sans aller jusqu'à une compétitivité,
16:58une rentabilité totale,
17:00je pense qu'on peut améliorer
17:03considérablement
17:03la situation présente.
17:05Juste un mot pour finir,
17:06Gérardine Najat,
17:07parce que malheureusement,
17:07on arrive au bout.
17:08Je voulais savoir
17:09comment vous regardiez
17:10ce qui se passe en Allemagne.
17:12L'Allemagne qui,
17:13aussi bien dans le spatial,
17:14dans la défense,
17:15est en train de bouleverser
17:16les choses en Europe.
17:17C'est aujourd'hui quasiment
17:17le premier contributeur aujourd'hui
17:19au budget de l'Agence spatiale européenne,
17:20si je ne dis pas de bêtises.
17:21Comment vous regardez
17:22ce dynamisme spatial et défense ?
17:25Écoutez, moi, je suis européenne.
17:28Je suis ravie
17:29que les pays européens
17:31investissent plus dans le spatial
17:33et mettent beaucoup
17:35de dynamisme et d'innovation.
17:36Et je pense que la France,
17:38l'Italie
17:39et les autres grands pays européens
17:42suivent cette voie aussi.
17:43D'abord,
17:44parce qu'il y a maintenant
17:45malheureusement un vrai besoin
17:47d'infrastructures militaires
17:49et de défense
17:49et de sécurité pour le spatial.
17:51Donc, ça fait plus de lancements
17:52à venir pour les lanceurs européens
17:54et aussi une Europe plus forte.
17:56Donc, moi, je pense que dans toute organisation,
18:00il faut un leader,
18:00un leader fort.
18:02Eh bien, très bien.
18:02Je suis très contente.
18:04Merci beaucoup.
18:05Merci beaucoup, Gérardine Najat.
18:06Vous êtes la directrice
18:07du transport spatial
18:08au sein de l'Agence spatiale européenne.
18:09Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
18:11Et tout de suite,
18:11c'est l'heure du décryptage.
18:18C'était un moment de fête.
18:20J'exagère un peu
18:21pour les amateurs d'aéronautique
18:23puisque se déroulait
18:24il y a quelques semaines
18:25le salon Aircraft Intérieur
18:27qui s'est tenu,
18:28allez, c'était une quinzaine de jours
18:29à Hambourg.
18:30C'est la grande messe
18:31pour découvrir
18:32toutes les tendances
18:33en matière d'intérieur d'avion,
18:36de cabine, de siège,
18:37de système de divertissement à bord.
18:38Pour nous en parler,
18:40Léo Barnier.
18:40Bonjour, Léo.
18:41Bonjour, Jean-Baptiste.
18:42Vous êtes rédacteur en chef
18:43chez Air et Cosmos.
18:44Et cette semaine,
18:46vous avez décidé
18:47de nous parler
18:48de ce Aircraft Intérieur,
18:49de ce salon
18:50qui fait briller les yeux,
18:51si j'ose dire,
18:52des aficionados de l'aérien.
18:54Effectivement,
18:55on a eu la chance
18:55d'avoir un journaliste
18:56qui s'est rendu sur place.
18:57Donc, ça fait déjà
18:58quelques numéros
18:59dont on en parle.
19:00Mais c'était effectivement
19:01le bon moment
19:01pour faire le point.
19:02Ce qu'on le voit,
19:03il y a plusieurs tendances
19:04qui se dégagent.
19:05Alors, il y en a une,
19:05c'est vraiment impondérable,
19:07c'est le gain de poids.
19:08Ça, pour le coup,
19:09ça fait des années
19:12d'abord économisées,
19:13c'est du carburant en moins,
19:15donc du CO2 en moins
19:15et surtout des coûts en moins.
19:17Et on voit que
19:17dans le contexte actuel
19:18avec l'envolée des prix
19:19du kérosène
19:20qui fragilise énormément
19:21les compagnies,
19:22à quel point
19:22tout kilo gagné
19:24est important.
19:25Mais il y a d'autres tendances
19:26aussi qui arrivent
19:27et notamment une
19:28sur la réduction des déchets
19:29et l'utilisation
19:30des matières recyclées,
19:31réduire l'impact
19:33environnemental des sièges.
19:34On le voit de plus en plus
19:35d'ailleurs sur les sièges.
19:36Par exemple,
19:37c'est le cas chez Safran
19:38qui utilise des chutes
19:40de plastique
19:41pour ces sièges,
19:43voire même
19:43des fibres de carbone
19:45recyclées
19:46qui sont issues
19:46de la production
19:47de ces moteurs.
19:48Chez Recaro,
19:49lui,
19:49un constructeur allemand,
19:51il recycle
19:52des filets de pêche
19:53où il utilise
19:54aussi des fibres naturelles
19:56de cactus
19:57ou de sucre de canne,
19:58enfin de canne à sucre,
19:59pardon.
20:00Mais voilà,
20:00donc la tendance est là
20:01et l'impression 3D
20:03vient compléter un peu ça
20:04en réduisant
20:05là aussi le poids
20:06et les déchets
20:07qui contribuent
20:08aux deux tendances.
20:10Toujours à la recherche
20:11du moindre gramme,
20:12on a supprimé
20:12les catalogues papiers
20:13pour les remplacer
20:14par du numérique
20:14et maintenant,
20:15dans les sièges,
20:16on avait le titane,
20:17maintenant on a des choses
20:18de plus en plus légères
20:20et on n'a pas que ça évidemment,
20:22on a la cabine connectée
20:25qui est évidemment
20:26très présente,
20:27qui était très présente
20:28et très représentée
20:28au salon de Hambourg
20:29et qui est,
20:30j'allais vous dire,
20:30incontournable aujourd'hui.
20:31Oui,
20:32effectivement,
20:32c'est vraiment
20:33une tendance lourde.
20:34Notre journaliste,
20:35Jean-Baptiste Agui,
20:36qui s'est rendu sur place,
20:37a eu la possibilité
20:38d'interviewer
20:38Yannick Assoad,
20:39qui est directrice générale
20:41adjointe de Thales
20:42en charge de l'avionique
20:43et pour elle,
20:44elle est claire,
20:44elle l'assure aujourd'hui,
20:45plus aucun avion
20:46ne peut être vendu aujourd'hui
20:47sans une solution
20:48de connectivité.
20:49Pour elle,
20:50vraiment,
20:50la cabine connectée,
20:51c'est devenu
20:51la prolongation naturelle
20:53de l'expérience
20:53numérique vécue au sol,
20:54celle qu'on connaît tous
20:55avec nos smartphones aujourd'hui,
20:57nos tablettes.
20:58Voilà,
20:58et donc ça se retrouve
20:59dans le divertissement à bord,
21:01l'Internet des objets,
21:02l'utilisation
21:02de l'intelligence artificielle à bord,
21:04les possibilités sont multiples.
21:07C'est simple,
21:08elle est claire là-dessus aussi,
21:09la seule limite en la matière,
21:10c'est l'imagination.
21:12Et d'ailleurs,
21:12on le voit,
21:12Thales propose même
21:13d'intégrer un data center à bord
21:16qui est l'expérience
21:17la plus fluide possible
21:18pour les passagers,
21:20d'utiliser l'IA aussi
21:21pour proposer
21:22des services personnalisés,
21:23que ce soit sur des films,
21:24de la vente en ligne,
21:25voilà,
21:25c'est vraiment un monde
21:28de possibilités
21:28qui s'ouvre
21:29pour le passager de demain.
21:30Et ce qui est étonnant
21:31quand on lit le dossier
21:32que vous publiez
21:33cette semaine
21:34dans Air Cosmos,
21:34pour le coup là-dessus,
21:35c'est que cette connectivité
21:38qu'on connaît tous
21:39à nos sièges
21:39en tant que passagers,
21:40on la retrouve aussi
21:41dans le cockpit.
21:43Effectivement,
21:43le cockpit jusque-là,
21:44c'était un monde
21:45très cloisonné,
21:46notamment pour des raisons
21:47de sécurité.
21:48Mais on le voit,
21:49ça commence à s'ouvrir.
21:50Thales d'ailleurs
21:51pousse là-dessus,
21:52Yannick Assoit nous en parle
21:53dans le dernier numéro
21:54d'Air Cosmos.
21:55Mais voilà,
21:56c'est un monde
21:56qui commence à s'ouvrir.
21:57La maturité technologique
21:59n'est pas encore
22:00complètement là,
22:00il faut encore travailler
22:01et surtout,
22:02il y a un impondérable,
22:03c'est vraiment
22:03la cybersécurité.
22:05Il faut que le cockpit
22:05reste sûr à 100%.
22:07Passionnant dossier
22:08à retrouver
22:09dans Air et Cosmos,
22:11cette semaine,
22:12avec notamment,
22:13outre l'interview
22:14de Yannick Assoit
22:14et ses réflexions
22:16toujours particulièrement
22:17pertinentes,
22:18un dossier sur
22:19évidemment les drones
22:19Shahed
22:20qui ont beaucoup
22:22modifié les choses
22:23en Iran.
22:24Un grand merci,
22:25Léo Barnier.
22:26Tout de suite,
22:26c'est l'heure
22:27des Sinaux faibles.
22:33Bonjour Antoine Larigauderie.
22:35Bonjour Jean-Baptiste,
22:36le chef d'orchestre
22:37de Tout pour investir
22:38sur BFM Business
22:39et passionné
22:39d'aéronautique,
22:40d'aviation.
22:41Et on va parler
22:42cette semaine
22:43du mythique hélicoptère
22:44américain,
22:45le Black Hawk.
22:46Est-il déjà dépassé ?
22:48Spoiler, oui,
22:50puisque l'armée américaine
22:51est en train de travailler
22:52sur son successeur.
22:53Et alors,
22:54un successeur
22:54qui ressemble
22:55à la fois un hélicoptère
22:57et un avion
22:57et qui porte
22:58le doux nom
22:59de M75
23:00Cheyenne 2.
23:02Exactement.
23:03De quoi parle-t-on ?
23:03L'actualité,
23:04c'est que c'est à Wichita
23:06que Bell vient d'ouvrir
23:07ces derniers jours
23:08la première ligne
23:09de production
23:10de ce nouvel appareil
23:11qui est censé
23:12remplacer
23:13le Black Hawk
23:14qu'on ne présente plus,
23:15qui vole depuis
23:17quasiment 40 ans
23:18sous les couleurs américaines
23:20et de plein d'autres
23:21armées de l'air
23:22à travers le monde
23:24qui est l'hélicoptère
23:24standard
23:25de transport,
23:26de récupération
23:27de pilotes
23:29en difficulté
23:30comme on a pu le voir
23:31ces dernières semaines.
23:32Le RAID
23:33sur la villa
23:33de Ben Laden,
23:34on s'en rappelle,
23:35c'est une version
23:35un petit peu modifiée,
23:36un peu furtive
23:37mais de cet hélicoptère
23:38qui effectivement
23:39restait un petit peu
23:40irremplaçable
23:40dans l'arsenal américain.
23:41Il y en a plusieurs milliers
23:42en service.
23:43Donc,
23:44c'est un marché géant
23:45et qui a été mis
23:46en compétition
23:47entre deux constructeurs.
23:49Mais alors,
23:50l'armée américaine
23:50avait décidé
23:51vraiment qu'il était temps
23:52de changer d'époque.
23:53C'est-à-dire qu'on va sortir
23:55progressivement
23:56de l'air de l'hélicoptère.
23:57En face,
23:58on avait
23:59comme concurrent
24:01Sikorsky,
24:01donc ceux qui fabriquaient
24:02le Black Hawk
24:03qui s'était lié
24:04à Boeing
24:05pour fabriquer
24:05un engin
24:06qui s'appelait
24:07le Defiant
24:07et qui était
24:09une sorte d'hélicoptère
24:10monstrueux
24:11doté de deux
24:12rotors superposés
24:13plus un troisième
24:14qui poussait
24:15l'hélicoptère
24:16de l'arrière.
24:18Vraiment une architecture
24:19assez révolutionnaire.
24:21Et puis,
24:21en face,
24:22on avait Bell
24:22qui présentait le Valor
24:24et qui est un peu
24:25en modèle réduit
24:27ce qu'il a déjà fait
24:28avec le V22
24:29Osprey,
24:30c'est-à-dire que
24:30c'est un avion,
24:31un petit avion
24:32avec des rotors
24:34basculants.
24:34Donc,
24:35on a les avantages
24:36des deux formes
24:37de propulsion
24:38aéronautique.
24:40pourquoi je vous parle
24:41de ça ?
24:41Parce qu'en 2030,
24:44le Black Hawk
24:44va progressivement
24:46céder sa place
24:47au Valor
24:48qui a été donc
24:49rebaptisé Cheyenne.
24:50Alors,
24:51Cheyenne,
24:51pourquoi ?
24:52Parce que c'est vrai
24:52qu'on a aussi
24:54l'Apache
24:55qui est l'hélicoptère
24:56de combat
24:57encore standard
24:58de l'armée
24:59de l'air américaine.
25:00On a le Cayuse,
25:01on a le Chainouk,
25:02on a même le Sioux,
25:03on n'a que des noms
25:03de tribus indiennes.
25:04C'est une très vieille
25:06tradition effectivement
25:06qui remonte à 1947
25:08de l'entrée en service
25:10du premier hélicoptère.
25:11C'est déjà bel
25:12qu'il fabriquait.
25:14Et depuis,
25:15pour rendre hommage
25:16aux tribus indiennes
25:17qui ont eu un rôle
25:17vraiment actif
25:18dans la cryptographie
25:19notamment
25:20des troupes américaines,
25:22des transmissions
25:23de messages
25:23aux troupes américaines
25:24pendant la Deuxième Guerre mondiale,
25:26on a voulu leur rendre hommage
25:27en donnant
25:28à chaque hélicoptère
25:29de l'armée américaine
25:31le nom
25:31d'une tribu indienne.
25:33Donc,
25:33ce sera le Cheyenne
25:342
25:34parce qu'il y avait déjà eu
25:35un prototype
25:36qui s'appelait Cheyenne
25:37mais enfin ça c'était
25:37dans les années 70
25:39et on espère que Bell
25:40va donc remplacer
25:42avec profit
25:44le Black Hawk
25:46américain
25:47d'autant
25:48que cette technique
25:49d'avion
25:50à rotor basculant
25:51n'est pas sans avoir
25:52provoqué
25:53un certain nombre
25:53de polémiques.
25:54Le V-22 Osprey
25:55qui est déjà en service
25:56et notamment du côté
25:57des Marines américains
25:59et de l'armée de terre
25:59a connu de nombreux
26:00problèmes techniques.
26:01On a accusé
26:02l'armée de terre américaine
26:02d'avoir un peu mis ça
26:03sous le tapis
26:04au profit de
26:05l'efficacité supposée
26:07mais en espérant
26:08que Bell
26:09cette fois
26:09a un avion
26:10un petit peu plus fiable
26:11parce que là
26:12il va être employé
26:13à toutes les sauces
26:14et par de
26:15très nombreuses armées
26:16de l'air
26:17dans le monde
26:17encore une fois.
26:18qui dit
26:18on a une mécanique
26:19qui est beaucoup plus complexe
26:20avec des engrenages
26:21avec des rotors
26:22qui sont capables
26:23de bouger
26:23ça sur le champ
26:23de bataille
26:24en termes de maintenance
26:25c'est pas grave.
26:40donc en espérant
26:41que le Cheyenne 2
26:42soit un petit peu
26:43plus fiable
26:44à ce niveau-là.
26:44Merci beaucoup Antoine
26:45avec plaisir.
26:46Antoine Larigauderie
26:47qui était avec nous
26:47le chef d'orchestre de tout
26:48pour investir sur BFM Business
26:50c'est la fin
26:51de ce numéro
26:51d'Air et Défense
26:52on se retrouve
26:52la semaine prochaine
26:54même lieu
26:54même heure.
26:58Air et Défense
26:59sur BFM Business
27:00Sous-titrage MFP.
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